SERMON CCCLXIII
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 Abbaye Saint Benoît de Port-Valais
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SERMON CCCLXIII.

PASSAGE DE LA MER ROUGE (1)

 

ANALYSE. — Saint Paul nous enseigne expressément que ce passage figurait des mystères de la loi nouvelle. Quels sont ces mystères ? 1° En traversant la mer Rouge, les Israélites échappèrent miraculeusement aux Égyptiens qui périrent tous engloutis sous les flots : ainsi, par le baptême, sommes-nous délivrés de nos péchés, qui sont complètement effacés. D'ailleurs on peut expliquer parfaitement dans ce sens mystique la première partie du cantique de Moïse. 2° Ce cantique montre ensuite comment les Israélites échappèrent aux ennemis qui les menaçaient dans le désert, Ce désert représente la vie actuelle, où, par la grâce de Dieu, le fidèle finira aussi par être délivré de tous ses ennemis.

 

1.    Ce qui doit nous diriger, mes très-chers frères, dans l'étude et l'explication des saintes Écritures, c'est l'autorité même des Écritures dans les passages où le sens en est évident ; en conséquence nous devons nous appuyer sur ce qui est clair et destiné à nous alimenter, pour interpréter fidèlement ce qui est moins clair et destiné à nous exercer. Eh ! qui oserait exposer autrement les divins mystères, que ne les ont exposés et commandé d'exposer la bouche et le cœur des Apôtres ? Or, voici comment s'exprime l'apôtre saint Paul : « Je ne veux pas vous laisser ignorer, mes frères, que nos pères ont tous été sous la nuée, et qu'ils ont tous passé la mer, et qu'ils ont tous été baptisés, sous Moïse, dans la nuée et dans la mer, et que tous ont mangé la même nourriture spirituelle, et bu, tous, le même breuvage, aussi spirituel ; car ils buvaient de l'eau de la pierre mystérieuse qui les suivait, et cette pierre était le Christ. Cependant la plupart d'entre eux ne furent pas agréables à Dieu, car ils succombèrent dans le désert. Or, tous ces traits sont pour nous des figures, et nous pressent de ne pas convoiter les choses mauvaises, comme eux les convoitèrent ». L'Apôtre ajoute, un peu après : « Tout cela leur arrivait en figure, et on l'a écrit pour notre avertissement, de nous pour qui est venue la fin des temps (2) ».

2.    Par conséquent, mes bien-aimés, aucun fidèle ne peut douter que le passage de l'ancien peuple à travers la mer Rouge ne figure notre baptême ; par conséquent encore, puisque, sous la conduite de Notre-Seigneur Jésus Christ, dont Moïse était alors l'image,

 

1 Exod. XV. 1-21. — 2 I Cor. X, 1-11.

 

nous avons échappé, par le baptême, au diable et à ses anges, qui nous épuisaient en nous tenant asservis aux œuvres de la chair, comme Pharaon et les Égyptiens condamnaient les Hébreux à travailler des briques, nous devons nous écrier aussi : « Chantons le Seigneur, car il a fait éclater sa gloire, il a précipité dans la mer le cheval et le cavalier ». Ne sont-ils pas morts pour nous, ceux qui ne peuvent plus nous asservir ? Aussi les fautes qui nous rendaient les esclaves du démon, ont-elles été comme submergées et anéanties dans la mer, lorsque nous avons recouvré notre liberté dans l'eau sainte de la grâce. Par conséquent « chantons le Seigneur, car il a fait éclater sa gloire avec magnificence, il a précipité dans la mer le cheval et le cavalier  » ; l'orgueil et l'orgueilleux ont disparu dans le baptême, attendu qu'on est humble et soumis à Dieu quand on chante ce cantique ; pour l'orgueilleux, en effet, pour celui qui recherche sa propre gloire et qui s'exalte, ce n'est pas le Seigneur qui s'est glorifié avec magnificence. Au contraire, l'impie qui a obtenu sa justification en s'attachant à Celui qui justifie l'impie, qui désire que sa foi lui soit imputée à justice (1) , afin de vivre dans la justice par la foi (2) , qui craint aussi de n'être pas soumis à la justice de Dieu en l'ignorant et en voulant établir la sienne (3) , celui-là chante avec une entière sincérité que le Seigneur est son aide, son protecteur, son sauveur, son Dieu, et c'est lui qu'il honore. Il n'est pas du nombre de ces enflés qui tout en connaissant Dieu ne l'ont point glorifié comme Dieu (4) ; aussi dit-il : « C'est le Dieu de mon père » ; le Dieu de

 

1 Rom. IV, 5. — 2 Ib. I, 17. — 3 Ib. X, 3. — 4 Ib. I. 21.

 

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mon père Abraham ; car il a cru à Dieu et sa foi lui a été imputée à justice (1).

Voilà pourquoi nous, qui sommes humbles et qui ne présumons point de notre justice, mais de sa grâce, nous bénissons le Seigneur, qui « met fin aux combats » et qui est notre paix. Aussi « le Seigneur est son nom », et nous lui disons, par la bouche d'Isaïe : « Possédez-nous (2) ». — « Le Seigneur est son nom ». Nous n'étions pas, et il nous a créés ; nous étions perdus, et il nous a retrouvés ; nous nous étions vendus, et il nous a rachetés. « Le Seigneur est son nom. Il a jeté dans la mer « les chars de Pharaon et son armée ». Il a fait disparaître dans le baptême et les jactances du siècle et ces foules de péchés sans nombre qui soutenaient en nous la cause du diable.

Il avait, sur ses chars, disposé « trois rangs de combattants » ; et ceux-ci, en luttant contre nous, nous faisaient redouter la souffrance, l'humiliation, la mort. Toutes ces craintes ont été englouties dans la mer Rouge, attendu que par le baptême nous avons été ensevelis, pour mourir, avec Celui qui pour l'amour de nous a été flagellé, outragé et mis à mort (3). Dans ce rouge océan ont été submergés tous nos ennemis par Celui dont la mort sanglante, destinée à l'expiation de nos péchés, a consacré le baptême.

Nos ennemis tombent-ils au fond de l'abîme, comme une pierre ? Le diable ne saisit et ne traite avec toute sa cruauté que ceux dont il est écrit : « Une fois tombé dans l'abîme du mal, le pécheur méprise (4) ». Ces malheureux ne croient pas qu'ils puissent obtenir le pardon de ce qu'ils ont fait, et ce désespoir fait qu'ils s'enfoncent plus dangereusement et plus à fond. « Mais votre droite, Seigneur, a fait éclater sa puissance ; votre droite, Seigneur, a brisé l'ennemi, et dans l'immensité de votre majesté, vous avez, Seigneur, mis en pièces nos adversaires. Vous avez envoyé votre colère, et la terre les a dévorés comme une paille  ». C'est-à-dire : Nous avons redouté votre courroux et nous avons cru en vous, et tous nos péchés ont été effacés. Eh ! pourquoi dire : « Au souffle de la colère du Seigneur, l'eau s'est divisée, ses flots se sont durcis comme une muraille, ils se sont gelés au milieu de la mer », quand ce fut en se divisant et en durcissant de la

 

1 Rom. IV, 5.— 2 Isa. XXVI, 13.— 3 Rom. VI, 4. — 4 Prov. XVIII, 3.

 

sorte que les vagues ouvrirent la route au peuple délivré ? Pourquoi n'attribuer pas plutôt au souffle de la divine miséricorde cette séparation des eaux, sinon pour indiquer que ce qui nous pousse au baptême, que ce qui nous pousse, non pas vers les flots où on est submergé, mais vers les flots que l'on traverse comme une route pour arriver à la délivrance, c'est la crainte de cette divine colère que dédaigne le pécheur descendu au fond de l'abîme du mal ?

« L'ennemi disait : Je poursuivrai et je saisirai, je partagerai les dépouilles et j'assouvirai mon âme ; j'immolerai avec mon épée, et ma main tiendra l'empire ». Cet ennemi ne comprend pas en effet quelles forces trouvent, dans le sacrement du Seigneur ceux qui croient et qui espèrent en lui ; il s'imagine qu'on peut encore, après le baptême, être asservi à la tyrannie du péché, parce que la fragilité même de la chair est une source de tentation ; mais il ignore où, quand et comment s'achève ce renouvellement de tout l'homme qui commence au baptême, qui figure le baptême et dont on puise au baptême l'espérance bien fondée. Alors, en effet, ce corps mortel se revêtira d'immortalité, et après avoir ruiné entièrement toutes les principautés et toutes les puissances, Dieu sera tout en tous (1). Maintenant donc, pendant que ce corps de corruption appesantit l'âme (2), l'ennemi s'écrie : « Je poursuivrai et je saisirai ».

« Mais vous avez envoyé votre souffle, et la mer les a engloutis ». Ce souffle n'est pas appelé ici un souffle de colère, et pourtant il engloutit les ennemis sous les flots : précédemment au contraire il était dit : « Au souffle de votre colère l'onde s'est divisée » ; et toutefois c'était pour ouvrir au peuple de Dieu un passage de délivrance. C'est que Dieu ne parait pas s'irriter quand il laisse impunis les péchés et que le coupable s'endurcit de plus en plus. C'est alors que pareil au plomb, celui-ci descend d'autant plus vite dans les profondeurs de l'abîme, qu'il voit soumis aux afflictions ceux qui ont été justifiés par la foi, qui endurent leurs souffrances actuelles dans l'espoir de la vie future, et que soutient dans leurs épreuves le souffle de l'Esprit de Dieu. Ici donc on voit Dieu envoyant son Esprit pour consoler et pour exercer les justes dans

 

1 I Cor. XV, 53, 54, 21, 28.— 2 Sag. IX. 15.

 

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leurs peines ; et la mer engloutissant les impies, parce que, non contents de croire qu'il n'y a point de différence entre les justes et eux, ceux-ci se persuadent que Dieu est irrité contre les justes, puisqu'ils subissent tant d'afflictions, et que contre eux-mêmes il n'a point de ressentiment, puisqu'ils regorgent de tant de prospérités. C'est ainsi qu'ils sont descendus comme le « plomb dans les eaux bouillonnantes ».

« Qui vous est semblable parmi les dieux, Seigneur ? qui vous est semblable ? Vous êtes glorieux au milieu de vos saints », de ceux qui ne se glorifient pas en eux-mêmes, « admirable dans vos grandeurs ; c'est vous qui opérez les prodiges ». D'ailleurs, ceux qui s'accomplirent alors en prédisaient d'autres pour plus tard, puisque c'était pour nous des figures.

« Vous avez étendu votre droite, la terre les a dévorés ». Il est sûr qu'aucun égyptien ne fut en ce moment englouti dans la terre ; ils furent submergés dans les flots et périrent dans la mer. Que signifie donc : « Vous avez étendu votre droite, et la terre les a dévorés ? » Ne pourrions-nous entendre ici par la droite de Dieu, Celui dont il est dit dans Isaïe : « Et le bras du Seigneur, à qui s'est-il montré  ? » C'est donc ici le Fils unique que n'a pas épargné son Père, que son Père a livré pour nous tous , étendant ainsi sa droite sur la croix. Alors en effet la terre dévora les impies, qui se croyaient vainqueurs et ne voyaient en lui qu'un être méprisable. Aussi est-il écrit : « La terre a été abandonnée aux mains des impies, et sa face », la divinité du Sauveur, « a été couverte d'un voile par son jugement  ». Voilà comment le Seigneur a gouverné son peuple, il le portait en quelque sorte sur ce bois mystérieux où la terre, c'est-à-dire la chair du Seigneur, a été étendue et a dévoré les impies. Effectivement, ce ne fut point sur un vaisseau que le peuple d'Israël traversa la mer, et conséquemment on ne peut prendre dans le sens propre l'expression : « Vous avez gouverné ». Aussi est-ce « par votre justice que vous avez gouverné votre peuple » ; il ne présume point de la sienne, mais il vit par la foi sous votre grâce, et « c'est ce peuple qui est le vôtre et que vous avez délivré  ».

3. « Vous l'avez encouragé par votre puissance »,

 

1 Isa. LIII, 1. — 2 Rom. VIII, 32. — 3 Job, IX, 21. — 4 II Tim. II, 19.

 

par votre Christ ; car la faiblesse en Dieu l'emporte par sa force sur tous les hommes (1). De plus, s'il a été crucifié dans sa faiblesse, il vit de la puissance de Dieu (2). Vous « l'avez encouragé par votre puissance, par votre réparation sainte ». Dès que la résurrection a réparé en lui la chair autrefois mortelle, dès que son corps corruptible s'est revêtu d'incorruptibilité, nous sommes excités à espérer dans l'avenir et dans cette vue à souffrir avec patience tous les maux présents. C'est qu'après le baptême nous avons à traverser le désert, cette vie même où on vit d'espérance, avant d'arriver à la terre promise, à cette terre des vivants où le Seigneur même sera notre partage, enfin à l'éternelle Jérusalem. Or, avant d'y parvenir, cette vie tout entière est pour nous un désert et un tissu de tentations. Cependant, avec l'aide de Celui qui a vaincu le monde, le peuple de Dieu triomphe de tout. Si par le baptême sont anéantis tous les péchés déjà commis, qui semblent poursuivre le coupable, l'épée dans les reins, ainsi après le baptême et dans le cours de cette vie, en mangeant la nourriture spirituelle et en buvant notre mystérieux breuvage, nous triomphons de toutes les attaques. Le nom seul de notre Roi n'a-t-il pas jeté la terreur sur tous les ennemis que nous rencontrons sur notre roule ?

On a vu d'abord les Gentils se dresser avec colère pour anéantir le nom chrétien ; cette colère impuissante s'est changée en chagrin ; la foi s'étendant de plus en plus et couvrant tout l'univers, le chagrin à son tour a fait place à la crainte ; et pareils aux oiseaux du ciel, les orgueilleux du monde cherchent asile et protection à l'ombre de cet arbrisseau qui a pris tant d'ampleur, bien que formé d'un mince grain de sénevé (3). Aussi dans ce cantique où sont rappelés tant de traits figuratifs, voit-on cette succession de la colère, de la douleur et de la crainte éprouvées par les Gentils. « À cette nouvelle, les Gentils se sont irrités, le chagrin s'est emparé des Philistins habitants du pays. Alors se sont empressés », ou troublés, « les chefs d'Édom et les princes des Moabites ; la terreur s'est emparée d'eux, tous les habitants de Chanaan ont séché de crainte. Que sur eux tombent la peur et la frayeur de votre grand bras. Qu'ils deviennent

 

1 I Cor. I, 25. — 2 II Cor. XIII, 14. — 3 Matt. XIII, 31, 32.

 

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immobiles comme des pierres, pour laisser passer votre peuple, Seigneur, pour laisser passer votre peuple, ce peuple que vous avez conquis  ». Voilà ce qui s'est vu, ce qui se voit encore : les ennemis de l'Église, tout glacés d'étonnement, restent comme des pierres, pendant que nous avançons vers notre patrie. — S'il en est qui essaient de nous fermer le passage, nous triomphons d'eux avec le signe de la croix du Seigneur, comme les Israélites triomphèrent d'Amalec, quand Moïse avait les bras étendus (1) .

Et c'est ainsi que nous arrivons et que nous nous affermissons sur cette montagne sacrée, sur cet héritage du Seigneur qui a grandi et couvert toute la terre, après avoir été d'abord cette petite pierre que contempla Daniel (2). C'est aussi l'habitation que s'est préparée le Seigneur ; car le temple de Dieu est saint, sa demeure a une sainteté qui vient de lui-même. « Le temple de Dieu est saint », dit l'Apôtre, « et c'est vous qui êtes ce temple (3) ». Qu'on ne s'arrête point ici à la Jérusalem de la terre, où le temple dont nous parlons fut pendant quelque temps en figure, comme il le fallait d'ailleurs. Aussi l'écrivain sacré témoigne-t-il qu'il entend parler du royaume éternel, qu'on appelle aussi l'éternel héritage de Dieu, la Jérusalem éternelle. Car voici ce qui suit : « Ce sont vos mains qui l'ont préparée, Seigneur, vous qui régnez toujours, et éternellement, et au-delà ». Au-delà de ce qui est éternel est-il quelque chose ? Qui l'avancera ? Pourquoi donc avoir ajouté : « Et au-delà ? » Peut-être parce que éternel est pris quelquefois pour désigner un temps extrêmement long, et qu'en ajoutant « et au-delà », on a voulu faire entendre qu'il s'agit ici de ce qui est véritablement éternel, de ce qui est sans fin. Serait-ce encore pour rappeler que Dieu règne toujours au ciel, où il a tout établi à jamais, où il a fait des prescriptions qui ne

1 Exod. XVIII. — 2 Dan. II, 31, 35. — 3 I Cor. III, 17.

 

passeront point (1) ;  éternellement sur ceux qui se sont convertis après avoir transgressé ses lois, à qui il a pardonné leurs péchés, qu'il a ainsi conquis dans le temps et qui reçoivent de lui le bonheur sans fin ; et au-delà, sur ceux qu'il a mis sous les pieds de son peuple en les condamnant à de justes supplices pour rétablir l'ordre ? Nul en effet ne se soustrait à son empire, puisqu'en répartissant ses dons et ses vengeances, puisqu'en distribuant les récompenses ou les châtiments qu'on mérite, il tient toutes les créatures sous son éternelle loi et sous sa juste domination ; car il résiste aux superbes et donne aux humbles sa grâce (2). « C'est que la cavalerie de Pharaon est entrée dans la mer avec les chars et ceux qui les montaient, et que le Seigneur a ramené sur eux les eaux de la mer ; tandis qu'au milieu de cette mer les enfants d'Israël ont passé à pieds secs ».

4.    Tel est l'hymne que chantèrent Moïse et les fils d'Israël, Marie la prophétesse et les filles d'Israël de concert avec elle ; tous aussi nous le chantons maintenant, hommes et femmes, l'esprit et la chair. « Ceux qui appartiennent à Jésus-Christ », dit en effet l'Apôtre, « ont crucifié leur chair avec ses passions et ses convoitises (3) ». C'est ce que peut rappeler le tambour qu'employa Marie pour accompagner ce chant. C'est comme pour en faire un tambour que nous étendons notre chair sur la croix, et la croix nous aide à chanter l'hymne mélodieux de la grâce.

Ainsi donc, devenus humbles, au moment du baptême, sous la douce impression de la grâce, et après avoir éteint dans ses eaux cet orgueil au moyen duquel nous asservissait notre superbe ennemi, ne nous glorifions que dans le Seigneur, et chantons-le, « car il a fait éclater sa gloire avec magnificence, il a précipité dans la mer le cheval et le cavalier ». (122)

 

1 Ps. CXLVIII, 6. — 2 Jacq. IV, 6. — 3 Gal. V, 21.

 

Les Sermons divers ont été traduits par M. l'abbé RAULX.