SERMON XXVII
Précédente ] Accueil ] Remonter ] Suivante ]

Accueil
Remonter
MABILLON
SERMON I
SERMON II
SERMON III
SERMON IV
SERMON V
SERMON VI
SERMON VII
SERMON VIII
SERMON IX
SERMON X
SERMON XI
SERMON XII
SERMON XIII
SERMON XIV
SERMON XV
SERMON XVI
SERMON XVII
SERMON XVIII
SERMON XIX
SERMON XX
SERMON XXI
SERMON XXII
SERMON XXIII
SERMON XXIV
SERMON XXV
SERMON XXVI
SERMON XXVII
SERMON XXVIII
SERMON XXIX
SERMON XXX
SERMON XXXI
SERMON XXXII
SERMON XXXIII
SERMON XXXIV
SERMON XXXV
SERMON XXXVI
SERMON XXXVII
SERMON XXXVIII
SERMON XXXIX
SERMON XL
SERMON XLI
SERMON XLII
SERMON XLIII
SERMON XLIV
SERMON XLV
SERMON XLVI
SERMON XLVII
SERMON XLVIII
SERMON XLIX
SERMON L
SERMON LI
SERMON LII
SERMON LIII
SERMON LIV
SERMON LV
SERMON LVI
SERMON LVII
SERMON LVIII
SERMON LIX
SERMON LX
SERMON LXI
SERMON LXII
SERMON LXIII
SERMON LXIV
LETTRE D'EVERVIN
SERMON LXV
SERMON LXVI
SERMON LXVII
SERMON LXVIII
SERMON LXIX
SERMON LXX
SERMON LXXI
SERMON LXXII
SERMON LXXIII
SERMON LXXIV
SERMON LXXV
SERMON LXXVI
SERMON LXXVII
SERMON LXXVIII
SERMON LXXIX
SERMON LXXX
SERMON LXXXI
SERMON LXXXII
SERMON LXXXIII
SERMON LXXXIV
SERMON LXXXV
SERMON LXXXVI

SERMON XXVII. De la parure de l'Épouse : en quel sens l’âme sainte est appelée ciel.

1. Après avoir rendu les devoirs de l'humanité à notre ami, qui est retourné dans sa patrie, je reviens, mes frères, aux discours d'édification que j'avais interrompus; car il n'est pas à propos de pleurer plus longtemps celui qui est dans la joie, et il n'est pas juste de troubler par les larmes l'allégresse de celui qui est assis à la table d'un banquet. Et, bien qu'en le pleurant, nous déplorions notre propre malheur, encore y faut-il apporter quelque modération, de peur qu'il ne semble que ce n'est pas tant sa perte que les avantages dont sa perte nous a privés que nous pleurons. Que la joie qui comble notre bien-aimé doit tempérer l'excès de notre tristesse, et la pensée qu'il est avec Dieu servira à nous faire supporter plus patiemment de ne l'avoir plus avec nous. Aussi, plein de confiance en vos prières, je veux voue découvrir, si je puis, tout ce que je sens caché sous les tentes auxquelles est comparée la beauté de l'Épouse. Nous en avons touché quelque chose, si vous vous en souvenez, mais nous ne l'avons pas examiné à fond. Nous avons dit et fait voir seulement qu'elle est noire ainsi que les tentes de Cédar. Comment donc est-elle « belle comme les tentes de Salomon? » Comme si Salomon dans toute sa gloire; avait rien eu qui fût digne de la beauté de l'Épouse, et,de 1a magnificence de sa parure. Si nous disions que ces tentes signifient plutôt le teint basané, que la beauté de l'Épouse, de même que celles de Cédar, peut-être serait-ce plus juste, et ne manquerions-nous pas de raisons pour en faire voir les rapports, comme nous le ferons dans la suite. Mais pour prétendre comparer des tentes, quelque belles et superbes qu'elles puissent être, à l'état brillant de l'Épouse, nous avons besoin du secours de celui à la porte de qui vous avez frappé, afin de pouvoir dignement découvrir un si grand mystère. Car des beautés les plus grandes qui frappent les sens, qu’y a-t-il qui ne paraisse vil et difforme à un juge équitable, si on le compare à la beauté intérieure d'une âme sainte ? Qu'y a-t-il, dis-je, de si excellent dans la figure passagère de ce monde, comme parle l'Apôtre, qui puisse égaler l'excellence d'une âme dépouillée de la vieillesse de l'homme terrestre, revêtue de la beauté de l'homme céleste, ornée de vertus comme de riches perles, plus pure et plus élevée que l'air, et plus brillante que le soleil ? Ne regardez donc point Salomon, lorsque vous voulez savoir à quelles tentes l'Épouse se glorifie d'être semblable en beauté.

2. Que veut-elle donc dire par ces mots : « Je. suis belle comme les tentes de Salomon (Cant. I, 4) ?Ces paroles renferment un grand et merveilleux mystère, si toutefois nous ne les entendons pas de Salomon, mais de celui dont il est dit : « Celui-ci est plus que Salomon (Matth. XII, 42). » Il est si bien le véritable Salomon, qu'il est appelé non-seulement pacifique, ce que signifie Salomon en Hébreu, mais la paix même, suivant ce mot de Saint Paul, « il est notre paix (Ephes. III, 14). » Je ne doute point qu'on ne puisse trouver dans ce Salomon quelque chose, que je ne ferais point de difficulté de comparer à la beauté de l'Épouse. Et avant tout, remarquez ce qui est dit dans le psaume au sujet de ses tentes : « Il étend, dit-il, le ciel comme une tente (Psal. CIII, 3). » Ce n'est pas sans doute Salomon, si sage et si puissant qu'il soit, qui étend le ciel comme une tente, mais plutôt Celui qui non seulement est sage, mais la sagesse même; oui, c'est lui qui l'a étendu et qui l'a créé. Car c'est celui-ci, non le premier Salomon, qui a dit : «Quand il, c'est-à-dire Dieu le Père, préparait les cieux, j'étais présent (Prov. VIII, 27). » Il n'y a point de doute que sa vertu ou sa sagesse ne fût présente, lorsqu'il préparait les cieux. Et ne croyez pas qu'elle fût oisive, qu'elle se contentât de regarder ce qui se passait, parce qu'elle a dit qu'elle était présente,non point qu'elle les préparait aussi. Regardez la suite, et vous verrez qu'elle dit clairement « qu'elle réglait et disposait toutes choses avec lui (Ibid. 30).» Et n'est-ce pas elle-même qui dit encore ailleurs : « Tout ce que fait le Père, le Fils le fait aussi (Joan. V, 19). » C'est donc lui aussi qui a étendu le ciel comme une tente. Belle tente, que ce grand pavillon qui couvre la face de la terre, et réjouit les yeux des hommes par l'éclat et la diversité de ses lumières, du soleil, de la lune et des étoiles! Qu'y a-t-il de plus beau que cette tente? Qu'y a-t-il de plus paré que le ciel ? Néanmoins il ne mérite pas encore d'être comparé sous aucun rapport à la gloire et à la beauté de l'Épouse, quand il n'y aurait que parce que sa figure passe, ainsi que celle de tout le monde, comme étant corporelle et accessible aux sens du corps. Car les choses qui se voient ne sont que pour un temps, mais celles qui ne se voient point dureront toujours.

3. La beauté de l'Épouse est intellectuelle, elle est spirituelle et éternelle, parce que c'est l'image de l'éternité. Sa beauté, par exemple, c'est la charité (I Cor. XIII, 8) ; or, nous savons que la charité ne se perd jamais. C'est aussi la justice, « or, la justice, dit le Prophète, demeurera éternellement (Psal. CXI, 3). » C'est encore la patience; or ne lisez-vous pas que « la patience des pauvres ne périra jamais (Psal. XVIII, 10) ? » Que dirais-je de la pauvreté volontaire et de l'humilité ? L'une n'a-t-elle pas pour récompense un royaume éternel, et l'autre une gloire qui n'aura pas de fin? il en est de même de la crainte du Seigneur, elle est sainte, et subsiste dans tous les siècles (Psal. XVIII, 10.) Il en faut dire autant de la prudence, de la tempérance, de la générosité et de toutes les autres vertus; ne sont-ce pas, en effet, comme autant de perles qui ornent l'Épouse, et qui brillent d'un éclat perpétuel? Je dis perpétuel, parce qu'elles sont la base et le fondement de l'immortalité. Car il n'y a pas de place dans l'âme pour la vie immortelle et bienheureuse, sinon par le moyen et l'interposition des vertus. C'est ce qui fait que le Prophète dit à Dieu, qui, nui n'en doute, est la vie bienheureuse : « La justice et l'équité sont les bases de votre trône (Psal. LXXXVIII, 15). » L'Apôtre dit aussi « que Jésus-Christ habite dans nos coeurs;non pas de toutes sortes de manières, mais, il dit expressément, par la foi (Ephes. V, 17). » De même, lorsque le Seigneur voulut s'asseoir sur l'âne, les disciples mirent leurs habits sous lui, pour montrer que le Sauveur ou le salut ne peut reposer sur une âme nue, c'est-à-dire non revêtue de la doctrine et des vertus des apôtres. C'est pourquoi l'Église, qui a les promesses de la félicité à venir, a soin cependant de se parer et de s'orner d'une robe de broderie d'or semée de grâces et de vertus (Psal. XLIV, 10), comme de diverses fleurs, afin d'être trouvée digne et capable de recevoir la plénitude la grâce.

4. Comment pourrait-on comparer en beauté ce ciel visible et corporel, quoique très-beau en son genre, et orné d'une agréable diversité d'étoiles, à cette autre diversité spirituelle et si excellente, qui brille dans la robe de sainteté que l'Épouse a reçue ici-bas? Mais il y a un ciel du ciel dont parle le Prophète, lorsqu'il dit : « Chantez des cantiques à la gloire du Seigneur qui monte sur le ciel du ciel vers l'orient (Psal. LXVII, 33). » Ce ciel est intellectuel et spirituel, et celui qui a fait les cieux par son entendement, a aussi créé celui-là, et l'a établi pour demeurer éternellement; et c'est ce ciel qui est le lieu où- il habite. Ne croyez pas que le zèle de l'Épouse demeure au dessous de ce ciel, où elle sait qu'habite son bien-aimé. Car son coeur est où est son trésor. (Matth. VI, 21). Elle est saintement jalouse de ceux qui sont devant cette face adorable, après laquelle elle soupire, et à qui elle ne peut pas encore être associée dans cette vue bienheureuse . elle s'efforce de rendre sa vie conforme à la leur, en criant plutôt par ses vertus que par ses paroles : « Seigneur, j'aime passionnément la beauté de votre maison et le lieu où réside votre gloire (Psal. XXV, 8). »

5. Elle ne croit point indigne d'elle d'être comparée à ce ciel, à celui qui est étendu comme des tentes, sinon quant aux lieux qu'il occupe dans l’espace, du moins quant à l'ardeur et su zèle des âmes. Ce ciel-là est semé d'ouvrages admirables et divers, faits de la main d'un excellent ouvrier. Et ce qui les distingue les uns des autres, ce ne sont pas les couleurs, mais les différents degrés de béatitude dont ils sont remplis (a). Car les uns ont été par lui créés Anges; les autres Archanges, les autres Vertus, Dominations, Principautés, Puissances, Trônes, Chérubins et Séraphins. Voilà les étoiles qui ornent ce ciel. Voilà les peintures qui embellissent cette tente. C'est là une des tentes de mon Salomon, et la principale de toutes celles que parent tant de différents états de gloire. Or, cette grande tente en contient beaucoup- d'autres du même Salomon parce que chaque bienheureux et chaque saint qui s'y trouves est une tente de ce roi. Car la douceur et la charité les étend, pour ainsi dire, en sorte qu'ils atteignent jusqu'à nous, et, loin de nous envier la gloire dont ils jouissent, ils nous la souhaitent au contraire. Et quelques-uns même d'entre eux ne dédaignent pas, pour ce sujet, de demeurer avec nous, d'être assidus auprès de nous, et de prendre le soin de notre conduite; et ceux-là sont envoyés de Dieu pour nous garder et pour contribuer, par leur assistance, au salut de ceux qui doivent participer à l'héritage éternel (Heb. I,14). C'est pourquoi, comme toute cette multitude de bienheureux prise ensemble, est. appelée « le ciel du ciel, n chacun de ceux qui, la composent sont aussi appelés « cieux des cieux, » parce qu'en effet, ils sont tous des cieux, et, c'est de chacun d'eux qu'il est dit . « Il étend le ciel comme une tente (Psal. CIII, 24). » Je crois que vous entendez bien, maintenant, quelles sont ces tentes auxquelles l'Épouse se glorifie de ressembler, et à quel Salomon elles appartiennent.

6. Contemplez maintenant la gloire de celle qui se compare au ciel, et à un ciel d'autant plus glorieux qu'il est plus divin. C'est avec beaucoup de justice qu'elle prend un point de comparaison pour elle,

a Tous nos manuscrits offrent ici des variantes qui font dire à saint Bernard : « ce qui les distingue les uns des autres, ce ne sont point les couleurs; » celui de Jumièges porte : « Ce ne sont pas les lieux. » Les éditions donnent notre version.

Là d'où elle tire son origine (a). Car, si à cause du corps qu'elle tient de la terre, elle se compare aux tentes de Cédas, pourquoi ne se glorifierait-elle pas aussi d'être semblable au ciel, puisque son âme est originaire du ciel; surtout quand sa vie rend témoignage de son origine, de la noblesse de sa nature et de sa patrie? Elle adore un seul Dieu et lui rend ses hommages comme les anges; elle aime comme eux Jésus-Christ par dessus tout; elle est chaste comme eux, et, à la différence des anges, elle l'est dans une chair de péché et dans un corps fragile; enfin elle cherche et goûte les choses qui sont chez eux, non celles qui sont sur la terre. Quelle marque plus évidente d'une origine céleste, que de conserver une ressemblance si parfaite avec ces esprits angéliques, dans une région si différente de la leur, que de voir une personne bannie du ciel acquérir ici-bas la gloire d'une vie aussi pure que celle que l'on mène là-haut, et vivre comme un ange dans un corps presque de bête? Ces merveilles ont quelque chose de céleste, non de terrestre, et montrent bien clairement que l'âme qui peut de si grandes choses, tire véritablement sa naissance du ciel. Écoutez néanmoins quelque chose de plus formel : « J'ai vu, dit saint Jean, la ville sainte, la nouvelle Jérusalem, qui descendait du ciel, et que Dieu avait parée aussi magnifiquement qu'une Épouse l'est pour son Époux (Apoc. XXI, 2 et 3); » puis il ajoute : « Et j'ai oui une voix éclatante qui sortait du trône et qui disait : voici le tabernacle de Dieu parmi les hommes. et il habitera avec eux. Pourquoi? sinon pour se choisir une Épouse d'entre les hommes. Chose étrange. Il venait vers une Épouse, et ne venais. pas sans Épouse. Il cherchait une Épouse, et il avait une Épouse avec lui. Est-ce qu'il avait deux Épouses? Gardons-nous bien de le croire. Car, comme il dit : « Ma colombe est unique (Cant. VI, 8). » Mais, comme de différents troupeaux de brebis, il a voulu n'en faire qu'uns afin qu'il n'y eût qu'un troupeau et qu'un pasteur (Joan. x,16); ainsi, ayant dés le commencement du monde une Épouse qui lui était étroitement unie, je veux parler de la multitude de ses anges; il lui a plu d'assembler une Église tirée des hommes, et de la joindre à celle qui est céleste, afin qu'il n'y eût qu'une Épouse et qu'un Époux. L'une a été perfectionnée, non multipliée, par l'adjonction de l'autre, et elle reconnaît que c'est d'elle qu'il est dit : « Ma parfaite est unique (Cant. VI, 8). » Or, c'est leur conformité qui n'en fait qu'une des deux. Et si pour le moment il n'y a conformité que dans la ferveur d'un même zèle, un jour il y aura conformité de jouissance de gloire.

7. Ainsi, l'Époux, qui est Jésus-Christ, et l'Épouse, qui est Jérusalem, tirent également leur origine du ciel. Quant à l'Époux, afin de se rendre visible, il s'est anéanti lui-même, en prenant la forme d'un esclave, en se rendant semblable aux hommes, et en se revêtant de leur nature (Phil. II, 7).

a Ici encore nous retrouvons le fongueux Bérenger pour reprocher à saint Bernard de prétendre que les âmes tirent leur origine des cieux, en ce sens qu'elles ont été créées de Dieu et envoyées dans leur corps, au lien d'avoir été tirées de la terre. Nous reviendrons dans d'autres notes sur et sujet.

Mais en quelle forme pensez-vous qui ait été vue l'Épouse, lorsqu'elle est descendue du ciel? Croyez-vous que ce soit au milieu des anges que l'apôtre saint Jean, voyait descendre et monter sur le fils de l'homme. (Joan. II, 31). Il vaut mieux dire qui il a vu l'Épouse, lorsqu'il a vu le Verbe revêtu de chair et reconnu ainsi deux natures en une même chair. Car lorsque ce bienheureux Emmanuel a apporté en terre les règles d'une discipline toute céleste, lorsque l'image visible et l'éclat de la beauté de Jérusalem immortelle, notre mère, imprimée en lui, nous a été découverte par lui; qu'avons-nous vu autre chose que l'Épouse dans l'Époux, et admiré en un seul et même Seigneur de gloire, l'Époux orné de sa couronne, l'Épouse parée de ses perles et de ses colliers? C'est donc celui qui est descendu qui est aussi monté ; car personne ne monte au ciel que celui qui en est descendu; c'est-à-dire le seul et même Seigneur, Époux dans le chef, Épouse dans le corps. Et ce n'est pas en vain que cet homme céleste a paru dans la terre, puisqu'il a fait célestes comme lui plusieurs qui étaient terrestres auparavant; en sorte que cette parole de l'Apôtre se justifiât : « Tel l'homme céleste, tels aussi ceux qu'il a rendus semblables à lui (I Cor. XV, 48). » On commence donc déjà à mener sur terre la vie qu'on mène dans le ciel, lorsqu'à l'exemple de la créature spirituelle et bienheureuse, celle qui vient des extrémités de la terre pour entendre la sagesse de Salomon, est aussi attachée par un chaste amour à son Époux céleste, et quoiqu'elle ne lui soit pas encore unie comme celle-là, par une conformité parfaite, elle est pourtant son épouse par la foi, suivant cette promesse de Dieu qui dit par le Prophète : « Je vous ferai mon épouse par ma miséricorde et par ma bonté, je vous épouserai par la foi (Osée II, 19). » C'est ce qui fait qu'elle tâche à se conformer le plus qu'elle peut à cette beauté qui est venue du ciel, en apprenant d'elle à être modeste et sobre, à être chaste et sainte, patiente et compatissante, douce et humble de coeur. Et c'est par ces vertus qu'elle s'efforce, tout éloignée qu'elle est, de plaire à celui que les anges désirent contempler sans cesse, afin qu'étant brûlée du même désir qui enflamme ces esprits bienheureux, elle fasse connaître qu'elle est concitoyenne des saints et domestique de Dieu, qu'elle est sa bien-aimée et son Épouse.

8. Selon moi toute âme qui est telle, peut être à bon droit appelée, non-seulement céleste, à cause de son origine, mais le ciel même, à cause de sa ressemblance. Et c'est alors qu'elle fait voir manifestement qu'elle tire son origine des cieux; quand. sa vie est toute dans les cieux. Une âme sainte est donc un ciel, et le « soleil » de ce ciel, c'est l'entendement; sa « lune » est la foi; et ses « astres, » les vertus. Ou bien le « soleil, » c'est le zèle de la justice, ou une ardente charité ; et la « lune, » c'est la continence. Car de même que la lune dit-on, n'a de lumière que du soleil, ainsi la continence n'a de mérite que de la charité et de la justice. Et c'est ce qui fait dire au Sage : « Qu'une race qui joint la continence à la charité est belle et illustre ! » Et pour les « étoiles » de ce ciel, je ne me repens point d'avoir dit que ce sont les vertus, quand je considère la convenance et le rapport qu'elles ont entr'elles. Car de même que les étoiles brillent la nuit, et sont cachées le jour, ainsi la vraie vertu qui souvent ne paraît point dans la prospérité, éclate dans l'adversité. C'est une prudence de la cacher dans l'une, c'est une nécessité qu'elle paraisse dans l'autre. La vertu est donc un astre, et l'homme vertueux est un ciel; si ce n'est peut-être que quelqu'un croie, que lorsque Dieu a dit par le Prophète : « Le ciel est mon trône (Isa. LXVI, 1), » il faille entendre ce ciel visible qui roule sur nous, non point celui dont l'Écriture parle ailleurs en termes plus clairs, quand elle dit que l'âme du juste est le trône de la Sagesse (a). Mais celui qui a appris du Sauveur, que Dieu est esprit, et qu'il doit être adoré en esprit (Joan. IV, 24), » n'hésite point de lui assigner l'esprit pour trône. Pour moi, je le dirai hardiment,- et je ne le dirai pas moins de l'esprit de l'homme juste, que de l'ange; et ce qui me confirme par dessus tout dans cette opinion, c'est cette promesse fidèle du Fils de Dieu « Mon Père et moi, nous viendrons à lui, c'est-à-dire, à l'homme de bien, et nous ferons notre demeure en lui (Joan. XIV, 73). » Je pense aussi que le Prophète n'a point entendu parler d'un autre ciel, lorsqu'il a dit : « Mais vous qui êtes le sujet des louanges d'Israël, vous habitez dans les Saints (Psal. XXI, 4). » L'Apôtre dit encore clairement : « Jésus-Christ habite par la foi dans nos coeurs (Ephes. III, 47). »

9. Et ce n'est pas étonnant que le Seigneur Jésus habite volontiers dans ce ciel, puisqu'il ne l'a pas crée comme les autres d'une seule parole, mais qu'il a combattu pour l'acquérir, et qu'il est mort pour le racheter. Aussi après l'avoir conquis selon ses désirs après beaucoup de travaux, il dit : «C'est là que j'établirai pour jamais le lieu de mon repos; c'est là que je ferai ma demeure, parce que je l'ai ainsi souhaité. » Bienheureuse aussi est celle à qui on dit : « Venez, vous que je me suis choisie, je mettrai mon trône en vous. Pourquoi; ô mon âme, êtes vous triste maintenant, et pourquoi me troublez-vous? Pensez-vous aussi trouver en vous un lieu pour le Seigneur? Et quel lieu peut-il y avoir en moi de capable d'une si grande gloire, et qui suffise pour recevoir. une si haute Majesté ? Plût à Dieu que je fusse digne seulement de l'adorer dans le lieu qu'il a consacré par la trace de ses pas. Qui m'accordera la grâce de pouvoir au moins suivre les vestiges de quelque âme sainte, qu'il a choisie pour en faire sa demeure ? Toutefois s'il daignait aussi répandre dans mon âme l'onction de sa miséricorde, et

a Ce même passage est déjà cité dans le premier sermon pour la Purification, n.4, dans le cinquième sermon sur les paroles d'Isaïe, n. 5, et enfin dans le vingt-cinquième des petits sermons, n. 6. D'autres Pères, sans compter saint Bernard, tels que saint Augustin et saint Grégoire le Grand le citent aussi comme tiré des Écritures. Plusieurs auteurs rapportent à ce texte ce passage des Proverbes : . La vie se troue dans le chemin de la justice (Prov. XII, 28), s d'autres pensent que le texte de saint Bernard n'est autre que ce passage de la Sagesse : « J'ai invoqué le Seigneur, et l'esprit de Sagesse est venu en moi (Sap. VII, 7). » C'est l'opinion de Horatius comme on peut le voir dans les notes. Saint Grégoire le Grand, dans son Homélie XXXVIII sur les Évangiles, attribue ce passage à Salomon.

l'étendre ainsi, comme une tente qui s'étend davantage lorsqu'on la frotte de quelque liqueur, en sorte que je puisse dire : « J'ai couru dans la voie de vos commandements, lorsque vous avez étendu mon coeur (Psal. CXVIII, 32) ? » Peut-être pourrais-je aussi montrer en moi un Cénacle assez grand sinon pour qu'il s'assoie lui et tous ses disciples, au moins pour qu'il puisse reposer sa tête. Certes, je regarde de loin, et avec admiration ces âmes bienheureuses, dont il est dit : « J'habiterai en elles, et je m'y promènerai (II Cor. VI, 16).»

10. O combien l'étendue d'une âme qui est trouvée digne de recevoir en soi la présence divine, et capable de la comprendre, est grande, combien les prérogatives de ses mérites sont élevées ! Mais que dirai-je de celle, qui a même des promenoirs spacieux, si je puis parler ainsi, où la grâce de Dieu peut agir sans gêne. Certes, elle n'est point embarrassée dans les affaires du monde et dans les soins du siècle, elle n'est point esclave des voluptés et des plaisirs sensuels; exempte de toute curiosité, elle ne désire point commander aux autres, et ne s'élève point avec orgueil lorsqu'elle est en position de commander. Car il faut avant tout qu'une âme soit exempte de tous ces vices, pour devenir un ciel et la demeure de Dieu. Autrement, comment pourra-t-elle le contempler à loisir dans sa divinité ? Il faut encore qu'elle soit pure de toute haine, de toute jalousie et de toute aigreur. Car la Sagesse n'entrera point dans une âme pleine de malignité (Sap. I. 4). De plus il faut qu'elle croisse et qu'elle s'étende, afin qu’elle devienne capable de recevoir Dieu. Or, son étendue, c'est sa charité, selon ce mot de l'Apôtre : « Que la charité dilate et étende vos âmes (1 Cor. VI, 13). » Car, quoique l'âme ne soit point susceptible d'une quantité corporelle, parce qu'elle est esprit, néanmoins la grâce lui accorde et lui communique ce qui lui est dénié par la nature. Elle croît et s'étend, mais d'une manière spirituelle ; elle croît aussi en gloire; elle croit pour servir de temple saint au Seigneur; elle croit enfin et s'avance jusqu'à la perfection de l'homme fait, et jusqu'à un âge capable de recevoir la plénitude de la vertu de Jésus-Christ (Ephes. IV, 13). Ainsi, c'est à la mesure de la charité qu'on doit apprécier la quantité d'une âme; on doit estimer grande celle qui en a beaucoup, petite celle qui en a peu, et croire que celle là n'est rien, qui n'en a point du tout, puisque l'Apôtre dit : Si je n'ai point de charité, je ne suis rien (I Cor. XIII, 2).» Si elle commence à en avoir quelque peu, en sorte qu'au moins Plle ait soin d'aimer ceux qui l'aiment, et de saluer ses frères, ou ceux qui la saluent, il faut dire quel est quelque chose si peu que ce soit, puisqu'elle a au moins la charité de la société civile, qui consiste dans des devoirs mutuels de respect et de déférence. Mais pour me servir des paroles du Sauveur : « Que fait-elle de plus que ce à quoi elle est absolument obligée (Matth. V, 47) 4» On ne doit donc pas appeler grande ni médiocre, mais très-petite et très-étroite, une âme qui a si peu de charité.

11. Mais si elle grandit et croit de sorte que passant les bornes de cet amour si petit et si étroit, elle s'étende en toute liberté d'esprit dans le large chemin d'une bonté gratuite, et que par une riche effusion de cette bonté, elle donne ses soins à tous les hommes, et les aime comme elle s'aime elle-même, pourra-t-on encore lui dire : «Que faites-vous de plus que ce que vous êtes absolument obligée de faire? La charité qui embrasse tout le monde, même ceux avec qui elle n'a aucune liaison de parenté, dont elle n'espère tirer aucun avantage, et à qui elle ne doit rien que ce que dit l'Apôtre : « Ne devez rien à personne, si ce n'est l'amour et la charité (Rom. XIII, 8), n est bien grande. Mais si de plus vous faites sans cesse violence au royaume de la charité, et si, comme un pieux usurpateur, vous conquérez jusqu'à ses derniers confins, en ne fermant pas même à vos ennemis les entrailles de votre compassion, si vous faites du bien, même à ceux qui vous haïssent, si vous priez pour ceux qui vous persécutent et vous calomnient, et tâchez de garder la paix avec ceux qui sont ennemis de la paix; c'est alors, n'en doutez pas, qu'il y aura quelque proportion entre la hauteur; la beauté, la largeur du ciel, et la hauteur, la beauté et la largeur de votre âme. C'est alors que s'accomplira la vérité de cette parole : « Il étend le ciel comme une tente (Psal. CIII, 2). » Et que celui dont la grandeur, l'immensité et la gloire sont également infinies, non-seulement daignera demeurer, mais se promènera à son aise dans ce ciel qui est si large, si haut et si beau.

12. Voyez-vous quels sont les cieux que l'Église enferme en soi, sans laisser d'être elle-même dans son universalité comme un grand ciel qui s'étend d'une mer à l'autre, et d'un fleuve jusqu'aux extrémités de la terre ? Considérez aussi par conséquent à qui vous la comparez en ce point; si néanmoins vous n'avez point oublié ce que nous avons dit un peu auparavant touchant : « Le ciel du ciel, et les cieux des cieux. » Notre mère bien qu'elle soit encore en un lieu d'exil, a, comme celle qui est en haut, ses cieux, qui sont les hommes spirituels, recommandables par leur vie et leur réputation, purs dans.: la foi, fermes dans l'espérance, étendus par la charité et élevés par la contemplation. Et ces cieux versent une pluie de discours salutaires, tonnent par leurs réprimandes et éclairent par leurs miracles. Ce sont eux qui publient la gloire de Dieu, et qui, étant étendus comme une tente sur toute la terre, montrent en eux des modèles vivants de la voie de vie, écrite du doigt de Dieu, communiquent la science du salut à son peuple, et enseignent un Évangile de paix, parce que ce sont les tentes de Salomon.

13. Reconnaissez maintenant dans ces tentes l'image de ces tentes célestes que nous décrivions tout à l'heure dans les ornements de l'Époux. Reconnaissez aussi la Reine assise à sa droite (Psal. XLIV, 10), et revêtue d'ornements pareils sinon égaux aux siens. Car bien qu'elle n'ait pas peu d'éclat et de beauté, même dans le lieu de son pèlerinage, dans le jour de sa vertu, par l'éclat que ses saints répandent de toutes parte, néanmoins, il y a quelque différence entre la couronne de ses vertus et la consommation de la gloire des bienheureux. On peut bien dire que c'est une Épouse parfaite et bienheureuse, toutefois elle ne l'est qu'en partie. Car c'est aussi en partie la tente de Cédar. Elle est belle pourtant, soit dans la portion d'elle-même qui est déjà bienheureuse et qui règne dans le ciel, soit dans les hommes illustres qui l'ornent de leur sagesse et de leur vertu, même durant cette nuit, comme les étoilés ornent le ciel. C'est ce qui fait dire au Prophète . « Ceux qui seront savants brilleront comme les feux du firmament; et ceux qui enseignent aux autres à bien vivre, luiront comme les étoiles dans tous les temps (Dan. XII, 3). »

14. O humilité ! O sublimité! C'est tout ensemble et la tente de Cédar et le sanctuaire de Dieu; une demeure céleste; une maison de boue et une maison royale; un corps de mort et un temple de lumière; le rebut des superbes et l'Épouse de Jésus-Christ. Elle est noire, mais elle est belle; filles de Jérusalem. Et si le travail et la douleur d'un long exil décolorent son visage, néanmoins elle est ornée de la beauté céleste, et des tentes de Salomon. Si sa noirceur vous déplaît, considérez-la dans sa beauté. Si vous la méprisez dans sa bassesse, admirez-la dans son élévation. Et même, combien n'y a-t-il pas de sagesse, de discrétion et de bienséance, à dire que cet abaissement et cette élévation sont tellement tempérés dans l'Épouse, que parmi les divers changements de ce monde, sa sublimité la relève, de peur qu'elle ne se laisse abattre par l'adversité; et sa bassesse réprime son élévation, de crainte qu'elle ne s'enorgueillisse par la prospérité? Deux choses parfaitement belles, puisque tout en étant contraires, elles contribuent néanmoins toutes deux au bien de l'Épouse et servent à son salut.

15. Mais j'en ai dit assez sur la comparaison que l'Épouse semble faire de soi avec les tentes de Salomon. Néanmoins il reste encore à expliquer un autre sens dont j'ai parlé au commencement, et que je vous ai promis, à savoir, comment toute cette comparaison ne se rapporte qu'au teint noir de l'Épouse. Je ne veux pas manquer à tenir ma promesse. Mais il faut remettre ce sujet à une autre fois, attendu que ce discours est déjà assez long, et pour que, selon votre coutume, vous préveniez par vos oraisons les choses que je dois dire, et qu'il faut rapporter à la louange et à la gloire de l'Époux de l'Église, Jésus-Christ notre Seigneur, qui est Dieu et béni dans tous les siècles. Ainsi soit-il.

NOTES DE HORSTIUS ET DE MABILLON. POUR LE XXVIIe SERMON SUR le Cantique no. 6.

288. D'où elle tire son origine. Bérenger, disciple d'Abélard, insiste sur ces paroles de saint Bernard, dans son Apologie pour son maître dirigée contre le concile de Sens et contre notre saint docteur, et veut en tirer la preuve que saint Bernard croit que les âmes sont créées dans le ciel et envoyées ensuite dans les corps où elles doivent habiter. Voici, en effet, en quels termes blessants cet écrivain s'adresse au saint docteur : « Vous vous êtes trompé bien certainement, quand vous avez dit que les âmes tirent leur origine du ciel, je veux rapporter, en le prenant de plus haut pour le lecteur judicieux, comment vous prouvez ce que vous avancez ainsi, car c'est une chose aussi utile que facile à avoir. Il y a un livre, schirhaschirim en hébreux, et en latin, Canticum canticorum, le Cantique des cantiques, dont le sens caché sous la lettre est rempli de mystères divins pour les esprits vigilants. » Un peu plus loin il ajoute : « Vos expressions goûtées avec attention sentent l'hérésie pour tout palais chrétien. En effet, si vous prétendez qui les âmes tirent leur origine du ciel, parce que un jour elles doivent y retourner, pour y être heureuses, il faut en dire autant du corps qui doit, lui aussi, aller un jour goûter la félicité dans le ciel. Ou bien, si vous dites qu'elles sont célestes, quant à leur origine, parce qu'elles sont nées et ont été créés, dans le principe, dans le ciel, or c'est ce qui s'écoule de vos paroles, vous tombez dans l'erreur d'Origène. » Voilà en quels termes ce téméraire auteur s'exprimait dans son Apologie. Après tout, qu'est-ce qui empêche qu'on ne dise que l'âme est céleste, puisqu'elle a un Père dans les cieux, que sa vie doit être tout entière dans les cieux, et que sa patrie est dans les cieux, en même temps que par sa nature, elle est au dessus de tout ce qui est terrestre ? Aussi saint Augustin, en s'adressant à Julien qu'il combat, dit-il : « Notre s étant de la terre et notre âme du ciel, il s'ensuit que nous sommes et terre et ciel en même temps, » Mais, assez comme cela avec ce Bérenger , l'injuste calomniateur de notre saint. (vote de Mabillon.)

NOTES DE HORSTIUS ET DE MABILLON. POUR LE MÊME SERMON. n. 8.

289. L'âme du juste est le siège de la sagesse. Cette citation est fréquente dans saint Bernard et dans beaucoup d'autres Pères de l'Église, tels que saint Augustin, saint Grégoire , etc. Toutefois, jusqu'à présent, je n'ai pas trouvé ce texte dans la Vulgate, en ces termes, bien que dans leurs ouvrages les Pères le citent comme tiré de l'Écriture. Ainsi saint Augustin la cite; de cette manière dans son explication du psaume XLVI, au verset 9; dans son II sermon pour le jour de l'Épiphanie, ou XXXe sermon du temps. « Pourquoi, en effet, dit-il, ne nous regarderions-nous point comme autant de cieux, puisque nous sommes devenus les sièges de Dieu, selon ce qui est écrit : L'âme du juste est le siège de la sagesse? » Saint Grégoire dans sa XXrx Morale, chapitre XV, dit : « Qu'est-ce que le ciel dont il est question ici,, sinon la vie sublime des saints? C'est de ce ciel que le Seigneur a dit: Le ciel est mon siège, siège dont il est écrit ailleurs : L'âme du juste est le siège de lu sagesse. « Le même père dit encore ailleurs, XXXVIII homélie, sur l'Évangile, au commencement : « L'assemblée des justes est appelée ciel parce que le Seigneur dit par la bouche d'un prophète : Le ciel est mon siège ; et Salomon ajoute L'âme dit juste est le siège de la sagesse etc. » Ainsi voilà ces paroles attribuées à Salomon, bien plus, en marge, on lit l'indication de la source, Sapientiœ 7. On sait que le livre de la Sagesse est attribué par plusieurs anciens pères de l'Église à Salomon. Or dans le livre de la Sagesse, au verset 7, du chapitre VII, on lit. « J'ai invoqué le Seigneur, et l'esprit de sagesse est venu en moi : » paroles d'où il semble que les pères ont formé la phrase citée par eux, comme étant de l'Écriture sainte. Nous livrons cette opinion à l'appréciation du lecteur, s'il n'en a pas une à lui préférer. De plus, il est à propos de se rappeler que les Pères citent souvent l'Écriture d'après les Septante, comme nous avons eu plusieurs fois l'occasion de le faire remarquer au lecteur dans les oeuvres de saint Bernard. Il est vrai que pour le texte qui nous occupe, cette observation n'a pas lieu, puisque le livre de la Sagesse a été écrit en grec, ou du moins que certainement on n'en a plus le texte hébreu. (vote de Horstius).

Haut du document

Précédente Accueil Remonter Suivante