Bienheureux Titus BRANDSMA

Nom: BRANDSMA

Prénom: Anno Sjoerd

Nom de religion: Titus

Pays: Pays-Bas

Naissance: 23.02.1881  à Bolsfard

Mort: 26.07.1942  à Dachau

Etat: Prêtre - Carme - Martyr

Note: Professeur à l'université catholique de Nimègue en philosophie et mystique flamande. Journaliste professionnel. Porte-parole de l'évêché d'Utrecht. Il dénonce en accord avec les évêques, l'inhumanité du nazisme. Il est arrêté le 19.01.1942.

Béatification: 03.11.1985  à Rome  par Jean Paul II

Canonisation:

Fête: 26 juillet

Réf. dans l’Osservatore Romano: 1985 n.44 – n.45 – n.46

Réf. dans la Documentation Catholique: 1985 p.1151

Notice brève

Né à Bolsfard en Hollande en 1881, dans une famille de paysans très catholiques, le jeune Brandsma entre à 17 ans chez les ‘Grands Carmes’. Ordonné prêtre à 24 ans, il est ensuite professeur de philosophie dans diverses écoles secondaires et, à partir de 1923 et jusqu’en 1942, professeur à l’université catholique de Nimègue, où il enseigne spécialement la mystique flamande. Ayant un diplôme de journaliste professionnel, il travaille pour divers journaux et revues. En 1935, il devient porte-parole de l’archevêché d’Utrecht. A partir de 1938 surtout, en accord avec l’épiscopat néerlandais, il dénonce avec vigueur l’inhumanité du nazisme, totalement inacceptable pour un chrétien, ce qui lui vaut d’être arrêté par la Gestapo en janvier 1942, au sortir d’un cours à l’université. Il aboutit à Dachau et le 26 juillet de la même année, on lui injecte une piqûre mortelle d’acide phénique.

Notice développée

Anno Sjoerd Brandsma naît en 1881 à Bolsfard en Frise dans une famille modeste et nombreuse, très catholique. Très tôt, il ressent un appel à la prêtrise et veut suivre son frère chez les Franciscains mais une maladie l’en empêche. A 17 ans, il entre chez les ‘Grands Carmes’ (distincts des Carmes déchaux) à Boxmeer où il prend le nom de Titus et il fait ses premiers vœux à 18 ans en 1899. Il traduit et publie les œuvres de sainte Thérèse d’Avila en 1901 et il enseigne au séminaire carme de Oss. Il est ordonné prêtre à 24 ans en 1905 et il obtient un doctorat de philosophie à Rome en 1909.

Le Saint Père nous dépeint sa personnalité en ces termes : « La force morale que le Bienheureux Titus Brandsma a démontrée, dans ses activités aussi nombreuses que variées et finalement dans son calvaire et dans sa mort est certainement en relation avec sa nature, avec son caractère de fils de la Frise, connue pour la solidité de ses principes, sa fidélité, sa fermeté, son honnêteté. Cette force morale était nourrie et soutenue par sa grande érudition intellectuelle, par son exceptionnelle formation théologico-juridique. Mais la principale source en fut incontestablement sa profonde vie spirituelle personnelle. »

A partir de 1923, il enseigne à l’université de Nimègue. Sa spécialité est l’histoire de la mystique. Il ne se contente pas de donner des cours à ses étudiants ; il aborde avec eux leurs problèmes de vie et les grandes questions actuelles comme le nazisme. Il ne se limite pas au cercle restreint des étudiants. Il est un confesseur populaire et il se lance dans le journalisme, constatant le manque d’instruction de beaucoup de chrétiens et même de journalistes catholiques. Sa charité s’étend encore aux chrétiens non-catholiques par l’œcumé­nisme. Un pasteur protestant fait cette remarque profonde : « Notre cher frère en Christ Titus Brandsma est vraiment un ‘mysterium gratiae’ ». La grâce, c’est bien sur elle que compte cet homme humble et naturellement timide ; il répète sans cesse ces mots de Jésus : « Sans moi, vous ne pouvez rien faire ». Mais l’amour lui donne des ailes ; malgré sa faible santé, son action est multiforme. En 1932, il est Recteur de l’université et, à partir de 1935, porte-parole de l’archevêché d’Utrecht. Face à la montée du nazisme, il ne cache pas la vérité, lui qui dit : « Qui veut gagner le monde au Christ doit avoir le courage d’entrer en conflit avec ce monde ». Dans son livre intitulé : « Itinéraire spirituel du Carmel », il écrit : « Le néo-paganisme peut répudier l’amour, l’histoire nous enseigne que, malgré tout, nous serons vainqueur de ce néo-paganisme par l’amour. Nous n’abandon­nerons pas l’amour. L’amour nous regagnera le cœur de ces païens. La nature est plus forte que la philosophie. Qu’une philosophie rejette et condamne l’amour et l’appelle faiblesse, le témoignage vivant d’amour renouvellera toujours sa puissance pour conquérir et captiver le cœur des hommes. »

Quand les nazis envahissent la Hollande en Mai 40 et veulent forcer les médias, même catholiques, à faire de la propagande, le Père Titus en dissuade ouvertement les journalistes, ce qui provoque son arrestation le 19 Janvier 1942. Dans la prison de Scheveningen, il écrit ce merveilleux petit poème :

Toi ô Jésus sois près de moi, je n’ai jamais été si proche de toi.
Reste avec moi. Reste avec moi, mon doux Jésus.
Ta proximité me rend toute chose bonne.

Finalement, il aboutit au camp de concentration de Dachau. Dans cet enfer, il garde sa sérénité proverbiale, soutenant le moral des détenus, leur partageant sa maigre ration et les invitant à aimer leurs ennemis. « Eux aussi sont des enfants de Dieu – dit-il – et peut-être quelque chose en est-il resté en eux. » Mais les mauvais traitements le réduisent rapidement à la dernière extrémité. C’est une ancienne catholique, infirmière, qui lui injecte la piqûre mortelle le 2 juillet 1942, tandis qu’il pose sur elle un regard de compassion qu’elle ne pourra plus jamais oublier.

Depuis 1992, l’ “Union internationale des journalistes catholiques chrétiens” attribue chaque année le ‘Prix Brandsma’. Cette distinction est donnée à des créateurs de médias qui se sont particulièrement engagés dans un journalisme exercé en accord avec la responsabilité chrétienne.