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LOCUTIONS EMPLOYÉES DANS L'HEPTATEUQUE.

LIVRE PREMIER. LOCUTIONS TIRÉES DE LA GENESE.

 

LOCUTIONS TIRÉES DE LA SAINTE ÉCRITURE, QUI NE PARAISSENT ÊTRE QUE DES IDIOTISMES OU FORMES PARTICÙLIÈRES DE LA LANGUE HÉBRAÏQUE ET GRECQUE.

 

CHAPITRE I.

CHAPITRE II.

CHAPITRE III.

CHAPITRE IV.

CHAPITRE VI.

CHAPITRE VII.

CHAPITRE VIII.

CHAPITRE IX.

CHAPITRE X.

CHAPITRE XI.

CHAPITRE XII.

CHAPITRE XIII.

CHAPITRE XIV.

CHAPITRE XV.

CHAPITRE XVI.

CHAPITRE XVII.

CHAPITRE XVIII.

CHAPITRE XIX.

CHAPITRE XX.

CHAPITRE XXI.

CHAPITRE XXII.

CHAPITRE XXIII.

CHAPITRE XXIV.

CHAPITRE XXV.

CHAPITRE XXVI.

CHAPITRE XXVII.

CHAPITRE XXVIII.

CHAPITRE XXIX.

CHAPITREXXX.

CHAPITRE XXXII.

CHAPITRE XXXIII.

CHAPITRE XXXIV.

CHAPITRE XXXVI

CHAPITRE XXXVII

CHAPITRE XXXVIII.

CHAPITRE XXXIX.

CHAPITRE XL.

CHAPITRE XLI.

CHAPITRE XLII.

CHAPITRE XLIII.

CHAPITRE XLIV.

CHAPITRE XLV.

CHAPITRE XLVI

CHAPITRE XLVII.

CHAPITRE XLVIII.

CHAPITRE L.

 

LIVRE PREMIER. LOCUTIONS TIRÉES DE LA GENESE.

 

LOCUTIONS TIRÉES DE LA SAINTE ÉCRITURE, QUI NE PARAISSENT ÊTRE QUE DES IDIOTISMES OU FORMES PARTICÙLIÈRES DE LA LANGUE HÉBRAÏQUE ET GRECQUE.

 

CHAPITRE I.

 

14. Et dividant inter medium diei, et inter medium noctis (1).

20, 26. Volatilia volantia super terrain secundum fermamentunt coeli (2). Comment faut-il entendre secundum fermamentum ? Même question sur ces autres paroles: Faciamus hominem secundum imaginem et secundum similitudinem (3), que beaucoup de manuscrits latins rendent ainsi, ad imaginem et similitudinem.

28. Implete terram, et dominamini ejus (4). Le latin demande: dominamini ei.

 

CHAPITRE II.

 

5. Et homo non erat operari terram (5). Les versions latines portent: qui operaretur terram:

8. Plantavit Deus paradisum secundum Orientem (6). Les exemplaires latins portent: ad Orientem.

9. Ce que beaucoup de versions latines rendent ainsi : Et lignum sciendi bonum et malum, ou bien lignum scientiae boni et mali, ou bien lignum sciendi boni et mali (7), ou toute autre forme semblable, à laquelle d'autres interprètes auraient pu s'attacher, le texte grec l'exprime de cette manière : Et lignum ad sciendum cognoscibile boni et mali (8) ; je ne saurais dire si c'est là

 

1 Et qu'ils divisent le jour d'avec la nuit. — 2 Des oiseaux qui volent sur la terre sous le firmament du ciel. — 3 Faisons l'homme d notre image. — 4 Remplissez la terre et soyez-en les maîtres. — 5 Et il n'y avait point d'homme pour cultiver la terre. — 6 Dieu planta un jardin délicieux du côté du Levant. — 7 L'arbre de la science du bien et du mal. — 8 L'arbre qui fait savoir ce qu'on peut connaître du bien et du mal.

 

une simple locution; ou s'il n'y a pas plutôt un sens particulier que le texte laisse entrevoir.

 

16. Dans cette phrase du texte latin. Ex omni ligno quod est in paradiso, escoe edes (1), il ne faut pas lire: in paradiso escoe, mais escoe edes ; car l'expression escâ edes est conforme au génie de la langue latine, qui, dans ces sortes de locutions, remplace ordinairement le datif grec par l'ablatif, que les grammairiens appellent aussi le septième. Ou bien il faut construire la phrase de cette manière : Ex omni ligno escoe.

 

CHAPITRE III.

 

1. Serpens erat prudentissimus omnium bestiarum (2). Ainsi s'expriment un grand nombre d'interprètes latins. On lit dans le grec phronimotatos le plus entendu, et non sophotatos le plus sage.

7. Il est écrit d'Adam et d'Eve : « Leurs yeux s'ouvrirent. » Mais il serait absurde de croire que jusqu'alors ils étaient aveugles, ou avaient erré, les yeux fermés, dans la paradis terrestre. C'est donc là une locution, la même que nous retrouvons dans ce passage où il est dit d'Agar : « Elle ouvrit les yeux et aperçut un puits (3); » certainement, elle n'était pas restée assise jusqu'à ce moment, les yeux fermés. Ils ne marchaient pas non plus les yeux fermés, en suivant avec Jésus le chemin d'Emmaüs, ces disciples qui

 

1 Tu mangeras du fruit de tous les arbres. — 2 Le serpent était le plus fin de tous les animaux. — 3 Gen. XXI, 19.

 

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reconnurent le Seigneur après sa résurrection, et dont il est dit cependant que leurs yeux s'ouvrirent à la fraction du pain (1).

15. Au lieu de ces paroles, que l'on trouve dans beaucoup de manuscrits : Inimicitiam ponam inter te et mulierem (2) , le grec porte : In medio tui et in medio mulieris. C'est évidemment une locution, puisque la signification est absolument la même, que quand on dit: Inter te et mulierem. La même remarque s'applique aux paroles qui suivent immédiatement : In medio seminis tui et in medio seminis ejus (3).

17. On lit dans plusieurs versions latines Quia audisti vocem mulieris tuae, et edisti de ligno de quo proeceperam tibi de eo solo non edere (4) ; et dans le grec: Edisti de ligno de quo proeperam, tibi eo solo non edere ex eo. Mais d'autres interprètes grecs achèvent la phrase par le mot manducasti, ou edisti ; en sorte que, selon eux, le sens serait : Parce que tu as écouté la voix de ta femme, et que tu as mangé du fruit de l'arbre, le seul dont je t'avais défendu de manger, tu en as mangé.

 

CHAPITRE IV.

 

2. Et apposuit parere fratrem ejus Abel (5). On rencontre fréquemment cette locution dans les saints livres : apposuit dicere (6).

8. Et factum est, dum essent in campo, insurrexit Caïn super Abel, et occidit eum (7). On voit ici une locution ; car si l'on supprimait : Et factum est, pour commencer la phrase par ces mots : Et eum essent in campo ; le sens serait aussi complet.

 

CHAPITRE VI.

 

6. On lit dans plusieurs versions latines: « Dieu se repentit, et dit : J'exterminerai de dessus la terre l'homme que j'ai créé. Mais on trouve dans le grec le mot dienonethe , qui exprime plutôt l'action de méditer, que celle de se repentir. C'est aussi le sens qu'ont adopté plusieurs interprètes latins.

14. La plupart des versions latines portent Nidos facies in arcam (8), quoique le latin demande in arcâ, et non pas in arcam. Mais le grec ne met ni in arcam, ni in arcâ ; il dit : Nidos facies arcam, pour faire entendre que l'arche ne sera qu'un composé de petites chambres.

16. Au lieu de dire avec la plupart des interprètes : Facies ostium arcae à latere (9), quelques

 

 

1. Luc, XXIV, 31. — 2  Je mettrai l'inimitié entre toi et la femme. — 3 Entre ta race et la sienne. — 4 Parce que tu as écouté la voix do ta femme, et que tuas mangé du fruit de l'arbre, le seul dont je t'avais défendu de manger. — 5 Elle enfanta de nouveau, et mit au monde son frère Abel. — 6 Il dit encore. — 7 Lorsqu'ils furent dans les champs, Caïn se jeta sur Abel et le tua. — 8 Tu feras de petites chambres dans l'arche. — 9 Tu feras la porte de Perche sur le côté.

 

 

uns ont préféré dire ex transverso; voulant ainsi reproduire le sens du grec ex plagion.

 

CHAPITRE VII.

 

4. On lit dans plusieurs versions latines: Adhuc enim septem dies, ego inducam diluvium aquae super terram (1) ; mais le grec porte : ego inducam pluviam super terram. Dans la locution grecque on remarque l'emploi du génitif, et non de l'accusatif, en sorte que, pour se servir du même cas en latin, il faudrait dire : Adhuc enim septem dierum, inducam pluviam super terram.

5. Cette phrase : Et fecit Noë omnia quaecumque praecepit illi Dominus Deus, sic fecit (2), présente une locution semblable à celle que nous trouvons dans l'histoire de la création du monde, où après avoir dit: Et sic factum est       et cela se fit ainsi, Moïse ajoute : Et fecit Deus, et Dieu le fit.

4. Il est à remarquer que dans cette phrase Delebo omnem suscitationem (3), l'Ecriture ne se sert pas du mot creationem, ce qui est créé, mais du mot suscitationem, ce qui a reçu la vie; c'est le sens du mot grec anastasin, qui ne laisse pas, toutefois, d'être employé habituellement dans les versions grecques pour signifier la résurrection, quoique ce dernier sens soit très-bien exprimé par eksanatasis : et qu'on eût pu par conséquent, rendre par anastasis l'action de naître, et par eksanatasis, l'action de ressusciter. C'est de cette dernière expression que l'Apôtre s'est servi, lorsqu'il a dit : Si quo modo occurram in resurrectionem mortuorum (4); là en effet le texte grec porte eksanatasin, et non anastasin.

14. Dans ce passage : Et ommes bestiae secundum genus, et omnia pecora secundum genus, et omne repens quod movetur super terrain secundum genus, et omne volatile secundum genus, intrarunt ad Noë in arcam, bina ab omni carne, in quo est spiritus vitae (5), le pronom in quo n'a pas d'antécédent, à moins qu'on. ne sous-entende le mot genus comme s'il y avait in quo genere. Car si l'on sous-entendait.le mot carne, il faudrait dire in qua: or aucun interprète n'a fait ce changement si ce n est Symmaque.

23. Et deleta est omnis suscitatio (6). On voit

 

1 Encore sept jours, et j'amènerai le déluge sur la terre. — 2 Noë fit tout ce que le Seigneur lui avait commandé. — 3 J'exterminerai tout ce qui vit. — 4 Afin que je puisse à tout prix parvenir à la résurrection des morts. (Philip. III, 11). — 5 Tous les animaux sauvages selon leur espèce, tous les animaux domestiques selon leur espèce, tous ceux qui rampent sur la terre selon leur espèce, et tous ceux qui volent dans les airs selon leur espèce, entrèrent avec Noë dans l'arche, au nombre de deux de toute chair vivante et animée. — 6 Toutes les créatures vivantes périrent.

 

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ici pour la seconde fois l'expression suscitatio, mise pour conditio, creatura carnis.

Après avoir dit : « Et toutes les créatures animées, qui existaient sur la surface de la terre, depuis l'homme jusqu'aux bêtes, tant celles qui rampent, que celles qui volent dans l'air, furent détruites, » l'auteur de la Genèse ajoute « Et elles furent exterminées de dessus la terre.» C'est là une forme particulière de langage, appelée répétition, et dont l'usage est familier aux écrivains sacrés.

 

CHAPITRE VIII.

 

7. Dans cette phrase : « Noë fit sortir un corbeau, pour voir si les eaux s'étaient retirées ; et le corbeau, étant sorti, ne revint plus, jusqu'à ce que la terre fut entièrement sèche, » on voit une locution qui revient fréquemment dans l'Écriture, et qu'il est bon de signaler dès maintenant: en disant que le corbeau ne revint plus jusqu'à ce que la terre fut entièrement sèche, l'écrivain sacré ne veut pas donner à entendre, qu'il soit revenu dans la suite.

9. Ces paroles: Et extendit manum suam, accepit eam et induxit eam ad semetipsum in arcam (1), renferment une locution qui me parait venir de l'hébreu ; car elle est très-familière aussi à la langue des Carthaginois, qui a des caractères de ressemblance très-nombreux avec la langue hébraïque. Il suffisait de dire: Et extendit manum, sans ajouter suam. Faisons la même remarquer sur cette phrase, que nous trouvons quelques lignes plus loin: Habebat olivoe folio, surculum in ore suo (2).

12. Et non apposuit reverti ad eum amplius (3); cette locution est très-usitée dans l'Écriture. 21. Cette phrase : Et non adjiciam adhuc maledicere super terram (4), présente une locution semblable à la précédente : Et non apposuit reverti, ad eum.

Ibid. Même remarque sur cette autre phrase: Et non adjiciam percutere omnem carnem vivam (5).

 

CHAPITRE IX.

 

5. Au lieu de dire: Et enim sanguinem vestrum animarum vestrarum, votre sang, il eut suffit de mettre sanguinem vestrum, ou bien sanguinem animarum vestrarum.

12. Hoc signum testamenti, quod ego ponam intermedium meum et vestrum (6) ; c'est comme s'il y avait : inter me et vos.

 

1. Il étendit la main vers la colombe, la prit, et la remit avec lui dans l'archer. — 2 La colombe portait dans son bec un rameau d'olivier chargé de feuilles. (v. 11.) — 3 Et elle ne revint plus à lui. — 4 Je ne frapperai. plus la terre de malédiction. — 5 Je n'exterminerai plus les créatures vivantes et animées. — 6 Voici le signe de l'alliance que je veux établir entre moi et vous.

 

CHAPITRE X.

 

9. Hic erat gigas venator contra Dominum Deum (1) ; peut-être pourrait-on entendre ces derniers mots dans le même sens que coram Domino Deo, devant le Seigneur, puisque le synonyme grec evavtiov est pris ordinairement dans cette acception.

14. Unde exiit inde Philisthiim (2), il suffisait de dire: Unde exiit Philisthiim.

 

CHAPITRE XI.

 

1. Et erat omnis terra labium unum (3); nous disons en latin lingua una. Dans cette même phrase, les mots omnis terra désignent la totalité des hommes qui existaient alors, bien qu'ils ne fassent pas encore répandus par toute la terre.

3. Et facti sunt illis lateres pro lapide (4). Le grec s'exprime ainsi : Et facti sunt illis lateres in lapidem; rendue en latin, cette locution est moins facile à comprendre.

4. « Venez, bâtissons-nous une ville et une tour, dont le sommet s'élève jusqu'au ciel. » Ce langage est hyperbolique, du moins dans l'opinion de ceux qui y voient une locution ; mais faut il prendre à la lettre les mots : « jusqu'au ciel? » C'est que nous examinerons dans le livre des questions.

10. Là où quelques versions latines portent Sem filius Noë erat annorum centum, cum genuit Arphaxad (5), on lit dans le grec: Sem filius centum annorum cum genuit Arphaxat ; il y a donc une ellispe, attendu que le verbe erat n'est pas exprimé. Ensuite, comme on ne lit pas filius Noë mais simplement filins, il faut y reconnaître une nouvelle locution.

30. « Sara était stérile, et n'avait pas d'enfants ; » il suffisait de dire : « Sara était stérile. »

 

CHAPITRE XII.

 

12. Erit ergo, cum te viderint : Aegyptii, dicent : Quia uxor illius haec (6). C'est par une espèce de locution que le mot quia a été ajouté ici; on aurait pu dire simplement, uxor illius haec.

14. Au lieu de dire : Factum est autem statim ut intravit Abram in Aegyptum (7), on aurait pu se contenter de mettre : Statim autem ut intravit Abram in Aegyptum.

18. Quid hoc fecisti mihi, quia non annuntiasti mihi quia uxor tua est (8) ? il suffisait de dire non annuntiasti.

 

1 Il était un fort chasseur contre le seigneur. — 2 De cette famille sont sortisses Philistins. — 3 Tous les hommes parlaient la même langue.— 4 ils se servirent de briques au lieu de pierres. — 5 Sem fils de Noë avait cent ans, lorsqu'il engendra Arphaxad. — 6 Lorsque les Égyptiens t'auront vue, ils diront : c'est la femme de cet homme-là. — 7 Aussitôt qu'Abram fut entré en Égypte. — 8 Pourquoi ne m'as-tu pas dit qu'elle était ta femme?.

 

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De plus l'expression annuntiasti est elle-même une forme propre à l'Écriture; car les versions latines la traduisent presque toujours par non dixisti.

 

CHAPITRE XIII.

 

1. Ascendit autem Abram de Aegypto, ipse et uxor ejus, et omnia ejus, et Loth cum eo in desertum (1). Il faut sous-entendre ascenderunt. Cependant on ne peut pas dire, dans le sens propre, que les choses inanimées qu'Abram possédait, comme l'or, l'argent et tous ces meubles, soient sortis avec lui: c'est donc ici unelocution, que les Grecs appellent Zeugma kat’elleipsin, ellipse.

7. Et facta est rixa inter medium pastorum pecorum Abram et pecorum Loth (2). Les interprètes latins n'ont pas recherché, pour la plupart, à reproduire cette locution; mais ils se sont conformés au génie de notre langue. C'est pour la dernière fois que nous mentionnons cette manière de parler; car elle reparaît dans le texte grec toutes les fois qu'une idée semblable se présente à exprimer.

8. « Parce que nous sommes frères, » disait Abram à Loth. On voit par là que, dans ce langage de l'Écriture, le nom de frères est donné à tous ceux qui sont unis par les liens du sang, lors même que le degré de parenté n'est pas égal pour tous, et que l'un est à un degré supérieur et à l'autre un degré inférieur, comme cela . a lieu ici, puis qu'Abram était oncle de Loth.

 

CHAPITRE XIV.

 

1. Factum est autem in regno Amarphal regis Sennaar (3). Suivant le génie de notre langue, nous aurions dit simplement : In regno autem Amarphal. Quand donc l'Écriture commence une phrase par les mots: Factum est auteur, elle emploie une forme qui lui est propre.

5. Dans cette phrase: Quartodecimo autem anno Chodollogomor et reges qui cum eo (4), il faut sous-entendre erant ; et même certains interprètes latins ont eu soin de l'exprimer.

6. Il faut également sous-entendre erant dans ce membre de phrase : Et Chorroeos qui in montibus Seir (5).

13. Adveniens autem eorum qui evaserunt quidam, nuntiavit Abram transfluviali, ipse autem habitabat ad quercum Mambre, Amorrhis fratris

 

1. Abram sortit de l’Egypte avec sa femme et tout ce qu'il possédait, ainsi que avec Loth et prit le chemin du désert. — 2 Il s'éleva une querelle entre les pasteurs d'Abram et ceux de Loth. — 3 Sous le règne d'Amarphal roi de Sennaar. — 4 La quatorzième année Chodollogomor et les rois -qui étaient avec lui. — 5 Et les Chorréens qui habitaient dans les montagnes de Séir.

 

Eschol, et fratris Aunan ; qui erant conjurati Abram (1). Il existe ici une transposition de mots fort obscure ; l'ordre naturel est celui-ci : Adveniens eorum qui evaserunt quidam Amorrhis fratrisEscholet fratris Aunan, qui erant conjurati, nuntiavit Abram trans fluviali ; ipse autem habitabat ad quercum. Cette transposition de mots est rendue plus obscure encore par une ellipse, car en disant: quidam Amorrhis fratris Aunan, on n'exprime pas ce qu'est cet homme pour le frère d'Aunan, mais on laisse entendre qu'il est son fils. C'est donc la même locution que dans ce passage de l'Evangile : Jacobus Alphei, Jacques fils d'Alphée, où il est impossible de ne pas sous-entendre filius, bien qu'il ne soit pas exprimé. On rencontre souvent dans l'Écriture de semblables locutions, où le mot filius est sous-entendu.

22. On lit dans quelques manuscrits latins Et dixit Abram ad regem Sodomorum : Extendo manum meam ad Deum altissimum, qui creavit ccelum et terram, si a sparto usque ad corrigiam calceamenti (2). On voit que le traducteur n'a pas compris le sens du mot grec spartiou, qui veut dire fil. La locution du texte sacré est celle-ci : Extendo manum meam ad Deum altissimum, qui creavit ccelum et terram, si accipiam de omnibus tuis. Or si l'on admet que ces paroles : Extendo manum meam ad Deum altissimum, ont le sens de juro, la locution ne pourra passer dans la langue latine ; il faudra tourner la phrase de cette manière : Extendo manum meam ad Deum altissimum, me non accipere de omnibus tuis.

 

CHAPITRE XV.

 

13. Sciendo scies quia peregrinum erit semen tuum in terra 3. Cette locution est d'un usage très-fréquent dans l'Écriture; le grec l’exprime ainsi : sciens scies, ce qui est presque la même chose.

 

CHAPITRE XVI.

 

3. Et dedit eam Abram viro suo ipsi uxorem (4). Le mot ipsi est de trop.

4. Cum autem vidit se conceptum habere, spreta sum coram illa (5). Le grec emploie ici un participe qui n'existe pas dans la langue latine, le participe taovaa ; c'est comme s'il y avait : Videns autem se eonceptum habere, spreta sum coram illa, où

 

1 En même temps arriva un de ceux qui s'étaient sauvés du combat, c'était un fils d'Amorrhis frire d'Eschol et frère d'Hunan, qui tous trois avaient fait alliance avec Abram ; il vint apporter la nouvelle de cette défaite a Abram, qui avait passé l'Euphrate et qui habitait près du chêne de Mambré. — 2 Abram dit au roi de Sodome : Je lève la main et je jure par le Dieu Très-Haut, qui a créé le ciel et la terre, que je n'accepterai rien de ce qui t'appartient, depuis le moindre fil jusqu'à un cordon de soulier. — 3 Sache que ta postérité demeurera comme étrangère sur cette terre. — 4 Elle la donna pour femme à Abram son mari. —  5 Agar, voyant qu'elle a conçu; n'a pour moi que du mépris.

 

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l'on voit une espèce de solécisme. Il y en a également un dans l'emploi du participe idousa, que nous remplaçons parle mot latin videns.

 

CHAPITRE XVII.

 

6. Ce que les versions latines rendent ainsi : Augeam te nimis valde (1), est exprimé dans le grec par les mots valde valde.

8. Et dabo tibi et semini tuo post te terram in qua habitas, omnem terram Chanaan in possessionem aeternam (2). On peut se demander s'il n'y a pas une locution dans le mot aeternam, traduit du grec aionion ; ainsi que dans ces paroles : Et semini tuo post te, qui expliquent dans quel sens il faut entendre le mot tibi, qui précède.

9. Tu autem testamentum meum conservabis, et semen tuum post te in progenies suas (3) ; conservabis est mis pour conserva, le futur pour l'impératif.

12. Et puer octo dierum circumcidetur, omne masculinum (4); omne masculinum est mis pour omnis masculus; comme si la circoncision ne concernait pas exclusivement les enfants mâles.

17. Et procidit Abraham in faciem, et dixit in animo suo dicens : Si mihi centum annos habenti nascetur, et si Sara annorum nonaginta pariet (5) ? Cette locution exprime l'étonnement et non pas le doute ; rien n'est plus certain.

24. Abraham autem erat annorum nonaginta novera cura circumcisus est carnem proeputii sui (6) ; le latin demandait carne ou in carne.

 

CHAPITRE XVIII.

 

7. Et in boves adcucurrit Abraham (7) ; le latin demandait ad boves.

11. Abraham autem et Sara seniores progressi in diebus (8). Le grec porte progressi dierum.

20. Dixit autem Dominus: Clamor Sodomorum et Gomorrhoe impletus est, et delicta eorum magna valde (9). Dans le langage de l'Ecriture le mot clamor désigne souvent le crime commis avec cette impudence et cette entière liberté qui exclut tout sentiment de honte ou de crainte.

28. Et dixit : Quia non perdam, si invenero ibi quadraginta quinque (1)0. Le mot quia semble inutile ; aussi ne se trouve-t-il pas dans certains exemplaires latins.

 

1 Je multiplierai ta race d'une manière prodigieuse. — 2 Je te donnerai à toi et à ta postérité la terre que tu habites ; tout le pays de Chanaan sera à jamais ta possession. — 3 Garde fidèlement mon alliance. toi et ta postérité, dans toutes les générations à venir. — 4 Tout enfant mâle sera circoncis huit jours après. sa naissance. — 5 Abraham se prosterna la face contre terre, et dit en lui-même: A l'âge de cent ans puis-je espérer d'avoir un fils? et Sara pourrait-elle enfanter à quatre-vingt-dix ans? — 6 Abraham avait quatre-vingt-dix-neuf ans, lorsqu'il se circoncit lui même. — 7 Abraham courut à son troupeau. — 8 Abraham et Sara étaient fort avancés en âge. — 9 Le Seigneur dit :  Les iniquités de Sodome et de Gomorrhe sont trop criantes, et leurs crimes dépassent toute mesure. — 10 Dieu dit: Je ne perdrai point la ville, si j'y trouve seulement quarante-cinq justes.

 

 

30. « Seigneur, si je parle encore? » il faut sous-entendre : vous irriterez-vous ? ou toute autre expression ayant le même sens.

 

CHAPITRE XIX.

 

29. Cura everteret Dominus civitates, in quibus habitabat in eis (1).

 

CHAPITRE XX.

 

13. In omni loco ubi intraverimus ibi (2).

 

CHAPITRE XXI.

 

19. « Dieu lui ouvrit les yeux, et elle aperçut un puits d'eau vive. » C'est ici une locution, car on ne peut pas supposer qu'Agar avait les yeux fermés. Nous avons déjà fait la même remarque au commencement de ce livre à l'endroit où il est dit : « Et leurs yeux s'ouvrirent (3). »

23. Et terra quam inhabitasti in ea (4).

27. Et disposuerunt ambo testamentum (5) ; c'est comme s'il y avait; testati sunt ambo ; l'Ecriture aime à employer le mot testamentum dans le sens de pacte.

 

CHAPITRE XXII.

 

2. Accipe filium tuum dilectum (6). Le mot accipe est une locution, qui se trouve déjà dans les paroles de l'ange  Agar au sujet de son fils (7).

4. Et respiciens Abraham oculis (8); il suffisait de dire respiciens.

16. Per memetipsum juravi, nisi benedicens benedicam te (9) ; c'est comme s'il y avait : Per memetipsuin juravi quod benedicens benedicam te, ou simplement et sans conjonction : Per memetipsum jùravi, benedicens benedicam te.

17. Et multiplicatis multiplicabo semen tuum (10); c'était assez de dire multiplicabo.

20. Et nuntiatum est Abrahae dicentes (11) : la forme régulière serait celle-ci : Nuntiaverunt Abrahae dicentes, ou bien : Nuntiatum est a dicentibus.

 

CHAPITRE XXIII.

 

3. Et surrexit Abraham a mortuo suo (12) ; on devait mettre a mortua sua. Le saint patriarche dit encore en parlant de Sara : Et sepeliam mortuum meum (13); ce n'est pas le genre neutre qui est employé ici, comme s'il fallait lire corpus mortuum, mais le genre masculin, ainsi qu'on le voit par le texte grec.

 

CHAPITRE XXIV.

 

3. Et adjurabo te per Dominum Deum caeli et Deum terrae (14). Le grec n'a

 

1. Lorsque le Seigneur détruisit les villes où Loth avait demeuré. — 2 Dans tous les pays où nous irons. — 3 Gen. III, 7. — 4 Le pays où tu as demeuré. — 5 Ils firent alliance ensemble. — 6 Prends ton fils qui t'est cher. — 7 Gen. XXI, 18. — 8 Abraham levant les yeux. — 9 Je jure.par moi-même que je te comblerai de bénédictions. — 10 Je multiplierai ta race. — 11 On vint, annoncer à. Abraham. — 12 Abraham cessa de pleurer la mort de sa femme. — 13 Et que je puisse enterrer la personne que je viens de perdre. (Ibid. 4.) — 14 Et je te ferai jurer par le Seigneur, le Dieu du ciel et de la terre.

 

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pas la préposition per, mais simplement : Adjurabo Dominum Deum coeli.

Ibid. — Cum quibus ego habito in eis (1).

5. « Si la femme ne veut pas me suivre. » C'est une forme propre à la langue grecque, d'appeler femme toute personne du sexe.

Ibid. — In terram de qua existi inde (2).

6. Attende tibi ne revoces filium meum illuc (3). Ces paroles sont la formule ordinaire d'une défense comminatoire.

9. « Le serviteur mit la main sur la cuisse d'Abraham, et promit avec serment, juravit, « de faire ce qu'il lui avait ordonné. » On voit ici la preuve que ces paroles d'Abraham déjà citées : Adjuro te, sont une locution ayant le même sens que jura mihi, jure-moi. Mais comme cette manière de parler ne nous est pas familière, il faut examiner s'il n'y a pas dans le texte d'autres formules équivalentes qui confirment notre explication. Or Abraham venait de dire

« Si la femme refuse de te suivre, tu seras dégagé de ton serment (4) : » c'est une preuve manifeste, qu'il avait employé l'expression adjuro te, dans le sens de jura mihi.

16. Il est dit de Rebecca : « C'était une vierge d'une grande beauté, elle était vierge, aucun  homme ne l'avait connue. » Cette répétition renferme l'éloge de sa virginité. Mais pourquoi a-t-on ajouté : « Aucun homme ne l'avait connue, » si ces paroles ne sont pas une simple locution ? Il serait inouï que le mot vierge servit à désigner la fleur de l'âge plutôt que l'intégrité du corps. On lit dans le grec : «Aucun homme ne l'a connue, » au lieu de «ne l'avait connue ; » l'enchaînement des idées parait brisé par ce changement de temps.

26. Adoravit Domino (5) ; nous disons en latin Adoravit Dominum.

27. Quoniam non dereliquit justitiam et veritatem a Domino meo (6) ; c'est comme s'il y avait justitiam et veritatem quae est a Domino meo, ou plus clairement : quam fecit Dominus meus.

28. « La jeune fille courut à la maison de sa mère, porter cette nouvelle, » comme si ce n'était pas aussi bien la maison de son père.

32. Et aquam lavare pedibus ipsius, et pedibus virorum qui cum eo erant (7).

 

1 Au milieu desquels j'habite. — 2 Dans le pays dont tu es       sorti.  — 3 Garde-toi bien de ramener jamais mon fils en ce pays-là. — 4 Ibid. 8. — 5 Il.adora le Seigneur. — 6 Parce que Dieu n'a pas oublié la justice et la vérité, dans lesquelles mon maître a toujours marché. — 7 De l'eau pour laver les pieds de cet homme et de ceux qui étaient venus avec lui.

 

40. Dominus cui placui ante ipsum, ipse mittet angelum suum tecum (1) ; il suffisait de dire: cui placui, car Abraham pouvait-il plaire à Dieu autrement qu'en sa présence : ante ipsum

42. Si tu prosperas viam meam, qua ego nulle ingredior in eam (2).

43, 44. Le serviteur d'Abraham, rapportant les paroles qu'il avait prononcées lorsqu'il s'approchait de la fontaine, s'exprime ainsi : « La vierge à qui je dirai : Donne-moi à boire un peu de cette eau qui est dans ton vase, et qui me répondra: Bois, et je vais aussi en puiser pour tes chameaux;.cette femme est celle que le Seigneur a destinée à son serviteur Isaac. » Par ces paroles nous voyons clairement que la langue hébraïque donné même aux vierges le nom de femme.

48. « J'ai béni le Seigneur, le Dieu d'Abraham mon maître ; » c'est une formule de respect très-familière à l'Ecriture, comme cette expression « Le Dieu d'Hélie. »

49. « Faites-moi connaître vos intentions afin que « je sache si je dois retourner à droite ou à gauche. » Par la droite ii entend le succès, et par la gauche la mauvaise fortune ; en sorte que ce sera la droite, si sa demande lui est accordée, et la gauche, s'i elle lui est refusée : car nul doute qu'il ne dût retourner par.. le chemin qu'il avait déjà suivi. Nous trouverons la même locution dans d'autres endroits de l'Ecriture, où la droite désigne toute espèce de biens et la gauche toute espèce de maux, soit au physique comme le bonheur et le malheur, soit au moral comme la justice et l'injustice; et quelquefois encore la droite est mise pour les choses éternelles et la gauche pour les choses temporelles.

 

CHAPITRE XXV.

 

13. Haec sunt nomina filiorum Ismaël secundum nomina generationum eorum (3) ; c'est comme s'il y avait: secundum qua nomina generationes eorum appellatae sunt.

20. Accepit Rebeccam filiam Bathuel Syri de Mesopotamia, sororem Laban Syri, sibi in uxorem (4). On pouvait se contenter de mettre uxorem, ou bien sibi uxorem.

24. Et ei erant gemini in utero ejus (5) ; on pouvait se dispenser d'ajouter ejus.

27. Creverunt autem juvenes (6). On rencontre de

 

1 Le Seigneur aux yeux de qui j'ai trouvé grâce, enverra lui-même son ange pour te conduire. — 2 Si vous bénissez le voyage que j'ai entrepris. — 3 Voici les noms des enfants d'Ismaël, qui servirent aussi à désigner leurs familles. — 4 Il épousa Rébecca, fille de Bathuel, Syrien de Mésopotamie, et soeur de Laban, Syrien. — 5 Elle portait deux jumeaux dans son sein. — 6 ils grandirent.

 

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semblables locutions même chez les auteurs profanes, par exemple dans ce passage de Virgile : Et scuta latentia condunt (1), mis pour : condendo latentia faciunt. De même ici la phrase creverunt juvenes, étant appliquée à des enfants; doit s'entendre de cette manière : crescendo facti sunt juvenes.

31. Jacob dit à Esaü : Vende mihi hodie primogenita tua mihi (2) ; ainsi porte le texte grec.

 

CHAPITRE XXVI.

 

28. Videntes vidimus quia est Dominus tecum (3). Et disponemus tecum testamennum (4). L'Ecriture se sert volontiers, pour désigner un pacte, du mot testamentum, en grec diatheken. Ce que les versions latines expriment de cette manière : Et disponemus tecum testamentum ne facias nobiscum malum (5), revient à ceci : Ut paciscaris non facere nobiscum malum.

 

CHAPITRE XXVII.

 

1. Et vocavit filium suum seniorem Esaü et dixit (6). Le mot seniorem n'est pas employé ici pour indiquer un âge avancé, mais un âge relativement plus grand.

3. Nunc ergo sume vas tuum pharetramque et arcum (7). On ne lit pas vasa, mais vas. La signification de ce mot est assez obscure, si l'on n'y reconnaît pas une locution, en vertu de laquelle vas exprimerait déjà pharetram. Ce serait donc pour expliquer le mot vas, qu'Isaac y aurait joint pharetramque et arcum ; et ainsi en disant: sume vas tuum id est pharetram; et il aurait ajouté et arcum, pour désigner un second objet différent du carquois déjà exprimé par vas. Ou encore le mot vas désigne en même temps le carquois et l'arc, et le singulier est mis pour le pluriel; c'est ainsi qu'on dit: accipe vestem tuam, prends ton habit, pour signifier plusieurs vêtements; on dit également miles, le soldat, pour désigner plusieurs soldats. Nous pourrions apporter beaucoup d'autres exemples.

Ibid: Exi in campum venare mihi venationem (8).

9. « Cours au troupeau de brebis, et apporte-moi deux des meilleurs chevreaux. » Ces deux espèces d'animaux sont désignés sous la dénomination commune de brebis, parce qu'ils paissaient ensemble.

 

CHAPITRE XXVIII.

 

4. « Que Dieu t'accorde la bénédiction promise à Abraham ton père. »

 

1. Ils fabriquent des boucliers qui ne soient pas apparents. (Enéid. 3.) — 2 Vends-moi aujourd'hui ton droit d'aînesse. — 3 Nous voyons  clairement que le Seigneur est avec toi. — 4. Et nous faisons alliance avec toi. — 5 Nous ferons alliance avec toi, et tu t'engageras a ne nous faire aucun mal. — 6 Il appela Ésaü son fils aîné, et lui dit. — 7 Prends donc tes armes, ton carquois et ton arc. — 8 Va dans les champs, et tue pour moi quelque gibier.

 

Ce sont les paroles d'Isaac à son fils ; mais en réalité Abraham, père d'Isaac, était le grand-père de Jacob.

5. « Et il partit pour la Mésopotamie de Syrie, » comme s'il y avait un autre Mésopotamie que celle qui est en Syrie. Mais ce denier mot ne doit pas venir des Septante, parce que dans cette version il est marqué d'un astérisque.

15. Dieu dit à Jacob : « Je, ne t'abandonnerai pas que je n'aie accompli tout ce que je t'ai promis; » comme s'il devait l’abandonner une fois les promesses accomplies ; tel n'est pas certainement le sens : c'est donc une locution.

16. Surrexit Jacob de sommo suo et dixit: Quia hoc Dominus in loco hoc, ego autem ignorabam (1). Le sens serait complet sans le mot quia. Ces paroles «le Seigneur est vraiment en ce lieu, » équivalent à celles-ci: « Le Seigneur s'est manifesté ici; » car le Seigneur ne peut-être contenu dans un lieu.

 

CHAPITRE XXIX.

 

5. Jacob demande aux bergers: « Connaissez-vous Laban fils de Nachor? » Il aurait du dire de Bathuel. Mais nous concluons de ces paroles que le nom de Nachor était plus connu, et que c'est par honneur pour sa dignité de chef de famille qu'il le nomme de préférence. C’est une locution très-commune d'appeler fils d'un aïeul ou d'un bisaïeul ou de tout autre ascendant plus éloigné, celui qui en descend directement. Voilà pourquoi Isaac a donné à Abraham le nom de père à l'égard de son propre fils, comme nous l'avons remarqué tout-à-l'heure.

7. Adhuc est dies multa, nondum est hora congregandi pecora (2).

 

CHAPITREXXX.

 

4. Et dedit illi Balam ancillam suam ipsi uxorem 3; le sens eut été complet indépendamment du mot ipsi.

27. Si inveni gratiam antet e, auguratus essem; benedixitenim me Deus in introitu tuo (4). Ces paroles du texte ne paraissent pas avoir une raison logique, il fallait dire : Si invenissem gratiam ante te, auguratus essem. Mais puisqu'on s'est exprimé ainsi: si inveni, l'ordre naturel est celui-ci : si inveni gratiam ante te, permute me augurari, comme s'il y avait: O si auguratus essem! dont le sens est: Ad bonum augurium te in domo mea haberem.

33. Et exaudiet me justitia mea in die crastino (5); c'est comme s’il y avait exaudiri me faciet.

 

1 Jacob, s'étant éveillé, dit : Le Seigneur est vraiment en ce lieu, et je ne le savais pas. — 2 Il fait encore grand jour, et l'heure n'est pas encore venue de ramener les troupeaux. — 3 Elle lui donna pour femme Bala, une de ses servantes. — 4 Si j'ai trouvé grâce devant toi, que ta présence soit toujours pour moi un gage de prospérité ; car depuis que tu es entré chez moi, Dieu n'a cessé de me bénir. — 5 Mon innocence fera encore à l'avenir réussir ma cause.

 

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2. « Jacob remarqua que Laban ne le regardait plus du même oeil que la veille et l'avant-veille. » C'est une locution très-familière aux écrivains sacrés, de dire « la veille et l'avant-veille » pour exprimer un temps passé en général.

10. « J'ai vu de mes yeux en songe, » quoique les yeux du corps soient fermés dans le sommeil.

13. Ego sum Deus, qui apparui tibi in loco Dei (1). On voit ici une locution; les mots Deus in loco Dei, ne doivent-ils pas être pris dans le même sens que Pluit Dominus a Domino (2), où est indiquée la génération du Fils par le Père?

31. Respondens autem Jacob dixit ad Laban Dixi enim, ne forte au feras filias tuas à me, et omnia mea (3).

33. « Laban entra dans la maison de Lia, pour y faire des recherches. » On s'étonne qu'il soit question ici de la maison de Lia, puisque c'est au milieu du chemin que la famille de Jacob fut rejointe par Laban. Peut-être est-ce un usage de la langue sacrée, de donner le nom de maison à une chambre ou tente, comme quand il est parlé des maisons des servantes.

37. « Jacob dit à Laban : Tu as examiné avec le plus grand soin toutes les choses qui sont dans ma maison. » Il n'est plus question maintenant que d'une seule maison composée des maisons des femmes et des concubines de Jacob: ce qui prouve que ce nom désigne ici des chambres ou tentes, ou, si l'on veut, des pavillons.

42. « Si le Dieu de mon père Abraham, et le Dieu que craint Isaac ne m'eût assisté. » Jacob donne ainsi à son aïeul le nom de père, suivant en cela l'exemple. qu'il avait reçu de son père Isaac.

 

CHAPITRE XXXII.

 

3, 4, 5. « Jacob envoya de« vaut lui plusieurs de ses gens vers Esaü son frère, qui habitait la terre de Seïr en Idumée, et leur donna cet ordre : Vous direz ceci à Esaü mon seigneur: Voici ce que ton serviteur Jacob te fait dire : J'ai habité chez Laban, et j'ai resté avec lui jusqu'à présent ; j'ai acquis un bon nombre de boeufs, d'ânes, de brebis, de serviteurs et de servantes ; et j'ai envoyé prévenir Esaü mon seigneur. » Il ne dit pas: « J'ai envoyé te prévenir. »

11, 18. Si interrogaverit te Esau dicens : Cujus es ? et quo vadis ? et cujus haec quae antecedunt te

 

1 Je suis le Dieu qui t'a apparu a Béthel. — 2 Le Seigneur fit pleuvoir de la part du Seigneur, (Gen. XIX, 24.) — 3 Jacob répondit à Laban : J'ai eu peur que tu ne vinsses à me reprendre tes filles, et à m'enlever tout ce que je possède.

 

et dites : Pueri tui Jacob (1). La .phrase serait complète, quand même la conjonction et serait supprimée.

19. « Il les envoie pour présent à Esaü mon seigneur, et il vient lui-même après nous.» Il fallait dire, pour ne pas s'écarter du langage ordinaire : « A toi, mon seigneur, » ou bien « A toi, son seigneur. »

22. Surrexit autem eadem nocte, et accepit uxores duas.et duas ancillas (2) ; il est facile de voir que ces servantes ne sont pas les femmes, que l'Ecriture a désignées tout à l'heure sous le nom d'épouses. Et accepit duas ancillas : voilà un exemple du sens particulier que l'Ecriture donne assez souvent au mot accepit ; ce n'est pas cette nuit-là, en effet, que Jacob les a épousées, ou qu'il les a reçues de son beau-père.

 

CHAPITRE XXXIII.

 

13. Au lieu de dire comme le texte latin : Et oves et boves foetantur (3), le grec porte ; foetantur super me, « par dessus moi,» pour signifier : par mes soins et mes peines. Nous disons de même que nous avons des affaires pardessus la tête, quand elles nous demandent beaucoup de soins.

 

CHAPITRE XXXIV.

 

7. «Quand les fils de Jacob revinrent des champs, et qu'ils apprirent ce qui s'était passé, ils en furent vivement affligés, et ils ne pouvaient contenir leur indignation, en voyant l'opprobre infligé à la maison d'Israël par celui qui avait violé la fille de Jacob. Les choses n'en resteront pas là. » On trouverait difficilement dans l'Ecriture un autre exemple d'une locution comme celle-ci, où l'écrivain sacré mêle à la trame de son discours les paroles de quelqu'un, sans mettre en scène la personne qui parle ; car il n'a pas mis: : « Et ils dirent ; » il s'est contenté de rapporter leurs paroles. A qui, en effet, peut-on attribuer cette menace : « Les choses n'en resteront pas là, » sinon à ceux qui, dans les transports de leur colère, méditaient des projets de vengeance?

8. Il faut noter l'expression dont se sert Emmor, lorsque, parlant de Dina à Jacob et à ses fils, il dit : « Ta fille » au pluriel , au lieu de dire: ta fille, soeur de ceux-ci.

15, 16. In hoc similes erimus vobis, et habitabimus in vobis 4 ; in vobis est mis pour inter vos.

 

1 Si Esaü te demande: Quel est ton maître? vas-tu ? à qui appartiennent ces troupeaux qui marchent devant toi? Tu diras: C'est à Jacob ton serviteur. — 2 La même nuit, Jacob se leva et prit ses deux femmes et leur deux servantes. — 3 Mes brebis et mes vaches ont fait leurs petits. — 4 En cela nous vous ressemblerons, et nous habiterons au milieu de vous.

 

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19. Appositus enim erat filiae Jacob (1), est mis pour amabat eam, il l'aimait.

26. Et filium ejus Sichem interfecerunt in ore gladii (2), au lieu de gladio.

28, 29. L'écrivain sacré fait ainsi l'énumération des dépouilles que les fils de Jacob emportèrent de Salem, ville des Sichimites après s'en être emparés : Oves eorum, et boves eorum, et asilios eorum, quaecumque erant in civitate, et quaecumque erant in campo tulerunt, et omnia corpora eorum captivaverunt, et diripuerunt quaecumque erant in civitate, et quaecumque erant in domibus (3). Dans cette énumération on ne comprend pas bien ce qui est exprimé par les mots : et corpora eorum; car on ne peut pas supposer que les fils de Jacob aient emporté les corps de ceux qu'ils avaient tués. Il faut entendre par là les choses qui peuvent être l'objet d'une possession physique ; de sorte que les mots qui suivent : et supellectilem, les meubles, et autres objets, ne sont que le complément de l'énumération ; c'est ainsi qu'on dit, en style de droit, traditio corporum, la tradition des choses. Il est vrai qu'en vertu d'une locution qui leur est très-familière, les grecs se servent du mot somatia pour désigner les esclaves; mais comme c'est le mot somata non pas somatia qui est employé ici, il ne faudrait pas témérairement donner à ces deux mots le même sens ; il peut se faire néanmoins que ce soit le plus vrai.

 

CHAPITRE XXXVI

 

40. Après avoir fait le dénombrement de la race d'Edom, ou des lduméens, et des rois qui les avaient gouvernés, l'Écriture ajoute.: « Voici les noms des princes sortis d'Esaü selon les lieux qu'ils ont habités dans le pays et au milieu de leurs races, » où l'on voit le pluriel employé pour désigner une seule race, à cause du grand nombre des familles qui -la partageaient. On sait qu'Esaü s'appelait aussi Edom ; et ce nom a servi à distinguer la nation dont il était le père.

 

CHAPITRE XXXVII

 

21. « Ruben, ayant entendu ce discours, le délivra de leurs mains, et dit: « Gardons-nous d'attenter à sa vie. » Ce n'est pas après l'avoir délivré qu'il prononça ces paroles, mais c'est en parlant ainsi qu'il le délivra. C'est donc par anticipation que l'Écriture commence par dire qu'il le délivra, pour rappeler ensuite

 

1 Il était attaché à la fille de Jacob.— 2 Ils tuèrent par l'épée son fils Sichem. — 3 Ils prirent leurs brebis, leurs boeufs, leurs ânes, tout ce qui était dans la ville et tout ce qui était dans les champs ; ils firent esclaves tous les habitants ; et livrèrent au pillage tout ce qui était dans la ville et tout ce qui était dans les maisons.

 

en peu de mots la manière dont il s'y prit pour le délivrer.

22.  Non feriamus eum in animam (1). Le mot anima s'entend ici de la vie du corps animé c'est la cause mise pour l'effet. On peut donner le même sens à ces paroles adressées au démon, au sujet de la personne de Jacob : Animam ejus ne tangas (2), qui équivalent à celles-ci : ne occidas eum. La signification est toute différente dans ces paroles de Notre-Seigneur, où la nature de l'âme est clairement désignée : Nolite timere eos qui occidunt corpus, animant autem non possunt occidere (3).

27. Ces paroles de Juda : Manus autem nostrae non sint super eum (4), équivalent à la formule latine : Manus ei non inferamus.

Ibid. « Car il est notre frère et notre chair.» Il n'y a pas ici deux sens, mais un seul et même sens sous différentes expressions; « notre chair, » n'est que l'application des mots « nôtre frère; » et en effet, le sang du même père coulait dans leurs veines.

31. Occiderunt hoedum caprarum (5). Ce genre de locution revient souvent dans l'Écriture, comme dans ce passage des psaumes : Sicut agni ovium (6); comme s'il pouvait y avoir des chevreaux qui ne soient pas les petits des chèvres, ou des agneaux qui ne soient pas les petits des brebis.

 

CHAPITRE XXXVIII.

 

13. Et nuntiatum est nurui ejus Thamar, dicentes (7) ; pour parler correctement, on aurait du mettre : Nuntiaverunt dicentes.

14. Et depositis vestimentis viduitatis suae a se (8); le sens eut-il été moins complet, sans les mots a se?

26. Et non apposuit amplius scire eam (9); ces derniers mots ont le sens de misceri ei.

 

CHAPITRE XXXIX.

 

4. « Joseph trouva grâce aux yeux de son maître» ; il n'est personne qui ignore cette locution particulière à l'Écriture.

6. Et nesciebat quae  circum eum erant nihil (10); cette locution très-familière aux grecs, est contraire aux règles de la langue latine; nous dirions en latin : nesciebat aliquid.

Ibid. «Excepté le pain qu'il mangeait; » sous le nom de pain il faut sans doute entendre toutes

 

1 Gardons-nous d'attenter à sa vie. — 2 Ne touche pas à sa vie. (Job, II, 6.) — 3 Ne craignez pas ceux qui tuent le corps, mais qui ne sauraient tuer l'âme. (Matt. X, 28.) —  4 Ne portons pas la main sur lui. — 5 Ils tuèrent un chevreau. — 6 Comme des agneaux. (Ps. CXIII, 4. ) — 7 On vint dire à Thamar, l'épouse de son fils. — 8 Et après avoir quitté ses habits de veuve. — 9 Il n'eut plus de commerce avec elle. — 10 Il ne se mettait nullement en peine de connaître par lui-même les affaires de sa maison.

 

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les choses que l'on servait à Putiphar. C'est ainsi que dans l'Oraison Dominicale il n'est parlé que du pain pour désigner en général la nourriture de chaque jour.

7. « La femme de Putiphar jeta les yeux sur Joseph ; » c'est une locution qui est passée également dans l'usage de la, langue latine, pour dire qu'elle l'aima.

Ibid. Et ait : Dormi mecum (1) ; cette locution est souvent employée dans le sens de concumbe mecum.

22. Et deditearceris custos carceremper manum Joseph (2); ces mots sont mis pour in manus Joseph, ce qui veut dire: en son pouvoir.

 

CHAPITRE XL.

 

8. «Ils dirent: Nous avons eu un songe, et nous n'avons personne pour nous en donner l'explication. » Ils ne disent pas : « Nous avons eu des songes » , quoique chacun d'eux ait eu le sien.

12. «Les trois provins sont trois jours; » le texte ne dit pas: « signifient trois jours. » Il est important de remarquer ce genre de locution, où le signe reçoit le nom de la chose signifiée ; c'est ainsi que l'Apôtre a pu dire : « Le rocher était le Christ (3). » au lieu de: « Le rocher représentait le Christ. »

13. Et dabis calicem Pharaoni in manum ejus (4); il n'était pas bien nécessaire d'ajouter in manum ejus.

19. Et auferet Pharao caput tuum abs te (5); on aurait pu supprimer abs te.

Ibid. Et manducabunt aves coeli carnes tuas abs te (6); cette locution est semblable à la précédente.

 

CHAPITRE XLI.

 

1. Et factum est post biennium dierum (7). Qu'eût-il manqué au sens, si dierum eût été supprimé ?

7. Surrexit autem Pharao, et erat somnium (8); c'est ainsi que l'Écriture a coutume de raconter les songes : lorsque le sommeil est passé et que le libre exercice de la raison est revenu avec l'état de veille, on reconnaît l'illusion du songe, au lieu que, pendant qu'il durait, on le prenait pour une réalité.

9, 10. « Je reconnais aujourd'hui ma faute. Un jour Pharaon fut irrité contre ses serviteurs, et nous fit jeter en prison. » Il parle à Pharaon lui-même, comme s'il parlait d'un autre.

 

1. Elle lui dit : Dors avec moi. — 2 Celui qui  gardait la prison en confia le soin à Joseph  — 3 I Cor. X, 4. — 4 Tu présenteras la coupe à Pharaon. — 5 Pharaon te tranchera la tête. — 6 Les oiseaux du ciel dévoreront ta chair. — 7 Deux ans après. — 8 Pharaon s'éveilla, et vit que c'était un songe.

 

 

11. « Lui et moi, nous eûmes tous deux un songe dans la même nuit » Ces mots « lui et moi» sont superflus, si l'on met« tous deux. » Le nombre singulier: «nous avons eu un songe, » est encore employé ici au pluriel « nous avons eu des songes, » comme si tous deux avaient eu le même songe.

13. Factum est autem sicut comparavit nobis, ita et contigi (1). Les mots factum est autem, sont souvent employés de cette manière dans l'Ecriture ; il suffisait de dire : sicut enim comparavit nobis, ita et contigit.

19. Quales nunquam vidi tales in tota terra , Aegypti turpiores (2). Pour être latine, la phrase aurait pu se construire ainsi : Quibus nunquam vidi turpiores, ou simplement: Quales nunquam vidi, ou bien nunquam vidi tales.

Ibid. Exsurgens autem dormivi (3); exurgens est mis pour expergiscens.

25. « Dieu a montré à Pharaon les merveilles qu'il accomplira. » Le roi est nommé à la troisième personne, quoique la parole lui soit adressée.

30. « La famine épuisera la terre, » c'est-à-dire les hommes qui sont sur la terre.

33. « Maintenant donc choisissez un homme sage et habile, et donnez-lui le commandement sur toute la terre d'Egypte; et que Pharaon choisisse aussi, et établisse dans toute l'étendue du pays des gouverneurs de provinces, » comme si la personne à qui l'on dit : « Choisissez un homme sage, » n'était pas la même que celle de qui on dit : « Que Pharaon établisse ».

35. « Que l'on amasse de grandes provisions de blé, et qu'on les mette sous la main de Pharaon, » c'est-à-dire sous sa puissance.

40. Tamen thronum praecedam fui ego (4), c'est en ces termes que les paroles de Pharaon à Joseph sont rendues dans le texte grec. La locution praecedam fui est propre à la langue grecque, tandis que le latin demande praecedam te. Quant à la forme praecedam te thronum, le grec même ne l'admet pas, mais il exige : praecedam te throno, c'est-à dire je te serai supérieur par la prééminence du siège, ou je serai au-dessus de toi par la dignité royale. D'ailleurs cette idée est clairement exprimée dans la suite du discours de Pharaon.

44. « Je suis Pharaon; personne dans toute

 

1 Les choses arrivèrent, comme il nous les avait prédites. — 2 Des vaches si prodigieusement laides, que je n'en ai jamais vu de semblables dans toute l’Egypte. — 3 Après m'être éveillé, je me rendormis. — 4 Cependant je serai au-dessus de toi par la dignité royale.

 

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défendue de l'Égypte, ne lèvera la main que par « ton ordre. » C'est comme s'il y avait . Je suis le roi, mais tu es le prince, le gouverneur de l'Egypte. Car le mot Pharaon n'est pas un nom propre d'homme; il désigne la puissance royale.

 

CHAPITRE XLII.

 

1. « Jacob, voyant que l'on vendait du blé en Egypte, dit à ses fils : « Pourquoi n'êtes vous pas plus empressés? J'ai appris que l'on vend du blé en Egypte. » Remarquez que là où le saint patriarche dit qu'il a appris, le narrateur dit qu'il a vu.

2. « Achetez-nous quelques provisions, afin que nous puissions vivre, et que nous ne mourions pas; » il suffisait de dire : « afin que nous puissions vivre, » ou bien « afin que nous ne mourions pas. »

11. « Nous n'avons aucune intention hostile, tes serviteurs ne sont pas des espions. » Au lieu de dire : « Nous ne sommes pas des espions, » ils disent : « Tes serviteurs ne sont pas des espions, » comme s'ils parlaient d'autres personnes. Ils employaient cette forme de langage, pour mieux témoigner leur respect.

13. « Nous sommes douze frères , tes serviteurs, dans la terre de Chanaan, » et plus loin ils disent que l'un d'entre eux n'est plus, ne pouvant croire à l'existence de Joseph qu'ils supposaient avoir péri. La même locution se remarque dans cet autre passage : « Ce sont là les fils qui naquirent à Jacob en Mésopotamie (1), » quoique Benjamin ne fût pas né dans ce pays. Quand ils disent : « Nous sommes dans la terre de Chanaan, nous sommes est mis pour : nous habitons, puisque, au moment où ils parlaient, ils se trouvaient en Egypte ; mais ils étaient venus de la terre de Chanaan avec l'intention d'y retourner, comme dans le lieu ordinaire de leur séjour.

14. Hoc est quod dixi vobis, dicens quod exploratores estis (2). Qu'eût-il manqué au sens, si le mot dicens avait été retranché

19. « Pour vous, retournez dans votre pays, et conduisez le blé que vous avez acheté. » Conduisez est mis pour : emportez; mais parce que l'on conduit les bêtes de somme qui portent le blé, on dit que le blé lui-même est conduit.

22. « N'avais-je pas raison de vous dire : Gardez-vous de faire du mal à cet enfant? et vous ne m'avez pas exaucé. » Le verbe exaucer n'a

 

1 Gen. XXXV, 16. — 2 Voilà bien la preuve de ce que j'avançais tout à l'heure, que vous êtes des espions.

 

pas, comme on voit, pour unique acception, d'exprimer que Dieu exauce la prière.

23. « Mais ils ne savaient pas que Joseph les entendit. » Entendre ici a le même sens que comprendre : car quand même on ne comprendrait pas une langue, le son des paroles n'en arrive pas moins à l'oreille. Cette locution reparaît quand les enfants de Jacob racontent à leur père ce qui leur est arrivé en Egypte et ce qu'ils ont dit à Joseph.

32. Duodecim sumus fratres filii patris nostri unus non est; pusillus autem cum patre nostro hodie in terra Chanaan (1). Il y a, dans ces quelques paroles, plusieurs locutions d'espèces différentes. Et d'abord celle-ci, que nous avons remarquée tout-à-l'heure : « nous sommes douze, » bien qu'ils disent : « l'un n'est plus. » Ensuite filii sumus patris nostri, nous sommes les enfants de notre père, comme s'ils pouvaient être les enfants d'un homme, qui ne fût pas leur père. Dans cette autre : pusillus autem cum patre nostro hodie in terra Chanaan, le verbe est n'est pas exprimé, ni aucun autre mot équivalent. C'est ici le lieu de faire une remarque d'une extrême importance à cause de l'application qu'on peut en faire à certains récits des évangélistes., Il arrive souvent qu'en rapportant ce qui a été dit, on ne le répète pas absolument de la même manière; seulement on a soin que la différence des termes n'altère en rien la substance des choses. Ainsi nous ne voyons pas que Joseph ait dit ces paroles que les fils de Jacob lui attribuent : « Vous trafiquez dans ce pays. » Mais, à son langage, ils ont pu comprendre que telle était sa pensée, et le lui faire dire sans mensonge. Les mots, en effet, ne sont que des signes destinés à manifester, et à porter, autant que possible, à la connaissance de ceux qui nous écoutent, les choses que nous avons dans l'esprit.

35. Et erat uniuscujusque alligatura argenti in sacco eorum (2), on n'a pas mis in sacco ejus, ou bien in saccis eorum, mais in sacco eorum, comme s'il n'y avait qu'un sac pour tous.

36. Super me facta sunt omnia haec (3), c'est comme s'il y avait me miseria onerant.

 

CHAPITRE XLIII.

 

3. Ait autem illi Judas, dicens (4), le sens eut été aussi complet sans le mot dicens.

 

1 Nous sommes douze frères, tous enfants du même père; l'un n'est plus, et le plus jeune est aujourd'hui avec notre père au pays; de Chanaan. — 2. L'argent de chacun était lié dans leur sac. — 3 Tous ces maux retombent sur moi. — 4 Mais Juda lui répondit.

 

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Ibid. Interrogans interrogavit nos homo (1). On' rencontre souvent dans l'Écriture des locutions comme celle-ci : interrogans interrogavit nos homo, ou bien interrogando interrogavit, ou toute autre construction équivalente.

16. « Ces hommes mangeront, le pain avec moi à midi. » Est-il croyable qu'on n'ait servi que du pain? C'est donc une locution qui comprend, sous le nom du premier des aliments, toute autre nourriture. Mecum enim manducabunt homine panes meridie : l'expression meridie indique le dîner, ou le repas que l'on prend au milieu du jour.

18. Ut accipias nos in servos et asinos nostros (2). Il est clair que le mot servos n'est pas sous entendu dans le second membre de phrase; car ce que le texte latin rend par servos, le grec l'exprime par paidas qui ne peut nullement s'appliquer à des ânes. Il n'y a donc que le verbe accipias de sous-entendu devant asinos nostros.

21. Aperuimus saccos nostros, et hoc argentum uniuscujusque in sacco suo (3). Aucun verbe n'est exprimé, ni inventum est, ni apparuit, ni erat, ni aucun mot équivalent.

23. Propitius vobis, nolite timere (4). Dans le premier membre de la phrase propitius vobis, il y a deux mots sous-entendus : sit et Deus. Car la proposition entière qu'on trouve très-fréquemment dans les Septante, est celle-ci : Propitius sit vobis Deus.

28. Salvus est puer tuus pater noster, adhuc vivit (5.) Ce passage fait voir clairement que le mot puer est pris souvent dans le sens de serviteur; car, appliqué à un vieillard comme Jacob, il ne peut exprimer le nombre des années.

32. « Les Egyptiens ne pouvaient manger le pain avec les Hébreux; c'eût été pour les Egyptiens comme une souillure. » On rencontre souvent cette locution, qui consiste à désigner, sous le nom de pain, toute espèce de nourriture.

34. Magnificata facta est autem pars Benjamin parce partibus omnium quintupliciter ad illorum (6). Après avoir dit : prae partibus omnium, on pourrait se dispenser de mettre ad illorum.

 

CHAPITRE XLIV.

 

6. Inveniens autem eos, dixit secundum verba haec (7); on pouvait mettre Dixit eis verba haec. Mais n'y aurait-il pas ici

 

1 Cet homme nous interrogea. — 2 C'est pour nous réduire en servitude, et t'emparer de nos ânes. — 3 Nous avons ouvert nos sacs, et chacun a retrouvé son argent dans le sien.— 4 Dieu vous soit propice, n'ayez aucune crainte. — 5 Notre père, ton serviteur, vit encore, et il se porte bien. — 6 On fit la part de Benjamin cinq fois plus grande que celle des autres. — 7 Lorsqu'il les eut rejoints, il leur dit ces paroles,

 

l'expression d'une pensée particulière,- et non une simple locution? Autre chose est, en effet, de répéter textuellement les paroles, et autre chose de n'en donner que le sens, secundum ipso verba, sans s'attacher rigoureusement aux mots qui ont été prononcés. Comme, dans leur réponse, les enfants de Jacob se servent des mêmes termes: Ut quid loquitur dominus secundum verba haec (1) ? quand il n'y avait pas lieu évidemment de changer la forme ordinaire : Ut quid loquitur dominus verba haec ? nous devons en conclure que cette manière de parler est une locution.

7. Absit a pueris tuis facere secundum verbum hoc (2); ils pouvaient dire : Absit a nobis; mais c'est une marque de respect, très-fréquente dans l'Écriture, de parler de soi à la troisième personne. Quant à pueris, il est mis pour servis.

9. Et nos autem erimus servi Domino nostro (3). Ici le texte grec emploie le mot paides, en latin pueri : cette expression est si généralement employée par l'Écriture dans le sens de serviteur, que très-rarement on la voit se servir d'un autre mot.

34. Quomodo autem adscendam ad patrem, cum puer non sit nobiscum, ut non videam mala qua invenient patrem meum (4) ? Les règles ordinaires du langage demandaient que la phrase fût construite ainsi : Ut videam mala quae invenient patrem meum;» c'est-à-dire: Quomodo adscendam ut videam ? La forme inusitée employée ici équivaut à une proposition négative, que l'on pourrait construire régulièrement de la manière suivante : Non adscendam ad patrem, cum puer non sit nobiscum, ut non videam mala quae invenient patrem meum.

 

CHAPITRE XLV.

 

23. Après avoir dit que Joseph fondit en larmes, en se faisant connaître à ses frères, l'Ecriture ajoute: « Tous les Egyptiens l'apprirent, et la cour de Pharaon en fut instruite ; » et alors seulement elle cite les paroles de Joseph « Et Joseph dit à ses frères. » Ainsi l'Écriture raconte en premier lieu ce qui n'est arrivé que postérieurement, car c'est grâce à la renommée, que cette scène est venue à la connaissance de tous les Egyptiens; elle continue ensuite la narration interrompue, et résume brièvement les paroles qui avaient été prononcées.

 

1 Pourquoi notre maître nous parle-t-il ainsi? — 2 A Dieu ne plaise que tes serviteurs se permettent un si grand crime. — 3 Pour nous, nous serons les esclaves de notre seigneur. — 4 Comment pourrai-je retourner vers mon père, sans ramener l'enfant avec nous, et être  ainsi témoin de l'affliction extrême dans laquelle va être plongé notre père ?

 

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16. Et divulgata est vox in domo Pharaonis, dicentes : Venerunt fratres Joseph (1). Dicentes est mis pour dicentium; c'est comme s'il y avait : vox dicentium divulgata est: « Venerunt fratres Joseph. »

 

CHAPITRE XLVI

 

2. At ille respondit, quid est ? dicens (2). L'ordre naturel est celui-ci: At ille respondit, dicens : Quid est ?

4. Dieu dit à Jacob : Ego descendam tecum in Aegyptum, et ego adscendere te faciam in finem (3) ; ainsi s'exprime le texte grec ; mais les versions latines portent et ego deducam te in finem.

28. « Jacob envoya Juda devant lui avertir Joseph, pour qu'il vint à sa rencontre jusqu'à la  ville d'Heroüs : » je ne pense pas que le nom de cette ville se retrouve ailleurs dans l'Ecriture.

31, 32. Dans ces paroles de Joseph à ses frères : « Je m'en vais dire à Pharaon : Mes frères et tous ceux de la maison de mon père, qui habitent la terre de Chanaan, sont venus me trouver; ils sont tous pasteurs, (car l'occupation de ces hommes était de nourrir des troupeaux) et ils « ont amené avec eux leurs bêtes de somme, leurs brebis et tous ce qu'ils possèdent. » Cette phrase mise entre parenthèse est une réflexion de l'écrivain sacré, qui reprenant aussitôt la suite du discours de Joseph ajoute : « ils ont amené leurs bêtes de somme et tout ce qu'ils possèdent. » Tel est donc l'ordre des paroles prononcées par Joseph : « Ils sont tous pasteurs, et ils ont amené leurs bêtes de somme, leurs brebis et tout ce qu'ils possèdent. »

 

CHAPITRE XLVII.

 

8. Dixit autem Pharao ad Jacob : Quot anni dierum vitae tuae (4) ? Il faut sous-entendre sunt.

9. Pusilli et mali fuerunt dies annorum vitae meae (5). Pusilli est mis pour pauci ; car il n'y a pas d'homme, de qui les jours comptent moins d'heures que ceux des autres. Jacob parlait ainsi, en comparant sa vie avec la longue vie de ses ancêtres : car il avait cent trente ans, et personne aujourd'hui n'arrive à cet âge.

.12. Triticum secundum corpus (6); c'est comme s'il y avait secundum numerum corporum. Il faut donc entendre par corps le nombre des corps, et par le nombre, de corps celui des personnes.

14. « La famine sévissait plus fort que jamais, et la terre d'Egypte était condamnée à périr. »

 

1 Le bruit se répandit dans toute la cour de Pharaon, que les frères de Joseph étaient venus. — 2 Il répondit : Que demandez-vous de moi? — 3 J'irai avec toi en Egypte, et je saurai t'en faire sortir un jour. — 4 Pharaon demanda â Jacob quel âge il avait. — 5 Les jours que j'ai vécu sont peu nombreux, et remplis de beaucoup de maux. — 6 Du blé en proportion du nombre des personnes.

 

 

La terre est mise ici pour les hommes qui l'habitaient.

15. « Tous les Egyptiens vinrent trouver Joseph, et lui dirent : Donne-nous du pain. » Le mot pain s'entend ici du blé, c'est une locution désignant par le nom même de l'objet, l'élément qui sert à le composer.

20. Et facta est terra Pharaoni (1); il fallait dire Pharaonis. Cette manière de parler est familière à l'Ecriture. On en voit un autre exemple dans ce passage des psaumes : Et custodivi legem tuam; haec facta est mihi, quia justificationes tuas exquisivi (2) ; ainsi David dit de la loi divine haec facta est mihi, pour signifier in meam utilitatem.

24. Praeter terram sacerdotum tantum, non possedit Joseph (3); c'est comme s'il y avait : Praeter terram sacerdotum tantum, omnem terram possedit Joseph.

26. « A partir de ce jour, Joseph leur imposa l'obligation de payer à Pharaon la cinquième partie des fruits de la terre, ce qui s'observe encore aujourd'hui. » Ces mots : « encore aujourd'hui, » font bien voir que Pharaon est un nom commun à tous les rois d'une même dynastie. Car, à l'époque où cette histoire a été écrite, le Pharaon contemporain de Joseph n'existait plus ; ce n'était donc pas à lui que les Egyptiens pouvaient payer l'impôt.

28. Et fuerunt dies Jacob annorum vitae ejus (4). L'Ecriture dit souvent dies annorum, là où il lui suffirait de mettre simplement anni.

 

CHAPITRE XLVIII.

 

1. Dans cette phrase: Nuntiatum est Joseph : Quia pater tuus turbatur (5) , certaines versions emploient le mot vexatur ; d'autres oestuatur, ailleurs ce sont d'autres expressions encore, chaque traducteur latin choisissant le terme qui lui semblait le plus propre à rendre l'idée du grec enokhleitai. Mais le mot turbatur parait être le mieux choisi, parce qu'il se dit ordinairement de ceux dont le corps est en proie aux agitations de l'agonie. De là vient aussi que turba et okhlos sont synonymes; car le mot turba représente une multitude confuse: il n'a donc pas le sens de populus (6), peuple, en grec demos, ni de plebs (7), en grec laos , mais bien le sens de okhlos, qui signifie foule.

16. Entre toutes les paroles par lesquelles

 

1. Toute la terre devint la propriété de Pharaon. — 2 J'ai observé , votre loi; elle m'a été d'une grande utilité, parce que je n'ai eu d'autre désir que d'accomplir vos commandements. (Ps CXVIII, 56.) — 3 Il n'y eut que la terre des prêtres, dont Joseph ne prit pas possession. — 4 Tout le temps de la vie de Jacob fut. — 5 On vint dire à Joseph que son père était fort mal. — 6  peuple. — 7 bas peuple.

 

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Jacob bénit les enfants de Joseph, ses petits-fils, on remarque celles-ci : Et invocabitur in his nomen meum, et nomen patrum meorum (1); ce qui fait voir que le verbe invocare, aussi bien que le verbe exaudire, ne s'applique pas seulement à Dieu, mais quelquefois aussi aux hommes.

18. Hic enim primitivus (2); le verbe est n'est pas exprimé, conformément au texte grec.

24. Jacob, bénissant Joseph, dit entre autres choses :Inde quid confortavit Israël (3). Il y a tout lieu de croire que le verbe est est sous-entendu, en sorte que la proposition pleine serait : Inde est qui con fortavit Israël.

 

CHAPITRE L.

 

2. Au sujet de cette phrase :  Dixit Joseph servis suis sepultoribus, ut sepelirent patrem ejus (4), notons que la langue latine n'a pas de mot, pour exprimer l'office de ceux qui sont appelés en grec entaphiastai. Leur office n'était pas d'inhumer, c'est-à-dire, de confier à la terre les corps morts, ce qu'on exprime en grec par thapsai , et non par entaphiastai. Ceux qui sont appelés svzacptaazat, étaient chargés de faire tous les préparatifs qui précédaient l'inhumation des corps, comme de les embaumer, de les sécher, de les envelopper et serrer de bandelettes; et l'on sait qu'en cette matière les Egyptiens n'ont pas de rivaux. Quand on lit : Etiam sepelierunt, cela veut dire qu'ils lui donnèrent leurs soins. Et ces autres paroles : quadraginta dies sepulturae, doivent s'entendre des quarante jours employés en ces sortes de préparatifs , puisque le saint patriarche n'a jamais été enterré ailleurs, que dans le tombeau qu'il avait lui-même désigné.

4. Loquimini in aures Pharaonis (5), est un locution très-usitée dans l'Ecriture.

6. « Pharaon dit à Joseph : Va, et ensevelis ton père. » Quoique ces paroles fussent dites aux grands seigneurs, que Joseph avait envoyés, et qui devaient lui rapporter la réponse de Pharaon, elles s'adressaient véritablement à

 

1 Ils porteront mon nom et le nom de mes pères. — 2 Celui-ci est l’aîné. — 3 Par là il est devenu l'appui de la maison d'Israël. — 4 Joseph commanda à ceux de ses serviteurs qui avaient le soin des morts, de rendre les derniers devoirs à son père. — 5 Parlez vous-même à Pharaon.

 

Joseph. La même chose se remarque dans l'Evangile ; car un des évangélistes raconte qu'un centurion vint trouver le Seigneur, en disant « Mon serviteur est malade de paralysie dans ma maison (1); » et un autre évangéliste, qui raconte le même fait avec toutes ses circonstances, nous apprend que cet officier envoya vers le Seigneur plusieurs de ses amis, pour lui faire connaître l'état de son serviteur (2). Maison peut dire que c'est lui-même qui venait dans la personne de ses amis ; puisque ceux-ci. n'étaient que les exécuteurs de ses volontés. Même remarque encore sur ces paroles de Jésus-Christ : «Celui qui vous reçoit me reçoit; et celui qui me reçoit, reçoit Celui qui m'a envoyé (3). »

10. Planxerunt eum planctum magnum et validum (4). Planxerunt planctum est mis pour planxerunt planctu. Cette locution n'est pas étrangère à la langue latine, où l'on dit : servitutem servivit, il a vécu dans l'esclavage, militiam militavit, il a suivi la profession des armes, et autres locutions semblables.

15. Et redditione reddet nobis omnia mala quae ostendimus ei (5). La même locution se remarque dans ces paroles de l'Apôtre: Alexander oerarius multa mala mihi ostendit (6). Ainsi ostendimus est mis pour fecimus, et ostendit pour fecit.

l6. Accipe iniquitatem servorum Dei patris tuti (7). C'est encore une nouvelle locution, de dire accipe iniquitatem, au lieu de ignosce, pardonne, ou remitte, remets, ou bien obliviscere oublie; je pense toutefois que le mot accipe, a été choisi à dessein, pour présenter la même idée que dans cette phrase: aequo animo accipe, dont le sens est, supporte sans aucun ressentiment.

18. « Etant venus le trouver, ils lui dirent : » ce n'est pas que les frères de Joseph se soient rendus vers lui une seconde fois, mais l'écrivain sacré répète seulement ce qu'il a déjà dit. On trouve beaucoup d'exemples semblables dans l’Ecriture.

 

1 Matth. 5, 6. — 2 Luc, VII, 3. — 3 Matt. X. V.14. — 4 Ils le pleurèrent avec de vifs sentiments de douleur. — 5 Il nous rendra sans doute tout le mal que nous lui avons fait. — 6  Alexandre, l'ouvrier en cuivre, m'a fait beaucoup de mal. (II Tim. IV. 14.) — 7 Oublie l'injustice de ceux qui servent le Dieu de ton père.

 

 

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