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LETTRE VI. A BRUNO DE COLOGNE (a).

L'an 1125.

Saint Bernard le prie de faire en sorte de ramener à leur monastère quelques moines vagabonds de l'abbaye de Morimond.

Au très-cher et très-illustre dom Bruno, le frère Bernard de Clairvaux, salut et tout ce que peut la prière d'un pécheur.

1. Depuis le jour ou nous avons eu le plaisir de faire à Reims la connaissance l'un de l'autre , je me suis toujours flatté d'avoir conservé quelque place dans votre coeur, et c'est dans cette pensée que je ante permets de vous écrire, non pas comme je le ferais à un étranger, mais avec une pleine ouverture et la plus entière confiance, pour vous dire ce que j'attends de vous.

Il y a quelque temps qu'Arnold, abbé de Morimond, a quitté sou couvent et scandalisé notre ordre tout entier par le mépris qu'il a fait de la règle, car il a mis à exécution un dessein de cette importance non-seulement sans consulter ses co-abbés, mais encore sans s'assurer du consentement et de la permission de son supérieur général, l'abbé de Liteaux, dont il dépend entièrement. S'il était constitué en dignité et s'il avait d'autres religieux sous ses ordres, il avait aussi un supérieur, mais il a secoué et rejeté, avec orgueil, le joug de son autorité, sans

a Il fut plus tard archevêque de Cologne; c'est à lui que sont adressées la huitième et la neuvième lettre.

cesser de faire audacieusement peser le sien sur ceux qui lui étaient soumis; car, après avoir parcouru la terre et la mer afin de rassembler quelques prosélytes et de se les attacher, beaucoup moins pour Jésus-Christ que pour lui-même, il a choisi, dans le nombre de ceux qu'il avait entraînés à sa suite, les meilleurs et les plus parfaits, pour en faire les complices de sa faute, et il a abandonné les plus faibles et les moins fervents sans se soucier de leur désolation.

Mais il y en a trois parmi ceux qu'il a séduits et emmenés avec lui, dont le départ m'a vivement peiné : c'est mon frère Evrard, Adam, que vous connaissez bien, et Conrad, jeune homme de condition, qu'il avait autrefois scandaleusement enlevé de Cologne. Si vous voulez en prendre la peine, j'espère que vous réussirez à les faire rentrer dans le devoir.

2. Pour l'abbé Arnold, comme je suis venu plusieurs fois échouer contre son inflexible entêtement, je ne vous engage pas à tenter de nouveau d'inutiles efforts pour le ramener. J'ai entendu dire qu'Evrard, Adam et quelques-uns des autres frères qu'il a entraînés à sa suite se trouvent encore en ce moment dans vos parages; s'il en est ainsi, il serait bien à propos que vous les allassiez trouver tout de suite, en personne, pour les gagner par vos prières, les convaincre par le langage de la raison, et fortifier en eux la simplicité de la colombe par la prudence du serpent. Faites-leur comprendre que l'obéissance ne saurait les enchaîner à un homme qui n'obéit plus lui-même, dites-leur qu'ils ne devaient pas suivre un supérieur à qui il n'était pas permis de s'en aller, ni abandonner l'ordre qu'ils ont embrassé par leur profession, pour se soumettre à un homme qui en méprise. la règle : car l'Apôtre , nous recommande de déclarer anathème un ange même qui viendrait du ciel nous annoncer une doctrine opposée; et d'éviter la compagnie de tout frère qui ne marche pas dans la droite voie (Gal., I, 8 ; et II Thess., III, 6).

Puisse aussi le même Apôtre vous apprendre à n'avoir point de sentiment d'orgueil et à ne pas mettre vos espérances dans des richesses incertaines (I Tim., VI, 17), jusqu'au jour où Jésus-Christ appellera à lui celui qu'il aura reconnu pour son disciple, à son esprit de renoncement. Adieu.

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