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SERMON CCLXXIV. POUR LA FÊTE DE SAINT VINCENT, MARTYR. I. NÉCESSITÉ DE LA GRACE.

 

ANALYSE. — Saint Vincent s'est montré partout vainqueur. A qui est-il redevable de la victoire, de la patience merveilleuse qui a brillé en lui? L'Écriture nous l'enseigne : c'est à Dieu. Il faut donc, quand on a triomphé de beaucoup de tentations, surmonter encore la tentation de vaine gloire et louer sincèrement le Seigneur des victoires remportées.

 

La foi vient de nous faire assister à un spectacle magnifique; nous avons vu Vincent partout vainqueur. Il a vaincu dans ses paroles, il a vaincu au milieu des tourments ; il a vaincu en confessant, il a vaincu en souffrant; il a vaincu au milieu des flammes, il a vaincu plongé dans les flots; enfin il a vaincu quand on l'a torturé, il a vaincu quand il est mort. Lorsqu'on jetait de la barque au milieu de la mer son corps ennobli par les trophées du Christ victorieux, il disait en silence : « On nous y jette, mais mous ne périssons pas (1) ».

 

1. II Cor. IV, 9.

 

Qui a donné à ce soldat cette admirable patience, sinon Celui qui le premier a versé pour lui son sang , Celui à qui nous disons avec un psaume : « Car vous êtes ma patience, Seigneur; Seigneur, dès ma jeunesse, vous êtes mon espoir (1) ? »

Ce rude combat procure une gloire immense; non pas une gloire humaine ou temporelle, mais une gloire éternelle et divine. Ici c'est la foi qui lutte, et quand elle lutte aucun effort ne dompte la chair. Fût-elle déchirée, fût-elle en lambeaux; comment périrait celui que le

 

1. Ps. LXX, 5.

 

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Christ a racheté de son sang? Un mortel puissant ne peut être dépouillé de ce qu'il a acheté de son or, et le Christ perdrait ce qu'il a payé de son sang ? Qu'on ait soin toutefois de tout rapporter non pas à la gloire de l'homme, mais à la gloire de Dieu. Car, c'est de Dieu que vient réellement la patience, la vraie patience, la sainte patience, la patience religieuse et juste; la patience chrétienne est un don de Dieu.

Beaucoup de larrons endurent la torture avec une patience invincible ; mais tout en ne fléchissant pas, et en triomphant du bourreau, ils n'en sont pas moins jetés ensuite dans les flammes éternelles. C'est le motif qui distingue la patience du martyr de la patience, ou plutôt de la dureté des scélérats. Le supplice est le même, la cause est différente. Aussi avons-nous chanté avec les martyrs et conséquemment avec Vincent, qui avait répété ces paroles dans es oraisons: « Jugez-moi, Seigneur, et distinguez ma cause de cette race qui n'est pas sainte (1)». Oui, sa cause était différente; car c'est pour la vérité, pour la justice, pour Dieu, pour le Christ, pour la foi, pour l'unité de l'Eglise, pour la charité personnelle qu'il a combattu. Qui lui a donné cette patience ? Qui ? apprenons-le d'un psaume. On y lit, on y chante : « Mon âme ne se soumettra-t-elle pas à Dieu ? Car c'est de lui que me vient la patience (2)». Quelle étrange erreur de croire que Vincent ait pu par ses propres forces tout ce qu'il a fait !

Présumer qu'on a pour cela des forces suffisantes, ce serait être vaincu par l'orgueil , lors même qu'on croirait l'emporter par la patience. Vaincre réellement, c'est triompher de toutes les manoeuvres de l'ennemi. Cherche-t-il à séduire ? On l'abat par la continence. Accable-t-il de peines et de tourments ? On le renverse par la patience. Pousse-t-il à l'erreur? On le foule aux pieds par la sagesse. Mais

 

1. Ps. XLII, 1. — 2. Ps. XLI, 2.

 

lorsqu'à la fin on l'a ainsi vaincu de toutes manières, il vient dire à l'âme : Bien ! bien, quelle force tu as déployée ! quels combats tu as livrés ! Qui pourrait se comparer à toi? Quelle noble victoire ! Ah ! que l'âme sainte lui réponde aussitôt : « Qu'ils fuient couverts d'ignominie; ceux qui me disent : Bien ! bien (1) ! » Car elle n'est victorieuse que quand elle s'écrie : « C'est dans le Seigneur que se glorifiera mon âme; que ceux qui sont doux m'entendent et partagent ma joie (2) ». Eux en effet savent ce que je dis ; il y a en eux la parole et l'exemple. Quant à celui qui n'est pas doux, il ignore ce qu'il y a de beau dans ces mots : « C'est dans le Seigneur que se glorifiera mon âme » ; car n'étant point doux, mais superbe, raide, enflé de lui-même, c'est en soi et non dans le Seigneur qu'il veut se glorifier. Mais celui qui dit : « C'est dans le Seigneur que se glorifiera mon âme», celui là ne crie pas : Peuples, écoutez, et réjouissez-vous; écoutez et réjouissez-vous, mortels; il dit : « Que ceux qui sont doux m'entendent et qu'ils partagent ma joie ». Que ceux donc qui aiment la douceur m'entendent. Aussi bien le Christ était-il doux; « comme une brebis, il a été conduit à l'immolation (3) ». Ainsi donc c'est pour s'être laissé mener à l'immolation qu'il est doux. « Que ceux qui sont doux m'écoutent et partagent ma joie», attendu qu'ils aiment ces paroles : « Goûtez et reconnaissez combien le Seigneur est doux: heureux l'homme qui espère en lui (4) ».

La lecture qu'on nous a faite était longue, le jour est court ; nous ne devons point retenir votre patience par un long discours. Nous savons en. effet que vous avez écouté avec beau., coup de patience, et qu'en restant si longtemps debout et attentifs vous avez voulu comme compatir aux souffrances du martyr. Que Dieu, en vous écoutant, vous aime et vous couronne.

 

1. Ps. LXIX, 4. — 2. Ps. XXXIII, 3. — 3. Isaïe, LIII, 7. — 4. Ps. XXXIII, 3,9.

 

 

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