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LOUANGE DE SAINT BERNARD PAR HORSTIUS, ADRESSÉE AUX SECTAIRES.

Ils doivent lire saint Bernard avec fruit.

Nous avons entendu les diverses censures de saint Bernard parles sectaires. Les uns le louent, les autres le blâment; mais les uns et les autres sont d'accord pour condamner et rejeter ce qu'ils trouvent en lui de contraire à leurs goûts et à leurs mœurs. Mais pour nous, catholiques, nous trouvons que ce que les hérétiques désapprouvent comme étant contraire à leur doctrine est précisément ce que nous devons approuver et embrasser, attendu que nous savons que ce fut l'enseignement et la pratique, non-seulement de saint Bernard, mais encore de tous les autres saints qui lui ressemblent, et que c'est par là qu'ils se sont engagés dans une voie différente de celle des hérétiques. La sainteté de leur vie est un préjugé en faveur de leur doctrine, et nous ne saurions voir une doctrine fausse et une foi erronée dans la foi et la doctrine que des hommes d'une telle sainteté ont partagées. Pourquoi les hérétiques, qui ne s'appuient sur aucune sainteté, veulent-ils que nous nous en rapportions à eux plutôt qu'à Bernard et aux autres pères orthodoxes, dont la foi et la doctrine se trouvent justifiées par tant de preuves de sainteté, que dis-je, se trouvent confirmées par tant de signes et et de miracles? Il est bien sûr qu'un mauvais arbre ne peut produire de bons fruits, ni un bon arbre en donner de mauvais. Quel homme de sens se persuadera jamais qu'un homme qui enseigne des choses impies, fausses, absurdes et erronées, un homme adonné à l'idolâtrie, à la superstition et à de vaines observances, comme en attribuent à Bernard ces Centuriateurs et sombres censeurs, n'en fera pas moins des progrès continuels dans la grâce auprès de Dieu et des hommes, et pourra s'élever à une si grande perfection d'amour divin et de vertus de toute sorte?

Or, les écrits de saint Bernard témoignent abondamment de ses sentiments sur les principaux chapitres de la foi catholique. Mais quand bien même il n'aurait rien écrit, il aurait assez montré par toute sa vie à quelle Église il a appartenu et combien il diffère de vous, de doctrine et de mœurs. Mais c'est à vous, ô sectaires, à vous qui avez la pensée de lire saint Bernard, que je veux adresser ici quelques mots; peut-être vous sera-t-il donné un jour de le comprendre et de revenir à de meilleurs sentiments. A vos yeux, la messe est une pure et horrible. idolâtrie; mais combien de fois saint Bernard ne l'a-t-il point offerte à Dieu comme un vrai sacrifice ? On voit dans sa Vie qu'il n'omit que bien difficilement de la dire jusqu'à son dernier soupir: vous lai rendrez vous-mêmes ce témoignage bien que ce ne soit pas sans lui en faire un crime. Est-ce qu'il ne lui est pas arrivé maintes fois d'effrayer et de terrasser le démon par le sacrifice de la messe ? Et ce duc d'Aquitaine, nommé Guillaume, ce fauteur opiniâtre de schisme, que n'ébranlaient ni menaces, ni avertissements, estce que Bernard ne l'a point terrassé et vaincu en venant à lui de l'autel, après le sacrifice de la messe, la main armée non du fer, mais de la sainte hostie du corps de notre Seigneur? Lisez et comprenez, peut-être la dureté de votre coeur sera-t-elle enfin vaincue à son tour, etc.

Mais je dépasse le but que je m'étais proposé. Je ne voulais que vous avertir en peu de mots de ne pas vous croire plus sages que Bernard.

En effet, pourquoi nous prêcher des nouveautés condamnées des anciens pour confondre les anciens? Pourquoi ne pas vous tenir dans la voie par laquelle un Bernard, et tant d'autres saints et confesseurs sont allés au ciel? Si vous ne vous croyez point dans l'erreur, voyez donc par où ont marché ces saints; et si vous reconnaissez que. vous vous trompez de route, mettez-vous donc à la suite de ces guides habiles dans la voie qui mène à la vie? Après tout, pourquoi ne revenez-vous point là d'où vous n'auriez jamais dû vous éloigner?

Pour moi, s'il m'est permis de vous dire ingénuement ma pensée, sis dès mes premiers ans je m'étais trouvé imbu de vos erreurs, ou s'il m'était arrivé, je ne sais comment, de quitter les droites voies de la vérité et de la religion orthodoxe, pour m'engager dans celles de vos sectes, saint Bernard tout seul suffirait pour me rendre tous vos dogmes suspects, que dis-je, pour me ramener dans la voie de la vérité. En effet, voici comment je raisonnerais en moi-même. Si ce qu'un homme d'une pareille et si irréfragable sainteté a cru et enseigné n'est pas vrai, comment expliquer l'alliance d'une telle sainteté avec une telle fausseté? Je ne puis nier sa sainteté que je vois attestée par tant d'hommes très-graves, par tant d'écrivains supérieurs à toute espèce de récusation, attestée, dis-je, par ses propres adversaires. Je la vois confirmée de plus par d'innombrables miracles, qu'on ne peut avoir la pensée de nier si on n'a point perdu toute sagesse, et qu'on ne saurait regarder comme des prodiges et des oeuvres de Satan, sans paraître, je ne dis pas mal disposé, mais insensé, puisque de semblables merveilles ne peuvent être l'œuvre que de la puissance de Dieu. Pour ce qui est de croire que de pareilles choses ont été faites pour confirmer l'erreur, ce serait une évidente impiété, un blasphème à l'adresse de Dieu, une injure à celle de ses saints. Qu'il me soit permis de citer ici une belle parole d'un saint docteur: « Seigneur, si nous sommes dans l'erreur, notre erreur vient de vous; car tout cela a été confirmé en nous par tant et de tels signes et tels prodiges, qu'ils ne peuvent venir que de vous. Il est certain que tout cela nous a été enseigné par des hommes d'une très-grande sainteté, et certifié par des preuves souveraines et authentiques, puisque vous y avez coopéré vous-même et que vous avez confirmé la parole qui nous était prêchée par les miracles dont elle était suivie (Richard à S. Vict., lib. 1, de Trin., c. II). »

Voilà ce que j'avais à vous dire, ô sectaires, car je me reconnais le débiteur des sages et des insensés, quoique vous vous regardiez comme plus sages et plus intelligents que ceux qui vous instruisent. Mais je me de mande avec étonnement quelle pensée vous vient à l'esprit quand vous lisez Bernard, qui s'éloigne de vous de la distance qui sépare la terre des cieux; la conscience certainement réclame contre vos opinions préjugées. Lisez désormais, c'est la seule chose que je vous demande, que je vous prie de faire. Lisez, vous dis-je, et, si vous avez le moindre souci de votre salut, comprenez. Je vous présente en saint Bernard le flambeau de la sainteté, le guide de la vérité; ou si vous aimez mieux, je prie pour vous Celui qui est la vraie lumière, ou plutôt la voie, la vérité et la vie.

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