Guerre - XVIII
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Actions de grâces d'un général.

Sur la tombe de Sœur Thérèse un jeune sergent vient remercier la petite sainte de l'avoir converti.

Appel confiant récompensé.

Lettres d'un père de famille chrétien, au front. Conversion d'un soldat théosophiste.

En pays reconquis.

« Petite Thérèse, venez près de moi ! »

Sœur Thérèse garde fidèlement  un dépôt qui lui a été confié.

« C'est la petite Sœur Thérèse qui t'a sauvé. »

DU MÊME

Retour à la foi d'un soldat canadien.

Protection visible de Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus pendant la guerre.

« Mets ta confiance dans le Sacré-Cœur de Jésus, et tu seras sauvé de cette guerre. »

Songe mystérieux.

« Depuis ce jour j'ai pris la sainte pour ma Protectrice. »

Conversion d'un soldat mourant, dans un hôpital de Bavière.

« On aurait dit qu'elle me parlait... »

« Regarde, connais-tu ça ? »

Sœur Thérèse gardienne d'un monastère de Palestine pendant la guerre.

Protection d'un couvent italien.

Conversion d'un jeune soldat.  « Je ne suis plus le même. »

« Réjouis-toi, Félicien. »

« Pour toute réponse, je montrai la relique de Sœur Thérèse. »

En faveur d'un prêtre-soldat italien.

Protection en faveur d'un officier supérieur et de son frère lieutenant-aviateur.

« Prenez le sentier à droite. »

 

Actions de grâces d'un général.

 

Dijon (Côte-d'Or), le 21 décembre 1918.

 

Dès le début de la guerre, j'avais été placé sous la protection de Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus, muni de sa médaille et de son image qui ne m'ont pas quitté, et, chaque jour, j'ai récité fidèlement la prière demandant la béatification de cette chère petite sainte. Je fis en même temps le vœu, sitôt la paix signée et si je revenais sain et sauf, d'aller en pèlerinage sur sa tombe.

Depuis ce moment, il m'est arrivé, au cours de la campagne, différents incidents où j'ai failli être tué, et j'attribue à Sœur Thérèse, à ma foi en son assistance céleste, d'avoir été épargné. Je pourrais citer bien des traits spéciaux, tel, en février 1915, allant faire une reconnaissance avec mes deux colonels, nous fûmes canonnés au retour de telle manière que les obus nous encerclaient. Nous marchions à cheval et en file indienne, quand un énorme éclat passe entre un de mes officiers et moi; un second, à quelques centimètres de ma tête, derrière moi, et je n'eus rien, qu'un violent écart de ma monture.

En juin 1916, dans les tranchées, au Chemin des Dames, un projectile tomba sur mon casque, le bossela, et ne m'atteignit pas.

Que d'autres préservations dans mes trente mois de vie au front et au danger ! Aussi combien est grande ma confiance en celle qui nous touche de si près comme Française, et que nous honorons tant!

 

Général Duplessis.

Sur la tombe de Sœur Thérèse un jeune sergent vient remercier la petite sainte de l'avoir converti.

 

Relation du sacristain du Carmel de Lisieux.

 

Lisieux, le 25 décembre 1918.

 

Le 3 décembre dernier, étant allé sur la tombe de Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus, j'y trouvai au moins une douzaine de pèlerins, et, parmi eux, je remarquai un sergent dont l'attitude recueillie me frappa particulièrement. Je devinai, à son air ému, qu'il avait dû obtenir quelque grande grâce de la petite sainte. Après avoir arrangé la tombe, prenant une rose que je venais d'y ramasser, je m'approchai

 

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de ce soldat, et lui offrant la fleur : « Pardon, mon bon Monsieur, lui dis-je, je crois vous faire plaisir en vous donnant cette petite rose? » Il la saisit avec joie, me remercia, et je remarquai alors que ses yeux étaient pleins de larmes. Sûrement, il avait pleuré! Après cela, il détacha de sa poitrine une croix de guerre et une médaille militaire, et, se levant, il se disposait à les attacher à la croix de la tombe, quand je lui dis tout bas : « Si vous avez l'intention de laisser à la petite Sœur Thérèse ces décorations, il vaudrait mieux les porter au Carmel, car ici, elles pourraient être prises. — Je ne demande pas mieux, me répondit-il; ne pourriez-vous pas vous en charger et faire le nécessaire? » J'acceptai volontiers la commission et je donnai rendez-vous dans l'après-midi au brave sergent, pour lui remettre quelques images et une relique de la petite sainte, car il n'en avait aucune.

Il vint très exactement, et, comme il se montrait fort heureux de recevoir ces souvenirs, je m'enhardis à le questionner. « La petite sainte vous a sans doute consolé en quelque circonstance, car vous paraissez l'aimer beaucoup? — Oh! oui, me dit-il, avec émotion, je lui dois tant! Elle m'a converti. Depuis ma première Communion j'ai abandonné le bon Dieu. Je n'avais que cinq ans quand ma mère est morte. Il y a seulement un mois que je connais Sœur Thérèse, par la lecture de sa vie, et elle a changé mon cœur. Je retourne transformé au pays, en permission. Quel bonheur je vais causer à mon pèrel II jouit là-bas d'une bonne situation, mais j'étais pour lui un sujet de grande angoisse. » Et le brave garçon pleurait à chaudes larmes dans ma chambre. J'ai toujours devant les yeux son honnête figure, son accent si sincère et la piété avec laquelle il priait et remerciait la petite Sœur sur sa tombe. Il m'a donné son nom et son adresse civile. C'est bien souvent que j'assiste à des scènes touchantes au cimetière, mais je n'avais pas encore rencontré un pèlerin si confiant avec moi; je ne l'oublierai jamais.

 

Pierre Derrien, sacristain du Carmel.

 

Quelques mois plus tard, le sergent converti entrait à la Trappe. Ainsi qu'il l'écrivit au Carmel, c'est sur la tombe de Sœur Thérèse qu'il avait entendu l'appel de Dieu.

 

Appel confiant récompensé.

 

Aux Armées, le 25 décembre 1918.

 

J'ai une confiance illimitée en Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus depuis que je lui dois la guérison de ma femme, condamnée par deux médecins. Au cours de cette guerre, ma foi en elle n'a fait que s'accroître et j'en ai constaté les heureux effets. En voici un exemple bien frappant :

Le 3 octobre 1918, j'occupais, avec ma compagnie, une partie de

 

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la tranchée Passau, au nord de Somme-Py (Marne), lorsque, vers 4 heures du soir, les Allemands déclenchèrent sur nous un violent tir de 105, avec gaz. Les obus tombaient nombreux sur le bord de la tranchée, et, à deux reprises, je fus recouvert de terre. Sous la commotion produite par le choc d'un de ces projectiles, je formulai du fond du cœur cette invocation : « Sœur Thérèse, je vous en supplie, faites cesser ce bombardement ! » Mon appel n'était pas achevé que, d'une façon magique, la pluie de mitraille s'arrêta, et l'on n'entendit plus, ce soir-là, un seul éclatement. Je n'en pouvais croire mes yeux ni mes oreilles, car, pour qui a tant soit peu vécu au front, on sait qu'un bombardement aussi nourri que celui dont nous étions l'objet ne se termine pas ainsi de court, mais va peu à peu en diminuant d'intensité. Plusieurs pièces étaient pointées dans notre direction, et il est inexplicable que toutes aient suspendu leur tir à la même seconde. C'est cependant ce qui se produisit.

Je puis certifier le fait sous serment, afin qu'il contribue à la gloire de la petite sainte.

 

Destannes,

Au 10e Bon de chasseurs, 4e Cie

 

Lettres d'un père de famille chrétien, au front. Conversion d'un soldat théosophiste.

 

Du Front, le 11 février 1917.

 

Ma Révérende Mère,

 

Aujourd'hui, je suis bien heureux dans ma tranchée. La nature est toute blanche de neige, et je pense davantage à Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus, qui se réjouissait tant de cette parure de la terre. Elle est depuis longtemps ma Protectrice, votre petite sainte, et, pour mieux lui montrer ma reconnaissance, je lui consacre une heure chaque jour. Je m'impose alors quelques sacrifices qui me retiennent plus près d'elle, et, malgré mon indignité, je prends l'audace de la considérer comme une grande Sœur qui me guide. Mon âme redevient celle d'un enfant et mes entretiens spirituels tout naïfs. Ah! Dieu qui m'a placé dans un milieu si indifférent, blasphémateur même, ne cesse de me consoler, et chaque injure adressée à son cœur fait naître en moi un acte d'amour plus fervent ! Quelle merveille que la grâce! Comme toutes les théories, les ambitions fausses se brisent devant elle! J'espère, dans quelque temps, ma Révérende Mère, pouvoir vous raconter la conversion d'un de mes camarades, œuvre sacrée à laquelle j'ai eu l'immense bonheur de prendre part. Sœur Thérèse m'y a aidé, et puisse-t-elle m'obtenir d'être, selon mon rêve, un missionnaire dans le monde. Mon épouse et moi n'avons d'autre désir que d'élever nos enfants pour Dieu, d'en faire de vrais soldats du Christ. Et, s'il faut un jour nous en séparer pour les lui

 

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consacrer entièrement, nos cœurs pourront être brisés, mais nos âmes seront fières et radieuses. Priez pour moi, ma Révérende Mère, je veux suivre fidèlement la petite voie si simple, et à la fois si sûre, que nous a tracée Sœur Thérèse. A son école, je médite souvent sur la bonté de notre Père céleste, et j'essaie d'y répondre par un amour plus grand, un plus confiant abandon. Les événements, dit-on, sont les anges de Dieu. J'en ai eu trop de preuves dans ma vie pour m'inquiéter de rien, mon foyer est sous la protection de la petite sainte, et cela me suffit pour être tranquille. Nous sommes allés à Lisieux, ma femme et moi, pour commencer notre voyage de noces et chercher la bénédiction de Sœur Thérèse. Je viens de toucher mon premier prêt de caporal, et, spontanément, c'est à elle que je l'offre en entier, car jamais je ne pourrai m'acquitter de l'immense dette de reconnaissance que je lui garde ! Veuillez agréer, etc.

 

A. C,
caporal au ...e génie.

 

DU MÊME

 

Aux Armées, le 14 décembre 1918.

 

Ma Révérende Mère,

 

Enfin, je viens réaliser ma promesse, en vous donnant quelques précisions sur le retour à la foi du camarade dont je vous ai parlé.

Quand je le connus, il y a quatre ans et demi, c'était l'homme le plus orgueilleux et le plus sectaire que vous puissiez imaginer. Agé de trente-deux ans, arriviste dans toute l'acception du mot, il souriait de ma piété, il la regardait comme une faiblesse d'esprit et se moquait crânement des faits surnaturels qu'il prétendait expliquer par le magnétisme et la suggestion. La guerre vint le surprendre en pleine aisance et l'obliger à laisser en Belgique sa femme, sur le point d'être mère, et un premier enfant. La vision quotidienne de la mort et des ruines accumulées par le fléau dévastateur, le rendit grave. Il se troubla, comprit mieux la souffrance, et, pensant à sa petite famille abandonnée dont il n'avait plus de nouvelles, il fit naïvement le vœu de chercher enfin la vraie voie, s'il obtenait de savoir ce qu'étaient devenus ces êtres si chers.

Sur ces entrefaites, en 1915, nous séjournâmes dix mois à P., dans la Marne, et mon compagnon, logé chez une brave chrétienne, Mme F., en reçut une image de Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus. Il ne s'en sépara plus, car la prière écrite au verso l'avait frappé, mais ce fut tout. En quête de vérité, mon pauvre ami crut la découvrir dans les doctrines théosophiques tirées du bouddhisme, du védisme, etc., et il lut de nombreux ouvrages imbus de ces principes. Il devint même si fervent théosophe qu'il entreprit ce qu'il croyait « ma conversion », et, me sentant impuissant à le convaincre de son erreur, j'eus recours à Sœur Thérèse. Je lui prêtai l’Histoire d'une Ame en décembre

 

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1916; il fut de suite vaincu, pleura beaucoup et dévora avidement le volume bien avant dans la nuit. « La véritable science, répétait-il, je le vois maintenant, ne se trouve point dans les livres, mais dans le cœur. » Je n'eus pas de peine ensuite à le décider à la confession. Cependant, il y avait un obstacle imprévu. Mon ami n'était pas baptisé ni marié à l'église. Là encore, l'intervention de la petite sainte apparut souveraine. Providentiellement, elle obtint le rapatriement de !a femme et des enfants, et, coïncidence bien frappante, l'épouse, de son côté, priait la sainte carmélite de lui rendre son mari, mais de le lui rendre croyant. On juge de leur émotion en se voyant si complètement exaucés! Mon camarade reçut donc l'eau régénératrice, fit bénir son union conjugale par l'Église, et maintenant son foyer est consacré au Sacré-Cœur. Les lettres qu'il m'écrit, car nous avons dû nous éloigner l'un de l'autre, sont pleines d'abnégation et de foi. Il souffre avec joie pour l'expiation de ses péchés,et je suis rempli d'admiration en constatant chez lui le travail efficace de la grâce. Lui, l'ancien sectaire, est devenu petit enfant de Dieu, comme l'enseigne Sœur Thérèse, et il court dans sa voie d'abandon !

Voilà, ma Révérende Mère, la touchante histoire que je voulais vous raconter à la gloire de notre chère Protectrice, car c'est elle qui entraîna cette âme au pas décisif, et depuis continue à la guider en tout.

Je pourrais vous citer encore la pieuse mort qu'elle fit faire au père d'un autre de mes compagnons d'armes. Jadis indifférent, ce bon vieillard, confié à Sœur Thérèse, expira dans des sentiments de piété très élevés, baisant sans cesse l'image de celle à qui il devait son salut éternel.

Veuillez vous unir à moi, ma Rde Mère, pour remercier votre angélique sainte, et agréez, etc.

 

Sergent A. C.

 

Le 6 juin 1917, M. C. vint à Lisieux avec sa petite famille, en pèlerinage d'actions de grâces, et remit au Carmel sa croix de guerre, qu'il avait gagnée à la fin de mai, avec cette citation à l'ordre du jour :

 

« Gradé courageux et consciencieux. Étant chargé d'assurer le service de chef d'un poste d'observation, s'est acquitté parfaitement de sa tache, malgré les bombardements très violents du poste qu'il occupait, donnant à tous l'exemple du plus grand sang-froid et du calme devant le danger. S'était déjà signalé sur la Somme et en Champagne, dans le service des postes optiques. »

 

« Ma première pensée à l'annonce de cette bonne nouvelle, dit le pieux soldat, fut de remercier Sœur Thérèse, car, dans les pénibles épreuves que nous venons de traverser, je l'avais tant priée de m'aider à bien faire mon devoir, comme il convient à un chrétien ! Aussi, je lui laisse ma croix; ce sera quelque chose de moi, qui restera dans ce monastère béni où vécut ma Protectrice. »

 

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LETTRE DU SOLDAT CONVERTI AU CARMEL

 

Section de P. A., le 14 janvier 1919.

 

Ma Révérende Mère,

 

Il me tient à cœur de vous remercier personnellement des bonnes prières que vous avez bien voulu faire à mon intention, à votre petite Sœur Thérèse; demandez-lui qu'elle me continue sa protection et m'inspire son amour et sa confiance.

J'ai été et je suis encore un pauvre pécheur, mais je ne puis nier cependant les progrès sensibles que j'ai faits vers le bien, depuis le jour où j'ai prié Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus de venir à mon secours. Outre les grâces spirituelles, je lui dois encore les douces joies d'un foyer retrouvé, et d'une union désormais sanctifiée par la foi. Je rentre de permission, et nous avons goûté, ma femme et moi, la paix profonde qu'inspire l'amour chrétien. Nous nous sommes quittés calmes, confiants en l'avenir et en Dieu. « Il me semble que quelque chose de surnaturel me soutenait et me soutient encore, m'écrit ma chère compagne, et, bien que regrettant beaucoup ton départ, je ne me suis pas sentie abandonnée... »

Comment ne pas rester confondus pour l'aide si puissante reçue d'en haut, et en particulier de la chère petite Sœur Thérèse? A elle, je demande de m'entourer de sa présence amie, dans le milieu impie où je me trouve et où parfois je suis si seul! Bientôt, j'espère aller avec les miens à Lisieux, et, en attendant ce bonheur, je vous prie de croire, ma Rde Mère, etc.

 

X...

 

En pays reconquis.

 

Aux Armées, le 31 janvier 1919.

 

Ma Révérende Mère,

 

La protection de Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus a été si évidente pour moi, au cours de toute la campagne, que je répands avec reconnaissance son culte, à chacune de mes étapes. Mon bonheur est grand de rencontrer maintenant son visage vénéré en Alsace et en Lorraine reconquises.

Les hasards du cantonnement m'ont fait loger, il y a peu de temps, dans un village de Meurthe-et-Moselle, chez un cancéreux de l'estomac, abandonné de tous les médecins, et se préparant à la mort au milieu de douleurs terribles. J'eus l'inspiration de quitter ma précieuse relique de votre petite sainte et je la posai sur le malade. Dès lors, il ne souffrit plus, se leva, et voilà qu'il a repris ses occupations ordinaires. Pour mieux me montrer son intervention dans cette

 

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prodigieuse guérison, la petite sainte me fit sentir ses parfums le jour même où je commençai à prier pour le pauvre homme. Un de mes officiers, prêtre du diocèse d'Arras, a été émerveillé de ce rétablissement, qu'on ne pouvait humainement espérer.

Vous vous souviendrez peut-être, ma Révérende Mère, des lettres que je vous écrivis, en juillet 1916, de Paris, où j'étais en convalescence. Le 23 février de cette même année 1916, devant Douaumont, un obus éclatant à 3 mètres de moi m'avait occasionné quatre blessures graves, dont trois auraient dû être foudroyantes. Mais Sœur Thérèse que je venais d'invoquer, me sauva la vie. Chose étrange, et que je lui attribue encore, je me sentis pénétré aussitôt après d'une paix indicible, et je subis, sans trop de douleurs, des opérations fort délicates. Tous ces faits accrurent ma confiance en cette aimable et puissante Protectrice des soldats, et à l'ambulance même, toujours à cette époque, j'expérimentai à diverses reprises l'efficacité de, son secours. Je me rappelle, entre autres, un grand blessé qui ne cessait de pousser des cris pendant les pansements journaliers, qui duraient plus de vingt minutes. J'eus l'idée de prier Sœur Thérèse pour lui, et instantanément il se calma. Je renouvelai l'essai les jours suivants, et le pauvre patient demeurait impassible; cette invocation valait pour lui tous les anesthésiques.

Un autre petit soldat, à toute extrémité, formait quand même de beaux projets d'avenir. Son enthousiasme était intarissable et faisait mal : toutes ses pensées étaient pour la vie présente, mais la vie éternelle ne semblait point le préoccuper; une pieuse infirmière posa sur le malheureux enfant une relique de la sainte qui lui ouvrit les yeux; il se recueillit, demanda les sacrements de l'Église et s'éteignit doucement.

Je n'en finirais pas, ma Révérende Mère, si je vous énumérais toutes les grâces dont j'ai été témoin de la part de Sœur Thérèse. Quant à moi, ses bontés me confondent...

Veuillez agréer, etc.

 

Aspirant Nelet. 176e rég. d'art. T.

26e Brgde, 7e groupe.

« Petite Thérèse, venez près de moi ! »

 

Marseille (Bouches-du-Rhône), 15 février 1919.

 

Le 5 novembre 1918, le soldat C. F. (38 ans) fut blessé accidentellement à Belfort par une balle de revolver, qui l'atteignit au niveau de l'orbite de l'œil droit. L'œil éclata et le projectile vint se loger dans le cou. Après une première opération sur place, on évacua le pauvre garçon sur Marseille où l'on procéda à une deuxième intervention; mais la balle, encastrée dans les vertèbres cervicales, ne put être extraite. Du 11 décembre au 4 janvier, quatre hémorragies se produisirent; c'est dans ce laps de temps que, le 27 ou le 28décembre,

 

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ma femme lui remit une image-relique de Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus, en lui recommandant de l'invoquer souvent. Le soldat n'était ni pour ni contre la religion, mais, dans la pratique, il en vivait très éloigné, aussi ne faut-il pas s'étonner si, au début, il ne savait formuler autrement sa naïve prière : « Mademoiselle Thérèse de Lisieux, venez à mon secours! » Il n'osait pas non plus multiplier ses appels, de peur de... « l'ennuyer », mais, peu à peu, il se familiarisa avec la chère sainte et en fit son amie.

Dans la nuit du 3 au 4 janvier, une nouvelle hémorragie le réduisit à toute extrémité; jusqu'à la fin, il conserva sa parfaite lucidité,et la Sœur infirmière qui l'assista pleurait en racontant ses dernières heures. « Petite Thérèse, répétait-il sans cesse avec la plus intime confiance, je vais mourir, venez près de moi, vous le pouvez. Pour mes enfants, pour ma femme, j'embrasse votre image. Vous serez contente si je récite mon « Notre Père » et mon « Je vous salue Marie », venez m'aider à bien les dire, ne me quittez pas. » Il expira bientôt très doucement, accueilli, sans nul doute, au seuil de l'éternité par sa céleste Protectrice.

Nous restons fort édifiés et émus de ce nouveau bienfait de Sœur Thérèse.

 

Commandant Etienne,

31 D. T. B.

Mme Etienne.

 

Sœur Thérèse garde fidèlement
un dépôt qui lui a été confié.

 

Montceau-les-Mines (Saône-et-Loire), le 17 février 1919.

 

J'habitais autrefois le Nord, quand l'invasion allemande m'obligea à quitter rapidement mon foyer en 1914, cachant tout ce que j'avais de précieux dans un coffre-fort, que j'enfouis en un coin de notre propriété, et je partis, confiant tout à Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus.

Pendant quatre ans et six mois, l'ennemi occupa notre demeure, et des personnes, rapatriées en 1917, ne me laissaient aucun espoir de rien retrouver, car une énorme tranchée avait été creusée dans la direction de la cachette, pour y abriter une grosse pièce d'artillerie.

Le 1er janvier 1919, j'obtins une autorisation pour aller visiter mon domicile que je savais détruit, mais je nourrissais la ferme espérance que la petite sainte, invoquée chaque jour, ne devait pas m'avoir complètement abandonnée.

Je vis donc le terrain tel qu'il m'avait été dépeint : bouleversé, troué d'obus. Après quatre heures de pénibles recherches, l'épreuve était rude, quand je me sentis attirée vers l'endroit désiré, et, ô bonheur! en creusant légèrement, je découvris, à 50 centimètres de la tranchée, le fameux coffre, dont la serrure fonctionna sans la

 

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moindre difficulté. Les bijoux en or apparurent très bien conservés; et les titres, ceux dont nous avions les numéros, et par conséquent remplaçables, avaient seuls souffert. Les autres, pour lesquels nous craignions le plus, étaient intacts.

Quelle excellente gardienne que la bonne petite sainte, et combien je lui suis reconnaissante!

 

Mme Henri David.

« C'est la petite Sœur Thérèse qui t'a sauvé. »

 

Aux Armées, le 8 septembre 1917.

 

Madame la Supérieure,

 

J'ai lu dans la presse, ces temps derniers, diverses communications au sujet de la Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus, et, au moment où de tous côtés s'affirme sa puissance, je ne puis manquer d'apporter un témoignage de plus à sa gloire.

Dans les premières semaines de cette grande guerre, je reçus de ma fiancée une relique de Sœur Thérèse et son image, et la lettre qui les accompagnait me disait : « Garde-les précieusement et ne t'en sépare jamais; je suis sûre que la petite Sœur te préservera. »

Depuis, je les ai toujours conservées sur moi, et il est venu un jour où j'ai senti d'une façon évidente la protection que je leur devais.

C'était en mai dernier; mon service d'agent de liaison m'appelait à un poste éloigné de quelques kilomètres de celui où je me trouvais. En route, je fus brusquement surpris par un marmitage terrible, quelque chose d'affreux ; d'abord, je me jetai dans un trou; puis, entre les balles, je voulus gagner un abri tout proche, mais, au moment où j'allais y pénétrer, j'aperçus un soldat blotti sous un arbre renversé qui m'invitait du geste à le rejoindre. Bien m'en prit, car, quelques minutes après, l'abri où je comptais me réfugier croula sous les obus et tua tous les occupants... Je tremble encore à l'idée de ce qui avait failli m'arriver, et voici qu'au milieu de la mitraille, dans ce déluge de feu, sans que même j'eusse songé à invoquer la sainte carmélite, son image se précisa devant mes yeux, et une voix intérieure me dit : C'est la petite Sœur Thérèse qui t'a sauvé. Alors que je ne pensais pas à elle, comment expliquer cette voix mystérieuse m'invitant à la remercier? Cela me semble une réelle intervention de la chère sainte, et je lui offre tout le tribut de mon immense gratitude.

Veuillez agréer, etc.

 

H. Rocher, brigadier,

51e rég. d'art., 71e Brie.

 

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DU MÊME

 

Aux Armées, le 17 février 1919.

 

Madame la Supérieure,

 

Je vous ai déjà envoyé un témoignage de ma reconnaissance envers Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus, qui m'avait tiré d'un grand danger pendant la guerre. Aujourd'hui, j'ai d'autres actions de grâces à lui rendre, dont j'ai promis la publication.

Il y a quelques semaines, j'attendais ici, à mon poste, l'annonce de la naissance de mon premier enfant; ma femme m'écrivait chaque jour régulièrement, elle allait bien. Néanmoins, je tremblais pour elle, car la grippe espagnole sévissait au pays, et dans sa position, le cas eût été plus sérieux.

Un matin, je ne reçus pas de lettre, plusieurs jours se passèrent sans nouvelles, et brutalement, un télégramme m'arriva enfin : « Femme très mal. » Songez, Madame, à mon désespoir! J'étais fou de chagrin, allais-je voir si tôt finir mon cher bonheur?

Avant de prendre le train, j'entrai dans une église, et là, aux pieds de Notre-Dame de Lourdes, je pleurai comme un gosse, demandant à la Sainte Vierge et à la petite Sœur Thérèse de sauver ma chère femme. Tout à coup, je fus étonné, en apercevant sur mon prie-Dieu une image de Sœur Thérèse. Alors, je repris confiance, et, en effet, rendu chez moi, je trouvai ma femme beaucoup mieux, après une crise très grave. A l'heure actuelle, j'ai une charmante petite fille, dont la maman reconnaissante a paré le berceau d'une médaille de notre aimable Protectrice.

 

Veuillez agréer, etc.

 

H. Rocher,

Brigadier au 120e R. A. L.
6e groupe, 14e Brie.

 

Retour à la foi d'un soldat canadien.

 

Québec (Canada), le 4 mars 1919.

 

Un Canadien de mes amis, âgé de quarante ans, et parti pour combattre en France, ne pratiquait plus aucune religion depuis une dizaine d'années. Quand il dut s'embarquer, sa belle-sœur lui remit médaille et images de Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus, mais il refusait de les prendre, et riait de cette prétendue superstition. Enfin, à force d'insistance, on parvint à les lui faire accepter. Et voici ce qu'il m'écrit de France, où il est encore mobilisé :

« Je me suis efforcé de vous remplacer ici, non sans fierté, dans votre inlassable propagande pour la chère Sœur Thérèse; je portais sa relique avec orgueil, et je l'ai ardemment priée, ne craignant rien, car

 

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elle veillait sur moi. On l'aimait bien dans mon bataillon où je l'avais fait connaître, et maintes fois, nous avons expérimenté sa puissante protection. « Il s'opère des miracles pour le 22° », répétait-on autour de nous. Ma réclame ardente pour la petite sainte avait eu plein succès, tous nourrissaient en elle une totale confiance, et j'ai constaté la même foi chez des généraux français. C'est à Sœur Thérèse que j'attribue cette force surhumaine qui m'a aidé à endurer les terribles offensives et la vie pénible des tranchées. Mais je ne puis oublier que c'est a vous que je dois de l'avoir connue, et je veux vous en remercier. »

N'est-il pas évident que la sainte Carmélite fut l'instrument du retour à Dieu de cet ami, jadis hostile à toute religion ?

 

Alfred Tanguay.

 

Le soldat lui-même écrivit au Carmel son tribut de reconnaissance pour la petite sainte, « dont la main invisible, mais sûre, le tira si souvent du danger, pendant son séjour au front ».

 

Protection visible de Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus pendant la guerre.

 

(Ces documents furent apportés au Carmel de Lisieux, le 15 mars 1919, par le Rme P. Godefroy-Madelaine, venu en pèlerinage d'actions de grâces sur la tombe de Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus.)

 

RELATION DU R. PÈRE GODEFROY-MADELAINE, ABBÉ DES RELIGIEUX PRÉMONTRÉS DE FRIGOLET (Bouches-du-Rhône , EXILÉS A LEFFE Belgique).

 

Abbaye de Leffe, près Dinant, fin septembre 1914.

 

Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus, comme chacun sait, ne se repose guère depuis qu'elle s'est envolée vers la céleste patrie; à la lettre « elle passe son ciel à faire du bien sur la terre ».

En voici un témoignage nouveau, et d'un ordre tout à part.

Dans le cours de la terrible guerre franco-allemande de 1914, il n'est pas sans doute d'épisode plus émouvant que le combat du 23 août, au passage de la Meuse, et le sac de la jolie petite ville de Dinant. Jolie, elle le fut autrefois; aujourd'hui, elle n'est plus qu'un lamentable monceau de ruines, triste à vous arracher des larmes. Sunt lacrimae rerum...

Située au faubourg de Dinant, l'abbaye de Leffe devait avoir sa large part dans le désastre général de la cité. Dieu permit qu'elle se trouvât au centre des opérations militaires de l'armée allemande, précisément dans la ligne de feu. Dès 6 heures du matin, l'armée

 

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saxonne envahissait les Fonds de Leffe, et notre abbaye avait été désignée par les autorités ennemies pour y interner toute la population des rues environnantes. A 8 heures, déjà près de 500 personnes, hommes et femmes, s'entassaient dans nos appartements; leur nombre atteignit près de 2.000.

Vers 9 heures, un officier du 106e régiment de Saxe crie, dans la cour intérieure : « Les hommes ! Tous les hommes ! » Les voici sur deux rangs, les bras levés, et, parmi eux, un de nos fidèles serviteurs. On les fait avancer hors de la maison. Les portes se referment derrière eux, et deux minutes ne se sont pas écoulées qu'ils tombent impitoyablement fusillés. Cinquante à soixante victimes, et ce ne sont pas les dernières, hélas!

A 10 heures, ce même officier se présente à nous; il exige qu'avant midi, une contribution de guerre de 15.000 francs soit versée, sans quoi le monastère va être incendié.

Pendant quelques heures d'angoisse, au milieu du bruit assourdissant du canon et des mitrailleuses, les religieux, descendus dans les caves, prient et se recommandent au Sacré-Cœur de Jésus, à la Vierge Immaculée, à la petite sainte de Lisieux. Néanmoins, vers 3 heures de l'après-midi, on menace de nous exécuter sans pitié. Deux de nos frères, affolés, essaient alors de se cacher dans le canal construit sous l'abbaye. Ceux-là seront poursuivis, mis à mort, et leurs corps, jetés dans la Meuse, iront, au courant du fleuve, échouer misérablement à 5 et 10 kilomètres de là.

Cependant, la nuit du 23 au 24 août se passe dans les affres de la peur, à la clarté sinistre de l'incendie qui consume la ville presque tout entière, et aux clameurs de victoire d'une armée ivre de vin et de rage.

Quand vient à luire le soleil du 24, chacun se demande, anxieux, ce qui peut bien arriver encore. La matinée ne s'était pas écoulée, qu'un fort détachement du 106° de Saxe pénètre violemment dans la cour intérieure du couvent, et se précipite pour y perquisitionner de fond en comble, sous le spécieux prétexte que des soldats et des armes sont cachés dans la maison.

Après cette furieuse enquête, au milieu des cris et des injures de la soldatesque allemande, les religieux, l'abbé en tête, sont emmenés prisonniers à l'école régimentaire, avec d'autres ecclésiastiques et civils, coupables, sans doute, des mêmes crimes imaginaires.

C'est ici qu'intervient visiblement la chère petite Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus. En vue de nous garantir contre l'incendie et contre le pillage, nous avions caché dans nos caves les ornements sacrés, le linge et les quelques valeurs de la Communauté, ayant soin de placer dans la simple caisse de bois contenant ces valeurs, un souvenir-relique de la Servante de Dieu. Au cours de leur inspection minutieuse, les soldats ne purent manquer certainement de heurter de leurs fusils cette boîte non fermée, ou bien, par un prodige, ils ne la virent pas... En outre, elle resta plusieurs jours abandonnée à la discrétion de la foule retenue prisonnière dans l'abbaye. Quoi qu'il en

 

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nous goûtions le bonheur de nous retrouver à l'ombre de notre cloître béni. Quelques jours après, nous y faisions notre profession religieuse, et tout cela, nous le devons à l'intervention de Sœur Thérèse !

Suivent les signatures des deux religieux.

 

« Mets ta confiance dans le Sacré-Cœur de Jésus, et tu seras sauvé de cette guerre. »

 

Marçay (Indre-et-Loire), le 30 mars 1919.

 

Ma Révérende Mère,

 

Je vous écris les grâces que j'ai reçues de la petite Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus. La première, c'est au mois de juillet 1916; j'étais, à ce moment-là, sous Verdun et brancardier, quand dans la nuit du 14 au 15 juillet, entre 10 et 11 heures, alors que j'avais le cœur bien triste et découragé, je pris mon chapelet et, après l'avoir dit tout entier, je vis tout à coup, devant moi, une religieuse si brillante que je n'ai jamais vu une pareille lumière. Je reconnus aussitôt Sœur Thérèse. Elle pressait sur son cœur son crucifix et de belles roses blanches. Après m'avoir bien regardé, elle me dit en souriant : Paul, mets ta confiance dans le Sacré-Cœur de Jésus, et tu seras sauvé de cette guerre. Ensuite, elle disparut, mais je me sentais un grand courage qui ne m'a point abandonné depuis.

Aujourd'hui, je reconnais que ce que m'a promis la sainte s'est réalisé. J'ai couru beaucoup de dangers, soit en allant relever les morts sur le champ de bataille, soit, plus tard, quand je fus envoyé comme combattant dans les tranchées; mais la petite Sœur Thérèse était toujours avec moi.

J'ai été blessé, le 27 mai 1918, par une balle à la jambe gauche, et je ne pouvais plus bouger. Ma pensée se tourna alors vers ma Sœur Thérèse, je la priai, et aussitôt, j'eus en moi une grande force, qui me permit de gagner le poste de secours à 600 mètres plus loin.

Après ma guérison, j'allai de nouveau au front, et, le 27 septembre 1918, je reçus un autre éclat d'obus au pouce gauche, et une commotion aux oreilles qui me rendit presque sourd. Pendant mon second séjour à l'hôpital, à Bordeaux, la nuit de Noël, à la messe de minuit, après avoir communié, je sentis par deux fois tomber quelque chose sur ma tète et mes mains, et je respirai en même temps une odeur de rose très forte. Je venais de demander une grâce à ma petite sainte, celle de me trouver près de ma femme pour la naissance de notre second enfant, et que tout se passe bien. Ces roses qu'elle jeta sur moi, c'était sa douce réponse, car, en effet, j'eus la joie d'être à la maison pour l'arrivée de notre petit ange, le 21 mars 1919, et je lui ai donné avec bonheur le nom de Sr Thérèse.

 

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Jamais je n'oublierai tous ses bienfaits, et que c'est par sa protection et suivant sa promesse que j'ai la vie sauve.

 

Paul Lyoen,

du 403e d'inf., en permission.

 

Est jointe au dossier une lettre de M. l'abbé Goulard, curé de Marçay, déclarant le soldat Lyoen excellent chrétien, digne de toute confiance.

 

Songe mystérieux.

 

Carmel de Compiègne, réfugié à Angers (Maine-et-Loire), le 6 avril 1919.

On a, dans ma famille, beaucoup de confiance envers Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus, et elle a donné en retour bien des preuves de sa céleste compassion, au milieu de cruelles angoisses. Voici un trait spécialement, où nous avons reconnu sa délicate bonté.

Le frère de mon beau-frère, M. Vivequin, s'était vu obligé, au début de la guerre, de fuir devant l'envahisseur pour servir la France et laisser sa femme et ses deux enfants en pays occupé. Ceux-ci restèrent bien longtemps privés de ses nouvelles, et s'adressaient à la Sainte Vierge et à Sœur Thérèse pour obtenir leur protection sur le cher absent. Or, une nuit, Mme Vivequin eut un songe mystérieux. Elle voyait nettement un champ de bataille, son mari blessé, gisant à terre et réclamant du secours. Aussitôt, elle se mit à supplier la Sainte Vierge et la chère petite Sœur Thérèse de ne pas abandonner son pauvre soldat. Puis elle s'éveilla tout en larmes.

Quelques mois plus tard, M. Vivequin, après avoir été fait prisonnier, fut rendu aux siens. Les deux époux se racontèrent leurs mutuelles épreuves, et il se trouva que cette même nuit et à l'heure précise du songe, le mari, grand blessé, après avoir attendu dix longues heures sur le champ de bataille, avait été enfin relevé par les Allemands, et transporté dans une ambulance. Cette coïncidence merveilleuse leur fit rendre de nouvelles actions de grâces à la Très Sainte Vierge et à la petite sainte tant invoquées.

 

Sr Agnès du Cœur de Jésus,

religieuse carmélite.

 

« Depuis ce jour j'ai pris la sainte pour ma Protectrice. »

 

Landrichamps (Ardennes), 6 mai 1919.

 

Le 15 janvier 1915, j'ai été atteint, à Berry-au-Bac, d'une grave blessure, et je restai comme mort. Je ne connaissais pas du tout Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus, mais comment cela se fit-il ? lorsque

 

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je sortis de ma léthargie en arrivant à l'ambulance de triage de Château-Thierry, les Sœurs de Saint-Vincent-de-Paul trouvèrent dans ma main, que je tenais crispée, une image de la petite Sœur, celle où elle couvre son crucifix avec des roses. Comment y était-elle venue? Personne ne l'a jamais su, mais depuis ce jour, j'ai pris la sainte pour ma Protectrice et je n'ai plus cessé de la prier. Je l'aime tant, que je ne puis penser à elle sans être tout ému. En vérité, elle m'en a f...  une commotion ! Dernièrement, à la Cathédrale de Nîmes, un prédicateur se mit à parler d'elle en chaire, et cela me fit tant de bonheur, que je fondis en larmes, à l'étonnement de ceux qui m'entouraient. On me demanda ensuite pourquoi j'avais pleuré et j'ai répondu : « On a parlé de la petite Sœur Thérèse à qui je dois tant, cela me donne trop de joie! »

J'étais demeuré infirme à la suite de ma blessure, mais par l'inspiration de Sœur Thérèse, j'en suis sûr, une dame charitable m'offrit un pèlerinage à Lourdes et j'y fus guéri par la Sainte Vierge parce que ma petite Sœur avait prié pour moi. J'ai été la remercier sur sa tombe à Lisieux, et je lui ai donné ma croix de guerre.

 

J. Paulet,

mutilé de la guerre.

 

Ce soldat fut reçu au parloir du Carmel, lorsqu'il vint en pèlerinage.

« A partir de ce moment, je n'eus plus aucune crainte. »

 

J. (Seine), le 13 mai 1919.

 

Ma bien chère Mère,

 

En 1913, l'une de mes tantes me prêta à lire la Vie de Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus, et cette lecture m'inspira tant de confiance, que j'eus depuis recours à la petite sainte dans toutes mes nécessités. Je désirais à cette époque me créer un foyer, et pendant trois mois, je la suppliai de me faire rencontrer une jeune fille pieuse et bonne; elle m'exauça, et au lendemain de mon mariage, le 9 février 1914, je vins, avec mon épouse, m'agenouiller sur sa tombe pour la remercier de ce premier bienfait.

Mais la guerre éclata; je fus incorporé dans la cavalerie. Hélas, il me fallut abandonner ma chère compagne ! Alors, je me tournai vers Sœur Thérèse lui demandant de me protéger, et, dans la nuit du 30 octobre 1915, en Champagne, étant couché dans une grange et à moitié endormi, je vis tout à coup, au fond de la grange, la petite sainte du Carmel toute resplendissante de lumière, avec des roses blanches dans les mains. Si c'est un rêve, une vision, je ne pourrais le dire, mais ce que j'affirme, c'est qu'à partir de ce moment, malgré

 

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tous les dangers, je n'eus plus aucune crainte pendant la guerre; j'avais comme l'assurance d'en revenir et je l'écrivis aux miens.

Dès mon retour, je demandai à ma Protectrice une bonne place et elle me l'obtint bientôt. Enfin nous n'avions pas d'enfant, et je fis, avec ma femme, un second pèlerinage à Lisieux, le 8 février dernier, pour la solliciter en grâce de nous en accorder; eh bien! nos prières vont être bientôt exaucées.

Je vous prie, bien chère Mère, de faire connaître ma lettre pour donner confiance en Sœur Thérèse.

 

J. B.
Mme B.

 

Conversion d'un soldat mourant, dans un hôpital de Bavière.

 

 

(Venue par la Suisse), Insbrück (Tyrol), 10 juin 1919.

 

Je crois pouvoir affirmer que Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus n'a jamais laissé aucune de mes demandes sans l'exaucer. En voici un exemple.

Durant l'année 1917, je me trouvais infirmière dans un hôpital, à Ingolstatt en Bavière, lorsque le dimanche avant la fête du T. S. Sacrement, comme je quittais la chapelle, notre aumônier m'aborda pour me recommander de prier Sœur Thérèse pour la conversion d'un pécheur endurci. Ce blessé était dans ma salle, et semblait ne devoir survivre que quatre jours au plus. Il y avait vingt-deux ans qu'il ne pratiquait plus, et il refusait obstinément l'abord du prêtre. Dès qu'il voyait celui-ci, il entrait en colère, et faisait mine de s'enfuir. Sa femme, impie comme lui, l'encourageait dans ces tristes dispositions.

J'entrepris donc d'arracher cette âme à l'enfer, en la confiant à la petite sainte française. Au début, rien ne changea dans ses sentiments. Le jeudi de la Fête-Dieu, le malheureux entrait en agonie, et je redoublai ma prière toujours confiante. Le mourant sortit alors de son inconscience et m'appela, acceptant aussitôt la visite de l'aumônier qui accourut immédiatement. Une heure plus tard, cet homme expirait, réconcilié avec Dieu, et jamais je ne saurais assez remercier Sœur Thérèse de Lisieux de m'avoir si admirablement exaucée.

Sr Thérèse de la Sainte-Face, religieuse garde-malade.

 

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« On aurait dit qu'elle me parlait... »

 

Allemagne occupée, le 17 juin 1919.

 

Mes Chères Sœurs,

 

Je peux vous dire vraiment que Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus m'a sauvé, car dans tous les grands combats auxquels j'ai pris part, toujours je l'ai priée, et aussitôt, la force et le courage me revenaient malgré la fureur des canons et de la mitraille. En un mot, j'étais abrité par Sœur Thérèse; on aurait dit qu'elle me parlait. Du 29 août au 16 septembre 1918 en particulier, je fus très exposé pendant une attaque, et c'est un miracle que j'en sois sorti vivant. Mon fusil a été brisé entre mes mains; un soir entre autres, nous nous trouvions sous un tir de barrage affreux; les trous d'obus se touchaient et je pensais que c'en était fini de moi, quand tout à coup, j'eus sa vision et elle me dit : Courage, n'aie pas peur, il ne t’arrivera rien. Et en effet, je n'ai rien eu, alors que nous avons perdu 80 % de notre effectif. C'est bien ma sainte Protectrice qui m'a préservé de tout mal dans cette lutte acharnée, et je tenais, mes chères Sœurs, à vous le faire savoir, pour que vous m'aidiez à la remercier.

 

Jean Charrier,

28e Bon de chasseurs alpins, 2e Cie.

 

Suit une lettre d'une religieuse de Saint-Joseph de Suse, tante du soldat, qui atteste la protection accordée à son neveu, et envoie sa photographie.

 

« Regarde, connais-tu ça ? »

 

V. (Seine), 21 juin 1919.

 

Il y a un peu plus d'un an, que je fis connaissance avec Sœur Thérèse, la Protectrice des Poilus. Une personne pieuse m'avait donné une médaille de la petite sainte; mais j'étais assez sceptique au sujet des saints « miraculeux », et, à part la sainte Vierge que j'aime depuis mon enfance, j'en invoquais bien peu dans mes courtes prières. Donc je pris cette médaille, et la passai machinalement à ma chaîne de montre ! Quelques jours s'écoulèrent, et bientôt surgit pour moi une difficulté de métier; je pensai à ma petite médaille et je dis intérieurement : « Sœur Thérèse, je sais bien que vous ne devez pas être très contente d'un poilu comme moi, qui ne dit pas souvent ses prières, mais je vous demande quand même de me protéger. En ce moment, j'ai une petite affaire qui m'ennuie. Ne pourriez-vous pas tenter quelque chose pour un de vos nouveaux protégés? »

Et la bonne petite Sœur a bien voulu m'entendre, m'exaucer, et

 

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m'accorder bien d'autres faveurs. C'est pourquoi je viens, aujourd'hui apporter mon témoignage en faveur de la sainte future..., car c'est une vraie sainte, qui fait beaucoup pour ceux qui ont souffert de la guerre.

Voici encore une preuve de l'attirance qu'elle exerce sur les âmes de soldats.

Dans un camp d'aviation je lis connaissance d'un caporal, grand diable, athée, mais bon cœur, homme énergique et juste; c'était un « mangeur de soutanes », malgré une éducation première foncièrement religieuse. Cependant; il fut pour moi un soutien et un ami.

Or, un jour, à la cantine, devant un quart de jus, nous causions de choses et d'autres : nos misères, notre avenir, etc.. Tout d'un coup, comme il ouvrait son porte-monnaie, il en sortit un morceau de papier sali par le contact du cuir, et il me dit en le dépliant : Regarde, connais-tu ça, toi qui es « cagot »? Et son œil bleu plongeait dans les miens. — « Mais oui, répondis-je, c'est Sœur Thérèse ! » J'étais stupéfait. « Eh bien, continua-t-il, tu apprendras que libre penseur j'ai encore une croyance. » Et il m'avoua qu'il conservait précieusement et avec respect ce « souvenir légué par un ami mort au champ d'honneur ».

Je ne doute pas que la chère sainte ne ramènera un jour à la vérité religieuse cet inconscient qui la vénère.

 

G. L.,

1er groupe d'aviation, 3e Cie.

 

Sœur Thérèse gardienne d'un monastère de Palestine pendant la guerre.

 

Monastère des Bénédictines de Notre-Dame du Calvaire, Mont des Oliviers

 

(Palestine), 27 juin 1919.

 

Ma Révérende Mère,

 

Je viens acquitter une promesse, faite en 1914, lors de l'expulsion des sujets français et alliés de l'Empire ottoman.

Le 3 novembre 1914, quand il fallut quitter notre cher monastère, Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus, en qualité d'ancienne sacristine, fut chargée de veiller sur la sacristie et sur les objets destinés au culte. La tache était difficile, car notre cachette se trouvait à la merci des soldats turcs casernes chez nous, puis des Britanniques qui occupèrent le couvent après la conquête de la ville sainte. Mais Sœur Thérèse a bien gardé « le petit ménage » du bon Dieu. Le recoin qui l'abritait a été journellement frôlé, coudoyé, regardé par les soldats, sans que ceux-ci aient jamais songé à opérer de ce côté un mesurage ou un sondage.

Nous venons de retrouverions les objets intacts... Plus tard, quand il sera permis de rendre à notre céleste gardienne les honneurs d'un

 

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culte public, nous transformerons cet humble réduit en oratoire, et Sœur Thérèse y sera honorée avec son petit Roi Jésus et la sainte. Face de N.-S.

Encore un motif d'actions de grâces dans le fait suivant, qui m'a été rapporté par Mlle Riou, Française demeurée à Jérusalem durant toutes les hostilités, et qui a sauvegardé de tout son pouvoir, auprès des autorités ennemies, les intérêts de notre monastère.

Dans l'été 1915, une terrible invasion de sauterelles ravagea la Palestine : ce fut un terrible fléau. Mlle Riou eut l'inspiration, quand es nuées de sauterelles arrivèrent, obscurcissant l'air par leur nombre, de tendre, d'un arbre à l'autre, dans notre jardin, des rubans de fil blanc, portant cette inscription :

« Petites créatures de Dieu, respectez ce qui est sous la protection de Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus. »

Or, dans notre enclos, les sauterelles ne descendirent pas; les oliviers, figuiers et autres arbres conservèrent leurs fruits et leurs feuilles, tandis que les terrains voisins furent dépouillés de toute verdure, et les arbres, réduits à l'état de squelettes.

Ce prodige a pu être remarqué par tout le monde ici, car notre jardin est sur la pente du mont des Oliviers, faisant face à Jérusalem; et Mlle Riou est toute disposée à témoigner de l'exactitude du récit.

Nous vous prions, ma Révérende Mère, d'unir vos actions de grâces aux nôtres et de nous obtenir de votre sainte petite Sœur que nous aimions N.-S. avec générosité et fidélité.

 

Sr Marie de Saint-Anselme,
Prieure des Bénédictines de Notre-Dame du Calvaire,
mont des Oliviers.

 

Protection d'un couvent italien.

 

Asilo Infantile, Miane (Italie), le 5 juillet 1919.

 

Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus nous a merveilleusement protégées pendant la guerre, et je tiens à le publier à sa gloire.

Le 9 novembre 1917, se répandit la nouvelle terrifiante que notre petit pays allait être envahi. Déjà les hommes et les enfants étaient partis par ordre de l'autorité militaire, mais on nous pria, en qualité de religieuses, de demeurer là pour secourir le reste de la population. L'occupation, nous assurait-on, ne durerait pas plus de quinze jours, un mois au plus !

Pendant une semaine, notre couvent fut respecté, mais le 15 novembre, à l'improviste, des coups violents et redoublés retentissent à notre porte, nous remplissant toutes de terreur. Enfin, une Sœur s'arme de courage et va ouvrir. Un officier allemand pénètre dans la

 

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clôture, parcourt la maison en tous sens, examine les lieux et se retire en écrivant sur le mur extérieur quelques mots en sa langue, signifiant que notre maison était désignée pour être occupée tout entière militairement.

Dans ma désolation et mon inquiétude, je me souvins de Sœur Thérèse et détachant son image du volume de sa vie, je la fixai dans le vestibule d'entrée, la constituant notre gardienne. Chose étrange, la nuit s'écoula sans que nous ayons été inquiétées, et quelle surprise, quand le lendemain matin, en ouvrant la porte, on aperçut, massés dans la rue devant le monastère, les soldats et leurs chevaux désignés pour l'occuper. Ils étaient restés là à la belle étoile, tenus sans nul doute en respect par notre céleste et vigilante Protectrice. Là ne se borne pas son secours, car après l'avoir priée avec une confiance que notre premier succès avait grandie encore, nous obtînmes bientôt du gouverneur allemand l'assurance que notre monastère serait affranchi de toute occupation, et cette préservation nous fut continuée jusqu'à la fin des hostilités. Nous n'oublierons jamais ces bienfaits de la chère petite sainte !

 

Sr Passitea Maria,
Supérieure.

 

Conversion d'un jeune soldat.
« Je ne suis plus le même. »

 

Couvent de la Providence de Lessines (Belgique), le 8 juillet 1919.

 

Deo Gratias ! Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus vient d'opérer ici un vrai miracle spirituel.

Un soldat, blessé grièvement au bras et à l'épaule, lors de l'explosion du Bourget, et n'ayant pas mis les pieds à l'église depuis l’âge de douze ans (il en a bientôt trente), ressemblait plutôt à un apache qu'à un homme civilisé. Néanmoins, j'entrepris de le convertir, par l'intermédiaire de la petite sainte, et, en quelques jours seulement, la grâce a fait en lui son œuvre.

Je remis d'abord au pauvre enfant une relique de la terre de la tombe de Sœur Thérèse, pour qu'il implore sa guérison ; et aussitôt, avec une foi bien touchante, non content d'absorber quelques grains de cette terre dans sa boisson, il voulut la prendre à l'état naturel. « Je ne suis plus le même homme, avouait-il quelques jours après, et depuis que j'ai cette relique, je me sens poussé à aller à l'église. » Il ajouta : « Que cette petite Sœur me guérisse ou non, je veux faire un pèlerinage à son tombeau. » En outre, il assurait voir souvent une jeune religieuse passer et repasser devant lui. A diverses reprises aussi il jouit des parfums de Sœur Thérèse. Mais sa transformation se révéla bientôt par des actes. Le 29 juin, je l'aperçus, avec une bien douce surprise, assistant à la grand'messe. Il était en tenue, et priait

 

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sans l'ombre de respect humain. Mon soldat revint aux vêpres, et cependant, ce jour-là, vingt-trois musiques en ville célébraient la victoire, et les troupes fêtaient leur retour et la paix. N'est-ce pas étrange et plutôt admirable que l'office religieux ait eu sur notre quasi-néophyte plus d'attirance que ces joyeuses réunions?

Le brave garçon s'est épris pour sa petite sainte d'une touchante dévotion; tout son cœur est dans ce regard, quand il contemple son image. Il vient d'affirmer encore son retour à Dieu par une bonne confession et il a communié avec ferveur le 3 juillet. Pourtant, il lui en coûtait de faire ce dernier pas. Maintenant il est heureux et dans les meilleures dispositions de persévérance, se faisant même apôtre auprès des siens.

Puisse Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus le soutenir dans ses généreuses résolutions !

 

Sr Sainte Philomène,
Supérieure.

 

Dès le 22 juillet 1919, le nouveau converti de Sœur Thérèse venait de Belgique à Lisieux, au tombeau de sa Protectrice.

 

« Réjouis-toi, Félicien. »

 

X... (Savoie), 25 juillet 1919.

 

Ma Révérende Mère,

 

Je vous adresse le récit de la guérison de mon paroissien, grâce qu'il attribue à la protection de Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus. Sa santé actuelle est très bonne. Mais ce qui est mieux encore que cette guérison corporelle, c'est pour F... R..., son retour complet aux pratiques religieuses qu'il avait oubliées. Le voilà devenu un fervent chrétien, qui édifie la paroisse, et exerce une salutaire influence sur sa famille. Que la petite Sœur Thérèse soit remerciée de cette grâce spirituelle; c'est là le principal effet de son intervention.

Veuillez agréer, etc.

 

A. G., Curé de la Cathédrale.

 

RELATION DU PRIVILÉGIÉ.

 

C'est en 1911 que je commençai à ressentir de violents maux d'estomac; en dép|t des nombreux remèdes employés, et du traitement prescrit par M. le Dr L..., mon état continua d'empirer. Dieu permit néanmoins que, la guerre éclatant, je ne fusse pas réformé et l'on m'incorpora, dès le 2 août 1914, au 97° d'infanterie; le 2 octobre de la même année, je fus fait prisonnier, et arrivai le 7, au camp d'Alten-Grabow. Le 27 juillet 1915, on me transféra dans une autre localité, à 4 kilomètres de Wittemberg, pour y travailler dans une usine électrique. C'est là que, tombé dans une extrême

 

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faiblesse, et souffrant beaucoup de mon ancienne maladie, un excellent camarade me donna un opuscule sur la vie de Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus, dont je n'avais jamais encore entendu parler, et je résolus de lui demander ma guérison. A cet effet, je multipliai mes supplications, et voilà que dans la nuit du 15 décembre 1915, j'eus un songe que je n'oublierai jamais. J'étais aux pieds de la sainte Vierge, et à mes côtés, Sœur Thérèse la priait avec moi de me guérir. Tout à coup, elle se tourna vers moi, et me dit : « Réjouis-toi, Félicien, la Sainte Vierge m'a promis de l'exaucer bientôt. » Quatre jours plus tard, le 19 décembre, tandis que ma pensée se reportait vers Sœur Thérèse, j'éprouvai une violente secousse, et dès ce moment, mes cruelles douleurs disparurent.

Depuis mon retour en France, après l'armistice, je me livre aisément à mes occupations, et supporte sans fatigue n'importe quelle nourriture.

Cette grâce me pénétra d'une profonde reconnaissance pour ma sainte avocate, qui ajouta à ses bienfaits celui de me faire comprendre ma religion, dont j'avais négligé depuis longtemps la pratique. Sous son inspiration, je me suis consacré totalement à la Mère de Dieu, selon la méthode du Bienheureux Grignon de Montfort, et par les mains de Sœur Thérèse. F. R.

 

« Pour toute réponse, je montrai la relique de Sœur Thérèse. »

 

Bugny (Doubs), le 3 août 1919,

 

Très Révérende Mère,

 

Je veux vous envoyer un récit détaillé qui montre visiblement combien j'ai été protégé par Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus.

Moi, Joseph Bolle-Richard, de Bugny, arrondissement de Pontarlier (Doubs), brigadier au 5e régiment d'artillerie, 2e colonne de ravitaillement, j'ai, grâce à la protection puissante de la sainte, échappé miraculeusement à la mort.

J'étais en juillet 1918 à Billy-sur-Ourcq, pendant les combats qui se sont déroulés autour de Villers-Cotterets (Aisne). Le 30 juillet je dirigeais le chargement en munitions de quatre caissons. Les conducteurs étaient tous occupés à ce travail lorsque, soudain, les chevaux, épouvantés par le bombardement partirent au galop. J'entrevis une catastrophe, les hommes serrés entre les caissons, l'un d'eux, déjà entraîné, pris par un bras. Il n'y avait pas une seconde à perdre, je m'élançai sur les chevaux qui étaient en tête de l'attelage et je parvins à les maîtriser une demi-minute, le temps suffisant pour sauver mes hommes. Mais il me fallut lâcher prise et je tombai piétiné par les chevaux. Le convoi entier passa sur moi, c'est-à-dire

 

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quatre caissons, attelés chacun de six chevaux, et pesant séparément 1.500 kilogs. J'ai eu cinq roues marquées sur le corps, et mes habits arrachés, déchiquetés; je fus traîné sur une longueur de 20 mètres. Eh bien, ma très Révérende Mère, malgré cela, je me relevai sans autre mal qu'une légère égratignure au visage ! Une centaine d'hommes, accourus sur le lieu de l'accident, crièrent au miracle. Pour toute réponse je leur montrai la relique de Sœur Thérèse et tous m'approuvèrent.

En vérité, j'ai toujours eu confiance en cette sainte et c'est sa protection qui m'a sauvé.

Agréez, etc. Votre tout dévoué serviteur,

 

Joseph Bolle-Richard,
démobilisé depuis le 5 mars 1919,
cultivateur à Rugny (Douhs).

 

En faveur d'un prêtre-soldat italien.

 

Villa San-Quirico, Baldissero-Torinese (Italie), le 15 août 1919.

 

Ma Révérende Mère,

 

Je suis heureuse de vous faire part d'une très sensible protection de Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus, en faveur d'un prêtre-soldat italien, ami de notre Communauté. Cette protection qu'il nous a écrite aussitôt qu'il l'eut reçue du Ciel, il nous l'a confirmée depuis de vive voix.

C'était au cours des graves événements d'octobre 1917. Ce prêtre, que tous appelaient un héros et à qui l'on confiait souvent des missions importantes, se préparait à une grande bataille annoncée, par une neuvaine à Sœur Thérèse, du 15 au 24 octobre, quand, devant l'avance de l'ennemi, arriva pour son régiment l'ordre exprès de se retirer sans combattre, et immédiatement. Le danger était immense.

« J'attachai alors à mon cou la relique de la petite sainte, nous écrivit le pieux abbé, et je me mis à courir, emportant les papiers précieux commis à ma garde. Dans le désordre épouvantable de cette retraite, chacun s'enfuyait, et beaucoup s'égaraient. Pour moi, j'entendais comme une voix qui me disait : « Passe ici..., ne passe pas là..., prends ce chemin et pas tel autre... » Cette voix, je le sentais, c'était celle de Sœur Thérèse, et je suis arrivé en lieu sûr, et sain et sauf, après six jours de fatigues inouïes. Non, ce n'est pas seulement un miracle que la chère petite Sœur a fait pour moi, mais une série de miracles. »

Je tenais, ma Rde Mère, à vous signaler ces faits, à la gloire de Celle pour qui, dans l'intime de mon cœur, je professe un véritable culte.

 

Sr M. Agnès de Jésus, S. d. J. C.

 

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Protection en faveur d'un officier supérieur et de son frère lieutenant-aviateur.

 

Château de Saint-Roman, prés Bédarrides (Vaucluse), le 30 août 1919.

 

Ma Révérende Mère,

 

Je tiens à vous remercier de toutes les prières que vous avez bien voulu adresser, pendant la guerre, à Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus, pour mes deux fils au danger. Le second, Jean, lieutenant-aviateur, qui vient d'être démobilisé, avait en votre petite sainte une confiance illimitée»; il gardait son image dans la carlingue de son appareil, et ne montait jamais sans l'avoir invoquée. Fort de l'assistance céleste qu'il s'assurait ainsi, il fit jusqu'au bout son devoir, et échappa à maints périls mortels.

Son aîné, devenu depuis général, ne quittait pas le portrait de Sœur Thérèse, et maintenant, il voudrait de toutes manières lui prouver sa reconnaissance, pour s'être remis par miracle, d'une blessure terrible, reçue le 4 novembre 1918, au passage de l'Escaut, où sa bravoure le fit s'exposer volontairement. Il se propose à ce sujet d'en écrire au Saint-Père.

Je me permets, ma Révérende Mère, de vous envoyer le texte des deux citations que lui mérita, en cette occasion, son courage héroïque.

Nous avons obtenu un autre bienfait d'ordre spirituel en faveur d'un de nos ouvriers réduit à l'extrémité par la grippe épidémique et qui ne pratiquait pas depuis trente ans. Nous pensâmes alors à mettre sur lui la relique de notre chère sainte, que possédait mon fils l'aviateur. Le malade la prit et l'attacha à son poignet, puis bientôt accepta sans difficulté les derniers sacrements. Encore une âme sauvée par l'Ange du Carmel!

Veuillez agréer, etc.

 

Mme d'Alauzier.

 

TEXTE DE LA PROPOSITION DE CITATION A L'ORDRE DE L'ARMÉE DU LT COLONEL DE RIPERT D'ALAUZIER

 

Lieutenant-colonel d'Alauzier, chef d'état-major de la 11e division d'infanterie : Officier supérieur hors de pair.

Au cours de la campagne, a donné à tous l'impression d'un chef aux belles vertus françaises, d'un soldat ardent et passionné.

Comme chef de corps, a su communiquer à la troupe son souffle de magnifique énergie; comme chef d’état-major, par sa science tactique, a été pour son général de division un collaborateur des plus précieux.

Fidèle à son passé glorieux et au régiment qu'il avait commandé et conduit si vaillamment à la bataille, a voulu, une fois de plus, lui marquer sa confiance, en prenant part, le 3 novembre 1918. a la tentative hardie du passage de  l’Escaut, faite par ce régiment: fut grièvement blesse par une balle, à la tête des hommes qui devaient prendre place sur le premier radeau. ...

 

Le Général commandant la 11e division d infanterie.
Signé : Vuillemot.

 

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Suit la citation aussi élogieuse que la précédente, à l'ordre du régiment signée du lieutenant-colonel Le Villain, commandant le 69e régiment d'infanterie.

 

LETTRE ADRESSÉE AU CARMEL PAR LE LT-COLONEL D'ALAUZIER Val-de-Grâce, Paris, le 28 février 1919.

 

Ma Mère,

 

J'attendais pour vous remercier de vos prières, la guérison complète de ma blessure, afin qu'il soit bien avéré que c'est à Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus que je dois cette guérison quasi miraculeuse. Je vais sortir dans quelques jours de l'hôpital, et l'un de mes premiers actes, en entrant en convalescence, est ce témoignage de reconnaissance envers Celle qui m'a sauvé. Un officier blessé comme moi, et qui a subi sept opérations, dont cinq trépanations, le lieutenant de Pennard, attribue aussi à la Servante de Dieu, dont il a toujours porté l'image, d'avoir échappé à la mort.

Veuillez agréer, ma Mère, avec l'expression de ma reconnaissance émue, l'hommage de mes sentiments les plus respectueux.

 

D'ALAUZIER,

Lt-Colonel Chef d'État-Major de la 11e Division d'infanterie,

Officier de la Légion d'honneur,

Croix de guerre avec 5 palmes et 4 étoiles,

Croix de l'Aigle blanc de Serbie,

Chevalier de l'Ordre des Sts-Maurice et Lazare.

 

 

« Prenez le sentier à droite. »

 

Collegio Santa-Rosa, Nictheroy (Brésil), le 30 août 1919.

 

Ma Révérende Mère,

 

Je suis vraiment confus d'avoir tant tardé à m'acquitter d'un devoir envers la chère petite Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus qui m'a protégé et sauvegardé dans les péripéties de la guerre. Je veux cependant, vous relater ce qu'elle fit pour moi en décembre 1915, lorsque, brancardier à la 156e division (Baillard), je fus sauvé par elle d'un péril imminent.

Nous étions en pleine retraite, fatigué par de longues journées de marche, à travers une région montagneuse, je dus m'arrêter au bord d'un sentier afin de prendre un peu de repos. J'eus, toutefois, l'heureuse pensée de conlier cette halte si dangereuse à la petite Sœur Thérèse, et je ni endormis sans m'inquiéter de rien. Tout à coup, je me sens secoué, puis appelé... Alors je me réveille, et regarde de tous côtés, mais n'apercevant qui que ce soit, je me rendors, pensant

 

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que l'impression ressentie était une illusion, un rêve. J'étais à peine assoupi une seconde fois que je me trouve réveillé de nouveau par une voix plus puissante que la première, m'invitant à me lever. J'obéis, mais ne voyant personne, je me recouche encore, car, brisé de fatigue, mes jambes refusent de se mouvoir. Cependant une forte secousse me tire bientôt de mon sommeil, et la même voix m'ordonne cette fois de me lever.

Aux alentours, nul être humain. Le canon tonnait, on entendait bien distinctement la fusillade des Bulgares qui se rencontraient avec notre arrière-garde, troupes sacrifiées afin de protéger notre retraite, La voix impérieuse et pressante me commandait : Marchez! marchez devant vous, et prenez le sentier à droite. Je m'avançai dans la direction indiquée, et, ô bonheur, j'entendis bientôt parler français. J'appelai alors et l'on vint à moi. C'étaient des retardataires de notre division. Ils m'engagèrent à franchir un précipice qui me séparait d'eux, ce que je fis non sans des difficultés inouïes. Enfin j'étais sauvé! et combien je remerciai Sœur Thérèse d'une intervention aussi merveilleuse, car, sans elle, je tombais inévitablement aux mains des Bulgares.

Je vous prie, ma Rde Mère, de rendre publique cette faveur que j'attribue à ma sainte privilégiée. Pour moi je n'ai pas cessé de l'en remercier et je l'invoque tous les jours avec la plus entière confiance.

Veuillez agréer, etc.

Votre tout dévoué in X°.,

 

Jean Labat,

Prêtre Salésien de Dom Bosco

 

 

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