Pluie de Roses I - III
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37. - X. (Seine-Inférieure), 9 avril 1909.

38 (1). - Carmel de..., Espagne, 7 avril 1909.

39. - Paris, 24 avril 1909.

40. - Relations de la Révérende Mère Saint-Jean Berchmans, Fondatrice et Supérieure des Missions des Sœurs de la Providence à Madagascar.

41. - Carmel de Mangalore, Indes-Orientales, 7 juin 1909.

42. - Carmel de Mangalore, Indes Orientales, 31 juillet 1909

43. - Communauté de X. (Finistère), 15 juin 1909.

44. - Monastère de la Trappe. Tarrega. Espagne, 27 juin 1909.

45. - Monastère de X., Belgique, 2 juillet 1909.

46. - Paris, 8 juillet 1909.

47. - Porto-Novo (Dahomey), 15 juillet 1909.

48. - Chine, 20 juillet 1009.

49. - Monastère de la Visitation de Caen (Calvados), 25 juillet 1909.

50. - New-York, 12 août 1909.

 

37. - X. (Seine-Inférieure), 9 avril 1909.

 

Le 8 mars dernier M. D. tombait gravement malade. Le docteur le déclarait atteint d'une grippe infectieuse. Au bout de quelques jours le mal se compliquait d'une fluxion de poitrine double. M. D. était en proie à un délire effrayant ; jamais une minute de raison. Deux hommes étaient nécessaires pour le tenir. Le docteur dit qu'il n'y avait plus aucun espoir, qu'il était absolument perdu.

Tous les regards se portèrent alors vers le ciel. On appliqua une relique de Sr Thérèse sur la poitrine du malade qui s'endormit et

 

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recouvra ensuite au bout de quelques heures l'usage de sa raison ; c'est alors que la famille s'empressa de lui faire recevoir l'Extrême-Onction.

Dans l'après-midi le malade demande à sa femme ce que tout cela signifiait. — « Ai-je donc été si malade ? » dit-il ; « mais je ne souffre pas et j'ai grand'faim ! » On mande à nouveau le docteur, il crut que c'était pour constater le décès. Grande fut sa stupéfaction ! « Je n'y comprends rien, dit-il, M. D. est sauvé ; qu'il se lève et mange! »

Et depuis, ma bonne Mère, le mal ne laisse plus aucune trace ; le malade déborde de reconnaissance envers la chère thaumaturge.

 

D.

Suit le certificat du docteur.

 

38 (1). - Carmel de..., Espagne, 7 avril 1909.

 

J'éprouve un désir très grand, ma Révérende Mère, de vous raconter un petit miracle opéré par notre bien-aimée Sr Thérèse. Nous possédons ici sa Vie abrégée, en espagnol ; mais, la première fois que je lus ce livre, je n'eus pour elle qu'une grande indifférence, je me dis : « Cette petite Sœur est par trop enthousiaste ! » Un jour qu'on me demandait ce que je pensais de Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus ma réponse fut celle-ci : « Ce que j'en pense ? c'est qu'elle ne me plaît pas ! » Thérèse allait se venger en reine... Quelque temps après une de nos postulantes nous apporte un exemplaire français de l'Histoire d'une âme. Je ne comprenais pas un seul mot de cette langue ; mais, tentée d'une très grande curiosité, je dis à notre Révérende Mère : « Ma Mère, voudriez-vous me permettre de lire ce livre ? » Notre Mère Prieure, toute surprise, répondit : « Permission pour lire ce livre? et de quel profit vous peut-il être puisque vous ne comprenez pas le français ?» — « Mais je ne sais quelle force intérieure m'attire et me dit de le lire. » La permission me fut accordée.

Et que vous dirai-je, ma bien chère Mère, de mon impression et de la très grande allégresse qu'éprouva mon pauvre cœur de voir qu'en commençant à lire les premières pages de ce livre d'or, je compris dans la perfection la langue française !... Toute la communauté en resta dans un grand étonnement. Ma Mère, que de lumières j'ai reçues en lisant ces pages embaumées d'un parfum si céleste ! que de grâces intimes connues de Jésus seul ! Lorsque mon esprit se trouve dans la sécheresse, quelques pages seulement de la vie de l'angélique Thérèse suffisent pour enflammer mon âme en l'amour divin.

Aussi toute l'indifférence que j'avais pour elle s'est transformée en amour le plus reconnaissant et le plus profond. Que de fois en me jetant à genoux lui ai-je demandé pardon de ma faute! Qu'elle m'accorde la grâce d'aimer Jésus comme elle l'a aimé, afin qu'un jour je puisse faire partie de la légion des petites victimes de l'amour divin et chanter en sa compagnie les miséricordes du Seigneur ! Sr...

 

1 Les grâces suivantes s'expliquent facilement lorsqu'on sait que l'édition espagnole de la Vie complète de la servante de Dieu n'est pas encore parue.

 

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Cette religieuse ayant été interrogée plus tard sur la manière dont elle avait réussi à écrire en français la lettre qui précède, répondit que c'était une continuation de la faveur reçue.

En novembre 1910, une jeune Sœur d'un autre Carmel d'Espagne nous confia avoir reçu une grâce identique en tous points à la première, soit pour la forme extérieure, soit pour les effets intérieurs. Interrogée à son tour sur son récit, fait par elle-même en français, elle écrivit ce qui suit :

« Je ne savais pas si vous alliez pouvoir lire ma lettre, je la croyais comblée de fautes, car je n'avais jamais écrit un seul mot de français en toute ma vie ; de même qu'avant de lire l'Histoire d'une âme, je ne comprenais pas un seul mot de cette langue. C'est par un effet de la même grâce que j'ai pu lire et écrire. Notre angélique Sr Thérèse a été ma seule maîtresse de français. Ah ! cette faveur m'en a procuré une autre incomparablement plus grande, celle de l'avoir pour maîtresse en sa petite voie d'enfance spirituelle. Je ne puis dire, ma Révérende Mère, ma reconnaissance envers cette bien-aimée sainte !

 

39. - Paris, 24 avril 1909.

 

Dans la dernière quinzaine de février je fus prise d'un coryza aigu qui dégénéra vite en grippe infectieuse. Une otite des plus douloureuses fit suite à cette grippe, je devins complètement sourde et après avoir subi deux fois la paracentèse du tympan, une mastoïdite se déclara. Elle fut des plus graves ; ses débuts amenèrent vite des symptômes de méningisme.

Le spécialiste qui me soignait ne voulut pas prendre sur lui seul la responsabilité de cette maladie si terrible en complications, et appela à mon chevet le célèbre spécialiste des hôpitaux, qui lui-même voulut avoir l'avis d'un autre confrère. Les six premiers jours de ces consultations, les progrès du mal furent étroitement et savamment surveillés; les soins les plus minutieux, les plus énergiques me furent prodigués et, malgré cela, la fièvre allait croissant, alternant de 40° à 41°. Enfin le matin du septième jour, le mot d'opération fut prononcé et j'y fus préparée par de délicats ménagements. Dès le premier jour de la consultation des trois docteurs, je commençai avec ferveur une neuvaine à Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus du Carmel de Lisieux. Le mal pourtant allait s'aggravant, mais je gardais très ferme ma confiance.

Ma famille, plusieurs Carmels et d'autres personnes s'unirent dans la même prière. L'opération semblait pour tous une évidence et devait se faire le dimanche qui était le neuvième jour de ma neuvaine. La veille je voulus recevoir la sainte communion ; les préparatifs se faisaient, je lisais une douloureuse angoisse dans les yeux rougis de ma sœur.

Le soir j'eus 41° de fièvre; ma nuit fut atroce ; les douleurs cérébrales m'arrachaient des cris et, malgré cela, ma foi était inébranlable... une voix intérieure, infiniment douce, m'insinuant le triomphe de mes prières, celles de ma chère famille sur le Cœur de Jésus !...

Oh ! cette voix intérieure je l'entendrai toujours!... « Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus, suppliai-je avec ferveur, j'ai foi en votre  sainteté, ne

 

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m'abandonnez pas, demandez à Jésus qu'il ait pitié de ma mère, qu'il exauce les prières de mes chères tantes, qu'il entende les invocations des Carmels, qu'il ait pitié de moi ! » Et toujours cette même voix si douce faisait descendre en moi une suave confiance !... Ma tante, carmélite, eut la même intuition très énergique, elle était certaine que je ne serais pas opérée.

Le matin de l'opération arriva : à 7 h. j'avais 40° de fièvre! Je priai, m'isolant dans une foi absolue.

A 8 h. ½ les docteurs arrivèrent, prêtant la main aux derniers préparatifs... J'eus un dernier élan! « Sœur Thérèse, suppliai-je, restez avec moi, ne m'abandonnez pas, j'ai foi, j'ai confiance ! » Les docteurs entrèrent : il fallait me résigner... Quand soudain un apaisement de mon mal, une décroissance subite de ma fièvre et l'écoulement de l'abcès de ma mastoïde se faisant normalement par l'oreille ! J'eus un cri d'allégresse, j'étais guérie ! Les docteurs ne voulaient pas en croire leurs yeux ; ils observèrent, constatèrent, et furent muets de stupéfaction, enregistrant un cas unique dans la mastoïdite.

Oh ! merci de toute mon âme à Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus que je vénère et glorifie comme une sainte !

N. B.

 

40. - Relations de la Révérende Mère Saint-Jean Berchmans, Fondatrice et Supérieure des Missions des Sœurs de la Providence à Madagascar.

 

I - Ambatolampy (Madagascar), 16 mai 1909.

 

Je suis depuis deux jours à l'hôpital de X. auprès de ma Sœur Ste-R., atteinte de fièvre bilieuse hématurique. Le cas est mortel. Deux Européens de Tananarive viennent d être enlevés en quarante-huit heures par cette maladie. Notre si chère Sœur a été plusieurs fois sur le point d'expirer; un miracle seul peut la sauver, nous le demandons ardemment à Notre-Dame de Lourdes par l'intercession de l'angélique Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus.

 

13 août 1909.

 

Quelques heures après mon arrivée, les derniers sacrements furent administrés à la chère malade. Elle fit généreusement le sacrifice de sa vie disant qu'elle était heureuse de mourir missionnaire...

Nous avions perdu tout espoir. Nos Malgaches étaient inconsolables ; ils assiégeaient les portes de l'hôpital pour essayer de voir leur bonne Mère une dernière fois.

Le lundi 17 mai, vers 6 h. du soir, une dernière absolution lui fut donnée. Tout à coup elle m'appela et me dit d'un accent dont je fus frappée : « Vous savez ma Mère, que jusqu'à ce jour j'ai cru que j'allais mourir. Eh bien, ce soir je sens renaître la confiance... »

 

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Depuis lors notre chère Sœur alla mieux; maintenant elle est guérie. Gloire et reconnaissance à Notre-Dame de Lourdes et à Thérèse de l'Enfant-Jésus !

 

II - 19 décembre 1909.

 

Notre petite sainte continue à travailler fort à la mission et nous fait constater une fois de plus la vérité de ses paroles : « Je veux passer mon ciel à faire du bien sur la terre. » Ce bien, je vois qu'elle aime surtout à le faire chez les plus petits, les plus pauvres, les plus déshérités des biens de la fortune et même de la grâce.

J'avais une pauvre infirme qui, depuis plus de dix ans, ne pouvait se mouvoir. Après plusieurs neuvaines à Sr Thérèse, elle s'est trouvée guérie et peut maintenant marcher. Elle vient d'être baptisée et a pris le nom de Marie-Thérèse.

 

III

 

Il y a un peu plus d'un mois, j'administrai le baptême à un petit enfant que je quittai ayant déjà le râle de la mort sur les lèvres. J'avais remis à la mère une image de Sr Thérèse en l'engageant à la prier. Quelques jours plus tard, je vois arriver la pauvre Malgache portant dans ses bras son bébé plein de santé. Et me le présentant, ainsi que l'image que nous lui avions donnée pour tout remède, elle me dit : « La belle dame que tu m'as donnée a guéri mon fils pendant la nuit ; je le croyais mort et déjà je pleurais... et elle arriva en portant une robe blanche qu'elle déposa sur lui, et quand mon petit se réveilla, il était guéri. »

N'est-il pas vrai, ma Révérende Mère, que ce sont là de beaux traits a insérer dans la « Pluie de roses »?

 

IV - 29 mai 1910.

 

Sr Thérèse de l'Enfant Jésus continue à descendre souvent dans notre île. Sa pieuse intervention nous aide beaucoup à prouver la vérité de notre sainte Religion.

En mai dernier, une de nos nouvelles Sœurs malgaches, la filleule de Thérèse (car la petite sœur, étant une des premières protectrices de notre noviciat, nous avons appelé : Thérèse de l'Enfant Jésus la plus jeune de nos novices, celle qui par sa simplicité nous rappelle le mieux notre petite sœur du Ciel), sœur Thérèse de l'Enfant Jésus, dis-je, accompagnée de Flore, une de nos postulantes, visitait les malades d'une petite chrétienté qui a nom : Ambadivona, prés d'Ambatolampy. Elles rencontrèrent dans une case délabrée une pauvre femme minée par la fièvre. Après l'avoir fait prier et lui avoir donné quelques remèdes, la sœur et sa compagne se préparèrent à sortir, lorsqu'elles entendirent un profond gémissement : « Y a-t-il quelque autre malade ici?» demandèrent-elles à la pauvre femme. Cette dernière, leur montrant un trou au fond de la case, leur dit : « Il y a là mon fils, qui est mourant. » Nos deux visiteuses pénétrèrent par le trou et virent étendu

 

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sur une natte, faisant entendre le râle de l'agonie, un jeune homme de 16 à 17 ans. Prés de lui était blottie la grand'mère. « Est-il baptisé ? » lui demandèrent-elles; la vieille rit un signe négatif. Alors sœur Thérèse de l'Enfant Jésus essaya de dire quelques mots du baptême, mais le malade paraissait avoir perdu connaissance. La sœur eut alors la pensée de sortir une image de Thérèse qu'elle portait sur elle, et de la mettre devant les yeux du mourant. A l'aspect de cette image, le regard de ce dernier parut s'illuminer et la connaissance lui revenir. La sœur profita de cette lueur de raison pour instruire le jeune homme, puis elle l'ondoya. Enfin, elle invita fortement la famille à prier et à suivre les catéchismes préparatoires au baptême. Tous promirent.

Sœur Thérèse de l'Enfant Jésus et sa compagne sortirent, laissant la petite image de Thérèse au père du jeune homme, qui venait de rentrer dans la case apportant un linceul pour l'ensevelir. Elles remercièrent leur protectrice, à qui elles devaient la consolation d'avoir donné une âme de plus à Dieu ; mais elles n'espéraient guère la guérison du malade, qui n'avait plus qu'un souffle de vie.

Quel ne fut pas leur étonnement quand une huitaine de jours après cet incident, la femme du catéchiste d'Ambadivona vint leur dire que le malade presque mourant était complètement guéri. Elles crurent d'abord à une erreur.

Pour en avoir le cœur net, elles me demandèrent la permission d'aller s'assurer de la vérité. Leur surprise fut grande lorsque, arrivées à quelques pas de la case, elles aperçurent le jeune homme qui s'avançait à leur rencontre, aussi vigoureux que s'il n'avait jamais été malade. « Quel remède as-tu pris, lui dirent-elles, pour retrouver si vite tes forces?» — « Mais aucun, répondit-il, c'est l'image que vous m'avez laissée qui m'a guéri; chaque fois que je la regardais je sentais mes. forces revenir. »

Cette petite image est toujours dans la case, elle fait l'admiration de tous ces pauvres païens.

 

V

 

Il y a quelques mois, une pauvre mère nous amenait son petit enfant couvert de plaies ; pas une place de tout ce petit corps qui fût intacte. Comme toujours, ma première question fut de demander si l'enfant était baptisé. A la réponse négative de ses parents, j'appelai une de nos sœurs, nouvellement arrivée de France et qui brûlait du désir de faire un baptême. Après avoir conduit les parents de l'enfant dans notre chapelle et les avoir fait prier, la sœur toute tremblante d'émotion fit couler l'eau sur la tête de ce pauvre petit dont la seule vue et l'odeur nauséabonde, s'échappant des plaies, soulevaient le cœur. Elle donna ensuite une image de Thérèse aux parents de l'enfant en leur disant : « Priez bien la petite sœur qui est là sur cette (sary) image. Elle seule peut guérir votre enfant, ou, si ce n'est pas la volonté de Dieu, elle viendra le chercher pour le mettre au ciel. » Ils partirent; nous ne pensions plus du tout à cet enfant, lorsque, une quinzaine de jours après, la jeune sœur m'appela : « Venez vite voir mon petit Paul, me dit-elle, il est tout à fait guéri, il n'a plus une seule plaie »; et la jeune sœur était vivement émue.

« Qui a guéri ton fils ? » demandai-je à la mère du petit. Et soulevant

 

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les pauvres haillons qui couvraient le corps de son enfant, la femme me montra une image de Thérèse, pliée dans un petit chiffon, et attachée à son cou : « Depuis que l'image est là, me dit-elle, les plaies ont séché presque subitement. »

 

VI

 

Une de nos chrétiennes, atteinte par la tuberculose, après s'être fait soigner à l'hôpital, fut congédiée par le docteur qui avait perdu tout espoir de guérison pour sa malade. En s'en allant dans son pays (Andraraty, 8 kilom. d'Ambatolampy), elle entra au couvent pour me demander des prières. Je lui donnai une image de Sr Thérèse de l'Enfant Jésus en lui disant de solliciter sa guérison auprès de cette religieuse dont elle emportait le portrait.

Le dimanche suivant, à la réunion des chrétiens d'Antraraty, je fus bien étonnée d'y trouver la pauvre femme toute transformée. Son visage était plein de santé.

«Qui t'a guérie? lui dis-je. — Mais, c'est l'image que vous m'avez donnée. »

Toute sa famille est dans l'admiration et croit fermement à l'efficacité de la prière.

 

VII

 

La petite relique de Thérèse vient encore de guérir une de nos meilleures chrétiennes d'Ambatolampy, Angèle Rasoa La pauvre femme venait de perdre sa fille, en quelques heures, d'un fort accès de fièvre. Le lendemain de cette mort presque subite, elle fut terrassée elle-même. Son fils nous appela immédiatement. Je prévins le R. P. Roblet et je partis en toute hâte. Je fis respirer de l'ammoniaque à la mourante, ce qui lui rendit assez de connaissance pour que le Père pût la confesser. Ensuite nous fîmes quelques prières auprès de son lit; elle paraissait n'avoir plus qu'un souille de vie. Voyant la douleur de ses pauvres enfants qui l'entouraient, il me vint à la pensée de demander sa guérison à Sr Thérèse de l'Enfant Jésus et j'épinglai une de ses reliques à la couverture de la malade. A partir de ce moment, cette dernière parut aller mieux; le lendemain, elle était hors de danger, et deux jours après complètement guérie. Depuis lors, elle et sa famille ne cessent de remercier leur bienfaitrice.

 

VIII - 10 novembre 1910.

 

Dans notre orphelinat de Betafo (Madagascar) était élevée, depuis cinq ans, Justine Raivo, jeune fille d'une très robuste constitution. En octobre 1907, elle tomba malade, et depuis sa santé alla de jour en jour en déclinant. Deux ans après, les crises étaient si violentes qu'elle devint bientôt méconnaissable. Plus d'appétit, de forces, de sommeil. Après quelques instants de repos au dortoir, la pauvre enfant commençait par gémir, se plaignant de douleurs vers le cœur, puis criait, délirait, se promenait dans la maison, dans la cour, ne sachant que faire pour obtenir quelque soulagement. Elle était alors tantôt transie de froid, tantôt brûlante de fièvre.

 

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Deux docteurs prodiguèrent les soins les plus intelligents et les plus assidus à la jeune fille sans obtenir aucun résultat. La malade était devenue maigre, son teint était terne, ses yeux tantôt hagards, tantôt brillants démesurément.

Elle se plaignait de souffrances violentes dans la tête, les reins, les genoux, etc.. Les deux docteurs finirent par nous avouer qu'on pouvait la prolonger de quelques mois; « mais une guérison était impossible », disaient-ils.

Dix mois s'étaient ainsi écoulés quand la jeune fille, qui, depuis longtemps, nous avait témoigné le désir de se faire religieuse, m'écrivit pour me supplier de vouloir bien l'accepter au noviciat indigène. Sa demande ne m'étonna pas; mais comment penser à recevoir une postulante dans un pareil état de santé? Nous commençâmes alors immédiatement une neuvaine à Sr Thérèse de l'Enfant Jésus et je donnai une réponse affirmative à la jeune fille. Le lendemain de son arrivée (31 juillet) commencement d'une seconde neuvaine à la petite sainte. La nuit suivante fut extrêmement douloureuse, jamais peut-être la pauvre enfant n'avait autant gémi, déliré, souffert. On eût dit que Thérèse voulait nous prouver à toutes que la terrible maladie existait bien toujours. Puis ce fut fini; depuis ce moment, les journées et les nuits de la jeune fille ont été parfaitement calmes.

Chaque jour de la neuvaine on la voyait redevenir plus fraîche, plus forte, et à partir du dernier jour elle reprit son appétit d'autrefois, toutes ses forces lui revinrent.

Elle n'a cessé depuis d'étudier, de même que ses compagnes, d'aller faire des catéchismes dans les chrétientés environnantes assez éloignées, et jamais elle n'a ressenti la moindre lassitude.

Aidez-nous, ma Rde Mère, à remercier notre chère petite Sr Thérèse de l'Enfant Jésus et demandez-lui de multiplier ses visites; alors, malgré notre petit nombre, nous pourrons donner à Notre-Seigneur les âmes de tous les païens qui nous entourent.

 

Sr St-Jean Berchmans.

 

Je soussigné, évêque titulaire de Soruze, vicaire apostolique de Madagascar central, déclare que Sr St-Jean Berchmans est tout à fait digne de foi.

 

Tananarive (Madagascar), le 22 novembre 1910.

 

+ J.-B. Cazet,
Vic. apost. de Madagascar central.

 

41. - Carmel de Mangalore, Indes-Orientales, 7 juin 1909.

 

Ma très Révérende Mère,

 

Vous serez heureuse d'apprendre que votre petite Sœur, qui aimait tant les Carmels des missions, a bien voulu nous favoriser d'une de ses visites.

Nous avions une de nos chères Sœurs très mal d'une pneumonie compliquée d'une maladie de foie et d'une affection des reins ; le docteur

 

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avait peu d'espoir et d'autant moins que notre bien-aimée malade ne voulait pas guérir, étant si heureuse d'entrevoir le ciel, objet de tous les désirs de son cœur.

Elle venait de recevoir avec une piété touchante le saint Viatique et l'Extrême Onction, lorsque nous arriva la circulaire relatant les faits merveilleux opérés par l'intervention toute-puissante, auprès de Dieu, de votre aimable petite sainte.

Nous commençâmes une neuvaine en communauté, pour obtenir la guérison de notre chère malade qui voulut s'unir à nos supplications, dans le but de glorifier le bon Dieu, et de contribuer autant que possible à la glorification de la servante de Dieu, par sa guérison.

Elle vous dit elle-même comment elle a été guérie.

Cette grâce obtenue au Carmel a fait grand bruit dans la ville et on nous demande des neuvaines. Nous vous serions bien reconnaissantes, si vous vouliez nous envoyer quelques reliques et images.

 

Sr Marie de l'Enfant-Jésus, prieure.

 

Relation de la Sœur.

 

Sans me rendre exactement compte des maladies graves dont j'étais atteinte, souffrant beaucoup sous l'influence d'une forte fièvre, crachant le sang et comme des morceaux de poumon, j'interrogeai le docteur afin de savoir si ma vie était en danger, pour recevoir les derniers sacrements. Il me répondit que, depuis trois jours, je me trouvais dans ce cas.

J'exprimai alors mon désir à notre Révérende Mère de ne point différer a me procurer cette grâce et, dans l'après-midi de ce même jour, 16 mars 1909, je reçus la sainte communion en viatique ainsi que I'Extrême-Onction, et me disposai de mon mieux au grand passage du temps à l'éternité.

Voyant que le docteur réitérait ses visites trois et même quatre fois par jour, et qu'il s'était adjoint un autre médecin en consultation, je fus affligée de sa sollicitude à vouloir m'arracher à la mort, moi qui me sentais si heureuse de quitter cette terre d'exil, et je lui en exprimai ma peine, lui reprochant d'agir contrairement aux desseins de Dieu qui m'appelait.

Il était attristé de mes dispositions, contraires, disait-il, aux efforts de la science pour me guérir.

Sa piété avait cependant plus d'espoir dans la puissance de la prière que dans les secours humains. Ce jour même la communauté commençait une neuvaine pour solliciter un miracle par l'intercession de la servante de Dieu, Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus.

Bien après le départ du docteur j'éprouvai quelque chose qui ne saurait s'exprimer; j'étais seule et ne dormais point ; il me semblait que j'étais comme suspendue dans l'espace. Je ne vis rien, mais je m'entendis interroger ainsi : « Pourquoi voulez-vous mourir? » Croyant parlera Dieu je répondis : « Pour vous voir. » Mais la voix reprit qu'il serait plus glorieux à Dieu de m'abandonner à lui, soit pour vivre, soit pour mourir, et de m'unir à la neuvaine que faisait la communauté.

J'entendis encore ces paroles : « Quelle plus grande gloire pour Dieu, pour la sainte Eglise, pour votre saint Ordre et votre communauté, si le

 

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miracle de votre guérison doit hâter la glorification de Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus (1) »

Aussitôt mes dispositions furent complètement changées, je répondis : « Non, je ne veux plus désirer mourir, je vais prier et commencer une neuvaine. »

Lorsque le docteur revint dans l'après-midi, je lui fis réparation des reproches que je lui avais adressés ; le même jour, sur ma demande, on me donna une image représentant Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus, que je plaçai près de mon chevet. Je la priais sans cesse, avec une grande confiance, à proportion de mes souffrances qui s'accentuaient davantage, à mesure que la neuvaine approchait de son terme.

La veille du dernier jour, 23 mars, vers 5 h. de l'après-midi, alors que toute la communauté se trouvait réunie au chœur pour l'oraison, étant seule avec la Sœur infirmière, je fus subitement prise de violentes suffocations. A la quatrième crise, qui fut la dernière, j'endurai toutes les angoisses de l'asphyxie. M'étant soulevée du lit par l'excès de la souffrance, j'étreignais la Sœur qui me soutenait dans ses bras, croyant, comme moi, que j'allais expirer. L'air me manquait absolument pour respirer. Lorsque je fus remise de cette terrible lutte, aussitôt que je pus parler, j'invitai la pauvre Sœur bien émotionnée à remercier Dieu : « Puisque je n'en suis pas morte, lui dis-je, c'est une preuve que nos prières seront exaucées. »

J'avais l'espoir que je serais guérie le lendemain à la sainte communion. La nuit fut très mauvaise. A 3 h du matin j'endurai une véritable agonie, j'étais inondée d'une sueur froide, grelottant malgré les fortes chaleurs de l'été et la couverture de laine dont j'étais enveloppée ; j'en demandai même une autre plus chaude. A 3 h. 1/2 j'éprouvai soudainement un indéfinissable bien-être, je dis aux Sœurs qui me prodiguaient leurs soins : « Retirez-vous dans vos cellules, allez vous reposer, je n'ai plus besoin que personne me veille, je suis guérie I Aussitôt que notre Mère sera levée, veuillez le lui annoncer. »

En effet, je dormis d'un bon sommeil jusqu'à l'Angelus.

La veille encore je recevais la sainte communion dans mon lit en viatique et ne pouvais avaler qu'une parcelle de la sainte Hostie avec difficulté. Ce dernier jour de la neuvaine je me levais, m'habillais, recevais la sainte communion et demeurais à genoux, sans appui, environ une demi-heure.

A la fin de mon action de grâces je chantais un des cantiques composés par notre chère Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus.

Quelques instants après, le docteur vint m'ausculter et déclarait qu'il n'y avait plus aucune trace de la pneumonie qui m'avait conduite aux portes du tombeau, et qui était compliquée d'une affection au foie et d'une maladie non moins sérieuse des reins. Ma santé, si éprouvée depuis plusieurs années, m'a été rendue bien meilleure. En peu de jours j'ai pu reprendre et exercer sans interruption mon office de portière avec d'autres occupations fatigantes. La nuit du Jeudi Saint, 7 avril, j'ai pu veiller avec la communauté devant le Saint Sacrement. Je prends la nourriture commune de nos Sœurs au réfectoire et ne ressens nullement aucune des indispositions des maladies précédentes. J'ai su depuis par une religieuse du Tiers-Ordre qu'ayant interrogé le docteur sur mon état

 

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le soir, veille de ma guérison, celui-ci avait répondu : « Elle expirera peut-être cette nuit. » Gloire soit rendue à Dieu et à la chère âme qui a daigné intercéder pour son indigne petite sœur ! Quelle achève maintenant son œuvre en m'obtenant l'inappréciable grâce de marcher fidèlement sur ses traces dans la pratique des vertus religieuses.

Sr Marie du Calvaire.

Suit le certificat du docteur

 

42. - Carmel de Mangalore, Indes Orientales, 31 juillet 1909

 

La santé de notre chère miraculée est bonne, très bonne. Elle, qui depuis de bien longues années endurait de cruelles douleurs, privée des exercices de communauté, vient maintenant partout. La joie est répandue dans tout son être, on sent qu'une divine transformation s'est opérée en elle. Jamais nous ne pourrons oublier l'expression du visage de notre bien-aimée Sœur le jour de sa guérison ; elle était transfigurée, comme en extase, et encore, quand elle parle de sa céleste bienfaitrice, elle est toute rayonnante de reconnaissance et d'amour.

Une de nos Sœurs eut la pensée d'obtenir, elle aussi, la guérison d'un écoulement d'oreille qui la faisait bien souffrir et la privait de sa voix au chœur, soit pour la psalmodie, soit pour le chant ; elle avait encore des ulcères extérieurs. Eh bien ! pendant la neuvaine tout a disparu ! Et maintenant elle donne sa voix librement et il n'y a aucune trace des ulcères d'où sortait un pus verdâtre qui nous inquiétait.

Nous faisons quelques économies afin d'offrir notre obole pour la glorification de notre douce sainte.

Nous vous prions de faire faire une visite pour nous à sa glorieuse tombe et de lui recommander plusieurs intentions.

Sr Marie de l'Enfant-Jésus,
Prieure.

 

43. - Communauté de X. (Finistère), 15 juin 1909.

 

Thérèse, la gracieuse « petite Reine », vient de jeter sur notre monastère un de ses pétales de rose.

Depuis le 1er décembre 1908, une de nos Sœurs, âgée de 31 ans, était atteinte d'une maladie infectieuse du cerveau et de la moelle épinière, le tout augmenté d'une phlébite aux deux jambes.

Le 16 mars le docteur ayant constaté que les phlébites avaient disparu, mais que la jambe droite était ankylosée, plia lui-même les deux jambes afin de permettre à la Sœur de marcher : ce fut une souffrance ajoutée à tant d'autres, car quand il fallut faire circuler la patiente, les jambes fléchissaient et étaient incapables de la porter. Dès l'abord, on crut à de la faiblesse et l'on espérait que le temps en aurait raison. Hélas ! la malade restait impotente, et le docteur disait que, probablement, elle serait paralysée toute sa vie et que, seule, Notre-Dame de Lourdes pourrait la guérir. C'était le jeudi 3 juin.

 

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Le vendredi, 11 juin, la malade, des son réveil, se sentit plus fatiguée encore qu'à l'ordinaire et souffrit cruellement pendant la sainte Messe. Au moment de la communion, quand l'infirmière la prit pour la conduire à la sainte Table, elle faillit tomber, tant ses jambes étaient rebelles.

De retour à l'infirmerie la Sœur dit à la malade : « Quand vous êtes seule, il faudrait essayer de vous lever du fauteuil. » Elle répondit tristement : « Je ne le puis ! j'essaie souvent, mais il m'est impossible de remuer les reins. » L'infirmière n'insista pas, persuadée, en effet, de son impuissance ; elle la prit par le bras et la fit marcher dans l'appartement. La Sœur coadjutrice, — aide pour les malades — arrivant en ce moment, dit à l'infirmière : « Pourquoi vous fatiguer ainsi ? On n'est pas plus avancé de faire marcher la Sœur aujourd'hui qu'au premier jour. »

L'infirmière remit la malade dans son fauteuil, puis alla prendre une image sur laquelle est imprimée la poésie de Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus : « Les Anges à la crèche » avec le portrait de Sr Thérèse. Elle fit baiser ce portrait à la malade et lui dit en s'éloignant de quelques pas « Maintenant, venez chercher l'image. » Aussitôt la Sœur fit quelques efforts des reins, s'appuya sur le bras du fauteuil, se leva et suivit l'infirmière qui, tenant l'image à la main, faisait le tour de la chambre. Vivement impressionnée elle dit à la malade : « Retournez au fauteuil et levez-vous sans vous appuyer. » Ce qu'elle fit l

Depuis ce jour elle marche et suit en tout la communauté. Elle a repris son emploi et se porte très bien. On ne dirait jamais qu'elle est restée six mois sans bouger.

Le docteur, appelé à constater le fait, s'est écrié : « C'est merveilleux l car cette Sœur avait des symptômes de méningite cérébro-spinale avec paralysie des quatre membres. »

 

(Suit le certificat de ce docteur.)

 

44. - Monastère de la Trappe. Tarrega. Espagne, 27 juin 1909.

 

Relation de la guérison du Frère Marie-Paul.

 

Dans le courant du mois de septembre de l'année dernière, notre bon frère Marie-Paul (dans le siècle Philippe Tobzane, né à Narbonne, diocèse de Carcassonne, département de l'Aude, le 12 juin 1877, entré en religion le 9 mai 1905), convers de notre monastère, sentit dans la région du cœur les premières atteintes d'un mal auquel, tout d'abord, il ne prit pas garde. Mais ce qui, au début, n'était qu'une simple oppression se changea peu à peu en douleur si intense que tout travail prolongé ou trop pénible lui devint impossible. Le docteur, consulté, déclara que le mal venait de l'estomac et soumit le malade à un régime exclusivement lacté. Après six mois de ce traitement, un mieux s'étant produit, notre bon frère crut pouvoir reprendre la vie de communauté.

Mais deux mois ne s'étaient pas écoulés que les douleurs se réveillèrent plus vives et plus intenses que la première fois et nous dûmes

finie de Roses.

 

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recourir aux mêmes remèdes. Cette fois-ci, nulle fut leur efficacité ; le mal empirait tous les jours et les souffrances devenaient parfois si cruelles que, pour soulager le patient, nous dûmes employer des injections de morphine.

Notre bon frère dut cesser alors tout travail, car il était d'une faiblesse extrême; manger était pour lui un véritable supplice; son estomac ne pouvait rien conserver, pas même quelques cuillerées de bouillon qui ne servaient qu'à lui faire éprouver de violentes douleurs.

Parfois aussi le malade crachait comme de la chair hachée; et, de plus, son haleine était si fétide que la charité seule nous pouvait faire rester auprès de lui.

Après un nouvel examen, le médecin conclut à une ulcération de l'estomac qui, facilement, pouvait dégénérer en cancer et me prévint de l'opportunité d'une opération dans le cas de complications graves. Pour pouvoir sustenter de quelque manière le malade, le docteur prescrivit des lavements aux œufs et au lait, mais ce mode d'alimentation ne pouvait durer longtemps, car notre frère s'affaiblissait et dépérissait à vue d'œil.

Pour se conformer aux prescriptions du docteur, notre cher malade faisait chaque jour une petite promenade. Le lundi 3 mai il en revint plus fatigué que de coutume; et, cependant, elle n'avait pas duré un quart d'heure. Rencontrant alors le Père sous-Prieur, il lui dit : « Priez pour moi, mon Père, car je sens que c'est bien fini... »

Tout espoir n'était cependant pas perdu, et le Seigneur allait, dès le lendemain de ce jour, faire éclater le pouvoir qu'a sur son Cœur miséricordieux l'intercession de sa petite Thérèse.

« — Puisque les moyens humains sont impuissants à vous soulager, dit notre Père infirmier au malade, faites une neuvaine de prières à Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus, religieuse du Carmel de Lisieux, morte, il y a quelques années, en odeur de sainteté. »

La proposition est acceptée avec d'autant plus de joie que le bon frère avait grande confiance en la « Petite Fleur blanche » dont il avait lu un résumé de la vie dans la petite brochure intitulée : « Appel aux petites âmes. » Depuis ce jour, en effet, il portait sur lui une photographie de Sr Thérèse, disant qu'elle lui porterait bonheur. — Elle ne trompa pas sa confiance.

Le lendemain, mardi 4 mai, notre malade ne put conserver les lavements, les douleurs se portèrent sur les reins avec tant d'acuité qu'il fallut cette fois encore avoir recours à la morphine : le pauvre frère n'en pouvait plus. — « Cela ne peut pas durer, dit-il alors au Père infirmier. Si vous voulez bien demander pour moi à mon Père X... une relique de Sr Thérèse, je l'appliquerai sur mon mal, et j'ai confiance qu'elle me guérira. »

Le soir le Père infirmier lui remit la relique et lui conseilla, en même temps, de prendre un autre lavement.

Mais notre malade avait son idée; plein de confiance, il avait résolu de boire le liquide. Il pria la « Petite Fleur» de lui rendre la santé pour aider ses frères déjà si accablés de travail; puis il détache quelques parcelles de la relique et les met dans son breuvage. Après en avoir avalé quelques gorgées, il craint de commettre une imprudence en voulant absorber une si grande quantité de liquide (3/4 de litre). Mais, toujours

 

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plein de confiance qu'il va guérir, il ajoute quelques nouvelles parcelles de la relique et boit le tout. Il attend... Plus de souffrances! plus de cruels maux d'estomac ! Le mal est complètement disparu, notre bon frère est guéri !

Il sort alors, fait une longue promenade, gravit sans éprouver ni malaise, ni fatigue, le plateau qui domine notre propriété. Il rentre ensuite tout ragaillardi, se sentant fort, vigoureux, et aussitôt demande à manger. — « Prenez des œufs », lui dit le Père infirmier. Et notre bon frère, dont l'estomac ne pouvait supporter la plus légère nourriture, prend non seulement des œufs, mais encore des pommes de terre frites, des raisins secs, des noix, des figues sèches, et achève son repas par un bon verre de vin, boisson dont il était obligé de s'abstenir depuis huit mois... Pas la moindre souffrance !

Notre heureux frère me fait part de sa guérison qui me réjouit souverainement et, dès le lendemain, il reprend la vie de communauté, en suit le régime austère et se remet à son pénible travail. Il continue sa neuvaine, la transformant en action de grâces. A la fin de la neuvaine, la guérison s'étant maintenue, j'ai cru de mon devoir, ma Rde Mère, de vous envoyer ma première relation.

Aujourd'hui près de deux mois se sont écoulés depuis la faveur insigne dont notre cher frère a été l'objet, et nous pouvons tous certifier ici qu'il ne se ressent nullement de son mal, a repris de bonnes couleurs et continue avec générosité et joie le travail que l'obéissance lui a imposé.

En notre Abbaye de Notre-Dame du Suffrage, ce 27 juin 1909.

 

R. P. Marie Havur, abbé de N.-D. de Fontfroide.

(Réfugié avec sa Communauté à N.-D. du Suffrage.)

 

Suit le certificat du docteur, du curé de Tarrega et du maire.

 

Le frère Marie-Paul a été, en 1910, miraculeusement protégé par Sr Thérèse dans une explosion où il aurait dû trouver la mort ou être grièvement blessé.

La lampe d'acétylène qui a éclaté, faisant projectile, l'a frappé en pleine poitrine à l'endroit même où se trouvait une image de la servante de Dieu. Le frère a été renversé à terre par la violence du choc, mais s'est relevé sans aucun mal.

 

45. - Monastère de X., Belgique, 2 juillet 1909.

 

Un vieillard de 80 ans qui, depuis près de 5o ans, ne s'approchait plus des sacrements et pour lequel nous avons fait une neuvaine au Sacré-Cœur par l'intercession de Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus, est transformé ; sa conversion va faire un bien immense dans la localité qu'il habite, car il est très connu.

Il fallait un miracle de grâce, nous disait-on, pour amener le retour de cet octogénaire qui, dans son testament, on le savait, donnait 6.000 fr. pour son enterrement civil. Or, à la première visite qu'on lui fait après avoir invoqué la petite Sr Thérèse, il accepte volontiers une médaille

 

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du Sacré-Cœur et un scapulaire du Carmel; à la deuxième visite, le septième jour de la neuvaine, on peut lui administrer les sacrements, qu'il reçoit avec des sentiments admirables de piété. Il a vécu onze jours après sa conversion, faisant l'édification des personnes qui l'approchaient et se prêtant volontiers à ce qu'on demandait de lui pour ses funérailles.

L'enterrement fut donc religieux et très édifiant ; on eût dit un triomphe et c'en était un ! Remerciements et action de grâces au Sacré-Cœur et à Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus.

 

46. - Paris, 8 juillet 1909.

 

Ainsi que je vous l'écrivais il y a huit jours, mon frère avait formellement refusé les sacrements. Le Révérend Père X., qui s'était présenté, avait complètement échoué dans sa tentative. « Il n'y a plus qu'à prier nous dit-il : c'est une barre de fer, il n'y a rien à tenter. »

        C'est alors que j'eus la pensée de m'adresser au Carmel de Lisieux, comptant sur l'intervention de Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus. Voyant mon frère au plus mal vendredi, on lui envoya encore le prêtre, qui revint près de nous tout ému, nous disant que le malade, en pleine lucidité, avait reçu avec reconnaissance l'absolution après un entretien assez long. Sa femme, ses enfants étaient dans le plus grand étonnement... Moi, je pensais que les prières faites au Carmel avaient été exaucées.

Cependant, je désirais beaucoup avoir une preuve comme quoi ce retour à Dieu avait été obtenu par l'intercession de Sr Thérèse et je demandai pour signe à cette chère petite sainte que mon frère m'adressât une parole de reconnaissance que je désignai — chose en dehors de ses habitudes et de son caractère. — Je me rendis chez lui, et quelle ne fut pas mon émotion d'entendre sortir de sa bouche cette même parole que j'avais demandée... Il ne dit pas un mot de plus.

 

Ctesse de W.

 

47. - Porto-Novo (Dahomey), 15 juillet 1909.

 

Depuis un mois, une de nos chrétiennes ressentait une douleur insignifiante dans toute la jambe gauche; cela ne l'empêchait pas de vaquer à ses occupations. Un samedi, cette jambe enfle horriblement, causant la plus vive douleur, puis il se forme un gros bouton, genre abcès. On sait que c'est le ver de Guinée, voulant sortir.

Ce ver a la grosseur du vermicelle et une longueur d'au moins 75 centimètres. On l'absorbe avec l'eau, il se répand dans l'organisme; ordinairement il sort par les jambes Les médecins européens ont trouvé des remèdes pour s'en défaire assez promptement; mais avec les traitements indigènes, l'extraction de ce ver est très longue. Jamais il ne se montre avant trois jours, et alors on se contente de le fixer au dehors avec un fil, sans exercer de traction, car celles-ci font beaucoup souffrir. Ce n'est

 

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que dans les cas extrêmes que les noirs ont recours aux procédés chirurgicaux. Avec ce genre de soins, il survient souvent de graves ulcères, qui peuvent devenir mortels.

Ce matin, samedi, je rencontre le mari de la malade : il m'annonce qu'il l'a confiée aux soins du médecin indigène. Le lendemain dimanche, je reçois une image de Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus. La pensée me vient de demander une faveur au Cœur eucharistique de Jésus par l'intercession de sa chère petite épouse. Comme prêtre adorateur, je vais faire mon heure de garde de 4 à 5 heures, et pendant ce temps je présente ma requête.

            Le jeudi suivant, je vais visiter la malade. Quel n'est pas mon étonnement de la voir dans le jardin, venir à pas pressés, tenant son bébé dans ses bras !

— « Mais ce ver de Guinée? » — « Il est parti, et tout le monde est très étonné. » — « Mais, vous ne souffrez plus ?» — « Non, mon Père (et elle me montre une profonde cicatrice); ce matin, j'étais à la Messe (elle habite à près d'un kilomètre de l'église), et hier, je suis allée au marché (2 kilomètres) ; c'est la neuvaine qui m'a guérie !» — « Mais, à quel moment exact ce ver est-il sorti? » — « Dimanche soir, quand on tintait la cloche pour la bénédiction » (exactement 4 h. — Avez-vous souffert ?» — « Point du tout ! Quand le ver a commencé à sortir, j'ai tiré dessus, mais il s'est cassé. » — « Avez-vous alors souffert ? (lever ainsi cassé cause ordinairement de très vives douleurs; il ne meurt pas et l'état du malade empire). — « Point du tout; mais il est sorti de i'eau épaisse et ma jambe a désenflé tout de suite. »

Ainsi c'était à l'instant même où je commençais la neuvaine que l'intervention d'en haut se manifestait.. Trois mois se sont passés depuis, et la protégée de Sr Thérèse a continué à se porter parfaitement.

 

R. P. B.

 

48. - Chine, 20 juillet 1009.

 

Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus m'a aidé auprès d'une païenne dont je désirais plus spécialement la conversion. Pendant son sommeil, elle vit un être ravissant et mystérieux qui lui montrait le ciel sans proférer une parole; elle me parla longuement de son costume, et je fus frappé, en reconnaissant, dans sa description, l'habit de carmélite, absolument inconnu au Sutchuen. A la fin, je lui montrai une image de Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus, devant laquelle elle s'écria, comme en présence d'une découverte : « Mais c'est cela, mais c'est bien cela ! je la reconnais ! »

            Elle va donc se faire instruire; déjà ses deux enfants étudient chez-moi depuis une semaine.

R. Père A.

 

49. - Monastère de la Visitation de Caen (Calvados), 25 juillet 1909.

 

Vers le mois de décembre 1908, je commençai à souffrir de l'estomac ; je pus cependant encore continuer les travaux de nos sœurs converses

 

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jusqu'au mois de février. Mais au commencement de ce mois, je fus prise de douleurs si aiguës qu'il me semblait qu'une bête me dévorait l'estomac. Quand ces douleurs me prenaient, je ne pouvais plus marcher, et lorsqu'il me fallait prendre un peu de nourriture, elles augmentaient encore.

Le docteur, ayant reconnu un ulcère, me condamna au repos complet et me fit suivre un régime qui consistait à ne prendre que du lait coupé d'eau de Vais. Mais bientôt les vomissements reprirent et devinrent plus fréquents; quatre à cinq fois par jour je rejetais le peu de lait que je prenais et chaque vomissement était mêlé de sang.

Me voyant dans ce triste état, je fus inspirée de faire une neuvaine à Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus. Nous la commençâmes le jeudi 24 juin; nos soeurs la firent avec moi. Pendant la neuvaine, les souffrances ne firent qu'augmenter, malgré cela ma confiance était inébranlable.

Le dernier jour de la neuvaine, vers midi, j'eus une crise très forte; il me semblait que l'on m'arrachait l'estomac, la douleur était la même dans le dos; cela dura un quart d'heure à peu prés.

A 1 heure, soeur Françoise-Thérèse (Léonie), sœur de la bien-aimée petite Thérèse de l'Enfant-Jésus, me donna à boire un peu d'eau dans laquelle elle avait mis un pétale de rose dont Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus s'était servie pour caresser son crucifix, et, en même temps, notre Mère, pleine de foi en la puissante intercession de la petite sainte, se mit à genoux et dit un Laudate et un Gloria Patri. Sa confiance ne fut pas déçue... Aussitôt que j'eus pris cette eau miraculeuse, je sentis quelque chose de très doux qui cicatrisait la plaie.

A partir de ce moment, je ne ressentis plus aucune douleur, mais une faim dévorante. Je bus aussitôt une tasse de lait qui passa très bien, puis, jusqu'au soir, j'en bus un litre et j'avais encore faim.

Le lendemain, au déjeuner, on me servit comme !a communauté : je mangeai de l'omelette, des pois, de la salade... Enfin, je me trouve aujourd'hui dans un état de santé des meilleurs. J'ai fait une neuvaine d'action de grâces pour remercier ma chère bienfaitrice, mais mon cœur aura pour elle une éternelle reconnaissance.

Sr Marie-Bénigne.

Suit le certificat du docteur.

 

50. - New-York, 12 août 1909.

 

A la gloire de Dieu tout-puissant et de sa servante Thérèse, la petite Fleur de Jésus, je raconterai la grande faveur reçue par l'intercession de la sainte carmélite.

Cette grâce obtenue est la guérison extraordinaire de ma sœur mortellement blessée. Cette chère sœur marchait dans les rues de New-York le matin du 3o juillet 1909, quand un cheval indompté se précipita sur elle et la piétina. Sa figure fut horriblement contusionnée et sa tête reçut un tel coup qu'elle était tout en sang. Bien plus, les côtes brisées percèrent le poumon; le cœur fut également blessé et comprimé; en un mot elle offrait l'aspect le plus pitoyable.

Dans son intense agonie elle ne perdit pas cependant connaissance et

 

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put se confesser dans la rue, au prêtre accouru de l'église la plus proche.

Le docteur de l'ambulance de New-York ne pensait pas qu'il lui fût possible d'arriver vivante à l'hôpital et, pour tout espoir, dit seulement qu'une personne sur mille pouvait en réchapper après de si terribles brisements.

Tout le jour la pauvre jeune fille resta suspendue entre la vie et la mort et, vers minuit, tout espoir de guérison était abandonné. Chaque respiration semblait être la dernière. Elle resta dans cette agonie jusqu'au 3 août. Le médecin la croyait si bien perdue que, pour lui redonner un peu de respiration, il osa lui faire une piqûre qui devait infailliblement amener la mort par l'empoisonnement.

Le 3 août, tandis que le médecin attendait sa mort, une religieuse très dévote à Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus nous conseilla de placer en elle toute notre espérance et de lui commencer une neuvaine. Je donnai à ma sœur une image-relique de la petite sainte; elle l'appliqua, avec la plus grande confiance, sur son corps broyé. Aussitôt une amélioration se produisit, et le dernier jour de la neuvaine la malade était sauvée.

 

6 septembre 1909.

 

Je pensais que du moins ma chère sœur resterait un peu délicate des poumons; mais il n'en a rien été; elle jouit maintenant d'une santé aussi forte qu'avant son accident.

Sr M. A.

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