VOLUME V

Précédente Accueil Suivante

Accueil
VOLUME I
VIE DE J-C
ARBRE DE VIE
CINQ FÊTES
LOUANGES
PHILOMÈLE
SEPT PAROLES
VOLUME II
MIROIR
SALVE, REGINA
LOUANGES
PETIT PSAUTIER
XXV MÉMORIAUX
GOUVERNEMENT AME
VERTUS
COMBAT SPIRITUEL
PRÉPARATION MESSE
CÉRÉMONIES
MÉPRIS DU MONDE
EXERCICES SPIRITUELS
BOUQUET CHRÉTIEN
BOUQUETS PASSION
SIX AILES
VOLUME III
SOLILOQUE
ITINÉRAIRE
VII CHEMINS
VII° CONTEMPLATION
INCENDIE DE L'AMOUR
VOLUME IV
VII DONS DU ST-ESPRIT
AIGUILLON DE L'AMOUR
LIVRE DE L'AMOUR
VOLUME V
ST FRANÇOIS
RÈGLE
RÉPONSES
ALPHABET I
ALPHABET II
CONFÉRENCES
MIROIR
VOLUME VI
RELIGIEUX
NOVICES I
NOVICES II
CONSEILS ÉV.
PERFECTION
DIVERS
PSAUTIER
BREVILOQUIUM
TRIPLE VOIE
SIX ILLUMINATIONS

OEUVRES SPIRITUELLES
DE S. BONAVENTURE V

 

De l'Ordre des Frères-Mineurs, Cardinal-Évêque d'Albane,

 

TRADUITES PAR M. L'ABBÉ BERTHAUMIER,CURÉ DE SAINT-PALLAIS.

 

TOME CINQUIÈME

 

CONTENANT

 

La Légende de saint François, l'Exposition de la règle des Frères-Mineurs, — Réponses à quelques objections touchant la règle de saint François,l'Alphabet des religieux,Autre AlphabetConférences,le Miroir de la discipline.

 

PARIS.

LOUIS VIVÈS, LIBRAIRE-ÉDITEUR

RUE CASSETTE, 23.

1855

 

 

PRÉFACE

 

Cette deuxième série des Oeuvres de saint Bonaventure comprend ses écrits sur la vie religieuse. Là , comme dans ses autres ouvrages , nous retrouverons le grand maître, le directeur habile , sage et discret , l'homme initié à tous les secrets de la perfection , le docteur plein de tendresse et de piété, et, pour tout dire en un mot, le serviteur sage et prudent appliqué à faire fleurir l'héritage confié à ses soins. C'est dans les écrits du plus humble et du plus fervent des enfants

 

VI

 

de saint François qu'il faut apprendre à connaître l'ordre séraphique dont les vertus, les travaux et la science consolent l'Eglise depuis six siècles. Rien de plus ignoré que l'esprit des ordres religieux au moyen-âge. Nous les jugeons avec les idées d'une éducation frivole et incapable d'étendre ses regards au-delà du cercle étroit dans lequel elle s'agite , et nos jugements se trouvent le plus souvent aussi contraires à la vérité qu'injurieux à la sainte Eglise. Le moyen-âge et surtout le siècle de saint Louis et de saint Bonaventure était le siècle des grandes idées , le siècle de la charité, de l'honneur, de la politesse exquise et véritable, le siècle des vertus civiles et chrétiennes, et ces vertus se montraient florissantes surtout dans les ordres religieux. Bien des hommes de talent se sont appliqués à démontrer cette vérité; mais quand l'erreur a persévéré pendant des siècles , quand elle se présente appuyée d'un côté sur des noms souvent honorables mais

 

VII

 

indignement abusés, et de l'autre sur tous les instincts des passions les plus viles, il faut de longues années pour la dissiper. Elle a été entamée largement de nos jours , et la science rectifie ses jugements d'autrefois; mais l'impiété ignorante et orgueilleuse a trop d'intérêts engagés dans la question actuelle pour jeter un regard eu arrière. Il est plus facile de déverser le mépris sur les enfants les plus glorieux de l'Eglise et les bienfaiteurs les plus insignes de l’humanité que d'aller interroger leurs savants ouvrages , que de s'initier aux mystères de leur charité et, de sonder par des études pénibles combien leurs oeuvres étaient en rapport avec les besoins réels de la société. Nous n'entreprendrons pas une démonstration sur ce sujet.; notre démonstration se trouve dans l'ouvrage dont nous offrons la traduction. L'ordre de saint François a reparu parmi nous ; son retour a été salué comme une bénédiction du Ciel ; mais beaucoup ignorent

 

VIII

 

encore, même parmi leurs amis , quels sont ces hommes vénérables revêtus des livrées de la pauvreté, quel est leur esprit, quels sont leurs désirs. A leurs amis comme à leurs ennemis, nous offrons le secret de toute leur vie , et ce secret nous est livré par un des hommes les plus chers à l'ordre séraphique.

Les ouvrages de cette nouvelle série commencent par la vie de saint François. Il était juste de présenter un modèle accompli de la perfection religieuse avant d’en tracer les règles et les devoirs. La vie toute divine et toute miraculeuse du saint patriarche est bien en vérité , pour ses enfants et pour tous les chrétiens, l'exhortation la plus puissante à la vertu. Elle est racontée avec une tendresse admirable : c'est le coeur d'un fils écrivant les actions d'un père bien-aimé.

Bien des choses pourront sembler extraordinaires et même puériles dans cette vie au commun des lecteurs. Mais les hommes sages et instruits des

 

IX

 

voies de Dieu en jugeront autrement. François d'Assise sera à leurs veux l'homme revenu aux beaux jours de la création et remis en possession de la puissance donnée à Adam sur toutes les créatures. S'il voit en elles toutes des frères et des soeurs, c'est qu'il les considère comme autant d'oeuvres de la main de sou Créateur; s'il prêche aux animaux privés de raison le Dieu qui leur donna la vie , c'est que le souvenir des bienfaits du ciel le transporte ; le premier besoin de son coeur est la reconnaissance , et il s'est rappelé que le Prophète-Roi aussi invitait le feu et la grêle , la neige et les tempêtes, les montagnes et les collines, l'arbre penché vers la terre sous le fardeau de ses fruits et le cèdre superbe , tous les animaux , depuis le reptile qui se traîne dans la fange jusqu'à l'oiseau qui s'élève aux régions les plus pures de l'air ; il s'est rappelé, dis-je, que le Prophète les invitait à louer le Seigneur et à s'unir, dans un concert solennel , à l'homme créé pour connaître,

 

X

 

aimer, bénir et célébrer son nom sur la terre , et à l'ange déjà en possession de soli inénarrable félicité.

Ce serait au reste faire preuve d'une ignorance singulière, que de regarder les touchants récits de la vie de saint François comme des choses particulières au moyen-âge. Sulpice Sévère nous raconte, dans son grave et beau latin, un grand nombre de faits semblables, et les solitudes de l'Egypte ont été témoins de la plupart des merveilles qui, huit siècles plus tard, se renouvelèrent en la personne de l'humble et séraphique François d'Assise.

Après la vie du saint patriarche vient l'explication de sa règle. L'ordre des pauvres du Seigneur avait vu le relâchement s'introduire en plusieurs de ses maisons. Les hommes fervents en avaient gémi ; mais d'autres s'efforçaient de faire plier la règle à leurs désirs , et il était devenu nécessaire d'en préciser le sens. C'est ce que

 

XI

 

saint Bonaventure a fait avec toute l'autorité de sa vertu et de son génie ; mais il ne borne pas là ses efforts : il fait aimer cette règle si austère et il apprend à ses frères à la regarder comme un trésor inestimable.

Nous avons retranché dans cette Explication la plus grande partie d'une réponse à une objection contenue dans le chapitre quatrième , sur la manière dont les frères mineurs possèdent. La question se trouve traitée en plusieurs autres endroits, et cette réponse, sans grande importance aujourd'hui, nous a paru d'une longueur telle que nous avons cru pouvoir l'abréger sans nuire en rien à la substance de ce livre.

Le troisième traité de ce volume est une série de réponses à diverses questions touchant la règle de saint François. Cette règle eut dès le commencement des adversaires nombreux , et saint Bonaventure dut plus d'une fois prendre la plume pour leur répondre. Nous n'avons traduit de toutes ces

 

XII

 

controverses que ce seul ouvrage. Notre but a été de nous borner aux oeuvres spirituelles de notre saint, et en nous arrêtant à ce livre, nous avons voulu seulement donner une idée des questions alors agitées contre les ordres religieux. Ces questions , comme on le verra , sont en partie les mènes que celles soulevées de nos jours. L'Eglise du Seigneur, toujours pleine de vie et de force , puise dans sa charité inépuisable des secours proportionnés avec les besoins de l'homme , et de son tronc à jamais intact de nouvelles tiges s'élancent potin ombrager des misères nouvelles ; mais ses ennemis sont condamnés à la stérilité. Leurs cris se sont répétés de siècle en siècle , et les attaques lancées contre les enfants de saint Ignace étaient à peu près les mêmes que celles dont saint Thomas et saint Bonaventure avaient fait justice. Il en sera de même jusqu'à la fin du temps. Les noms changent , mais les objections sont les mêmes, à moins qu'elles ne dépassent en

 

XIII

 

ineptie les anciennes, et le principe est également le mate : haine à l'Eglise ignorance profonde de son esprit, impatience de son joug : Gravis est nobis ad videndum , quoniam dissimilis est aliis vita illius, et immutatae sunt viae illius (1).

Ensuite viennent l'Alphabet des religieux, huit Conférences et le Miroir de la discipline.

L'Alphabet est un résumé de tout ce qui peut conduire promptement un religieux à la perfection.

Les Conférences roulent sur l'Incarnation du Verbe , la crainte du Seigneur, l'obéissance , la modestie , le silence , la dévotion , la diligence et la discipline. Ces conférences renferment d'excellentes choses en peu de mots ; mais sont-elles de saint Bonaventure? Nous avons lieu d'en douter. Il est dit à la fin de la septième : « Toute celte conférence est tirée du pieux livre intitulé :

 

1 Sap., 2.

 

 

XIV

 

Imitation de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Or , chacun sait quelles controverses ont été soulevées sur l'époque où l'Imitation fut composée et sur son auteur. Ces controverses seraient résolues si l'on pouvait prouver que ces conférences sont réellement de saint Bonaventure. Cependant nous n'avons pas cru devoir en omettre la traduction, et nous avons pensé que la tendre piété dont elles sont empreintes nous excuserait facilement auprès de nos lecteurs de leur avoir donné un ouvrage dont l'authenticité peut être contestée.

Le Miroir de la discipline est un livre écrit en faveur des novices. Il contient des enseignements sans nombre sur la manière de se conduire dans les différents actes de la vie, et l'on pourrait sans crainte l'appeler un traité de politesse chrétienne. Le docteur séraphique descend en beaucoup de chapitres des hauteurs de son génie pour se faire petit avec les commençants et les former à cette honnêteté

 

XV

 

parfaite qui a son principe et sa force dans la religion , et n'est plus qu'hypocrisie ou vanité lorsqu'elle s'appuie sur une autre base. C'est dans ce traité qu'il faut aller apprendre les usages de la société catholique du treizième siècle, et reconnaître si nos progrès nous donnent le droit de mépriser les beaux jours de l'Eglise.

 

Haut du document

 

 

 

Précédente Accueil Suivante