Bienheureux Pierre-François JAMET

Nom: JAMET

Prénom: Pierre-François

Pays: France

Naissance: 1762  à Fresne (Dioc. de Sées)

Mort: 12.01.1845

Etat: Prêtre

Note: Refuse de prêter le serment de la Constitution civile. Après la Révolution, il restaure et étend l'Institut des Sœurs du Bon Sauveur pour les handicapés physiques et mentaux. Recteur de l'université de Caen (1822 - 1830)

Béatification: 10.05.1987  à Rome  par Jean Paul II

Canonisation:

Fête: 12 janvier

Réf. dans l’Osservatore Romano: 1987 n.22 p.1-2

Réf. dans la Documentation Catholique: 1987 p.690

Notice

Pierre-François Jamet naît en 1762 à Fresne dans le diocèse de Sées (Normandie, France). Il acquiert une personnalité équilibrée grâce à une bonne éducation. Après cinq années à l’université de Caen qui font de lui un humaniste de valeur, il reçoit la prêtrise en 1787. En 1790, il est nommé chapelain et confesseur des religieuses du Bon-Sauveur de Caen. Il refuse de prêter le serment exigé par la Constitution civile du clergé et poursuit son ministère dans la clandestinité. Après la Révolution, il s’emploie à restaurer l’Institut des sœurs du Bon-Sauveur. Il a tant œuvré dans ce sens que les sœurs l’ont appelé leur ‘second fondateur’. Il se consacre avec elles au soin des handicapés physiques et mentaux et spécialement des sourds-muets.

L’abbé Pierre-François est un précurseur dans ce domaine. Malheureusement, son nom est tombé dans l’oubli, alors que sont restés connus les noms de deux autres précurseurs ayant cherché à ouvrir aux sourds-muets la possibilité de communiquer avec autrui : l’abbé de l’Épée (+1789) et le docteur Itard (+1838). Jusqu’alors, on considérait ces handicapés comme des aliénés dont on ne pouvait rien tirer. On se contentait de les regrouper dans des maisons à part où ils n’avaient aucun espoir de guérison. Quant au Père Pierre-François Jamet, il s’est toujours distingué par sa charité envers les pauvres à toutes les époques de sa vie, mais c’est à 54 ans seulement qu’il s’attaque à ce problème lorsqu’on lui confie une élève sourde et muette. Il ne cesse alors de travailler sur ce sujet, s’informe par des lectures et monte à Paris pour rencontrer un prêtre spécialiste. Progressivement, il met au point sa propre méthode d’enseignement du langage et tente de codifier une ‘parole manuelle’ (langage des mains). Il espère favoriser ainsi l’intégration dans la société de ces soi-disant ‘aliénés’. Il publie deux Mémoires et un Rapport sur ce sujet. En leur permettant de retrouver un langage, il leur a rendu leur dignité.

A peu près à la même époque, il assume la lourde charge de Recteur de l’université de Caen, fonction qu’il accomplit avec diligence de 1822 à 1830. Il a ainsi beaucoup de contacts avec les jeunes. Il accueille tout le monde avec bonté, même si dans ce milieu se côtoient des opinions contradictoires ; le recteur Jamet respecte les personnes, et il se met au service de tous, mais il assure avec fermeté le développement des institutions dont il a la responsabilité.

En pasteur soucieux de celles et ceux dont il a la charge, il reprend à son compte et adapte la prière de Jésus : « Père saint, conservez, pour la gloire de votre nom, les enfants que vous m’avez donnés, et qu’ils soient toujours unis. » Il meurt en 1845.

(Rappelons qu’en 1889, le Serviteur de Dieu Louis Martin, père de Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, a été soigné – très charitablement d’ailleurs – au Bon-Sauveur de Caen, suite à des troubles du comportement. Cet ‘internement’ de trois ans fut une des plus grandes souffrances de Thérèse.)