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SERMON CCLXXXIII. FÊTE DES SAINTS MARTYRS MASSILITAINS. LES VRAIES VERTUS.

 

ANALYSE. — Les martyrs ont besoin principalement de deux vertus : de la patience pour supporter les tourments sans fléchir, et de la tempérance pour résister aux séductions de la volupté. Or, c'est Dieu, dit l'Écriture, qui peut seul donner ces deux vertus. Donc il n'y a de vrais martyrs que ceux qui souffrent pour la cause de Dieu, ou qui souffrent au sein de l'Église.

 

1. En admirant la force déployée par les saints martyrs dans leurs souffrances, ayons soin d'y montrer la grâce du Seigneur. Ces martyrs ne veulent pas qu'on les loue en eux-mêmes, mais uniquement dans Celui à qui nous disons : « Dans le Seigneur se glorifiera mon âme ». Ceux qui comprennent cela ne se laissent point aller à l'orgueil ; ils demandent avec tremblement, ils reçoivent avec joie, ils persévèrent et ne perdent pas la grâce. En effet , dès qu'ils ne s'enflent point d'orgueil, ils sont doux. Or, après avoir dit: « Dans le Seigneur se glorifiera mon âme », le prophète ajoute : « Que les hommes doux prêtent d'oreille et soient remplis d'allégresse (1) ». Eh ! que serait-ce que cette chair infirme, que cette masse de vers et de pourriture, si nous n'avions dit la vérité en chantant . « Mon âme sera soumise au Seigneur, car de lui vient ma patience (2)? » C'est la vertu qu'il a

 

1. Ps. XXXIII, 3. — 2. Ps. LXI, 6.

 

fallu aux martyrs pour supporter tant de maux en vue de la foi.

Deux choses en effet attirent ou poussent les hommes au péché : c'est la volupté ou la douleur; la volupté y attire, la douleur y pousse. Pour résister à la volupté, il faut la tempérance; la patience, pour résister à la douleur. Voici comment on porte au péché l'âme de l'homme : tantôt on lui dit : Fais cela et tu te procureras tel bien; et tantôt Fais cela, pour t'épargner cette peine. Ainsi la promesse précède la jouissance et la menace précède la douleur, et quand on pèche, c'est pour se procurer du plaisir ou éviter la souffrance. Afin donc de combattre ces deux genres de tentations, dont l'une consiste dans des promesses flatteuses, et l'autre dans de terribles menaces, le Seigneur a daigné nous faire aussi des. promesses et des menaces : il a promis le royaume des cieux; il a menacé des supplices de l'enfer. Si douce que soit la volupté, Dieu n'est-il pas plus doux? (414) Si cuisante que soit la douleur temporelle, le feu éternel n'est-il pas plus affreux? Au lieu donc de l'amour du monde ou plutôt de l'amour immonde, tu as autre chose à aimer, et autre chose à craindre que ce qui effraie dans le monde.

2. C'est peu d'être instruit, tu dois obtenir encore d'être secouru. Aussi le psaume que nous venons de chanter, nous a-t-il enseigné que de Dieu vient en nous la patience à opposer aux souffrances. Mais comment savons-nous que de lui nous vient aussi la tempérance nécessaire pour résister aux voluptés? Voici un témoignage fort clair : « Dès que je sus que nul ne peut être tempérant si Dieu ne le lui accorde, et que connaître l'auteur de ce don était déjà un effet de la sagesse (1) ». Ne s'ensuit-il pas que, si tu possèdes quelque grâce de Dieu sans reconnaître de qui elle te vient, tu ne seras point récompensé, puisque tu es un ingrat? Effectivement, si tu ne connais pas l'auteur de ce bienfait, tu ne l'en remercies pas; or, en ne l'en remerciant pas, tu perds même ce que tu possèdes. « A celui qui a, on donnera encore ». Qu'est-ce qu'avoir dans toute la force du terme ? C'est connaître de qui on a reçu ce que l'on a. « Mais à celui qui n'a pas », qui ne sait pas à qui il est redevable, « on ôtera même ce qu'il a (2) ». D'ailleurs, ce qu'expriment ces paroles du Sage : « Connaître l'auteur de ce don, était déjà un effet de la sagesse », l'apôtre saint Paul nous le redit en parlant de la grâce de Dieu conférée par l'Esprit-Saint.

3. « Pour nous, dit-il, nous n'avons pas reçu l'esprit de ce monde, mais l'Esprit qui vient de Dieu ». Puis, comme si on lui eût demandé : Comment les discerner ? il ajoute

« Afin que nous connaissions les dons que Dieu nous a faits (3)». Ainsi l'Esprit de Dieu est un Esprit de charité, tandis que l'esprit de ce monde est un esprit d’orgueil. ceux donc qui en sont animés résistent à Dieu et sont ingrats envers lui. Beaucoup possèdent des dons de lui , mais ils ne le servent pas : de là vient qu'ils sont malheureux. Parfois l'un a reçu des dons plus considérables, et l'autre, des dons moindres. Ces dons, par exemple, sont l'intelligence, la mémoire, car c'est Dieu qui les accorde. Ainsi tu rencontres homme dont l'esprit est pénétrant au plus

 

1. Sag. VIII, 21. — 2. Matt. XIII, 12. — 3. I Cor. II, 12.

 

haut degré, dont la mémoire incroyable excite la plus vive admiration : en voici un autre qui a peu d'intelligence et dont la mémoire est peu fidèle, il n'est sous ce double rapport que  médiocrement doué. Mais le premier est orgueilleux, le second est humble; l'un rend grâces à Dieu du peu qu'il a reçu, l'autre s'attribue à lui-même ses grandes facultés. Celui qui rend grâces à Dieu du peu qu'il a reçu, vaut incomparablement mieux que celui qui s'enorgueillit de ses grands dons. Aussi Dieu accorde-t-il beaucoup à celui qui lui rend grâces de peu; tandis que celui qui ne le remercie pas de beaucoup, perd même tout ce qu'il a. « Car à celui qui a, on donnera encore; mais à celui qui n'a pas, on ôtera même ce qu'il a ». Comment peut-il avoir et n'avoir pas? Il a sans avoir, quand il ne sait de qui il a reçu. C'est alors que Dieu lui retire son bien et lui laisse son iniquité.

Il est donc bien vrai que « nul n'est tempérant, si Dieu ne le lui accorde ». C'est la grâce à opposer aux voluptés. D'ailleurs « connaître quel est l'auteur de ce don est déjà un effet de la sagesse ». Non, «nul n'est tempérant si Dieu ne le lui accorde ». Voici maintenant la grâce à opposer aux douleurs: « Car c'est de lui, est-il dit, que vient en moi la patience » .

Par conséquent a espérez en lui, vous tous « qui formez l'assemblée du peuple ». Espérez en lui, ne vous appuyez pas sur vos forces. Confessez-lui les maux qui sont en vous, espérez de lui les biens qu'il vous faut. Si orgueilleux que vous soyez, sans son secours vous ne serez rien. Afin donc de pouvoir devenir humbles, « répandez devant lui vos coeurs » ; et pour ne pas demeurer en vous, ajoutez ce qui suit: « Dieu est notre aide (1) ».

4. C'est sur lui en effet que s'appuya pour vaincre le bienheureux martyr que nous admirons, dont nous honorons aujourd'hui la mémoire. Sans lui il n'aurait pas vaincu. Eût-il même sans lui triomphé des tortures, il n'eût pas triomphé du diable. Parfois en effet des hommes vaincus parle démon surmontent les tourments ; en eux ce n'est pas patience, c'est dureté. Mais Dieu vint en aide à notre saint martyr pour lui donner la vraie foi, pour le faire entrer dans la bonne cause, et, en faveur de cette bonne cause, le soutenir par la

 

1. Ps. LXI, 9.

 

415

 

patience ; car il n'y a de patience qu'autant qu'on est dans la bonne cause, et nul autre que Dieu ne donne la foi véritable.

L'Apôtre exprime en peu de mots que de Dieu nous viennent à la fois et la bonne cause pour laquelle nous devons souffrir, et la patience à supporter les souffrances. Il dit en effet, pour exhorter au martyre : « Car il vous a été donné pour le Christ ». Voilà la bonne cause: pour le Christ; pour le Christ, et non pour les sacrilèges qui s'élèvent contre le Christ, et non pour le schisme et l'hérésie qui combattent le Christ; car c'est le Christ qui a dit: « Qui ne recueille pas avec moi, dissipe (1) ». — « A vous donc il a été donné pour le Christ, non-seulement de croire en lui, mais encore de souffrir pour lui (2) ». Telle est la vraie patience. Aimons-la, tenons-y; et si nous ne l'avons pas encore, demandons-la; ainsi nous pourrons chanter : « Mon âme sera soumise à Dieu, car de lui me vient la patience ».

 

1. Luc, XI, 23. — 2. Philip. I, 29.

 

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