SERMON CXXIV
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CENT-VINGT-QUATRIÈME SERMON.

1. La parole de Dieu (a) doit opérer deux effets, guérir les âmes vicieuses et exciter les bonnes. Or, j'appelle vicieuses non pas toutes celles en qui est un vice, mais celles qui consentent volontairement au mal et ne résistent point autant qu'elles le pourraient. C'est à ces âmes que s'adresse la Vérité même dans le saint Évangile, quand elle dit: « Mettez-vous promptement d'accord avec l'adversaire, pendant que vous êtes avec lui dans le chemin, etc (Matt. V, 25). » Jale ne dit point avec le vice, mais avec l'adversaire : Or, cet adversaire n'est autre que la parole de Dieu, qui est sans cesse en opposition avec le mal. C'est se mettre d'accord avec elle, que de dire avec le Prophète : « Et mon péché est toujours contre moi (Psal. L, 4). » J'appelle bonnes non point les âmes parfaites, mais les âmes qui commencent à le devenir; bien qu'elles aient encore du vice, cependant elles ne sont point d'accord avec lui, elles luttent contre lui. Ces âmes peuvent souvent faire des chutes par faiblesse ou par ignorance, selon ce qui est écrit : « Le juste tombe sept fois (Prov. XXIV, 16), » mais parce qu'ilsont de la bonne volonté, ils se relèvent par elle ; car c'est par la volonté que l'âme est bonne,

a Ce passage se trouve reproduit dans le livre VII des Fleurs de Saint Bernard, chapitre XIII. On lit encore quelques autres du même sermon au chapitre onze du même livre.

attendu que de tous lesbiens qui se trouvent naturellement dans l'âme, tels que une bonne intelligence une vaste mémoire, une raison éveillée et tous les autres biens de l'âme, il n'y a que la volonté qui rende l'âme bonne ou mauvaise selon qu'elle est bonne ou mauvaise elle-même. Mais comme, selon la remarque de Job, «l'homme ne demeure jamais dans le même état (Job. XIV, 2), » car il avance ou il recule; il faut avancer dans cette bonne volonté, attendu qu'elle est la voie même dont le Prophète a dit : « Voilà la voie, marchez-y (Isa. XXX, 11), » et dont le Psalmiste parlait quand il disait : « Heureux l'homme qui attend de vous, ô mon Dieu, le secours dont il a besoin, et qui dans cette vallée de larmes médite dans son coeur des moyens de s'élever (Psal. LXXXIII, 6), » dans son coeur dit-il, c'est-à-dire dans sa volonté.

2. Le premier degré de cette voie, c'est la droiture de la volonté; le second, c'est la force de volonté; le troisième est la dévotion de la volonté, et le quatrième sa plénitude. Au premier degré, l'âme, par la pensée, est d'accord avec la loi de Dieu; mais comme la chair se révolte, elle ne peut trouver la force de faire le bien qu'elle approuve; elle fait même bien souvent par faiblesse le mal qui lui répugne (Rom. VII, 16). Pourtant elle est droite, puisqu'elle est d'accord avec sou adversaire, et déteste en elle-même ce qu'il réprouve. Au second degré, l'âme, non-seulement ne fait plus le mal qui lui répugne, mais encore elle opère volontiers et avec force, sinon sans peine, le bien, qu'elle aime, et dit avec le Prophète : « C'est à cause des paroles tombées de vos lèvres que je me suis appliquée à suivre vos voies, bien que dures et pénibles (Psal. XVI, 4). » Au troisième degré, son coeur se dilate, elle court dans la voie des commandements de Dieu, et y trouve des délices pareilles à celles qu'on goûte dans d'immenses trésors. La peau, ointe de l'huile de la grâce spirituelle, et sachant que « Dieu aime celui qui donne d'un coeur joyeux ( II Cor. IX, 7), » se porte avec joie à toute sorte de biens et s'écrie avec le Prophète David : « Seigneur, j'ai couru dans la voie de vos commandements, quand vous avez dilaté mon coeur (Psal. cxvni, 32). » Au quatrième degré sont les anges qui font le bien, mais un bien complet, toujours aussi facilement qu'ils veulent. L'âme peut bien aspirer à ce degré, mais elle ne peut y atteindre tant qu'elle est dans son corps, parce que ce corps l'appesantit. Celui qui n'a pas encore la volonté droits, doit savoir que c'est une intention charnelle qui fait obstacle. Celui qui l'a droite, mais sans force, peut être sûr que l'obstacle vient d'une mauvaise habitude. Celui qui a la volonté dévouée, mais non encore pleine, doit être persuadé que ce qui l'arrête, c'est l'habitation terrestre de son âme. Quant à l'homme dont la volonté est vicieuse, qu'il prie et qu'il dise : « Que votre volonté soit faite sur la terre comme dans le ciel (Matt. VI, 10), en se regardant comme étant lui-même la terre. Celui qui a une volonté droite, a le ciel, car il y a autant de distance entre une volonté droite et une volonté vicieuse, qu'entre le ciel et la terre. Que celui qui a une volonté droite mais faible, fasse cette prière-là, et s'applique le mot terre; quant à celui qui l'a forte, c'est à lui que s'applique le mot ciel. Et ainsi des autres, en sorte que l'âme tende toujours à monter ; car de même que celui qui demeure dans une mauvaise volonté est condamné, ainsi celui qui, dans les autres volontés, ne s'efforce point d'avancer est digne de réprimandes.

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