Bienheureuse
Marie-Léonie PARADIS
Nom:
PARADIS
Prénom:
Alodie - Virginie
Nom
de religion: Marie-Léonie
Pays: Canada
Naissance:
12.05.1840 à lAcadie
Mort: 03.05.1912 à
Sherbrooke
Etat: Religieuse - Fondatrice
Note: D'abord sur marianite de Ste-Croix (1854), elle fonde en
1880 l'Institut des Petites Surs de la Sainte-Famille, au service de
l'éducation des jeunes, assistance aux familles, service des séminaires, des
maisons de prêtres.
Béatification:
11.09.1984 à Montréal par Jean Paul II
Canonisation:
Fête: 3 mai
Réf.
dans lOsservatore Romano: 1984 n.35 p.6
- n.38 p.16-18
Réf. dans la Documentation Catholique: 1984 p.950
Notice
Sur Marie-Léonie
PARADIS est béatifiée par Jean-Paul II à Montréal le 11 septembre 1984: c'est
la première cérémonie de béatification effectuée sur le continent américain.
Elle naît en 1840
à l'Acadie, paroisse dépendant alors du diocèse de Montréal (aujourd'hui de
celui de Saint-Jean-de-Québec). Elle reçoit au baptême les noms de
Alodie-Virginie. Ses parents gagnent laborieusement leur vie en milieu rural.
Elle a cinq frères; elle est la seule fille. Dans la famille règne une ambiance
de foi favorisée par l'éducation de leur mère. A 9 ans, on la met pensionnaire
chez des Surs (Congrégation Notre-Dame, Laprairie). Comme naturellement, la
vocation fleurit en elle et elle entre en février 1854 chez les Surs
Marianites de Sainte-Croix. On l'autorise à faire ses vux à 17 ans, le 22 août
1857, malgré sa mauvaise santé: elle devient Sur Léonie (ou Marie-Léonie). Son
attrait la pousse au service du prêtre, lui-même étant au service de
l'Eucharistie, sacrement pour lequel elle a une grande dévotion. Mais son
parcours est sinueux avant de pouvoir répondre à cet appel particulier: elle ne
remettra jamais sa vocation en doute mais elle aura souvent à demander dans la
prière les lumières du Seigneur pour savoir quelle doit être la forme concrète
de son service dans l'Eglise.
Jusqu'en 1862,
elle fait la classe dans la région de Montréal. Puis elle est envoyée dans un
orphelinat à New York où elle reste 8 ans, jusqu'en 1870. De là, elle choisit
d'aller en Indiana où, jusqu'en 1874, elle enseigne les travaux à l'aiguille et
le français. Au cours de cette période de douze années vécue aux Etats-Unis,
elle connaît des difficultés communautaires, mais elle apprend l'anglais et ce
sera providentiel pour sa fondation. A l'automne 1874 elle est envoyée à
Memramcook (Nouveau-Brunswick, Canada) pour prendre en charge l'équipe de Surs
qui assurent les travaux domestiques du collège des Marianites. Ce coin de
l'Acadie francophone se révèle une source de vocations, et de généreuses jeunes
filles ont tôt fait de se grouper autour de Sur Léonie: mouvement spontané que
peut expliquer la personnalité de la Sur dont voici le portrait:
"Physiquement, Mère Léonie était de petite taille, d'une tenue si digne
qu'on la remarquait. Son teint clair, ses yeux profonds, sa bonne figure
épanouie d'un sourire attirait facilement. Moralement, elle était la femme de
grand cur, toute de cordialité." En 1880, les Pères de Sainte-Croix
acceptent que ces jeunes, portant le nom de "Petites Surs de la
Sainte-Famille" s'organisent en Institut autonome sous la direction de
Sur Léonie. Elles font des vux seulement privés et leur tâche consiste à se
dévouer aux soins domestiques des collèges de Sainte-Croix au Canada. Mais leur
prêtre-assistant meurt en 1895, laissant dans l'embarras la jeune Communauté
qui n'a pas encore reçu d'approbation canonique. C'est alors qu'intervient
l'évêque de Sherbrooke, Mgr Paul Larocque, qui cherche des religieuses pour son
séminaire et son évêché. Après réflexion et consultation, Sur Léonie accepte
ce travail et décide de transférer la maison mère et le noviciat des Petites
Surs de la Sainte-Famille à Sherbrooke. Grâce à la compréhension de l'évêque,
les Surs reçoivent l'approbation diocésaine en 1896.
Un autre trait
caractéristique de la Mère Léonie est son amour du travail, bien qu'elle fût de
faible santé. Sa pensée là-dessus se résume ainsi: "Travaillons, mes
filles, nous nous reposerons au ciel!" Ce travail est de collaborer avec
le clergé et de le libérer en se chargeant des soucis temporels. Cependant,
Sur Léonie est toujours professe de Sainte-Croix et elle en porte le costume.
En 1905, le pape saint Pie X la relève de ses obligations et avec ses surs,
elle revêt un habit qui leur est propre. A la fin de sa vie, en 1912, sa
Communauté compte plus de 600 religieuses au service du sacerdoce. La
fondatrice meurt à 72 ans à Sherbrooke. Ses funérailles sont un triomphe.
Extrait de
l'homélie de Jean Paul II lors de sa béatification: « Sur Marie-Léonie
Paradis ne craignait pas les diverses formes du travail manuel qui est le lot
de tant de gens aujourd'hui, qui a été à l'honneur dans la Sainte Famille, dans
la vie même de Jésus à Nazareth. C'est là qu'elle a vu la volonté de Dieu sur
sa vie. C'est en accomplissant ces tâches qu'elle a trouvé Dieu. Avec les
sacrifices inhérents à ce travail, mais offerts par amour, elle y a connu une
joie et une paix profondes. Elle savait qu'elle rejoignait l'attitude foncière
du Christ, "venu non pour être servi mais pour servir." Elle était
toute pénétrée de la grandeur de l'Eucharistie, et de la grandeur du sacerdoce.
Oui, Dieu a jeté les yeux sur la sainteté de son humble servante, Marie-Léonie,
qui s'est inspirée de la disponibilité de Marie. Et désormais sa Congrégation
et l'Eglise la diront, d'âge en âge, bienheureuse (cf. Lc 1, 84). »