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Homélie prononcée
lors de la Fête du 400ème anniversaire
du Saint Crucifix, le 7 mai 2000

Introduction ; La guerre de Trente ans ; Abbé Arthur DAUCOURT, Le Crucifix Miraculeux de Develier, in Almanach catholique du Jura, 1908 ; Le saint Crucifix de Develier, Delémont, Imprimerie Léon Feune Fils, 1870  ; Eléments de Bibliographie ;
Histoire du Saint Crucifix ;

Début

Abbaye Saint Benoît ; Chapelle N-D du Vorbourg ; Hagiographie

Frères et soeurs,

        Au début de l’année, vos abbés m’ont demandé si je voulais bien venir prêcher pour les 400 ans du saint crucifix. Develier étant mon village depuis que ma famille était venu s’installer ici, il y a plus de 25 ans, l’ancien Abbé de mon monastère, le P. Raymond Chappuis y étant né et en étant originaire, il était impossible de dire non… D’autant plus qu’il y a paraît-il, une relique de saint Benoît dans l’autel… Intrigué par le sujet lui-même, je me suis mis à creuser. A Develier, lorsqu’on creuse, on découvre des trésors qui datent de bien avant les romains et aussi après eux. Pendant la guerre de Trente ans, au 17ème  siècle, il y a environ 400 ans, on raconte que les soldats qui avaient envahis l’ancien évêché de Bâle étaient d’une telle cruauté qu’ils forçaient les paysans à labourer les champs qu’ils avaient ensemencés et qui levaient, pour essayer de trouver l’argent qu’ils y auraient cachés… Belles méthodes. Mais en creusant le champ spirituel de Develiertradition du saint crucifix, on y trouve un vrai trésor spirituel… A tel point, qu’il n’est pas possible de se contenter d’une courte homélie. D’autant plus, m’a-t-on dit que les plus jeunes générations ignorent maintenant de quoi il s’agit. Alors pardonnez-moi si nous allons rester plus longtemps ensemble de que de coutume…  

              Le Saint Crucifix ne serait-il plus que quelque chose qui n’intéresserait plus que les grands-mamans, et encore par habitude acquise ? Je n’aime pas beaucoup ce genre de réflexions car les grands-mamans comme tous les anciens sont importants, n’ont-ils pas la grande charge de prier pour les plus jeunes et ils sont notre mémoire, ils nous aident à savoir qui nous sommes et d’où nous venons. Avec le Christ, l’histoire n’est plus seulement une suite d’événements, l’éternité entre dans le temps et le temps entre dans l’éternité, nous entrons dans l’éternité et tout acte d’amour a un poids de vie éternelle, est une source de vie éternelle, un trésor. Pourquoi, pourrait-on penser, vouloir aller remuer le souvenir d’anciennes histoires et aller déranger les habitants des greniers et surtout du grenier de notre histoire commune, souvenirs, anciennes peurs, petites et grandes traditions ? Evidemment si par hasard, on apprenait que nos parents avaient laissés de l’argent sur un compte caché dans une banque, on ne poserait pas trop de questions et nous irions tout de suite au but. Le Saint Crucifix est-il plus précieux qu’un compte en banque oublié… ? Là est évidemment la question.ème; siècle. Par exemple, si vous regardez un peu votre télévision, vous aurez remarqué qu’un des moyens  les plus utilisées à ce propos est l’utilisation de machines à remonter le temps. Souvent les héros aimeraient changer le cours des choses. L’autre moyen est de s’imaginer que des membres d’anciennes civilisations de notre bonne vieille terre, ont été   expédiés sur d’autres planètes… et par hasard on les retrouve. Un des moyens les plus classiques, aujourd’hui, enfin, est celui des jeux de rôles. Pas besoin d’aller chercher des scénarios à 500 ou mille kilomètres, nous en avons de tout prêts sous la main.

        Le crucifix que nous fêtons aujourd’hui a quatre cents ans. C’est une image sainte. Lorsqu’on parle d’image sainte on pense souvent aujourd’hui aux icônes byzantines. Mais il y a d’autres peintures qui sont saintes et qui ne sont pas byzantines. Dimanche passé a été canonisée une nouvelle sainte, Sr Marie-Faustine qui a fait peindre à la demande de son Seigneur, une image du Christ miséricordieux que vous connaissez certainement. C’est une image sainte et pourtant ce n’est pas une icône. Cette sainte porte comme nom de baptême Hélène, comme la maman de l’empereur Constantin. Je la cite parce qu’elle découvrit la croix du Christ à Jérusalem. Vous n’ignorez pas que la Fête du Saint Crucifix de Develier se célébrait autrefois le lundi qui est ou qui suit le 3 mai, fête de l’Invention de la Sainte-Croix, c’est-à-dire de la découverte de la croix du Christ à Jérusalem par Sainte Hélène.  

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Un crucifix est une image sacrée du Christ. Un crucifix est une image sacrée parce qu’il renvoie  à la personne du Christ, du Verbe Incarné qui meurt sur la croix et qui nous sauve, il nous met en contact avec le Christ et d’une certaine manière le rend présent. Toute image disparaîtra lorsque le Christ reviendra. En effet, d’après le simple bon sens,  qui se tournerait vers le portrait d’un important personnage alors qu’il se trouverait devant lui ?  Une homélie pascale très ancienne le relevait : « Quand la Vérité est présente, la figure est périmée : c’est ainsi qu’après l’arrivée d’un roi, personne ne juge convenable de délaisser le roi vivant pour se prosterner devant son image. » Par chance, nous n’avons pas à nous prosterner devant nos ministres, même s’il faut les respecter. Lorsque le Christ reviendra, non seulement les Images Saintes disparaîtront, mais aussi les sacrements. Dieu sera tout en tous. Le saint crucifix est une image sainte du Christ parce qu’avant tout il représente le Christ, comme tous les crucifix que vous avez chez vous. Il est saint aussi parce que nos communautés ont estimées que le Seigneur avait voulu leur donner un signe de sa présence au moment où elles ont traversé une épreuve bien plus terrible que le Kulturkampf du XIXe   siècle, et  même à mon sens encore plus pénible que la Révolution française. Il est saint aussi parce que de nombreux croyants et fidèles sont venus prier devant lui et ont manifesté leur foi, ont voulu aimer Dieu de tout leur cœur et lui dire qu’ils l’aimaient. Ils demandaient son aide dans les pires moments, ceux où tout paraît s’obscurcir, alors que Dieu est dans notre cœur. A la limite, même s’il n’y avait pas eu d’incendie à Develier et que le crucifix n’aurait pas eu à subir l’incendie, ce qui n’est pas du tout vrai, la seule prière de ceux qui seraient venus devant lui aurait suffi à en faire une image plus vénérable que les autres, parce que la foi de ceux qui sont venus ici a créé une sorte de pont entre le ciel et la terre, comme l’est la croix de Jésus pour reprendre une image de Sainte Catherine de Sienne, patronne de l’Europe et docteur de l’Eglise.  

Nous fêtons aujourd’hui le saint Crucifix de Develier parce qu’il porte la date de 1600 gravée sur le bois de la croix. Si vous le regardez bien, vous verrez qu’il porte encore des traces de peinture et même il m’a semblé qu’on a voulu peindre du sang. D’où vient-il ? Il paraît qu’il n’est pas répertorié à Porrentruy, mais peut-être un jour, le conseil de paroisse pourra-t-il lancer un fin limier connaisseur d’art qui pourra nous dire où il a été sculpté. Le curé en titre au moment où le crucifix a été installé était Paul Desbois, un chanoine de Moutiers-Grandval demeurant à Delémont . Le vicaire qui faisait presque tout le travail s’appelait Diethelm Bassant. Le maire à l’époque se nommait Wuillemain Greppin . Au moment de l’incendie, ce fut M. Hechemann Ory qui occupait cette fonction d’après Vautrey. Nous allons maintenant nous intéresser surtout aux événements qui ont fait que ce crucifix de Develier soit appelé communément, par tout le monde, saint.

La guerre de Trente ans s’est passée au 17ème  siècle. Comment raccrocher cette époque à notre 21ème siècle, et la situer. Pour nous y aider, je vous propose quelques brefs portraits et quelques noms. Si vous regardez de temps à autre vos petits écrans vous n’avez pu éviter et même vous avez certainement aimé les films de cape et d’épée et en particulier ceux de d’Artagnan et des trois mousquetaires. Et bien la guerre de Trente ans se passait à cette époque-là.  

L’incendie de Develier a eu lieu en 1637. Cette année-là, a paru un ouvrage important pour l’histoire de la pensée philosophique de notre monde moderne, « Le Discours de la méthode » par Descartes. Descartes était un savant philosophe et un grand mathématicien, doublé d’un militaire. Pour donner deux images contrastées et forcées… Dites-vous qu’une des conséquences de sa  pensée a été la philosophie marxiste et ses suites. Une autre conséquence, avec le philosophe Husserl et la grâce, nous a donné une grande martyre carmélite, sainte Thérèse Bénédicte de la Croix ou Edith Stein, fille d’Israël, morte dans les camps de concentration, la Suisse ne lui avait pas donné la permission de rentrer suffisamment vite.  Retenez de Descartes cette phrase : « Je pense, donc je suis ». 

Si vous aimez la littérature, dites-vous qu’en 1637 a eu lieu la première représentation du « Cid » de Corneille. Lorsque l’église se remplit au fur et à mesure d’une célébration vos prêtres pourront se rappeler un  vers fameux de cette tragédie en réduisant peut-être les chiffres : « Nous partîmes cinq cents, mais par un prompt renfort, nous nous vîmes trois mille en arrivant au port. » Parmi les penseurs de l’époque, il y avait Blaise Pascal et chez les scientifiques un nom connu de tous, Galilée. 

Si vous aimez la peinture, à cette époque du 17ème siècle vivait Nicolas Poussin. Pour la musique, il y avait Monteverdi et ses vêpres. L’architecture a été en particulier illustrée par le Bernin et les colonnades du Vatican ; ceux qui appréciaient les anciennes images à 100.- de la banque nationale se souviennent peut-être d’un autre architecte suisse, de l’époque, Borromini. Citons tout de même un grand saint de ce temps-là, Monsieur Vincent, Saint Vincent de Paul. Vous trouverez encore bien d’autres noms. 

Que de belles choses et de beau monde, mais pendant que Descartes faisait savoir qu’il avait pensé, en Alsace, dans le Jura et à Develier, on souffrait et on mourait de la guerre, de la faim et de la peste. Une des images les plus terribles qui m’a particulièrement ému est rapportée par l’abbé Daucourt dans un article de l’almanach catholique du Jura de 1908. Il nous dit qu’en ce temps-là, dans notre pays, les gens avaient tellement faim qu’ils se mirent à manger les morts et même des mamans leurs enfants. En Alsace les mêmes événements se sont produits. Vous admettrez au moins que l’image est forte et donne une idée de la misère qui régnait. 

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Pourquoi cette misère ? La réponse est simple, à cause de la chose la plus détestable qu’ait inventé l’homme : la guerre… Une guerre terrible, la guerre de Trente ans, qui commença comme une guerre de religion, la dernière en Europe, et qui finit comme un affrontement des grandes puissances de l’Epoque. A cette époque, l’Eglise perdit heureusement le statut de grande puissance temporelle. A quelque chose, malheur est bon.  Aujourd’hui on a remplacé les guerres de religions par celles des idéologies, qu’on pense au nazisme et au communisme, ou au libéralisme pur et dur, mais il faut bien admettre que l’idée de guerre de religion n’a pas tout à fait disparue, et y a-t-il beaucoup de différences ? Au fond toute guerre ne vise-elles pas Dieu en voulant détruire l’homme et l’asservir?  

De manière générale, on peut dire que le 17ème siècle, à tous les points de vue, a été pour notre monde occidental, un passage du monde médiéval au monde moderne, que ce soit dans la pensée et dans la politique. Mais voilà, les gens d’ici ont vécu dans leur corps, plus que d’autres, les douleurs de l’enfantement de ce nouveau monde. Officiellement, la guerre de Trente ans dura de 1618 à 1648 et s’acheva par les traités de Westphalie, un événement important pour la Suisse moderne. Ce fut à cette occasion qu’elle se libéra des derniers liens juridiques qui l’unissaient au Saint Empire. Cette guerre  est une conséquence de la Réforme et de la Contre-Réforme. D’abord limitée au Saint Empire Romain Germanique, auquel appartenait l’ancien Evêché de Bâle, le conflit toucha les possessions espagnoles, la Lorraine et l’Alsace, toute l’Europe centrale et du Nord, notamment la Suède qui sauva le parti protestant. Sous le pontificat du Pape Urbain VIII, le parti catholique de l’empereur avait presque gagné la guerre lorsqu’ intervint le roi luthérien de Suède, Gustave-Adolphe qui retourna la situation, mais mourut au combat à la bataille de Lutzen en 1632. La France, c’est-à-dire le roi très catholique Louis XIII et son ministre le cardinal de Richelieu que  ses contemporains comparaient au diable, la France, donc, après avoir longtemps soutenu financièrement le parti protestant contre l’empereur entra en guerre en 1635. Menée principalement par l’empereur Frédéric II qui mourut le 16 février 1637, elle fut poursuivie sous son successeur Frédéric III c’est sous règne que brûla l’Eglise de Develier. La France avait pris à son service un grand guerrier, pour le malheur de notre région, déjà rançonnée et dévastée, le duc protestant, Bernard de Saxe-Weimar. Celui-ci aurait bien voulu se constituer, sous la dépendance du roi de France, un duché constitué de l’Alsace et de la partie catholique de l’Ancien Evêché de Bâle, c’est-à-dire grosso modo le Jura-Nord et le Laufonnais. Le Prince-Evêque de Bâle, Johann Heinrich von Ostein, qui avait le pouvoir temporel sur nos régions et spirituel sur une grande partie de la Haute-Alsace voisine, avait essayé de préserver son indépendance en restant fidèle à l’empereur, tout en essayant de garder une certaine neutralité en s’alliant avec les cantons suisses catholiques et en demandant la protection de la France. Louis XIII et son cardinal ne le tenaient pas pour un allié sûr, si bien que sous son règne, 1629 à 1646, la Principauté fut occupée et devint un lieu de passage ou de stationnement des troupes en guerre, principalement pour l’hivernage, avec une alternance d’occupation entre Français, Impériaux et Suédois. Les troupes étaient composées principalement de mercenaires qui changeaient fréquemment de camp et provenaient d’un peu partout, y compris bien sûr de Suisse. Lorsque des troupes venaient, cela voulait dire qu’elles s’installaient à un endroit et pillaient. Les soldats volaient toute la nourriture qu’ils pouvaient trouver, se logeaient chez l’habitant, et fréquemment suppliciaient. On rapporte entre autres actions sadiques que, par exemple, pour extorquer l’argent des bourgeois de Delémont, ils les enfermaient dans une grange en les laissant mourir de faim ou bien faisaient la même chose avec des enfants, pour obtenir une rançon de leurs parents.  Avec ce genre de traitements et la peste véhiculée à ces occasions, la Principauté perdit au moins un tiers de ses habitants, comme l’Alsace voisine, et   des villages furent rayés de la carte. 

Les motifs politiques jouèrent naturellement pour ces interventions, mais il faut tout de même relever que ces malheurs, n’auraient pas eu lieu si cette partie de l’Ancien Evêché avait passé à la Réforme où n’était pas redevenue catholique. Certains estiment que l’Ancien Evêché aurait du être protégé par les cantons suisses en raison d’un traité passé par le Prince-Evêque avec les cantons catholiques. Un officier Bernois Jean d’Erlach, ami du duc de Weimar aurait forfait, et n’aurait pas protégé nos frontières. On le retrouvera d’ailleurs plus tard au côté de celui-ci et il mit le canton de Berne dans un tel embarras que ce dernier dut présenter des excuses à la diète. Le duc de Weimar pénétra dans la vallée et s’installa à Delémont et dans les Franches-Montagnes pour y passer une partie de l’hiver et refaire ses forces. Tout le clergé s’était enfui, à l’exception des chanoines de Moutiers-Grandval et du curé de Soyhières. Comme anecdote, on peut rappeler que les soldats l’enfermèrent dans un tonneau en tambourinant dessus pour essayer d’obtenir de l’argent alors qu’il n’avait pas un sou. Le duc fut d’ailleurs mécontent de la chose. Le duc de Saxe-Weimar eût un problème avec les Francs-Montagnards qui savent ce qu’ils veulent et refusèrent d’accueillir ses troupes. Ils tuèrent quelques soldats, 17, paraît-il, à la fin du mois d’octobre 1637. Le duc en personne prit la tête d’une expédition punitive. A cette occasion, le village de Saulcy fut détruit et on pense que c’est dans ces circonstances que fut incendiée l’église de Develier, aux environs de la Toussaint 1637. 

Vous comprendrez certainement, frères et sœurs pourquoi les gens non seulement de notre village, mais de la vallée furent frappés d’avoir retrouvé ce crucifix intact, juste un peu noirci, dans les décombres de l’Eglise. Cela a été pour eux le signe d’une immense espérance. Le Seigneur avait vécu avec eux, ce qu’ils avaient traversé, c’est lui qui avait porté leur immense souffrance, c’est lui qui les aiderait à se relever. Il était présent au cœur de leurs pires malheurs, cette souffrance et ces malheurs, c’étaient les siens.  

Ce que nous vivons aujourd’hui, n’est heureusement plus aussi tragique, mais peut-on dire qu’il ne concerne que les grands-mamans ? Est-ce qu’aujourd’hui, il n’y aurait plus de souffrance à Develier ? Est-ce que ce qui a été vécu à cette époque lointaine et maintenant, n’a pas de sens ? En relisant simplement le cahier des intentions près du saint Crucifix, j’en doute. Dieu nous aime, tout comme il aimait les gens d’ici il y a 400 ans. 

Nous somme en l’an 2000, nous pouvons remercier le Seigneur qu’aient disparu formellement les guerres de religion en Europe. M. Chouraqui, un grand traducteur juif de l’Ecriture Sainte, rappelait récemment que tuer au nom de Dieu est un véritable contre-sens, c'est vouloir tuer Dieu lui-même. Il ajoutait : "Ce n'est pas pour rien que les chrétiens adorent un Dieu crucifié." Cela est vrai, mais la guerre n’est-elle pas toujours présente lorsque nous refusons d’accepter l’autre, de l’aimer dans sa différence et surtout de lui pardonner. Pour cela, je trouve très beau le fait que Develier ait voulu consacrer une chapelle à l’Unité des chrétiens. Cela montre que vous avez compris dans vos cœurs, ce que voulait  nous dire  Jésus avec le signe de cette Image sauvée des flammes. Cette croix est un signe d’espérance, mais aussi un appel à l’unité de tous les hommes, Jésus veut nous rassembler tous autour de sa croix. Il a donné sa vie pour chacun, en particulier. 

         Nous allons achever avec un mot sur la Vierge Marie. Vous n’ignorez pas, je pense que le saint Crucifix a fait plusieurs déplacements à Delémont et notamment un pèlerinage remarqué à Notre-Dame du Vorbourg en 1869, lors du couronnement de la statue au nom du Pape Pie IX, lequel sera béatifié cette année. Mgr Eugène Lachat était évêque de Bâle, c’était juste avant le Kultukampf. Durant la guerre de Trente ans, la chapelle du Vorbourg était encore bien petite, la nef de la chapelle n’étant pas encore construite et les ex-votos n’y étaient pas encore. Pour cette raison, je me permets de vous parler d’une petite ville alsacienne qui dit-on a vu un événement qui marqua certaines personnes à l’époque. Il s’agit de Masevaux qui se trouve à une vingtaine de kilomètres de Belfort. En faisant mes recherches, je me suis arrêté sur cette petite ville, parce qu’il y a quelques années, en 1964, l’église de cette ville a brûlé et seule une statue de la Vierge une piéta avait été retrouvée intacte. Belle analogie avec Develier, mais en remontant plus loin, on raconte qu’en 1633 une statue de la Vierge qui existe encore, une autre piéta, Notre-Dame de Compassion si vous préférez,  se mit à pleurer dans l’Abbaye de Chanoinesse de cette ville. Comprenant qu’il s’agissait d’un avertissement sur ce qui allait se passer, les religieuses se réfugièrent à Laufon. Au pied de la croix de Jésus se tenait sa mère et le disciple qu’il aimait… Marie reçoit aussi le Corps de son fils et elle nous reçoit avec tous les fardeaux que nous portons et toutes nos blessures, ce sont celles de son fils et donc aussi les siennes. C’est vers elle qu’il faut aussi nous tourner, car la souffrance de Marie est un appel à la résurrection, un appel à la vie que le Père ne peut pas ne pas entendre. 

Voilà Frères et Sœurs, nous allons en rester là. J’aurais eu bien d’autres choses à vous dire, même si j’en ai certainement déjà trop dit, mais je crois que le plus sage sera maintenant de laisser le saint Crucifix vous parler au coeur lorsque vous viendrez prier près de lui. Ce sera certainement beaucoup plus important que ce qu’on pourrait vous dire sur lui. Amen. 

Introduction ; La guerre de Trente ans ; Abbé Arthur DAUCOURT, Le Crucifix Miraculeux de Develier, in Almanach catholique du Jura, 1908 ; Le saint Crucifix de Develier, Delémont, Imprimerie Léon Feune Fils, 1870  ; Eléments de Bibliographie ;
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