PSAUMES XCI-C
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 Abbaye Saint Benoît de Port-Valais
rte de l'église 38 - CH-1897 Le Bouveret (VS)

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DISCOURS SUR LE PSAUME XCI.; SERMON AU PEUPLE. LE SABBAT DIVIN.

DISCOURS SUR LE PSAUME XCII.SERMON AU PEUPLE. LE SIXIÈME AGE DU MONDE.

DISCOURS SUR LE PSAUME XCIII. LE MÉLANGE DES BONS ET DES MÉCHANTS.

DISCOURS SUR LE PSAUME XCIV. LES JOIES CHRÉTIENNES.

DISCOURS SUR LE PSAUME XCV. LA MAISON DE DIEU OU L’ÉGLISE.

DISCOURS SUR LE PSAUME XCVI. SERMON AU PEUPLE.LES SAINTES JOIES DE L’ÉGLISE.

DISCOURS SUR LE PSAUME XCVII. SERMON AU PEUPLE. LA CONVERSION DES GENTILS.

DISCOURS SUR LE PSAUME XCVIII.SERMON AU PEUPLE. LE RÈGNE DE JÉSUS-CHRIST.

DISCOURS SUR LE PSAUME XCIX. SERMON AU PEUPLE. LA JUBILATION DANS L’ÉGLISE.

DISCOURS SUR LE PSAUME C. SERMON AU PEUPLE. LA MISÉRICORDE ET LE JUGEMENT.

 

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DISCOURS SUR LE PSAUME XCI.

SERMON AU PEUPLE.

LE SABBAT DIVIN.

Ici-bas nous sommes dans l’attente des promesses divines, nous avons la foi et l’espérance qui se transformeront un jour en charité; aimons donc le Seigneur, soit qu’il nous châtie, soit qu’il nous console. Le sabbat, qui est pour nous la cessation de bat péché, tel est le titre du psaume. Le méchant n’a pas ce sabbat qui est la joie dans la paix, le repos dans les promesses de Dieu, et que trouble ce que l’on voit parmi les hommes. Si nous faisons le bien, nous en sommes redevables à Dieu; si nous faisons le mal, il ne faut s’en prendre ni à Satan qui ne peut nous forcer, ni an destin comme s’il était quelque chose en dehors de Dieu ; nos fautes viennent de nous seulement, nos bonnes actions viennent de Dieu; cherchons sou nom ou sa gloire dans la prospérité, ou dans l’adversité que nous attirons par nos crimes. Chanter sur le psaltérion, c’est faire le bien ordonné par le Décalogue; et cela vient de Dieu, puisque par nature nous sommes menteurs en paroles et en actions. Si l’impie est dans la prospérité ici-bas, souvenons-nous que le Christ a souffert sur la terre ; l’impie alors est un poisson qui avale avec sa proie l’hameçon qui le perdra. Dieu est patient parce qu’il est éternel, tandis que l‘impie se fanera comme l’herbe. Dieu corrige celui à qui il destine son héritage. Or, les méchants qu’il laisse en paix, n’ont rien à attendre de lui, taudis que le juste sera comme le palmier ou le cèdre que le soleil ne dessèche point. Ayons donc le véritable amour de Dieu, et nous ne l’accuserons plus, puisqu’il a l’éternité.

 

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DISCOURS SUR LE PSAUME XCII.

SERMON AU PEUPLE

LE SIXIÈME AGE DU MONDE.

 

Le titre porte le sixième jour avant le sabbat, ou le jour de la création de l’homme, que Jésus-Christ est venu reformer au sixième âge du monde, de manière à nous conduire au véritable sabbat qui est le ciel. Il a consolidé la terre, ou les hommes dans la foi, et pour la consolider il s’est revêtu de beauté pour ses admirateurs, de force pour ses contradicteurs, de manière à prémunir les fidèles Contre les contradictions des hommes. Il s’est ceint par devant, c’est-à-dire qu’il a été humble, comme hie fit en se ceignant d’un linge pour laver les pieds à ses Apôtres. L’humilité est la pierre, d’autant plus solide qu’elle est plus abaissée. Mettre une ceinture devant nous, c’est résister à ceux qui nous insultent face à face, comme on disait à Jésus : Descends de la croix; car le courage est plus nécessaire. L’univers qui ne sera point ébranlé, c’est le froment que le van me chasse point de l’aire; l’autre, c’est la paille qui s’envole. Si donc nous ne pouvons nous séparer des injustes, séparons nous de leurs injustices. C’est là préparer un trône à Dieu, qui s’assied dans les saints ou les humbles, bien qu’il ait un trône éternel. Les fleuves ou les Apôtres ont élevé la voix quand l’Esprit-Saint a soufflé sur eux; la mer s’est soulevée contre eux, mais le Christ l’a calmée par sa victoire sur le monde : qu’il en soit béni à jamais.

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DISCOURS SUR LE PSAUME XCIII.

LE MÉLANGE DES BONS ET DES MÉCHANTS.

La prospérité du méchant est ici-bas un scandale pour les faibles, qui sont portés à imiter ceux qu’ils croient heureux, oui n’éviter le mal que par la crainte. Dieu découvre le mal qu’ils feraient sans cette crainte, et dans l’occasion ils montrent leur méchanceté. Ainsi naguère une famille attirait ses victimes à imiter ses forfaits. Le lion bravait les gardiens, que redoute le loup non moins coupable. Dieu veut nous faire pratiquer la justice par amour pour cette justice. Ce psaume tend à guérir nos pensées; il est pour le quatrième jour, ou celui de la création des astres, parce que les saints doivent briller comme des astres, mais sans qu’on doive les adorer ils brillent en effet et poursuivent leur carrière sans s’arrêter aux crimes dont ils sont les témoins muets. Ils doivent supporter les injustes afin de ne point tomber du ciel ou de la loi, que nous devons lire ici-bas afin que rien ne nous ébranle. Dieu se vengera de ceux qui murmurent contre sa providence, de sème qu’il n’épargnait personne ici-bas, quand il encourageait les justes par la promesse du ciel. Il les épargnera moins encore maintenant qu’ils l’ont crucifié, à moins qu’en s’humiliant ils ne méritent de faire des miracles, comme quelques-uns de ses bourreaux. Ils croient ou que Dieu ignore leurs crimes, ou que ces crimes lui plaisent. Mais d’abord le juste doit savoir que c’est ici-bas le lieu de souffrir, que la patience fait partie du labeur, ensuite que Dieu qui a planté l’oeil et l’oreille eus voir et entendre; que le péché devient la fosse du pécheur, de l’orgueilleux, qui s’arroge le bien qu’il trouve en lui, ou qui se préfère aux autres, que Jésus-Christ nous apprend l’humilité, en prenant notre chair, en mourant sur la croix, et que relit humilité fait descendre Dieu vers nous; que s’il corrige le juste ici-bas, c’est pour l’épargner dans l’éternité; que nous devons adapter notre volonté à celle de Dieu ; qu’il a pris nos sentiments humains afin de les redresser, de les sanctifier; qu’il nous donnera la force de surmonter nos tentations, nous amènera à confesser nos faiblesses, car il aime l’aveu, et  il tendit la main à Pierre sur le point d’être submergé ; que nul homme injuste ne pourra s’asseoir auprès de celui qui fait de la douceur un précepte; que s’il soumet à la douleur ceux qui lui appartiennent, que ne réserve-t-il pas aux pécheurs? Que s’il s’est donné à nous ici-bas, que nous réserve-t-il dans l’éternité ? Il veut nous rendre le repos, un repos éternel, au prix d’un travail pendant notre vie. L’affection réveille notre foi comme la tempête réveilla les Apôtres. Aux menaces des méchouis opposons les menaces de Dieu, qui a le droit du potier, de faire des vases à sa volonté, qui se sert des méchants pour nous exercer, sauf à les traiter selon l’intention qui les guide. Que notre foi nous soutienne ici-bas par des actes de charité.

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DISCOURS SUR LE PSAUME XCIV.

LES JOIES CHRÉTIENNES.

    La joie est légitime quand elle est selon Dieu. Le Prophète nous appelle auprès de Dieu afin de la goûter. On est près de Dieu quand on porte son image dans une vie pure, loin de lui quand on aime l’impiété. Dieu cherche son image en nous comme César son effigie sur sa monnaie. Il appelle donc auprès de Dieu ceux qu’une vie dissolue en éloignait. Que votre joie soit inexprimable, qu’elle éclate par l’aveu de nos fautes et par la Louange du Dieu qui les pardonne, du médecin qui guérit nos plaies. Chantons donc le Seigneur parce qu’il est au-dessus des simulacres des nations, au-dessus des dieux qui sont tels par la participation à sa grâce, parce qu’il ne repoussera point son peuple, ce peuple issu d’Abraham, dont plusieurs furent retranchés à cause de leur infidélité, mais dont le reste fut sauvé avec les Apôtres et avec les membres de la primitive Eglise, parce que les confins de la terre sont à lui, qu’il est La pierre angulaire, unissant la synagogue à l’Eglise des Gentils, qu’il a renversé les hauteurs de la terre qui le persécutaient, parce que sont à lui et la mer ou le monde avec ses scandales, où il proportionnera nos forces à l’épreuve, et la terre qu’il abreuve de ses grâces; parce que nous sommes ses créatures, ses brebis accomplissant ses lois, et qu’il aura pour nous la bonté. Donc n’endurcissons pas nos coeurs comme les Juifs au désert, ils seront nos pères si nous les imitons; s’il doit toujours y avoir des méchants pour irriter Dieu, prenons part au repos qu’il nous promet, comme il menace de la damnation les rebelles.

 

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DISCOURS SUR LE PSAUME XCV.

LA MAISON DE DIEU OU L’ÉGLISE.

 

Cette maison, dont il est parlé dans le titre, c’est l’Eglise de Dieu, ou son temple, dont nous devons être les pierres, et qui embrassera l’univers entier; le cantique nouveau, c’est le cantique de la charité de l’Evangile qui régnera aussi partout. Le temple de Jérusalem a disparu; c’était le vieux temple; le nouveau, c’est la charité qui unit les chrétiens. Et tous croiront, car le Saint-Esprit s’est montré sous la forme de langues de feu, pour montrer qu’il doit se répandre dans tous leu peuples. Quiconque bâtit pour sa propre gloire, n’élève qu’une simple muraille blanchie, mais pas une maison ; cette muraille nous laisse toujours dehors, tandis que nous devons être abrités dans la maison de Dieu. Ou fait partie de ce temple et ou le construit quand on comprend les abaissements de Jésus-Christ, il se bâtit dans les forêts, c’est-à-dire dans les nations idolâtres et dès lors esclaves des démons, esclavage dont nous sommes tous rachetés par le sang du Christ, assez précieux pour ne pas se borner au rachat de la seule Afrique. Pour délivrer les hommes, on leur prêche Celui qui a fait les cieux, ou les Apôtres, et les saints. On devient saint en se purifiant par la confession, afin de se dépouiller du péché, de s’en humilier. Apportons, pour offrandes, l’humilité afin d’entrer dans son parvis. Toute la terre, et non pas une seule partie, s’est ébranlée ou soulevée contre le Christ qui l’a calmée, qui l’a raffermie ou soumise par le bois. Alors se réjouiront et les campagnes ou les justes, et les forêts ou les païens convertis, qui profiteront du premier avènement du Christ pour n’avoir plus à redouter le second. Détachons-nous de tout ce qui passe pour attendre son équité et sa vérité.

 

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DISCOURS SUR LE PSAUME XCVI.

SERMON AU PEUPLE.

LES SAINTES JOIES DE L’ÉGLISE.

Ce que les saints personnages ont désiré voir, c’est le salut de Dieu chez les nations.: ce salut est Jésus-Christ, auquel nous devons rapporter tout notre psaume, si nous voulons le comprendre. Il a pour titre : « Pour David », ou pour le Christ fils de David. « Quand sa terre fut rétablie », c’est-à-dire quand les Juifs égarés jusqu’à mettre à mort le Christ, se convertirent en grand nombre à la Pentecôte. De là les Apôtres passèrent chez les Gentils, et le Christ fut la pierre angulaire unissant la circoncision à la gentilité. Ainsi sa terre fut établie; ce que l’on peut encore entendre de la résurrection. Le Seigneur a donc régné par sa parole prêchée sur les continents et dans les îles; ces îles que battent les flots sais les submerger peuvent aussi désigner les Eglises persécutées et non détruites. Ces ténèbres d’une part, la justice et l’équité d’autre part, caractérisent ceux qui entendent la prédication, nuageuse pour les orgueilleux, pleine de lumière pour les humbles qui forment son trône. Le feu qui marche devant le Seigneur, n’est point le feu de l’enfer, mais c’est le feu de la persécution qui a consumé les persécuteurs mêmes, ou le feu de la charité qui a embrasé le monde, et dévoré les ennemis de Dieu, en jetant les incrédules dans la réprobation, et -en ramenant à lui les hommes de bonne foi. Les Apôtres fuient comme des nuées d’où jaillirent ces éclairs de miracles et de prédications qui émurent la terre, qui fondirent les montagnes ou les orgueilleux. Honte à ceux qui adorent des pierres; pour nous, notre pierre est vivante ! Ils adorent l’idole ou le démon, qui se repaît de nos malheurs : un bon esprit refuserait tout culte. Sion a entendu le baptême de Corneille, et l’appel fait aux Gentils, elle a tressailli de joie. Ainsi le Seigneur s’est montré supérieur aux démons et aux anges Nous qui aimons le Seigneur, haïssons le mal, au risque d’être persécutés; car la persécution ne peut nous ôter ni le ciel, ni la vie de l’âme, ni la lumière d’est haut. N’ayons de joie que dans le Seigneur ; puisqu’il n’y a pas de joie pour l’impie, la nôtre est pour l’autre vie, selon la promesse de l’Evangile.

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DISCOURS SUR LE PSAUME XCVII.

SERMON AU PEUPLE.

LA CONVERSION DES GENTILS.

 

Ce cantique nouveau est celui de l’homme, renouvelé en Jésus-Christ,qui chante les merveilles de Dieu. Or, ces merveilles sont celles que Dieu a faites pour sa gloire, c’est-à-dire en attirant à son service ceux qu’il guérit et qu’il sauve par le Christ. Ainsi s’accomplit sa promesse envers Jacob, sa vérité envers Israël. Car il a promis à Jacob, et il s’acquitte envers Israël ou envers le voyant de Dieu, en se manifestant à lui tel qu’il est. Or, cet Israël qui doit voir le Seigneur, vient de toutes les nations ; non d’une partie, comme le prétendent les Donatistes, mais de toute la terre. Chantons le Seigneur, avec la trompette d’airain, ou par les oeuvres de la patience, et avec la trompette de corne, ou par des oeuvres supérieures de l’humanité. C’est alors que les montagnes applaudiront des mains ou des oeuvres saintes, et applaudiront en appelant le règne de Dieu.

 

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DISCOURS SUR LE PSAUME XCVIII.

SERMON AU PEUPLE.

LE RÈGNE DE JÉSUS-CHRIST.

Le Christ annoncé dès le commencement par les Prophètes a régné quand on a commencé à le prêcher après sa résurrection. Le monde alors prit parti pour l’idole, il tua dans les martyrs cette chair qui doit ressusciter, mais non l’âme qui est couronnée, tandis que l’idole a disparu. Le Seigneur s’est donc fait homme et il a régné, il s’assied sur les chérubins ou sur la plénitude de ta science, et en toi, si lu as la science de la loi par la charité. Or, ces peuples frémissants ont été vaincus par la prière de l’Eglise qui les a absorbés; prions pour ceux qui sont demeurés dans l’aveuglement, afin qu’ils se tournent enfin vers Dieu, qui est mort pour eux, qui leur prêche dans sa miséricorde, qui oublie nos fautes, mais qui enfin nous jugera. C’est lui qui forme eu nous la justice, car si nous pouvons par nous-mêmes devenir malades, il faut le secours du médecin pour nous guérir. Il produit donc en nous le jugement qui nous rat discerner ce qui est bien, et la justice qui l’accomplit. Adorons l’escabeau de ses pieds ou cette chair en laquelle il s’est montré, qui fit éloigner les disciples quand il leur proposa de la manger, lui dont Moïse, Aaron et Samuel étaient les serviteurs, et à qui il parlait d’une manière figurée, corrigeant leurs affections, ou ce qui était imparfait. Car nous ne voyons en eux aucun châtiment extérieur, mais leur peine était de vivre avec les imparfaits. A mesure que nous avançons dans la piété, nous voyons l’ivraie autour de nous, mais ne l’arrachons pas. De même saint Paul souffre davantage à mesure qu’il avance dans la perfection. Adorons le Seigneur qui nous éprouve, adorons-le sur la montagne sainte, et dans cette pierre qui grandit et remplit toute la terre. Que nos paroles soient pour vous la pluie du Seigneur.

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DISCOURS SUR LE PSAUME XCIX.

SERMON AU PEUPLE.

LA JUBILATION DANS L’ÉGLISE.

 

Que la terre entière soit dans la jubilation et confesse le Seigneur. Cette jubilation est l’expression inarticulée d’une joie excessive, à la vue des grandeurs de la création; mais le coeur pur comprend seul ces grandeurs, le coeur impur ne désire même pas la lumière ; pour voir il faut S’approcher, et l’on s’approche de Dieu par la ressemblance avec lui. Tout est également présent pour l’homme qui voit et pour l’aveugle, mais le résultat est bien différent. Approcher de Dieu, c’est te voir autant qu’il est possible en cette vie mortelle, c’est a source de la jubilation. Le joug du Seigneur est doux, et nous devons le servir par amour, afin d’être ainsi esclaves et libres. Servons le avec allégresse, mais ici-bas la jubilation n’est pas entière, nous sommes daims la tribulation, comme le lis au milieu des épines. Le chrétien doit-il donc se séparer des méchants pour vivre dans la solitude ? Mais d’abord ses exemples de vertu seront perdus, et puis la solitude a ses tentations, ses faux frères, ses combats, et notre paix ici-bas n’est que dans la foi aux promesses divises Ce qui nous trompe, c’est que nos voyons uniquement ou les avantages ou les inconvénients d’un genre de vie; on loue l’Eglise sans dire quelle renferme aussi des méchants ; on blâme les mauvais chrétiens salis faire attention aux bons. Il en est de même des clercs, de même des solitaires. Le Seigneur a donc raison de nous dire, que deux travailleront dans le champ du Seigneur, et que le bon seul sera admis, de même des deux à la meule, ou qui travaillent en apparence à leur salut. Sachons donc nous soumettre à Dieu, confessons nos fautes avant d’entrer dans ce bercail, où se continuera notre confession, mais confession de louanges en l’honneur de Dieu.

 

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DISCOURS SUR LE PSAUME C.

SERMON AU PEUPLE.

LA MISÉRICORDE ET LE JUGEMENT.

 

Que nul ne compte sur l’impunité à cause de la divine miséricorde, car le Psalmiste qui chante cette miséricorde tout d’abord, y joint le jugement ou la justice. Souvent chez les hommes la miséricorde a nui à la justice, et la justice à la miséricorde; mais Dieu tout d’abord miséricordieux ne tolère les méchants que pour les juger ensuite, après les avoir amenés à la pénitence. Saint Paul qui proclame la miséricorde de Dieu pour lui-même, n’en menace pas moins du jugement de Dieu, ceux qui se rassurent à cause de l’impunité de cette vie. Outre la crainte, ce jugement doit nous inspirer l’amour, puisque nous serons couronnés. Sans la divine miséricorde, Paul n’était qu’un blasphémateur ; mais la grâce de Dieu lui fait espérer la couronne de Justice qui lui est due ; il est ici le type des pécheurs. Mais Dieu ne nous épargne que pour nous amener à la pénitence, autrement il serait notre complice. Il nous mettra en face de nous-mêmes pour nous convaincre. C’est donc là le chant du Christ, chef de l’Eglise, en qui nous sommes Christ. Mais pour chanter avec lui, il faut ne pas nuire aux autres, ni à soi-même. Autrement notre conscience perverse ne nous permettrait pas d’habiter ni dans le Christ, ni dans notre intérieur. Répudions les prévaricateurs pour nous unir à Dieu, bien qu’il ne nous exauce pas toujours. Malgré sa tristesse en face de la mort, le Sauveur s’unit à la volonté de son père. Dans le malheur nous accusons parfois Dieu qui désapprouve le pécheur. Rapprochons-nous le Dieu et fuyons la table des méchants: désapprouvons ce qu’ils aiment, comme Jésus à la table de Sinon était loin de son orgueil. Asseyons-nous avec les fidèles, afin de juger avec eux. Nous sommes donc ici-bas au temps de la nuit, ou de la miséricorde de Dieu qui nous éprouve comme il éprouva Job et les Apôtres. Extermination réservée à ceux qui ne se tourneront point vers lui.

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