LET. CXXII-CXXV
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LETTRE CXXII. HILDEBERT (a), ARCHEVÊQUE DE TOURS, A BERNARD, ABBÉ DE CLAIRVAUX.

LETTRE CXXIII. RÉPONSE DE SAINT BERNARD, ABBÉ DE CLAIRVAUX, A L'ARCHEVÊQUE DE TOURS, HILDEBERT.

LETTRE CXXIV. AU MÊME HILDEBERT, QUI N'AVAIT PAS ENCORE RECONNU LE PAPE INNOCENT.

LETTRE CXXV. A MAITRE GEOFFROY (a) DE LOROUX.

LETTRE CXXII. HILDEBERT (a), ARCHEVÊQUE DE TOURS, A BERNARD, ABBÉ DE CLAIRVAUX.

La réputation de sainteté de saint Bernard porte Hildebert il lui écrire pour lui demander son amitié.

1. Si c'est à l'odeur qu'on juge un parfum, à ses fruits qu'un cornait un arbre, c'est à la bonne odeur de votre nom que je connais la sainteté de votre vie et la pureté de votre doctrine. Je demeure bien loin de vous, il est vrai, mais j'ai entendu raconter quelles nuits délicieuses vous passez avec votre Rachel et quels nombreux enfants vous donne votre Lia; j'ai appris aussi comment vous cultivez la vertu et quelle guerre vous faites à la chair. Il n'y a qu'une voix sur votre compte parmi ceux qui me parlent de vous, tant est grande l'excellence de vos vertus, et bonne l'odeur que répand le baume de votre piété. Ce sont comme les prémices de la moisson que vous ferez au dernier jour; ce renom impérissable est la récompense de la vertu en ce monde; elle ne le doit qu'à elle et il n'y a qu'elle qui puisse se le conserver; les dents de l'envie n'ont point de prise sur lui, et la faveur des hommes est impuissante à le procurer. On sait bien que la réputation des saints ne craint pas les détracteurs et n'attend rien de la flatterie; elle ne dépend que des saints eux-mêmes; elle grandit s'ils croissent en vertu, elle s'éclipse si leurs vertus s'éteignent. L'Eglise tout entière, j'en suis convaincu, espère bien que ce renom de sainteté que vous vous êtes acquis se soutiendra toujours, parce qu'elle ne doute pas qu'il ne soit fondé sur le roc.

a Dans plusieurs manuscrits, cette lettre et la suivante sont placées après la cent vingt-septième, et dans quelques-uns même, après la deux cent cinquante-deuxième. Hildebert, l'auteur de cette lettre, fut évêque du Mans de 1098 à 1125, année où Il devint archevêque de Tours et succéda à Gilbert. Cela ressort du récit d'Orderic Vital, livre X, à l'année 1098, et des actes des évêques du Mans, imprimés dans le tome III des Analectes, où il est dit que Guy, son successeur au siégé épiscopal du Mans, ne fut consacré, en 1126, qu'après bien des difficultés.

Hildebert ne gouverna l'Eglise de Tours que six ans et demi, comme le disent les actes cités plus haut, auxquels se rapportent une copie de Duchesne, l'histoire de la métropole de Tours, par Jean Maan , et ce que dit Orderic , à l'année 1125, page 882, quand il ne fait occuper à Hildebert que sept ans environ le siège métropolitain de Tours; d'où il suit que Hildebert ne vécut pas jusqu'en 1136, comme le dit la Gaule chrétienne, mais seulement jusqu'en 1132, comme le rapporte Jean Maan. Horstius, dans sa note sur cette lettre, a parlé d'une autre lettre qui serait la vingt-quatrième de Hildebert, également adressée à saint Bernard. Mais cette, dernière lettre qu'on trouve sans nom de destinataire dans toutes les éditions, est adressée, dans deux manuscrits que nous avons nous-même suivis, à l'abbé de Cluny, H... Elle nous montre que Hildebert aurait eu l'intention de se retirer à Cluny, si le souverain Pontife y avait consenti. Pierre de Blois parle avec éloge dans sa cent et unième lettre de celles de Hildebert.

2. Pour moi, en entendant parler de vous comme on le fait partout, je n'ai pu résister au désir de solliciter de vous la faveur de votre amitié et d'un souvenir dans vos prières, surtout à ces heures on, cessant de converser avec les hommes, vous traitez de leurs intérêts avec le Roi aux notes. des anges. Tout ce que m'a rapporté de vous l'archidiacre de Troyes, Gébuin, n'a fait qu'augmenter le désir que je vous manifeste; je vous recommanderais cet homme non moins distingué par sa piété que par son savoir, si je ne savais que votre amitié tient lieu de toute recommandation à ceux à qui vous avez fait l'honneur de l’accorder. Je veux pourtant que vous sachiez que c'est lui qui m'a appris que vous ne prêchez pas moins efficacement dans l'église par vos exemples que pare vos discours. Je finis de peur de vous ennuyer par une plus longue lettre, mais je ne cesserai point de vous demander votre amitié jusqu'à ce que j'aie le bonheur de l'obtenir. Je vous prie de vouloir bien me répondre pour me dire dans quelles dispositions vous êtes à ce sujet.

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LETTRE CXXIII. RÉPONSE DE SAINT BERNARD, ABBÉ DE CLAIRVAUX, A L'ARCHEVÊQUE DE TOURS, HILDEBERT.

Vers l’an 1130

Saint Bernard lui répond par des louanges aux louanges qu'il en reçues.

Quiconque est bon ne tire que de bonnes choses du trésor de son coeur; votre lettre fait votre. éloge en même temps que le mien; elle m'a causé une grande satisfaction, car en me procurant l'occasion de vous adresser les compliments dont vous êtes si digne, mon révérend Père, elle me donne à moi-même quelques sentiments de juste fierté, car vous me faites beaucoup d'honneur en daignant abaisser Votre Grandeur jusqu'à moi, et montrer tant d'estime pour mon humble personne. On ne voit pas souvent les hommes haut placés aimer ainsi à descendre et à se rapprocher des hommes de rien, mais ce spectacle est infiniment agréable aux yeux de Dieu. Quelle meilleure preuve de sagesse peut-on donner que de se conformer dans sa conduite aux conseils que la Sagesse même nous donne en ces termes : « Plus vous êtes élevé en dignité, plus vous devez vous humilier en toutes choses (Eccli., III, 20). » C'est ce que vous avez fait, vous que l'âge et la dignité élèvent si fort au-dessus de moi, quand vous êtes descendu jusqu'à votre serviteur très-humble et bien jeune encore. Après cela, je serais également bien fondé à relever votre sagesse consommée, et mes louanges seraient beaucoup plus méritées que celles que vous m'avez prodiguées. Quand il s'agit d'affirmer quelque chose, on doit s'appuyer sur la connaissance exacte des faits et ne point se contenter du témoignage incertain de la rumeur publique; on risque moins de se tromper quand on a pris toutes ses précautions avant de louer. Or quelle preuve avez-vous du prétendu mérite dont vous avez bien voulu me féliciter dans votre lettre? Quant à moi, je trouve la preuve du vôtre dans la lettre où vous exagérez le mien; on pourrait peut-être relever dans votrelettre le langage du savoir, la pureté et la douceur du style, l'élégance des tournures, les agréments et la concision de la phrase; mais, moi, ce que j'y trouve de plus admirable, c'est cette humilité qui abaisse Votre Grandeur jusqu'à me prévenir en m'écrivant le premier pour m'accabler de louanges et rechercher mon amitié. Assurément, je lis dans votre lettre non pas ce que je suis en effet, mais ce que je voudrais être en rougissant de ne l'être pas encore. Néanmoins, tel que je suis, de mente que si Dieu me fait la grâce de me rendre meilleur, vous pouvez croire, mon très-révérend et bien-aimé Père, que je suis et ne cesserai jamais d'être tout à vous.

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LETTRE CXXIV. AU MÊME HILDEBERT, QUI N'AVAIT PAS ENCORE RECONNU LE PAPE INNOCENT.

Vers l'an 1131.

Saint Bernard l'engage à reconnaître pour légitime pape, Innocent II, que l'antipape Pierre de Léon avait forcé à se réfugier en France.

A l'illustre et savant pontife Hildebert, archevêque de Tours, Bernard, abbé de Clairvaux, salut et prière de n'agir que selon l'inspiration du Saint-Esprit et de tout examiner à sa lumière.

1. Pour parler le langage du Prophète, je dirai en commençant cette lettre : « Mes yeux ne voient que sujets de tristesse et de larmes; l'enfer sépare les frères les uns des autres (Ose., XIII, 14 et 15). » Il me semble, en effet, que, selon le langage d'Isaïe, il y ait des gens qui ont fait un pacte avec l'enfer et conclu une alliance avec la mort; car je vois un serviteur de Dieu, Innocent, l'oint du Seigneur, devenir pour les uns une cause de ruine, en même temps qu'il en est une de salut pour les autres. Ceux qui tiennent pour lui sont pour Dieu, mais ses adversaires tiennent pour l'antechrist ou sont l'antechrist lui-même. L'abomination est dans le lieu saint; on met le feu au sanctuaire pour s'en rendre maître; on persécute l'innocence dans la personne d'Innocent qui fuit devant Léon tomate à l'aspect d’un lion, selon ce mot du Prophète : « Quand le lion rugit, qui ne serait effrayé (Amos., III, 8) ? » Il s'enfuit, dis-je, d'après ce conseil du Seigneur : « Lorsqu'on vous persécutera dans une ville, enfuyez-vous dans une autre (Matth., X, 23). » C'est ce qu'il fait à l'exemple des Apôtres dont il se montre ainsi le véritable successeur. Saint Paul lui-même a-t-il rougi de se faire descendre des murs de Damas dans une corbeille pour échapper ainsi aux mains de ceux qui voulaient le mettre à mort? Mais en s'enfuyant de la sorte, il avait moins en vue d'éviter la mort que d'ôter à ses persécuteurs l'occasion de commettre un crime; il songeait beaucoup plus à les sauver qu'à se sauver lui-même. N'est-il ;pas juste que l'Eglise reconnaisse le successeur du grand Apôtre dans le pape Innocent qui marche si bien sur ses traces?

2. Au reste, la fuite d'Innocent n'est pas sans utilité; elle est pénible sans doute, mais en même temps elle a ses avantages. Exilé de la ville pontificale, il est accueilli par l'univers entier; des extrémités du monde chrétien on accourt au-devant du pontife exilé, les mains pleines de secours; il ne se trouve plus qu'un Gérard d'Angoulême pour maudire, comme un autre Séméi, ce David fugitif. Mais que ce malheureux le veuille ou non, il ne peut empêcher, malgré le mécontentement qu'il en éprouve, qu'Innocent ne soit accueilli avec honneur à la cour des rois, et ne soit partout couronné de gloire. Est-il un prince qui ne le reconnaisse pour l'élu de Dieu? Les rois de France, d'Angleterre et d'Espagne, l'empereur même reconnaissent Innocent pour pape et le regardent comme le pasteur légitime de leur âme. Le seul Achitopel ignore que tous ses desseins sont connus et déjoués; en vain ce malheureux s'ingénie à inventer quelque intrigue nouvelle contre le peuple de Dieu, avec l'intention de détruire l'attachement inviolable des fidèles pour le saint Pontife, et de confondre tous ceux qui refusent de plier le genou devant Bélial; il ne réussira jamais à faire régner le parricide, objet dé ses préférences, sur Israël et sur la cité sainte, qui n'est autre que l'Eglise du Dieu vivant, la colonne de la foi, le soutien de la vérité; car « il n'est pas facile de rompre la triple chaîne (Eccle., IV, 12) » d'une élection faite par les plus gens de bien, approuvée par le plus grand nombre, et, ce qui mieux est, soutenue par des moeurs irréprochables. Or voilà sur quoi s'appuie le droit d'innocent au titre de souverain Pontife.

3. L'on attend, avec une impatience extrême, que vous vous déterminiez enfin, mon très-révérend Père, à le reconnaître à votre tour. Votre adhésion, quoique tardive, sera comme la rosée du ciel qui tomba sur la toison de Gédéon. Ce n'est pas que je désapprouve une certaine lenteur quand elle procède du désir de n'agir qu'avec maturité et de ne rien faire à la légère; ainsi Marie ne répond au salut de l'ange qu'après avoir pris le temps de se demander ce qui le lui valait, et saint Paul recommande à Timothée de n'imposer les mains à ;personne avec précipitation; mais en qualité d'ami j'ose vous dire: N'exagérez pas cette règle de conduite, et «ne cherchez point à être plus sage qu'il ne faut (Rom., XIII, 3). » Je ne puis voir, je l'avoue, sans en ressentir de l'humiliation, que l'antique serpent, négligeant désormais de s'attaquer à des femmes faibles et sans portée, s'en prenne maintenant à des âmes aussi fortes que la vôtre et tente d'ébranler de pareilles colonnes de l'Eglise. J'espère bien que tous ses efforts ne réussiront pas à vous renverser; vous savez qu'il est dit que l'ami de l'Epoux sa tient debout, tout heureux d'entendre la voix de ce dernier, qui ne lui parle que de consolation et de salut, de paix et d'union.

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LETTRE CXXV. A MAITRE GEOFFROY (a) DE LOROUX.

L’an 1131

Saint Bernard réclame l'appui de ses talents en faveur d'Innocent, contre l'antipape Pierre de Léon.

1. Si on aime dans la fleur le parfum qui flatte l'odorat, on recherche dans le fruit une saveur qui plaise au goût. Nous avons senti l'odeur exquise que répand votre excellente réputation; nous serions bien désireux de connaître le goût des fruits que vous pouvez produire. Je ne suis pas seul, veuillez bien le croire, à réclamer par le temps qui court, l'appui de vos talents; mais celui qui n'a pas besoin de nous, Dieu même aujourd'hui le demande avec moi. Ne vous trouvez-vous pas honoré de coopérer à l'oeuvre de Dieu? Ce serait un crime de vous y refuser. Vous jouissez d'une grande considération devant Dieu et devant les hommes, vous avez la science en partage, de l'indépendance dans le caractère, le don de la parole, une éloquence vive et pénétrante et du piquant dans le stylé; avec de pareils dons vous ne pouvez, dans les circonstances présentes, faire défaut à la cause de l'Epouse du Christ, si vous êtes l'ami de l'Epoux : c'est en effet dans le besoin qu'on reconnaît les vrais amis. Eh quoi! vous prétendez continuer à vivre dans le calme le plus profond, pendant que l'Eglise, votre mère, est au milieu des tribulations et des épreuves? Assez longtemps comme cela vous avez goûté les douceurs du repos, assez longtemps vous avez pu employer vos loisirs au gré de vos désirs; le temps est venu maintenant d'agir contre ceux qui foulent aux pieds la loi de Dieu. La bête de l'Apocalypse qui vomit le blasphème et fait la guerre aux saints, occupe en ce moment la chaire de Pierre comme un lion prêt à tout dévorer; non loin de vous il en est une autre (Gérard d’Angoulême) qui rugit comme un lionceau dans son

a Geoffroy de Loroux, docteur très-renommé et archevêque de Bordeaux, prit son nom de Loroux, localité du diocèse de Tours, voisine du Poitou, célèbre jadis par un prieuré dépendant de Marmoutiers. Voilà pourquoi Gérard d'Angoulême est appelé dans cette lettre une bête du voisinage de Geoffroy. Il existe un autre endroit du nom de Loroux, situé dans le diocèse d'Angers avec une abbaye de Cisterciens.

antre; si la première est plus féroce, la seconde est plus rusée, et toutes deux se sont liguées contre Dieu et contre l'oint du Seigneur. Hâtons-nous de rompre les liens dont ils veulent nous charger et de secouer le joug qu'ils essaient de placer sur nos têtes.

2. Pour moi, dans ces contrées, j'ai travaillé, avec tous les autres serviteurs de Dieu que le zèle de sa gloire enflamme, à inspirer un même esprit aux populations et j'ai engagé les princes à se coaliser contre les méchants, à ruiner leurs desseins et à exterminer tout ce, qui s'élève contre le Seigneur. Grâce à Dieu, ce n'a pas été sans succès; l'empereur d'Allemagne et les rois de France, d'Angleterre, d'Écosse, d'Espagne et de Jérusalem se montrent favorables au parti d'Innocent; le clergé et les fidèles de ces contrées le reconnaissent comme leur père et leur chef et conspirent tons ensemble à demeurer unis d'esprit dans les liens de la paix. D'ailleurs, quoi de plus juste que l'Église reçoive pour pape légitime celui dont la réputation est la meilleure et dont l'élection a été faite par la plus saine partie des électeurs, c'est-à-dire par ceux qui l'emportent sur les autres en nombre et en mérite ? D'où vient, mon cher frère, que vous n'agissez point encore ? Jusqu'à quand durera cet assoupissement dangereux dans le voisinage d'un serpent ? Vous êtes un enfant de paix, je le sais, et rien ne saurait vous déterminer à rompre les liens de l'unité; mais cela ne suffit pas, il faut encore que vous la protégiez contre les attaques dont elle est l'objet, et que vous contribuiez de toutes vos forces à repousser ceux qui veulent la détruire. Ne craignez pas la perte du calme dont vous jouissez, vous en serez abondamment dédommagé par la gloire d'apprivoiser ou de réduire au silence la bête de votre voisinage et d'arracher avec la grâce de Dieu, à la gueule du lion, une proie d'une importance considérable dans la personne du comte de Poitiers..

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