LET. CXLVII-CL
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LETTRE (a) CXLVII. A PIERRE, ABBÉ DE CLUNY.

NOTES DE HORSTIUS ET DE MABILLON

LETTRE CXLVIII. AU MÊME.

LETTRE CXLIX. AU MEME.

LETTRE CL. AU PAPE INNOCENT.

NOTES DE HORSTIUS ET DE MABILLON

LETTRE (a) CXLVII. A PIERRE, ABBÉ DE CLUNY.

L’an 1133

Pierre avait envoyé à saint Bernard, pour le consoler au milieu de se; travaux et des fatigues qu'il supportait pour l’Eglise en pays étranger, l'archidiacre de Troyes, Gébuin; saint Bernard lui en témoigne la plus douce reconnaissance et, en même temps; qu'il lui annonce la fin du schisme, il lui prédit la prochaine prospérité de l'Église.

A dom Pierre, très-révérend père abbé de Cluny, Bernard, salut et tous les voeux que le plus ardent ami peut former pour son ami.

1. Homme excellent! que Dieu vous rende, du haut du ciel, tout le bien que vous m'avez fait ici-bas, et toutes les consolations due vous m'avez procurées pendant mon voyage à l'étranger! Vous avez été bien bon de penser à un malheureux comme moi, de vous souvenir de moi au milieu de vos grandes et nombreuses occupations, malgré mon éloignement et ma longue absence. Je bénis votre ange qui vous a inspiré cette bonne pensée, ainsi que Dieu qui vous a porté à lui donner suite. J'ai bien lieu maintenant d'être fier aux yeux des étrangers, puisque vous avez daigné m'écrire et que vous l'avez fait avec une entière effusion d'âme. Quel honneur pour moi d'occuper une place dans votre souvenir et même d'avoir ma part de votre confiance! Ce m'est une double gloire de recevoir, en même temps que les épanchements d'une telle amitié, les consolations d'un pareil coeur, au milieu des épreuves qui m'accablent. J'ajoute à cet honneur celui d'avoir eu à souffrir pour l'Église; sa gloire est la mienne et son triomphe est le mien, et après avoir travaillé avec elle et pour elle, je me réjouis avec elle. Il fallait bien aussi partager les travaux et les souffrances de cette pauvre Mère, pour ne pas lui

donner occasion de se plaindre de nous et de dire: « Mes plus proches voisins se sont tenus à l'écart pendant que j'étais exposée à toute la violence de mes ennemis (Psalm. XXXVII, 73). »

2. Elle a triomphé, grâce à Dieu ! elle est sortie à son honneur de toutes ses épreuves, et elle en a vu la fin. Notre tristesse s'est changée en joie, et nos chagrins ont fait place à l'allégresse. L'hiver est passé, les

a Saint Bernard écrivit cette lettre en réponse à deux lettres de Pierre le Vénérable, qui sont la vingt-neuvième et la trente-septième du livre II. On peut les lire dans les notes placées à la fin du volume. Cette réponse de saint Bernard manque dans plusieurs manuscrits; et se trouve indiquée comme étant la 307e lettre dans les premières éditions:

pluies ont cessé, les mauvais temps ont disparu, nos contrées se couvrent de fleurs; il est temps de tailler la vigne, les branches inutiles et le bois mort sont coupés; le malheureux (a) qui avait égaré Israël n'est plus, la mort l'a moissonné, l'enfer l'a englouti; il avait, comme dit le Prophète, fait alliance avec l'une et avec l'autre, aussi a-t-il péri et disparu pour jamais, selon le langage d'Ezéchiel. Quant à l'autre ennemi (b) de l'église, le plus grand et le plus redoutable qu'elle ait eu après le premier, il est aussi retranché du nombre des vivants. Il était pour l'église un de ces perfides amis dont elle se plaint en ces termes : « Ils ne se sont approchés de moi que pour me faire la guerre (Psalm. XXXVII, 12). » J’espère que le reste de ce parti ne tardera pas longtemps à tomber. Je ne tarderai plus beaucoup maintenant à aller retrouver mes frères, et si Dieu me conserve la vie, je me propose de vous faire visite en passant. En attendant, je me recommande à vos saintes prières. Je salue le religieux Henri, votre camérier, vos assistants, et votre sainte maison tout entière.

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NOTES DE HORSTIUS ET DE MABILLON

LETTRE CXLVII.

124. Puisque vous avez daigné m’écrire et que vous l'avez fait avec une entière effusion d'âme.... Je ne doute pas que le lecteur ne soit charmé d'avoir sous les yeux et de parcourir la lettre que saint Bernard eut tant de plaisir à recevoir et dont il fait un si grand cas ; c'est pourquoi nous allons la donner ici afin, qu'on puisse voir quelle amitié unissait ces saintes âmes. Voir à ce sujet les notes de la deux cent vingt-huitième lettre (Note de Horstius).

Voici la lettre de Pierre le Vénérable.

Au vénérable et très-cher dom Bernard, abbé de Clairvaux, le frère Pierre, humble abbé de Cluny, salut éternel dans le Seigneur.

« Celui que je vénère et que j'aime en vous sait tout ce qu’il y a de considération et d'amour pour vous au fond de mon coeur, Ces sentiments, je les avais déjà lors même que l'éloignement ne m'avait pas encore permis de contempler les traits de votre visage, mais la renommée, plus rapide que le corps, avait dépeint, comme elle sait le faire, votre belle âme aux yeux de mon esprit. Mais depuis que j'ai obtenu enfin ce que j'avais si longtemps désiré, et que les imaginations de mon esprit ont fait place à la réalité des choses, mon âme s'est tout entière attachée à la vôtre et n'en peut déjà plus être séparée. Telle est la force de l'amour que je ressens pour vous et l'empire qu'exercent sur moi vos vertus et la connaissance de votre genre de vie, qu'il ne reste plus rien en moi qui ne soit tout à vous, rien en vous qui ne soit entièrement à moi. Depuis cette époque vit en moi, Dieu fasse qu'elle vive, également en vous, cette affection mutuelle à laquelle l'amour de Jésus-Christ a donné naissance; c'est la seule qui ne sache point périr, et elle n'a cessé, pour ce qui me concerne, d'agir en moi, selon la loi qui lui est propre. Mais pendant que je serre au fond de mon cœur et conserve comme un trésor cette affection plus précieuse que l'or et plus belle que toutes les pierreries à mes yeux, je m'étonne de n'avoir point encore reçu de vous depuis si longtemps toutes les preuves que je désirerais avoir d'une pareille affection de votre part pour moi. Je vous remercie bien certainement de m'avoir montré par les saluts que vous me faisiez quelquefois donner par les uns ou les autres, que vous n'avez pas tout à fait oublié votre ami, mais je ne suis pas moins peiné pour cela de n'avoir pas reçu, jusqu'à présent, un seul mot de votre, main qui ne me permit plus de douter de votre affection; je dis, qui ne nie permit plus d'en douter, car, le papier conserve religieusement l'empreinte qu'il a reçue, tandis que dans la conversation un mot de plus ou de moins altère bien souvent la vérité. Mais puisque, semblable au soldat d'élite qui se tient prêt pour le jour de la lutte, vous combattez des deux mains afin d'arracher l'Eglise aux périls qui la menacent, et repoussez les assauts de l'ennemi à votre gauche ainsi qu'à votre droite, avec les armes de la justice, je vous recommande, en toute confiance, au nom de votre amitié pour moi, les messagers que j'envoie an Pape, car je suis convaincu que vous ne sauriez faire défaut à vos amis puisque les étrangers même peuvent compter sur votre assistance ; faites-moi donc savoir par eux et par un mot de votre main : vous voulez couper court à mes plaintes. Parlez-moi aussi de l'état de, votre santé, du retour du Pape et de la condition dans laquelle il se trouve. Je voudrais bien vous voir hors de cette cour où vous avez tant à faire, et, me sentir moi-même dégagé de la responsabilité de mes périlleux devoirs, afin de pouvoir nous retrouver tous deux dans un même endroit où la même charité nous unirait étroitement l'un à l'autre, tandis que le même Jésus-Christ nous recevrait. » (Note de Horstius.)

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LETTRE CXLVIII. AU MÊME.

L’an 1138

Saint Bernard ne lui répond que quelques mots; il se propose de lui écrire plus longuement plus tard.

A dom Pierre, abbé de Cluny, Bernard, salut très-humble et très-respectueux.

Votre lettre m'a causé un très-sensible plaisir, je me suis vu avec bonheur, malgré mon peu d'importance, l'objet des prévenances et des bontés d'une personne aussi considérable que vous. Combien serais-je heureux de vous voir et de vous entendre, puisque vous me faites l'honneur de m'en juger digne; mais quelle affaire, quel lieu, quelle occasion nous réuniront jamais ? Je ne réponds que par un billet au vôtre, j'attendrai pour vous écrire plus longuement que vous m'ayez donné l'assurance que cela vous fera plaisir, car je me sens si petit que je n'oserai jamais me permettre de m'élever jusqu'à vous, si vous ne souffrez, par humilité, que je vous approche et vous parle.

a L'antipape Anaclet, qui mourut en 1138. Ernald décrit sa mort, livre II de la Vie de saint Bernard, chap. VII. D'après Orderic, page 915, Anaclet mourut subitement. Les adversaires du pape innocent lui donnèrent pour successeur l'antipape Victor, comme on le voit dans la Vie de saint Bernard.

b Sans doute Gérard, évêque d'Angoulême, qui mourut en 1136. Voir les notes de la lettre cent vingt-sixième. Orderic qui rapporte sa mort, page 998, l'appelle « un pomme dise très-grande érudition, qui avait joui d'une certaine réputation et d'un crédit considérable dans le sénat de Rome, du temps des papes Paschal, Gélase, Calixte et Honurius. »

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LETTRE CXLIX. AU MEME.

L’an 1138

Saint Bernard l'engage à pousser moins vivement l'affaire de l'abbaye de Saint-Bertin.

Vous êtes parfaitement convaincu, je pense, que je suis bien loin de vouloir manquer en quoique ce soit à Votre Révérence, aussi n'hésiterai-je pas à vous parler en toute confiance au sujet de l'abbaye de SaintBertin (a). Je crois que vous ne devez pas prendre cette affaire aussi vivement à coeur que vous le faites; car je ne vois pas quel avantage vous trouvez à posséder cette abbaye, quand même vous pourriez sans procès et sans dispute la soumettre paisiblement à votre pouvoir; vous n'aspirez pas sans doute à un titre qui n'est qu'onéreux pour vous. Puis donc que vous ne pouvez vous mettre en possession de ce monastère sans beaucoup de peines, ni le conserver paisiblement ensuite, c'est du moins ce que j'entends dire, il me semble que la crainte d'un procès avec toutes ses conséquences est pour vous un excellent motif de vous désister de vos prétentions.

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LETTRE CL. AU PAPE INNOCENT.

L’an 1133

Saint Bernard prend occasion de quelques actes remarquables d'autorité exercés par le pape Innocent pour lui décerner des louanges.; il l'engage ensuite à s'opposer fortement aux desseins ambitieux de Philippe, qui s'était emparé du siège archiépiscopal de Tours par des moyens illégitimes.

1. Quand la tète va bien, tout le corps est en bonne santé, et les parfums dont la barbe et les cheveux sont arrosés embaument ensuite

a De Saint-Omer, selon les uns, et de Sittich, selon les autres. Comme il était tombé à rien, (abbé Lambert le remit entre les mains de l'abbé Hugues de Cluny, en 1101, et on ne tarda pas à voir ses ressources grandir, la vie religieuse refleurir et le nombre de ses habitants s'augmenter, au point que là eh une douzaine de religieux avaient eu bien de la peine à vivre précédemment, on en compta bientôt cent cinquante, dont plusieurs allèrent ranimer l'amour de la vie religieuse dans une foule de monastères de France et de Belgique, ainsi que le rapporte le moine Hermann dans le Spicilége, tome XII, page 413, d'accord en ce point avec Ipérius. A la mort de l'abbé Hugues de Cluny, les religieux de Sittich secouèrent le joug et firent un procès à leur propre abbé, sans avoir auparavant consulté les religieux de Cluny. Ce procès en vint au point que le pape Innocent avait déjà déposé deux abbés, Jean et Simon, à la poursuite de Pierre le Vénerable, quand celui-ci, sur les instances de saint Bernard, renonça à son droit et rendit aux religieux de Saint-Bertin leur indépendance. Voir les notes de l'Apologie.

jusqu'aux franges du vêtement. Si les brebis se dispersent quand le pasteur est frappé, elles reviennent paisiblement au pâturage quand il est remis de ses coups et rendu à la santé. Où me proposé je d'en venir avec mes comparaisons? le voici. Le bruit des succès non interrompus de votre pontificat, réjouit tous les jours l'Eglise de Dieu, il est juste que l'amélioration de vos affaires concoure à l'affermir, et que votre triomphe soit aussi le sien; vous ne sauriez être affermi qu'elle ne se sentit elle-même devenue plus forte, car si elle a partagé vos épreuves, il est juste qu'elle soit associée à votre gloire. C'est pour vous un devoir et pour nous une nécessité qu'il en soit ainsi. Et quoi ! la crainte et la persécution n'ont pu, aux mauvais jours, affaiblir votre énergie, ralentir votre zèle, amener votre justice à composition, et vous faibliriez sur le point de cueillir la palme de la victoire ! Non certes, on ne verra pas s'éclipser dans la prospérité une vertu qui a brillé d'un si vif éclat an sein de l'adversité.

2. Avec quelle vigueur n'avez-vous point fait rentrer dans l'ordre le fameux monastère (a) de Vezelay ! Le successeur des apôtres a vu sans s'émouvoir la fureur séditieuse d'une populace qui courait aux armes, ainsi que l'audace effrénée d'une foule de moines furieux et menaçants et elle s'est montrée invincible à la force plus redoutable encore des présents. Quel spectacle nous avez-vous également donné dans le monastère de Saint-Benoît ? La colère du prince n'a pu en imposer à votre indépendance, la chair et le sang vous ont trouvé tout prêt pour leur résister et tout armé pour les combattre. Les abbayes de Saint-Memmie et de Saint-Satur sont devenues, malgré tous les efforts de gens mal intentionnés et pervers, des sanctuaires dignes de Dieu, après avoir été de vraies synagogues de Satan. A Liège, l'épée menaçante d'un prince violent et emporté (b) n'a pu affaiblir votre constance et courber votre tête sous le joug de ses injustes volontés. Mais où trouver des termes assez magnifiques pour louer comme il serait juste de le faire, la conduite que vous avez tenue tout récemment encore, contre les perturbateurs (c) de l'Eglise d'Orléans ? Si vous les avez frappés de loin, vous ne l'avez pas fait pour cela avec moins de vigueur. On ne peut pas dire jusqu'à présent que les flèches de Jonathas soient revenues sur elles-mêmes sans avoir atteint le but, et que sa hache se soit détournée du point qu'il a menacé : c'est

a On voit dans les notes placées à la fin du volume l'explication de ce que saint Bernard dit ici de la réforme des monastères de Vézelay, diocèse d'Autun; de Saint-Benoit, sur le Pô, et des chanoines réguliers de Saint-Satur de Bourges.

b C'était Lothaire, qui demandait au pape Innocent de lui vendre le droit des investitures ecclésiastiques, comme on le voit dans la Vie de saint Bernard, livre II, n. 5.

c C'étaient des clercs qui s'étaient mis du parti d'un archidiacre intrus, nommé Jean, contre Archembaut, qui fut assassiné victime de ces divisions, ainsi qu'on le peut voir aux notes de la fin du volume.

précisément ce qui a fait trembler l'empereur lui-même en rassurant l'église, Nous avons vu ce prince s'adoucir enfin, et, confus de son entreprise, il n'a point osé prendre les armes contre le Seigneur et contre son Christ. Voilà, très-saint Père, ce qui élève votre nom jusqu'aux cieux; puissiez-vous seulement ne pas déchoir a maintenant après de si glorieux commencements! C'est la prière et le vœu de tous ceux qui vous aiment, c'est aussi leur attente; il ne vous reste plus qu'à la remplir sans retard.

3. Il y a lieu pour vous de déployer aujourd'hui pour l'église de Tours le zèle et l'énergie dont vous avez fait preuve en d'autres circonstances; c'en est fait d'elle si vous ne vous hâtez de prévenir sa ruine. On dit que Gilbert b y fait revivre l'esprit de son oncle Philippe, dont le sang et l'ambition coulent dans ses veines. Si on veut avoir la preuve des désirs dont est consumé le coeur de cet ambitieux jeune homme, il suffit de jeter les yeux sur les tourments que ce fils ingrat et cruel fait endurer depuis si longtemps à une Eglise qu'il devait regarder comme sa mère. Qu'importe à ce misérable de lui déchirer les entrailles, pourvu qu'il s'élève à ses dépens ? Mais enfin, grâce à Dieu, il est à bout d'expédients pour échapper aux coups d'une juste sentence, si votre autorité apostolique daigne ratifier un jugement que la justice de la cause, la perversité du coupable et le bien de la paix out fait prononcer contre lui. Non, non, jamais la cruelle ambition de ce jeune homme ne trouvera un refuge protecteur dans votre sein qui n'en est un que pour l'innocence; c'est folie à lui d'espérer l'y trouver, et c'est le comble de l'audace de venir l'y chercher. N'est-ce pas assez déjà qu'il ait deux fois éludé la sentence du saint Siège et se soit soustrait aux coups de la justice, faut-il qu'il pousse à présent l'impudence jusqu'à venir braver vos regards et la justice même de votre tribunal? Qui ne voit qu'ébranlé dans sa confiance en la bonté de sa propre cause, il s'efforce par ses largesses de triompher de la fermeté de votre coeur ? Niais nous sommes sans inquiétude, c'est au pape Innocent que cet homme inique ose s'attaquer, il ne lui sera pas donné de le vaincre.

4. Au reste, nous pouvons bien dire, très-saint Père, que si les douceurs dont votre éloignement nous prive font soupirer nos coeurs, la pensée de celles que nous avons goûtées auprès de vous nous charme

a Quelques éditions ont placé en cet endroit deux vers quine se trouvent dans aucun manuscrit.

b Gislebert on Gilbert, prédécesseur d'Hildebert, qui passa en 1125 du siège du Mans à celui de Tours, qu'il occupa pendant six ans et six mois, comme nous l’avons vu, lettre cent vingt-deuxième. A la mort de ce dernier, le neveu de Gilbert, nommé Philippe, se fit porter par des manœuvres coupables et la faveur d'Anaclet sur ce siège qu'avait occupé son oncle. Il donna ainsi occasion à cette lettre et à la suivante, qui est antérieure à celle-ci. Forcé de céder, il laissa la place à Hugues, qui avait les saints canons pour lui. Consulter les Analectes, tome III, page 338.

tous. A défaut de votre douce présence, le souvenir que nous en avons conservé fait toute notre consolation; il est trop profondément gravé dans nos coeurs pour qu'il ne nous revienne à tout moment; il fait le sel de toutes nos conversations; il n'est pas d'entretien qui nous paraisse aussi doux que celui qu'alimente ce délicieux souvenir, il n'en est pas qui ranime et réchauffe plus nos cœurs; il domine dans toutes nos réunions, il est l'âme de nos discours, la sève de nos prières et le nerf de nos oraisons. Nous ne cessons d'offrir à Dieu, avec sollicitude, nos voeux et nos supplications pour vous et pour tous les vôtres; que l'Eternel, pour qui vous travaillez dans le temps, vous conserve pour l'éternité selon le voeu de votre âme; Ainsi soit-il.

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NOTES DE HORSTIUS ET DE MABILLON

LETTRE CL.

125. Le monastère de Vézelay, diocèse d'Autun, fondé vers 821 par Gérard, comte de Nevers, et Berthe, son épouse, pour des religieuses auxquelles on substitua des religieux qui furent eux-mêmes remplacés, en 1537, par des chanoines réguliers. La réforme de ce monastère fut entreprise sur les instances de Henri, duc de Bourgogne, par Guillaume, disciple de saint Mayeul; plus tard, le relâchement s'étant de nouveau glissé dans cette maison, saint Hugues, également abbé de Cluny, entreprit une seconde réforme, à la suite de laquelle le pape Paschal II les soumit tout à fait à l'autorité de l'abbé de Cluny. (Voir Duchesne, dans les notes à la Bibliothèque de Cluny.) Mais les religieux de Vézelay, ayant réussi peu à peu à secouer ce joug, se virent forcés par le pape Innocent II à s'y soumettre de nouveau. Voici comment un historien de Vézelay rapporte ce fait (voir tome III du Spicilége d'Acher) : « Dans le principe, les religieux de Vézelay avaient, pendant à peu prés les bois premiers siècles qui suivirent leur fondation, joui en paix et sans conteste de leur indépendance et s'étaient, à leur gré, donné des abbés choisis parmi eux ou tirés d'autres monastères. Les Clunistes, qui sont beaucoup moins anciens qu'eux, s'attribuèrent subrepticement d'abord, le droit de ratifier l'élection, puis celui de faire l'élection elle-même, prétendant faussement que le pape Paschal avait soumis à leur autorité la communauté tout entière de Vézelay. La même prétention causa encore sous le pape Innocent un grand scandale dans cette même abbaye : les religieux réclamèrent leur indépendance originelle, mais, victimes de la violence d'Innocent et du comte de Nevers, ils furent livrés chargés de chaînes à un certain abbé Aubry, que les Clunistes leur avaient imposé. » (Note de Mabillon.)

126. Au monastère de Saint-Benoît, sur le P8, que les papes Gregoire VII et Calixte II avaient astreint, comme l'était celui de Vézelay, à. ne point procéder à l'élection de son abbé avant d'avoir pris l'avis de l'abbé de Cluny, qui devait y pourvoir et ordonner de la faire; une fois élu, l'abbé de ce monastère ne pouvait recevoir la bénédiction de l'évêque s'il n'avait ses lettres de recommandation de celui de Cluny. Les religieux de ce monastère ayant tenté de passer outre, nonobstant ces réserves, Innocent II ordonna par ses lettres, à la demande de Pierre le Vénérable, comme on peut le voir par la bulle de Clément III, donnée en 1187, que l'abbé Guillaume, élu et institué sans qu'on eût pris l'avis des religieux de Cluny, irait se présenter à eux et témoigner de sa déférence et de sa soumission (Note de Mabillon).

127. De saint Memmie. Saint Memmie était issu de la famille des Memmies, autrefois célèbre à Rome; il fut envoyé en France par saint Pierre et fut le premier évêque de la Champagne; on éleva en son bonheur, près de Châlons-sur-Marne, une abbaye remarquable de chanoines qui embrassèrent, par ordre du pape innocent II, comme on le toit par le diplôme suivant, la règle des chanoines réguliers de Saint Augustin (Note de Horstius et de Picard).

Innocent, évêque, serviteur des serviteurs de Dieu, à son très-cher fils Etienne, abbé de Saint-Memmie, et à ses successeurs légitimes à perpétuité.

« L'autorité de notre charge nous porte à nous occuper de l'état des maisons religieuses, et a pourvoir avec l'aide du Seigneur, pour le salut des âmes, à ce qui peut assurer leur tranquillité et tourner à leur avantage.

« On sait qu'il est aussi digne que juste et convenable que nous, qui avons été choisi pour régir ces maisons, lions les mettions à couvert de la méchanceté des hommes pervers et les entourions de la protection de saint Pierre et du Siège apostolique.

« En conséquence, abbé Etienne, notre très-cher fils dans le Seigneur, nous prenons sous notre protection apostolique le monastère de Saint-Memmie, dont vous êtes abbé par la volonté de Dieu, le confirmons par les présentes et voulons que tous les biens fonds et autres que, Dieu aidant, ledit monastère tient dès maintenant ou pourra tenir dans la suite, justement et légitimement, de la concession des souverains Pontifes, de la libéralité des princes et de la générosité des fidèles, soient entièrement et à jamais acquis tant à vous qu'à vos successeurs.

« Nous règlons donc par le présent privilège du Siège apostolique qu'il ne sera pas pourvu au remplacement des chanoines réguliers au fur et à mesure de leur mort par d'autres chanoines qui n'auraient pas fait profession religieuse, et que les prébendes des défunts retourneront aux frères réguliers. Quand vous viendrez à mourir, vous qui maintenant êtes abbé de cette maison, on ne pourra vous donner pour successeur qu'un chanoine régulier de Saint-Augustin. Et nous voulons que personne n'ose se permettre dé porter le trouble dans ledit monastère, prendre, retenir ou diminuer ses biens, et lui faire subir aucune vexation. S'il arrive qu'une personne, soit ecclésiastique, soit séculière, ayant connaissance de cette présente constitution, ose aller contre, qu'elle encoure la colère de Dieu et l'indignation des bienheureux Pierre et Paul, et la condamnation au jour du jugement dernier, si elle n'a pas auparavant réparé sa faute par une digne pénitence; mais au contraire que la paix de Notre-Seigneur Jésus-Christ soit le partage de tous ceux qui observeront la présente constitution en faveur dudit monastère, qu'ils recueillent les fruits de leur bonne action et trouvent auprès du juste juge la paix éternelle pour récompensé. Amen. Donné à Jouarre, de la main d'Haimeric cardinal-diacre et chancelier de la sainte Eglise Romaine, le 25 mars, indiction IX, l'an 1131 de l'incarnation de Notre-Seigneur, et la douzième année de notre saint Père le pape Innocent II.

128. De saint Satur. — Mathilde, épouse de Godefroy de Bouillon ou de Bologne, ville du Boulonais, située sur la mer d'Angleterre, dit Guillaume de Tyr, livre IX, ch. V, premier roi de Jérusalem, reçut du pape Paschal le corps de saint Satur, martyr, dont on célèbre la fête le 7 mars, et institua en son honneur, dans le diocèse de Bourges, un chapitre de chanoines séculiers qui tombèrent en peu d'années, tant nous nous laissons facilement glisser sur la pente du mal, dans un tel relâchement et une vie si mondaine que le pape Innocent les lit chasser de leur collégiale et remplacer par des chanoines de Saint-Augustin. Voici comment le Mémorial historique rapporte le fait: «En 1138 florissait l'ordre des chanoines de Saint-Victor de Paris qui jouissait par tout le monde d'une grande réputation, à cause du rang distingué, de la sainteté et du savoir de ceux de ses membres qu'il répandit dans un grand nombre de monastères, comme les provins d'une vigne féconde. il comptait à cette époque parmi ses chanoines profès, deux prélats de la cour de Rome, les cardinaux dom Hugues, évêque de Frascati, et maître Yves; neuf abbés : Raoul, abbé de Saint-Satur de Bourges, etc ..... » Ce récit est confirmé parle Nécrologe de Saint-Victor de Paris, où on lit à la date du 9 février : « Mort de dom André, abbé de Saint-Satur — et chanoine de notre ordre. » Etienne qui, d'abbé de Sainte-Geneviève de Paris, était devenu évêque de Tournai, recommande au pape Luce III, dans sa lettre commençant par ces mots . Movetur usque ...... etc., la discipline constante et sévère de ce monastère. Dans la liste des revenus des évêchés et des bénéfices de France, cette abbaye est indiquée comme étant de l'ordre des chanoines de Saint-Augustin (Note de Horstius et de Picard).

A Liège, l'épée menaçante. Il nous semble qu'il s'agit ici des. investitures ecclésiastiques que revendiquait l'empereur Lothaire, et que le pape Innocent refusait de lui accorder. En effet, d'après l'abbé d'Usperg, « à cette époque le pape Innocent vint trouver Lothaire et lui demander son appui contre Pierre de Léon et ses partisans: » Il est à croire qu'en réponse l'empereur réclama du Pape le droit d'investitures ecclésiastiques, tel que ses prédécesseurs l'avaient possédé longtemps avant lui. Le souverain Pontife fut vivement contrarié de ces exigences; il était fâché d'être venu trouver l'empereur, et ne savait comment il s'en retournerait, car il ne pouvait acquiescer au désir de Lothaire. sur ce point qui avait été pour l'Eglise une cause de tant de maux. Cependant, aidé des conseils et des prières de saint Bernard, le, Pontife se retira sans être inquiété. Othon de Frisingen, livre VII, chap. XVIII, dit à peu près la même chose, mais en termes moins précis. (Note de Picard.)

129. Contre les perturbateurs de l'Eglise d'Orléans, que nous font connaître quelques lettres publiées par notre Acher dans le Spicilége, tome III. En premier lieu, une lettre d’Archambaud, sous-doyen de l'église d'Orléans, à l'archevêque de Sens, Henri, nous montre le premier auteur de ces troubles dans un certain Jean d'Orléans, qui plus tard fit tuer Archambaud, Spicil. 161. Cet homme, intrus dans la charge d'archidiacre, rencontra une vive opposition de la part d'Archambaud et de quelques autres ecclésiastiques; aidé de ses partisans Barthélemy Capicer, l'archidiacre Zacharie Païen, Jacques, sous-diacre de, Saint-Aignan, etc., il leur fit souffrir les plus grandes injustices et les dépouilla de presque tous leurs biens. Aussi, en terminant sa lettre, Archambaud prie-t-il l'archevêque Henri, auquel il s'était adressé, parce quo le siège d'Orléans était vacant, « de lui rendre pleine et entière justice contre ses oppresseurs, de faire fermer ou d'interdire l'église qu'il avait polluée par l'effusion du sang et souillée d'une foule de sacrilèges, et de punir sans retard une injustice qui retombait sur le Pape lui-même. » On voit aussi dans le même recueil une lettre que Geoffroy, évêque de Chartres, écrivit sur le même sujet à l'archevêque Henri. Peut-être l’intrus Jean tenait-il son titre de l'autorité du roi; mais enfin le pape Innocent, prenant en main la défense des opprimés, confia l'examen et le soin de cette affaire au légat du saint Siège, Geoffroy, l'évêque de Chartres dont nous avons parlé plus haut. Mais comme les choses traînaient un peu trop en longueur, il lui adressa ce rescrit : Innocent, évêque, serviteur des serviteurs de Dieu, à ses vénérables frères Geoffroy, évêque de Chartres, légat du saint Siège, et Etienne, évêque de Paris, salut et bénédiction apostolique.

« Votre Fraternité sait que nous avons remis à votre appréciation et à votre jugement la connaissance des dommages et des injustices que nos chers fils Archambaud, sous-doyen d'Orléans, maître G. et leurs compagnons ont eu à souffrir, avec mission de les rétablir dans les titres et dignités dont ils ont été dépouillés. Informé que cela n'a point été fait, nous mandons et ordonnons à Votre Charité que de même que vous avez bien commencé, vous continuiez au nom du Seigneur et meniez cette affaire à bonne fin. Donné à Plaisance le 5 de novembre l'an 1132.»

130. Une autre lettre du même pape Innocent, que j'ai extraite du Cartulaire de l'Église d'Orléans, nous fait connaître la suite de cette affaire.

Innocent, évêque, serviteur des serviteurs de Dieu, à ses vénérables frères Geoffroy, évêque de Chartres, légat du saint Siège apostolique, et Etienne, évêque de Paris, salut et bénédiction apostolique.

« Votre Charité saura que Geoffroy de Neuvy s'est présenté dernièrement devant nous et nos frères, s'engageant par serment à faire, sous la réserve de la fidélité qu'il doit à notre très-cher fils le roi de France Louis, hommage-lige à nos chers fils le sous-doyen Saint, au prévôt Sy, et aux autres parents et neveux d’Archambaud de bonne mémoire, sous-doyen d'Orléans, qui voudront bien recevoir son serment.

« Il engage par serment sa vie, ses membres et ses biens, à eux ainsi qu'à tous ceux qui ont été en exil avec le défunt, et de plus les membres les plus importants de sa famille prendront le même engagement que lui. Il est convenu encore qu'il fera tous ses efforts pour déterminer Henri à prêter le même serment et à agir comme lui, et que l'un et l'autre feront pleine satisfaction à l'Eglise d'Orléans qu'ils ont gravement offensée. En outre, Hervé de Neuvy, Hugues, son neveu , Thihauld, neveu d'Hervé, cent hommes d'armes avec lui, et cent quarante des meilleurs bourgeois d'Orléans qu'ils pourront trouver, feront hommage-lige avec lui aux susdits parents du sous-doyen Archambaud. Si Henri se refuse à faire ce serment, le susdit Geoffroy ne le fera pas moins en ce qui le concerne. Puis, le jour de la Toussaint prochaine, ils se présenteront devant nous pour recevoir la pénitence que nous jugerons à propos de leur imposer et s'entendre absoudre de l'excommunication. Enfin les susdits sous-doyen Saint et le prévôt Sy ont pardonné audit Geoffroy en présence de nos frères et pour l'amour de Dieu, la mort dudit Archambaud de bonne mémoire, et sont disposés à donner le même pardon à tous les hommes d'armes qui ont contribué à la mort du sous-doyen, s'ils donnent satisfaction tant à l'église d'Orléans qu'aux parents du défunt. Cependant tous les meurtriers seront en pénitence hors de l'église; mais si l'un d'eux tombe en danger de mort on ne lui refusera ni l'absolution de l'excommunication ni le saint Viatique, Nous voulons encore que l'église d'Orléans ne soit plus interdite désormais pendant l'office divin à ceux qui auraient fait la satisfaction exigée. Si quelques-uns des meurtriers se refusent à donner cette satisfaction, nous voulons qu'aussi longtemps qu'ils demeureront dans le diocèse d'Orléans, en pays du domaine royal de notre cher fils Louis, roi de France, la ville entière et l'archidiaconé de Saint-de-Garlande soient frappés d'interdit jusqu’à ce qu'ils aient complètement satisfait, Nous enjoignons donc à votre sollicitude, comme elle connaît mieux que nous l'état du pays, de pourvoir en notre place à l'absolution de l'église mise en interdit, quand la réparation aura été convenable. Donné à Pise le 8 janvier.

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