Saint Arnold JANSSEN

Nom: JANSSEN

Prénom: Arnold

Nom de religion: Arnold

Pays: Allemagne – Pays-Bas

Naissance: 05.11.1837  à Goch (Diocèse de Münster)

Mort: 15.01.1909  à Steyl (Pays-Bas)

Etat: Prêtre - Religieux - Fondateur

Note: Prêtre en 1861. En 1875, il fonde à Steyl (Pays-Bas) la première maison missionnaire allemande pour la formation des membres de la société qui, en 1886, prit le nom de "Société du Verbe divin", et dont il fut élu supérieur général en 1885.

Béatification: 19.10.1975  à Rome  par Paul VI

Canonisation: 05.10.2003  à Rome  par Jean Paul II

Fête: 15 janvier

Réf. dans l’Osservatore Romano: 2003 n.40 p.1-3

Réf. dans la Documentation Catholique: 1975 p.1040

Notice brève

Arnold Janssen naît en 1837 à Goch en basse Rhénanie (Allemagne). Jeune prêtre, il sent naître en lui une vocation missionnaire. Conscient de l’influence des médias, il fonde une revue : “Le messager du Sacré-Cœur”, puis, comme il n’existe pas encore de séminaire missionnaire allemand, et que le “Kulturkampf” l’empêche d’en fonder un sur place, il le fait à Steyl en Hollande, tout près de la frontière allemande. Beaucoup de volontaires laïcs l’aident pour ses constructions, car les vocations affluent pour sa Congrégation appelée “Société du Verbe divin” (Verbites). Pour les femmes, il crée celle des “Servantes du Saint-Esprit” à laquelle il joint plus tard une branche contemplative vouée à l’adoration perpétuelle du Saint-Sacrement. En avance sur son époque, il est soucieux d’inculturer (comme on dit maintenant) le message évangélique dans les pays de mission. Il meurt en 1909.

Notice développée

« L’activité de saint Arnold Janssen fut pleine de zèle pour diffuser la Parole de Dieu, en utilisant les nouveaux moyens de communication de masse, en particulier la presse » (Jean-Paul II).

Arnold Janssen naît le 5 novembre 1837 à Goch, petite ville de la basse Rhénanie (Allemagne). Il est le deuxième d’une famille de dix enfants. Ordonné prêtre le 15 août 1861, dans le diocèse de Münster, il commence son apostolat comme professeur à Bocholt. Peu à peu, il prend conscience des besoins de la mission universelle. Il décide alors de consacrer sa vie à éveiller l’Église allemande à sa responsabilité missionnaire.

Afin de poursuivre cet objectif, il renonce en 1873 à son poste d’enseignant et fonde la revue "Le messager du Sacré-Cœur". Cette revue publie des nouvelles sur les activités missionnaires et encourage les catholiques allemands à aider les missions. A cette époque, la vie est difficile pour l’Église catholique d’Allemagne. Le parti politique au pouvoir la regarde avec suspicion et travaille à éliminer son influence en matière civile. Le chancelier Bismarck lance le "Kulturkampf" (guerre de culture) qui se signale par une série de lois anti-catholiques, l’expulsion de nombreux prêtres et religieux, et l’emprisonnement de plusieurs évêques.

Le Père Janssen propose alors aux prêtres expulsés d’aller dans les missions étrangères, ou encore de prêter main forte à la préparation de futurs missionnaires. L'Allemagne ne possède pas de centres spécialisés pour la formation de missionnaires. Après avoir fait appel à d’autres, Arnold découvre l’appel de Dieu à entreprendre lui-même cette tâche difficile. Plusieurs sont d’avis qu’il n’est pas la personne adéquate pour ce projet, mais le Père Arnold ne perd jamais courage face aux obstacles.

Avec l’appui de quelques évêques, il collecte des fonds afin de trouver un endroit adéquat pour son projet. La situation politique de l’Allemagne l’oblige à trouver une maison à Steyl, en Hollande, mais tout près de la frontière allemande. Le 8 septembre 1875, le nouveau centre est inauguré. Cette date est considérée comme celle de fondation pour les Missionnaires du Verbe Divin. Le 2 mars 1879, les deux premiers missionnaires partent pour la Chine, notamment le Père Joseph Freinademetz  2  qui sera béatifié et canonisé avec le Père Janssen.

Conscient du rôle majeur de la presse missionnaire, quatre mois après l’ouverture à Steyl, le Père Janssen met sur pied une imprimerie. Des milliers de personnes généreuses contribuent à propager cet effort d’animation missionnaire, en distribuant les revues de Steyl à travers les pays de langue allemande : Allemagne, Suisse, Autriche, etc. De nombreux volontaires viennent prêter main forte au Père Arnold, désireux de consacrer leur vie à cet effort missionnaire, non pas comme religieux, mais à travers leur propre profession. C’est un chantier ! L’afflux continuel des volontaires l’oblige à construire sans cesse. Et cela jusqu’à la fin.

La congrégation se développe alors rapidement en tant que communauté de prêtres et de frères. En 1885 la nouvelle communauté reçoit le statut de congrégation religieuse sous le nom de Societatis Verbi Divini (SVD), Société du Verbe Divin. L’objectif prioritaire des Verbites, comme on les appelle, est de se consacrer à la proclamation de l’Évangile, particulièrement parmi les non-chrétiens. Le Père Arnold aime à répéter : « L’annonce de la Bonne Nouvelle est la première et principale expression de l’amour du prochain ». Des femmes font partie des bénévoles de la maison et leur service généreux, plein d’enthousiasme, en même temps que leur désir d’être religieuses, pousse le Père Arnold à fonder la congrégation missionnaire des "Servantes du Saint Esprit", le 8 décembre 1889. Les premières religieuses partent pour l’Argentine en 1895. Mais, ce n’est pas tout. Le Père désire qu’il y ait des religieuses qui se consacrent à la prière et à l’adoration incessante du Saint-Sacrement pour soutenir la mission universelle de l’Église et en particulier celle de leur congrégation. C’est pourquoi, en 1896, il fonde une branche cloîtrée, sous le nom de "Servantes du Saint Esprit de l’adoration perpétuelle".

Longtemps avant de parler de "l‘aide au développement", Arnold Janssen encourage ses missionnaires à répondre à des problèmes sociaux, par des écoles, des hôpitaux, des ateliers etc. Il a à cœur que ses frères et sœurs aient les compétences nécessaires. Bien avant aussi qu’on parle d “inculturation” il considère la connaissance solide des religions, des cultures et des langues des peuples à évangéliser comme une condition incontournable d’une annonce vraie de l’évangile. Ainsi favorise-t-il l’étude des religions, des langues et de la missiologie. A son époque une telle exigence est exceptionnelle dans les congrégations missionnaires.

Après une vie de dur travail, le Père Arnold meurt le 15 janvier 1909. Du ciel, il veille encore sur sa Famille religieuse, toujours florissante.