SERMON LXXXII
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SERMON LXXXII. Comment l’âme, tout en demeurant semblable à Dieu, perd néanmoins, par le péché, une parsie de sa ressemblance avec lui dans sa simplicité, son immortalité et sa liberté.

1. Ne vous semble-t-il pas, mes frères, que nous pouvons maintenant reprendre l'ordre de notre discours, puisque vous voyez à cette heure très-clairement l'affinité de l'âme avec le Verbe, dont la démonstration a été le but de cette digression. Je crois que nous le pourrions, si je ne sentais qu'il reste, encore quelque obscurité dans ce que nous avons dit. Je ne veux rien vous dérober. Je ne passe pas volontiers ce que je crois pouvoir vous être utile. Et comment l'oserais-je faire, surtout en des choses que je ne reçois que pour vous les communiquer? Je connais une personne (a) qui durant qu'elle parlait, voulant retenir ce que le Saint-Esprit lui suggérait, et le réserver pour une autre fois où elle serait obligée de traiter la même matière, il lui sembla entendre une voix qui lui disait : Tant que vous retiendrez cela vous ne recevrez point autre chose. Or elle ne le faisait pas par un sentiment d'infidélité, elle témoignait seulement son devoir. Qu'eût-ce donc été si elle eût retenu, non pour pourvoir à sa propre indigence, mais par un sentiment de jalousie qu'elle aurait eu de l'avancement de ses frères? N'aurait-il pas été juste de lui ôter ce qu'elle semblait même avoir? Je prie Dieu de bannir une semblable pensée bien loin de l'esprit de son serviteur, comme il l'a toujours fait jusqu'à présent. Que cette fontaine inépuisable d'une sagesse si salutaire veuille se répandre aussi abondamment sur moi, comme il est vrai que je vous ai toujours communiqué sans envie tout ce dont elle a daigné me faire part jusqu'ici. Si je vous en frustrais, ne devrais-je point craindre d'être frustré à mon tour par Dieu même.

2. Il y a donc quelque chose dans ce que nous avons dit, qui peut être un sujet de chute, du moins je le crains, si nous ne l'éclaircissons davantage. Et si je ne me trompe, il y en a parmi ceux qui m'écoutent à qui ce que je veux dire a déjà donné quelque scrupule. Ne vous

a Saint Bernard parle ici de lui-même en empruntant à saint Paul une de ses tournures. C'est ce que nous apprend César d'Heirsterbac, dans son sermon pour l'Octave de Noël, où il dit: « Un jour, il disait je ne sais plus quoi : il lui vint une pensée qui trouvait sa place là où il en était, comme il voulait la réserver pour la tin où il craignait d'être à court, il entendit une voix du ciel qui lui dit : Si tu réserves cette pensée pour plus tard, tu n'en auras plus d'autre. On voit par là, dit Manrique, que ce n'est pas lui qui parlait, mais que c'était Dieu même qui parlait en lui.

souvenez-vous pas qu'en remarquant la triple ressemblance de l'âme avec le Verbe, nous avons dit qu'elle était inséparablement attachée à sa nature? Cependant il y a des passages de l'Écriture qui d'abord semblent combattre ce sentiment, comme celui-ci du Psaume : « Lorsque l'homme était élevé en honneur, il n'a point eu d'intelligence, et il est devenu semblable aux animaux qui n'ont point de raison (Psal. XLVIII, 21), et, ils ont changé leur gloire en la ressemblance d'un veau qui mange de l'herbe (Psal. CV, 20). » Et ce qui est dit au nom de Dieu : « Vous avez cru, méchant, que je serais semblable à vous (Psal. XLIX, 21),» et beaucoup d'autres passages qui semblent insinuer due, après le péché, la ressemblance de Dieu a été effacée en l'homme. Que répondrons-nous donc à cela? Que ces trois choses ne sont point en Dieu, et qu'ainsi il en faut chercher d'autres en quoi nous mettions la ressemblance que l'homme a avec lui ; ou qu'elles sont en Dieu, mais non dans l'âme, et qu'ainsi elle ne lui est point semblable; on qu'elles sont aussi dans l'âme, mais qu'elles peuvent n'y être pas, et pourtant qu'elles n'en sont pas inséparables? A Dieu ne plaise que nous soyons dans aucun de ces sentiments. Elles sont en Dieu, elles sont en l'âme, et elles y sont toujours et nous n'avons point sujet de nous repentir d'aucune de ces propositions que nous avons avancées, tant elles sont toutes appuyées sur une vérité certaine et indubitable. Mais quand l'Écriture parle de la dissemblance qui est arrivée entre Dieu et l'homme, elle n'entend pas que cette ressemblance ait été effacée, mais qu'une autre y a été ajoutée. L'âme ne s'est pas dépouillée de sa forme naturelle, mais elle s'est revêtue comme d'une forme étrangère par dessus celle-là. L'une a été ajoutée, mais l'autre n'a pas été détruite, et celle qui est survenue a pu obscurcir la naturelle, mais non pas l'exterminer. « Leur coeur insensé, dit l'Apôtre, s'est obscurci (Rom. I, 21). » Et un prophète, : « Comment leur or s'est-il terni, et comment la couleur excellente qu'il avait a-t-elle été changée (Thren. IV, 1) ? » Il se plaint de ce que cet or se soit terni, mais il demeure pourtant toujours or? Il se plaint que sa couleur excellente a changé, mais il ne dit pas que le fondement de cette couleur ait disparu. La simplicité de l'âme demeure inébranlable dans son fondement; mais elle ne parait point, parce qu'elle est couverte de fourbe, de dissimulation et d'hypocrisie.

3. Que le mélange de la duplicité avec la simplicité naturelle de l'âme est laid et difforme ? Quelle indignité d'élever un édifice si pauvre sur un fondement si précieux ? C'est de cette duplicité que le serpent s'était revêtu, lorsque, pour séduire la femme, il faisait semblant de la conseiller en ami. C'est encore d'elle que se revêtaient aussi les citoyens du paradis terrestre, après qu'ils eurent été subornés par le serpent, lorsqu'ils tâchèrent de couvrir leur honteuse nudité par l'ombre d'un arbre touffu, par les feuilles dont ils se ceignaient, et par les paroles dont ils s'excusaient. A quelle distance, depuis lors, le venin héréditaire de l’hypocrisie n'a-t-il pas infesté leur postérité ! Donnez-moi un des enfants d'Adam qui veuille paraître ce qu'il est. Mais néanmoins la simplicité naturelle de l'âme ne laisse pas de subsister avec cette duplicité qu'elle tire de son origine, afin que ce rapprochement augmente sa confusion. L'immortalité y subsiste aussi toujours, mais une immortalité sombre et noire, comme couverte des ténèbres épaisses de la mort du corps. Car, bien qu'elle ne soit pas privée de la vie, néanmoins elle ne la petit plus rendre propre à son corps. Que dirai-je de ce qu'elle ne conserve pas même sa vie spirituelle ? Car l'âme qui pèche, mourra, dit Dieu dans un prophète. Cette double mort dans laquelle elle tombe ne rend-elle pas bien ténébreuse et bien misérable l'immortalité qui est attachée à sa nature? Ajoutez à cela, que la pente qu'elle a vers les choses terrestres, qui toutes lui causent la mort, épaissit encore ses ténèbres, de sorte qu'une âme en cet état a le visage tout pâle et défait, et est une image de la mort. Et ait lieu qu'étant d'une nature immortelle, elle devrait désirer des choses immortelles comme lui étant conformes, afin de paraître ce qu'elle est, et de vivre de la vie qui lui est propre; elle a des sentiments et des inclinations toutes contraires, et se rendant semblable aux choses mortelles et périssables, par une vie dégénérée de la noblesse de sa nature, elle obscurcit la blancheur de son immortalité par une malheureuse habitude, qui comme une poix sale et noire décolore sa beauté naturelle. Et comment le désir des choses mortelles ne rendrait-il pas mortelle l'âme qui est immortelle, puisque, comme dit le sage, on ne saurait manier de la poix sans se souiller (Eccli. XIII, 1) ? En jouissant des biens mortels, elle s'est revêtue de la mortalité, et elle a défiguré sa robe d'immortalité par la ressemblance de la mort, mais elle ne s'en est pas dépouillée.

4. Considérez Eve, comment son âme immortelle a terni l'éclat de son immortalité en s'attachant aux choses mortelles. Pourquoi, étant immortelle, n'a-t-elle pas méprisé les choses mortelles et passagères pour se contenter des choses immuables et éternelles? « Elle vit, dit l'Écriture, que cet arbre était agréable à voir, et que le fruit en était: fort bon à manger. » (Gen. III, 6).) » Cette beauté, ô femme, que vous voyez dans cet arbre, et qui parait si agréable à vos yeux, n'est pas la beauté qui vous est propre. Elle ne vous regarde que selon la partie de vous-même qui est (le fange et de boue ; elle ne vous est pas particulière, mais elle est commune à tous les animaux de la terre ; la beauté qui vous appartient véritablement est autre, et vient d'ailleurs, elle est éternelle et c'est un rayon de l'éternité. Pourquoi imprimez-vous à votre âme une autre forme, ou plutôt une difformité étrangère? Car, ce qu'elle souhaite d'avoir, elle craint de le perdre, et cette crainte, est une espèce de couleur qui, teignant 1a liberté, la couvre et se la rend semblable. Combien serait-il plus digne qu'elle ne désirât rien, afin qu'elle ne craignit rien, et que, ainsi elle défendît sa liberté de cette crainte servile, et demeurât dans sa vigueur et sa beauté originelles! Hélas! il n'en est pas ainsi. Sa couleur excellente a changé. Vous fuyez et vous vous cachez, vous entendez la voir du Seigneur, et vous vous retirez. Pourquoi cela, sinon parce. due vous craignez celui que vous aimiez auparavant, et qu'une forme servile a remplacé la beauté de votre liberté.

5. Cette nécessité même volontaire, dont j'ai parlé ci-dessus, et cette loi des membres contraire à la loi de l'esprit opprime la liberté, et, attirant une créature libre par sa propre volonté, elle l'assujettit à une honteuse servitude, et la couvre de confusion et d'ignominie, en sorte que, au moins, selon la chair, elle obéit même malgré elle, à la loi du péché. Aussi, pour avoir négligé de défendre la noblesse de sa nature par l'innocence de ses moeurs, il est arrivé, par un juste jugement de son créateur, qu'elle s'est, non dépouillée de la liberté qui lui est propre, mais revêtue de sa propre honte, comme d'un voile épais. Je dis qu'elle s'est revêtue d'une seconde robe, parce que sa liberté demeurant à cause de la volonté, sa conduite toute servile fait voir qu'elle est accompagnée de nécessité et de contrainte. On peut dire la même chose de la simplicité de l'immortalité de l'âme, et, si vous y prenez garde, vous ne trouverez rien en elle qui ne soit couvert de cette double robe de ressemblance et de dissemblance. N'est-ce pas une double robe lorsque la fraude est comme attachée et cousue, pour ainsi dire, à la simplicité, la mort, à l'immortalité, la nécessité, à la liberté? Car la duplicité de coeur ne détruit point la simplicité de son essence, la mort volontaire du péché, ou naturelle du corps, ne ruine point, l'immortalité de sa nature, ni la nécessité d'une servitude volontaire n'éteint point la liberté de son libre arbitre. Ainsi ces maux étrangers ne succédant pas, mais étant ajoutés aux biens qui lui sont naturels, ils les défigurent sans les exterminer. De là vient que l'âme est différente d'elle-même. C'est pour ce sujet qu'elle est comparée aux bêtes brutes (Psal. XLVIII, 3), et qu'elle: leur est devenue semblable. C'est ce qui fait dire qu'elle a changé sa gloire en la ressemblance d'un veau qui mange de l'herbe (Psal. CV, 20) ; que les hommes comme des renards, ont des tanières de duplicité et de fraude, et comme ils se sont rendus semblables aux renards, ils en seront la proie. C'est encore pour cela que, selon Salomon, l'homme et la bête ont une même fin (Eccl. III, 19). Et pourquoi, ceux qui ont vécu de même ne mourraient-ils pas aussi de même? Il s'est attaché aux choses terrestres, comme les bêtes, il les quittera aussi comme les bêtes. Écoutez encore une autre pensée là dessus. Pourquoi s'étonner que nous sortions de cette vie de la même manière que les bêtes, puisque nous y sommes entrés de même qu'elles? Car, d'où vient, sinon de leur ressemblance avec les bêtes, que les hommes ressentent une ardeur si violente, pour les rapprochements sexuels et une douleur si excessive dans l'accouchement? Voilà donc comment, dans la conception et dans la naissance, dans la vie et dans la mort, l'homme a été comparé aux bêtes brutes, et leur est devenu semblable.

6. Que dirai-je de ce qu'une créature libre ne gouverne pas en reine la concupiscence, et ne se la soumette pas; mais la suive et lui obéisse comme une servante ? Ne se met-elle pas encore, en ce point, au rang des animaux sans raison, à qui la nature n'a point donné de liberté, mais qu'elle a réduits comme en servitude pour servir à leur appétit ? N'est-ce pas avec raison, que Dieu a honte d'être estimé semblable à un homme qui est tel, et qu'il dit : « Vous avez cru, méchant, que je serais semblable à vous (Psal. XLIX, 21). » Et il ajoute : « Je vous châtierai, et vous ferai voir à vous-même, dans toute votre laideur.» Ce n'est pas à une âme qui se voit et qui se tonnait, de croire que Dieu lui est semblable, surtout à une âme comme la mienne, méchante et pécheresse. Car c'est celle qui est de la sorte que Dieu reprend ainsi : « Vous avez cru, méchant »; non pas, vous avez cru, homme, ou bien, vous avez cru, ô âme, que je serais semblable à vous. Mais, si le méchant est mis devant ses propres yeux, et se trouve comme devant la face pâle et défigurée de son homme intérieur, en sorte qu'il ne puisse pas ne point voir l'impureté de sa conscience, les ordures de ses péchés, la difformité de ses vices, il ne pourra pas croire que Dieu soit semblable à lui, mais, je crois que cette différence si grande le portera à s'écrier : « Seigneur, qui est semblable à vous (Psal. XXXIV, 10) ? » Ce qui s'entend de cette ressemblance nouvelle et volontaire. Car, ta première ressemblance demeure toujours ; et c'est ce qui rend cette différence encore plus insupportable. O que l'une est un grand bien, et que l'autre est un grand mal ! Chaque chose néanmoins, en son genre, parait davantage par la comparaison de l'une et de l'autre.

7. Lorsque l'âme voit en elle-même des choses si différentes et si opposées, comment donc ne s'écriera-t-elle point entre l'espérance et le désespoir : « Seigneur, qui est semblable à vous (Psal. XXXIV, 10) ? » Un si grand mal la porte an désespoir, mais un si grand bien la rappelle et lui donne quelque espérance. De là vient que plus elle se déplait dans le mal qu'elle voit en soi, plus elle aspire avec ardeur au bien qu'elle y voit aussi, et désire de devenir semblable à celui à l'image de qui elle a été formée, c'est-à-dire simple, droite, craignant Dieu, et s'éloignant du mal. Et comment ne pourrait-elle point s'éloigner d'où elle a pu s'approcher? ou s'approcher d'où elle a pu s'éloigner. Ce que néanmoins elle doit présumer de la grâce, non de la nature, ni même de son travail. Car c'est la sagesse qui surmonte la malice (Sap. VII, 30), non le travail ou la nature. Et elle a sujet de l'espérer; car naturellement elle est tournée vers le Verbe. La noble alliance de l'âme avec le Verbe et sa ressemblance éternelle dont je vous entretiens depuis trois jours, n'est point oisive dans le Verbe. Il daigne s'associer selon l'esprit celle qui lui est semblable selon la nature. Et certes naturellement chacun cherche son semblable. Écoutez la voix de celui qui la cherche : « Revenez, Sulamite, revenez afin que nous vous voyions (Cant. VI, 12). » Celui qui ne la pouvait voir lorsqu'elle lui était dissemblable, la verra volontiers lorsqu'elle lui sera semblable et se fera, voir d'elle. «Car nous savons que lorsqu'il apparaîtra nous lui serons semblables, parce que nous le verrons tel qu'il est (Joan. III, 2). » Croyez donc que ce qu'elle dit « Seigneur, qui est semblable à vous (Psal. XXXIV, 10)? » c'est plutôt parce que cela est difficile que parce qu'elle le juge absolument impossible.

8. Ou, si vous l'aimez mieux, c'est le cri de l'admiration. Certes, c'est une ressemblance. surprenante et admirable que celle que la vision de Dieu accompagne, ou plutôt qui est cette vision même. J'entends parler de la vision qui se fait dans l'amour, car l'amour est cette vision et cette ressemblance. Qui ne s'étonnerait de la bonté de Dieu qui rappelle l'âme qui l'a. méprisée? C'est certainement avec raison que le méchant, que nous avons représenté ci-dessus comme usurpant la ressemblance de Dieu, est repris par lui, puisque, en aimant l'iniquité, il ne peut ni s'aimer soi-même, ni aimer Dieu ; car il est écrit, « que celui qui aime l'iniquité, hait son âme (Psal. X, 1). » L'iniquité donc, qui est cause de la différence qui se trouve en partie entre Dieu et l'âme, étant ôtée, il y aura entre eux une union parfaite d'esprit, une vision mutuelle, et un amour réciproque. Car lorsque ce qui est parfait arrivera, ce qui est imparfait sera détruit, (I Cor. XIII). et il y aura entre Dieu et l'âme un amour chaste et consommé, une pleine connaissance, une vision manifeste, une union ferme, une société indivisible, une ressemblance parfaite. Alors l'âme connaîtra Dieu comme elle est connue de lui; elle l'aimera comme elle en est aimée, et l'Époux se réjouira de son Épouse, parce que la connaissance et l’amour seront réciproques entre elle et lui qui étant Dieu et élevé. par dessus tout est béni dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

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