Bienheureuse Thérèse BOJAXHIU  -  (Mère Teresa)

Nom: BOJAXHIU

Prénom: Gonxha Agnès

Nom de religion: Thérèse (Teresa)

Pays: Albanie - Macédoine - Inde

Naissance: 26.08.1910  à Skopje (Macédoine)

Mort: 05.09.1997  à Calcutta (Inde)

Etat: Religieuse - Fondatrice

Note: En 1928 entre chez les Sœurs de Notre-Dame de Lorette en Irlande et part pour l’Inde. Professeur pendant 20 ans. En 1948 elle se met au service des plus pauvres parmi les pauvres, et fonde les Sœurs Missionnaires de la Charité ainsi que plusieurs autres branches pour prêtres, religieux, religieuses et laïcs. Prix Nobel de la paix en 1979.

Béatification: 19.10.2003  à Rome  par Jean Paul II

Canonisation:   à   par

Fête: 5 septembre

Réf. dans l’Osservatore Romano: 2003 n.41 p.7  -  n.42 p.10-11

Réf. dans la Documentation Catholique: 2003 n.19 p.949-952

Notice brève

Mère Teresa, d’origine albanaise, naît en 1910 à Skopje, actuellement capitale de la Macédoine. Entrée à 18 ans chez les Sœurs de Notre-Dame de Lorette en Irlande, elle ne tarde pas à partir pour l’Inde, à Calcutta, où elle est professeur pendant une vingtaine d’années. Le 10 septembre 1948, elle se rend au couvent de Darjeeling pour sa retraite annuelle. Elle ressent, déjà dans le train, un appel du Seigneur à se consacrer aux plus pauvres des pauvres ; c’est ce qu’elle nomme “l’appel dans l’appel”. Elle doit leur faire connaître Jésus qui a “soif” des âmes, soif de leur amour. Elle résiste d’abord demandant au Seigneur d’en choisir une plus digne, mais le Seigneur lui dit : « Refuseras-tu de faire cela pour moi ? ». Comme elle hésite encore, le Seigneur lui dit : « Viens, conduis-moi dans les maisons des pauvres. Viens, sois ma lumière. Je ne peux pas aller seul. » Alors elle obéit et, avec l’accord de son confesseur et de l’évêque du lieu, elle se met à soigner les pauvres dans les bidonvilles. Beaucoup de ses anciennes élèves se joignent à elle. Ainsi naissent les Sœurs missionnaires de la Charité. Son œuvre se répand peu à peu dans le monde entier. Quand elle reçoit le Prix Nobel de la Paix en 1979, elle en profite pour prendre la défense de l’enfant à naître, de même à la Conférence du Caire sur la Population en 1994. Elle meurt en 1997, laissant une famille diversifiée avec des sœurs actives et contemplatives, de même pour les hommes, et des coopérateurs laïcs. Jean-Paul II nous explique en quoi elle est Missionnaire : « Le Seigneur a fait d’elle un instrument élu (cf. Ac 9,15) pour annoncer l’Évangile au monde entier non par la prédication, mais à travers des gestes d’amour quotidiens envers les plus pauvres. Missionnaire dans le langage le plus universel : celui de la charité sans limite et sans exclusion, sans préférence sinon pour les plus pauvres ».

Notice développée.

« Il ne fait aucun doute que la nouvelle bienheureuse ait été l’une des plus grandes missionnaires du XXe siècle. » Jean-Paul II.

Agnès Gonxha Bojaxhiu naît en 1910 dans une famille très chrétienne, à Skopje sous domination ottomane. Elle est la dernière de trois enfants. Son père, albanais, est commerçant. Ardent patriote, il meurt, peut-être empoisonné, alors qu’Agnès n’a que huit ans. Sa mère, pour survivre avec sa famille, se lance dans un commerce de tissu et dentelle. Agnès fait sa première communion avec une grande ferveur et ressent bientôt l’appel à la vie religieuse, mais sa mère tient beaucoup à elle et elle doit attendre l’âge de dix-huit ans pour partir. Sa mère lui dit : « Même après ma mort, du Ciel je veillerai à ce que tu sois digne de tes vœux. Sinon tu auras affaire à moi ! » Elle entre en Irlande chez les Sœurs de Notre-Dame de Lorette, de spiritualité ignatienne , puis, en 1929, elle est envoyée en Inde, à Calcutta. En 1931, elle fait ses premiers vœux et prend le nom de Teresa, en se référant à sainte Thérèse de l’Enfant Jésus. Elle est professeur de géographie dans une école de filles de la bourgeoisie bengali. Ce professeur, très aimé des jeunes, commence sa journée … en lavant sa salle de classe. Bonne organisatrice, elle est nommée directrice de l’école. Elle se plaît beaucoup dans son travail et elle se distingue déjà par sa charité.

Elle quitte les Sœurs de Lorette. « Ce fut pour moi le plus grand sacrifice ».

Le 10 septembre 1946, elle se rend pour sa retraite annuelle à Darjeeling. Dans le train, elle ressent un premier appel du Seigneur, ou plutôt, c’est “l’appel dans l’appel” le premier étant sa vocation religieuse. Il s’agit de rencontrer le Christ dans les plus pauvres des pauvres. Elle soumet cette inspiration à son directeur spirituel, le Père Céleste van Exem, jésuite belge. Suit un temps de tâtonnements, car elle doute d’être digne d’une telle mission, le Père de son côté réfléchit. Finalement, il est lui-même convaincu et il appuie la demande de Mère Teresa auprès de l’archevêque de Calcutta, lui-même un jésuite, Mgr Ferdinand Périer, lequel obtient de Pie XII la permission pour Mère Teresa de quitter sa communauté pour fonder une nouvelle Congrégation. Mère Teresa, non sans douleur, quitte donc les murs de son couvent et, le 21 décembre 1948, elle fait sa première visite dans le bidonville proche de son ancienne école. Elle visite quelques familles, lave les plaies de plusieurs enfants, prend soin d’un homme malade allongé dans la rue et d’une femme tuberculeuse mourant de faim. Dans un réduit, elle instruit des enfants nus et sales. « Mon ardoise, c’était la terre » se souvient-elle. Leur récompense, un savon. Aujourd’hui, à cet endroit, une école moderne de plus de cinq mille enfants ! « C’est la main de Dieu » dit-elle. Elle mendie tout. Quand les commerçants lui refusent l’aumône, elle s’assoit dans le magasin et récite son chapelet jusqu’à ce qu’ils cèdent. Ses anciennes élèves ne l’avaient pas oubliée ; elles deviennent ses premières compagnes. Et pourtant, elle ne les reçoit pas sans les avoir éprouvées d’abord. Toute sa vie, elle manifestera la même prudence. Les Sœurs ne font leurs vœux définitifs qu’après de longues années.

“ You did it to me. ” C’est à Moi que vous l’avez fait.

Le 7 octobre 1950, en la fête du Saint Rosaire, la Congrégation des Missionnaires de la Charité est officiellement établie dans l’archidiocèse de Calcutta. Dès ses premières intuitions (1947) Mère Teresa en avait tracé le programme : « Le but des Missionnaires de la Charité est d’assouvir la soif infinie d’amour et des âmes de Jésus sur la croix en travaillant au salut et à la sanctification des plus pauvres parmi les pauvres ». Pour elle, il ne s’agit que de vivre l’Évangile. Elle expliquait la charité en comptant sur ses cinq doigts les cinq mots de la formule : “You did it to me. « J’ai eu faim et vous m’avez donné à manger. J’ai eu soif et vous m’avez donné à boire…Dans la mesure où vous l’avez fait à l’un de ses plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait. » (Matthieu 25) Il est une autre soif que Mère Teresa veut assouvir encore, celle du Christ qui dit sur la croix : “J’ai soif”. Comme chez la sainte petite Thérèse, ce cri ne cesse de résonner dans son cœur. Jésus a soif d’être aimé des pauvres et de leur prodiguer son amour ; mais comment sera-t-il aimé de ces non-chrétiens pour lesquels il est un inconnu si quelqu’un ne le fait pas connaître en allant les visiter et en leur montrant par ses gestes l’amour du Christ ? « Viens, sois ma lumière…Je ne peux y aller seul » dit Jésus à Mère Teresa. L’amour sera le quatrième vœu des sœurs missionnaires de la Charité : aller aux plus pauvres des pauvres, ne rien accepter en récompense.

« Le monde sera surpeuplé le jour où nous oublierons de nous aimer ! »

Si le monde est pauvre, c’est parce qu’il manque d’amour. D’ailleurs, la plus grande pauvreté, ce n’est pas de manquer de pain mais d’amour. Et cela se trouve aussi et surtout dans les pays enfermés sur leurs richesses. Mère Teresa veut dire à tous mais surtout aux plus démunis : “Dieu t’aime”. Elle admire la dignité de ces gens dont la vie est un continuel combat pour survivre. Elle vénère tout homme, quelle que soit sa religion ; en lui, elle voit un enfant de Dieu, un être appelé à la merveilleuse vocation d’être aimé de Dieu et d’aimer. Aussi, pour elle, toute vie est précieuse. Elle avait l’habitude de dire :« Si vous entendez dire qu’une femme ne veut pas garder son enfant et désire avorter, essayez de la convaincre de m’apporter cet enfant. Moi, je l’aimerai, voyant en lui le signe de l’amour de Dieu ».

Les aventures de la charité.

En 1952, elle fonde la première maison pour accueillir les malades et les mourants : C’est une ancienne hôtellerie qui servait à l’accueil des pèlerins hindous. Elle veut que les pauvres qui ont vécu dans la rue connaissent au moins à la fin de leur vie l’amour et la considération. Ainsi, cette année-là, elle recueille dans une poubelle une femme moribonde, et dont l’hôpital ne veut pas. Après avoir été emmenée et soignée par Mère Teresa, la femme lui fait un merveilleux sourire et meurt.

« Un jour - dit-elle - j’ai relevé un homme qui vivait dans un égout. (…) Je savais que sa fin était proche. Au moment où je le pris dans mes bras, il me dit avec un sourire : “J’ai vécu toute ma vie dans la rue comme un animal, mais je vais mourir  comme un ange, aimé et soigné” ».

« Jusqu’à présent - dit-elle encore - nos Sœurs et moi-même n’avons encore jamais vu ou rencontré un homme ou une femme qui refusât de demander “pardon à Dieu”, qui refusât de dire : “Je t’aime, mon Dieu” ».

Elle ne fait pas de prosélytisme, mais elle ne veut pas les priver les pauvres du meilleur ; aussi leur dit-elle : « Je vais apporter Jésus au milieu de vous, pour que vous puissiez partager vos souffrances avec Lui ». Elle ajoute : « Je ne peux vous décrire l’expression de joie de ces personnes malades ou estropiées, j’ai pu les voir se traînant jusqu’à la chapelle et toujours, il y a quelqu’un qui prie là, seul avec Jésus. »

« Je me souviens d’un homme qui un jour, en arrivant chez nous, est allé tout droit vers la partie réservée aux femmes sans même me dire un mot. Il s’est arrêté à côté d’une Sœur qui s’occupait d’une malade ; elle était couverte de crasse et de vermine. Il regarda les mains, le visage et les yeux de la Sœur. Puis il vint vers moi et me dit : “J’étais venu plein de haine, mais je repars avec Dieu présent au plus intime de mon cœur. J’ai découvert Dieu sur le visage de cette Sœur” ».

Aux sources de son action.

« Où Mère Teresa a-t-elle trouvé la force de se mettre tout entière au service des autres ? – se demande Jean Paul II – Elle la trouva dans la prière et dans la contemplation silencieuse de Jésus Christ, de son saint Visage, de son Sacré Cœur. » (Jean-Paul II) Son action et celle de ses Sœurs n’est pas seulement une action sociale. En soignant les pauvres, elle a conscience de soigner le Christ. Sinon elle n’aurait pas le courage de tenir. A un journaliste américain en visite au mouroir de Calcutta, lui disant qu’il ne ferait pas ce travail même pour un million de dollars, elle répond : « Moi non plus, je ne le ferais pas pour cette somme. Mais je le fais par amour de Dieu. Le pauvre qui souffre est pour moi le corps du Christ ». Elle ne cherche pas seulement à apporter un soulagement physique mais surtout à contribuer à la sainteté de ces pauvres en leur faisant connaître et aimer le Christ, lequel se manifeste par les gestes d’amour de sa servante.

Certains lui ont reproché de ne pas chercher à changer les structures sociales. De fait elle en est parfaitement consciente, mais, avec une inflexible fidélité à son premier appel, – apaiser la soif du Christ – elle répond : « Si j’entre dans les affaires politiques, je n’aurai pas le temps d’aimer ». Elle savait qu’elle ne pouvait pas tout faire mais s’efforçait de faire de son mieux là où elle était appelée. Elle disait souvent : « Tu ne peux pas faire ce que je peux faire, je ne peux pas faire ce que tu peux faire, mais ensemble nous pouvons faire ‘quelque chose de beau pour Dieu’ ».

 Mère Teresa est une active contemplative. Elle se lève très tôt pour prier. Chaque jour, elle fait une heure d’adoration devant le Saint-Sacrement. « Lors des heures les plus sombres – rappelle le Saint-Père – elle s’accrochait avec plus de ténacité à la prière devant le Saint-Sacrement ». Elle recherche sans cesse le soutien de la Sainte Vierge ; on la voit toujours avec son chapelet. (Un jeune homme qui l’a souvent pilotée bénévolement dans les rues de Rome raconte qu’elle s’engouffrait dans la voiture avec ses Sœurs et, aussitôt…c’était le chapelet qui démarrait. Ce qui ne l’empêchait pas d’être très gaie avec ses sœurs, et les sœurs entre elles).

Dans son gouvernement, elle manifeste une grande prudence. Elle veille à la santé de ses Sœurs : Elles ne partent pas le matin à la recherche des pauvres sans s’être munies d’un solide petit déjeuner. Hygiène : Chaque jour, elles lavent à l’eau froide et au savon l’un de leurs deux saris, cet humble vêtement aux couleurs de la Sainte Vierge, blanc et bleu. Ils sont faits par d’anciens lépreux guéris. (Entre parenthèse, Mère Teresa – selon le témoignage de sa nièce – veut qu’on brûle ses vieux saris de peur qu’on en fasse des reliques !) Le service des pauvres ne doit pas troubler la vie de la Communauté. Ainsi, un médecin chirurgien français, venu faire un stage, était étonné de devoir arrêter une transfusion à 5h parce que c’était la fin des soins. Et même, il trouvait cela mal organisé. A la fin, il a compris. De même une stagiaire française était au chevet d’une mourante quand une Sœur vint lui dire d’arrêter ; c’était l’heure du thé (habitude sacro-sainte dans les milieux anglais). Bien sûr, l’infirmière n’a pas pu boire son thé ce jour-là et, quand elle est revenue près de sa protégée, celle-ci était morte. Alors, elle dit à la Sœur : « Elle est morte et je n’étais pas là ! » ; celle-ci répond : « Mais moi, j’étais là ». Ce que les Sœurs font, elles doivent le faire de bon cœur ; sinon il vaut mieux qu’elles ne le fassent pas. Un jour, une Sœur part pour soigner les pauvres avec un air morose. « Aujourd’hui, vous n’irez pas – dit Mère Teresa – les pauvres ont droit à notre joie ». Elle-même, en bonne supérieure, ne s’est jamais ouverte à ses filles de la grande épreuve spirituelle qui l’a accablée intérieurement sans discontinuer. Elle garde toujours le sourire.

Les développements de l’œuvre.

De 1952 à 1965 les maisons se répandent en Inde. En février 1965, Paul VI érige l’œuvre en Congrégation de droit pontifical. L’approbation accordée par le Pape encourage Mère Teresa à ouvrir la même année une première maison en dehors de l’Inde, au Venezuela. Dès lors le mouvement s’étend à l’Europe et à l’Afrique, puis à tous les continents et même dans les pays communistes (avant la chute du mur de Berlin). Rien ne l’arrête, au contraire elle intervient dans les pays en guerre (Liban, Irak).

La famille des Missionnaires grandit et se diversifie : Aux Sœurs s’ajoutent des Frères et des Pères, aux actives, des contemplatives, aux religieux, des coopérateurs laïcs, enfin, et non le moins important, des malades qui ne peuvent pas aider matériellement offrent leurs souffrances ; ils ont la charge spirituelle de tel ou tel Missionnaire. Des prêtres vivent de la spiritualité des Missionnaires dans le Mouvement « Corpus Christi ». Mère Teresa indique que l’action de tout ce peuple actif et contemplatif au service de la charité ressemble aux cinq stigmates de Jésus : « Sur la main droite, nos sœurs contemplatives, sur la gauche, nos frères contemplatifs, sur le pied droit, les sœurs missionnaires, sur le pied gauche, les frères missionnaires et sur le côté, nos coopérateurs ».

La consécration internationale.

Le 10 décembre 1979, lorsqu’elle reçoit à Oslo le Prix Nobel de la Paix, elle déclare : « L’avortement est le premier des maux du monde ». Fragile mais inébranlable, elle poursuit : « Le plus grand destructeur de la paix aujourd’hui est le crime contre l’enfant à naître. Si une mère peut tuer son propre enfant, dans son propre sein, qu’est-ce qui nous empêche, à vous et à moi, de nous entretuer les uns les autres ? ». Anecdote : Au Venezuela, un mendiant lui donne un bolivar (la plus petite aumône possible) : « Ce pauvre m’a donné plus que le prix Nobel, constate Mère Teresa. Il me donne tout ce qu’il a. Il est parti dormir sans souper ». En 1985 le Secrétaire général de l’ONU, Perez de Cuellar, présente ainsi Mère Teresa : « Voici la femme la puissante de la terre. Voici la femme qui est accueillie partout avec respect et admiration. Elle est véritablement “les Nations unies” parce que dans son cœur elle a accueilli les pauvres de toutes les latitudes de la terre ».

Dans les dernières années de sa vie, Mère Teresa a plusieurs alertes de santé. En mars 1997, elle bénit celle qui lui succède, Sœur Nirmala, et la présente au Saint-Père lors de la dernière visite à ce Pape, autre grand missionnaire, avec lequel elle a toujours été en parfaite et amicale communion. Elle visite encore quelques communautés, rentre à Calcutta et meurt le 5 septembre 1997.

Le message qu’elle nous laisse.

A une stagiaire qui rentre chez elle après cinq mois à Calcutta, elle dit : « Faites chez vous ce que vous avez fait ici, des petites choses avec beaucoup d’amour ».

Pour les familles : « Je suis sûre que dans les familles, dans beaucoup de nos maisons, peut-être que nous n’avons pas faim pour un morceau de pain, mais peut-être qu’il y a quelqu’un dans la famille qui n’est pas désiré, qui n’est pas aimé, qui n’est pas soigné, qui est oublié. Il y a l’amour. L’amour commence à la maison. »

Mère Teresa rappelle aux chrétiens qu’ils ne peuvent porter du fruit, aussi bien dans leur propre vie que dans le service des autres, que s’ils sont unis au Christ. « La sainteté n’est pas un luxe pour quelques uns mais un simple devoir pour vous et moi », aime-t-elle à répéter. C’est le message qu’elle nous laisse à tous.

Les surprises d’un procès de béatification.

Normalement, on doit attendre cinq ans après la mort pour commencer le procès, mais l’évêque de Calcutta, Mgr D’Souza obtient de Jean Paul II qu’il soit dérogé à cette règle ; le travail n’est pas bâclé pour autant : une masse de documents et de témoignages est accumulée (grâce à la collaboration bénévole d’un grand nombre) ; elle comporte 80 volumes de 450 pages chacun ! Et cela apporte des révélations, dont deux principales :

- Mère Teresa, lors de son appel, avait reçu des locutions du Seigneur (paroles intérieures). D’après le Supérieur de la branche masculine des Missionnaires de la Charité, elle a même reçu des visions du Christ et de la Vierge, l’invitant explicitement à se consacrer aux plus pauvres d’entre les pauvres.

- Après cela, et lorsqu’elle commence à travailler dans les bidonvilles, elle entre dans une période d’“obscurité” à l’image de sa patronne sainte Thérèse. Et cela dure cinquante ans, jusqu’à la mort. La déréliction des pauvres qu’elle soigne est l’image de sa propre déréliction intérieure. Elle a le sentiment de n’être pas aimée de Dieu. Elle partage ainsi la déréliction de Jésus sur la Croix.

La béatification de Mère Teresa est un triomphe. La place Saint-Pierre est trop petite pour contenir la foule qui déborde sur la Via de la Conciliation. Du haut du Ciel, Mère Teresa n’oublie pas ses protégés : les 2000 premières places sont réservées pour les pauvres de Rome avec les sœurs de la Charité qui s’en occupent ; après quoi leur est offert un repas de fête dans la Salle Paul VI.

Le mot de la fin.

« Mère Teresa, femme profondément marquée par la foi, disait souvent : “Le plus beau doit encore venir”. » (Mgr Comastri, délégué pontifical du Sanctuaire marial de Lorette (Italie))