Chapitre VII (suite)
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der et de nous tourner vers lui, il ne nous dise un jour : " Voilà ce que tu as fait, et je patientais."

        Le second degré d'humilité consiste à se détacher assez de la volonté propre pour ne plus goûter la satisfaction d'en suivre les mouvements, et pour réaliser dans sa conduite ce que le Seigneur dit de lui-même : "Je ne suis pas venu faire ici-bas ma volonté, mais celle du Père qui m'a envoyé."  L'Ecriture dit ailleurs : "Courir au plaisir c'est encourir la peine, et plier sous la loi c'est gagner la couronne."

        Le troisième degré d'humilité est que, pour l'amour de Dieu, on se soumette au supérieur avec une obéissance sans réserve, à l'imitation du Seigneur qui, nous dit l'Apôtre, "s'est fait obéissant jusqu'à la mort."

            Au quatrième degré d'humilité, s'il arrive que, dans cette voie d'obéissance, on soit en butte à toute sorte de difficultés, de traitements durs ou même injustes, alors, au lieu de protester, on met tout son cœur à embrasser la patience, et à tout supporter sans lâcher prise ni reculer d'un pas, car l'Ecriture dit : "Qui persévère jusqu'à la fin, celui-là sera sauvé."  Et en un autre endroit : "Que ton cœur s'affermisse, et soutienne les délais du Seigneur.  Elle montre encore que l'âme fidèle doit, pour le Seigneur, tout endurer et jusqu'aux pires contrariétés, quand elle fait ainsi parler ceux qui sont dans l'épreuve : " C'est à cause de Toi qu'à longueur de journée nous sommes exposés à la mort et traités comme menu bétail de boucherie." Inébranlables toutefois dans l'espérance de la rétribution divine, ils poursuivent avec joie : "Mais en toutes ces rencontres nous gardons l'avantage, pour l'amour de Celui qui nous a aimés."  Ailleurs on lit encore dans l'Ecriture : "Tu nous as éprouvés, Seigneur, tu nous as fait passer par le feu, comme l'argent qu'on éprouve dans la fournaise ; tu nous as fait prendre au lacet, tu as accumulé les tribulations sur nos épaules." Et qu'il nous faille ainsi subir le joug d'un supérieur, la suite du texte le montre bien : "Tu as placé des hommes comme un poids sur nos têtes."  De fait, c'est par la patience au milieu des contradictions et des injustices qu'on accomplira jusqu'au bout le précepte du Seigneur : frappé sur une joue, on tendra l'autre ; à qui ravit la tunique, on abandonne par surcroît le manteau ; angarié pour une corvée d'un mille, on en fera deux ; avec l'Apôtre Paul on supporte les faux frères, et à ceux qui maudissent, on adresse en retour des paroles de bénédiction.

          Le cinquième degré d'humilité est de ne rien cacher à son Abbé des pensées mauvaises qui se présentent à l'esprit, ni des fautes commises dans le secret. L'Ecriture nous exhorte à pratiquer cette humble confession quand elle nous dit : "Expose devant Dieu ta conduite et espère en Lui," ou encore : " Confessez-vous au Seigneur, car il est bon, et sa miséricorde est éternelle."  Le Roi Prophète dit aussi : " Je T'ai déclaré mon péché, et je n'ai pas celé mon iniquité ; j'ai dit : je prononcerai contre moi-même devant le Seigneur que j'ai offensé ; mais Ta bonté corrigera la malice de mon âme."

          Le sixième degré d'humilité est qu'un moine trouve son contentement dans tout ce qu'il y a de plus commun et de moindre. Dans les tâches où on l'emploie, il se regarde comme un piètre ouvrier et un incapable. Avec le Prophète il se dit : Me voilà ramené à rien, et je ne sais rien ; Tu le vois, je suis traité comme une bête de somme ; mais je me

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