Guerre - XVII
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« Ma Sœur Thérèse, venez à mon secours. »  Protection merveilleuse et guérison d'un soldat.

« N'ayez pas peur ! »

« Je suis ici, ne crains rien ! »

Dans une ambulance d'Italie.

Relations transmises par Don Nicola Lipartiti. Première grâce.

Comment un protégé de Sœur Thérèse échappe à un naufrage.

Hommage d'un jeune aviateur à Sœur Thérèse.

Guérison d'un soldat italien des « carabiniers royaux ».

Guérison d'un prisonnier français atteint d’un chancre à la lèvre.

Un « beau filon ».

« Une rose de la pluie divine s'est effeuillée sur moi. »

 

« Ma Sœur Thérèse, venez à mon secours. »
Protection merveilleuse et guérison d'un soldat.

 

Aux Armées, le 5 novembre 1918.

 

Ma bonne Mère Supérieure,

 

Ça m'est impossible de vous dire tout ce que je dois à Sœur Thérèse pendant la guerre. Pourtant elle veut que je vous raconte les deux grâces principales, car c'est pas ordinaire.

J'ai reçu la première à Anzin-Saint-Augustin, dans le Pas-de-Calais. Je venais de quitter la sentinelle, car il y avait là un poste de police d'infanterie. Dans les premiers jours de mars 1915, vers 10 heures du soir, on marchait avec plusieurs camarades à travers la campagne, mais je me trouvais à ce moment à 30 mètres d'eux. Il faisait si noir qu'on voyait à peine pour se conduire, et à un détour,

 

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apercevant quelque chose de plus clair, je pris cela pour la route et je mis hardiment le pied. Hélas, c'était la rivière, un courant très dangereux. Je suis tombé à pic, juste à l'endroit le plus profond du courant. Aussitôt, j'ai senti que j'étais perdu, d'autant mieux que je ne sais pas nager, et j'ai crié à Sœur Thérèse : « Ma Sœur Thérèse, venez à mon secours. » O ma bonne Mère, comment croire à ce qui s'est passé alors, si on ne croyait pas en Dieu !

A l'instant même que j'avais fait cette prière, sans aucun effort de ma part, je me suis senti déposé sur le bord de la rivière, et j'ai couru vers mes camarades qui, me voyant tout ruisselant d'eau, m'ont demandé ce qui m'était arrivé et sont revenus sur leurs pas, pour voir où j'étais tombé : « Non, c'est impossible, c'est pas toi qui t'es tiré de là tout seul », qu'ils me dirent. Moi je restai muet, pensant en moi : « C'est un miracle, c'est ma Sœur Thérèse qui m'a sauvé la vie. »

Pour ma seconde grâce importante, c'est ma guérison de la lièvre typhoïde. On me fit évacuer sur l'hôpital de Bar-le-Duc. Un jour, le docteur très inquiet me demanda si j'étais père de famille, et comme je lui répondais que j'avais deux enfants, il me dit : « Faites bien attention, surtout, évitez de prendre froid la nuit. » Je compris bien qu'il n'osait me dire la vérité, mais qu'il voulait me laisser entendre que j'étais dans un état désespéré et je me disais avec tristesse : « Si seulement j'avais une image de la petite Sœur Thérèse, comme celle que j'ai perdue sur le front, il me semble qu'elle me guérirait ! » Je pensais à cela dans la nuit, lorsque l'infirmier m'apporta une lettre de mon frère dans laquelle je trouvai l'image que je désirais tant. J'en fus si touché que je ne pus m'empêcher de pleurer. L'infirmier croyant que c'était de chagrin me dit de ne pas me décourager, que l'on pourrait encore me guérir. Mais ma petite Thérèse savait bien, elle, le sujet de mes larmes. Je pleurais de bonheur en pensant qu'elle voulait bien encore s'occuper de moi. Le lendemain matin je n'avais plus de fièvre, et le major ne pouvait s'expliquer cela. Moi je comprenais bien que Sœur Thérèse m'avait arraché à la mort; c'était le 12 octobre 1915.

Voici encore d'autres grâces que je lui dois :

Avant de partir à la guerre, je lui avais confié ma femme et mes enfants, lui demandant de les prendre avec elle plutôt que de les voir abandonner un jour le chemin du devoir... Alors, elle est venue chercher ma fille aînée, âgée de cinq ans et demi, un vrai petit ange. Ma femme ne pouvait s'en consoler, mais je lui ai dit : « Ne pleurez pas le bonheur de cette enfant; elle est au ciel, nous n'avons plus à craindre maintenant pour elle les misères de ce monde, Sœur Thérèse lui a fait un beau jour en la prenant avec elle. »

Pour moi personnellement, la sainte a complètement changé mon caractère qui était vif et entier. Maintenant je ne me reconnais plus, car je me trouve calme devant les événements les plus fâcheux; je ne vois plus du tout les choses comme avant. Je pense d'abord à bien servir le bon Dieu, car le reste me paraît peu de chose. Je n'ai aucune peur de la mort, je préférerais mourir sur le champ de bataille

 

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que sur un lit d'hôpital; mais je m'abandonne à Dieu plus que jamais, depuis qu'il a réalisé mon désir de venir m'agenouiller sur la tombe de Sœur Thérèse. Il peut maintenant faire de moi ce qu'il vomira, je suis prêt.

 

Recevez, ma bonne Mère Supérieure, etc.

 

Joseph Derrien.

 

« N'ayez pas peur ! »

 

Front belge, le 20 novembre 1918.

 

Révérende Mère,

 

Je suis un petit soldat flamand qui ne sait pas beaucoup écrire, mais je vous envoie l'argent ci-joint pour faire dire une messe d'actions de grâces, car je suis très redevable à Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus. Elle m'a aidé bien particulièrement, et je vais vous donner quelques détails.

D'abord, je vous assure que je ne suis pas un superstitieux. C'est au moyen d'un petit livre écrit sur elle, que j'ai fait la connaissance de Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus. Pendant quelques mois je la priais tous les jours, mais depuis quelque temps j'oubliais bien souvent de le faire; vous voyez, ma Révérende Mère, que je ne lui étais pas un serviteur très fidèle. Néanmoins, je portais toujours son image. Eh bien ! voici ce qui m'est arrivé.

Dans la nuit du 28 au 29 septembre, où notre offensive victorieuse a commencé, je me trouvais sur le front d'attaque, devant la forêt d'Houthulst. Il y avait une terrible préparation de notre artillerie française et les Allemands aussi bombardaient nos lignes. En attendant l'attaque, j'étais assis dans la tranchée, au milieu de ma compagnie, et j'avais peur, quand le bombardement me fit à moitié dormir. C'est alors que tout d'un coup, je vis devant moi la petite Sœur Thérèse, comme elle est sur l'image. Elle me sourit, et me dit : « N'ayez pas peur! » Je m'éveillai aussitôt, bien ému, et il fallut immédiatement partir pour l'attaque; mais je n'avais plus aucune frayeur et je m'élançai avec une grande confiance, pensant à la belle petite sainte qui m'avait souri et rendu la bravoure. Oh ! Révérende Mère, j'ai un tel souvenir de son apparition, que je la vois encore devant moi ! Je n'ai pas parlé de la chose à mes camarades, mais au signal de l'assaut, j'ai dit à mon frère, qui était près de moi, d'invoquer vite la petite sainte Thérèse. Oh ! je l'aime bien ma Protectrice, et je suis persuadé qu'elle ne m'abandonnera jamais.

Si vous voulez raconter ma grâce, Révérende Mère, vous pouvez signer mon nom, car c'est bien vrai tout ce que je vous ai raconté, et je n'ai pas honte de publier ma reconnaissance.

Je vous demande une bonne prière, et je vous remercie de tout cœur.

 

Votre soldat, Léon Van Hulle,

Z.  160,  10e Cie.

 

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TÉMOIGNAGE DE L'AUMONIER

 

Je n'hésite pas à dire que Léon Van Huile est de la plus absolue bonne foi; il m'a affirmé avoir vu Sœur Thérèse qui lui avait parlé, et se défend contre toute idée d'imagination. Ce soldat communie tous les jours, quand cela lui est possible, et il est animé d'un zèle sincère pour la gloire de Dieu. Il appartient d'ailleurs à une excellente famille, dont j'ai entendu, maintes fois, faire les plus beaux éloges, entre autres par le curé de la paroisse.

Il n'est pas étonnant que ce brave enfant se soit endormi, comme il le raconte, sous un violent bombardement. Cette détente des nerfs est fréquente en pareil cas, et j'en ai fait moi-même l'extraordinaire expérience.

 

Abbé Van Engeland,
aumônier Z. 160 III.

 

« Je suis ici, ne crains rien ! »

 

Contrexéville (Vosges), le 24 novembre 1018.

 

Ma Révérende Mère,

 

Ayant une très grande reconnaissance à la petite Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus, je tiens à vous le faire savoir.

Sur le front, depuis le commencement de la guerre, j'ai été bien des fois en très grand danger, mais toujours la sainte m'a protégé, et même en plusieurs endroits, elle m'est apparue; c'était aux moments les plus périlleux et tandis que je pensais à elle.

Mais la dernière fois que je l'ai vue, c'est le 21 octobre 1918, à Vandy, à l'est de Vouziers. C'était vers midi, nous étions dans un abri, en train de sommeiller, quand arriva sur nous un obus, dont l'éclatement tua les deux camarades qui se trouvaient à mes côtés. Réveillé tout à coup, et voyant mes pauvres compagnons gisant morts près de moi, je fus pris d'une grande tristesse, et de terreur aussi. Alors, comme toujours, je me mis à prier la petite Sœur d'avoir pitié de moi, car j'étais sans courage pour le moment, et elle m'apparut comme elle est sur son image, mais sans rien me dire; je sentais seulement qu'elle me protégeait, c'était comme si je lisais dans son regard : « Je suis ici, ne crains rien. »

Ma reconnaissance est pour toujours envers la petite Sœur Thérèse, qui n'a pas cessé de veiller sur moi.

Vous me feriez plaisir, ma Rde Mère Supérieure, en m'envoyant quelques images et souvenirs de la Sœur Thérèse, pour pouvoir les garder précieusement. Comme mon régiment est sujet à beaucoup de changements par suite des circonstances, vous pourriez

 

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les adresser chez moi, au Havre, au 75 rue de la Halle, où ma femme les recevra et me les fera suivre. Recevez, ma Rde Mère, etc.

 

Ernest Canu, 319e d'inf., sapeur, S. H. R.

 

Ce soldat, neveu d'une religieuse de la Providence de Lisieux, a été déclaré digne de foi par sa tante et d'autres personnes.

 

Dans une ambulance d'Italie.

LETTRE DON AUMONIER MILITAIRE ITALIEN

 

Hôpital militaire de Tappa, Mantoue (Italie), le 24 novembre 1918.

 

Ma Révérende Mère,

 

Je vous envoie ci-inclus trois relations de grâces attribuées à Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus et qui ont été écrites par les soldats eux-mêmes. Pour ma part, je suis heureux de vous relater trois autres faveurs de la chère petite sainte.

Le jeune Giovanni Montagna, entré dans cet hôpital dans les premiers jours d'octobre, atteint de typhoïde, était déjà privé de l'usage de la parole, quand je lui administrai l'Extrême-Onction. Son état se maintenant dans les mêmes conditions alarmantes, j'eus la pensée de prendre ma relique de la « piccola Regina » (petite Reine), et levant les yeux au ciel, je bénis le moribond avec cette relique, demandant à la sainte que le pauvre garçon puisse seulement se confesser avant de rendre le dernier soupir. Mais elle dépassa mon attente, car le lendemain, Giovanni Montagna s'exprimait sans difficulté, et quelques jours après, à ma grande surprise, il était parfaitement guéri.

Et maintenant le second cas. Le 15 courant, nous arrivait un autre soldat, du 266e régiment de mitrailleurs, nommé Désiderio Valentini, pris de la grippe qui dégénéra bientôt en broncho-pneumonie. Le 20 novembre, il était si mal, qu'on télégraphia à sa famille d'accourir près de lui, et le soir je le confessai. Mais je ne pus oublier la puissance de Sœur Thérèse et, après avoir fait baiser sa relique au malade, je le persuadai que, s'il avait confiance en la sainte, il pourrait encore guérir. Or, le lendemain, la température, qui jusque-là avait été fort élevée, descendit à 37° 2. Aujourd'hui, c'est-à-dire trois jours après, le brave garçon se sent très bien et attribue sa guérison, avec beaucoup de reconnaissance, à l'intercession de ma sainte avocate.

Je termine par une conquête d'ordre spirituel.

Un soldat atteint, lui aussi, de la terrible broncho-pneumonie, suite de la grippe, était presque à l'agonie. Je voulus le confesser.

 

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mais il s'y refusa : « Non, me dit-il, dans quelques jours, quand je serai mieux, car actuellement cela me ferait trop d'impression. » Et malgré mes instances je ne pus le décider. Navré de voir m'échapper cette pauvre âme, j'invoquai, comme toujours, ma petite Sœur Thérèse et, à l'insu du mourant, je posai sa relique sur son front, en faisant le signe de la croix.

Je m'approchai ensuite d'un autre malade et lui demandai intentionnellement à haute voix : « Veux-tu te mettre en grâce avec Dieu? »   Sur sa réponse affirmative, j'allais recevoir ses aveux, quand je m'entendis appeler par mon pauvre endurci : « Père, moi aussi, je veux me confesser. » Je feignis d'abord de ne pas comprendre; mais, au moment où je me dirigeais vers la porte pour sortir, le brave enfant réitéra sa demande : « Père, je suis prêt à tout. Confessez-moi de suite. » La victoire était gagnée par Sœur Thérèse, et quelques heures plus tard, muni des sacrements, le protégé de la chère sainte expirait dans la paix du Seigneur.

Puisse bientôt être canonisée celle qui fait tant de bien à tous!

 

Don Nicola Lipartiti,

aumônier militaire.

 

Relations transmises par Don Nicola Lipartiti. Première grâce.

GUÉRISON DE MÉNINGITE CÉRÉBRO-SPINALE

 

Je puis attester que, par l'intercession de Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus, j'ai été guéri de méningite cérébro-spinale.

Notre aumônier militaire, Don Nicola Lipartiti, me donna une image de la petite sainte, m'inspirant de recourir à son intercession, et je dois avouer que ma foi était vive. Au bout de peu de jours la fièvre diminua, puis disparut, et quand le R. Père vint me demander ce que faisait la « Monachella » (petite religieuse), je pus répondre avec élan : « La petite Sœur m'a guéri ! »

Je pars en congé de convalescence, remerciant Dieu de ce qu'il a fait en ma faveur, par l'intermédiaire de Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus.

 

Pietro Oggioni, du 79e d'inf.

 

Vu et approuvé :

 

Don Nicola Lipartiti, aumônier militaire.

 

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Deuxième grâce. GUÉRISON DE FIÈVRE TYPHOÏDE

 

Je me trouvais à l'hôpital militaire, gravement malade de la typhoïde et en danger de mort, quand le R. P. Aumônier me donna à baiser la relique de Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus, me suggérant grande dévotion et confiance en son intercession. Le jour suivant, la lièvre baissa, et le surlendemain elle tomba entièrement. Maintenant, je suis guéri et retourne dans ma famille en convalescence; toujours je me montrerai reconnaissant à la bonne petite sainte française.

 

Girolano Stefani,

soldat au 7e génie, télégraphiste.

 

Mantoue, le 6 novembre 1918.

 

Vu et approuvé :

Don Nicola Lipartiti,

aumônier militaire.

 

Troisième grâce. GUÉRISON DE BRONCHO-PNEUMONIE

 

Le 9 octobre dernier j'entrais à l'hôpital San Giovanni, atteint de broncho-pneumonie. J'avais une fièvre très élevée, dépassant parfois 40°. De plus, la typhoïde se déclara. Dès les premiers jours, on me remit la neuvaine à Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus, que je lisais constamment. Aussi, même aux moments les plus désespérés, où tout le monde autour de moi tremblait pour ma vie, je gardais une foi invincible dans l'aide de la sainte.

Elle ne m'a pas trompé, car je suis tout à fait guéri, et c'est à elle que je le dois.

 

Corridori Amos,

élève-officier aviateur.

 

Mantoue, le 15 novembre 1918.

 

Je confirme ce récit et ajoute que le cher élève-officier guérit de sa typhoïde le neuvième jour de sa neuvaine à Sœur Thérèse.

 

Don Nicola Lipartiti, aumônier militaire.

 

Comment un protégé de Sœur Thérèse échappe à un naufrage.

 

Cérences (Manche), le 25 novembre 1918.

 

Le soldat Joseph Davenet, âgé de vingt-cinq ans, prisonnier pendant trente-six mois, et évadé d'Allemagne avec beaucoup de difficultés, fut à son retour en France incorporé à destination pour l'Indo-Chine.

 

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Il eut aussitôt la persuasion intime que, s'il s'embarquait, il ferait naufrage. Néanmoins, porteur d'une relique de Soeur Thérèse et se confiant en elle, il partit pour Marseille. Or, il mettait le pied sur la passerelle du bâtiment chargé du convoi, et toujours avec le même pressentiment, lorsque le capitaine du vaisseau prenant notre soldat par le bras l'invite à descendre à terre, en lui disant : « Vous êtes de trop, sortez. » En cours de route le navire fut torpillé et coula avec tout son personnel, sans qu'il échappât un seul homme.

 

Mlle Marie Jouenne.

 

Une relation personnelle du soldat, suivie de nombreuses signatures et reçue ultérieurement, est jointe au dossier.

 

Hommage d'un jeune aviateur à Sœur Thérèse.

 

Aux Armées, le 19 juin 1918.

 

Ma Révérende Mère,

 

J'ai l'honneur de vous envoyer ma croix de guerre, en vous priant de vouloir bien la placer comme ex-voto au Carmel de Lisieux, près de l'image de Sœur Thérèse.

Actuellement, adjudant pilote aviateur dans une escadrille de chasse, je combats depuis bientôt trois ans pour la France, et la chère petite sainte n'a cessé de me protéger. Notamment en novembre 1915, au moment de la terrible retraite que la mission française, à laquelle j'étais attaché, a dû effectuer en Serbie, à travers les montagnes de neige de l'Albanie; et au mois de mai 1917, époque à laquelle j'ai fait, avec mon avion, une chute de près de 5.000 mètres; mon appareil a été complètement brisé, quant à moi, je me suis relevé sans le moindre mal.

Ma croix de guerre comporte deux citations à l'ordre de l'armée, et deux au corps d'armée.

Heureux de livrer ces faits à votre connaissance, je vous prie d'agréer, ma Rde Mère, etc.

 

Maurice Arnoux,
pilote, escadrille Spad 49.

 

DU MÊME

 

26 novembre 1918.

 

Ma Révérende Mère,

 

Il y a déjà quelques mois, je vous expédiais ma croix de guerre, dédiée à Sœur Thérèse, en reconnaissance de la protection de tous les instants dont je suis l'objet.

Aujourd'hui, je viens lui faire hommage de ma médaille militaire,

 

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obtenue ces temps derniers, grâce à son secours qui m'a permis de sortir indemne de bien des dangers et m'a conduit a remporter trois nouvelles citations à l'Armée.

Je vous renouvelle, ma Rde Mère, ma foi en ma Protectrice et vous prie de croire, etc.

 

Maurice Arnoux,
adjudant pilote.

 

Dans les derniers jours d'août 1919, le jeune et brillant aviateur (vingt-trois ans) apportait lui-même au Carmel de Lisieux sa croix de la Légion d'honneur, comme suprême hommage d'après-guerre à sa sainte Protectrice.

 

Guérison d'un soldat italien des « carabiniers royaux ».

RELATION D'UN RELIGIEUX FRANCISCAIN, INFIRMIER MILITAIRE

 

Formia (Italie), le 27 novembre 1918.

 

Dans le courant d'octobre, l'épidémie de grippe espagnole ne tarda pas à faire son apparition dans notre caserne des « carabiniers royaux ».

Le 6 du même mois, le soldat Ciro Troiso en fut atteint, avec forte lièvre, et bientôt s'y ajouta la broncho-pneumonie. Le médecin témoigna de l'inquiétude, et, en effet, le malade se trouva bientôt réduit à un état cadavérique, tant les symptômes de la mort se développaient.

Je lui suggérai alors les pensées réconfortantes de la religion et lui parlai de ma confiance en la Servante de Dieu, Thérèse de l'Enfant-Jésus; je m'en souviens, c'était le 12 octobre et le troisième jour de l'état grave. Je pris la petite vie abrégée de la sainte carmélite et je lus au soldat tous les miracles qui y sont rapportés.

Notre carabinier m'écouta avec intérêt, et, comme je lui présentais ensuite l'image de Sœur Thérèse il la baisa avec grande dévotion, et glissa le petit livre sous son oreiller. Presque aussitôt il s'endormit, et se réveilla trois heures plus tard, bien reposé; enfin, quand le docteur l'examina le soir même, il constata ce fait prodigieux de la totale disparition de la broncho-pneumonie! Le brave soldat recouvra vite ses forces, et, plein de reconnaissance pour celle qui l'a sauvé, il se propose, à son retour dans son foyer, de se procurer une grande gravure de l'aimable thaumaturge, pour la mettre en honneur chez lui.

Michèle Miro, religieux franciscain, incorporé dans les carabiniers royaux.

Une relation du soldat est jointe au dossier.

 

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Guérison d'un prisonnier français atteint d’un chancre à la lèvre.

 

Camp de Munster I. Block 1 (Allemagne), le 20 octobre 1918 (parvenue au Carmel, le 11 décembre 1918).

 

Madame la Révérende Mère,

 

Au commencement de cette année, j'ai été atteint d'un chancre à la lèvre inférieure, et, après trois mois environ de soins, mon mal s'aggravant toujours, j'eus recours à la petite Sœur Thérèse, dont un camarade de captivité m'avait fait connaître le pouvoir auprès de Dieu. Je lui entrepris donc une neuvaine, et l'on fit toucher sa relique sur mon mal. Eh bien ! Madame la Rde Mère, il y eut bientôt un mieux sensible, et une semaine seulement après la fin de ma neuvaine j'étais tout à fait guéri. Profondément reconnaissant à la petite Sœur Thérèse, je suis on ne peut plus heureux, Madame la Rde Mère, de vous faire part de ce bienfait, et je vous prie de croire à mes sentiments respectueux.

 

Octave Dumetz,

du Ier génie territorial, prisonnier de guerre, domicilié,
en temps de paix, à La Bassée (Nord) ; batelier de profession.

 

 

RELATION DU PRISONNIER QUI FIT CONNAITRE SŒUR THÉRÈSE AU MALADE

 

Camp de Munster I. Block I (Allemagne). 10 octobre 1918.

 

Ma très Révérende Mère,

 

J'ai été témoin ici, il y a quelque temps, d'une belle guérison, celle de mon camarade Octave Dumetz. qui était atteint d'un très vilain chancre à la lèvre. Le malheureux se lamentait de l'inutilité des remèdes, et on l'avait renvoyé du «Kommando» ici, dans notre camp. Sans le connaître davantage, je lui conseillai de faire une neuvaine à Sœur Thérèse et je m'offris à prier avec lui. Je passai sur son mal la relique que j'ai le bonheur de posséder, et c'est alors que les morceaux de chair, surpassant la lèvre, commencèrent à tomber, si bien que tous les jours on voyait le chancre disparaître. Bientôt après mon compagnon pouvait reprendre du travail, et, avec moi, il bénit Dieu qui, par la petite sainte, l'a guéri. Nos prêtres du camp et d'autres camarades ont été témoins de cette guérison extraordinaire et se proposent de venir après la guerre visiter le tombeau d'une sainte aussi puissante.

Pour moi, j'ai reçu une grâce bien plus grande, à mon avis. Au début de l'année 1915, étant déjà prisonnier depuis plusieurs mois, la Providence me fit connaître la chère petite Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus, dont ma « marraine de guerre » m'envoya la relique.

 

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Mais comment vous exprimer ce que je ressentis à la lecture de sa vie, et toute la reconnaissance que je dois à ma glorieuse Protectrice du ciel ! car, après avoir lu, relu et médité le livre de Sœur Thérèse, plus d'une fois j'ai laissé couler de grosses larmes : c'étaient des larmes de repentir, en jetant un regard sur le passé; des larmes de joie aussi, en recevant tant de grâces de miséricorde, en pensant que j'avais désormais une grande médiatrice dans le ciel, et qu'alors je pouvais tout espérer de la bonté de Dieu.

Il faut maintenant que cette chère Protectrice soit bientôt béatifiée, et qu'une bannière représentant sa douce image puisse être portée en triomphe dans les processions. Je vais écrire au Souverain Pontife Benoît XV que la « pluie de roses » tombe aussi sur les pauvres prisonniers; il en sera touché, et glorifiera bien vite celle qui passe son ciel sur la terre à convertir les âmes et à guérir les corps.

Je vous supplie, ma très Rde Mère, de vous unir à moi pour remercier Dieu et Sœur Thérèse de tant de bienfaits.

 

Myrtil Duée,
du 1er d'art., prisonnier de guerre.

 

Est jointe au dossier une lettre de Mme Flichy-Rocherand, « marraine de guerre » du soldat Myrtil Duée, lequel vint en pèlerinage à Lisieux, à l'automne 1919.

 

Un « beau filon ».

 

Aux Armées, 12 décembre 1918.

 

Ma Sœur Supérieure,

 

Je vous serais reconnaissant de vouloir bien faire célébrer une neuvaine de messes en l'honneur de Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus.

Depuis le début de ma mobilisation, elle m'a accordé de si grandes grâces, que je me sens poussé vers elle avec une confiance sans limites.

J'ai associé intimement Sœur Thérèse à toutes mes actions, et, certes, je suis très heureux d'avoir trouvé ce beau « filon », comme peut dire un poilu. Je ne m'en suis jamais repenti, au contraire, elle a toujours exaucé mes pauvres prières.

J'ai lu la Rose effeuillée, je ne sais plus combien de fois; je la relis encore avec ardeur. Quand ce cher volume est tombé sous ma main pour la première fois, j'ai compris immédiatement que j'avais découvert la sainte qu'il me fallait pour me protéger; j'ai compris que j'avais trouvé un trésor. Mais je dois parfois, je l'avoue, ennuyer Sœur Thérèse, car je suis toujours à ses trousses : Eh! ma Sœur par ici, eh! ma Sœur par là.

Si le diable me tente, j'appelle : « Ma Sœur, où êtes-vous? » Et j'entends une voix qui me répond intérieurement : Mais tu vois bien que je suis là! Et le démon s'enfuit, et me laisse tranquille.

 

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Enfin, c'est une céleste amie à qui l'on peut dire, il me semble, sans se gêner, toutes sortes de choses.

Après la guerre, je lui demanderai de bénir ma vie, que je veux employer à la plus grande gloire de Dieu.

Veuillez agréer, etc.

 

Soldat A. L.

 

« Une rose de la pluie divine s'est effeuillée sur moi. »

 

Aux Armées, le 16 décembre 1918.

 

Ma Révérende Mère,

 

C'est le cœur plein de reconnaissance pour la petite Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus que je vous écris.

Depuis huit ans, le tourbillon du monde m'entraînant avec lui m'avait éloigné de Dieu et des sacrements. La guerre elle-même, avec sa vision permanente de la mort, n'était pas arrivée à me convertir, lorsqu'à l'une de nos dernières étapes, je trouvai, dans la chambre qui me fut offerte, un grand portrait de Sœur Thérèse. Sa vue me remua, et voici que par une mystérieuse coïncidence, cherchant au hasard un livre dans la bibliothèque de la même maison, ma main tomba sur le volume Histoire d'une Ame.

O ma Mère, je ne vous dirai pas toute l'émotion que je ressentis en lisant ces pages sublimes. Y a-t-il sur terre une âme qui puisse rester indifférente à l'irrésistible appel de cette petite sainte? Une rose de la pluie divine s'est effeuillée sur moi, et, dans l'élan de ma gratitude, je m'enhardis à désirer davantage.

Un passage surtout m'a frappé dans ce livre admirable; c'est la prière qui termine l'autobiographie : « Je te supplie, ô Jésus, d'abaisser ton regard divin sur un grand nombre de petites âmes, je te supplie de te choisir en ce monde une légion de petites victimes dignes de ton amour. »

Je suis tout noir de mes fautes, et cependant, depuis que le regard miséricordieux du Seigneur s'est arrêté sur mon âme pour la purifier, je ne souhaite plus autre chose que d'être, moi aussi, l'une de ces heureuses victimes.

Daignez, ma Révérende Mère, demander à celle qui m'a sauvé de m'obtenir cette grâce précieuse, et veuillez agréer, etc.

 

A. B.,

aspirant au ...e d'artillerie, 3e  Bde.

 

Le 1er janvier 1919, le converti de Sœur Thérèse écrivait : « Ma petite Sœur du ciel me comble de ses grâces. Voyant que le confessionnal me faisait peur, elle-même m'y a conduit, et, le jour de Noël, je m'agenouillai avec bonheur à la sainte Table. Dans ces deux actes, je la sentais tout près de moi, et depuis, dans la lutte

 

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de chaque jour et parfois bien dure contre mes passions, je l'entends ! murmurer doucement à mon cœur : Courage, aie confiance. »

Depuis, la petite sainte a amené son protégé à la communion presque quotidienne.

 

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