ROMAINS II
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HOMÉLIE II. PREMIÈREMENT, JE RENDS GRACES A MON DIEU PAR JÉSUS-CHRIST, POUR VOUS TOUS, DE CE QUE VOTRE FOI EST ANNONCÉE DANS TOUT L'UNIVERS. ( 8 JUSQU'A 17.)

 

Analyse.

 

1. Comment l'on doit rendre grâces à Dieu.

2. L'Apôtre exprime aux Romains les sentiments de tendresse qui l'animent envers eux. — Le culte évangélique, culte spirituel opposé à celui des païens et supérieur à celui des Juifs.

2. Ménagements pleins de délicatesse auxquels l'Apôtre a recours pour ne blesser personne. — Le secours de la grâce ne doit pas empêcher la volonté d'agir.

4. La foi déjà prêchée par tout l'univers.

5. Modestie de saint Paul.

6. Ne pas rougir de l'Evangile. — Le juste vit de foi. — Ne pas demander compte à Dieu de ses commandements.

 

1. Début bien digne de cette âme bienheureuse, et propre à nous apprendre à tous à offrir à Dieu les prémices de nos paroles et de nos bonnes oeuvres, à lui rendre grâces non-seulement pour nos succès, mais pour ceux des autres : ce qui est le moyen de purifier l'âme de l'envie et de la jalousie, et ce qui attire particulièrement la bienveillance de Dieu aux coeurs reconnaissants. Aussi dit-il encore ailleurs : « Béni le Dieu et Père de Notre-Seigneur Jésus-Christ , qui nous a bénis de toute bénédiction spirituelle ». (Gal. I, 3.)

La reconnaissance est un devoir non-seulement pour les riches, pour ceux qui jouissent de la santé , pour ceux qui vivent dans la prospérité, mais encore pour les pauvres , pour les malades, pour ceux que l'adversité afflige. En effet rien d'étonnant à ce que nous rendions grâces à Dieu quand le vent favorable enfle nos voiles; mais le remercier quand la tempête soulève les flots, quand le vaisseau est ballotté et menacé de périr, c'est là une grande preuve de patience et de reconnaissance. C'est pour cela que Job fut couronné, qu'il ferma la bouche insolente de Satan, et fit voir clairement que sa reconnaissance au sein de la prospérité n'avait point la fortune pour mobile, mais bien un grand amour de Dieu. Et voyez de quoi Paul est reconnaissant: non pas de biens terrestres et périssables, comme seraient l'autorité, la puissance, la gloire (car tout cela est sans valeur), mais des biens réels, de la foi, de la liberté. Voyez aussi avec quelle affection il rend grâces ! Il ne dit pas: à Dieu, mais « à mon Dieu», suivant en cela l'usage des prophètes qui s'approprient Dieu, le bien commun. Et peut-on s'en (197) étonner dans les prophètes? Dieu lui-même en agit ainsi souvent à l'égard de ses serviteurs, en s'appelant particulièrement le Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob.

« De ce que votre foi est annoncée dans tout l'univers ». Quoi ! le monde entier avait ouï parler de la foi des Romains? Oui, d'après lui; et il n'y a rien d'invraisemblable; car ce n'était point une ville obscure, mais placée comme sur un faîte et visible partout. Considérez ici la puissance de la prédication, comment en peu de temps, par le moyen de publicains et de pêcheurs elle -a envahi la reine même des cités, comment des Syriens sont devenus les maîtres et les guides des Romains. Il leur rend ici un double témoignage : c'est qu'ils ont cru, et qu'ils ont cru avec pleine liberté, au point que le bruit s'en était répandu dans le monde entier. « Car », leur dit-il, «votre foi est annoncée dans tout l'univers». La foi, et non des disputes de mots, des questions, des raisonnements. Et pourtant la doctrine trouvait là de nombreux obstacles. Car, en possession depuis quelque temps de l'empire du monde, ils avaient une haute opinion d'eux-mêmes et passaient leur vie au sein des richesses et des plaisirs; et ceux qui leur apportaient la prédication étaient des Juifs, des descendants des Juifs, de cette race odieuse et exécrée de tous; et ils ordonnaient d'adorer le Crucifié, un homme élevé dans la Judée; et, avec cet enseignement, ces maîtres prescrivaient une vie austère à des hommes livrés aux voluptés et épris des biens d'ici-bas. Et ces prédicateurs étaient pauvres, ignorants, sans naissance. Mais rien de cela n'a empêché le cours de la parole; telle était la puissance du Crucifié, qu'il la répandait partout.

« Est annoncée », dit Paul, « dans l'univers entier ». Il ne dit pas: est manifestée , mais « est annoncée », comme si tout le monde parlait d'eux. En attestant le même fait aux Thessaloniciens, il y ajoute autre chose : car après avoir dit : « Par où la parole de Dieu s'est répandue », il ajoute : « En sorte que nous n'avons pas besoin d'en rien dire ». (I Thess. 1, 3.) En effet les disciples avaient pris rang parmi les maîtres, ils instruisaient avec liberté et attiraient tout le monde à eux. Car la prédication ne s'arrêtait nulle part et s'étendait à l'univers entier avec plus de violence que le feu. Ici il se contente de dire qu' « elle est annoncée », et il a raison de dire qu' « elle est annoncée » ; par là il fait comprendre qu'il n'y a rien à ajouter à ce qui a été dit, rien à en retrancher : car c'est le devoir d'un messager de répéter simplement ce qu'on lui a dit. C'est pour cela que le prêtre est appelé messager, parce qu'il ne parle point en son nom, mais au nom de celui qui l'envoie. Pourtant Pierre a aussi prêché là. Mais Paul qui brûlait du feu de cette charité qui, comme il dit, n'est point envieuse, regardait ce que faisait Pierre comme s'il l'eût fait lui-même. « Car le Dieu que je sers en mon esprit, dans l'Evangile de son Fils, m'est témoin que je me souviens sans cesse de vous (9) ».

2. Ces paroles sortent des entrailles d'un apôtre, elles démontrent une sollicitude paternelle. Que veut-il donc dire, et pour quelle raison appelle-t-il Dieu en témoignage ? Il s'agissait de son affection. Comme il ne les avait pas encore vus, il invoque pour témoin, non un homme, mais Celui qui pénètre les coeurs. Après leur avoir dit: Je vous aime, et leur en avoir donné pour signe ses prières continuelles et le désir d'aller les voir, comme il n'y avait rien là de manifeste, il recourt à un témoin digne de foi. Quelqu'un de nous peut-il se vanter de se souvenir de l'Eglise dans laquelle il est, lorsqu'il prie dans sa maison? Je ne le pense pas. Et Paul priait Dieu non-seulement pour une ville, mais pour tout l'univers, et cela, non pas une fois, deux fois ni trois fois, mais toujours. Si porter quelqu'un continuellement dans ses souvenirs est une preuve de grand attachement ; pensez quelle affection, quel amour il faut pour prier et prier continuellement. Quand il dit: « Que je sers en mon esprit, dans l'Evangile de son Fils », il montre tout à la fois et la grâce de Dieu et sa propre humilité : la grâce de Dieu, qui lui a confié une mission aussi importante, et son humilité en ce qu'il n'attribue rien à son zèle, mais rapporte tout à l'action du Saint-Esprit. En ajoutant ce mot « Evangile », il indique l'espèce de son ministère. Car il y a plus d'une sorte, de ministère et aussi de culte. Carde même que, chez les rois, tous, quoique subordonnés à un souverain unique, ne remplissent cependant point les mêmes fonctions, mais que l'un a mission de commander aux armées, l'autre d'administrer les villes, un troisième de veiller à la garde des trésors; ainsi, dans l'ordre spirituel, l'un sert et honore Dieu par sa foi et sa conduite (198) régulière, l'autre est chargé de donner l'hospitalité aux étrangers, un troisième du soin des pauvres: comme on le voit au temps des apôtres même, où Etienne servait Dieu dans le soin des veuves, un autre par l'enseignement de la parole. Paul, par exemple, servait par la prédication de l'Evangile, c'était son genre de ministère, celui qui lui avait été confié, c'est pourquoi il ne se contente pas d'invoquer Dieu comme témoin, mais il parle de la mission qu'il a reçue, faisant voir que , chargé d'une si haute fonction, il ne voudrait point appeler en témoignage d'un mensonge celui qui la lui a confiée. De plus, il veut aussi leur faire comprendre son amour et la nécessité où il est de se préoccuper d'eux. De peur qu'ils ne disent : Qui êtes-vous, pourquoi vous dites-vous en souci de cette grande et royale cité? Il leur prouve que ce souci est nécessaire, puisque c'est là le genre de service qui lai est assigné, la prédication de l'Evangile. En effet, celui qui est chargé de cette mission doit nécessairement avoir toujours dans l'esprit ceux qui doivent recevoir la parole.

Il indique encore autre chose par ces mots « En mon esprit » : à savoir que ce culte est bien au-dessus de celui des Grecs et de celui des Juifs : car le culte des Grecs était faux et charnel, celui des Juifs vrai, mais charnel aussi; tandis que celui de l'Eglise, opposé à celui des gentils, était bien au-dessus de celui des Juifs. En effet, il ne s'exerce plus par l'immolation des brebis, des veaux, par la fumée et la graisse des victimes, mais par l'âme spirituelle, selon la parole du Christ « Dieu est esprit, et ceux qui l'adorent doivent l'adorer en esprit et en vérité ». (Jean, IV, 24.) — « Dans l'Evangile de son Fils ». Plus haut il disait l'Evangile du Père, ici il dit l'Evangile du Fils: tant c'est chose indifférente de nommer le Père ou le Fils. Car il a appris de cette voix bienheureuse que ce qui est au Père appartient au Fils et que ce qui est au Fils appartient au Père. « Car », dit le Christ, « tout ce qui est à moi est à vous, et tout ce qui est à vous est à moi ». (Jean, XVII,10.)

« Que je fais sans cesse mémoire de vous dans mes prières ». C'est là le véritable amour. Il semble ne dire qu'une chose et il en dit quatre : qu'il se souvient d'eux, qu'il s'en souvient sans cesse, et dans ses prières et pour des objets importants. « Demandant que,  par la volonté de Dieu, quelque heureuse voie me soit ouverte pour aller vers vous. Car je désire vous voir (10,11) ». Voyez-vous comme il désire ardemment les voir, et comment, ne voulant rien faire que sous le bon plaisir de Dieu, son amour est mêlé de crainte? Il les aimait en effet, il était pressé d'aller à eux; mais, bien qu'il les aimât, il ne voulait les voir que quand il plairait à Dieu. Voilà le véritable amour. Il n'en est pas ainsi de nous qui nous écartons dans les deux sens des lois de la charité; car, ou nous n'aimons personne, ou quand nous aimons, ce n'est point selon la volonté de Dieu; double transgression de la loi divine. Si nos paroles sont blessantes, votre conduite l'est davantage.

3. Mais, direz-vous, comment aimons-nous contre la volonté de Dieu? — Quand nous dédaignons le Christ mourant de faim et que nous donnons à nos amis et à nos proches au-delà du nécessaire. A quoi bon, du reste, en dire davantage? Chacun n'a qu'à examiner sa conscience pour se trouver coupable là-dessus en plus d'un point. Il n'en était pas ainsi de notre bienheureux; il savait aimer, et aimer comme il faut, et surpasser tout le monde en charité, sans dépasser en rien les bornes de la charité. Et voyez comme il porte ces deux sentiments au plus haut degré : la crainte de Dieu et l'amour des Romains. En effet, prier sans cesse, et ne point se désister d'un voeu qui n'est pas rempli, c'est une preuve d'ardente affection ; mais ne tenir à l'objet de ses désirs que sous le bon plaisir de Dieu, c'est la marque d'une grande piété. Ailleurs même après avoir prié trois fois le Seigneur sans obtenir, en présence même du résultat contraire, il rend de grandes actions de grâces de n'avoir point été exaucé (II Cor. XII, 8) : tant il avait Dieu en vue en toutes choses ! Ici, il obtint, il est vrai, mais tardivement et non quand il demandait, et il ne s'en affligea point. Je dis cela pour que nous ne nous attristions pas, quand nous ne sommes point exaucés ou que nous ne le sommes que tard. Nous ne sommes pas meilleurs que Paul qui rendit grâces dans les deux cas et eut raison de le faire. Comme il s'était livré une bonne fois à la main qui gouverne tout, avec autant de docilité que l'argile à la main du potier, il allait partout où Dieu le conduisait.

Après avoir exprimé son désir de les voir, il en donne la raison. Quelle est-elle? « Pour (199) vous communiquer quelque chose de la grâce spirituelle, afin de vous fortifier ». Ce n'était pas sans motif qu'il voulait aller là, comme font tant de gens qui entreprennent des voyages inutiles et sans profit, mais pour des affaires nécessaires et pressantes; ce qu'il n'exprime pas clairement, mais par énigmes. Car il ne dit point : Pour vous instruire, pour vous prêcher, pour vous donner ce qui vous manque ; mais « pour vous communiquer quelque chose », indiquant qu'il ne donne rien de lui-même, mais fait part de ce qu'il a reçu. Et encore parle-t-il ici avec modestie : « Quelque chose »; peu de chose, veut-il dire, et en proportion avec ma mesure. Et qu'est-ce donc que ce peu que vous allez leur communiquer? — Quelque chose « pour vous fortifier », répond-il.

C'est donc un effet de la grâce, de ne pas chanceler, de se tenir ferme. Et quand on vous parle de grâce, gardez-vous de croire que ce soit à l'exclusion du mérite de la volonté ; car si Paul tient ce langage, ce n'est pas qu'il ne tienne aucun compte de la volonté, mais c'est pour détruire l'enflure de l'orgueil. Ne vous découragez donc point, parce qu'il appelle cela grâce. Dans l'excès de sa reconnaissance, il donne le nom de grâces à toutes les bonnes actions, parce qu'en toutes, le secours d'en-haut nous est bien nécessaire. Après avoir dit « Pour vous fortifier », il leur insinue qu'ils ont grand besoin d'être corrigés. Car voici ce qu'il veut dire : Depuis longtemps je désirais et souhaitais de vous voir, dans le seul but de vous fortifier, de vous affermir et de vous consolider dans la crainte de Dieu, afin que vous ne soyez pas toujours chancelants. Il ne s'exprime pourtant pas ainsi, car il les aurait blessés; il se contente d'insinuer sa pensée doucement et sous une autre forme, en se servant de ces mots . « Pour vous fortifier ». Ensuite, comme ce langage était très-pénible, voyez comme il l'adoucit par la suite. En effet de peur qu'ils ne disent : Quoi donc ! est-ce que nous chancelons? est-ce que nous sommes ballottés ? avons-nous besoin de votre parole pour être fermes? Il prévient l'objection en ces termes : « C'est-à-dire, pour me consoler avec vous par cette foi, qui est tout ensemble votre foi et la mienne ». Comme s'il disait Ne supposez point que je vous ai dit cela par manière de reproche; ce n'était point là mon intention : qu'ai je donc voulu vous dire? Vous avez beaucoup souffert de la part de vos persécuteurs, j'ai donc désiré vous voir pour vous consoler, et non-seulement pour vous consoler, mais encore pour recevoir moi-même de la consolation.

4. Voyez la sagesse de ce maître ! « Pour vous fortifier », dit-il. Il sentait que son langage était désagréable et pénible pour ses disciples, et il ajoute : « Pour vous consoler ». Quoique ces expressions soient plus douces que les premières, elles contiennent cependant encore quelque chose de désagréable. Aussi leur ôte-t-il encore ce caractère, en mitigeant absolument son langage, de manière à le rendre tout à fait acceptable. Car il ne dit pas simplement: Pour vous consoler, mais : « Pour me consoler avec vous », et non content de cela, il apporte encore un nouvel adoucissement en disant : « Par cette foi qui est tout ensemble votre foi et la mienne ». O ciel ! quelle humilité ! Il laisse entendre qu'ils n'ont pas seulement besoin de lui, mais qu'il a aussi besoin d'eux : il place les disciples au rang de maître, et abdique tout privilège pour être l'égal de tous. Le profit, leur dit-il, nous sera commun : j'ai besoin de votre consolation, et vous de la mienne. Et comment cela? « Par « cette foi, qui est tout ensemble votre foi et la « mienne ». Car comme en allumant beaucoup de lampes, on produit une grande clarté, ainsi en est-il parmi les fidèles. En effet, quand nous sommes séparés les uns des autres, nous avons moins de courage ; mais quand nous nous voyons mutuellement, et que nous gommes rapprochés comme les membres d'un même corps, nous sommes singulièrement consolés. Toutefois , ne comparez point ce temps-là au temps présent où, par la grâce de Dieu, les fidèles sont nombreux dans les bourgades, dans les villes, et même dans les déserts, où l'impiété se trouve refoulée; mais reportez-vous à cette époque et songez combien il était doux au maître de voir ses disciples, et aux frères de voir des frères venus d'autres cités. Eclaircissons cela par un exemple.

Si par hasard (et que le ciel nous en garde !) nous nous trouvions transportés chez les Perses, chez les Scythes ou d'autres barbares, et dispersés par deux ou trois, dans leurs villes, imaginez quelle consolation nous éprouverions à voir tout à coup arriver d'autres endroits quelques-uns des nôtres. Ne voyez-vous (200) pas les prisonniers se lever et s'élancer par l'effet de la joie, quand ils reçoivent la visite d'un ami? Et ne vous étonnez pas que je compare ces temps-là à la captivité et à la prison; car les fidèles souffraient encore bien davantage, dispersés qu'ils étaient, repoussés, en proie aux horreurs de la faim et de la guerre, craignant la mort tous les jours, obligés de se défier de leurs amis, de leurs parents, de leurs proches, étrangers au milieu du monde, et plus malheureux même que des exilés. Voilà pourquoi Paul dit : « Pour vous fortifier et me consoler avec vous, par notre foi commune ». Non pas qu'il ait besoin de leur secours, loin de là; comment en aurait-il besoin, lui, la colonne de l'Eglise, lui plus solide que le fer et la pierre, lui, le diamant spirituel, lui, qui suffit à d'innombrables cités ? Mais pour ne pas les blesser, pour adoucir la correction, il leur dit que leur consolation lui est nécessaire. Du reste on ne se tromperait pas en disant qu'il y avait un sujet de consolation et de joie dans la foi et les progrès des fidèles, et que Paul en avait besoin. — Mais, pouvait-on lui dire, si vous désirez si vivement recevoir et donner cette consolation, qui vous empêche d'aller là ?

Pour répondre à cette objection, il ajoute « Aussi je ne veux pas que vous ignoriez, mes frères, que je me suis souvent proposé d'aller vers vous, mais j'en ai été empêché jusqu'à « présent (13) ». Voyez là une preuve de sa parfaite obéissance et de sa profonde gratitude. Il dit bien qu'il a été empêché, mais il ne dit pas par quoi. Il ne discute point les ordres du Maître, il se contente d'y obéir. Il y avait cependant lieu de demander pourquoi Dieu privait si longtemps d'un pareil docteur une ville si illustre, si grande, et sur laquelle le monde entier avait les yeux fixés. En effet, en s'emparant d'une capitale on se rend maître de tout l'empire; mais la laisser pour s'attaquer aux lieux qui en dépendent, c'est négliger le point essentiel. Cependant Paul ne se livre point à ces inutiles recherches ; il obéit à un ordre de la Providence, sans le comprendre, nous faisant voir par là sa modération et nous apprenant à ne jamais demander à Dieu raison des événements, quand bien même beaucoup en paraîtraient troublés. Car c'est au maître à commander, et aux serviteurs à obéir. Voilà pourquoi Paul dit qu'il a été empêché, sans dire pour quelle raison. Je n'en sais rien, leur dit-il, ne me demandez pas quel est le dessein, quelle est la volonté de Dieu. Ce n'est point au vase à dire au potier : « Pourquoi m'as-tu fait ainsi ?» (Rom. IX, 20.) Pourquoi, je vous le demande, voudriez-vous savoir cela? Ne savez-vous pas que Dieu a soin de tout, qu'il est sage, qu'il ne fait rien sans raison et au hasard? qu'il vous aime plus que vos parents? que son amour pour vous surpasse celui d'un père, sa tendresse celle d'une mère ? Ne demandez donc rien de plus, n'allez pas plus loin; en voilà assez pour votre consolation; puisque alors tout était en règle à Rome. Si vous ignorez comment, ne vous en inquiétez point. C'est là surtout le propre de la foi, d'accepter la conduite de la Providence sans en connaître les raisons.

5. Après avoir ainsi atteint le but que son zèle se proposait, (et quel était-il, sinon de leur montrer que s'il n'allait pas les voir, ce n'était point par mépris, mais parce qu'il en était empêché?) après s'être justifié du reproche de négligence, et leur avoir prouvé qu'il n'est pas moins désireux de les voir qu'ils ne le sont eux-mêmes, il donne encore d'autres preuves de son amour. Pour avoir été empêché, leur dit-il, je n'ai point cessé mes efforts; toujours j'essayais, toujours les obstacles survenaient, et je ne me désistais point; sans m'opposer à la volonté de Dieu, je restais fidèle à l'amour. En se proposant toujours, en ne se désistant jamais, il prouvait sa charité; en rencontrant des obstacles et en s'y soumettant, il prouvait son extrême amour pour Dieu. « Pour obtenir « quelque fruit parmi vous ». Bien qu'il ait donné plus haut le motif de son désir, motif bien digne de lui, il y revient cependant encore ici, pour dissiper entièrement leur soupçon. Car comme leur ville était remarquable, sans rivale pour la beauté sur terre et sur mer, et que beaucoup d'étrangers s'y rendaient uniquement pour la voir, de peur qu'on ne lui supposât quelque motif de ce genre, qu'on ne soupçonnât que Paul désirait faire connaissance avec eux pour s'en glorifier, il rappelle constamment la raison de son désir. Plus haut il a dit : « Je désirais vous voir pour vous communiquer quelque chose de la grâce spirituelle » ; ici il dit plus clairement : « Pour obtenir quelque fruit parmi vous, comme parmi les autres nations ». Il met au même rang ceux qui commandent et ceux qui obéissent; après des milliers de trophées (201) et de victoires, malgré la gloire de tant de consuls, il les place avec les barbares, et avec raison; car où règne la noblesse de la foi, il n'y a plus ni barbare, ni grec, ni étranger, ni citoyen, mais tous sont élevés à la même dignité.

Voyez encore ici sa modestie. Il ne dit pas Pour vous instruire, pour vous catéchiser. Que dit-il donc? « Pour obtenir quelque fruit », non pas des fruits simplement, mais « quelque fruit » , restreignant en quelque sorte son rôle, comme plus haut quand il disait: « Pour vous communiquer quelque chose ». Puis, comme je l'ai déjà dit, il comprime leur orgueil, en ajoutant : « Comme parmi les autres nations » ; c'est-à-dire, je n'en serai pas moins zélé pour les autres, parce que vous êtes puissants et que vous l'emportez sur eux; ce ne sont pas des puissants mais des fidèles que nous cherchons.

Où sont maintenant ces sages si réputés chez les Grecs, ces philosophes à longue barbe, portant manteau et si pleins d'eux-mêmes? Un fabricant de tentes a converti la Grèce et toutes les contrées barbares. Et ce Platon, si vanté, si célébré chez eux, après s'être rendu trois fois en Sicile, avec un grand fracas de mots, malgré la haute estime qu'on avait de lui, n'a pas même triomphé d'un tyran; bien plus, il a si mal réussi qu'il a perdu sa liberté. Et ce fabricant de tentes a parcouru, non-seulement la Sicile, non-seulement l'Italie, mais le monde entier; et tout en prêchant il a- continué son métier, cousu des peaux, présidé à son atelier; et les personnages consulaires ne s'en sont point scandalisés, ce qui était juste. Car ce ne sont point les métiers ni les occupations, mais bien le mensonge et les doctrines controuvées qui rendent ordinairement les maîtres méprisables. Voilà pourquoi même les Athéniens se moquent des uns, tandis que l'autre attire l'attention des barbares, des simples et des ignorants. Car la doctrine est pour tous; elle ne connaît ni distinction de dignité, ni prééminence nationale, ni rien de semblable; elle n'a besoin que de foi et non de raisonnements. Ce qu'il faut donc surtout admirer en elle, ce n'est pas qu'elle soit utile et salutaire, mais facile, très-aisée et accessible à tout le monde : ce qui est proprement l'œuvre de la Providence de Dieu, mettant ses biens à la portée de tous. Car ce qu'il a fait pour le soleil, pour la lune, la terre, la mer et les autres parties de la nature, n'en distribuant rien de plus aux riches et aux sages, rien de moins aux pauvres, mais donnant à tous la part égale; il l'a fait aussi pour la prédication, et d'une manière plus marquée encore parce que c'est une chose plus nécessaire. Aussi Paul répète-t-il souvent: « A toutes les nations ». Ensuite, pour leur faire voir qu'il ne leur accorde aucune faveur, mais qu'il accomplit l'ordre du Maître, et pour les rappeler à la reconnaissance due à celui qui est le Dieu de tous, il ajoute : « Je suis redevable aux Grecs et aux barbares, aux sages et aux simples » ; expression qu'il employait déjà en écrivant aux Corinthiens. Par là, il rapporte tout à Dieu. « Ainsi, autant qu'il est en moi, je suis prêt à vous évangéliser, vous aussi qui êtes à Rome (15) ».

6. O âme généreuse ! qui accepte une mission si pleine de périls, un voyage d'outremer, des tentations, des embûches, des séditions, (car en prêchant dans une si grande ville t dominée par l'impiété, il fallait s'attendre à d'innombrables épreuves : aussi y a-t-il fini sa vie, décapité par le tyran qui y régnait alors). Et cependant la prévision de tant de maux n'a nullement ralenti son zèle; il est pressé , il souffre les douleurs de l'enfantement, il est plein d'ardeur. Aussi leur dit-il : « Autant qu'il est en moi, le suis prêt à vous évangéliser, vous aussi qui êtes à Rome. Car je ne rougis point de l'Evangile... (16) ». Que dites-vous, Paul? Quand il faudrait dire : Je me félicite, je me glorifie, je suis fier, vous ne le dites pas; vous vous contentez de cette expression bien plus faible : « Je ne rougis point » , dont nous n'avons pas coutume de nous servir dans des cas aussi glorieux. Que dit-il donc? Pourquoi tient-il ce langage, bien qu'il se glorifie de l'Evangile plus que de la possession du ciel? ;Car il écrit aux Galates : « Pour moi , à Dieu ne plaise que je me glorifie, si. ce n'est dans la croix de Notre-Seigneur Jésus-Christ ». (Gal. VI, 14.)

Pourquoi ne dit-il pas ici : Je me glorifie, mais « Je ne rougis pas? » Les Romains étaient fort épris des choses de ce monde à cause de leurs richesses, de leur puissance, de leurs victoires, de leurs souverains qu'ils estimaient à l'égal des dieux, à qui même ils en donnaient le nom, jusque-là qu'ils les honoraient par des temples, des autels et des sacrifices. Comme c'était à des hommes ainsi enflés d'eux-mêmes que Paul devait prêcher Jésus, (202) celui qui était réputé le fils d'un artisan, qui avait été élevé en Judée dans la maison d'une humble femme, qui n'avait point de gardes, point de fortune, qui était mort comme un criminel entre des voleurs, et avait souffert beaucoup d'autres ignominies, et que vraisemblablement ils en rougiraient, eux qui ne savaient encore rien des grands mystères voilà pourquoi il se sert de ce terme : « Je ne « rougis pas », leur apprenant en même temps à ne point rougir eux-mêmes: bien convaincu que s'ils en venaient là, ils ne tarderaient pas à aller plus loin et à se glorifier aussi. Si donc jamais vous entendez quelqu'un vous dire : Tu adores le Crucifié? N'en rougissez pas, ne baissez pas les yeux, mais soyez-en glorieux et fier, et recevez le reproche, 1'œil serein et le front haut. Et s'il vous répète encore : Tu adores le Crucifié? Répondez-lui : Oui, et non un adultère, ni un parricide, ni un meurtrier de ses enfants, (car tels sont tous les dieux des païens) ; mais celui qui par sa croix a fermé la bouche aux démons et détruit leurs innombrables artifices. Car la croix est l'oeuvre d'un ineffable amour pour nous, la preuve d'une immense tendresse. De plus, comme ils se vantaient de leur éloquence, et s'enorgueillissaient de la sagesse profane : pour moi, leur dit Paul, ayant dit un éternel adieu à tous les raisonnements, je viens prêcher la croix, et n'en rougis point. « Parce qu'il est la vertu de Dieu pour sauver ». Parce qu'il est aussi la vertu de Dieu pour punir (en effet, quand Dieu punissait les Egyptiens, il disait Voilà l'effet de ma grande puissance), et encore la vertu pour détruire, (car il est écrit « Craignez celui qui peut précipiter l'âme et le corps dans l'enfer »). (Matth. X, 28.) C'est pourquoi Paul dit : Ce que j'apporte n'est point pour la punition ni pour le supplice, mais pour le salut.

Quoi donc? L'Evangile n'annonçait-il pas aussi tout cela, l'enfer, les ténèbres extérieures, le ver empoisonneur? Nous ne connaissons ces vérités que par l'Evangile. Pourquoi donc dit-il : « La vertu de Dieu pour sauver? » Mais écoutez ce qui suit : « Pour sauver tout croyant, le Juif d'abord, et puis le Grec » ; non pas tout le monde, mais seulement ceux qui croient. Fussiez-vous Grec, coupable de toute espèce de crimes, Scythe, Barbare, un monstre sauvage, chargé d'un poids de mille iniquités; dès l'instant que vous acceptez la doctrine de la croix et que vous êtes baptisé, tout est effacé. Mais pourquoi dit-il: « Le Juif d'abord et puis le Grec? » D'où vient cette différence? Il a pourtant dit souvent que la circoncision et l'incirconcision ne servent de rien ; pourquoi donc distingue-t-il ici et place-t-il le Juif avant le Grec? Oui, pourquoi cela? Car enfin pour être le premier, on ne reçoit pas une plus grande abondance de grâce : le même don est fait à l'un et à l'autre : le rang n'est ici qu'une simple affaire de préséance. L'avantage ne consiste donc pas dans une justice plus parfaite, mais dans l'honneur de la recevoir le premier. Lorsqu'on initie les catéchumènes à la lumière spirituelle, ils vont tous au baptême, mais non à la même heure : l'un est le premier, l'autre le second ; cependant le premier ne reçoit pas plus que le second, ni celui-ci que le suivant; tous jouissent du même avantage. Ainsi ce mot de premier est seulement un terme honorifique et n'implique point une grâce plus abondante. Ensuite après avoir dit « Pour sauver », il relève encore le don, en faisant voir qu'il ne se borne pas au temps présent, mais s'étend au-delà: ce qu'il exprime par ces mots : « La justice de Dieu, en effet,  y est révélée par la foi et pour la foi, ainsi qu'il est écrit : Le juste vivra de la foi (17) ». Donc celui qui est devenu juste ne vivra pas seulement dans le siècle présent, mais aussi dans le siècle à venir.

Ce n'est pas tout : l'apôtre fait encore allusion à autre chose, à l'éclat et à la splendeur de cette autre vie. Et comme on peut être sauvé avec déshonneur, (ainsi qu'il arrive à ceux que la clémence royale exempte du châtiment), pour qu'on ne soupçonne rien de pareil, il ajoute : « Et la justice », non pas la vôtre, mais celle de Dieu : laissant entrevoir l'abondance de cette justice et. la facilité avec laquelle elle s'obtient, car ce n'est point par vos sueurs ni par vos travaux que vous l'obtenez, mais par un don d'en-haut, sans y rien apporter de votre côté que de croire. Puis , comme il semblait incroyable qu'un adultère, un libertin, un profanateur de tombeaux, un magicien, non-seulement fussent tout à coup exempts de punition , mais encore devinssent justes, et justes de la justice d'en-haut, il prouve sa proposition par l'Ancien Testament. Et d'abord il ouvre en peu de mots, à qui sait voir, le vaste océan de (203) l'histoire. Après avoir dit : « Par la foi et pour la foi », il renvoie son auditeur aux traits de Providence consignés dans l'Ancien Testament, qu'il a exposés avec beaucoup de sagesse dans son Epître aux Hébreux, et démontre que déjà alors les justes et les pécheurs étaient justifiés; c'est pourquoi il cite l'exemple de Rahab et d'Abraham. Ensuite, après cette simple indication, (car il est pressé de courir à un autre sujet), il prouve sa thèse par les prophètes, en produisant le témoignage d'Habacuc, qui s'écrie et dit que celui qui doit vivre ne peut vivre que par la foi. Car « le juste », dit-il en parlant de la vie à venir, «vivra de la foi ». En effet, puisque les dons de Dieu surpassent toute intelligence, la foi nous est évidemment nécessaire. Par conséquent l'incrédule, le dédaigneux et l'orgueilleux n'aboutiront à rien.

Que les hérétiques écoutent la voix de l'Esprit. Car telle est la nature des raisonnements c'est une sorte de labyrinthe, d'énigme, qui n'a point d'issue, ne permet point à la raison de s'établir sur la pierre, et prend son origine dans l'orgueil. Rougissant de se soumettre à la foi et de paraître ignorer les choses du ciel, ils se perdent dans le brouillard de mille pensées. Ensuite, ô mortel infortuné, misérable et digne d'une extrême pitié ! si l'on te demande comment le ciel et la terre ont été faits; que dis-je, le ciel et la terre? comment tu as été engendré, comment tu as été nourri, comment tu as grandi, tu ne rougis pas de ton ignorance; mais si on parle du Fils unique, tu te jettes dans un abîme de perdition, par honte, parce que tu crois indigne de toi de ne pas tout savoir? Ce qui est indigne, c'est de discuter et de raisonner hors de propos. Mais pourquoi parler de dogmes? Nous ne pouvons même échapper aux misères de la vie présente que par la foi. Car c'est par elle qu'ont brillé tous ces hommes illustres, Abraham, Isaac, Jacob; par elle la prostituée a été sauvée et dans l'Ancien et dans le Nouveau Testament. « C'est par la foi », est-il écrit, « que Rahab, femme de mauvaise vie, ne périt point avec les incrédules, ayant reçu pacifiquement les espions ». (Héb. XI, 31.) Elle ne s'est point dit : Comment ces prisonniers, ces fuyards, ces émigrants, ces vagabonds, triompheront-ils de nous qui avons une ville, des remparts et des tours? Si elle se fût tenu ce langage, elle se serait perdue avec les autres, comme avaient fait les ancêtres des espions qui étaient sauvés ce jour-là. Car voyant des hommes de haute taille, ils désespérèrent et périrent sans combat, sans coup férir. Voyez-vous quel abîme c'est que l'impiété, et quel rempart c'est que la foi? L'une a détruit d'innombrables multitudes, et l'autre a non-seulement sauvé une femme de mauvaise vie, mais en a fait la protectrice d'un grand peuple.

Instruits de ces choses et de beaucoup d'autres, ne demandons jamais compte à Dieu des événements, mais acceptons tout ce qu'il ordonne, et ne raisonnons jamais, ne discutons jamais, quand même ses ordres sembleraient absurdes à la sagesse humaine. Qu'y a-t-il, dites-moi, de plus absurde en apparence que de commander à un père d'immoler son fils unique? Et pourtant le juste qui recevait cet ordre, ne le discuta point, mais l'accepta et le remplit, par égard pour celui qui l'avait donné. Un autre qui avait reçu de Dieu l'ordre de frapper un prophète, trouva le commandement absurde et fut frappé de mort pour ne l'avoir point accompli, tandis que celui qui l'exécuta fut agréé de Dieu. Et Saül, pour avoir épargné des hommes contre l'ordre de Dieu, perdit la couronne et souffrit des douleurs insupportables. On pourrait citer bien d'autres exemples qui nous apprendraient qu'il ne faut jamais demander à Dieu raison de ses ordres, mais y céder et obéir. Que s'il est dangereux de discuter ce que Dieu commande, et si le dernier supplice en est la punition, comment s'excuseront un jour ceux qui essaient de scruter des mystères beaucoup plus profonds, beaucoup plus terribles, par exemple, comment et par quel procédé Dieu engendre son Fils, quelle est sa substance? Convaincus de ces vérités, accueillons avec la meilleure volonté possible la foi, source de tous les biens, afin que, naviguant comme en un port tranquille, nous conservions les saines croyances, et que, réglant notre vie en toute sécurité, nous obtenions les biens éternels, par la grâce et la bonté de Notre-Seigneur Jésus-Christ, avec qui appartiennent au Père la gloire, la puissance, l'honneur et l'adoration, en même temps qu'au Saint-Esprit, dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

 

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