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SERMON CCXXXV. POUR LA SEMAINE DE PAQUES. VI. LA FOI ET L'HOSPITALITÉ (1).

 

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ANALYSE. — Les disciples d'Emmaüs avaient perdu la foi, ils ne la recouvrèrent qu'au moment où Jésus-Christ, comme pour les récompenser de leur hospitalité; se révéla è eux en rompant le pain sacré. S'il disparut ensuite, c'était pour leur laisser, comme à nous, le mérite de la foi, et le bonheur de l'éternelle récompense.

 

1. Hier, ou plutôt la nuit d'hier, on a lu dans l'Évangile la résurrection du Sauveur. C’est dans l'Evangile selon saint Matthieu que nous a été faite la lecture d'hier; mais aujourd'hui, comme vous venez de l'entendre de la bouche du lecteur, c'est dans l'Évangile tel que fa écrit saint Luc que nous est présenté ce récit de la résurrection du Seigneur.

Il estime chose qu'il faut vous rappeler souvent et que vous ne devez oublier jamais, c'est qu'il ne faut pas s'inquiéter si un évangéliste dit quelquefois ce que ne dit pas un autre, attendu que celui-ci rapporte quelquefois aussi ce que n'a pas rapporté le premier. Il est même des détails que l'on trouve dans l'un d'eux et pas dans les trois autres; d'autres que l'on rencontre dans deux seulement, et d'autres enfin dans trois d'entre eux. Mais telle est l'autorité de ce saint Evangile, que les évangélistes étant les interprètes de l'Esprit-Saint, le témoignage d'un seul d'entre eux suffit pour établir la vérité. Voilà pourquoi ce que vous venez d'entendre, savoir, la rencontre que fit le Seigneur après sa résurrection de deux de ses disciples qui voyageaient ensemble et qui s’entretenaient de ce qui venait d'arriver, la question qu'il leur adressa en ces termes : « Quels sont ces discours que vous échangez, et pourquoi êtes-vous tristes? » et le reste, tout cela n'est rapporté que par saint Luc. Saint Marc a dit simplement en quelques mots que Jésus apparut sur la route à deux des siens; mais il a passé sous silence les interrogations et les réponses du Seigneur et des disciples (2).

2. Quel profit nous revient de cette lecture ?

 

1. Luc, XXIV, 13-31. — 2. Marc, XVI, 12, 13.

 

Un grand profit, si nous savons comprendre. Jésus donc leur apparut ; ils le voyaient et ne le reconnaissaient pas. Le Maître marchait avec eux sur la voie publique , ou plutôt il était lui-même leur voie; mais eux ne marchaient pas en lui et il les en trouva égarés. Quand il était avec eux, avant sa passion, ne leur avait-il pas tout prédit, annoncé qu'il souffrirait, qu'il mourrait et qu'il ressusciterait le troisième jour (1)? Il leur avait tout prédit, mais sa mort leur avait fait tout oublier ; en le voyant attaché à la croix ils se troublèrent jusqu'à perdre le souvenir de ses enseignements, l'attente de sa résurrection, et jusqu'à ne tenir plus à ses promesses.

« Nous espérions, disent-ils, que c'était lui qui devait racheter Israël ». Vous l'espériez, chers disciples ? Vous ne l'espérez donc plus? Comment ! le Christ est vivant ; et dans vous la foi est morte ? Oui, le Christ est vivant, mais il a trouvé la mort dans le coeur de ses disciples qui le regardent sans le voir, qui le voient sans le reconnaître. Car, s'ils ne le voyaient réellement pas, comment pourraient-ils entendre ses questions et y répondre ? Ils le considéraient comme un compagnon de voyage, lui qui était leur guide suprême ; et c'est ainsi qu'ils le voyaient sans le reconnaître. « Leurs yeux étaient retenus, vient-on de nous lire, pour qu'ils ne le reconnussent pas » . Ils n'étaient pas retenus pour qu'ils ne le vissent pas, mais pour qu'ils ne pussent le reconnaître.

3. Continuons, mes frères. A quel moment le Seigneur voulut-il qu'on le reconnût ? Au moment de la fraction du pain. Nous aussi,

 

1. Matt. XX, 18,19.

 

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nous en sommes sûrs, en rompant le pain nous reconnaissons le Seigneur. S'il ne voulut se dévoiler qu'en ce moment, c'était en vue de nous qui, sans le voir dans sa chair, devions manger sa chair. Toi donc, qui que tu sois, toi qui es vraiment fidèle, toi qui ne portes pas inutilement le nota de chrétien, toi qui n'entres pas sans dessein dans l'église, toi qui entends la parole de Dieu avec crainte et avec confiance, quelle consolation pour toi dans cette fraction du pain ! L'absence du Seigneur n'est pas pour toi une absence ; avec la foi tu le possèdes sans le voir.

Tout en conversant avec lui, ces disciples, au contraire, n'avaient pas la foi, et pour ne l'avoir pas vu sortir du tombeau, ils ne croyaient pas qu'il pût ressusciter ; ils avaient perdu la foi, ils avaient perdu l'espérance, et c'étaient des morts qui marchaient avec un vivant, des morts qui marchaient avec la Vie même. La Vie marchait bien avec eux, mais elle n'était pas rentrée encore dans leurs coeurs.

A ton tour donc, si tu veux avoir la vie, fais ce qu'ils firent pour arriver à reconnaître le Seigneur. Ils lui donnèrent l'hospitalité ; le Seigneur semblait vouloir aller plus loin, ils le retinrent, et après être parvenus au terme de leur propre voyage, ils lui dirent: « Demeurez avec nous, car le jour est sur son déclin ». Toi aussi, arrête l'étranger, si tu veux reconnaître ton Sauveur. L'hospitalité leur rendit ce que l'infidélité leur avait fait perdre, et le Seigneur se montra à eux au moment de la fraction du pain. Apprenez donc quand est-ce que vous devez rechercher le Seigneur, le posséder, le reconnaître ; c'est quand vous mangez. Les fidèles voient dans cette lecture quelque chose de bien supérieur à ce qu'y voient ceux qui ne sont pas initiés.

4. Le Seigneur Jésus se fit donc reconnaître, et il disparut aussitôt après. S'il les quitta de corps, il resta avec eux par la foi ; et, si aujourd'hui encore il est pour toute l'Eglise absent corporellement et résidant au ciel, c'est pour élever la foi. Eh ! serait la tienne, si tu ne connaissais que ce que tu vois ? Si tu crois au contraire ce que tu ne vois pas, quels transports lorsque tu seras en face de la réalité ! Fortifie donc ta foi, puisque tu verras un jour : oui, arrivera ce que nous ne voyons pas ; oui, mes frères, cela arrivera ; mais en quel état seras-tu trouvé alors ? On dit parmi les hommes : Où est-il ? Quand et comment sera-t-il ? Quand, quand viendra-t-il ? N'en, doute pas, il viendra ; il viendra même malgré toi. Malheur à ceux qui ne croiront pas ! Pour eux, quelle frayeur, et pour les croyants, quelle allégresse ! Les fidèles seront dans la joie, et les infidèles dans la confusion. Les fidèles s'écrieront: Grâces vous soient rendues, Seigneur : c'est la vérité que nous avons entendue, que nous avons crue, que nous avons espérée ; nous la voyons maintenant. Les infidèles diront au contraire : Hélas ! pourquoi ne croyions-nous pas ? pourquoi regardions-nous comme des impostures ce que lisaient les chrétiens?

Honneur donc à ceux qui croient sans voir, puisqu'en voyant ils seront transportés de bonheur ! C'est pour notre salut en effet que le Seigneur a pris un corps et que dans ce corps il a enduré la mort, est ressuscité le troisième jour pour ne plus mourir, et nous a donné, en reprenant la chair qu'il avait quittée, le premier modèle d'une résurrection qui n'est plus sujette au trépas. Avec cette chair encore il est monté près de son Père, il est assis à la droite de Dieu, il a comme son Père la puissance judiciaire et nous espérons qu'il viendra juger les vivants et les morts. A son exemple nous comptons nous-mêmes reprendre dans la poussière ce même corps, ces mêmes ossements que nous avons aujourd'hui, et tous ces mêmes membres que Dieu réparera pour nous les laisser toujours. Tous donc nous ressusciterons; mais nous ne jouirons pas tous du même bonheur. « Un jour viendra où tous ceux qui sont dans les tombeaux entendront la voix du Fils de Dieu, et en sortiront; ceux qui auront fait le bien, pour ressusciter à la vie, mais ceux qui auront fait le mal, pour ressusciter à leur condamnation (1) ».

C'est ainsi qu'à leur honte se joindra le supplice, comme à la couronne sera décernée la récompense. « Les uns donc iront aux flammes éternelles, et les autres à l'éternelle vie (2) ».

Tournons-nous avec un coeur pur, etc.

 

1. Jean, VI, 28, 29. — 2. Matt. XXV, 49.

 

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