TRAITÉ LXXV
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 Abbaye Saint Benoît de Port-Valais
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SOIXANTE-QUINZIÈME TRAITÉ.

DEPUIS CES PAROLES DE JÉSUS-CHRIST : « JE NE VOUS LAISSERAI PAS ORPHELINS », JUSQU'À CES AUTRES : « ET MOI AUSSI JE L'AIMERAI ET JE ME DÉCOUVRIRAI A LUI ». (Ch. XIV, 18-21.)

RÉCOMPENSE DE LA FIDÉLITÉ A JÉSUS-CHRIST.

 

Le Sauveur promet à ses Apôtres, s'ils sont fidèles à ses commandements, non-seulement de se manifester à eux après sa résurrection, mais aussi de leur communiquer la vie éternelle, et de se faire voir à eux pendant l'éternité.

 

1. Jésus-Christ avait promis à ses disciples de leur envoyer le Saint-Esprit; mais, pour les empêcher de croire qu'il voulait l'envoyer à sa place, et qu'il ne serait plus lui-même avec eux, Notre-Seigneur ajouta ces paroles : « Je ne vous laisserai pas orphelins; je viendrai a à vous ». Les orphelins sont des pupilles. Le mot grec d'orphelin a la signification de pupille; car, dans le psaume où nous lisons : « Vous serez le protecteur du pupille (1) », la version grecque porte : protecteur de l'orphelin. Le Fils de Dieu nous a adoptés pour les enfants de son Père, et il a voulu que nous ayons pour Père selon la grâce, celui qui est son Père selon la nature; et néanmoins, il nous témoigne une tendresse toute paternelle lorsqu'il dit: « Je ne vous laisserai pas orphelins; je viendrai à vous ». C'est encore pour cela qu'il nous appelle les enfants de l'Epoux, lorsqu'il dit: « L'heure viendra où l'Epoux a leur sera enlevé, et alors les enfants de l'Epoux jeûneront (2) ». Quel est l'Epoux, sinon le Seigneur Jésus-Christ?

2. Il dit ensuite : « Encore un peu de temps, et le monde ne me voit plus ». Eh quoi ! est-ce qu'alors le monde le voyait? puisque par le nom de monde il veut désigner ceux dont il a parlé plus haut en ces termes : « Le monde ne peut recevoir le Saint-Esprit, parce qu'il ne le voit pas et ne le connaît

 

1. Ps. IX, 14. — 2. Matth. IX, 15.

 

pas ». Le monde, assurément, voyait de lui ce qui pouvait se voir des yeux de la chair; mais il ne voyait pas le Verbe divin caché sous le voile de la chair: il voyait l'homme, mais ne voyait pas le Dieu; il voyait le vêtement, mais ne voyait pas celui qui le portait. Après sa résurrection, il laissa voir son corps à ses disciples, il leur permit même de le toucher, mais il ne voulait pas le montrer à ceux qui n'étaient pas du nombre des siens. Aussi est-ce peut-être ce qu'il faut entendre par ces paroles: « Encore un peu de temps, et le monde ne me voit pas; pour vous, vous me verrez, parce que je vis et que vous vivrez ».

3. Que signifient ces mots: « Parce que je vis et que vous vivrez? » Pourquoi dit-il qu'il vit lui-même présentement, et que, pour eux, ils vivront plus tard, sinon parce qu'il promettait de leur donner plus tard la vie qui animerait d'abord son corps ressuscité ? Et comme sa résurrection allait avoir bientôt lieu, il en parle au temps présent, pour en montrer la proximité. Mais comme la résurrection de ses disciples devait être différée jusqu'à la fin du monde, il ne dit pas: Vous vivez, mais: « Vous vivrez ». Ces deux résurrections, la sienne qui devait avoir lieu peu après, et la nôtre qui arrivera à la fin du monde, Notre-Seigneur les a ainsi promises d'une façon élégante et brève, par ces deux mots dont l'un regarde le présent et l'autre (20) l'avenir: « Parce que je vis », dit-il, « et vous  aussi vous vivrez ». C'est parce qu'il vit que nous vivrons. « Par un homme est venue la a mort, et par un homme viendra la résurrection des morts; car, comme tous meurent en Adam, ainsi tous seront vivifiés en Jésus-Christ (1) ». Et comme aucun n'est arrivé à la mort que par Adam, aucun n'arrive à la vie que par Jésus-Christ: parce que nous avons vécu, nous sommes morts ; mais c'est parce qu'il a vécu lui-même, que nous vivrons. Nous sommes morts à Jésus-Christ, quand nous vivons pour nous-mêmes. Mais parce qu'il est mort pour nous, il vit et pour lui-même et pour nous. C'est en effet parce qu'il vit, que nous vivons. Nous avons bien pu nous donner la mort à nous-mêmes, mais nous ne pouvons, de même, nous rendre la vie.

4. « En ce jour », dit-il, « vous connaîtrez que je suis dans mon Père et que vous êtes en moi, et moi en vous ». En quel jour, sinon en celui auquel il fait allusion en disant: « Et vous vivrez? » Alors nous pourrons voir ce que nous croyons. Maintenant, sans doute, il est en nous, et nous sommes en lui. Mais ce que nous ne faisons que croire maintenant, alors nous le connaîtrons. Et quoique dès à présent la foi nous l'apprenne, alors notre connaissance aura pour base la comtemplation même de la réalité, tant que nous sommes dans un corps pareil au nôtre, c’est-à-dire sujets à la corruption et de nature à appesantir l'âme, nous sommes éloignés du Seigneur, nous marchons à la lueur de la foi et non au flambeau de la claire vue (2). Mais alors nous marcherons à la claire vue; car nous le verrons tel qu'il est (3). Si Jésus-Christ n'était pas en nous, même dès cette vie, l'Apôtre ne dirait pas: « Mais si Jésus-Christ est en nous, le corps est mort à cause du péché, mais l'Esprit est vivant à cause de la justice (4)». Que nous soyons en lui, même

 

1. I Cor. XV, 21, 22. — 2. II Cor. V, 6. — 3. I Jean, III, 2. — 4. Rom. VIII, 10.

 

dès cette vie, c'est ce que Notre-Seigneur nous montre quand il dit : « Je suis la vigne, vous êtes les branches (1) ». En ce jour donc, quand nous vivrons de cette vie qui doit absorber la mort, nous connaîtrons qu'il est dans le Père, que nous sommes en lui, et qu'il est en nous: car alors sera achevé ce qu'il a déjà commencé, c'est-à-dire d'être en nous et de nous faire vivre en lui.

5. « Celui qui a mes commandements », dit Notre-Seigneur, « et les garde, c'est celui-là qui m'aime ». Celui qui les a dans la mémoire et qui les garde dans sa manière de vivre, qui les a dans ses discours, et qui les garde en ses moeurs ; qui les a en les écoutant et qui les garde en les pratiquant, ou qui les a en les pratiquant, et qui les garde en y persévérant,« c'est celui-là », dit-il, «qui m'aime». C'est par les oeuvres que l'amour doit se montrer, s'il veut être autre chose qu'un vain nom. « Et celui qui m'aime », continue-t-il, « sera aimé par mon Père; et moi aussi je l'aimerai, et je me manifesterai à lui ». Que veut dire: « J'aimerai ? » Est-ce qu'il ne commencera qu'alors à nous aimer, tandis que maintenant il ne nous aime pas? Evidemment non. Comment, en effet, le Père pourrait-il nous aimer sans le Fils, ou comment le Fils pourrait-il nous aimer sans le Père? Leur opération étant inséparable, pourraient-ils aimer séparément? Quand Notre-Seigneur dit: « Je l'aimerai », cette parole se rapporte à ce qui suit: « Et je me manifesterai moi-même à lui ». « J'aimerai et je me manifesterai », c'est-à-dire, j'aimerai jusqu'à me manifester. Maintenant l'amour de Jésus-Christ ne va qu'à nous faire croire et pratiquer ce que la foi nous ordonne; mais alors son amour ira jusqu'à nous faire voir et à nous donner la claire vision pour récompense de notre foi, et nous aussi nous aimons maintenant, parce que nous croyons ce que nous verrons; mais alors nous aimerons parce que nous verrons ce que nous croyons.

 

1. Jean, XV, 5.

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