PURIFICATION I
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PREMIER SERMON POUR LE JOUR DE LA PURIFICATION DE LA SAINTE VIERGE MARIE. Des trois miséricordes.

1. Aujourd'hui, une vierge mère porte le Seigneur du temple dans le temple du Seigneur, et Joseph vient offrir à Dieu, non pas son fils à lui Joseph, mais le Fils même de Dieu, en qui le Père a mis toutes ses complaisances. Siméon, le juste, reconnaît celui qu'il attendait, Anne; la veuve, le confesse. Ces quatre personnages sont les premiers qui ont célébré, en ce jour, une procession qui devait ensuite être l'objet d'une fête joyeuse, fête pour tous les peuples de la terre, et dans tous les endroits du monde. Ne vous étonnez point si cette procession fut petite, Celui qui en était l'objet était si petit lui-même! Mais, dans ses rangs, il n'y avait point de place pour un seul pécheur, ceux qui la composaient étaient tous justes, saints et parfaits. Mais Seigneur, ne sauverez-vous que ceux-là? Vous grandirez et votre compassion grandira aussi, et, quand votre miséricorde se sera multipliée, vous ne sauverez pas seulement les hommes, Seigneur Dieu, vous sauverez les animaux même. Dans une seconde procession, le Sauveur marche précédé et suivi de la foule, mais alors ce n'est plus une vierge, c'est un âne qui le porte. Il ne dédaigne donc personne, pas même ceux qui se sont corrompus, comme les animaux qui pourrissent dans leurs propres ordures (Joel. I, 17) ; non, il ne rejette personne, mais à condition qu'on ait les vêtements des apôtres, qu'on soit imbu de leur doctrine; si on est de moeurs pures, si à l'obéissance on joint la charité, qui couvre une multitude de péchés, alors on sera jugé digne de l'honneur de suivre sa procession. Je vais plus loin et je trouve que cette procession même, où il semble n'avoir admis qu'un si petit nombre de personnes, nous est réservée, à nous aussi. Et pourquoi n'aurait-il pas réservé, pour la postérité, cet honneur qu'il a accordé à nos devanciers ?

2. David, le Roi prophète, a désiré avec ardeur de voir ce jour, et il l'a vu, et il en a été comblé de joie (Joan. VIII, 56) ; car s'il ne l'avait point vu, comment aurait-il pu dire dans ses chants: « Nous avons reçu, ô mon Dieu, votre miséricorde au milieu de votre temple (Psal. XLVII, 8). » Cette miséricorde du Seigneur, David l'a reçue, Siméon l'a reçue, nous-mêmes et quiconque est prédestiné à la vie éternelle l'avons reçue; puisque Jésus était hier, est aujourd'hui et sera demain (Hébr. XIII, 8). De plus, ce n'est pas dans un angle, mais au milieu même du temple qu'elle se trouve, attendu qu'il n'y a en Dieu acception de personne. Elle est donc placée en commun, elle est offerte à tous les hommes, et nul n'en est privé que celui qui refuse d'en prendre sa part. Les eaux de votre miséricorde se répandent au dehors, Seigneur mon Dieu, la source ne vous en appartiendra pas moins à vous seul et les étrangers ne pourront y puiser pour en. boire (Prov., 16 et 17). Quiconque est vôtre ne connaîtra point la mort qu'il n'ait vu l'oint du Seigneur auparavant, afin qu'il meure en paix et en sûreté. Et pourquoi ne mourrait-il pas en paix celui qui a l'oint du Seigneur dans son coeur ? N'est-il pas lui-même votre paix, lui qui par la foi habite dans nos âmes ? Mais toi, ô âme malheureuse, toi qui ne connais point Jésus pour t'indiquer la voie, comment pourras-tu sortir de ce monde ? Car il y en a qui ne connaissent point Dieu. D'où cela vient-il ? De ce que la lumière étant venue dans le monde, les hommes ont préféré les ténèbres à la lumière. L'Évangéliste dit en effet : « La lumière luit dans les ténèbres, et les ténèbres ne l'ont point comprise (Joan. 1, 5). » C'est comme s'il avait dit : Les eaux de votre miséricorde se répandent sur les places publiques, mais nul étranger n'en boit; ainsi votre miséricorde est au milieu du temple, mais aucun de ceux qu'attend la damnation éternelle n'en approche. O malheureux hommes, au milieu de vous est Celui que vous ne connaissez pas, et parce que vous mourrez avant d'avoir vu l'oint du Seigneur, vous ne sauriez vous en aller en paix, vous serez, au contraire, entraînés avec violence par des lions rugissants et tout prêts à vous dévorer.

3. « Seigneur Dieu, nous avons reçu votre miséricorde au milieu de votre temple (Psal. XLVII, 10. » Quelle parole de reconnaissance, différente de ce gémissement : « Votre miséricorde, ô mon Dieu, est dans le Ciel, et votre vérité s'élève jusqu'aux nues (Psal. XXXV, 6)! » Eh quoi, en effet, trouvez-vous que la miséricorde était au milieu du temple, lorsqu'elle ne se rencontrait qu'au milieu des seuls esprits célestes ? Mais lorsque le Christ se fut abaissé un peu au dessous des anges, et se fut fait médiateur entre les hommes et Dieu, et que, par son sang; il pacifia et réunit ensemble, comme la pierre angulaire, les choses du Ciel et celles de la terre, on peut dire que c'est alors que nous avons reçu votre miséricorde, ô mon Dieu, au milieu de votre temple. Nous étions auparavant des enfants de colère, mais nous avons obtenu miséricorde. Comment étions-nous enfants de colère, et quelle miséricorde avons-nous reçue ? Nous étions des enfants d'ignorance, de lâcheté et de servitude, et la miséricorde que nous avons reçue est une miséricorde de sagesse, de force et de rédemption. L'ignorance de la première femme que le serpent avait séduite, nous avait aveuglés; la mollesse du premier homme attiré, entraîné par sa propre concupiscence, nous avait énervés ; la malice du démon à laquelle Dieu nous avait justement exposés, nous avait réduits en esclavage. Voilà dans quel état nous venons tous au monde. Aussi, en premier lieu, nous ignorons complètement la voie qui conduit à la sainte cité qui doit être notre séjour; puis, nous sommes si faibles et si lâches, que connussions-nous le chemin qui mène à la vie, nous serions retenus en place et empêchés de le suivre par notre propre lâcheté. Enfin, nous sommes réduits en esclavage par un tyran si mauvais et si cruel, que, quand même nous connaîtrions et pourrions parcourir la voie de la vie, nous en serions empêchés par le poids accablant de notre malheureuse servitude. Ne vous semble-t-il point qu'une pareille misère a besoin d'une compassion, et d'une miséricorde excessives? Mais si nous avons déjà été sauvés de cette triple colère par Jésus-Christ qui nous a été donné (le Dieu son père, pour être notre sagesse, notre justice, notre sanctification et notre rédemption (I Car. I, 30), quelle ne doit pas être notre vigilance, mes frères bien-aimés, pour que notre fin ne devienne pas pire que notre commencement? Dieu nous préserve de ce malheur, parce que nous retomberions dans la colère, et redeviendrions ainsi des enfants de colère, non plus seulement par un effet de notre nature, mais par suite de notre propre volonté !

4. Embrassons donc. la miséricorde que nous avons reçue au milieu du temple, et ne nous éloignons pas plus du temple que la bienheureuse Anne ne s'en éloignait elle-même. « Car le temple de Dieu est saint, mais ce temple n'est autre que vous-même ( I Cor. III, 17), » dit l'Apôtre. Par conséquent, cette miséricorde n'est pas loin de. vous, la parole de Dieu n'est point éloignée de vous, elle est dans votre bouche, dans votre cœur (Rom. X, 8). D'ailleurs, le Christ habite dans vos coeurs par la foi, voilà quel est son temple, quel est son trône; car je ne pense pas que vous ayez oublié ces paroles . « L'âme du juste est le trône de la sagesse (a). » Aussi, s'il est une chose que je veux rappeler souvent à mes frères, que je veux leur rappeler toujours, et que je leur demande aujourd'hui avec instance, c'est que, dans cette chair, nous ne vivions point selon la chair, si nous ne voulons point déplaire à Dieu. Ne soyons pas amis de ce siècle, si nous ne voulons être ennemis de Dieu. Résistons aussi au diable, et il s'éloignera de nous, il nous laissera marcher librement selon l'esprit, et vivre dans notre coeur. Aussi bien, le corps qui se corrompt appesantit, énerve et effémine l'âme, et cette habitation de boue accable l'esprit par la multitude de soins dont elle l'occupe, et l'empêche de s'élever aux choses du ciel (Sap. IX, 15). Voilà pourquoi la sagesse de ce monde est appelée folie auprès de Dieu, et celui qui se laisse vaincre par le malin lui est abandonné en esclavage. Or, c'est dans le cœur que nous recevons la miséricorde, c'est dans le cœur que Jésus-Christ habite, c'est dans le cœur enfin qu'il parle de paix à sort peuple, à ses saints, à ceux, en un mot, qui rentrent dans leur coeur.

a Cette phrase est citée comme étant de l'Ecriture sainte par plusieurs Pères, et entre autres par saint Grégoire-le-Grand. Nous la retrouverons encore sous la plume de saint Bernard, dans son sermon XXVII sur le Cantique des cantiques, où on peut consulter les notes dont elle a été l'occasion pour Horstius.

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