Guerre - VIII
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Désespoir apaisé.

« Ne perds pas confiance. »

Une compagnie confiée à Sœur Thérèse est merveilleusement protégée sous Verdun.

Conversion de deux soldats, pères de famille.

Du colonel commandant l'artillerie lourde du 11e corps.

Transformation d'un soldat incroyant.

Dans une ambulance militaire.

« Le bien qu'elle opère est immense. »

« Que votre nom soit sanctifié par l'Église de Dieu ! »

Il entendit une douce voix lui dire : « Retire-toi de là. »

« A moi, Sœur Thérèse !î »

« Ne craignez rien, je viens ici pour vous protéger. »

« Il n'a plus souffert et s'est endormi. »

« Je fus immédiatement soulagé. »

 

Désespoir apaisé.

 

Hôpital municipal, 1, rue Damon. Villeurbanne (Rhône), 10 août 1916.

 

Révérende Mère,

 

Je viens aujourd'hui m'acquitter d'une dette sacrée, en vous désignant un fait que je certifie authentique, et que j'avais promis à ma céleste Protectrice de vous raconter.

A la suite d'événements assez malheureux survenus dans sa famille, notamment la perte d'une de ses petites filles, un de mes voisins de lit, à l'hôpital, fut pris d'une crise de désespoir telle, qu'il résolut d'en finir avec la vie.

Je soupçonnai son état d'esprit lorsqu'il monta se coucher, c'était le soir du 1er août. Je le vis bientôt, sous prétexte de respirer un peu d'air frais, se pencher très Tort à la fenêtre, et je devinai qu'il voulait se jeter dans la rue (notre salle est bien à 15 mètres de hauteur). Je fis signe à son voisin immédiat, qui le retint de vive force.

L'exaspération du malheureux fut à son comble, et il ne cacha plus du tout son dessein. A notre charitable infirmière qui essayait de le consoler, et lui proposait une potion calmante pour le faire dormir, il opposa un refus formel, et dit : « Il n'y a de remède pour moi que dans la mort. Oui, demain soir j'aurai fini de vivre. »

Nous nous entendîmes trois ou quatre, pour le veiller toute la nuit. Pendant son tour de garde, mon voisin s'assoupit, mais je m'éveillai fort heureusement juste à temps pour arrêter le malheureux désespéré au bord de l'abîme.

Ne pouvant réussir ainsi, il s'enfuit dans une petite pièce voisine, mais fut suivi par un de mes camarades.

Je profitai alors de son absence, pour introduire dans son oreiller une relique de la chère Sœur Thérèse que je portais constamment sur moi, priant la sainte Enfant de sauver ce malheureux.

 

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Il revient se coucher, et voilà qu'à notre grand étonnement, il reste tranquille; et nous n'eûmes plus aucune tentative à réprimer. Aujourd'hui, sa gaieté a reparu et notre malade s'occupe au jardin, joue aux cartes, fume sa pipe, tout comme avant, sans se douter des bons services que lui a rendus la chère Sainte de Lisieux. Mais mon devoir, accompli avec un cœur reconnaissant, était de les révéler à la gloire de sa puissante Bienfaitrice.

Veuillez agréer, etc.

 

Marius Lesccue,

7e d'infanterie.

En religion : Frère Frédéric Jean,
de l'Institut de Saint-Gabriel,
professeur à Bangkok (Sfafft).

 

« Ne perds pas confiance. »

RELATION D'UN SOLDAT D'INFANTERIE SE BATTANT DANS L'ARGONNE (Communiquée au Carmel par sa sœur.)

 

11 août 1916.

 

Le jour du 15 août a été très dur; j'avais le pressentiment d'un malheur et je disais à Sœur Thérèse : « Je veux bien être blessé, perdre un bras ou une jambe, mais je vous en prie, gardez-moi la vie. » Après cela j'ai été tranquillisé. Je me suis battu avec ardeur; ne pouvant tenir dans la tranchée, je montai sur le parapet où je recevais les grenades boches; j'en ai reçu cinq que j'ai pu leur renvoyer juste à temps pour qu'elles éclatent chez eux, mais la sixième a explosé dans ma main m'arrachant trois doigts et me blessant encore à la tête. Je tombai à la renverse sans connaissance dans la tranchée que les Allemands ont enlevée, me foulant aux pieds. C'est alors que recouvrant mes sens, je sentis un souffle très doux me caresser la figure et aussitôt j'entendis une voix me murmurer : Courage, ne perds pas confiance, puis, tout d'un coup, je me suis trouvé transporté de la tranchée ennemie dans un ravin, où nos brancardiers m'ont relevé.

J'atteste que c'est Sœur Thérèse qui m'a sauvé. C'est à elle que je dois la vie et je lui en serai toujours reconnaissant.

 

T.,

(décoré de la Médaille militaire et de la Croix de guerre.)

 

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Une compagnie confiée à Sœur Thérèse est merveilleusement protégée sous Verdun.

 

Paris, 18 août 1916.

Ma Révérende Mère,

 

Je viens, comme tant d'autres, apporter aux pieds de Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus un tribut de profonde reconnaissance.

Mon mari, qui a depuis longtemps pour elle une grande dévotion, partit au front, il y a treize mois, avec une de ses précieuses reliques, et plaça toute sa confiance en la chère sainte.

Au milieu de juin dernier, son régiment, le ...* de ligne, fut envoyé à Verdun, en ces jours où l'ennemi effectua sur les deux rives de la Meuse, les attaques les plus formidables. Sous l'atroce bombardement, mon cher combattant, qui est caporal, m'écrivait : « J'ai remis ma compagnie entre les mains de la petite Sœur; beaucoup en riraient, moi, j'ai confiance. »

Il ne devait pas être trompé dans son attente, et au sortir de cette horrible fournaise, il me disait : « Cette semaine du 18 au 25 juin restera à jamais dans ma mémoire, et elle demeurera la marque de la protection providentielle dont toute ma compagnie et moi-même fûmes l'objet : nous n'avons qu'un mort et qu'un blessé tandis que notre régiment et celui qui fait brigade avec nous, comptent ensemble 2.700 hommes hors de combat, et la division plus de 50 % !

« Que de fois j'ai invoqué le Sacré-Cœur et la petite Sœur ! Ils m'ont sauvé de la tourmente : que notre prière soit un cri de reconnaissance ! »

Vous devinez avec quelle joie, ma Rde Mère, je proclame cette preuve de la puissance de la chère petite Sainte. Veuillez agréer, etc.

 

Mme Chevallier.

 

Conversion de deux soldats, pères de famille.

 

Dun-le-Palleteau (Creuse), le 18 août 1916.

 

M. G., de X..., était libre penseur, et sa femme, malheureusement, partageait ses idées. Ils ne firent baptiser leur petite fille que pour céder au désir de parents qui voulaient être parrain et marraine.

Au début de la guerre, cette enfant, âgée d'une huitaine d'années, donna à son père une image de Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus, en lui disant : « Cette petite sainte te protégera. Papa, je veux que tu la gardes. » Pour faire plaisir à la mignonne, il consentit à emporter la pieuse gravure. Peu de temps après, il échappa à la mort, et sentit si nettement l'intervention de la sainte, qu'il s'opéra en lui un changement merveilleux. En permission, il y a huit mois, il montrait avec fierté à ses amis son livre de prières : « Je vais à la Messe tous les

 

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dimanches, ajoutait-il, je chante des cantiques avec les autres, et je suis très heureux. » Dans les tranchées, il a sculpté avec son couteau un charmant petit cadre, pour y mettre l'image de Sœur Thérèse, et la placer ensuite dans son foyer.

Après un combat très meurtrier, il écrivait à sa femme : « Tous les camarades tombaient autour de moi, et je n'ai pas été touché. C'est à notre petite sainte que je le dois. Aussitôt ma lettre reçue, fais-lui brûler un cierge. » Il convient de dire que Mme G. a subi elle aussi cette céleste influence, et a retrouvé le chemin de l'église.

Quant à son mari, actuellement sergent, il continue d'agir en héros, près de Verdun. Muni déjà d'une citation à l'ordre de l'armée et de la Croix de guerre, il en a obtenu une seconde et une deuxième palme avec les éloges très distinctifs des généraux de Castelnau et de Maud'huy. Il porte sur lui un grand Christ trouvé sur le champ de bataille, et est aussi admirable soldat que chrétien.

Un autre père de famille, qui professait autrefois les mêmes sentiments hostiles, ayant fait enterrer civilement son père, et refusant le baptême pour son enfant, a été également converti après une protection de Sœur Thérèse dont il gardait l'image. Dernièrement il écrivait de faire bien vite baptiser sa fillette, sans attendre son retour.

C'est incroyable ce que la sainte Carmélite est aimée de nos soldats !

Marie Delafont. La signataire est très connue au Carmel de Lisieux.

 

Du colonel commandant l'artillerie lourde du 11e corps.

 

20 août 1916.

 

Ma Révérende Mère,

 

Je désirerais vivement avoir des images et médailles de Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus, car nous avons grande confiance en elle et je fais tout mon possible pour propager sa dévotion.

Je suis convaincu qu'elle a tout spécialement protégé le 28e régiment que j'ai commandé, le IIIe que je commande actuellement, et moi en particulier.

Au 28e, régiment uniquement composé de Bretons et de Vendéens, Sœur Thérèse était en grand honneur : des pièces de batteries entières lui étaient consacrées. Nous nous sommes trouvés, surtout au début de la campagne, dans des situations tellement atroces et critiques, que certainement si nous avons été sauvés, c'est grâce à une protection très nette que je n'hésite pas à attribuer à la petite Sainte du Carmel.

 

Veuillez agréer, etc.

 

J. de Loustal., colonel commandant l'artillerie lourde du 11e corps.

 

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Transformation d'un soldat incroyant.

 

C. (France), 24 août 1916.

 

Ma Révérende Mère,

 

Que Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus soit bénie et remerciée pour une grande grâce, spirituelle et temporelle en même temps.

Il y a deux ans, un parent bien proche, mon beau-frère, me tenait un triste langage : 1° il ne croirait qu'aux miracles dont il serait témoin; ayant été à Lourdes, et n'en ayant pas vu, il concluait que le miracle n'existait pas; 2° il assurait, au début de juillet 1914, que si la guerre éclatait, le bon Dieu alors n'était pas le bon Dieu. Eh bien ! aujourd'hui, le même homme, soldat, et confié à Sœur Thérèse, protégé visiblement pendant plusieurs batailles et assauts à la baïonnette, a mis souvent sa conscience en règle, et cet esprit fort est changé à un tel point que, durant les combats, il invoque avec ferveur votre petite sainte dont il porte la relique. Il a promis, s'il revient sain et sauf, de faire un pèlerinage à Lisieux, et de placer chez lui un grand tableau de sa chère Protectrice.

Ces jours derniers, il écrivait à sa femme, lui racontant comment il avait échappé à la mort, dans la tranchée, où deux obus successifs auraient dù le tuer comme ses pauvres camarades. Et il ajoutait : « Tandis que sous une pluie de fer et de feu, nous portions secours aux trop nombreuses victimes, je priais plein de confiance ma petite Sœur Thérèse qui venait si bien de me sauver. »

Il conclut avec un abandon vraiment chrétien : Serons-nous réunis de nouveau un jour? aurons-nous ce bonheur refusé à tant d'autres? Dieu seul le sait, et Lui seul peut le faire. »

N'ai-je pas raison, ma Rde Mère, de publier ma reconnaissance envers votre sainte si puissante, pour cette merveilleuse transformation?

Veuillez agréer, etc.

 

Mlle X..

 

Ce soldat père de famille, revenu de la guerre, a tenu à exécuter ses promesses.

 

Dans une ambulance militaire.

 

Hôpital Croix-de-Lorraine, La Loupe (Eure-et-Loir), 28 août 1916.

 

Ma Révérende Mère,

 

J'ai reçu ce matin votre colis; merci du fond du cœur pour moi et pour nos chers soldats. Je voudrais que vous puissiez assister à une distribution des souvenirs de Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus; malgré soi on est ému, en voyant tous ces jeunes gens avides de

 

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posséder un objet de la petite sainte, comme ils l'appellent. L'un d'eux, depuis que je lui ai donné la brochure de sa vie abrégée, ne la quitte pas, non plus que son image qu'il presse sur son cœur. Je ne sais ce qui se passe entre lui et Sœur Thérèse; toujours est-il qu'il y a huit jours il était très malade, et qu'actuellement il va beaucoup mieux; sa figure est comme irradiée, et une infirmière m'en faisait avec étonnement la remarque.

Quand il nous arrive de nouveaux venus, les anciens s'empressent de parler à leurs camarades de leur chère Protectrice, et c'est une fête quand je peux leur donner de mes trésors. L'autre soir, il faisait presque nuit, quand j'ai remis à plusieurs la petite notice : alors ils ont allumé leur lampe électrique de poche pour la lire sans retard.

Dernièrement, pendant mon absence, un de mes soldats eut une crise cardiaque. Quand je rentrai, le plus jeune me dit : « Ma Sœur, la « petite Thérèse » vient de faire un miracle. Débure a eu une crise, nous lui avons posé l'image de la petite Sœur, et il s'est calmé tout de suite. »

Encore un trait : l'un de ces chers enfants va être décoré dimanche prochain de la Croix de guerre, et il me disait avant-hier : « Ma Sœur, ma croix de guerre, j'irai la porter à Sœur Thérèse. » C'est un jeune volontaire de la classe 17. Il a reçu ce matin une lettre de sa marraine de guerre, lui annonçant que son frère vient de recouvrer la vue par l'intercession de la petite Sœur, après l'avoir perdue par les gaz asphyxiants.

Quelle trempe chez ces jeunes gens ! J'ai baptisé leur salle : « Salle de Sœur Thérèse », et on ne manque pas d'y invoquer la sainte à la prière en commun.

 

Veuillez agréer, etc.

Sr Marie-Brigitte,

religieuse hospitalière.

 

« Le bien qu'elle opère est immense. »

 

Aux Armées, le 29 août 1916.

 

Hier matin, un obus a enseveli trois hommes, et le bombardement menaçait d'engloutir ceux-là même, aumônier en tête, qui s'occupaient à dégager les malheureuses victimes, dont deux vivaient encore.

A un moment donné, la situation devint critique; des 150, 210 et même des 305, tombaient tout près de nous, se succédant rapides. Je dis à Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus : « Ma petite sainte, arrête le tir boche, et je te promets une offrande pour ta Cause. » Pas un obus nouveau n'est arrivé, une heure durant, avant que le travail fût achevé. Mais sitôt fini, la mitraille a repris de plus belle.

C'est un fait entre tant d'autres que je pourrais citer, car j'expérimente sans cesse la protection de cette Fleur du Ciel, que je me plais

 

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à nommer l'apôtre du vingtième siècle. Le bien qu'elle opère est immense, et à la vue de son beau visage empreint d'une pureté angélique, au récit de sa vie idéale, mes braves artilleurs s'émeuvent, et le surnaturel leur apparaît enfin comme une réalité.

Sœur Thérèse a converti deux de mes anciens élèves, dont l'un est mort au champ d'honneur, en 1914, et l'autre, en ce moment au front de Monastir, communie tous les jours, et se prépare au sacerdoce, sous la pluie de feu.

J'aime ardemment cette petite sainte, pour sa simplicité presque introuvable à notre époque, pour son incomparable innocence, son amour de Dieu, son zèle éclairé des âmes. Elle est le chef-d'œuvre du Carmel!

 

Abbé E. D.,
…Brie  du … d'art.

 

« Que votre nom soit sanctifié par l'Église de Dieu ! »

 

Septembre 1916.

 

Je suis sous la protection de la chère Petite Sœur Thérèse dopais le début de la guerre. J'ai pris part à toutes les attaques de mon régiment, et j'ai été miraculeusement sauvé bien des fois.

A l'approche du danger, je me confiais à ma céleste Protectrice et j'avais aussitôt la conviction que rien de fâcheux ne m'arriverait, toute crainte se dissipait, je me sentais fort et courageux. J'éprouve une confiance absolue et une reconnaissance sans bornes envers la chère petite Sainte; sa pensée ne me quitte pas, et je devine sa présence constante dans ma vie spirituelle et matérielle.

Je désire de tout cœur qu'elle soit béatifiée au plus tôt. Matin et soir, j'ajoute cette humble prière à l'Ave Maria : Bonne petite Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus, que le Seigneur soit avec vous, que votre nom soit sanctifié par l'Église de Dieu !

 

Ferron, adjudant-chef,   129e  d'infant, Croix de querre.

 

Il entendit une douce voix lui dire : « Retire-toi de là. »

 

Couvent des Auxiliatrices de l'Immaculée-Conception, Paris, 4 septembre 1916.

 

Ma Révérende Mère,

 

Je suis heureuse de vous communiquer un trait bien touchant de la protection de notre angélique sainte. Il m'a été rapporté, par une personne amie, Mme B., belle-sœur du privilégié. Ce dernier, non croyant, accepta cependant par complaisance un sachet-relique de Sœur Thérèse dont il promit de ne jamais se séparer. Or, un jour

 

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de grande bataille, il regardait au périscope, lorsque soudain, il entendit une douce voix lui dire : Retire-toi de là. Il n'y fit pas attention tout d'abord, mais la mystérieuse invitation se renouvela plus pressante. A la troisième fois, le sous-lieutenant, interdit, quitta la place qu'il occupait; quelques instants après, un obus s'abattit juste à cet endroit, et l'aurait tué certainement, s'il n'avait obéi à l'avertissement mystérieux. Cette grâce de préservation allait, du même coup, le sauver de la mort et lui ouvrir les yeux de l'âme. « Désormais, écrivait-il aux siens, en leur racontant cette histoire merveilleuse, je veux vivre en bon chrétien. Maintenant je crois en Dieu, et je le dois à Sœur Thérèse. »

Le cher converti m'a remerciée directement des prières que nous avons adressées pour lui à la petite sainte, qu'il proclame sa Protectrice.

Je pourrais encore, ma Révérende Mère, vous citer bien d'autres faits à la louange de la chère Servante de Dieu. Ses souvenirs font la joie de nos soldats. Le 13 août, j'allai à l'hôpital Saint-Joseph visiter un blessé, parent d'une de nos Sœurs. Ce brave enfant avait été mis sous la garde de Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus, dont il portait avec foi la relique, dans son porte-cartes. Le 14 juillet, il fut atteint de deux balles aux jambes, mais un éclat d'obus dirigé sur le cœur, s'arrêta sur le petit sachet, après avoir perforé ses vêtements, son porte-cartes et toutes les photographies qui s'y trouvaient. Seule, la relique est restée intacte.

Son voisin d'hôpital me dit, lui aussi, en me montrant fièrement un sachet de Sœur Thérèse : « Je ne le donnerais pas pour tout au monde ! » Alors le camarade le plus proche m'appelle à son tour et soupire tout bas : « Je l'envie son porte-bonheur. » J'eus vite fait de le satisfaire, mais je m'aperçus bientôt qu'un autre blessé contemplait la scène avec des yeux pleins de convoitise. J'avais heureusement une bonne provision des pieux trésors, et j'en fis ample distribution. Le lendemain, cinq de ces pauvres enfants se sont confessés et ont communié pour l'Assomption. Telle est l'œuvre de grâce de la chère petite sainte. »

 

Veuillez agréer, ma Rde Mère, etc.

Rde Mère Marguerite,

Supérieure Générale.

 

Le sous-lieutenant B... vint en pèlerinage à Lisieux, le 30 novembre 1919, et remit au Carmel sa croix de Légion d'honneur.

 

« A moi, Sœur Thérèse !î »

 

Du front, 10 septembre 1916.

 

Mon régiment, le d'infanterie, est allé devant Verdun, pour y monter quatre fois en ligne.

 

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Le jeudi 22 mai, jour de la Fête-Dieu, et où nous gagnâmes le fort de Souville, le feu de l'artillerie allemande était intense. Dans ce danger pressant, j'invoquai Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus, en qui j'ai la plus grande confiance, et son action fut vraiment miraculeuse, lorsque je reçus l'ordre de redescendre seul sur Verdun pour en ramener, le soir, le ravitaillement.

Je monte donc sur ma bicyclette, sursautant à travers les trous et les décombres, produits par le bombardement. J'arrive à la route, mais là se trouve le passage le plus terrible étant le mieux repéré. Bientôt la mitraille m'enveloppe à tel point, que je me sens perdu; je suis dans un océan de fer et de feu. Alors, dans ma détresse, je m'écrie avec une foi entière : A moi, Sœur Thérèse !

A peine avais-je prononcé ces paroles, que la sainte m'apparut tout à coup lumineuse et tout auréolée. De sa main puissante, elle arrêta subitement le tir de l'ennemi et plus un seul obus ne fut lancé jusqu'à mon entrée dans Verdun.

C'est avec joie que je publie ce fait extraordinaire, à la gloire de la petite Sœur Thérèse. La reconnaissance que je lui garde est sans limites.

 

C. de B.,

cycliste au … * rég. d'infanterie.

* ...  Cie .

 

Monsieur l'abbé M., doyen de T., a bien voulu témoigner de l'honorabilité et de la parfaite bonne foi de la famille de B., habitant sur sa paroisse.

 

« Ne craignez rien, je viens ici pour vous protéger. »

 

Paris, le 6 septembre 1916.

 

Ma Révérende Mère,

 

Je vous prie de joindre vos actions de grâces aux nôtres, pour la protection dont Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus vient de couvrir l'un de mes neveux, soldat. Ce brave garçon, âgé de vingt-trois ans, se trouve dans la Somme depuis plus d'un mois, et nous écrit avoir échappé à la mort, ainsi que ses camarades, par un miracle de la petite sainte. Je lui conseille de vous faire lui-même la relation des faits.

Ce jeune homme est bien méritant, car, versé dans le service auxiliaire, il n'a cessé de tourmenter ses chefs pour obtenir d'être envoyé au front. « Sœur Thérèse, disait-il, lui donnerait la force nécessaire pour faire son devoir. » Il n'est donc pas étonnant qu'elle ait tout particulièrement veillé sur lui.

Veuillez agréer, ma Rde Mère, etc.

 

R. Fouchard,
Membre de la Conférence de Saint-Vincent-de-Paul.

 

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RELATION DU SOLDAT

 

Abbeville, 14 septembre 1016.

 

Ma Révérende Mère,

 

Je me fais un grand plaisir de vous donner quelques détails sur les grâces dont je suis redevable à Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus.

Depuis le début de la guerre, je porte sur moi, avec le plus profond respect, sa précieuse relique, et elle ne me quittera jamais. J'ai passé de bien mauvais moments déjà, mais toujours ma petite sainte se trouvait là pour me sauver.

Parmi tous les dangers courus, il faut surtout noter le combat du 30 juillet et les jours qui suivirent. Nous étions alors dans la Somme, et chargés d'aller renforcer des troupes de première ligne. Je servais d'agent de liaison et nous eûmes à subir le plus terrible des bombardements, pendant quatre grandes journées, refoulant néanmoins avec succès les attaques ennemies.

Un soir, le 2 août, nous étions blottis toute une demi-section autour d'une masure, qui volait en éclats sous la pluie de mitraille. Un religieux faisant partie du groupe, nous exhortait à prier dans ce péril toujours croissant, et mes camarades récitaient le chapelet. Pour moi, tout en priant la Sainte Vierge, j'invoquais Sœur Thérèse, l'appelant avec confiance à notre secours. Tout à coup, vers 11 heures, tandis que la bataille faisait rage, je la vis debout, au pied d'une mitrailleuse qui était là. Elle me regardait et nous bénissait tous. Puis elle me dit, en souriant : Ne craignez rien, je viens ici pour vous protéger.

Tout ému, je criai à mes compagnons : « Je vois Sœur Thérèse, elle est là! nous sommes sauvés! » Et de fait, pas un seul des nôtres ne succomba, et nous sortîmes bientôt sains et saufs de cette situation affreuse.

Aussi, combien je l'aime, ma belle petite sainte ! Toutes mes pensées vont vers elle !

 

Paul-Henri Joly, soldat au 229e régt. d'infanterie.

 

TÉMOIGNAGE DU RELIGIEUX-SOLDAT

 

Hôpital Saint-Jacques de Marvejols (Lozère).

 

Ma Révérende Mère,

 

Le soldat Paul-Henri Joly est un jeune homme très sérieux. J'étais présent au combat terrible qui se livra dans la nuit du 2 au 3 août dernier. Les Allemands nous bombardaient avec une violence inouïe, et le faîtage de notre abri s'en allait par lambeaux. Nous étions tous accroupis dans la poussière, recouverts de soufre phosphorescent; on aurait dit nos vêtements en feu. Dans cet imminent danger, j'encourageai mes pauvres camarades à faire leur acte de contrition, puis ensemble nous récitâmes le chapelet. Paul Joly adressait souvent,

 

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à haute voix, des invocations à Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus, lorsque, vers les 11 heures, toujours au milieu du fracas des obus, je l'entendis s'écrier : « Je vois Sœur Thérèse, nous sommes sauvés ! » Pour moi, je ne fus pas favorisé de la vision, mais j'ai toute confiance en l'aimable sainte que j'invoque tous les jours. Veuillez agréer, etc.

 

Jean-Baptiste Vidal,
Frère des Écoles chrétiennes mobilisé.

 

Le soldat Joly resta fidèle et reconnaissant à sa sainte Protectrice : « Elle est toujours avec moi », écrivait-il à la fin de la campagne, où jusqu'au bout il avait senti son assistance.

 

« Il n'a plus souffert et s'est endormi. »

 

Joué-du-Bois (Orne), 15 septembre 1916.

 

Madame la Supérieure,

 

C'est une fervente action de grâces que nous devons à votre petite Sœur Thérèse. Les prières, que je vous avais demandées, ont été pleinement exaucées. C'était au sujet de mon fils, Victor Lemaître, soldat de la classe 17, atteint d'une mastoïdite aiguë. Malgré l'opération, que l'on avait jugée bien réussie, la fièvre montait sans cesse, elle demeurait à 40 degrés, chose très anormale, puisqu'elle doit toujours diminuer après l'intervention chirurgicale. Il souffrait terriblement et la matière purulente ne sortait plus.

Huit jours après l'opération, le major, qui s'inquiétait, fit part de ses craintes aux infirmières qui n'y comprenaient rien non plus : la méningite était imminente. Mon fils les entendait chuchoter près de lui, et voyant qu'on redoutait une aggravation, il eut recours à votre petite Sœur. Avant son départ, je lui avais remis une relique qu'il conservait dans son porte-monnaie. Il la prit donc, la plaça sous son oreiller, en priant Sœur Thérèse de le guérir. Presque instantanément, il n'a plus souffert et s'est endormi. Et quelle ne fut pas la surprise du major, le lendemain matin, en voyant la fièvre tombée à 38° 2. La matière purulente avait inondé les pansements, sans occasionner aucune douleur. Le jour qui suivit ce miracle, la fièvre est descendue à 37° 2, et n'est jamais remontée depuis. Aussi mon pauvre enfant remercie-t-il Sœur Thérèse avec ferveur, ainsi que celles qui ont prié pour lui. Aujourd'hui, il est en convalescence de quarante-cinq jours, et la vie de famille va achever l'œuvre, si bien commencée, par votre petite Sœur.

 

Recevez, je vous prie, Mme la Supérieure, etc.

 

Vve Victor Lemaître.

 

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« Je fus immédiatement soulagé. »

 

17 septembre 1916.

 

Révérende Mère Prieure,

 

En attendant que je puisse aller à Lisieux remercier Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus, je me permets de vous écrire ce qu'elle a fait pour moi.

Blessé le 25 septembre par une balle explosive qui passa à quelques millimètres de l'artère carotide, je tombai sans connaissance. Revenu promptement à moi au milieu de cruelles douleurs, je me recommandai à Sœur Thérèse, et fus immédiatement soulagé, au point de pouvoir atteindre à pied le poste de secours.

Le train sanitaire me déposa à Amiens, la gravité de mon état s'opposant à un plus long transport. Installé aussitôt à l'hôpital, je recommençai à souffrir horriblement et invoquai de nouveau Sœur Thérèse. Quel ne fut pas mon étonnement, quand soudain, dans la nuit du 8 au 9 octobre, je vis une clarté rayonnante, et une belle couronne. Au même instant mes souffrances cessèrent, et ma guérison commença.

Je vous prie, Révérende Mère, d'accueillir favorablement ce témoignage de ma grande reconnaissance envers Sœur Thérèse.

 

Louis Picard,
brancardier au 129e d'infanterie, 2e Bon.

 

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