CHAPITRE II
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PRÉFACE
AVERTISSEMENT
CHAPITRE I
CHAPITRE II
CHAPITRE III
CHAPITRE IV
CHAPITRE V
CHAPITRE VI
CHAPITRE VII
CHAPITRE VIII
CHAPITRE IX
CHAPITRE X
CHAPITRE XI
CHAPITRE XII
CHAPITRE XIII
CHAPITRE XIV
CHAPITRE XV
CHAPITRE XVI

CHAPITRE II. Combien difficile et sublime est leur genre de vie.

5. Ne négligez donc rien, ne vous attardez pas, car il vous reste beaucoup de chemin à faire. Votre genre de vie est en effet très-élevé. Il dépasse les cieux, il égale la vie des anges dont il imite la pureté. Vous avez voué non-seulement toute sainteté, mais la perfection de toute sainteté, mais la consommation de toute fin. Ce n'est pas votre affaire de languir autour des préceptes donnés à tous les fidèles, et d'observer seulement ce que Dieu prescrit; il faut réaliser ce qu'il veut, éprouvant « quelle est cette bonne volonté de bon plaisir et de perfection. » (Rom. XII, 2.) A d'autres de servir Dieu, à vous de vous attacher à lui. A d'autres, de croire en Dieu, de le connaître, de l'aimer, de le vénérer; à vous, de le goûter, de le comprendre, de le connaître et de jouir de lui. Voilà qui est grand, voilà qui est difficile. Mais le Seigneur est tout puissant et bon, il vous fait de tendres promesses, il accomplit fidèlement sa parole, et ne cesse d'accorder son secours à ceux qui, animés de son grand amour, professent une grande perfection; à ceux qui se confiant à lui, et qui secourus de sa grâce, entreprennent les choses qui surpassent les forces de la nature, il donne une volonté et un désir analogues, il accorde la grâce de le bien vouloir, et les aide pour accomplir de nouveaux progrès tous les jours. Quand l'homme aura fait ce qui aura été en son pouvoir, laissant calomnier le calomniateur, il rendra miséricordieusement justice à son pauvre et le défendra parce qu'il aura agi selon ses forces.

6. Cependant, mes frères, que toute idée d'élévation leste éloignée de l'appréciation que vous faites de vous mêmes, de votre petitesse, de votre humilité et de votre bouche : avoir des sentiments de ce genre, c'est une mort; le vertige peut saisir facilement celui qui se regarde d'en haut, et il court risque de la vie. Appelez d'un autre nom votre profession, désignez votre ordre par une qualification particulière: Estimez-vous, et appelez-vous plutôt des bêtes féroces, indomptées et vagabondes (qu'on n'aurait pu réduire par les moeurs ordinaires des hommes), admirant et regardant comme bien au-dessus de vous, la vertu et la gloire de ces très-puissants ambidextres (semblables à Ahod ce très-vaillant juge d'Israël, (Jud. III, 15.) qui se servait de chaque main comme de la droite), qui aiment avec transport à se livrer au-dedans à la contemplation de la vérité; mais qui, pour accomplir véritablement toute charité, lorsque la nécessité ou le devoir les appelle, se prêtent promptement à ce qui est de l'intérieur sans s'y donner. Prenez garde aussi, serviteur de Dieu, prenez garde de paraître condamner ceux que vous ne voulez pas imiter. Je veux que vous fassiez, dans votre infirmité, ce que faisait dans la plénitude de la santé, celui qui disait : « Jésus-Christ est venu sauver les pécheurs dont je suis le premier. » (I Tim. 15.) Saint Paul, ne prononçait point ces paroles par une précipitation mensongère; elles résultaient de l'appréciation qu'il faisait de lui. Celui en effet qui se tonnait, en s'examinant parfaitement, ne trouve pas de péchés comparables à celui qu'il a commis, il ne rencontre pas de fautes semblables aux siennes. Je ne veux donc point que vous pensiez que la lumière commune du jour ne luit que dans votre cellule, qu'il n'y a de tranquillité qu'en vous, que la grâce de Dieu n'opère que dans votre conscience. Le Seigneur n'est-il le Dieu que des solitaires? Il est le Dieu de tous. II a pitié de tous et il ne hait aucune des créatures qu'il a produites. Je préfère vous voir penser que la lumière sereine est partout excepté en vous, et avoir des sentiments très-bas de vous plutôt que des autres.

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