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La voix de Catherine de Sienne
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La ville comporte de nombreux bâtiments médiévaux qui constituent une lourde
charge à entretenir. Parmi ceux-ci, un ancien monastère du XVe s. est aménagé en
hôtel *****.

A la place de l’ancien couvent des dominicains se trouve un nouveau centre commercial avec galeries et escalators. L’église du XIIIe s. est transformée depuis 2006 en une prestigieuse libraire, mariant le gothique et le design le plus moderne (Prix d’architecture en 2007).
Confisquée
à la Révolution française, transformée tour à tour en écurie, en local à
guillotine, en salle de boxe, parking à vélos, elle retrouve, nous dit-on, « sa
vocation originelle » : « Autrefois les dominicains y vénéraient ‘ un’ livre (la
Bible). Aujourd’hui, elle est devenue le sanctuaire ‘des livres’ de toutes les
disciplines et religions ». Ce grandiose espace commercial est équipé d’un
ascenseur et de bornes à puces électroniques facilitant le self-service et
destinées à révolutionner la distribution de masse. L’ancien chœur abrite une
cafétéria « fine drink & food », où les tables centrales sont réunies en une
construction en forme de croix latine.
Quant
au dit retour de ce sanctuaire « à sa vocation originelle », on en reste bouche
bée… C’est un signe que nous ne sommes plus perçus que comme « une religion du
Livre », appellation que nous devons à Mahomet, et non comme une religion de la
Parole vivante, faite chair, aimante (sujet du prochain Synode, en octobre
2008). St Jean aurait-il écrit : « Et le Verbe s’est fait bouquin » ? « Le Verbe
éternel nous a été donné par les mains de Marie », s’émerveille Catherine
(Oraison XVI).
Cet édifice abritait autrefois une Chapelle Ste Catherine de Sienne, dont il ne reste plus de signes d’identification, et (quelque part ailleurs) un tableau du XVIIIe s. représentant la Vierge confiant le rosaire à St Dominique et Ste Catherine. Une partie du mobilier de cette église a trouvé refuge dans la Basilique St-Servais.
La restauration en cours des fresques latérale du XIVe s fait apparaître une Vierge à l’Enfant et un hommage rendu à Thomas d’Aquin qui venait d’être canonisé à Avignon, en 1323, par le Pape Jean XXII.

Situé dans le quartier Céramique, intéressant d'un point de vue architectural
(à 15' à pied de la gare), ce musée d'art ancien et contemporain longe la rive
droite du fleuve. La lumière et l'utilisation de matériaux naturels lui
confèrent une atmosphère particulière.
Musée réalisé en 1995 par l'architecte Ado Rossi

Dans le cadre de Rijksmuseum Maastricht - une association entre le
Bonnefantenmuseum et le Rijksmuseum d'Amsterdam abrite depuis peu une exposition
durable d'art ancien italien, articulée autour de la collection du Prof Dr. Otto
Lanz (1865-1935), d'origine suisse, amateur d'art de la Renaissance italienne.
Après la Deuxième Guerre Mondiale, la majeure partie de sa riche collection a
abouti au Rijksmuseum d'Amsterdam; une autre partie est arrivée au
Bonnefantenmuseum à la fin des années '80.
Parmi les chefs d'oeuvre, on peut y admirer des tableaux du peintre siennois
Sano di Pietro ►, de Carpaccio, de Véronèse, des élèves de Léonard de Vinci,
ainsi que de l'artiste favori de Lanz : Le Tintoret. Au début du XXe siècle, en
Europe et en Amérique, les collectionneurs aménageaient souvent leurs demeures
comme des palais de style renaissance italienne. Ces palazzi étaient décorés de
toutes sortes d'objets précieux. L'Expo Palazzo offre un aperçu vivant du goût
d'un connaisseur d'art aux Pays-Bas.
Ouvert : du mardi au dimanche de 11 h à 17h. Entrée : Adultes: € 8. Infos :
www.bonnefanten.nl Bonnefantenmuseum,
Av. Céramique 250, NL - 6201 BS Maastricht. Tél. 00 31 (0) 43 329 01 90.

Maastricht
Exposition Palazzo Bonnefantenmuseum
Ansano di Pietro (1406-1481), élève de Sassetta, est un des
peintres siennois les plus illustres du XVe siècle. Il ouvrit son propre atelier
et exécuta de nombreux retables, aujourd'hui dispersés dans le monde. On y
retrouve plusieurs fois Catherine représentée de la même manière : le buste
orienté vers une scène centrale (p. ex. la Madonne, Tryptiquc de Boston).
Ce petit tableau rond (ou "tondo") de près de 30 cm de diamètre appartenait sans
doute partie à la partie inférieure (la prédelle) d'un retable Catherine,
revêtue de son voile blanc et de son manteau noir, se détache sur un fond or.
Son visage paisible est auréolé (sa canonisation par le Pape Pie II aura lieu en
1461). Elle porte les attributs classiques de cette époque: le lys et le livre,
symboles de sa virginité et de son enseignement.

Charles Journet (1891-1975), est né à Genève. Ordonné prêtre en 1917, il passa sa vie à enseigner la théologie dogmatique au Séminaire de Fribourg (1924-1968), tout en accompagnant de nombreuses personnes sur le plan spirituel. Il anima des retraites, donna des conférences, écrivit des articles, rendant accessibles les réalités les plus profondes. Durant la Seconde Guerre mondiale, alors que la Suisse se cachait derrière sa neutralité, il témoigna d’une position courageuse face à l’horreur.
Ami de J. Maritain, il avait fondé avec F. Charrière la revue Nova et Vetera (1926). Il exerça une grande influence dans certains milieux intellectuels catholiques. Il se consacra à des recherches approfondies en ecclésiologie. Son œuvre majeure est L’Eglise du Verbe incarné (Tome I, 1941 ; II, 1951 ; III, 1969) dans laquelle il scrute le mystère de l’Eglise. Il montra en particulier comment l’Eglise, composée de pécheurs, est elle-même sans péché en tant qu’elle est le Corps mystique du Christ.
Nommé cardinal en 1965, par Paul VI, il participa au Concile Vatican II, durant le quel il intervint notamment au sujet de la compréhension spirituelle de l’Eglise. Au cours de la quatrième session, il priait pour le Concile, presque chaque jour, sur la tombe de Catherine, à Rome.
Condisciple de Maurice Zundel, Journet fit des études au séminaire de Fribourg, au moment où la pensée spéculative de Thomas d’Aquin était particulièrement remise à l’honneur. Mais c’est surtout auprès d’auteurs mystiques qu’il apprit à comprendre l’Eglise avec l’intelligence du cœur.
La découverte de Catherine a été déterminante pour sa vocation de théologien de l’Eglise. « Je l’aime beaucoup (dit-il le 30 avril 1966, au cours d’une retraite prêchée aux Petits Frères de Jésus). Je l’ai découverte lorsque j’étais au séminaire. A ce moment-là, on disait qu’il fallait se priver de ceci ou de cela, on ne savait d’ailleurs pas trop pourquoi ; cela faisait comme une religion avec un plafond et on ne respirait pas. C’est alors que j’ai découvert sainte Catherine de Sienne. C’est une splendeur ! C’est elle qui m’a fait aimer l’Eglise […] Dans cette atmosphère du séminaire, on avait de très gentils professeurs qui étaient très patients avec nous… ; mais c’est cela, avec Catherine de Sienne que je cherchais : l’Eglise belle, la vérité chrétienne qui est libératrice, et j’ai aimé sainte Catherine. C’est elle qui m’a fait aimer l’Eglise. »[1]
C’est d’ailleurs avec la référence à Augustin, Thomas d’Aquin et « la Vierge de Sienne » que s’ouvre sa grande œuvre : L’Eglise du Verbe incarné. Catherine avait beaucoup souffert des misères de l’Eglise, mais c’est surtout l’Epouse du Christ qu’elle contemplait : cette épouse que le Christ avait rendue immaculée et que les péchés avilissaient.
« Cet éblouissement devant la sainteté de l’Eglise, tel qu’il la reçoit d’un cœur pur qui l’a pour ainsi dire contemplée face-à-face, s’accroîtra au fur et à mesure de son approfondissement de la pensée des théologiens anciens et nouveaux. »[2]
« L’Eglise est sans péché ! Cela, il l’avait vu pour toujours. Elle est le chef-d’œuvre que Dieu construit avec des matériaux pris dans un univers de péché. La splendeur de l’Eglise l’avait ravi. Il en avait reçu l’intuition. Une intuition, c’est une vérité apparue dans l’instant, mais qui domine la durée. »[3]

L’étudiant entra au séminaire en 1913, année au cours de laquelle parut la traduction française du Dialogue de Sainte Catherine par le P. Hurtaud. Il pouvait donc en disposer. La traduction des Lettres par E. Cartier, existait depuis 1858.
Un des maîtres à penser de Journet nourrissait également une grande admiration pour les écrits de la sainte : le frère dominicain Humbert Clérissac. Ce dernier avait laissé un manuscrit inachevé sur « Le Mystère de l’Eglise » que Jacques Maritain publia en 1918 et réédita en 1925 : une parution qui éclaira toute la génération de l’entre deux guerre (1918-1939), comme Maritain lui-même, E. Psichari, Péguy, Pie XI, Y. Congar… Elle leur permit d’aborder l’Eglise avec une grande intériorité.
En 1920, Journet, déjà prêtre, obtint la permission de ses supérieur diocésains de faire un essai de vie religieuse chez les dominicains. Il fut envoyé au noviciat de Rome[4]. C’est alors qu’il visita pour la première fois l’Eglise de la Minerve et se recueillit sur la tombe de Catherine. Il y revint en 1927, au cours d’un bref séjour à Rome ; puis régulièrement durant le Concile Vatican II. Vers la fin de sa vie, il écrit ce témoignage :
« C’est sous l’autel majeur de la Minerve que se trouve l’âme de ce que j’ai pu penser, aimer, dire de l’Eglise du Verbe incarné. »[5]
C. v. d. P.
[1] E. LEMIERE, Charles Journet. L’aurore d’une théologie de l’Eglise, Saint-Maur (F), Parole et silence, 2000, pp. 44-45.
[2] Ibid. p. 46.
[3] Ibid. Citation de P.-M. EMONET, Le cardinal Charles Journet. Portrait intérieur, 1983, p. 14.
[4] Il dût renoncer à poursuivre chez les dominicains pour raison de santé.
[5] Carnet de notes, 19 nov. 1970, cité dans G. BOISSART, Charles Journet (1891-1975), Biographie, Paris, Salvator, 2008, p. 21. (L’auteur de cette nouvelle biographie a également suivi l’enseignement de Journet).
Un des lecteurs de ce bulletin a eu la gentillesse de nous écrire :
« … le Cardinal Journet est la personne qui a fait naître en moi un amour
pour l’Eglise en même temps que le désir de lire Catherine.
J’ai en effet reçu la grâce d’entendre plusieurs fois parler ce saint homme peu
de temps avant sa mort, alors que j’étais tout jeune étudiant à Fribourg. Je
crois que malgré sa frappante humilité et à cause d’elle,
il aurait été heureux et il est heureux de me voir vous adresser quelques mots
sur cet aspect de la fécondité de Catherine. »
Jacques Bardou
(F –Toulouse)
L’auteur de ces mots joint une copie d’un écrit du P. Emonet sur Journet (voir
p. 13). Mais d’abord, qui est Journet ?

Voici les principaux extraits de la copie envoyée par Jacques Bardou.
Il racontait comment l'Eglise lui avait été soudain révélée par la lecture du
Dialogue de la Divine Providence. Sa vocation se trouve précontenue, en effet,
dans le choc sur lui de cette rencontre avec sainte Catherine de Sienne. C'était
au début de son séminaire, à Fribourg, en 1913. A la bibliothèque de la maison,
le rayon des mystiques était interdit aux séminaristes ! « Je me souviens
d'avoir été grondé pour avoir lu sainte Catherine de Sienne et étudié Saint
Thomas d'Aquin. Puis un jour j'ai été à la bibliothèque. Je trouve sainte
Catherine de Sienne, j'ai ouvert ce livre-là. Ça a été une révélation de ce
qu'était l'Eglise, l'Eglise dans sa splendeur » ! (...)
Dans le Dialogue, il avait lu ces lignes : « Malgré les impuretés des ministres
de l'Eglise et leurs vêtements en lambeaux, déchirés par tous les vices depuis
qu'ils sont séparés de la charité, ils ne laissent de vous apporter de grands
trésors, à savoir les Sacrements de la Sainte Eglise... C'est contraire à ma
volonté qu'ils distribuent le Soleil dans les ténèbres. »
L'Eglise, c'est « le Soleil dans les ténèbres ».(...) Cette soudaine vision
attacha pour toujours son cœur à l'Église, cette pure création de Dieu au milieu
des hommes. Le Dialogue restera dans sa vie comme une source où il venait
souvent se désaltérer.
Il me fit un jour cette confidence : « Quelques années après mon sacerdoce, à
Sienne cette fois, au couvent de San Domenico, j'avais ouvert le Dialogue.
C'était le soir. Toute la nuit a passé à lire. Quand je terminai, l'aube se
levait sur la campagne avoisinante. » Tandis qu'il me contait ce souvenir, tout
son être s'était comme illuminé.
L'Eglise est sans péché ! Cela, il l'avait vu pour toujours. Elle est le chef
d'oeuvre que Dieu construit avec des matériaux pris dans un univers de péché. La
splendeur de l'Eglise l'avait ravi. (...) L'Eglise sainte, immaculée, sera la
vérité immobile autour de laquelle se noueront les innombrables fils des
analyses théologiques par lesquels, jusqu'en ses derniers jours, Charles Journet
en déroulera la lumière.
La lecture du Dialogue fut pour lui la source d'une autre lumière encore. Il
entrevit que cette perception du mystère de l'Eglise, la sainte l'avait reçue
sous espèces d'une connaissance infuse. Il tint à le rappeler quand il lui dédia
le premier tome de son grand traité. « C'est presque uniquement par une
connaissance expérimentale que sainte Catherine de Sienne connaissait l'Eglise
et ce qu'elle en dit est plus apte à enflammer les cœurs que les écrits des
théologiens »(...)
C'est de cette lecture que vient en premier lieu le traité de L'Eglise du Verbe
incarné. Il faut se féliciter que le séminariste ait osé passer outre à
l'invraisemblable défense, qui, autrement, l'aurait peut-être éloigné de cette
source !(...)
L'Eglise s'était montrée à lui dans ce que ses enfants, même indignes, ne
sauraient ternir. Il en est resté blessé pour la vie. Cette chose d'une beauté
ineffable, il voudra la faire connaître aux hommes. Il mobilisera à cette fin
toutes les ressources de sa pénétrante et vaste intelligence et de son grand
cœur. L'itinéraire spirituel et celui du théologien se confondent chez lui,
justement parce que sa théologie est tout entière au service d'une Vision.
Pierre-Marie Emonet, op,
Le cardinal Journet, portrait intérieur, éd. CLD, 1983, pp. 13-14.
La voix de Catherine de S. 2008 / 2
Congrès des Vierges Consacrées à Rome
Je ne sais pas encore si j’ai attrapé le « virus » (Catherine de Sienne)…
mais en tout cas, j’ai le désir d’approfondir mon lien spirituel avec ma sainte
patronne. J’ai été au Congrès international des Vierges Consacrées à Rome du 14
au 20 mai 2008. Nous étions 500… Je me suis occupée plus particulièrement de la
coordination de la liturgie. Nous avons eu la grâce
d’avoir les premières vêpres de la fête de la Sainte Trinité dans la Basilique
Santa Maria sopra Minerva où repose le corps de Catherine. Ce fut une grande
grâce, car c’est dans ce lieu que nous avons renouvelé notre engagement ! Qui
mieux que Catherine peut nous donner cet amour indéfectible du Christ et de son
Eglise ? Nous avons reçu chacune ce soir-là (samedi 17 mai) des évêques
présents, un cierge allumé, symbole de notre consécration et de cet amour
continuel qui doit brûler dans notre cœur en tant qu’épouse du Christ. Au cours
de la messe qui a suivi les vêpres, en lien avec la dévotion de Sainte Catherine
pour la Trinité, a retenti durant l’offertoire, le cantique en italien, Alta
Trinita Beata (mélodie du XVe s.) interprété avec ferveur par un petit chœur
parmi nos sœurs musiciennes.
Catherine Luquin
(F 75013 – Paris)
A ROME
Le Centro Nazionale di Studi Cateriniani est fréquenté par des chercheurs et des étudiants de tous pays. Visitez sur le nouveau site www.centrostudicateriniani.it : vous y ltrouverez une chronique de la vie de Catherine de Sienne à deux voix : en italien et à travers des œuvres iconographiques ; des liens vers d’autres sites et, progressivement, des articles scientifiques (dont déjà de la Prof. G. Cavallini). Le projet est de mettre en ligne le patrimoine littéraire de la bibliothèque. Une équipe spécialisée dans la recherche et la rédaction du 6e volume de la Bibliographia analitica cateriniana (2001-2010), s’est mise en route. Le cycle de conférences des « Mercoledi Cateriniani » fut consacré à « Ste Catherine à Rome », puisque la bibliothèque se trouve dans la maison qui hébergea la sainte et une vingtaine de disciples (Via del Papa, aujourd’hui Piazza Sta Chiara, 14). En novembre, il aura 630 ans que Catherine arriva à Rome, appelée à la rescousse par Urbain VI, abandonné par les cardinaux qui avaient élu l’antipape Clément VII. Elle arriva le 28 novembre 1378, fut reçue par le Pape le 29. Elle demeura à Rome, priant et oeuvrant pour l’unité de l’Eglise et de l’Europe, jusqu’à sa « Pâque », le 29 avril 1380.
A SIENNE
Rencontre œcuménique sur le terrain… Le Centro Italiano Femminile di Siena en collaboration avec l’Associazione Internazionale dei Caterinati a eu la belle initiative d’organiser une après-midi avec la communauté orthodoxe qui réunit les travailleurs originaires de l’Europe de l’Est en séjour dans la région. Après la liturgie eucharistique, en rite orthodoxe, à l’église Sant’ Andrea, la rencontre s’est prolongée par une conférence, donnée par la professeure Franca Piccini, sur le rôle de Catherine comme figure de paix dans l’Europe de son temps. L’échange amical qui a suivi témoigne de l’intérêt des participants, heureux d’être invités à visiter les lieux catheriniens de la cité où ils travaillent. Ainsi pourront-ils ramener dans leurs pays d’origine leur connaissance de la patronne d’Italie et d’Europe.
A MILAN
Une cinquantaine d’Auxiliaires diocésaines ont lâché leurs multiples engagements pastoraux pour se ressourcer durant trois jours sur les pas de Catherine. Les visites et les temps de prière, les conférences du P. Alfredo Scarciglia et de Paulo Nardi, professeur d’histoire ecclésiastique, ont fait connaître « La passion de Sainte Catherine dans et pour l’Eglise ». Les deux orateurs, respectivement assistant ecclésiastique et prieur général des Caterinati, ont ainsi transmis dans le nord, le souffle prophétique, qui habitait la « petite » siennoise, dont l’Eglise a tant besoin aujourd’hui.
Qui suis-je ? s'est demandé Catherine. Méditation d'une mère de famille
Il y eut un début : J'ai été créée par Dieu.
Non comme une herbe folle poussant dans la lande
déserte, mais comme une fleur de son jardin.
Je reconnais en Dieu le jardinier qui nourrit ma terre
ou m'arrose durant la sécheresse.
Je ne suis pas seule ! Le jardinier m'a semée,
fait grandir ; il prend soin de moi.
Dans son jardin, fleurit un nombre infini d'espèces
végétales qui toutes dépendent de son attention et
de son amour. Si je me sens unique pour lui, ne
suis-je pas comblée ?
Quel est l'intérêt de me faire esclave d'une seconde identité alors que tout
m'est donné en liberté. Ps 22 : Le Seigneur est mon berger
Rien ne saurait me manquer.
Sur des prés d'herbe fraîche
Il me fait reposer
Catherine de Sienne m'offre sa réponse
La réponse de Dieu à sa question. « Je suis Celui qui suis ; tu es celle qui
n'est pas ». Cette réponse, je suis libre de l'accepter ou de la refuser. Dt
30,15 : Vois, je te propose aujourd'hui, vie et bonheur, mort et malheur. Un «
oui » m'emmène sur un chemin de confiance et de gratitude. Un refus entraîne une
quête éperdue d'un bonheur souvent inaccessible.
Regard intérieur
Seigneur, est-ce que je me considère
comme ta fille aimée et aimante.
Ai-je élu domicile dans ta maison ?
L'escalade des escarpements ou la traversée des
ravins n'est-elle pas plus facile avec le léger
fardeau d'une conduite plus humble,
débarrassée d'un orgueil asservissant
et m'appuyant avec confiance
sur le bâton de l'amour infini du Père ?
La réponse est évidente, mais ce sommet est
difficile à atteindre...
Est-ce l'amour de Dieu ou de moi-même qui me mène?
Là, se situe le chemin le plus difficile ! Oui ! Très certainement, je ne
suis pas. Mais même avec mes faiblesses, je peux dire : « Je sais que tu
m'aimes, Seigneur ». J'ai la certitude d'être portée par ton amour. Il n'est pas
nécessaire que je cherche une autre identité que celle à'«aimée de Dieu ». Je
peux réinstaller confiante dans Ton cœur.
Qui suis-je, Seigneur ?
Je suis celle qui est aimée de Toi
Cette certitude, je vais la transmettre dans la joie.
La catéchèse des enfants est le moment idéal pour dire aux enfants qu'ils
sont aimés de Dieu. Pour grandir, pour construire leur vie, donner la main au
Seigneur, leur permettra de ne jamais se sentir seuls. Leur apprendre à se créer
« une petite cellule d'amour » autour d'eux les aidera à ne pas sombrer dans un
monde très difficile à apprivoiser. Chaque enfant doit savoir qu'il est celui
que le Seigneur aime tendrement et à qui il peut faire confiance toute sa vie.
Aux malades, déprimés, découragés, la réponse de Catherine permet de proposer
d'être moins exigeant avec soi-même, de ne pas faire reposer la construction de
son moi sur ses propres forces : se faire tout petit dans le cœur du Seigneur et
retrouver sa faculté d'aimer et d'être aimé pour ce qu'on est...ou ce qu'on
n'est pas.
Anne Lamarche
En formation pour devenir animatrice pastorale (Lumen Vitae, Bruxelles)