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rte de l'église 38 - CH-1897 Le Bouveret (VS)

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SERMON CCCXXXIV. POUR UNE FÊTE DE MARTYRS. IX. CONFIANCE EN DIEU.

 

ANALYSE. — Sous le poids même des tortures les martyrs témoignent en Dieu une confiance inébranlable. Cette confiance s'appuie sur l'immense. bonté de Dieu qui déjà nous a donné son Fils et qui, de plus, promet de se donner à nous. Comment l’offenser encore ?

 

1. C'est à tous les bons et fidèles chrétiens, mais surtout aux glorieux martyrs qu'il appartient de s'écrier : « Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous? » Contre eux le monde était frémissant, les peuples méditaient de vains complots, les princes se liguaient; on inventait de nouvelles tortures et une cruauté trop ingénieuse imaginait contre eux d'incroyables supplices; on les couvrait d'opprobres, on les accablait d'accusations calomnieuses, on les enfermait dans d'insupportables cachots, on les labourait avec des ongles de fer, on les tuait à coups d'épée, on les exposait aux bêtes, on les consumait dans les flammes, et ces martyrs du Christ n'en disaient pas moins : « Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous? » — Quoi ! contre vous est tout l'univers, et vous dites: « Qui sera contre nous?» — Eh ! répondent-ils, qu'est-ce pour nous que ce monde, quand nous mourons pour Celui qui l'a fait? — Qu'ils disent donc, qu'ils répètent, écoutons-les et disons avec eux : « Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous? » On peut se mettre en fureur; nous accuser, nous calomnier, nous couvrir d'opprobres non mérités; on peut mettre non-seulement à mort mais encore en lambeaux notre corps; et après cela? « Voici que Dieu vient à mon secours, c'est le Seigneur qui se charge de mon âme (1) ». Quoi ! bienheureux martyr, on te déchire le corps, et tu t'écries : Que m'importe? — Oui, je le dis. — Pourquoi? dis-nous pourquoi. C'est que « le Seigneur se charge de mon âme ». Or, mon âme rétablira mon corps. Comment l pas un de mes cheveux ne périt, et ma tête périrait? Ma barbe même ne périt pas. — Les chiens pourtant mettent -tes membres en lambeaux. —

 

1. Ps. LIII, 6.

 

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Que m'importe? si des chiens le déchirent, le Sauveur saura lui rendre la vie. Le monde donne la mort à mon corps, « mais le Seigneur se charge de mon âme ». Or, quand « le Seigneur se charge de mon âme », que puis-je perdre à la mort donnée à mon corps par le monde? Qu'ai-je réellement perdu? de quoi m'a-t-on dépouillé, puisqu'en se chargeant de mon âme, le Seigneur promet aussi de rétablir mon corps? Lors même que l'ennemi mettrait mes membres en pièces, que-me manquera-t-il, puisque Dieu même compte le nombre de mes cheveux? Car en exhortant ses martyrs à ne redouter rien des persécutions de leurs ennemis, le Christ leur disait: «Tous vos cheveux sont comptés (1) ». Craindrai-je de perdre mes membres, quand on m'a garanti le nombre de mes cheveux? Disons donc, disons avec foi, disons avec confiance, disons avec une charité enflammée : « Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous? »

2. Le tyran s'élance contre toi, et tu dis « Qui sera contre nous? » Contre toi se soulève tout le peuple, et tu t'écries : « Qui sera contre nous? » Comment me prouves-tu, martyr glorieux, comment nie prouves-tu que tu as raison de dire : « Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous? » Il est manifeste que si Dieu est pour vous, qui sera contre vous? Prouve que Dieu est pour vous.

Est-ce que je ne le prouve pas? Ecoutez « Il n'a pas épargné son propre Fils, mais il l'a sacrifié pour l'amour de nous ». Ces paroles, qui font suite aux précédentes, ont été entendues par vous pendant qu'on lisait l'Apôtre. Après avoir dit en, effet : « Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous? » il suppose qu'on lui demande : Prouve que Dieu est pour vous; il apporte aussitôt une preuve imposante, il introduit sur la scène le Martyr des martyrs, le Témoin des témoins, le Fils, unique qui n'a pas été épargné mais livré par son Père pour l'amour de nous; tel est le témoignage cité par l'Apôtre en faveur de la vérité de ce qu'il vient d'affirmer. « Si Dieu est pour nous, dit-il donc, qui sera contre nous? Il n'a pas épargné son propre Fils, mais pour l'amour de nous il l'a sacrifié comment alors ne nous a-t-il pas donné toutes choses en même temps que lui (2)? » Puisqu'il nous a donné toutes choses en même

 

1. Luc, XIII, 7. — 2. Rom. VIII, 31, 32.

 

temps que lui, c'est une preuve qu'il nous l'a donné, lui aussi. M'effrayerai-je des menaces frémissantes du monde, quand je possède l'Auteur même du monde? Soyons heureux d'avoir reçu le Christ et ne redoutons dans ce siècle aucun dés ennemis du Christ. Quel est-il, en effet, lui qui nous a été donné? Voyez « Au commencement était le Verbe, et le Verbe était en Dieu, et le Verbe était Dieu ». C'est lui qui est le Christ, le Fils unique de Dieu, coéternel à son Père. « Tout a été fait par lui ». Comment ne nous aurait-il pas donné tout ce qu'il a fait, puisqu'il s'est donné lui-même, lui l'Auteur de tout? Voulez-vous être sûrs qu'il est bien le Verbe? « Le Verbe s'est fait chair et il a habité parmi nous (1) ». Désire et demande de parvenir à cette vie du Christ qui t'est présentée; mais en attendant, attache-toi à sa mort comme à un gage précieux. Pouvait-il, en nous promettant de vivre en personne avec nous, nous donner un plus sûr gage de sa parole que de mourir pour nous? J'ai pris part à vos maux, dit-il, et je ne vous ferai point part de mes biens? Il en a fait la promesse, il nous a donné de cette promesse un gage, une caution, et tu hésites de le croire? Il a fait cette promesse en vivant au milieu des hommes; il nous a donné cette caution en écrivant son Evangile ; et en face du gage sacré ne réponds-tu pas chaque jour : Amen? Tu reçois ce gage; chaque jour on te le donne; ne désespère point, puisqu'il fait ta vie.

3. Est-ce outrager le Fils unique de Dieu que de dire qu'il nous est donné pour devenir un jour notre héritage? Oui, il le deviendra. Quoi ! si on t'offrait aujourd'hui un domaine aussi agréable que fertile, un domaine dont les beautés te feraient désirer de l'habiter toujours et dont la fécondité te fournirait aisément de quoi vivre, n'accueillerais-tu pas ce présent avec amour et avec reconnaissance ? Eh bien ! nous demeurerons un jour dans le Christ lui-même. Ne sera-t-il pas notre héritage dès qu'il sera notre séjour et notre vie?

Mais laissons l'Ecriture nous l'enseigner, pour ne paraître pas hasarder de conjecture contre l'enseignement de la parole de Dieu. Ecoute ce que disait au Seigneur un homme qui savait bien que « si Dieu est pour nous ,  qui sera contre nous? — Le Seigneur, dit-il, est la portion de mon héritage (2) ». Il ne dit

 

1. Jean, I, 1, 3, 14. — 2. Ps. XV, 5.

 

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point: O Seigneur, que me donnerez-vous pour héritage? Tout ce que vous pourriez me donner n'est rien. Soyez, vous, mon héritage c'est vous que j'aime, vous que j'aime de tout mon être; je vous aime de tout mon coeur, de toute mon âme, de tout mon esprit. Que serait pour moi ce que vous me donneriez en dehors de vous ? Voilà bien en quoi consiste le pur amour de Dieu ; c'est espérer Dieu de Dieu, c'est chercher à se remplir,-à se rassasier de lui. Ah ! il te suffit, et rien sans lui ne saurait te suffire. C'est ce que connaissait Philippe quand il disait: « Seigneur, montrez-nous votre Père, et cela nous suffit (1)». Oh ! quand donc s'accomplira ce que nous promet l'Apôtre pour la fin de notre vie ? Quand Dieu sera-t-il « tout en tous (2) ? » Quand sera-t-il pour nous ce

 

1. Jean, XIV, 8. — 2. I Cor. XV, 28.

 

qu'ici même nous désirons en dehors de lui, ce que nous désirons jusqu'à l'offenser souvent ? car il sera tout pour nous quand en tous il sera tout.

Pour manger tu offenses Dieu, tu l'offenses pour te vêtir, pour prolonger ta vie et arriver aux honneurs tu l'offenses encore. Que ne pourrais-je pas dire de plus? De grâce, n'offense pas Dieu pour de tels motifs. Tu l'offenses en vue de quelque aliment; et il sera lui-même ton aliment éternel ! Tu l'offenses pour te vêtir ; et lui-même te revêtira d'immortalité ! Tu l'offenses pour quelque honneur; et il sera ta gloire ! Tu l'offenses par amour pour cette vie temporelle; et lui-même sera ton éternelle vie ! Pour rien au monde ne consens à l'offenser ; ne dois-tu pas aimer uniquement Celui qui pourra te satisfaire pleinement et te tenir lieu de tout ?

 

 

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