Le Saint Crucifix de Develier

Introduction ; La guerre de Trente ans ; Abbé Arthur DAUCOURT, Le Crucifix Miraculeux de Develier, in Almanach catholique du Jura, 1908 ; Le saint Crucifix de Develier, Delémont, Imprimerie Léon Feune Fils, 1870  ; Eléments de Bibliographie ;
Homélie du 400ème anniversaire du Saint Crucifix.

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La Fête du Saint Crucifix de Develier se célèbrait le lundi qui est ou qui suit le 3 mai, Invention de la Sainte-Croix. De nos jours, elle est fêtée habituellement le dimanche qui est ou suit cette date.

Des remerciements particuliers à M. l'abbé André Chèvre, MM. Jean-Louis Rais, conservateur émérite du Musée jurassien à Delémont, François Noirjean, historien et Benoît Girard bibliothécaire cantonal à Porrentruy ainsi qu'à MM. Louis Uhlrich et Jean-Marie Ehret de la société d'histoire de Masevaux qui ont aidé l'auteur de cette page dans ses modestes recherches.

Abbaye Saint Benoît ; Chapelle N-D du Vorbourg ; Hagiographie

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LES SUEDOIS DANS LE DIOCESE DE BALE

par un contemporain, le P. SUDAN, SJ

Traduction de Trouillat (1869)

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Introduction

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Piéta de l'ancienne Abbaye
de Masevaux

 

La guerre de Trente ans est une des pires calamités qui ait frappé l'ancien évêché de Bâle et l'Alsace voisine. Une histoire veut que ce temps de particulières calamités pour toute la région ait été annoncé dans l'ancienne Abbaye de Massevaux par un phénomène étrange. Une Piéta, une Vierge de Compassion se serait mise à pleurer (1). Les religieuses se réfugièrent à Laufon, sur le territoire de la principauté épiscopale, avec leur Abbesse D. Catherine Blarer de Wartensee, en 1633.

Ce fut au cours de cette guerre qu'eût lieu l'épisode du Saint Crucifix en 1637.

De saintes Images préservées du feu, ce genre d'événements a toujours beaucoup frappé les fidèles. En Suisse Romande, en plus du saint Crucifix de Develier, nous en connaissons un autre exemple, celui du saint Crucifix de Belfaux. En Alsace voisine, il semble qu'on connaisse d'autres exemples,mais pour des statues de la Vierge. Au pèlerinage de Trois-Epis, durant la guerre de Trente ans, une piéta en terre cuite, échappa au feu, ainsi qu'une autre statuette de la Vierge, en bois. A Masevaux, ce siècle encore, une autre piéta échappa à l'incendie de l'église paroissiale et est conservée dans une chapelle particulière de l'église rénovée. Relevons qu'à Massevaux, un Jésuite, le P. Sudan, S.J. , professeur au collège de Porrentruy, relate dans son abrégé  qu'une image de la Vierge avait pleuré dans l'église des religieuses de l'Abbaye alors que durant la guerre de Trente ans, les impériaux cette fois, s'en prenaient à elles et  commettaient des sacrilèges. Voyant le phénomène, ils s'enfuirent...

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Vierge de Masevaux
(incendie de 1964)

 

1637, c'est l'année où Descartes écrit son "Discours de la Méthode", apprécié de diverses manières selon l'école philosophique à laquelle on appartient. A cette époque l'Eglise vivait sous le pontificat d'Urbain VIII, l'évêché de Bâle était gouverné par Jean d'Ostein, ancien prieur du Chapitre de Moutier-Grandval; vivaient aussi alors Saint Vincent de Paul, Monteverdi, Borromini, Le Bernin, Grotius, Hobbes et Puffendorf, Galilée, pour ne citer que quelques gloires.  1637, c'est hélas aussi, un  terrible événement pour le village de Develier, dans l'ancienne principauté épiscopale des évêques de Bâle, mais aussi un signe de la présence du Christ auprès des plus pauvres qui lui est donné, lorsque le crucifix de son église paroissiale est retrouvé intact dans l'église paroissiale brûlée par les Suédois au service du duc Bernard de Saxe-Weimar et du roi de France... Vous l'aurez compris, la terrible guerre de Trente ans ravageait la principauté. G.Pagès dit d'elle, qu'elle "est un des derniers symptômes en Europe du pasage dans l'Europe occidentale et centrale des temps médiévaux aux temps modernes." Un accouchement qui provoqua passablement de morts.

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Trois Epis

En ce début du 21ème siècle,  Mgr Kurt Koch étant évêque de Bâle, la paroisse de Develier, dans le canton du Jura, en  Suisse, étant confiée à la  paternelle, bienveillante et vigilante sollicitude des abbés Edgar Imer et Maurice Queloz, succédant à l'abbé Yves Droux,  la paroisse fête le 400ème  anniversaire d'un crucifix à l'histoire bien particulière. En bois sculpté et peint, d'une longueur du 160 cm (cinq pieds), cette sainte image sortit intacte de l'incendie qui ravagea l'église gothique de la paroisse de Develier. L'église est très vénérable, des fondations mérovingiennes y ont été découvertes. Le village lui-même peut s'enorgueillir de remonter à la plus haute antiquité avec sa villa romaine, et un éventuel camp militaire de la même époque, sans parler de "hauts-fourneaux" remontant plus loin encore et rattachés à l'ancienne tradition minière de la vallée. Mais pour en rester à l'aspect religieux, remarquons que l'autel de l'église contient paraît-il une relique de Saint Benoît. C'était de bonne augure puisqu'un des fils de la paroisse, le P. Raymond Chappuis devint le second Abbé de l'abbaye saint Benoît de Port-Valais, au Bouveret, en Valais. Les circonstances firent qu'un second membre de cette communuauté y vécut quelques années avant de rentrer au monastère.

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Belfaux

Relevons encore que sur le territoire de cette paroisse est établi depuis le 19 mai 1980 la communauté du Carmel Notre-Dame de la Solitude, source de paix, lieu de prière et d'intercession pour le Jura pastoral et toute l'Eglise. Avant de s'établir sur cette montagne sainte et d'y planter ses racines, au temps où les lois d'exceptions gênaient l'établissement de nouvelles communautés, elle demeura un certain temps à Middes, dans le canton de Fribourg. Marseille, Montélimar, Middes, Develier, pérégrinations hors du commun d'une fondatrice, Mère Elisabeth de la Trinité et de sa communauté...

 

 

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La paroisse peut se réjouir aussi, cette année, de l'inauguration de la chapelle de l'Unité, une ancienne chapelle remise en état...

Revenons au Saint Crucifix de Develier et au contexte historique qui lui valent sa notoriété ainsi que d'avoir été un signe particulièrement fort de la présence du Christ dans une période d'intense souffrance. Il continue à l'être et d'être source de grâce pour ceux qui viennent lui confier difficultés et souffrances. Il les partage avec eux et les associe aux siennes pour en faire cette lumière qui brille sur la montagne, qui éclaire et qui réchauffe, qui fait de notre vie une louange à son Père et à la Trinité Sainte.

 

1) "Un chapelain signale, à cette époque, dans une correspondance adressée à son frère, à Colmar, le fait miraculeux d'avoir vu à son grand étonnement la statue placée dans la chapelle vespérale verser des larmes et pleurer sur les iniquités de l'époque. L'original de cette attestation ainsi qu'une copie existaient, il n'y a pas longtemps à Masevaux." (Revue d'Alsace 1905, Tome LVI e de la collection, p. 326)

On édifia une chapelle en 1883 pour cette statue, la Chapelle de Stoecken. "A ce propos le curé E. Heitzman écrit dans sa chronique en 1902 : "La chapelle a été construite sous le vocable de la Vierge Douloureuse. Mr le Curé Lintzer possédait la statue légendaire qui se trouvait dans une chapelle de l'église de l'ancienne Abbaye et qu'une Dame chanoinesse a vu pleurer à l'approche de la guerre Suédoise. Il l'a donné pour la chapelle de Stecken." (APM)" (P. Pirmin Tresch, OSB, Histoire de l'Abbaye de Masevaux. Abbaye et sanctuaire. Traduite et comlétée par Etienne-Martin TRESCH, publiée en 1987 sous l'égide de la société savante d'Alsace, p. 254, note 12)

L'épisode est rapporté de manière différente dans l'ouvrage du P. Sudan, Les Suédois dans l'Evêché de Bâle, traduction Trouillat Porrentruy, 1869, p. 45. M. Trouillat traduit malheureusement par tableau le mot imago, qui peut signifier aussi bien statue que tableau ou image.

ntroduction ; La guerre de Trente ans ; Abbé Arthur DAUCOURT, Le Crucifix Miraculeux de Develier, in Almanach catholique du Jura, 1908 ; Le saint Crucifix de Develier, Delémont, Imprimerie Léon Feune Fils, 1870  ; Eléments de Bibliographie ;
Homélie du 400ème anniversaire du Saint Crucifix.

Début

 

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La Guerre de trente ans (1618-1648)

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"L'histoire du Christianisme" fait à cette guerre l'aumône de trois pages (Histoire du Christianisme,  tome 9, p. 44-47, Desclée 1997) La "Nouvelle Histoire de l'Eglise" paraît plus généreuse ( Nouvelle Histoire de l'Eglise, tome 3, p. 255-262, éd. Seuil 1968). Longtemps ignorée dans les pays francophones, cette guerre que certains qualifient de germanique, a été une des plus terribles épreuves qui frappèrent l'Europe du Nord et l'Europe centrale. Elle est une conséquence de la Réforme et de la Contre-Réforme et commença comme une véritable guerre de religion, la problématique changea totalement, lorsque la France intervint en 1635. Un de ses principaux protagonistes fut l'empereur du Saint -Empire Romain germanique, Frédéric II . Il envisageait une sorte de reconquête catholique des parties de son Empire passées à la Réforme. Il ne vit pas la fin de la guerre et mourut le 15 février 1637. Son fils Frédéric III, roi de Rome, prit la relève , désigné par les 7 grands électeurs, selon les règles en vigueur dans le Saint Empire. Pour aller très vite, disons qu'à ces combats prit part finalement presque toute l'Europe. Ils commencèrent en Bohême, par la fameuse défenestration de Prague. Le pape Urbain VIII, prenant une attitude trop neutre au goût de l'empereur, ne le soutint pas assez financièrement, comme il le souhaitait. Certains historiens allemands se demandent ce qui serait advenu avait plus orienté sa sollicitude financière vers cette guerre que vers sa famille. Le visage de l'Europe en aurait certainement été changé.

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L'empereur l'avait presqu'emporté, commençant à restituer les biens d'Eglise, avec entre autres quelques empoignades entre bénédictins et jésuites, lorsqu'intervint le roi de Suède. L'empereur avait eu la mauvaise idée de licencier son illustre général et le bras de sa victoire, Wallenstein. L'empereur ne put résister deux ans durant à cet adversaire. Wallenstein rappelé, il y eut combat et  Gustave-Adolphe, roi de Suède mourut à la bataille de Lutzen (16 septembre 1632), que son armée remporta, elle reprit   l'offensive. La France qui s'était d'abord "contentée" de financer les efforts de guerre des ennemis de l'empire, entra elle aussi en guerre (1635). Elle voulait à tout prix se protéger de l'Espagne et de l'empire. Ces événements se passaient sous le règne du roi Louis XIII et sous Richelieu. Il soutint le parti protestant, cela va sans dire, au nom de la raison d'Etat. Ses ennemis disaient de l'éminent cardinal qu'il était capable de faire une confédération non seulement avec les protestants, mais avec le sultan et même le diable pour parvenir à ses fins...

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Dans cette situation des plus difficiles, les armées de mercenaires et parmi eux, bien sûr, des Suisses, qui louaient leurs services, dévastèrent l'Alsace. Les Suédois entrèrent une première fois dans la Principauté en hiver 1632-1633. Le Prince-évêque Johann Heinrich von Ostein (1629-1646) voulait rester fidèle à l'empereur, mais menait une politique d'Alliance avec les cantons catholiques suisses et tenait à être aussi  en bons termes avec le roi de France, beaucoup de choses en même temps. Il se croyait, disent certains, pris dans le jeu des Alliances avec les Suisses, mais la suite des événements lui donna tort sur ce point, la partie catholique de sa principauté fut dévastée en 1637. On peut plus que comprendre qu'il ait cherché à tout prix à garder son indépendance contre ses grands voisins en appétits devant ce petit état bien pourvu mais pas assez fort pour se défendre tout seul. Le Prince-Evêque demanda la protection de la France qui après quelques discussions envoya de siens soldats à Porrentruy. Le maître des lieux en titre, les quitta pour se réfugier à Delémont. Ce fut le début d'un pénible exil et d'une sorte de descente aux enfers. Assister impuissant à l'anéantissement  de la principauté, l'épreuve dut être terrible pour ce pauvre Mgr de Bâle, alors qu'un de ses illustres devanciers, Jean-Conrad Blarer de Wartensee, avait à grand peine remis à flot la principauté et mené efficacement la Contre-Réforme dans ses Etats. Les Français, n'avaient pas confiance dans le Prince-évêque et le considéraient comme suspect. Les Confédérés ne protégèrent que les parties de la principauté qui avait des liens de combourgeoisies avec Berne et qui étaient protestantes. La partie catholique, devint un lieu où les armées installaient leurs quartiers d'hiver. Ils pillaient, tuaient les paysans, brûlaient et détruisaient les villages.

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L'épisode qui nous intéresse plus particulièrement avec le saint Crucifix de Develier, remonte à 1637. "Le plan français pour 1637 prévoyait une action en Franche-Comté, dont la responsabilité fut confiée à Bernard de Saxe-Weimar passé depuis 1635 au service exclusif du roi de France. La Franche-Comté était alors tenue par les troupes du duc de Lorraine pour le compte de l’empereur. Bernard de Saxe-Weimar entra en campagne en mai, et ses troupes trouvèrent devant elles un pays dévasté par la campagne de l’année précédente et en proie à la famine." (Henri Bogdan La guerre de trente Ans 1618-1648, éd. Perrin 1999, p.194)

Bernard de Saxe-Weimar, renonçant à attaquer Besançon, se dirigea vers l’Alsace. Son objectif était d’aller prêter main-forte au landgrave de Hesse-Kassel menacé par les Impériaux. Mais la situation n'ayant pas tourné de la manière qu'il escomptait, à la fin de septembre, il jugea plus sage de se retirer avec son armée vers Mulhouse, puis de venir s'installer dans la principauté de l'évêque de Bâle pour y passer l'hiver. Certains auteurs estiment qu'il avait l'intention de se constituer un territoire, avec une partie de l'Alsace et l'ancien évêché de Bâle, tout en demeurant sous l'autorité du roi de France. M. l'abbé André Chèvre, nous dit ceci sur la non-intervention des Suisses : "Les Confédérés lui avaient fait savoir qu’ils ne toléreraient plus de violations de leur territoire et que l’Evêché de Bâle était sous leur protection, mais Jean-Louis d’Erlach, le haut officier bernois chargé par son canton et les autres de faire respecter ces décisions aux frontières jurassiennes, ne fit apparemment pas son devoir. Ami du maréchal de Saxe, il semble avoir été de connivence avec lui dans cette mauvaise affaire; il aurait même suggéré la manoeuvre consistant, par la vallée de la Birse et le territoire bâlois, à prendre les villes autrichiennes du Fricktal à revers. Ce que fit le maréchal à fin janvier 1638." (André Chèvre, Histoire de Lucelle, Bibliothèque Jurassienne, Porrentruy, 1973, p.157) Le duc se rendit dans le Fricktal autrichien entraversant le territoire du canton de Bâle, le 28 janvier 1638. Jean d'Erlach accompagna le duc dans ses combats. Il fut fait prisonnier à Beuggen par les Autrichiens ce qui mit le canton de Berne dans l'embarras. Il dut fournir des explications et donner des assurances à la Diète à propos de la présence d'un de ses officiers (colonel) dans cette situation. Jean d' Erlach passé au service du Duc l'aida à prendre Brissach qu'il commanda quelques temps après sa mort. Les bernois au service du duc, eurent encore comme méfaits à leur actif dont la mise à sac de l'abbaye de Lucelle. Chers voisins...

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Revenons à l'incendie de l'église de Develier. A la fin du mois d' octobre 1637,  17 des soldats du duc furent pris dans une embuscade. Le duc s'étant installé à Delémont , les Francs-Montagnards manifestèrent ouvertement qu'ils voulaient lui résister. Le Duc prit lui-même la tête de ses troupes, environ 5000 hommes et il mit à sac la vallée et les montagnes. Le village de Saulcy fut détruit et on peut penser que l'incendie de Develier se produisit dans ces jours sombres, aux alentours de la Toussaint. Ces temps furent terribles, puisqu'en plus des traitements d'une cruauté inimaginable, infligés par les soldats, la population mourait de faim. On retrouva des bourgeois de Delémont, morts dans leurs lits avec de l'herbe dans la bouche... Il y eût des cas d'anthropophagie comme en Alsace, des mères mangèrent leurs petits enfants nous rapporte l'Abbé Daucourt.

 

L'église de Develier brûla totalement, mais dans les décombres fumants, on retrouva intact le crucifix de bois de l'église. Les fidèles reconnurent là un signe de la présence de Dieu au milieu de toutes ces misères.

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Les statisticiens estiment que l'Allemagne perdit à cette époque 1/3 de sa population au moin du fait de la guerre et de ses conséquences, la famine et la peste. En Alsace et dans la Franche-Comté, ce fut pire encore. Certains villages disparurent de la carte, M. Pierre Surchat nous rapporte ceci à ce propos :

"Avant la guerre, les dix chapitres ruraux de l’Alsace comptaient 300 prêtres, en 1636 il n’en restait que 80. Dans un doyenné du Jura, sur 80 prêtres, seuls 10 ont survécu. Nous ne savons pas si les pertes de toute la population correspondaient à celles du clergé. ...Vers 1650, il manque environ 200 curés. Des 300 bourgeois de Porrentruy en état de porter les armes au début du conflit, il n’en reste que 60 vers 1650, des 3000 Ajoulots incorporés clans les milices en 1618, on ne compte plus que 700. Il a fallu quelques décennies pour récupérer toutes ces pertes de guerre." (Pierre Surchat, L’Evêché de Bâle pendant la guerre de Trente ans, In 350e anniversaire des Traités de Westphalie « 1648, Belfort dans une Europe remodelée » Actes du colloque de Belfort 9-11 octobre 1998, éd. Ville de Belfort, janvier 2000, pp. 77-80)

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La guerre s'acheva par les traités de Westphalie en 1648 et les Français ne quittèrent les Etats du Prince-Evêque qu'en 1650. La guerre de Trente ans avec les traités de Westphalie marquent la fin de ce qu'on appelle l' ordre chrétien temporel des choses, hérité du Moyen-Age.

Que conclure? Si les gens de l'ancien évêché avaient été de religion réformée,si l'évêque de Bâle avait préféré la France à l'Empire, rien ne serait arrivé... Avec des si nous pourrions faire beaucoup de choses. Peut-être l'ancien évêché de Bâle aurait-il été incorporé à la France et formerait-il actuellement, quelques sous-préfectures du Haut-Rhin supplémentaires, avec une guerre franco-prussienne et deux guerres mondiales en prime... Nul ne le sait. Que les événements rappellés par le saint Crucifix de Develier nous fasse garder en mémoire combien la guerre est haïssable. Lorsque les pauvres gens de notre pays souffraient c'était le Christ qui souffrait en eux, comme dans chaque être humain vivant de pareils moments. Que cette image nous rappelle aussi qu'il est toujours présent auprès de nous et avec chacun. Il est venu nous apporter la paix en lui et non la guerre. M. Chouraqui rappelait récemment que tuer au nom de Dieu est un véritable contre-sens, c'est tuer Dieu lui-même. Il ajoutait : "Ce n'est pas pour rien que les chrétiens adorent un Dieu crucifié."

Bonnes lectures.

Introduction ; La guerre de Trente ans ; Abbé Arthur DAUCOURT, Le Crucifix Miraculeux de Develier, in Almanach catholique du Jura, 1908 ; Le saint Crucifix de Develier, Delémont, Imprimerie Léon Feune Fils, 1870  ; Eléments de Bibliographie ;
Homélie du 400ème anniversaire du Saint Crucifix.

Début

Le Crucifix Miraculeux de Develier : Abbé DAUCOURT, in Almanach catholique du Jura, 1908

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I. Incendie de Develier en 1637

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Ce fut une lamentable époque que celle de la guerre de Trente ans. D’abord religieuse, puis politique elle fut aussi terrible par sa durée que par le sang et les ruines dont elle couvrit l’Europe et notre Jura en particulier. Commencée à Prague en 1618, par les protestants de la Bohème, elle vint porter ses ravages dans l’Evêché de Bâle en 1633. Pendant plusieurs années le Jura tout entier fut en proie à toutes les horreurs de la guerre et de ses suites, la peste et la famine.

Suédois, Impériaux, Français, Hongrois, ce fut une suite ininterrompue de troupes indisciplinées, à moitié sauvages, qui se combattaient dans notre patrie jurassienne qu’elles pillaient, incendiaient, ravageaient, ne laissant après elles que des cadavres, des ruines et des larmes. En relisant les écrits laissés par les témoins de cette épouvantable époque, la plus affreuse qu’ait traversée notre Jura tout entier, on se rappelle la prophétie de Joël, 1. 4. Ce qu’a laissé la chenille, la sauterelle l’a dévoré ce qu’a laissé la sauterelle a été mangé par le hanneton et ce qu’a laissé le hanneton est devenu la proie des insectes et de la rouille. Et le prophète ajoute : Racontez ces désastres à vos fils, et que ceux-ci les racontent à leurs fils, et que le souvenir passe à toutes les générations . Les Français s’étaient alliés aux Suédois, protestants enragés, pour combattre les catholiques d’Allemagne. Les Suédois surtout exerçaient leur fureur sur tout ce qui rappelait le catholicisme. Aussi le souvenir de cette épouvantable guerre s’est conservé dans l’Evêché de Bâle où l’on retrouve dans ses Noëls patois des réminiscences de la guerre de Trente ans. Le peuple conserve encore le souvenir néfaste de la guerre des Suèdes ".

La ville de Delémont et tous les villages de la Vallée furent occupés par les troupes ennemies qui ravagèrent impitoyablement toute cette contrée pendant plusieurs années. En juin 1636 les troupes françaises partirent et le pays crut qu’il serait enfin délivré des armées suédoises, françaises et impériales. Il n’en fut rien. En 1637, la ville et les villages voisins furent de nouveau envahis par les Suédois, conduits cette fois par le terrible duc Bernard de Saxe-Weimar et eurent à subir de nouvelles calamités encore plus épouvantables que les précédentes qui finirent par ruiner la population déjà si éprouvée par les occupations précédentes.

C’est pendant cette dernière occupation par les Suédois que le Jura fut le plus ravagé par ces hordes sans discipline et qu’animait le fanatisme protestant. Après leur départ, la Vallée de Delémont était déserte. Les habitants avaient fui en Suisse ou étaient morts de faim ou de la peste qui s'était déclarée à la suite de ces multiples occupations. Le fléau sévit avec tant d’intensité dans certaines communes, que des familles entières avaient été emportées et que leurs maisons vides et fermées tombèrent en ruines. A Courfaivre, un grand nombre de maisons furent abandonnées parce que leurs propriétaires avaient tous péri. La désolation fut si grande que la paroisse demeura vacante pendant dix ans. A Courtételle, plus de cent personnes périrent de misère et le cimetière se trouva trop petit pour tant de décès. A Courroux, le curé Gaspard Mallefer fut pendant quatre ans sans aucune ressource. A Rebeuvelier les soldats brûlèrent tout le village et l’église en emportant tout ce qui tomba sous leurs mains. II n’y eut que deux pauvres maisons qui échappèrent au désastre. Le curé, Servais Comte, ne put survivre à l’anéantissement de sa paroisse et mourut la même année à Delémont, en mai 1636.

Les soldats pillaient, volaient en plein jour. Ils frappaient sans pitié ceux qui n’avaient rien à donner, ils les enfermaient dans leurs greniers, les chaînes aux pieds et aux mains et les laissaient mourir de faim dans ce triste état.

Les habitants des villages qui ne pouvaient donner de l’argent aux soldats, subissaient toutes sortes de supplices, parce que les troupes croyaient que ces malheureuses avaient caché leur argent prétendu.

Les Suédois avaient mis le comble aux calamités des pauvres paysans en leur ordonnant, en 1636, de tracer de larges et profonds sillons au milieu des blés et une grêle de coups accueillait ceux qui ne pouvaient se résoudre à faire ce sacrifice. Ils s’étaient vantés de faire souffrir à ces infortunés les traitements les plus cruels et les plus atroces qu’on puisse imaginer : et leurs promesses ne furent malheureusement que trop bien accomplies.

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Le pays était non seulement ravagé par les Suédois, mais par des bandits, des gens sans aveu dont la première loi était de piller pour vivre. Une pièce de bétail enlevée était aussitôt dépecée et partagée entre ces héros faméliques, qui mangèrent parfois de la chair humaine. Les gens s’estimaient heureux de trouver des herbes ou des racines sauvages pour se nourrir. On mangeait des animaux dont on a naturellement horreur. Une femme disait à sa voisine: tu mangeras ma part de mon enfant que j’ai tué, demain, je mangerai ma part du tien " Une femme même fut trouvée mangeant la chair de son mari, mort de faim. Les rares chroniqueurs de cette lamentable époque nous apprennent qu’on a trouvé des bourgeois de Delémont morts de. faim tenant encore dans leur bouche de misérables herbes dont ils se servaient: pour soutenir un reste de vie.

Le duc de Saxe-Weimar arriva à Delémont le 26 octobre 1637, ayant avec lui le Rheingrave, le duc luthérien de Würtemberg, le marquis de Thubach, le général français de Halier, les colonels suédois Tubald, Ohm, Baldbüch, Badendouf, Schonboch, Lüfzau, Hatiova et d’autres, aussi acharnés contre les catholiques que leurs prédécesseurs.

Les soldats suédois, protestants fanatiques, se disséminèrent dans les villages, dans les hameaux, dans les fermes qu’ils pillaient. Gorgés de butin ils s’abandonnaient à la joie et au désordre dans une entière sécurité, puis ils mettaient le feu aux maisons, tandis que les malheureux habitants épouvantés se réfugiaient dans les forêts où souvent ils étaient traqués comme des bêtes fauves. En 1637 un détachement de soldats suédois arriva à Develier, où ces misérables firent une semblable bombance. Après de honteuses orgies, après avoir brutalisé les malheureux habitants qui n’avaient pas eu le temps de se réfugier dans les forêts, les Suédois mirent le feu à un grand nombre de maisons et à l’église elle-même qui fut entièrement brûlée, ainsi que le clocher. L’incendie n’épargna rien, tout fut anéanti pendant que les soldats suédois chantaient au milieu de leurs orgies.

Ayant tout ravagé, à Develier, comme dans la Vallée de Delémont, les cruels Suédois partirent pour les Franches-Montagnes qu’ils pillèrent et brûlèrent également, semant partout la désolation et la mort.

Après le départ de ces hordes barbares et cruelles, les malheureux habitants rentrèrent dans leur village incendié. Au milieu des ruines de leur église causées par l’incendie, on retrouva intact le grand crucifix de bois qui avant l’incendie était suspendu à la voûte de l’église, à l’entrée du chœur. Le miracle était patent. Ce fut une immense consolation pour le malheureux peuple et une espérance pour l’avenir. Le crucifix fut pieusement recueilli et remisé dans une des maisons non incendiées et devint bien vite un objet de vénération, non seulement pour la paroisse de Develier, mais pour toutes celles des environs et de la ville de Delémont en particulier.

Ce Crucifix miraculeux, dès ce moment devenu un objet d’une profonde piété, f ut conservé comme une précieuse relique et quand l’église fut reconstruite de 1750 à1751, on plaça dans une niche vif rée sur l’autel latéral, du côté de l’épître, le Saint Crucifix où il est encore de nos jours un lieu dé pèlerinage célèbre pour toute la contrée. Après le départ des Suédois, on avait restauré tant bien que mal cette église incendiée où le culte se fit jusqu’en 1749. Dans la supplique que les gens de Develier adressèrent au prince-évêque de Bâle pour demander la reconstruction de leur église, ils disaient: Notre misérable église, ruinée, ne contient guère plus de la moitié de la paroisse pour y accomplir leur voeu au pied du « Saint Crucifix miraculeusement conservé au milieu des flammes . »

Le Saint Crucifix de Develier porte la date de 1600. On y lit l’inscription suivante:

Crucifix miraculeusement conservé lors de l’embrasement de cette église, pendant la guerre de Trente ans.

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On y avait placé ces vers qui ont disparu depuis:

« Chrétien, rend à ce Crucifix hommage;

« Des flammes la vive ardeur l'épargna

« Lorsque l’impie soldat, comme l’orage

« Cette église brûla, le pays ravagea.

Un témoin de cet événement, le bailli de Ferrette, M. Jean- Baptiste de Staal, atteste la véracité du miracle de 1637, par les vers suivants qui ont été conservés:

Hoc templum quondam flammis atrocibus ustum

Interuit, salvâ -hac cruce manenle sacrâ

Integer ut maneas lubrico circumdatus igne,

Hac frontem signa cruce potente tuam.

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Dans ce temple jadis consumé par les flammes

Fut conservé du Christ le signe vénéré.

Pour rester toujours purs, conservons dans nos âmes,

L’amour et le respect de ce signe sacré.

 

 

II. Dévotion au Saint Crucifix.

Le culte rendu au Saint Crucifix de Develier s’est transmis de génération en génération. Dans tous les malheurs et dans toutes les épreuves de la vie, dans les calamités publiques, comme dans les temps de persécution, la première pensée est toujours de recourir au Saint Crucifix qui depuis l'incendie a été l'objet de la plus profonde vénération et une source de grâces. C’est surtout dans les maladies que le secours du Saint Crucifix est invoqué avec plus de ferveur et de confiance. Nombreuses sont les familles dans la Vallée de Delémont. et d’ailleurs qui ont à remercier la Sainte Image pour quelque faveur, et pour quelque grand bienfait, ou pour une grâce importante.

Jusqu’aux temps néfastes de la révolution française qui bouleversa si profondément l’antique Evêché de Bâle, en le couvrant de ruines encore plus grandes qu’aux temps de la guerre de Trente ans et qui fit disparaître nos antiques et florissants monastères, tout en enlevant de nos églises leurs objets les plus précieux, la pieuse ville de Delémont déléguait chaque année la majeure partie de sa population en pèlerinage au Saint Crucifix. Les Magistrats et tout le Chapitre de Moutier-Grandval, accompagnaient le clergé paroissial à ce lieu de prières. Le Magistrat, alors si chrétien, faisait célébrer, chaque année, des messes à l’autel du Saint Crucifix, les trois premiers vendredis après l’invention de la Ste Croix, le 3 mai, pour la conservation des biens de la terre. Le protocole du Conseil d’alors relate que le Magistrat ordonna une procession générale au Saint Crucifix de Develier, le 20 juin 1770 et qu'il donna dix sols à Joseph Koetchet, hospitalier. pour porter le gros cierge de Pâques, à la procession, devant les Magistrats.

Le 21juin 1772, le Conseil de la ville ordonna une grande procession au Saint Crucifix de Develier afin d’obtenir la pluie. A cette procession prirent part, non seulement les membres du Magistrat, mais aussi les Chanoines de Delémont et les Pères capucins de cette ville. Les actes relatent que la foi au Saint Crucifix fut récompensée par une pluie abondante, au retour de la procession.

La confiance au Saint Crucifix de Develier était si grande dans le peuple de Delémont que le 1er mai 1793, alors que la ville était au pouvoir des Français, que le clergé allait émigrer, qu’on était é la veille de la dévastation des églises et de la proscription du culte catholique, l’assemblée de toute la Bourgeoisie, décide de faire dire trois messes au Saint Crucifix de Develier, malgré les menaces des sans-culottes, impuissants à contenir cette manifestation de la foi. (Protocole du Conseil de Delémont.) Au commencement de l’occupation française, craignant la dévastation de son église, le conseil de Develier se hâta d’enlever le Saint-Crucifix de l’église et le cacha dans une maison particulière où il demeura jus qu’en 1800. Lorsque Napoléon rétablit le cuite catholique en France, le Saint Crucifix fut de nouveaux placé dans sa niche où il continue à être l’objet d’une profonde vénération,

Lorsque notre patrie jurassienne fut délivrée de l’odieuse domination - française et rattachée à la Suisse en 1815, le Magistrat de la ville de Delémont ordonna le rétablissement des processions au Saint Crucifix, en 1816. Ces pieuses et touchantes démonstrations de foi se continuèrent jusqu’en 1873. Cette, procession ne pouvant plus se faire à cause des misères des temps, elle fut remplacée par trois messes à dire au Saint Crucifix.

La pieuse paroisse de Bassecourt s’y rendait également chaque année au mois de mars. D’autres paroisses, comme Courtételle, Courfaivre, Bourrignon, y envoyaient des délégués prier devant le Saint Crucifix, surtout en temps de calamités.

Une personne charitable fit, en 1861, un don considérable à la caisse paroissiale de Develier, à charge par la paroisse de faire célébrer chaque année à l’autel du Saint Crucifix, huit messes et entretenir une lampe allumée devant cet autel, tous les dimanches et fêtes chaumées de l’année.

 

 

III. Le Saint Crucifix à Delémont en 1869.

 

Depuis l’incendie de l’Eglise en 1637, alors qu’on retrouva le Saint Crucifix intact au milieu des flammes, le culte envers cet objet si cher à la piété des fidèles, n’a pas cessé jusqu’à nos jours. Cependant c’est le 12 septembre 1869 que le Saint Crucifix de Develier a été l’objet d’une démonstration dont le souvenir se perpétuera à travers les siècles. La manifestation religieuse de cette grande fête restera dans l’histoire du Saint Crucifix de Develier, comme le plus éclatant témoignage de foi et de reconnaissance des populations de la Vallée.

C’était le 12 septembre 1869 que Mgr Lachat, évêque de Bâle, couronnait. au nom du Pape Pie IX, la statue miraculeuse de Notre-Darne du Vorbourg, dans l’église de St Marcel à Delémont, où elle avait été transportée pour cette auguste solennité.

Le curé de Delémont avait convié le Saint Crucifix de Develier à la fête du couronnement. Répondant avec empressement à cette invitation, la paroisse de Develier se rendit en procession à la grande fête, ayant au milieu d’elle, le Saint Crucifix, porté sur un grand brancard, orné de fleurs, par, quatre notables de la paroisse, entre un choeur d’hommes et un choeur de jeunes filles, en blanc, qui chantaient alternativement le Vexilla regis et le cantique, Vive Jésus ! Vive sa Croix!

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N-D du Vorbourg

Lorsque le Saint Crucifix franchit les murs de Delémont et parcourut les rues de la ville, au milieu d’un peuple immense, tous les fronts se découvrirent avec respect. Une émotion religieuse s'empara de tous les coeurs. Un grand nombre, se jetèrent à genoux et contemplèrent, les larmes aux yeux, la Sainte Image. Nous avons été l’heureux témoin de cette imposante manifestation de tout un peuple et nous n’oublierons jamais les transports de foi de cette multitude respectueuse, et recueillie, quand le Saint Crucifix passa au milieu d’elle pour entrer triomphalement dans l’église de St-Marcel. Après le couronnement eut lieu la grande procession au Vorbourg. Elle fut - ce qu’on avait prévu, c’est-à-dire la manifestation la plus glorieuse et la plus touchante que jamais vit le Jura. Plus de douze mille personnes y prirent pari. Cette foule immense s’avança pleine de respect et de piété, à travers les rues pavoisées et ornées de guirlandes, de fleurs et de drapeaux, au son des cloches de toutes les églises, au son de la musique, et des chants sacrés, vers la sainte chapelle.

Le Saint Crucifix et la Vierge du Vorbourg attiraient tous les regards aussi bien que les- chasses des reliques des Saints Germain et Randoald, portés sur les épaules des jeunes gens. La vue du Saint Crucifix remplissait les âmes des sentiments les plus touchants de compassion, de repentir, d’amour- et de reconnaissance. On contemplait l’image du divin Sauveur, couvert de plaies, couronné d’épines et crucifié par amour pour nous et cette vue provoquait des sentiments de joie, de confiance et d’espérance.

Arrivée au sommet de la sainte montagne, la procession s’arrêta et le cortège de l’Evêque pénétra seul dans la chapelle du Vorbourg où la Vierge couronnée fut replacée sur son autel. La procession reprit le chemin de la ville, au chant du Te Deum et arriva à l’église de St-Marcel, où le Saint Crucifix fut déposé dans le choeur et y demeura jusqu’au 24 septembre, exposé à la vénération des fidèles qui chaque jour venait lui présenter leurs hommages et lui adresser leurs supplications.

Le Saint-Crucifix demeura douze jours dans l’église de Delémont, remplissant l’office d’un prédicateur éloquent. L’église pendant ces douze jours ne se désemplissait pas: on aimait à venir contempler ce Crucifix retrouvé intact au milieu de l’incendie de l’église de Develier par les cruels Suédois en 1637.

Le vendredi, 24 septembre, toute la paroisse de Delémont rapporta en procession la Sainte Image dans l’église de Develier. Le curé de Delémont, M. Vautrey, y chanta la grand’messe et termina ainsi ces grandes fêtes, que. ceux qui en ont été les heureux témoins n’oublieront jamais.

Le Saint Crucifix de Develier, devenu encore plus vénérable depuis son triomphe, an couronnement de la Vierge du Vorbourg, fut replacé dans sa niche sur l’autel du côté de l’Epître, où il est encore depuis 274 ans. La population tout entière de Develier revit avec bonheur son Crucifix vénéré que ses ancêtres lui ont légué. La dévotion au Saint Crucifix se transmettra sans autre de génération en génération et nous formons des voeux bien sincères pour que la paroisse restaure l’autel du Saint Crucifix et le rétablisse comme il était autrefois. Ce Crucifix miraculeux est un éclatant témoignage de la miséricorde divine pendant l’épouvantable guerre de Trente ans qui ravagea si atrocement tout le Jura, alors que les « Suédois saccageaient et brûlaient les églises catholiques. »

Abbé DAUCOURT.

ntroduction ; La guerre de Trente ans ; Abbé Arthur DAUCOURT, Le Crucifix Miraculeux de Develier, in Almanach catholique du Jura, 1908 ; Le saint Crucifix de Develier, Delémont, Imprimerie Léon Feune Fils, 1870  ; Eléments de Bibliographie ;
Homélie du 400ème anniversaire du Saint Crucifix.

Début

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LE

SAINT CRUCIFIX

DE

DEVELIER

 

 

 NOTICE

 

Le saint Crucifix de Develier est en bois peint ; il a cinq pieds de hauteur et porte la date de 1600. Il est exposé à la vénération des fidèles dans une niche vitrée sur un autel latéral de l’église de cette paroisse. L’inscription suivante est placée au-dessus de la niche :

 

CRUCIFIX MIRACULEUSEMENT CONSERVÉ LORS DE L’EMBRASEMENT DE CETTE ÉGLISE, PENDANT LA GUERRE DE 30 ANS, EN 1637.

 

Autrefois, au lieu de cette inscription, on lisait :

 

Chrétien, rends à ce Crucifix hommage :

Des flammes la vive ardeur l’épargna

Lorsque l’impie soldat, comme l’orage,

Cette église brûla, le pays ravagea.

 

Nous trouvons les quatre vers suivants sur le saint Crucifix, dans un recueil manuscrit de poésies latines, composées par Jean-Baptiste de Staal, ancien membre du grand-conseil de Soleure, ancien bailli de Ferrette, mort à Delémont le 9 février 1700 :

 

In S. Crucem integre flammas servatam.

Hoc templum quondam flammis atrocibus ustum

Interiit, salvâ hac cruce manente sacrâ :

Integer ut maneas lubrico circumdatus igne,

Hac frontem signa Cruce potente tuam.

Dans ce temple jadis consumé par les flammes

Fut conservé du Christ le signe vénéré

Pour rester toujours purs, conservons dans nos âmes

L’amour et le respect de ce signe sacré.

 

Nulle image du Sauveur crucifié n’est entourée d’une plus grande vénération dans notre pays. L’origine de cette dévotion populaire remonte à l’année 1637, rappelée dans l’inscription ci-dessus. La vallée de Delémont était alors dans la désolation : sans cesse traversée par des troupes françaises, allemandes, suédoises, qui rivalisaient entre elles d’indiscipline, de rapacité et de barbarie. Un jour, une bande ennemie pénètre dans l’église de Develier, la pille, et la livre aux flammes. Au lendemain du désastre, le saint Crucifix se trouva intact et sans atteinte. Ce fut une immense consolation au milieu de cette cruelle épreuve.

Dès lors, le saint Crucifix de Develier n’a cessé d’être, non-seulement pour la paroisse, mais pour toute la vallée de Delémont, un objet de vénération et un but de pèlerinage. Le culte rendu à cette sainte image s’est transmis de génération en génération. Dans tous les malheurs et dans toutes les épreuves de la vie, la première pensée est presque toujours de recourir au saint Crucifix, objet d’une si grande vénération et source de tant de grâces. C’est surtout dans les maladies, que le secours de la sainte image est invoqué avec plus de confiance et pus d’empressement. Il est peu de familles à Develier et dans les environs qui n’aient à remercier le saint Crucifix de quelque faveur et de quelque bienfait.

Avant la grande révolution, la ville de Delémont venait chaque année en procession au saint Crucifix, et en outre elle faisait célébrer une messe à l’autel de la sainte image, les trois premiers vendredis après l’invention de la Sainte-Croix. Cette dévotion, interrompue depuis 1793, a été rétablie en 1816, à la demande du magistrat de la ville, et continue jusqu’à nos jours. Seulement, depuis 15 ans environ, la procession a été remplacée par trois messes au saint Crucifix.

Depuis une vingtaine d’années, la paroisse de Bassecourt vient tous les ans au mois de mai, en procession au saint Crucifix. D’autres paroisses y viennent aussi dans les temps de calamité.

En 1861 un don assez considérable a été fait à la fabrique de l’église de Develier, à charge par elle de faire célébrer annuellement 8 messes à l’autel du saint Crucifix, et d’entretenir une lampe allumée devant cet autel, tous les dimanches et fêtes de l’année.

Ainsi, dès 1637, le culte envers un objet si cher à la piété des fidèles n’a jamais cessé ; mais le 12 septembre 1869 a été pour le saint Crucifix un jour à jamais mémorable. La manifestation religieuse de cette grande et belle fête restera dans l’histoire de la sainte image, comme le plus éclatant témoignage qu’elle ait reçu, dans le cours de son existence séculaire, de la piété et de la reconnaissance publiques.

C’est en ce jour, deuxième dimanche de septembre, que Mgr Lachat, évêque de Bâle, assisté du Rme abbé de la Pierre et de plusieurs membres du chapitre cathédral de Soleure, en présence d’un clergé nombreux et d’u peuple immense, a couronné, au nom de N.S.P. le Pape, la statue miraculeuse de Notre-Dame du Vorbourg, dans l’église paroissiale de Delémont, où elle avait été transportée pour cette grande solennité.

M. le doyen avait eu l’heureuse idée de convier le saint Crucifix de Develier à la fête du Couronnement . Il était bien juste que le divin Crucifix de Develier accompagnât, dans son triomphe sur sa montagne du Vorbourg, celle qui l’avait suivi dans la voie douloureuse jusque sur le Calvaire.

Répondant avec empressement et avec bonheur à cette invitation, la paroisse de Develier se rendit processionnellement à la grande fête, ayant au milieu d’elle son antique et bien-aimé Crucifix, entre un chœur d’hommes et un chœur de jeunes filles, qui chantaient alternativement le Vexilla regis et le cantique Vive Jésus ! Vive sa croix !

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Lorsque le saint Crucifix franchit la porte de Delémont dont les rues étaient déjà encombrées, tous les fronts se découvrirent avec respect ; une émotion religieuse s’empara de tous les cœurs et tira des larmes de tous les yeux, c’est au milieu de cette multitude respectueuse et recueillie, et au chant des saints cantiques, que la sainte image du Sauveur arriva triomphalement à l’église de St-Marcel.

La grande procession, de Delémont au Vorbourg, fut ce qu’on avait prévu , c’est à dire la manifestation la plus glorieuse et la plus touchante. La foule était immense. Elle s’avança pleine de respect et de piété à travers les rues pavoisées et ornées de guirlandes, au son de la musique et des chants sacrés , vers la sainte chapelle. Le saint Crucifix et la Vierge triomphante attiraient tous les regards et remplissaient les âmes des sentiments les plus touchants : sentiments de compassion, de repentir, d’amour et de reconnaissance à la vue de l'image du divin Sauveur couvert de plaies, couronné d’épines et crucifié pour l’amour de nous pour notre salut; - sentiments de joie, de confiance et d’ espérance à la vue de l'image de sa très-sainte Mère et notre Mère , couronnée d'honneur et de gloire.

Arrivée au sommet de la montagne, la procession s'arrêta et le cortège de l’Evêque pénétra seul dans la chapelle , où la Vierge couronnée fut replacée sur son autel. La procession reprit ensuite le chemin de la ville , en chantant les litanies de la Ste-Vierge et le Te Deum , et arriva à l'église de St. Marcel où le saint Crucifix fut déposé dans le choeur, et demeura jusqu'au 24 septembre exposé à la vénération des fidèles, qui s'empressèrent de venir , chaque jour, en grand nombre, lui présenter leurs hommages et lui adresser leurs supplications Les voix éloquentes qui avaient annoncé la parole de Dieu, le jour du couronnement. ne se faisaient plus entendre mais il avait là un prédicateur muet, qui n’a pas besoin de la parole pour remuer les coeurs et pour faire descendre le repentir l'amour de Dieu. On peut bien dire que le saint Crucifix pendant les douze jours qu’il a passés dans l’église de Delémont, a rempli l'office d’un prédicateur éloquent et il faut croire que cette mission muette aura été féconde en fruits de conversion et d'affermissement dans le bien.

Le vendredi , 24 septembre, la paroisse de Delémont rapporta processionnellement le saint Crucifix dans l’église de Develier . M. le curé-doyen y chanta la grand'messe et termina ainsi ces grandes et belles fêtes , que ceux qui en ont été les heureux témoins, n’oublieront jamais.

Le saint Crucifix , devenu encore plus cher aux fidèles depuis son triomphe, fut replacé dans sa niche séculaire. La paroisse de Develier revit avec bonheur cette image vénérée dont ses ancêtres lui ont légué le culte et la dévotion , et dont elle transmettra elle-même le culte et la dévotion à ses enfants jusqu’aux générations les plus reculées.

Quelles belles fêtes ! quelle imposante et touchante manifestation! quelle foi encore dans notre population jurassienne! Puisse-t-elle rester toujours fidèle au culte de Jésus et de Marie I Puisse-t-elle toujours honorer et aimer Marie comme la mère de not re Dieu ! Puisse-t-elle toujours adorer et aimer Jésus comme notre Seigneur, notre Dieu et notre Sauveur!

Que le saint Crucifix, préservé des flammes, et la Ste-Vierge miraculeuse du Vorbourg daignent préserver notre vallée et notre pays de toute erreur, et nous conserver à jamais le trésor inappréciable de la foi catholique ! Amen. Fiat ! Fiat !

Rappelons qu'en 1918, à l'occasion du rétablissement des processions dans le Jura bernois, le saint Crucifix, grâce à l'initiative intelligente de M. le curé Paul Aubry, fut une seconde fois porté solennellement à l'église paroissiale de Delémont pour y être exposé pendant plusieurs jours à la vénération des fidèles.

Introduction ; La guerre de Trente ans ; Abbé Arthur DAUCOURT, Le Crucifix Miraculeux de Develier, in Almanach catholique du Jura, 1908 ; Le saint Crucifix de Develier, Delémont, Imprimerie Léon Feune Fils, 1870  ; Eléments de Bibliographie

Début

 

 

 

INSTRUCTION.

Ipse vulneratus est propter iniquitates nostras, attritus est propter scelera nostra :

disciplina pacis nostrae super eum , et livore ejus sanati sumus.

Il a été percé de plaies pour nos iniquités ; il a été brisé pour nos crimes ; le châtiment qui devait nous procurer la paix est tombé sur lui , et nous avons été guéris par ses meurtrissures.

(lsaïe, 52. 5.)

Pourquoi Jésus-Christ a-t-il souffert, pourquoi a-t-il enduré tous les tourments et la mort de la croix? Notre foi nous l’enseigne : elle nous dit que le Fils de Dieu fait homme est mort sur la crois pour le salut du monde, pour nous racheter de nos péchés C’est là la plus grande marque d’amour et de bonté que Dieu nous ait accordée. Il est donc bien juste , il est infiniment juste que nous ayons très souvent à l’esprit le souvenir de notre rédemption, et que nous en remercions le Seigneur. Ce souvenir lui sera aussi agréable qu’infiniment utile nous-mêmes. Même un simple regard jeté sur Jésus crucifié, ne restera pas sans profit. On ne saurait dire combien est salutaire la méditation affectueuse et répétée de la Passion du Seigneur. Aussi on a toujours remarqué que lorsqu’un pécheur se convertit sincèrement, c’est ordinairement après une méditation profonde de cette douloureuse Passion. Ah ! quel bonheur c’est pour l’âme de garde toujours dans sa mémoire, et de porter partout avec elle le souvenir de la Passion de Jésus-Christ, son Sauveur et son bien-aimé ! C’est posséder le plus précieux des trésors. On y trouve la consolation intérieure et la joie dans le Saint-Esprit, la véritable humilité, la véritable charité, enfin la réunion de toutes les autres vertus. C’est là, en un mot, que prend naissance la certitude du bonheur éternel que nous attendons.

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Deux motifs doivent donc nous engager à méditer souvent la douloureuse Passion de notre Seigneur Jésus-Christ : la reconnaissance envers Dieu et notre propre intérêt.

Premièrement. La reconnaissance : c’est là, en effet, le plus grand des bienfaits de Dieu envers nous, c’est là un excès de sa bonté pour nous. Or, puisqu’un Dieu a réellement versé son sang pour nous, puisqu’il a sacrifié sa vie, puisque sa mort a satisfait à la justice de son Père céleste pour nos péchés, et nous a ouvert les trésors de la miséricorde divine source de tout bien , ne serait-ce pas, de notre part, une ingratitude sans pareille, de ne pas y penser ? En reconnaissance d’un si l’uni bienfait , ne devrions-nous pas souffrir de toutes sortes de peines pour l’amour de ce divin Sauveur ‘? Mais il n’en demande pas tant, il nous demande seulement de penser souvent à Lui, de penser souvent , avec une grande douleur de nos péchés et avec reconnaissance, aux terribles souffrances qu’il a endurées pour l’amour de nous. Quoi de plus juste! C'est pour cela qu’il a établi le très-grand très-saint et très-auguste sacrifice de la Messe. Il a voulu quo ce saint sacrifice fût un mémorial , un souvenir perpétuel de sa douloureuse Passion et de sa mort. Aussi , c’est surtout lorsque nous assistons à la sainte Messe que nous devons penser à la Passion de notre Sauveur ; et en faire le sujet de notre-dévotion.

Deuxièmement. Notre propre intérêt exige que nous pensions souvent à la douloureuse Passion de Notre-Seigneur ; car il n’y a pas de pensée plus efficace et plus salutaire pour nous sanctifier. Notre divin Sauveur dit un jour à Ste-Gertrude dans une révélation : « On ne rencontrera sur la terre aucun remède plus efficace contre le péché , que le pieux souvenir de ma Passion accompagné d’une foi vive et d’une pénitence sincère. » En effet, la vue d’un Dieu souffrant et mourant pour nous, fait connaître avec la dernière évidence, l’immensité de son amour pour les hommes. La vue de Jésus crucifié nous fait connaître l’excellence et le prix de notre âme, de cette âme qu’il a rachetée à un si grand prix, au prix de son précieux sang. La vue de Jésus crucifié nous fait connaître quel terrible mal c’est que le péché, puisque la justice de Dieu l’a puni avec tant de rigueur dans son propre fils, qui s’était volontairement chargé de nos péchés pour les expier. La vue de Jésus crucifié nous rappelle que ce divin Sauveur est pour nous tous un modèle admirable des plus sublimes vertus, surtout d’humilité, de charité, d’obéissance, de patience, de résignation, de pardon, de miséricorde. Nous les voyons, en effet, toutes pratiquées par J.-C. à un degré éminent et héroïque. Or, cette pensée est éminemment capable de produire en nous les plus salutaires impressions. Elle doit produire en nous de profonds sentiments d’amour et de reconnaissance envers Dieu, d’horreur pour le péché , d’estime pour la pénitence et de zèle pour travailler à notre salut. En effet , si on se mettait souvent devant les yeux l’image de Notre-Seigneur cruellement flagellé , couronné d’épines , cloué sur la croix et mourant pour nous, oserait-on s’abandonner à de misérables passions ; serait-on assez cruel pour le crucifier de nouveau dans son coeur par d’infâmes péchés? Ne ferait-on pas, au contraire, tous ses efforts pour combattre et pour vaincre ses mauvais penchants, pour mener une vie chrétienne, et, par là, assurer son salut éternel? Combien donc la méditation de la Passion de notre divin Sauveur ne nous est-elle pas avantageuse et salutaire! Enfin elle est notre consolation, notre soutien et notre force dans toutes les peines de la vie , puisqu’il n’y a pas de souffrance qui ne trouve son exemple et son soulagement dans les peines de Jésus. Aussi St-Pierre, avertissant les fidèles de se fortifier contre les assauts des tentations et des afflictions , leur recommande surtout de s’armer de la méditation des souffrances de J.-C.

Mais après avoir médité la douloureuse Passion de Notre-Seigneur avec toutes ses circonstances , rentrons en nous-mêmes, et persuadons-nous bien que c’est nous qui sommes la cause de tout ce qu’il a souffert. C’est une vérité de foi : l’Ecriture sainte nous dit : « Il a été couvert de plaies à cause de nos iniquités, il a été brisé à cause de nos crimes. » Cette vérité seule no devrait-elle pas suffire pour toucher de compassion et de repentir les coeurs les plus insensibles?

Entretenons donc toujours dans nos coeurs une dévotion affectueuse et solide à Jésus crucifié. Rappelons-nous qu’un jour, arrivés à notre dernière heure, sur le point de quitter nos parents et nos amis, il ne nous restera que le Crucifix entre les mains. Si, pendant notre vie, nous l’avons reconnu avec une tendre dévotion, il nous reconnaîtra, à la mort, par une protection efficace; il dissipera nos craintes, il nous fortifiera contre les terreurs et les angoisses de ce terrible passage, il répandra dans nos coeurs une douce joie et une grande confiance, il sera tout à la fois notre espérance, notre force, noire paix, notre refuge, et le gage de notre bonheur éternel. Ainsi soit-il.

ntroduction ; La guerre de Trente ans ; Abbé Arthur DAUCOURT, Le Crucifix Miraculeux de Develier, in Almanach catholique du Jura, 1908 ; Le saint Crucifix de Develier, Delémont, Imprimerie Léon Feune Fils, 1870  ; Eléments de Bibliographie ;
Homélie du 400ème anniversaire du Saint Crucifix.

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PRIÈRE

au saint Crucifix de Develier :

Adorable Sauveur, Dieu tout-puissant et miséricordieux, pour ranimer la foi et la piété de nos pères, vous avez conservé intact au milieu des flammes le saint Crucifix de Develier, qui a toujours été dès lors l’objet de la plus grande vénération et une source de grâces.

Très-doux Jésus ! plein de confiance en votre très-douloureuse Passion et en la cruelle agonie que vous avez, essuyée sur la croix, je m’offre à vous en sacrifice de reconnaissance pour tout ce que vous avez fait et souffert pour mon salut. Et, comme vous avez préservé des flammes votre sainte image, je vous supplie, par vos mérites infinis, de me préserver du feu des mauvaises passions, dans ce monde, et du feu éternel de l’enfer, dans l’autre. Ainsi soit-il

 

 

PRIÈRE

au saint Crucifix de Develier (version de 1937) :

Adorable Sauveur, Dieu tout-puissant et miséricordieux, je vous remercie d'avoir, pour ranimer la foi et la piété des fidèles, conservé intact au milieu des flammes le saint Crucifix de Develier.

Très doux Jésus! plein de confiance en votre douloureuse Passion et en votre cruelle agonie sur la croix, je m'offre à Vous en sacrifice de reconnaissance pour tout ce que vous avez fait et souffert pour mon salut. Et comme vous avez préservé des flammes votre sainte image, je vous supplie, par vos mérites infinis, et ceux de Marie co-rédemptrice du genre humain, de me préserver du péché et de garder mon âme pour la vie éternelle. Ainsi soit-il.

(50j. d'indulg., François von Streng, Evêque de Bâle et Lugano, 3 mai 1937.)

 

 

PRIÈRE

de saint Augustin à la vue des souffrances

de Jésus-Christ.

O Dieu qui, pour la rédemption du monde, avez daigné naître et souffrir la circoncision; qui avez voulu être rejeté par les Juifs, trahi par un baiser, garrotté comme un malfaiteur, conduit à la boucherie comme un innocent agneau, traîné ignominieusement devant Anne, Caïphe, Pilate et Hérode, accusé par de faux témoins, flagellé, souffleté , couvert de crachats , couronné d’épines, dépouillé de vos vêtements , crucifié entre deux voleurs , abreuvé de vinaigre et de fiel, et percé d’une lance : par toutes ces ignominies et ces douleurs, dont le mérite est infini, par votre Passion et votre mort, Seigneur, préservez-moi des supplices de l’enfer, et conduisez-moi là où votre miséricorde conduisit le bon larron crucifié à vos côtés, vous qui, avec le Père et le Saint-Esprit, régnez dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il. 

 

 

PRIÈRE

devant un Crucifix ou une image de Notre-Seigneur en croix.

Me voici , ô bon et très doux Jésus, prosterné à genoux en votre sainte présence ; daignez,  je vous en prie et vous en conjure de toute l’ardeur de mon âme, daignez imprimer dans mon coeur les plus vifs sentiments de foi, d’espérance et de charité, une vraie contrition de mes péchés, et un ferme propos de ne les plus commettre, tandis qu’avec grande affection et douleur, je considère et médite vos cinq plaies, ayant présent à mon esprit ce que disait autrefois de vous, ô bon Jésus, le prophète David : Ils ont percé mes mains et mes pieds , ils ont compté tous mes os.

Indulgence plénière, à perpétuité et applicable aux âmes du purgatoire, à tous les fidèles qui,, confessés et communiés, récitent dévotement cette prière devant l’image de N-S. en croix, et prient pour les besoins de l’Eglise.

Décret de Pie VII, 10 avriL 1821.) 

 

 

PRIÈRE

que le grand et saint Pape Benoît XIV

récitait chaque jour devant le Crucifix.

 

O mon Dieu et mon Sauveur, vous qui êtes mort pour moi sur la croix, je me prosterne ici à vos pieds, et remets mon âme entre vos mains, maintenant et à l’heure de ma mort. Ne sachant, ô mon Jésus, ni quand ni comment vous me tirerez de ce monde, je vous remercie dès à présent de toutes les grâces et bienfaits que j’ai reçus de votre divine Majesté. Je vous remercie de ceux que j’en recevrai encore , surtout à l’heure de ma mort. Ne permettez pas que je périsse dans ce dernier combat. Je crains, Seigneur, ce moment critique, et mes fautes passées ne me donnent que trop de sujets de craindre. Mais, comptant sur votre infinie miséricorde, j’ai une entière confiance. Oui, votre sang précieux, vos plaies sacrées et votre adorable croix sont et seront à jamais mon unique force, qui nie mettra à couvert de toutes les tentations. Accordez-moi, ô mon Jésus, accordez-moi par l'efficace de votre sang précieux , une véritable douleur de mes péchés; accordez-moi un amour tendre et filial pour vous, afin que mon âme, purifiée de toute tache, mérite d'être unie son aimable Jésus et à sa très-sainte Mère, en disant : Jésus, Marie, Joseph, je vous recommande mon âme.

Vive Jésus !

ntroduction ; La guerre de Trente ans ; Abbé Arthur DAUCOURT, Le Crucifix Miraculeux de Develier, in Almanach catholique du Jura, 1908 ; Le saint Crucifix de Develier, Delémont, Imprimerie Léon Feune Fils, 1870  ; Eléments de Bibliographie ;
Homélie du 400ème anniversaire du Saint Crucifix.

Début

 

Eléments de Bibliographie :

Le Saint Crucifix

Le saint Crucifix de Develier, Delémont, Imprimerie Léon Feune Fils, 1870 

Aubry P. Historique. Cantiques.Prières pour l'Eglise du St-Crucifix de Develier (Jura bernois) . Souvenir de Develier. Porrentruy. A. Frossard. XV+64 pages.

Daucourt Arthur Le Crucifix Miraculeux de Develier, in Almanach catholique du Jura, 1908

Daucourt Arthur. Dictionnaire historique des paroisses de l'ancien Evêché de Bâle. Deuxième volume. 1899. , p. 26-27.

Daucourt Arthur. Histoire de la ville de Delémont. 1900 p. 252

Daucourt Arthur. Glânes jurassiennes. 1999 p. 158

Vautrey Louis. Notices historiques sur les villes et les villaes catholiques du Jura. District de Delémont. 1880. , p. 264-269.

L. B. , curé de Develier, LE SAINT CRUCIFIX DE DEVELIER, opuscule de 12 pages publié à l'occasion du 300ème anniversaire du "miracle" saint Crucifix, 1937.

Albert Membrez, Eglises catholiques du Jura bernois. 1938. p. 140-143

Abbé Jeanbourquin, Develier et son église, éd. Le Pays.

 

 

L'Evêché de Bâle durant la Guerre de Trente ans.

Pierre Surchat , L’Evêché de Bâle pendant la guerre de Trente ans, In 350e anniversaire des Traités de Westphalie « 1648, Belfort dans une Europe remodelée » Actes du colloque de Belfort 9-11 octobre 1998, éd. Ville de Belfort, janvier 2000, pp. 77-80

Ranuccio Scotti, : *1597, +1661 ; 1630-39 nonce apostolique à Lucerne, 1639-41 à Paris. Scotti, Relazione della Nunziatura Elvetica, 2 mai 1639, Roma, Biblioteca Nazionale, Codex Gesuitico, vol 167. (Copie, Archives fédérales suisses, Berne, Vaticano, vol. 188.)

 Jakob Christoph Blarer von Wartensee, *1542 +1608; 1576-1608 prince-évêque de Bâle.

André Chèvre, Jacques-Christophe Blarer de Wartensee, prince-évêque de Bâle, Delémont 1963. 

Wilhelm Rinck von Baldenstein, * 1566, + 1628 : 1609-28 prince-évêque de Bâle. Voir : Die Bischöfe des Heiligen Römischen Reiches 1448 bis 1648, Ein biographisches Lexicon, Ed. Erwin Gatz, Berlin 1966, p. 584-585.

 Louis Vautrey; Histoire des évêques de Bâle T. 2. Einsiedeln, New York, 1886, p.188-231. 

Paul Otto Bessire, Histoire du Jura bernois et de l’ancien évêché de Bâle. 2e éd. Moutier, 1977, p, 107-111.

Pierre Louis Surchat, Die Nuntiatur von Ranuccio Scotti in Luzern 1630-1639, Rom, Freiburg, Wien 1979, p. 112-116 - Nouvelle histoire du Jura, Porrentruv, 1984, p. 94—113. 

Johann Heinrich von Ostein, *1579, +1646; 1629-46 prince-évêque de Bâle. Voir : Die Bischöffe des Heiligen Römisches Reiches 1448 bis 1648. Ein biographisches Lexikon, Ed. Erwin Gatz, Berlin, 1996, p. 512-513.

Beat von Ramstein, *1593, +1651 ; 1640-51 prince-évêque de Bâle. voir : Die Bischöffe des Heiligen Römisches Reiches 1648 bis 1803.  Ein biographisches Lexikon, Ed. Erwin Gatz, Berlin, 1990, p. 360-361. 

Surchat, op. cit., p. 115. - Jean Perrin, Le diocèse et la principauté de Bâle après la Guerre de Trente ans d’après les rapports des évêques à Rome. dans: Revue d’histoire ecclésiastique suisse 60, 1966, p. 256-263. - Hervé de Weck, L’histoire militaire dans l’ancien Evêché de Bâle. Bilan et perspectives. Dans : Actes de la Société jurassienne d’émulation 91. 1988, p. 173-184. 

Thomas Heinrici, *1597, +1660; 1634-60 Vicaire général du diocèse de Bâle, 1648 évêque auxiliaire. voir : Marco Jorio, der BasIer Weihbischof Thomas Henrici 1597-1660 und sein «Irenicum catholicum» 1659. dans: Revue d’histoire ecclésiastique suisse 72, 1978, p. 74-106. 

Hans Foerster : 100 Jahre bischöflich-basler Bündnispolitik 1556-1664, dans: Basler Zeitschrift für Geschichte und Altertumskunde 43, 1944, p. 35-89.

 Edouard Rott, Histoire de la représentation diplomatique de la France auprès des cantons suisses, de leurs alliés et de leurs confédérés. Vol. 5 et 6. Berne, 1913, 1917 -

Wolfgang Stein. Protection royale. Eine Untersuchung zu den Protektionsverhältnissen im Elsass zur Zeit Richelieus,1623-1643 Münster, 1978, p. 14-15, 175-178, 218-220, 275-289, 364-369, 468-469.

Benoît Girard, Renaissance d’un état. Porrentruy, 1976. p. 20-21.

Extrait de la Bibliographie de Gustave Amweg.

L'Evêché de Bâle pendant la guerre de 30 Ans 

1336.   Bähler  Ed. - Der Bernische Jura während des Dreisslg. jährigen Krieges.  BL. f. BERN.   GESCH.  Bern. 1905.  Heft Il, 102-116.  

1337.   1337.  B(INZ C.) - Le Jura pendant la Guerre de Trente Ans.  Texte accompagnant un album publié à l'occasion d'un Cortège historique à Bienne en 1906.  V. Bienne chap. 6. HIST.  UMZUG.

 1338.  CHEVRE G.-F. - Un épisode inédit de la Guerre de 30 ans dans l'Evêché de Bâle.  ACTES 1891; 149-150. 

1339.  Epitome rerum in Episcopatu Dynastiaque Basileensi, Praesule & Principe Johanne Henrico ab Ostein gestarum.  Man. 281. p. 8. C'est un récit des événements, de la Guerre de 30 Ans, funestes à l'Evêché de Bâle. Bibliothèque cantonale. Trad, par J. Trouillat: Les Suédois, etc.  V. No 1342. 

1340. Rauracia vastata sive Epitome rerum in episcopatu Basileensi locisque vicinis ab anno 1618 usque ad 1638 gestarum.  Reverendissimo ac celsissimo principe Jacobo Sigismundo ad sacram inaugurationem singularis observantiae et honoris ergo Oblata, Dicata et Consecrata a Joan : Baptista Grillon et Oppido S. Ursicini presbytero.  Ex manugraphia Grillonica. 1738.  Man. 560 1). 4. Plus 37 p. Index rerum quae hoc libro continentur.  B. P. 

1341.  KOHLER X. - Les Suédois dans l'Evêché de Bàle.  JOURNAL DE TRIPONEZ.  ACTES 1884; 95-145.

 1342.  TROUILLAT J. - les Suédois dans l'Evêché de Bâle ou Abrégé des faits qui se sont passés dans ce pays sous le gouvernement de Jean-Henri d'Ostein, Evêque de Bâle.  Trad. sur l'original latin du P. Sudan, S. J., professeur au collège de Porrentruy.

Porrentruy, J. Trouillat et Cie. 1862 ; 178 p. 8. B. P.

Paru en feuilleton dans la GAZETTE JURASSIENNE, 1861-1862. 

1343. (GUELAT). - Une autre trad. en franc. de ce manuscrit figure dans notre collection sous le titre - Histoire de la guerre des Suédois dans les Etats de l'Evêché de Bâle, IX-180 p. 4.

Extrait de : Bibliographie jurassienne, 1928-1972 

La Guerre de Trente ans et ses conséquences

3927. Bonnaud-Delamare, Roger.  L'immigration helvétique dans les principautés de Murbach et de Lure après la guerre de Trente-Ans, 1649-1715. - Paris, Les Belles Lettres, 1966, 380 p. 2 cartes. - Cahiers d'études comtoises, 8. - Annales littéraires de l'Université de Besançon, 76. 

3928. Hammer, Michel.  La Guerre de Trente Ans dans l'Evêché de Bâle.  Mémoire de licence en histoire. - Univ. de Genève, 1963, 71 p. dact.

3929. Unsere Heimat (Baselland) und der Dreissigjährige Krieg.  Der Durchmarsch der kaiserlichen Armee.  Von Ernst Zeugin.   Muttenz vor 300 Jahren.  Von J(akob) Eglin.  Kriegsschäden im bischöfl.  Amt Pfeffingen.   Von A. Müller. - Rauracher, 1942, S. 42-56.

Henri Bogdan La guerre de trente Ans 1618-1648, éd. Perrin 1999

Histoire du Christianisme,  tome 9, p. 44-47, éd. Desclée 1997

Nouvelle Histoire de l'Eglise, tome 3, p. 255-262, éd. Seuil 1968.

Histoire du Christianisme en Suisse, p. 148 s.,152,161. éd. Saint-Paul, Fribourg 1995

Gasto Castella, Histoire des papes, Tome II, p. 118-150 Ed. Stauffacher, Zürich 1966

 

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Inroduction ; La guerre de Trente ans ; Abbé Arthur DAUCOURT, Le Crucifix Miraculeux de Develier, in Almanach catholique du Jura, 1908 ; Le saint Crucifix de Develier, Delémont, Imprimerie Léon Feune Fils, 1870  ; Eléments de Bibliographie ;
Homélie du 400ème anniversaire du Saint Crucifix.

Début

Abbaye Saint Benoît ; Chapelle N-D du Vorbourg ; Hagiographie