PSAUMES LXXXI-XC
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 Abbaye Saint Benoît de Port-Valais
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DISCOURS SUR LE PSAUME LXXXI. JUGEMENT DE DIEU CONTRE LA SYNAGOGUE

DISCOURS SUR LE PSAUME LXXXII.CHANT DE L’ ÉGLISE POUR LE JUGEMENT.

DISCOURS SUR LE PSAUME LXXXIII.ENCORE LES PRESSOIRS DE L’ÉGLISE.

DISCOURS SUR LE PSAUME LXXXIV. SERMON AU PEUPLE.LA VRAIE PIÉTÉ.

DISCOURS SUR LE PSAUME LXXXV. SERMON AU PEUPLE DE CARTHAGE. LES ESPÉRANCES DE L’ÉGLISE.

DISCOURS SUR LE PSAUME LXXXVI. SERMON AU PEUPLE. LA JÉRUSALEM CÉLESTE.

DISCOURS SUR LE PSAUME LXXXVII. LA PASSION DU CHRIST DANS L’ÉGLISE.

DISCOURS SUR LE PSAUME LXXXVIII. PREMIÈRE PARTIE DU PSAUME. LES PROMESSES DE DIEU.

DEUXIÈME DISCOURS SUR LE PSAUME LXXXVIII.DEUXIÈME PARTIE DU PSAUME. SUITE DU SUJET.

DISCOURS SUR LE PSAUME LXXXIX. LES FIGURES DE L’ANCIEN TESTAMENT.

PREMIER DISCOURS SUR LE PSAUME XC.PREMIER SERMON.LES TENTATIONS.

DEUXIÈME DISCOURS SUR LE PSAUME XC.LES TENTATIONS. SUITE DU DISCOURS PRÉCÉDENT.

 

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DISCOURS SUR LE PSAUME LXXXI.

JUGEMENT DE DIEU CONTRE LA SYNAGOGUE.

 

Dans ce psaume Asaph signifie la synagogue, dont les fils étaient les fils adoptifs de Dieu. C’est au milieu d’eux que Dieu a pris séance. Ce Dieu est le Fils envoyé aux brebis d’Israël, issu des patriarches comme ceux qu’il vient juger. Il a fait le discernement en permettant qu’une partie d’Israël tombât dans l’aveuglement, jusqu’après l’entrée des nations Dieu reproche aux uns d’avoir tué l’héritier de la vigile, aux autres, qui étaient en grand nombre, de ne l’avoir point défendu. Toutefois ni les uns, ni les autres n’ont vu en lui le Christ. De sa mort vient cet ébranlement de la terre à la parole des Apôtres, et qui fit mépriser la terre mur le ciel. Le Christ est venu combattre l’orgueil par ‘humilité, et si nous n’embrassons cette humilité nous mourrons comme des hommes terrestres, nous tomberons comme les princes du monde. Levez-vous donc, Seigneur, et jugez la terre, afin d’en prendre possession.

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DISCOURS SUR LE PSAUME LXXXII.

CHANT DE L’ ÉGLISE POUR LE JUGEMENT.

 

Asaph signifie synagogue : alors le peuple de Dieu qui chante sa victoire sur ses ennemis, serait l’allégorie du peuple chrétien qui triomphera au dernier jugement, et qui dit au Christ Qui sera semblable à vous, vous que les hommes ont méconnu au point de vous juger, lorsque vous viendrez les juger dans votre gloire? Les ennemis de Dieu seront tumultueux et auront pour chef le démon, que le Christ tuera du souffle de sa bouche; ainsi s’évanouiront leurs complots, leur désir de détruire le peuple de Dieu. En vain sera-t-il leur chef, ils périront comme les princes de Chanaan. Loin d’assujettir le peuple du Seigneur, il leur faudra se soumettre à la vérité, et devenir comme la paille que le vent emporte, comme une forêt incendiée, use montagne embrasée. Et toutefois leur confusion deviendra salutaire, car plusieurs se convertiront.

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DISCOURS SUR LE PSAUME LXXXIII.

ENCORE LES PRESSOIRS DE L’ÉGLISE.

 

Ces pressoirs désignent la vie d’affliction. L’olive et le raisin sont en paix sur l’arbre; ainsi l’homme avant d’entrer au service de Dieu. Mais dès que nous y entrons, il faut nous dépouiller du vieil homme, comme le raisin du marc. Les fils de Coré sont les fils du Calvaire ou les chrétiens. Dieu donc nous met sous le pressoir afin de nous forcer k porter nos désirs au ciel. Se détacher des richesses de cette vie, c’est être pauvre; on est, riche et condamnable quand on les désire, même sans les posséder. Au désir du vrai pauvre Dieu se donnera lui-même. Mais alors au lieu de regarder en arrière, jetons-nous en avant : nous serions plus coupables de chercher notre joie dans cette vie passée; dans le vieil homme dont nous avons dû nous dépouiller. C’est donc l’Eglise qui aspire aux demeures célestes, qui n’a ici-bas d’autre joie que dans l’espérance. Son coeur et sa chair tressaillent, celui-là par de saints désirs, celle-ci par les oeuvres extérieures. C’est la tourterelle qui cherche un nid, et ce nid est l’Eglise qui a la vraie foi, et qui nous sauve par nos oeuvres. Le Prophète nous porte par les aspirations dans la maison du Seigneur, où nous posséderons Dieu lui-même, ne faisant rien par contrainte, mais bénissant Dieu par amour. C’est là que doit nous conduire la grâce, et plus vif sera notre désir, plus haute sera notre ascension, dont les degrés sont dans notre coeur. La loi montrait le péché sans le guérir, l’eau de la piscine ne guérissait qu’un seul malade quand elle se troublait; ce trouble est l’image de la passion qui nous a guéris par la grâce, et le grâce nous conduira des vertus de cette vie à la vérité unique ou à Dieu, que nous verrons et vers qui nous élèvera l’humilité.

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DISCOURS SUR LE PSAUME LXXXIV.

SERMON AU PEUPLE.

LA VRAIE PIÉTÉ.

 

Dieu nous guérit par sa miséricorde, il nous ouvre les yeux afin de se montrer à nous, lui qui est la lumière. Le psaume est pour les fils de Coré ou du Calvaire, il prédit l’avenir avec des termes du passé, parce que le Prophète voit sa prophétie accomplie en Dieu. Bénir la terre, en détourner l’esclavage, c’est nous délivrer du péché, comme il délivrait jadis Israël du joug que ses ennemis appesantissaient sur lui en punition de ses infidélités. Or, nous sommes par la foi enfants d’Israël en d’Abraham. Dieu donc nous délivre du joug de Satan par la rémission du péché. Sa colère ne sera donc pas éternelle, puisqu’il nous renouvellera cl nous donnera l’immortalité. Ainsi mettons notre joie en Dieu, et alors seulement elle sera durable, et par un effet de sa divine miséricorde nous comprendrons que tout bien vient de Dieu, et nul ne troublera nos délices. Quand nous jouiront de l’adoption, alors sous goûterons ces délices que nous n’avons aujourd’hui qu’en espérance; nous verrons Dieu face à face et dans cette beauté dont rien ne peut ici-bas nous donner une image. Nous aurons alors la paix qui est impossible en cette vie, puisqu’il nous faut lutter contre nos passions, et contre nos besoins. Et pois ne qui nous récrée ne peut se prolonger sans nous nuir, et même sans nous tuer, tandis que Dieu nous donnera une paix parfaite. Aimons-le donc alu de nous rapprocher de lui. La vérité chez les Juifs, la miséricorde chez les Gentils se sont rencontrées dans le peuple chrétien, de même que la justice et la pair. Si nous voulons la seconde, pratiquons la première, et la pain viendra l’embrasser. La vérité qui naît de la terre, c’est le Christ né d’une femme, afin de nous racheter par sa mort; ou bien encore la confession des péchés, et alors la justice a regardé cette vérité dans le publicain. Ainsi le Seigneur nous fera goûter les douceurs de la piété, et dans les actes de justice une douceur bien supérieure à celle du péché. Faisons marcher devant nous la justice ou l’aveu, et Dieu viendra en nous.

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DISCOURS SUR LE PSAUME LXXXV.

SERMON AU PEUPLE DE CARTHAGE.

LES ESPÉRANCES DE L’ÉGLISE.

 

C’est Jésus-Christ uni à son corps ou l’Eglise qui parle dans ce psaume. Ne craignons pas d’y trouver des paroles qui conviennent à Dieu, et d’autres à l’homme seulement. C’est le même que l’on invoque comme un Dieu, et qui prie en nous comme un homme. Dieu s’est incliné vers nous qui l’avions offensé; telle est sa miséricorde, et il garde sa vie pour les justes. Il prête l’oreille à celui qui est humble, qui sent le besoin de miséricorde, qui n’espère point dans les richesses. Abraham était riche et fut glorifié aussi bien que Lazare. Car Dieu pèse l’intérieur, et c’est par l’âme que nous sommes riches ou pauvres. En son humanité le Christ dit : Gardez mon âme, et il était alors une chair, une âme et le Verbe. Le chrétien peut se dire saint; mais sanctifié par son chef, et non se sanctifiant lui-même ; il gémit tout le jour dans la succession des siècles. Elevons donc nos âmes vers Dieu, afin qu’il répande en elles quelque joie, et que nous les garantissions de la corruption; élevons-les en changeant de volonté. Fatiguée de la terre où elle rencontre soit les méchants scandaleux, soit les justes dont elle craint la perte, l’âme du Prophète s’élève à Dieu et déplore les difficultés qu’elle éprouve à demeurer en lui; mais elle s’applaudit de ce que Dieu oublie nos dissipations pour nous écouter favorablement. Car il est miséricordieux pour ceux qui lui demandent ce qui aboutit au salut. Il exauce Satan qui veut éprouver Job, il n’exauce pas saint Paul qui veut être délivré de l’épreuve. Ne lui demandons pas ce qu’il ne veut point. S’il donne aux impies les biens de la terre, que ne réserve-t-il pas à ceux qui le servent ? C’est le ciel. Or, un malade qui vent guérir, endure tout de la part du médecin qui est faillible, et la santé qu’il rend n’est pas inaltérable. Quelle ne doit pas être notre espérance pour le ciel.

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DISCOURS SUR LE PSAUME LXXXVI.

SERMON AU PEUPLE.

Probablement prêché à Carthage, en présence de l’évêque de cette ville, Aurèle.

LA JÉRUSALEM CÉLESTE.

 

La ville chantée dans le psaume est la cité de Dieu que nous chantons, si nous l’aimons. C’est la sainte Sion dont les Apôtres et les Prophètes sont tout à la fois les citoyens et les montagnes sur lesquelles cette cité est bâtie. Le Christ est cette pierre de l’angle où se sont rencontrées les deux murailles venant l’une de la circoncision, l’autre de la gentilité. Il est aussi la base de la Cité, et au lieu que les édifices de la terre partent d’en bas, l’édifice spirituel vient d’en haut. Le Christ est encore la porte du bercail, et le berger, et cet édifice est vivant dans chacune de ses pierres, et chaque pierre est carrée afin d’être debout en tout sens. Les Apôtres et les Prophètes en sont la base, parce qu’ils soutiennent notre faiblesse, et les portes, parce que nous y entrons par eux; et y entrer par eux, c’est y entrer par Jésus-Christ. De là ce nombre de douze portes, nombre qui désigne l’universalité, et correspond aux douze siéges, parce qu’on viendra de tous côtés pour y entrer, y siéger, y juger. Le Christ nous y a précédés et y entre dans chacun de ses membres qui s’est appliqué les mérites de la passion. C’est là que viennent Rabab et Babylone, ou les Gentils purifiés. C’est le Christ qui a fondé cette ville où il est né, comme il a créé sa mère. Là est le roi, l’ineffable bonheur.

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DISCOURS SUR LE PSAUME LXXXVII.

LA PASSION DU CHRIST DANS L’ÉGLISE.

 

Ce choeur qui doit répondre, c’est l’Eglise qui chante le Christ, et qui doit, dans ses membres, passer par les mêmes douleurs que le Christ. Car le psaume est pour les fils de Coré, ou du Calvaire. Le Christ a donc prié en son humanité, il a souffert, parce qu’il a voulu personnifier en lui tout son corps qui est l’Eglise. Il a été libre dans la mort, parce qu’il donnait lui-même sa vie, et qu’il l’a reprise le troisième jour. Il était dans les ténèbres comme ceux qu’il était venu en délivrer. La colère de Dieu paraissait appesantie sur lui, elle n’a fait que passer, et les prophéties se sont accomplies; ses proches ne comprenant pas ses douleurs, l’ont méconnu, se sont séparés de lui; ses yeux ou les Apôtres privés de sa lumière, ont langui. Alors il prie du haut de la croix, il s prié tout le jour par ses bonnes oeuvres, qui n’ont point touché des coeurs sans vie, incapables de comprendre les miracles, de ressusciter à la voix des médecins. Encore céderont-ils à la grâce ? Car c’est Dieu qui ressuscite par la grâce, qui appelle par les Apôtres, qui nous amène à la confession, véritable signe de conversion. Qui dira la vérité à ces âmes sans vie, et qui ont perdu la lumière ? De là remercions Dieu qui nous ressuscite comme il ressuscite les morts ; de là aussi cette prière vive qui doit s’élever à Dieu, que Dieu n’exauce pas aussitôt, afin d’en attiser l’ardeur; prière qui est celle de l’Eglise exilée, et qui doit durer jusqu’à ce que tous ses membres soient dans ta patrie.

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DISCOURS SUR LE PSAUME LXXXVIII.

PREMIÈRE PARTIE DU PSAUME.

LES PROMESSES DE DIEU.

 

Toute force nous vient de la miséricorde de Dieu, qui détruit nos erreurs pour nous réédifier dans la vérité, Miséricorde et vérité sont inséparables; Dieu nous remet nos péchés par la première pour nous établir dans la seconde, comme ils confirme cette seconde parmi les Juifs et fait éclater la première chez les Gentils. La vérité est dans les cieux ou dans les Apôtres, issus d’Israël, et dont la voix se fait entendre partout. Le Seigneur a promis à David comme à Abraham sans postérité éternelle qui est le Christ, et ceux qui croient en lui, le corps et la tête ne peuvent être séparés. Le Christ a dont son trône en nous qu’il conduit, et il règnera éternellement dans les saints; ses merveilles éclateront dans la conversion des pécheurs, dans le conseil des saints qui prêcheront l’incarnation du Fils de Dieu. Ce Fils est grand parmi ceux qui l’environnent ou parmi les nations auxquelles il a envoyé ses nuées ou Apôtres, et qui l’ont vu ainsi venant sur les nuées. Mais quand le Seigneur se chercha ainsi une Epouse, le monde lui barra le passage, comme le lion à Samson il égorgea ses martyrs dont le sang a fait naître l’Eglise. Cette mer du monde a vu humilier les superbes et le dragon, à qui ont échappé par l’humilité ceux qu’il dominait. Au Seigneur donc, et les cieux qui prêchent, et la terre qui reçoit la vérité, et l’Aquilon où Satan a été humilié, et la mer qu’il apaise ; de lui vient la Thabor et la lumière, et l’Hermon ou l’anathème à Satan. Il régnera par le jugement, comme il règne aujourd’hui par la miséricorde. Notre joie donc pour être vraie doit venir de Dise, et non de nos mérites. Lui seul nous soutient, il parle à ses Prophètes, il a choisi son élu ou le Christ, contre qui ne prévaudront point ses ennemis, qui seront taillés en pièces, afin que la miséricorde et la vérité règnent sur la terre, et que lui-même soit élevé au-dessus des rois. Les martyrs ont cru à cette élévation sans la voir; croyons au reste les promesses.

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DEUXIÈME DISCOURS SUR LE PSAUME LXXXVIII.

DEUXIÈME PARTIE DU PSAUME.

SUITE DU SUJET.

Si les fils de David abandonnent le Seigneur, il ne leur retirera, point sa miséricorde, il les châtiera pour les ramener, lui qui a laissé flageller son Fils. Non-seulement il ne retirera point sa miséricorde de ce Fils, mais non plus des membres de ce Fils ou les chrétiens; eux-mêmes peuvent la repousser en repoussant le châtiment. En dépit des pécheurs, Dieu ne profanera point son alliance, et il y aura des justes, parce qu’il connaît ceux qu’il a prédestinés. La race du Seigneur subsistera donc éternellement sur son trône, ou sur les membres qui portent la tête, laquelle brillera comme le soleil, ou comme une lune sans déclin, c’est-à-dire que notre chair doit briller après la résurrection; elle montrera ainsi l’accomplissement des promesses divines, comme Jésus-Christ a ressuscité sa chair pour répondre aux incrédules. Si Dieu a détruit tout ce qui concernait David selon la chair, s’il a permis la chute de Salomon, c’était pour nous faire espérer au véritable David. Ce Christ est donc retardé, et Dieu par ces ruines nous fait dire : S’il n’a point épargné tout cela, nous épargnera-t-il? Les Juifs sont devenus la proie des Gentils ; Dieu en les châtiant ne les a point retenus, afin de les empêcher de fuir le châtiment; ils se sont ainsi éloignés de la foi qui purifie. Toutefois il se souvient de ta substance de David dont il a formé Marie, d’où est né le Christ, le saint, l’admirable eu qui les hommes sont purifiés; lui qui s’est délivré de la mort, qui a été persécuté dans les martyrs, qui s’est souvenu de leur opprobre, en les faisant triompher du monde, lui à qui on a reproché la mort, parce qu’on ne veut pas mourir au vieil homme. Béni soit-il, et rassemblons-nous sous ses ailes.

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DISCOURS SUR LE PSAUME LXXXIX.

LES FIGURES DE L’ANCIEN TESTAMENT.

 

Moïse n’est pas l’auteur du psaume, comme le titre semble le dire; son nom est emprunté pour montrer que sa législation renfermait des figures de ce qu’annonce ici le Psalmiste. Dieu est avant les montagnes ou les anges, avant la terre ou l’homme; en lui il n’y a que le présent, il est; et c’est son éternité qui est notre refuge contre la mobilité du temps. Qu’il nous soutienne donc. Pour Dieu mille années ne sont qu’un serai jour, de là cette assertion ridicule que la durée du monde sera de six mille ans à cause des six jours, mais en Dieu il n’y a pas de jours; Dieu donc demeure, et les biens du temps ne sont rien devant lui. Notre vie d’ailleurs est bornée à soixante-dix années, pour la plupart, à quatre-vingts pour les plus robustes; or, soixante-dix et quatre-vingt nous donnent cent cinquante, et nous y trouvons quinze nombres sacrés, d’où les quinze cantiques des degrés. Le nombre soixante-dix marquerait alors les promesses de l’Ancien Testament, et quatre-vingt les promesses du Nouveau. Le surplus est fatigue, c’est-à-dire qu’il est dangereux d’aller au-delà des promesses de la foi; elle Seigneur dans sa mansuétude nous corrige pour nous sauver. Nous épargner, et nous laisser dans une vaine félicité, c’est souvent un effet de sa colère. Qu’il nous fasse connaître son Christ, en nous montrant que les biens terrestres ne sont rien, que les biens éternels seuls sont désirables ; qu’il frappe de la gauche pour nous amener à la droite, que nos pieds soient retenus par la sagesse, et que nous rendions témoignage contre la vanité des biens d’ici-bas. Que Dieu donc se laisse fléchir, qu’il nous éclaire un jour de la lumière de sa foi comme il éclairait le peuple ancien par la prophétie; qu’il dirige nos oeuvres, afin qu’elles soient dignes de lui.

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PREMIER DISCOURS SUR LE PSAUME XC.

PREMIER SERMON.

LES TENTATIONS.

 

Le Christ fut tenté afin de nous laisser l’exemple. Imitons-le, non point dans ses miracles, mais dans sa passion, afin d’entrer par la porte ou par lui-même. Qu’il soit notre refuge dans les persécutions des hommes et dans les attaques invisibles de l’ennemi, dont le pouvoir ne vient que de Dieu. Habiter dans le secours du Seigneur, c’est imiter le Christ de manière à n’être ni  séduit ni intimidé par le monde, c’est compter sur lui et non sur nous, sur lui qui nous délivrera des piéges si nous marchons en lui, et de la parole amère ou des insultes des méchants, qui intimident le chrétien prêt à entrer dans la voie plus parfaite. Mais alors, envisageons le Sauveur insulté à la croix ; il nous abritera de ses ailes comme la poule protége ses poussins, faveur que refusa Jérusalem. Ne présumons donc point de nos forces, et il sera pour nous un bouclier, car il discerne le pécheur qui s’humilie du pécheur orgueilleux. Parmi les tentations, les unes sont légères, comme la frayeur de la nuit, la flèche qui vole pendant le jour; c’est la mort décrétée contre ceux qui se déclarent chrétiens; les autres sont graves, comme le mal qui se glisse dans l’ombre, ou le démon du midi, c’est la torture jusqu’à l’abjuration. Alors il en tomba mille à côté du Sauveur, ou des plus parfaits qui devaient siéger parmi les juges, et dix mille à sa droite, c’est-à-dire de ceux qui devaient être à sa droite avec les justes. Ne comptons que sur le Christ, et nous n’aurons rien à craindre.

 

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DEUXIÈME DISCOURS SUR LE PSAUME XC.

LES TENTATIONS.

SUITE DU DISCOURS PRÉCÉDENT.

 

En Jésus-Christ il y a la tête ou l’homme parfait né de Marie, et le corps ou l’Eglise, qui commence en Abel pour embrasser dans son unité tous ceux qui croiront au Christ. Le roi de cette Eglise s’est fait notre voie, afin que nous marchions en lui. C’est pour cela qu’une prophétie passe souvent, sans transition, du Christ à l’Eglise, de la tête au corps. Résumons ce que nous avons dit hier, et parlons de ce refuge placé bien haut, et que le mal n’atteindra point, c’est-à-dire du Seigneur qui est ressuscité pour ne plus mourir, et afin de nous prêcher la résurrection. Le mal ne t’atteint pas dans son tabernacle ou dans sa chair, puisqu’il a combattu pour nous en cette chair; une fois ressuscité il n’est plus assujetti à la douleur, ni à la sort. Si donc il voulut être baptisé, s’il jeûna, c’est pour nous qui sommes ses membres. Il pouvait faire ce que lui proposa le démon, changer les pierres en pain, lui qui multiplia les pains au désert, et qui avec des pierres fait des enfants d’Abraham. D’une part donc il nous instruit par la tentation qu’il subit, et d’autre part il réserve à notre fidélité une récompense. Le diable te dira Si tu étais chrétien, Dieu ne te laisserait point si pauvre. — J’ai pour pain la parole de Dieu. — Tu ferais des miracles ; ce fut le piège de Simon. Arrière l’orgueil et l’hypocrisie, le Christ n’y repose point sa tête. Soyons humbles d’abord et souffrons ensuite avec patience. Les Anges portèrent le Seigneur à l’ascension; il envoya ensuite l’Esprit-Saint qui abrogea la loi gravée sur la pierre, alla que les pieds du Sauveur ou ses Apôtres ne heurtassent contre celte pierre en allant prêcher aux nations. Trois fois le Christ demanda une protestation d’amour au disciple qui l’avait renié par crainte. Le diable est tantôt lion, quand il sévit contre les martyrs; tantôt dragon, quand il séduit par l’hérésie. Cherchons en Dieu un refuge, et nous marcherons sur l’un et sur l’autre. Et il nous donnera de longs jours, ou la vie éternelle, si nous mettions en lui nos coeurs.

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