Bienheureuse Marianne COPE (KOOB)

Nom: COPE (KOOB)

Prénom: Barbara

Nom de religion: Marianne

Pays: Allemagne - Etats-Unis - Hawaï

Naissance: 23.01.1838  à Heppenheim (Essen-Darmstadt)

Mort: 09.08.1918  à l’île de Molokai (Hawaï)

Etat: Religieuse

Note: Née en Allemagne, sa famille émigre aux Etats-Unis en 1840. Profession religieuse en 1863 chez les Sœurs franciscaines de Syracuse (ville de l’Etat de New-York). Part en 1883 pour les îles Hawaï et se dévoue auprès des lépreux.

Béatification: 14.05.2005  par Benoît XVI
Cérémonie à Rome présidée par le Card. José Saraiva Martins, Préfet de la Congrégation pour les causes des Saints

Canonisation

Fête: 23 janvier

Réf. dans l’Osservatore Romano: 2005 n. 21 p.4-6

Réf. dans la Documentation Catholique:

Notice

Barbara Koob naît en Allemagne en 1838, à Heppenheim dans le grand-duché de Hesse-Darmstadt. Ses parents sont de petits agriculteurs. Poussés par la pauvreté, ils émigrent aux Etats-Unis en 1840 et s’installent à Utica, dans l’État de New York. Le nom de Koob, anglicisé, devient Cope. Barbara ne fait que quelques années de scolarité. Dès l’âge de 15 ans, elle manifeste le désir d’entrer en religion, mais elle doit travailler d’abord 9 ans en usine pour aider ses parents gravement malades et soutenir la famille qui compte 7 enfants. A 24 ans, en 1862, elle peut enfin réaliser son rêve de vie religieuse et entre dans la Congrégation toute nouvelle des “Sœurs franciscaines de Syracuse”, lesquelles viennent de s’établir dans la ville de ce nom, sise dans l’État de New York. Dans ses débuts, la Congrégation s’occupe surtout de la scolarisation des enfants d’immigrés allemands. La novice émet ses vœux en 1863 et prend le nom de sœur Marianne. Elle est d’abord professeur, puis exerce des fonctions importantes telles que maîtresse des novices, supérieure d’un couvent et finalement, pendant 8 ans, supérieure du premier hôpital général de Syracuse. (Sa Congrégation deviendra célèbre en fondant les cinquante premiers hôpitaux généraux des Etats-Unis.) Dans son hôpital, fait remarquable à l’époque, la mère Marianne ne fait aucune distinction de religion, de nationalité ou de couleur. Au contraire, dans l’esprit franciscain, elle est attirée de préférence par les plus pauvres et s’occupe notamment des alcooliques et des filles mères.

Un jour, du royaume indigène des îles Hawaï (ou îles Sandwich), parvient un appel de l’évêque de Honolulu invitant à évangéliser l’archipel,… sans préciser immédiatement qu’il y a des lépreux. Un missionnaire est envoyé aux Etats-Unis pour donner des détails. En fait, l’appel a été lancé auprès de 50 congrégations : toutes se sont récusées à cause de la lèpre, excepté Mère Marianne qui accepte au nom de sa congrégation. On pense au geste de son Père saint François embrassant le lépreux. Reste à trouver des volontaires : il s’en présente 35. Six partent en 1883 avec Mère Marianne. Son projet est de rester quelques semaines avec ses compagnes, puis de revenir, car la congrégation a besoin d’elle. Mais, au terme de son séjour, les autorités locales jugent que, sans elle, l’affaire va péricliter et l’on veut la retenir. Elle y restera 35 ans, toute sa vie ! Une autre supérieure est nommée pour Syracuse. Il est vrai qu’à leur arrivée, le tableau qui s’offre aux yeux des sœurs est lamentable. D’ailleurs, quelques-unes ne tiendront pas le coup. Les sœurs séjournent d’abord à Honolulu dans un ‘hôpital’ chargé du dépistage. Ceux qui sont reconnus malades sont séparés : les maris de leur femme, les enfants de leurs parents ; et ils sont relégués dans une île sans rien prévoir pour la nourriture et les soins : Il ne leur reste plus qu’à attendre la mort, dans la promiscuité et l’immoralité débridée. Femmes et enfants sont les premières victimes. Mère Marianne crée une école pour les petites filles et un hôpital général sur l’île Maui. En 1888, elle se dirige vers l’île Molokai, cette prison naturelle cernée par l’Océan. Le Père Damien (béatifié en 1995) y était arrivé en 1873. La sœur collabore avec lui, mais il meurt de la lèpre une année après son arrivée et celle-ci continue son œuvre en créant un école pour petits garçons. Auparavant, elle avait créé sur l’île une école pour les filles à Kalaupapa sur la même île. Elle aménage le site, s’ingénie à mettre de la joie franciscaine en plantant des arbres et des fleurs ; elle fait chanter les petites, les accompagnant au piano. De ses propres mains, elle travaille à les habiller correctement, insistant même pour que ce soit à la dernière mode. Elle est vraiment “la mère des lépreux”. Cela se paye par la souffrance, non seulement en raison de son travail héroïque et du risque de contagion, mais aussi à cause des contradictions qu’elle rencontre, tout cela sans se départir de sa joie, qu’elle communique autour d’elle. Sans Dieu, cela aurait été impossible. Sa devise est : « Tout pour Dieu ». Immobilisée dans ses dernières années par une maladie des reins mais sans avoir contracté la lèpre, elle meurt paisiblement âgée de 80 ans en 1918. Elle laisse un héritage extraordinaire dans le domaine de l’éducation et de la santé.

Remarque : Mère Marianne Cope est béatifiée avec Mère Ascension Nicol Goni 2 le samedi soir 14 mai 2005, veille de la Pentecôte, au cours d’une eucharistie présidée par le Cardinal José Saraiva Martins, Préfet de la Congrégation pour le Culte des Saints. C’est la première béatification de Benoît XVI, qui reprend la tradition de déléguer un cardinal pour la cérémonie, au début de laquelle celui-ci lit le décret du Pape. (Mais le Saint-Père continuera à présider personnellement les cérémonies de canonisations.) En effet Paul VI, en 1971 avait décidé de béatifier lui-même le prêtre polonais Maximilien Kolbe 2. Et Jean-Paul II avait continué dans cette ligne en présidant toutes les béatifications. Cette décision de Benoît XVI permet de mieux mettre en valeur les canonisations qui offrent un saint pour le culte de l’Église universelle, tandis qu’une béatification n’ouvre le culte, en principe, que pour l’Église locale.