LETTRE CCXXVII
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 Abbaye Saint Benoît de Port-Valais
rte de l'église 38 - CH-1897 Le Bouveret (VS)

LETTRE CCXXVII. (Année 428.)

 

Saint Augustin annonce à son vieil et saint ami Alype la conversion de deux païens de leur connaissance ; la conversion de l'un d'eux avait été précédée de miracles frappants.

AUGUSTIN AU VIEILLARD ALYPE.

 

Notre frère Paul est ici en bonne santé, toujours occupé de ses affaires : plaise à Dieu qu'il les achève ! il vous salue beaucoup. Il nous a raconté tout ce qui est arrivé d'heureux à Gabinien. La bonté de Dieu l'ayant délivré de ce qui le tourmentait, Gabinien s'est fait chrétien et chrétien des plus fidèles; il a été baptisé à Pâques, et la grâce qu'il a reçue est autant. dans son coeur que dans sa bouche. Comment vous exprimer mon désir de le voir ? vous savez.combien je l'aime. Le médecin Dioscore

3. C'est à tort qu'on a cru que ce Dioscore était le même que le jeune grec de ce nom qui, en 410 , adressait à saint Augustin des questions tirées des dialogues de Cicéron; ainsi qu'on le verra tout à l'heure , l'évêque d'Hippone appelle un vieillard ce Dioscore dont la conversion réjouit sa piété. Or, celui qui était un jeune homme en 410 ne pouvait pas être un vieillard en 429.



est devenu aussi un chrétien fidèle et a reçu la grâce du baptême en même temps que Gabinien. Vous allez voir comment Dioscore s'est converti : il fallait des miracles pour courber cette tête et brider cette langue. Sa fille, son seul bonheur, était malade; il n'y avait plus d'espoir pour sa guérison; son père lui-même n'espérait plus. On dit (et avant même le retour de notre frère Paul, cela m'a été affirmé par le comte Pérégrin, homme digne de louanges et bon chrétien, baptisé en même temps que les deux autres), on dit que ce vieillard, songeant enfin à implorer la bonté du Christ, fit vœu de se faire chrétien si sa fille était guérie; elle le fut. Dioscore n'acquittait pas son vœu ; mais la main de Dieu est encore levée : Dioscore est soudain frappé de cécité; il reconnaît d'où part le coup, avoue sa faute en gémissant, et, de nouveau, fait vœu de se faire chrétien s'il vient à recouvrer la vue. Il la recouvre et accomplit son voeu. La main de Dieu est encore levée. Dioscore n'avait pas retenti par coeur le symbole comme font les catéchumènes, ou petit être avait-il refusé de l'apprendre et s'était excusé de ne l'avoir pas pu : Dieu l'avait vu. Après les cérémonies de son baptême, Dioscore eut presque tous les membres paralysés, et même la langue. Averti par un songe, il déclare, par écrit, qu'il a été frappé de paralysie, parce qu'il n'a pas récité le symbole. Après cet aveu, il reprit l'usage de tous ses membres, moins la langue; il déclara, par écrit, qu'il avait cependant appris le symbole et qu'il l'avait dans la mémoire. Ainsi est tombée cette disposition à un continuel badinage qui, vous le savez, gâtait en lui une certaine bonté naturelle, et le portait à des railleries sacrilèges contre les chrétiens. Que dirai-je, sinon que nous devons chanter un hymne au Seigneur et le glorifier dans les siècles ? Ainsi soit-il.

 

 

 

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