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SERMON CCCXIII. FÊTE DE SAINT CYPRIEN, MARTYR. V. LE GLAIVE DE DIEU.

 

ANALYSE. — Nul, pas même saint Cyprien, ne saurait louer saint Cyprien dignement. Que dire donc de lui? Qu'il est sous tous rapports l'ouvrage de Dieu, que Dieu l'a armé de ses dons pour tenir tête à l'ennemi, que Dieu l'a soutenu dans la lutte, que Dieu enfin s'est servi de lui comme d'une épée, afin de vaincre les ennemis qui lui donnaient la mort.

 

1. Voici un jour bien saint et bien solennel, un jour bien glorieux et bien illustre pour cette Eglise en particulier, un jour destiné à exciter en nous la joie: c'est le jour que le bienheureux Cyprien nous a consacré par la gloire de son martyre. Aucune langue, pas même la sienne, ne saurait louer dignement ce grand évêque, ce martyr vénérable. Aussi, pendant que nous ferons entendre à vos oreilles ce discours dont nous lui sommes redevable, ayez plus égard à ce que nous voulons qu'à ce que nous pourrons vous dire. N'est-ce pas ainsi que se sentant incapable de louer convenablement le Seigneur, le Seigneur au-dessous de qui se trouve toujours non-seulement toute parole, mais toute pensée, un saint Prophète s'écriait: «Agréez, Seigneur, le vouloir de mes lèvres (1) ? » de répète ces mots : Je voudrais, moi aussi, que dans l'impossibilité de parler comme je le voudrais, on agréât mon désir, ma bonne volonté.

2. N'est-ce pas effectivement louer Dieu même que de louer un tel martyr? A qui fait honneur Cyprien lorsqu'il s'attache à Dieu de tout son coeur, sinon à Celui à qui s'adressent ces mots: « Dieu des vertus, convertissez-

 

1. Ps. CXVIII, 108.

 

nous (1)?» Qui a fait de Cyprien un docteur, sinon Celui à qui il est dit : « Enseignez-moi vos justices (2) ? » Qui a fait de Cyprien un pasteur, sinon Celui qui a dit. « Je vous donnerai des pasteurs selon mon coeur, et ils vous nourriront avec mesure (3)? » Qui a fait de Cyprien un confesseur, sinon Celui qui a dit: « Je vous donnerai une bouche et une sagesse auxquelles ne pourront résister vos ennemis (4)? » Qui a fait de Cyprien un martyr de la vérité dans une persécution si cruelle, sinon Celui à qui on a dit: « Vous êtes, Seigneur, la patience d'Israël (5) » ; de qui on a dit encore : « Car c'est de Lui que me vient la patience (6) ? » Qui a rendu enfin Cyprien toujours vainqueur, sinon Celui de qui il est écrit: « Nous l'emportons en toutes choses à cause de Celui qui nous a aimés (7)? » Ainsi donc, ce n'est pas cesser de louer Dieu, que de louer les couvres de Dieu, que de montrer Dieu combattant dans l'un de ses soldats.

3. Voici, en effet, comment nous exhorte l'Apôtre: « Soyez fermes, dit-il, vous ceignant les reins de la vérité, revêtant la cuirasse de la justice, vous chaussant les pieds pour vous préparer à l'Evangile de la paix, prenant

 

1. Ps. LXXIX, 8. — 2. Ps. CXVIII, 135. — 3. Jér. III, 15. — 4. Luc, XXI, 5. — 5. Jérém. XVII, 13. — 6. Ps. LXI, 6. — 7. Rom. VIII, 37.

 

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en tout le bouclier de la foi pour y éteindre les traits enflammés de l'ennemi ; prenez aussi le casque du salut et le glaive de l'Esprit, c'est-à-dire la parole de Dieu (1) ». Que signifient revêtir la cuirasse de la justice, prendre le bouclier de la foi, le casque du salut, et le glaive de l'Esprit ou la parole de Dieu, sinon recevoir du Seigneur ses dons comme une armure? Cependant le soldat chrétien n'aurait pas, assez de cette armure, s'il n'obtenait encore, du fort armé qui la lui a donnée, un secours spécial. Croyez-vous que dans sa lutte et ses souffrances notre pieux martyr n'a pas prié, n'a pas dit: « Jugez, Seigneur, ceux qui me persécutent; combattez ceux qui me combattent; prenez vos armes et votre boucher, levez-vous pour me secourir; tirez l'épée et plongez-la dans ceux. qui me poursuivent; dites à mon âme : Je suis ton salut (2)? » Comment aurait été vaincu un homme que Dieu conduisait après l'avoir armé et qu'il défendait après s'être armé lui-même?

4. Loin de nous l'idée puérile que Dieu se soit revêtu d'armes matérielles ! De quelle nature sont ces armes avec lesquelles Dieu soutient ses soldats? Ceux-ci, le publient, lorsqu'éclatant en actions de grâces, ils s'écrient « Seigneur, vous nous avez couverts du bouclier de votre amour (3) ». Quant à cette framée ou épée de Dieu que le corps du Christ ou l'Eglise demande que l'on tire et que l'on plonge dans les persécuteurs, on.peut savoir ce qu'elle signifie en méditant ces mots du Sauveur parlant à ce même corps: « Je ne suis pas venu apporter la paix sur la terre, mais le glaive (4) ». C'est avec ce glaive spirituel que de l'âme de ses martyrs, épris d'amour pour les joies célestes, il a retranché les affections terrestres, aussi funestes que flatteuses, qui les auraient ramenés du ciel sur la terre, si elles n'avaient été rompues par cette épée du Christ.

Cependant la framée est susceptible encore d'une autre interprétation incontestable, elle désigne l'âme du juste dans la main de Dieu, et c'est ainsi que s'entendent les paroles suivantes

 

1. Ep. VI, 14-17. — 2. Ps. XXXIV, 1-3. —        3. Ps. V, 13. — 4. Matt. X, 34.

 

adressées parle Psalmiste au Seigneur « Arrachez mon âme aux impies, votre framée aux ennemis de votre main (1) ». — « Votre framée » n'est ici que la répétition de « mon âme » ; « aux ennemis de votre main », que la répétition « des impies ».

5. Dieu donc a tiré cette épée, lorsqu'il a répandu de tous côtés ses martyrs ; puis il l'a plongée dans le coeur des persécuteurs de son Eglise, lorsque, insensibles aux cris de leurs prédications, ceux-ci ont été vaincus par le courage de leur mort. Ah ! c'est que de ceux qu'il rend ses amis Dieu se fait contre ses ennemis des armes puissantes. Ainsi l'âme du bienheureux Cyprien ne fut-elle point comme une grande épée dans la main de Dieu? Toute brillante de charité, aiguisée par la mérité , dans combien de luttes ne parut pas cette épée, maniée par le bras guerrier du Seigneur ? Quelles légions de contradicteurs ne fit pas reculer ce grand homme en les réfutant ? Combien ne frappa-t-il point d'ennemis, ne sut-il pas abattre d'adversaires ? Dans combien de ces ennemis ne détruisit-il pas l'inimitié même qui les animait contre lui, se faisant en eux des amis avec lesquels Dieu allait remporter de nouvelles et plus grandes victoires?

Enfin, lorsqu'arriva le moment où vainqueurs en apparence, ses ennemis devaient s'emparer de lui, Dieu ne voulut point qu'il succombât, qu'il fût vaincu par leurs mains impies: il le soutint, au contraire, pour le rendre invincible, et Cyprien triompha sans avoir désormais aucune lutte à soutenir ni contre ce monde, ni contre le prince de ce monde. Oui, Dieu vint en aidé à ce fidèle et incorruptible témoin qui combattait jusqu'à la mort en faveur de la vérité; il lui accorda la grâce sollicitée, il arracha cette âme aux impies, sa framée aux ennemis de sa main. Voyez la chair sainte de cette âme victorieuse; elle est comme le fourreau de cette épée; c'est en son honneur que nous élevons ici un autel divin; mais, à la résurrection, cette chair sera rendue à cette âme glorieuse, qui n'en sera plus jamais dépouillée par la mort.

 

1. Ps. XVI, 13, 14.

 

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