JOSEPH

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LE XIX MARS. SAINT JOSEPH, ÉPOUX  DE LA TRÈS SAINTE VIERGE ET PATRON DE L'EGLISE UNIVERSELLE.

 

Une nouvelle joie nous arrive, au sein des tristesses du Carême. Hier, c'était le radieux Archange qui déployait devant nous ses ailes ; aujourd'hui, c'est Joseph, l'Epoux de Marie, le Père nourricier du Fils de Dieu, qui vient nous consoler par sa chère présence. Dans peu de jours, l'auguste mystère de l'Incarnation va s'offrir à nos adorations : qui pouvait mieux nous initier à ses splendeurs, après l'Ange de l'Annonciation, que l'homme qui fut à la fois le confident et le gardien fidèle du plus sublime de tous les secrets?

Le Fils de Dieu descendant sur la terre pour revêtir l'humanité, il lui fallait une Mère; cette Mère ne pouvait être que la plus pure des Vierges, et la maternité divine ne devait altérer en rien son incomparable virginité. Jusqu'à ce que le Fils de Marie fût reconnu pour le Fils de Dieu, l'honneur de sa Mère demandait un protecteur : un homrrw devait donc être appelé à l'ineffable gloire d'être l'Epoux de Marie. Cet heureux mortel, le plus chaste des hommes, fut Joseph.

Le ciel le désigna comme seul digne d'un tel trésor, lorsque la verge qu'il tenait dans le temple

 

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poussa tout à coup une fleur, comme pour donner un accomplissement sensible à l'oracle prophétique d'Isaie : « Une branche sortira de la tige de Jessé, et une fleur s'élèvera de cette branche (1) ». Les riches prétendants à la main de Marie furent écartés ; et Joseph scella avec la fille de David une alliance qui dépassait en amour et en pureté tout ce que les Anges ont jamais connu dans le ciel.

Ce ne fut pas la seule gloire de Joseph, d'avoir été choisi pour protéger la Mère du Verbe incarné ; il fut aussi appelé à exercer une paternité adoptive sur le Fils de Dieu lui-même. Pendant que le nuage mystérieux couvrait encore le Saint des saints, les hommes appelaient Jésus, fils de Joseph, fils du charpentier; Marie, dans le temple, en présence des docteurs de la loi, que le divin Enfant venait de surprendre par la sagesse de ses réponses et de ses questions, Marie adressait ainsi la parole à son fils : « Votre père et moi nous vous cherchions, remplis d'inquiétude (2) » ; et le saint Evangile ajoute que Jésus leur était soumis, qu'il était soumis à Joseph, comme il l'était à Marie.

Qui pourrait concevoir et raconter dignement les sentiments qui remplirent le cœur de cet homme que l'Evangile nous dépeint d'un seul mot, en l'appelant homme juste (3)? Une affection conjugale qui avait pour objet la plus sainte et la plus parfaite des créatures de Dieu ; l'avertissement céleste donné par l'Ange qui révéla à cet heureux mortel que son épouse portait en elle le fruit du salut, et qui l'associa comme témoin unique sur la terre à l'œuvre divine de l'Incarnation ; les joies de Bethléhem lorsqu'il assista à la naissance  de l'Enfant, honora  la Vierge-Mère, et

 

1. ISAI. XI, 1. — 2. LUC. XI, 48. — 3. MATTH. 1, 10.

 

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entendit les concerts angéliques ; lorsqu'il vit arriver près du nouveau-né d'humbles et simples bergers,  suivis bientôt des Mages opulents de l'Orient; les alarmes qui vinrent si promptement interrompre tant de bonheur, quand, au  milieu de la nuit, il lui fallut fuir en Egypte avec l'Enfant et la Mère ;  les rigueurs de cet exil, la pauvreté,  le dénûment auxquels furent en proie le Dieu caché dont il était le nourricier, et l'épouse virginale dont il comprenait de plus en plus la dignité" sublime; le retour à Nazareth, la vie humble et laborieuse qu'il mena dans cette ville, où tant de fois ses yeux attendris contemplèrent le Créateur du monde partageant avec lui un travail grossier ; enfin, les délices de cette existence sans égale, au sein de la pauvre maison qu'embellissait la présence de la Reine des Anges, que sanctifiait la majesté du Fils éternel de Dieu ; tous deux déférant à Joseph l'honneur de chef de cette famille qui réunissait autour de lui par les liens les plus chers le Verbe  incréé,  Sagesse  du Père, et la Vierge, chef-d'œuvre incomparable de la puissance et de la sainteté de Dieu ?

Non, jamais aucun homme, en ce monde, ne pourra pénétrer toutes les grandeurs de Joseph. Pour les comprendre, il faudrait embrasser toute retendue du mystère avec lequel sa mission ici-bas le mit en rapport, comme un nécessaire instrument. Ne nous étonnons donc pas que ce Père nourricier du Fils de Dieu ait été figuré dans l'Ancienne Alliance, et sous les traits d'un des plus augustes Patriarches du peuple choisi. Saint Bernard a rendu admirablement ce rapport merveilleux : « Le premier Joseph, dit-il, vendu par ses frères, et en cela figure du Christ, fut conduit en Egypte ; le second, fuyant la jalousie

 

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d'Hérode, porta le Christ en Egypte. Le premier Joseph, gardant la foi à son maître, respecta l'épouse de celui-ci; le second, non moins chaste, fut le gardien de sa Souveraine, de la Mère de son Seigneur, et le témoin de sa virginité. Au premier fut donnée l'intelligence des secrets révélés par les songes ; le second reçut la confidence des mystères du ciel même. « Le premier conserva les récoltes du froment,  non pour lui-même, mais pour tout le peuple ; le second reçut en sa garde le Pain vivant descendu du ciel, pour lui-même et pour le monde entier (1). »

Une vie si pleine de merveilles ne pouvait se terminer que par une mort digne d'elle. Le moment arrivait où Jésus devait sortir de l'obscurité de Nazareth et se manifester au monde. Désormais ses œuvres allaient rendre témoignage de sa céleste origine : le ministère de Joseph était donc accompli. Il était temps qu'il sortît de ce monde, pour aller attendre, dans le repos du sein d'Abraham, le jour où la porte des cieux serait ouverte aux justes. Près de son lit de mort veillait celui qui est le maître de la vie, et qui souvent avait appelé cet humble mortel du nom de Père; son dernier soupir fut reçu par la plus pure des vierges, qu'il avait eu le droit de nommer son Epouse. Ce fut au milieu de leurs soins et de leurs caresses que Joseph s'endormit d'un sommeil de paix. Maintenant, l'Epoux de Marie, le Père nourricier de Jésus, règne au ciel avec une gloire inférieure sans doute à celle de Marie, mais décoré de prérogatives auxquelles n'est admis aucun des habitants de ce séjour de bonheur.

 

1. Homil. II super Missus est.

 

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C'est de là qu'il répand sur ceux qui l'invoquent une protection puissante. Dans quelques semaines, la sainte Eglise nous révélera toute l'étendue de cette protection; une fête spéciale sera consacrée  à  honorer le Patronage de  Joseph ;  mais désormais la sainte  Eglise veut que la fête présente,  élevée à l'honneur des premières solennités, devienne  le monument principal  de  la confiance  qu'elle éprouve et qu'elle veut  nous inspirer envers le  haut  pouvoir  de l'époux de Marie. Le huit décembre 1870, Pie IX, au milieu de la tempête qui jusqu'à cette heure mugit encore, s'est levé  sur la nacelle  apostolique, et a proclamé, à la face de la  Ville et du monde, le sublime  Patriarche Joseph comme devant être honoré du titre auguste de Patron de l'Eglise universelle. Bonis soient l'année et le jour d'un tel décret,  qui apparait comme un arc-en-ciel sur les sombres nuages de l'heure présente! Grâces soient rendues au Pontife qui a voulu que le 19 mars  comptât  à  l'avenir entre les jours les plus solennels du Cycle, et que la sainte Eglise, plus en butte que jamais à la rage de ses ennemis, reçût  le droit de s'appuyer sur  le bras  de cet homme merveilleux à qui  Dieu, au  temps des mystères évangeliques,  confia la glorieuse mission  de sauver de la  tyrannie  d'Hérode, et la Vierge-mère et le Dieu-homme à peine déclaré à la terre !

 

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AUX PREMIÈRES VÊPRES.

 

Les Antiennes de l'Office consacré par l'Eglise au nourricier du Fils de Dieu sont empruntées à l'Evangile ; elles nous donnent les traits principaux de sa vie si sublime et si simple, dans l'ordre même de la narration du livre sacré.

 

 

 

1. ANT. Jacob autem genuit Joseph virum Mariæ,  de qua natus est Jesus, qui

vocatur Christus.

 

 

1. ANT.  Jacob engendra Joseph l’époux de Marie,  de laquelle est né Jésus qui  est appelé le Christ.

 

 

Psaume CIX. Dixit Dominus, page 113.

 

 

2. Ant. Missus est Angelus Gabriel a Deo ad virginem desponsatam viro cui nomen erat Joseph, de domo David, et nomen virginis Maria.

 

 

2. Ant. L'Ange Gabriel fut envoyé de Dieu à une vierge mariée à un homme nommé Joseph, de la maison de David, et le nom de la vierge était Marie.

 

 

 

Psaume CX. Confitebor tibi, Domine, page 114.

 

 

3. Ant. Cum esset desponsata mater Jesu Maria Joseph, antequam convenirent, inventa est in utero habens de Spiritu Sancto.

 

 

3. Ant. Marie la mère de Jésus ayant épousé Joseph, avant qu'ils eussent été ensemble elle se trouva enceinte, ayant conçu du Saint-Esprit.

 

 

 

Psaume CXI. Beatus vir, page 115.

 

 

4. Ant. Joseph vir ejus, cum esset justus et nollet eam traducere, voluit occulte dimittere eam.

 

 

4. Ant. Joseph son époux, étant juste et ne voulant pas la perdre, résolut de la quitter secrètement.

 

 

 

Psaume CXII. Laudate pueri, page 116.

 

 

5. Ant. Angelus Domini apparuit Joseph, dicens : Joseph fili David, noli timere accipere Mariam conjugem tuam ; quod enim in ea natum est, de Spiritu Sancto est: pariet autem filium, et vocabis nomen ejus Jesum.

 

 

5. Ant. Un Ange du Seigneur apparut à Joseph, disant : Joseph, fils de David, ne craignez point de garder Marie votre épouse ; car ce qui est né en elle est du Saint-Esprit : elle enfantera un fils que vous nommerez Jésus.

 

 

 

 

PSAUME CXVI.

 

 

Laudate   Dominum omnes gentes: * laudate eum, omnes populi.

 

Quoniam confirmata est super nos misericordia ejus : * et veritas Domini manet in æternum.

 

 

 

Toutes les nations, louez le Seigneur; tous les peuples, proclamez sa gloire.

 

Car sa miséricorde s'est affermie sur nous, et la vérité du Seigneur demeure éternellement.

 

 

 

CAPITULE (Prov. XXVIII, XXVII.)

 

 

Vir fidelis multum laudabitur. Et qui custos est Domini sui, glorificabitur.

 

 

 

L'homme fidèle sera loué grandement. Et celui qui garde son Seigneur sera élevé en gloire.

 

 

 

HYMNE.

 

 

Te, Joseph, célèbrent agmina Cœlitum, Tecuncti resonent Christiadum chori,
Qui clarus meritis junctus es inclytae
Casto fœdere Virgini.

 

 

Almo cum tumidam germine Conjugem

Admirans, dubio tangeris anxius,
Afflatu  superi  Flaminis Angelus
Conceptum   puerum docet.

 

 

Tu natum  Dominum stringis; ad exteras
Aegypti profugum tu sequeris plagas :
Amissum Solymis quæris, et invenis,
Miscens  gaudia  fletibus.

 

 

Post mortem reliquos mors pia consecrat,

Palmamque  emeritos gloria suscipit ;
Tu vivens, Superis par, frueris Deo,
Mira sorte beatior.

 

Nobis, summa Trias, parce precantibus,
Da Joseph meritis sidera scandere :
Ut  tandem liceat, nos tibi perpetim
Gratum promere canticum. Amen.

 

 

V/.Constituit eum dominum domus suæ,

R/. Et principem omnis possessionis suæ.

 

 

Que les chœurs célestes chantent ta gloire, ô Joseph ! Que l'assemblée des chrétiens fasse résonner tes louanges ; tout rayonnant de mérites, une chaste alliance t'unit à l'auguste Vierge.

 

Ton Epouse porte les traces d'une prochaine maternité; l'étonnement et l'inquiétude ont saisi ton âme incertaine ; un Ange vient t'apprendre que le fruit qu elle porte est l'œuvre de l’Esprit divin.

 

Le Seigneur est né; tu l'enlèves,  et tu l'accompagnes dans sa fuite jusqu'aux lointaines plages de l'Egypte; dans Jérusalem, tu le perds et le retrouves: ainsi tes joies sont mêlées d'alarmes.

 

Une mort sainte fixe le sort des autres hommes, et la palme glorieuse vient couronner leurs mérites: plus heureux, tu vis encore, et tu jouis d'un Dieu, égal dans ton bonheur aux bienheureux.

 

Trinité souveraine, exaucez nos prières, donnez-nous le pardon ; que les mérites de Joseph nous aident à monter dans les cieux, et qu'il nous soit donné de chanter à jamais le cantique de la félicité. Amen.

 

V/. Il l'a établi maître de sa maison,

R/. Et prince sur tous ses biens.

 

 

 

Antienne de Magnificat

 

 

Exsurgens  Joseph  a somno,  fecit  sicut præcepit ei Angelus Domini et accepit conjugem suam.

 

Joseph,   s'éveillant,  fit comme lui avait ordonné l'Ange du Seigneur et il demeura avec son épouse.

 

 

 

Le Cantique Magnificat, page 121.

L'Oraison est la Collecte delà Messe, ci-après, page 523.

On fait ensuite mémoire du Carême.

 

Terminons en offrant à l'Epoux de Marie les deux autres Hymnes qui sont chantées en ce jour à sa gloire. Elles sont attribuées, comme la première, à la composition du pieux et savant Pape Clément XI.

 

HYMNE DE MATINES.

 

 

Cœlitum Joseph decus, atque nostræ
Certa spes vits,  columenque mundi,
Quas tibi læti canimus, benignus
Suscipe laudes.

 

 

Te sator rerum statuit pudicæ
Virginis Sponsum,  voluitque Verbi
Te Patrem dici, dedit et ministrum
Esse salutis.

 

Tu Redemptorem stabulo jacentem,
Quem chorus Vatum cecinit futurum,
Aspicis gaudens, humilisque natum
Numen adoras.

 

 

Rex, Deus regum, Dominator orbis,
Cujus ad nutum tremit inferorum
Turba, cui pronus famulatur aether,
Se tibi subdit.

 

 

 

Laus sit excelsœ Triadi perennis,
Quœ tibi præbens superos honores,
Det tuis nobis  meritis beatæ. Gaudia vitae. Amen.

 

 

Honneur des habitants du ciel, Joseph, ferme appui de notre espérance en cette vie, soutien de ce monde que nous habitons, reçois dans ta bonté l'hymne que nous t'offrons avec allégresse.

 

Le Créateur te choisit pour Epoux à la plus pure des vierges; il voulut qu'on t'appelât le Père de son Verbe; il te fit le ministre de notre salut.

 

Le Rédempteur dont le choeur des Prophètes avait annoncé la venue, tes yeux l'ont vu, ton regard joyeux l'a contemplé ; tu offris au Dieu naissant tes humbles adorations.

 

Il se soumit à toi celui qui est le Roi, le Dieu des rois, le Maître de l'univers, qui au moindre signe fait trembler les cohortes infernales, et dont les cieux exécutent avec docilité les commandements.

 

Louange éternelle à la très sainte Trinité, qui t'a déféré de si sublimes honneurs; qu'elle daigne, par tes mérites, nous accorder les joies de la vie bienheureuse. Amen.

 

 

 

 

 

HYMNE DE LAUDES

 

 

Iste quem laeti colimus fideles,
Cujus excelsos canimus  triumphos,
Hac die, Joseph meruit perennis
Gaudia vitae.

 

 

O nimis felix, nimis o beatus,
Cujus extremam vigiles ad horam
Christus, et virgo simul adstiterunt
Ore sereno.

 

Hinc  Stygis  victor, laqueo solutus
Carnis, ad sedes placido sopore
Migrat aeternas, rutilisque cingit
Tempora sertis.

 

Ergo regnantem flagitemus omnes,
Adsit ut nobis, veniamque nostris
Obtinens culpis, tribuat supernæ

Munera pacis.

 

Sint tibi plausus, tibi sint honores,
Trine, qui regnas, Deus :

et coronas Aureas servo tribuis fideli,
Omne per ævum. Amen.

 

 

Celui dont nous, fidèles, célébrons la gloire; celui dont nous chantons le glorieux triomphe, Joseph est entré aujourd'hui dans les délices de l'éternelle vie.

 

Mortel heureux, trois fois heureux, qui à la dernière heure vit, autour de sa couche, le Christ et la Vierge l'assister d'un visage serein.

 

Vainqueur de la mort, libre des liens de la chair, un doux sommeil l'a emporté vers l'éternel séjour; et son front est ceint d'un diadème éclatant.

 

Maintenant qu'il règne, supplions-le tous de nous être propice; qu'il obtienne le pardon de nos fautes, et nous procure la paix avec le ciel.

 

A vous la louange, à vous l'honneur, Trinité divine, Roi suprême, dont la main a place une couronne d'or pour jamais sur le front du serviteur fidèle. Amen.

 

 

A LA MESSE.

 

Joseph, appelé juste par l'Esprit-Saint, est bien en effet, dans ses vertus cachées, le modèle de tous ceux qui méritent ici-bas un si beau titre. Aussi la solennité de la fête de ce jour n'a-t-elle point empêché que l'Eglise ne prit la plus grande partie de la Messe du glorieux patriarche au Commun des saints Confesseurs.

 

INTROÏT.

 

 

Justus ut palma florebit : sicut cedrus Libani multiplicabitur : plantatus in domo Domini, in atriis domus Dei nostri.

 

 

 

Ps. Bonum est confiteri Domino : et psallere Nomini tuo, Altissime. Gloria. Justus.

 

 

Le juste fleurira comme le palmier, il se multipliera comme le cèdre du Liban : il est planté dans la maison du Seigneur, dans les parvis de la maison de notre Dieu.

 

Ps. Il est bon de louer le Seigneur, et de chanter des psaumes à votre Nom, ô Très-Haut ! Gloire au Père. Le juste.

 

 

 

La puissance du très saint Epoux de la Mère de  Dieu est  pour l'Eglise un  de  ses plus fermes appuis ; dans la Collecte, couvrons-nous avec elle du crédit de son intercession près du Fils et de la Mère.

 

COLLECTE.

 

 

Sanctissimae Genitricis tuae Sponsi, quæsumus Domine, meritis adjuvemur; ut, quod possibilitas nostra non obtinet, ejus nobis intercessione donetur. Qui vivis.

 

Que les mérites de l'Epoux de votre très sainte Mère soient notre secours, nous vous en prions, Seigneur ; que ce qui serait au-dessus de nos moyens, nous soit donné par son intercession. Vous qui vivez.

 

 

 

On fait  ensuite mémoire du Carême par  la Collecte du jour.

 

EPÎTRE.

 

 

Lectio libri Sapientiae. Eccli. XLV.

 

 

Dilectus Deo et hominibus, cujus memoria in benedictione est. Similem illum fecit in gloria Sanctorum, et magnificavit eum in timore inimicorum, et in verbis suis monstra placavit. Glorificavit illum in conspectu regum, et jussit illi coram populo suo, et ostendit illi gloriam suam. In fide et lenitate ipsius sanctum fecit illum, et elegit eum ex omni carne. Audivit enim eum, et vocem ipsius, et induxit illum in nubem. Et dedit illi coram præcepta, et legem vitae, et disciplinae.

 

 

Lecture du livre  de la Sagesse. Eccl. XLV.

 

Il a été aimé de Dieu et des hommes, sa mémoire est en bénédiction. Dieu a égalé sa gloire à celle des Saints, et il l'a rendu grand, faisant de lui la terreur des ennemis, et à ses paroles il a dompté les monstres. Il l'a glorifié aux yeux des rois, et il lui a donné ses ordres en présence de son peuple, et il lui a montré sa gloire. C'est dans sa foi et sa douceur qu'il l'a fait saint, et qu'il l'a choisi du milieu de toute chair. Car il l'a entendu, il a écouté sa voix, et il l'a introduit dans la nuée. Et il lui a donné publiquement ses préceptes, la loi de la vie et de la science.

 

 

 

 

524

 

Ces lignes sont consacrées, dans le livre de l'Ecclésiastique, à l'éloge de Moïse. Le plus doux des hommes qui habitaient de son temps sur la terre (1), Moïse fut choisi dans son humilité du milieu de toute chair pour confident de Dieu ; en présence des rois, il transmettait au peuple aimé les ordres du ciel ; sa gloire égala celle des plus illustres patriarches et saints personnages des siècles de l'attente. « S'il est parmi vous quelque prophète, disait le Seigneur, je lui apparaîtrai en vision, je lui parlerai en songe; mais telle n'est pas la condition de mon serviteur Moïse, dans toute ma maison le plus fidèle : car je lui parle bouche à bouche, et c'est clairement, et non en énigme ou sous des figures, qu'il voit le Seigneur (2).» Non moins aimé de Dieu, non moins béni de son peuple, Joseph n'est point seulement l'ami de Dieu (3), l'intermédiaire entre le ciel et une nation privilégiée. Le Père souverain lui communique les droits de sa paternité sur son Fils; c'est à ce Fils, chef des élus, et non plus seulement au peuple des figures, qu'il transmet les ordres d'en haut. L'autorité qu'il exerce ainsi n'est égalée que par son amour; ce n'est point en passant ou à la dérobée qu'il voit le Seigneur (4) : ce Fils de Dieu qui l'appelle son père en face de la terre et des cieux, se comporte comme tel, et reconnaît sans fin par ses effusions de divine tendresse les trésors de dévouement qu'il trouve en ce cœur si fidèle et si doux. Quelle gloire au ciel, quelle puissance sur toutes choses, répondant à son pouvoir et à sa sainteté d'ici-bas, ne sont  pas  maintenant  le partage  de  celui  qui,

 

1. Num, XII,  3. — 2. Ibid. 6-8. —  3. Ex. XXXIII, 11. — 4. Ibid. 22.

 

525

 

mieux que Moïse, pénétra les secrets de la nuée mystérieuse et connut tous les biens (1) !

 

Le Graduel et le Trait viennent bien à la suite de l'Epître, pour chanter les augustes privilèges de l'homme qui, plus qu'aucun autre, a justifié ce verset du psaume : La gloire et les richesses sont dans sa maison, et sa justice demeure dans les siècles des siècles.

 

GRADUEL.

 

 

Domine, praevenisti eum in benedictionibus dulcedinis : posuisti in capite ejus coronam de lapide pretioso.

 

V/. Vitam petiit a te, et tribuisti ei longitudinem dierum in sæculum sæculi.

 

Seigneur, vous l'avez prévenu de la douceur de vos bénédictions ; vous avez placé sur sa tête une couronne de pierres précieuses.

V/. Il vous a demande la vie, et vous lui avez octroyé des jours qui s'étendront dans les siècles des siècles.

 

 

 

TRAIT.

 

 

Beatus vir,  qui timet Dominum : in mandatis ejus  cupit nimis.

 

V/. Potens in terra erit semen ejus : generatio rectorum benedicetur.

V/. Gloria et divitia: in domo ejus : et justitia ejus manet in sæculum sæculi.

 

 

Bienheureux l'homme qui craint le Seigneur, qui met l'ardeur de ses désirs à observer ses ordres !

V/. Sa race sera puissante sur la terre ; la descendance des justes sera bénie.

V/. La gloire et les richesses sont dans sa maison, et sa justice demeure dans les siècles des siècles.

 

 

 

ÉVANGILE.

 

 

Sequentia sancti Evangelii secundum Matthæum. Cap. I.

 

Cum esset  desponsata mater  Jesu Maria Joseph, antequam convenirent, inventa est in utero habens de Spiritu Sancto. Joseph autem vir ejus cum esset justus, et nollet eam traducere, voluit occulte dimittere eam. Haec autem eo cogitante, ecce Angelus Domini apparuit in somnis ei, dicens : Joseph fili David, noli timere accipere Mariam conjugem tuam : quod enim in ea natum est, de Spiritu Sancto est. Pariet autem filium : et vocabis nomen ejus Jesum : ipse enim salvum faciet populum suum a peccatis eorum.

 

La suite du saint Evangile selon saint Matthieu. Chap. I.

 

Marie la  mère de Jésus ayant épousé Joseph, avant qu'ils eussent été ensemble elle se trouva enceinte, ayant conçu du Saint-Esprit. Joseph son Epoux, étant juste et ne voulant pas la perdre, résolut de la quitter secrètement. Mais lorsqu'il était dans cette pensée, voici qu'un Ange du Seigneur lui apparut en songe, disant: Joseph fils de David, ne craignez point de garder Marie votre Epouse; car ce qui est né en elle est du Saint-Esprit : elle enfantera un fils, et vous le nommerez Jésus, parce que c'est lui qui sauvera son peuple de ses péchés.

 

 

1. Ex. XXXIII, 19.

 

526

 

Jamais épreuve fut-elle plus dure que celle qu'il plut à Dieu d'imposer à l'âme si droite du glorieux patriarche? Joseph, c'est l'expérience des plus saintes âmes, devait être pour ses dévots clients un guide incomparable dans les voies spirituelles; et c'est pour cela que lui aussi devait connaître l'angoisse, creuset nécessaire où toute sainteté s'achève. Mais la Sagesse n'abandonne point ceux qui recherchent uniquement ses sentiers. Comme le chante l'Eglise en ce jour même, elle conduisait le juste par des voies droites (1) sans qu'il en eût conscience, et dans cette nuit où ses pensées cherchaient péniblement à se frayer le chemin de la justice, elle lui montrait soudain sa divine lumière; la connaissance des célestes  secrets lui était donnée ; en retour  de

 

1. Capitule de None, ex Sap. X.

 

527

 

l'angoisse par où son cœur avait passé, il voyait la place que lui faisait l’inscrutable dessein de la Providence dans ce royaume de Dieu dont les splendeurs étaient appelées à rayonner pour jamais de sa pauvre demeure sur le monde entier. Véritablement donc pouvait-il conclure avec l'Eglise (1), et reconnaître que la Sagesse avait bien, en effet, ennobli son labeur et fécondé ses peines. Ainsi toujours elle rend aux justes le prix de leurs travaux, et les conduit par des voies admirables (2).

Chantons, dans l'Offertoire, cette effusion des largesses divines élevant au-dessus de tous les rois ses aïeux l'humble artisan de Nazareth.

 

OFFERTOIRE.

 

 

Veritas mea, et misericordia mea cum ipso : et in Nomine meo exaltabitur  cornu ejus.

 

 

Ma vérité et ma  miséricorde sont avec lui ; et par mon Nom sa puissance sera exaltée.

 

 

 

Sachons avec l'Eglise, dans la Secrète, confier au bienheureux gardien de l'Enfant-Dieu la protection des dons du Seigneur en nos âmes ; il nourrira Jésus en nous, et l'amènera à la mesure de l'homme parfait, comme il le fit il y a dix-huit siècles.

 

 

SECRÈTE.

 

 

Debitum tibi, Domine, nostrae reddimus servitutis, suppliciter exorantes: ut suffragiis beati Joseph Sponsi Genitricis Filii tui Jesu Christi Domini nostri, in nobis tua munera tuearis ; ob cujus venerandum festivitatem laudis tibi hostias immolamus. Per eumdem Dominum.

 

 

Nous acquittons envers vous, Seigneur, la dette de notre service, vous suppliant humblement de protéger en nous vos dons par les suffrages du bienheureux Joseph, Epoux de la Mère de votre Fils Jésus-Christ  notre  Seigneur, en la fête vénérable duquel nous vous immolons aujourd'hui les hosties de la louange. Par le même Jésus-Christ notre Seigneur.

 

1. Capitule de None, ex Sap. X. — 2. Sap. X, 17.

 

528

 

 

On fait ensuite mémoire du Carême par la Secrète du jour.

 

La Communion rappelle le message de l'Ange annonçant à Joseph que Dieu même a pris possession de Marie son Epouse; le banquet sacré ne rapproche-t-il pas l'heureux sort de l'Eglise de celui de la Vierge-Mère ?

 

COMMUNION.

 

 

Joseph fili David,  noli timere accipere Mariam conjugem tuam : quod enim in ea natum est, de Spiritu Sancto est.

 

 

Joseph fils de David, ne craignez point de garder Marie votre Epouse; car ce qui est né en elle est du Saint-Esprit.

 

 

 

La Postcommunion exprime de nouveau la pensée qui déjà inspirait la Secrète: daigne Dieu remettre ses dons, et Jésus même que nous venons de recevoir, à la garde si sûre du glorieux patriarche !

 

POSTCOMMUNION.

 

 

Adesto nobis, quæsumus misericors Deus: et intercedente pro nobis beato Joseph Confessore, tua circa nos propitiatus dona custodi. Per Dominum.

 

 

Soyez favorable à notre prière, ô Dieu miséricordieux; et vous laissant apaiser, gardez vos dons en nous par l'intercession en notre faveur du bienheureux Joseph votre Confesseur. Par  Jésus-Christ.

 

 

On fait ensuite mémoire du Carême par  la Postcommunion du jour.

 

529

 

AUX SECONDES VEPRES.

 

Les secondes Vêpres ne diffèrent des premières que par les Antiennes et le Verset.

 

 

1. Ant. Ibant parentes Jesu per omnes annos in Jerusalem, in die solemni Paschæ.

 

 

1. Ant. Les parents de Jésus allaient tous les ans à Jérusalem, en la fête de Pâques.

 

 

 

Psaume CIX. Dixit Dominus, page 113.

 

 

2. Ant. Cum redirent, remansit puer Jesus in Jerusalem, et non cognoverunt parentes ejus.

 

 

2. Ant. Comme ils s'en retournaient, l'enfant Jésus resta dans Jérusalem, sans que ses parents s'en aperçussent.

 

 

Psaume CX. Confitebor tibi, Domine, page 114.

 

 

3. Ant. Non invenientes Jesum, regressi sunt in Jerusalem, requirentes eum ; et post triduum invenerunt illum in templo sedentem in medio doctorum, audientem et interrogantem eos.

 

3. Ant. Ne trouvant point Jésus, ils revinrent à Jérusalem en le cherchant; et après trois jours ils le trouvèrent dans le temple, assis au milieu des docteurs, les écoutant et les interrogeant.

 

 

 

Psaume CXI. Beatus vir, page 115.

 

 

4. Ant. Dixit mater ejus ad illum: Fili, quid fecisti nobis sic? Ecce pater tuus et ego dolentes quærebamus te.

 

 

4. Ant. Sa mère lui dit: Mon fils, pourquoi avez-vous agi ainsi envers nous? Voilà que votre père et moi nous vous cherchions tout affligés.

 

 

 

Psaume CXII. Laudate pueri. page 116.

 

 

5. Ant. Descendit Jesus cum eis et venit Nazareth, et erat subditus illis.

 

5. Ant. Jésus descendit avec eux et vint à Nazareth, et il leur était soumis.

 

 

 

53o

 

Psaume CXVI. Laudate Dominum, omnes gentes, page 518.

 

Le Capitule, Ibid.
L'Hymne, Ibid.

 

 

V/. Gloria et divitiæ in domo ejus ;

R/. Et justitia ejus manet  in saeculum saeculi.

 

V/. La gloire et les richesses sont dans sa maison ;

R/. Et sa justice demeure dans les siècles des siècles.

 

 

Antienne de Magnificat.

 

 

Ecce fidelis servus et prudens, quem constitua Dominus super familiam suam.

 

 

C'est là le serviteur fidèle et prudent que le Seigneur a  établi sur  sa  famille.

 

 

Le Cantique Magnificat, page 121.

L'Oraison, page 523.

On fait ensuite mémoire du Carême.

 

La Liturgie grecque, qui honore saint Joseph au Dimanche qui suit la fête de Noël, nous offre en son honneur les strophes suivantes que nous empruntons aux Menées.

 

(DOMINICA POST NATALE  DOMINI.)

 

 

Prophetarum praedicationes evidenter adimpletas vidit Joseph sponsus, qui ad singu-larem désignants desponsationem, revelationes accepit ab Angelis clamantibus : Gloria Domino, quia pacem terra; largitus est.

 

Annuntia, Joseph, Davidi Dei parenti prodigia : Virginem vidisti puerum in sinu habentem ; una cum Magis adorasti, cum pastoribus gloriam Deo dedisti, ab Angelo præmonitus. Deprecare Christum Deum, ut animae nostrae salventur.

 

 

 

Quem supernae Deum incircumscriptum tremunt potestates, tu, Joseph, natum ex Virgine in manibus tuis accipis consecratus venerando contactu ; ideo te honorificamus.

 

 

Spiritum divinis mandatis obedientem habens, et purus omnino factus, solam in mulieribus puram et immaculatam tu, beate Joseph, in sponsam accepisti, Virginem castam custodiens, ut Creatoris tabernaculum eflici mereretur.

 

 

 

Soli Gabrieli in cœlis, et tibi soli, celeberrime, post solam Virginem intactam, mysterium creditum est, maximum et venerandum, beate Joseph, mysterium quod perniciosum principem tenebrarum dejiceret.

 

Ut divinam nubem, solam castam, in sinu suo Solem absconditum habentem, in Aegyptum ex civitate David perduxisii, ut ejusdem idololatriae fugares tenebras,  Joseph incomprehensibilis mvsterii minister.

 

 

Adstitisti, sapiens Joseph, Deo in carne puerascenti ministrans, sicut Angelus; et immédiate ab illo illustratus es radios eius spirituales accipiens, béate; et illuminatissimus corde et anima visus fuisti

 

 

Qui coelum, terram et mare verbo fabricatus et vocatus fuit Filius fabri, tui, Joseph admiratione digne. Vocatus es pater illius qui sine principio est, et qui te glorificavit ut mysteriorum supra rationem ministrum.

 

 

O quam pretiosa fuit mors tua in conspectu Domini, béate Joseph; tu enim Domino ab infantia sanctificatus, sacer fuisti custos benedictæ Virginis, et cum ea cecinisti : Omnis creatura benedicat Dominum, et superexaltet eum in sempiterna sæcula. Amen.

 

 

Joseph l'Epoux vit de ses jeux l'accomplissement des prophéties ; choisi pour le plus illustre mariage, il reçut la révélation par la bouche des Anges qui chantaient : Gloire au Seigneur! car il a donné la paix à la terre.

 

Annonce, ô Joseph, à David l'ancêtre de Dieu les prodiges que tes yeux ont contemplés : tu as vu l'entant reposant sur le sein de la Vierge ; tu l'as adoré avec les Mages ; tu as rendu gloire à Dieu avec les bergers, selon la parole de l'Ange: prie le Christ Dieu, afin que nos âmes soient sauvées.

 

Le Dieu immense devant qui tremblent les puissances célestes, toi, Joseph, tu l'as reçu dans tes bras, lorsqu'il naquit de la Vierge ; lu as été consacré par cet auguste contact: c est pourquoi nous te rendons honneur.

 

Ton âme fut obéissante au divin précepte; rempli d'une pureté sans égale, heureux Joseph, tu méritas de recevoir pour épouse celle qui est pure et immaculée entre les femmes ; tu fus le gardien de cette Vierge, lorsqu'elle mérita de devenir le tabernacle du Créateur.

 

A Gabriel seul dans les cieux, à toi seul sur la terre, après la chaste Vierge, fut confié le grand et vénérable mystère qui devait renverser notre ennemi, le prince des ténèbres, heureux Joseph, digne de toute louange !

 

La Vierge pure, semblable à une nuée mystérieuse, tenant caché dans son sein le divin Soleil, tu l'as conduite de la cité de David en Egypte, pour dissiper les ténèbres de l'idolâtrie qui couvraient cette contrée, ô Joseph, ministre de l'incompréhensible mystère !

 

Tu as assisté avec sagesse, ô Joseph, le Dieu devenu enfant dans la chair ; tu l'as servi comme un de ses Anges; il t'a illuminé immédiatement; tu as reçu en toi ses rayons spirituels ; ô bienheureux ! tu as paru tout éclatant de lumière dans ton cœur et dans ton âme.

 

Celui qui d'une parole a façonné le ciel, la terre et la mer, a été appelé le Fils de l'artisan, de toi, admirable Joseph ! Tu as été nommé le père de celui qui est sans principe, et qui t'a glorifié comme le ministre d'un mystère qui surpasse toute intelligence.

 

Que ta mort fut précieuse en présence du Seigneur, heureux Joseph ! Consacré au Seigneur dès l'enfance, tu as été le gardien sacré de la Vierge bénie; et tu as chanté avec elle ce cantique : « Que toute créature bénisse le Seigneur, et l'exalte dans les siècles éternels ! Amen. »

 

 

 

Nous vous louons, nous vous glorifions, heureux Joseph. Nous saluons en vous l'Epoux de la Reine du ciel, le Père nourricier de notre Rédempteur. Quel mortel obtint jamais de pareils titres? et cependant ces titres sont les vôtres, et ils ne sont que la simple expression des grandeurs

 

533

 

qu'il a plu à Dieu de vous conférer. L'Eglise du ciel admire en vous le dépositaire des plus sublimes faveurs; l'Eglise de la terre se réjouit de vos honneurs, et vous bénit pour les bienfaits que vous ne cessez de répandre sur elle.

Royal fils de David, et en môme temps le plus humble des hommes, votre vie semblait devoir s'écouler dans cette obscurité qui faisait vos délices; mais le Seigneur voulut vous associer au plus sublime de ses actes. Une noble Vierge, de même sang que vous, fait l'admiration du ciel, et deviendra la gloire et l'espérance de la terre ; cette Vierge vous est destinée pour épouse. L'Esprit-Saint doit se reposer en elle comme dans son tabernacle le plus pur; c'est à vous, homme chaste et juste, qu'il a résolu de la confier comme un inestimable dépôt.Devenez donc l'Epoux de celle «dont le Seigneur lui-même a convoité la beauté (1) ».

Le  Fils de Dieu vient commencer ici-bas une vie d'homme; il vient sanctifier la famille, ses liens et ses affections. Votre oreille mortelle l'entendra vous nommer son Père; vos yeux le verront obéir à vos commandements. Quelles furent, ô Joseph, les émotions de votre cœur, lorsque, pleinement instruit des grandeurs de votre Epouse et de la divinité de votre Fils adoptif, il vous fallut remplir le rôle de chef, dans cette famille au sein de laquelle le ciel et la terre se réunissaient!  Quel souverain et tendre  respect pour Marie, votre Epouse !  quelle  reconnaissance et quelles adorations pour Jésus, votre enfant soumis !  O  mystère de Nazareth ! un  Dieu habite parmi les hommes, et il souffre d'être appelé le Fils de Joseph !

 

1. Psalm. XLIV, 12.

 

534

 

Daignez, ô sublime ministre du plus grand de tous les bienfaits, intercéder en notre laveur auprès du Dieu fait homme. Demandez-lui pour nous l'humilité qui vous a fait parvenir à tant de grandeur, et qui sera en nous la base d'une conversion sincère. C'est par l'orgueil que nous avons péché, que nous nous sommes préférés à Dieu ; il nous pardonnera cependant, si nous lui offrons « le sacrifice d'un cœur contrit et humilié (1) ». Obtenez-nous cette vertu, sans laquelle il n'est pas de véritable pénitence. Priez aussi, ô Joseph, afin que nous soyons chastes. Sans la pureté du cœur et des sens, nous ne pouvons approcher du Dieu de toute sainteté, qui ne souffre près de lui rien d'impur ni de souillé. Par sa grâce, il veut taire de nos corps des temples de son Saint-Esprit : aidez-nous à nous maintenir à cette élévation, à la rétablir en nous, si nous l'avions perdue.

Enfin, ô fidèle Epoux de Marie, recommandez-nous à notre Mère. Si elle daigne seulement jeter un regard sur nous en ces jours de réconciliation, nous sommes sauvés : car elle est la Reine de la miséricorde, et Jésus son fils, Jésus qui vous appela son Père, n'attend, pour nous pardonner, pour convertir notre cœur, que le suffrage de sa Mère. Obtenez-le pour nous, ô Joseph ! rappelez à Marie Bethléhem, l'Egypte, Nazareth, où son courage s'appuya sur votre dévouement; dites-lui que nous vous aimons, que nous vous honorons aussi : et Marie daignera reconnaître par de nouvelles bontés envers nous les hommages que nous rendons à celui qui lui fut donné par le ciel pour être son protecteur et son appui.

 

1. Psalm. L, 19.

 

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