PSAUME CXVIII-VII
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SEPTIÈME DISCOURS SUR LE PSAUME CXVIII.

LA FOI ET LA GRÂCE.

 

L’Eglise demande à Dieu la vie, et dès lors la vie de la foi qui agit par la charité. Or, cette foi nous vient de Dieu, qui seul donne la victoire. Mais demander la vie comme le fait le Prophète, c’est l’avoir déjà, et dès lors il demande à Dieu de la lui conserver afin qu’il comprenne les merveilles de ses préceptes ou la charité.

 

1.Si vous vous souvenez, mes Frères, de ce que nous avons déjà dit au sujet de ce psaume, cela doit vous aider à en comprendre la suite. Les interlocuteurs qui parlent comme parlerait un seul homme, sont les membres du Christ, qui ne forment qu’un seul corps sous un seul chef. Le Prophète dit plus haut : « En quoi le jeune homme corrige-t-il sa voie? en gardant vos paroles ». Et maintenant, peur garder cette parole il implore du secours : « Rendez à votre serviteur », dit-il; « que je vive, et je garderai vos paroles 1 ». Si c’est le bien pour le bien qu’il demande, il a donc déjà gardé la parole

 

1. Ps. CXVIII, 17.

 

de Dieu. Toutefois il ne dit point Rendez à votre serviteur, parce que j’ai gardé vos paroles : comme s’il demandait à Dieu que son obéissance fût récompensée ; mais il dit: « Rendez à votre serviteur ; que je vive, et je garderai vos paroles ». Qu’est-ce à dire, sinon que les morts ne les peuvent garder? et ces morts sont les infidèles, dont il est dit: « Laissez aux morts à ensevelir leurs morts 1». Si donc les morts sont pour nous les infidèles, et les vivants les fidèles ; puisqu’il est dit « Le juste vit par la foi 2 », on ne peut garder la parole de Dieu que par cette foi qui agit au moyen de la charité 3; telle est la foi

 

1. Matth. VIII, 22. — 2. Rom. I, 17. — 3. Gal. V, 6.

 

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que le Prophète demande à Dieu en disant: « Rendez à votre serviteur ; que je vive, et je garderai vos paroles». Et comme avant la foi, il n’est dû à l’homme que le mal pour le mal, et que, par une grâce tout à fait gratuite, Dieu néanmoins nous a rendu le bien pour le mal, telle est la faveur que sollicite le Prophète, quand il dit : « Rendez à votre serviteur; que je vive, et je garderai vos paroles ». Il est, en effet, quatre manières de rendre : ou bien le mal pour le mal, comme Dieu rendra aux méchants le feu éternel; ou le bien pour le bien, comme il rendra aux justes un royaume sans fin; ou le bien pour le mal, comme le Christ justifie l’impie 1 par sa grâce; ou le mal pour le bien, comme Judas et les Juifs ont dans leur malice persécuté le Sauveur. De ces quatre manières de rendre, les deux premières appartiennent àla justice, comme rendre le mal pour le mal, ou le bien pour le bien ; la troisième, qui rend le bien pour le mal, est un acte de miséricorde ; la quatrième est inconnue à Dieu, car il ne rend à personne le mal pour le bien. Quant à celle que nous avons mise au troisième rang, elle nous est très-nécessaire, puisque si Dieu ne rendait point le bien pour le mal, on ne trouverait personne qui rendît le bien pour le bien.

2. Ecoute à ce sujet Saul, qui devint Paul ensuite : « Ce n’est point », nous dit-il, « à  cause des oeuvres de justice que nous avons faites, mais en vertu de sa miséricorde que Dieu nous a sauvés par le bain de la régénération 2 ». Et encore : « J’ai été d’abord un blasphémateur, un persécuteur, un véritable ennemi; mais Dieu m’a fait miséricorde, parce que j’ai fait tous ces maux par ignorance, n’ayant pas la foi 3 » Et encore: « Je donne ce conseil comme ayant reçu du Seigneur la grâce de la foi 4 », c’est-à-dire la grâce de vivre, puisque « le juste vit de la foi 5 ». Avant de vivre par la grâce de Dieu, il     était donc mort par sa propre injustice. Et, en effet, voici comme il avoue qu’il était mort: « Le commandement étant survenu, le péché a commencé à revivre; pour moi, je suis mort, et il s’est trouvé que le précepte qui aurait dû me donner la vie, m’a donné la mort 6 ». Dieu donc lui a rendu le bien pour le mal, la vie pour la mort; Dieu l’a traité

 

1. Rom. IV, 5. — 2. Tit. III, 5.—  2. I Tim I,13.— 3. I Cor. VII, 25. — 4. Rom. I, 17. — 5. Id. VII, 9, 10.

 

comme le Prophète le demande ici: « Rendez à votre serviteur; que je vive, et je garderai

vos paroles ». Il a vécu, en effet, et a gardé la parole de Dieu, et dès lors s’est trouvé au

rang de ceux à qui Dieu rend le bien pour le bien ; ce qui lui fait dire : « J’ai combattu un bon combat, j’ai achevé ma course, j’ai gardé ma foi; il me reste à recevoir la couronne de justice que le Seigneur, comme un juste juge, me donnera au grand jour 1». En ce cas, Dieu est juste en rendant le bien pour le bien: lui qui, d’abord miséricordieux, a rendu le bien pour le mal. Toutefois, la justice qui rend le bien pour le bien n’est pas sans miséricorde, puisqu’il est écrit : « C’est lui qui vous couronne dans sa grâce et dans sa miséricorde ». Comment celui qui a dit : « J’ai combattu un bon combat », aurait-il pu vaincre sans le secours de Celui dont il

dit: «Je rends grâces à Dieu qui nous a donné la victoire par Notre-Seigneur Jésus-Christ 3? » Lui qui a achevé sa course, comment eût-il pu courir, et fût-il arrivé sans l’assistance de

Celui dont il a dit : « Ce n’est donc point l’affaire de celui qui veut ou de celui qui court, mais l’affaire de Dieu qui fait miséricorde 4? »Lui qui a conservé sa foi, comment l’eût-il conservée, si, comme il l’a dit lui-même, il n’eût reçu miséricorde afin de croire 5?

3. Que l’orgueil humain ne s’élève doncjamais : c’est aux dons de Dieu que nous devons le bénéfice de ses récompenses. Toutefois, celui qui prie dans notre psaume, et qui s’écrie : « Rendez à votre serviteur ; que je vive », ne prierait point s’il était mort complètement. Mais le commencement d’un bon désir lui vient de celui à qui il demande la vie pour lui obéir. Ils avaient déjà une certaine foi, ceux qui disaient au Seigneur : « Augmentez en nous la foi 6 ». Mais il confessait son incrédulité, sans néanmoins désavouer sa foi, celui à qui le Seigneur demandait s’il croyait, et qui répondait : « Je crois Seigneur, mais aidez mon incrédulité 7 ». Il commence à vivre et supplie le Seigneur qu’il le fasse vivre, celui qui croit et qui demande l’obéissance; qui demande non point que Dieu le récompense de l’avoir conservée, mais qu’il l’aide à la conserver. Celui qui. se renouvelle chaque jour 8, vit aussi de plus en plus chaque jour, à mesure que la vie s’augmente.

 

1. II Tim. IV, 7, 8.— 2. Ps. CII, 4.— 3. I Cor. XV, 57.— 4. Rom. IX, 16.— 5. I Cor. VII, 25.— 6. Luc, XVII, 5.— 7. Marc, IX,23.— 8. II Cor. IV, 16.

 

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4. Mais le Prophète, sachant qu’on ne saurait garder fidèlement les paroles du Seigneur, à moins d’en avoir l’intelligence, ajoute aussitôt à sa prière : « Otez le voile de mes yeux, et je considérerai les merveilles de votre loi »; puis encore : « Je suis un locataire en cette vie »; ou, comme on lit en certains exemplaires : « Je suis un étranger en cette vie, ne me cachez pas vos commandements 1 ». Dans ces paroles : « Ne me cachez pas vos commandements», il répète ce qu’il a dit plus haut : « Otez le voile de mes

 

1. Ps. CXVIII, 18, 19.

 

yeux ». Et « vos commandements », c’est la répétition de ce qu’il a dit ailleurs: « Les merveilles au sujet de votre loi». Or, la plus grande merveille dans les commandements de Dieu est cette parole : « Aimez vos ennemis 1 » ; c’est-à-dire , rendez le bien pour le mal. Mais ne passons pas légèrement sur ce point, que le Prophète se regarde comme un locataire ou comme un étranger ici-bas; et comme nous ne pouvons en parler dans ce discours, nous en parlerons dans un autre avec le secours de Dieu.

 

1. Matth. V, 44.

 

 

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