Prière, Charité et Miracles

reconquise ces héros de la pénitence et de la pureté qui les replaçait au niveau d'Adam et d'Eve, dans le Paradis terrestre. Innombrables sont les légendes qui nous montrent les bêtes féroces, obéissant à la voix des moines, réduites à une sorte de domesticité par les hommes de Dieu obligés de les servir et de les suivre... St Paul de Léon apprivoise une laie féroce avec ses marcassins, le même fait se retrouve dans la légende de St-Himier, fondateur du bourg de ce nom dans le Jura bernois. »
Dans son désert, St Himier commence d'abord par arracher les ronces et les épines, par ouvrir, par le feu, des clairières à travers les broussailles et prépare une place où doit s'élever le temple de Dieu ; à côté, sous les arbres voisins, il se fera une maison où il pourra donner l'hospitalité à ceux qui viendront à lui. Déjà, attirés par la réputation de sainteté qui s'est répandue au loin et au large, les pèlerins accourent de toutes parts, lui apportant leurs offrandes et lui demandant ses prières et ses leçons.
St Himier les accueillait avec bonté, les remplissait du désir de la vie éternelle et, plein de charité pour eux, leur partageait abondamment le pain de sa parole bénie.
Il avait élevé une chapelle en l'honneur de St. Martin, où il avait placé les reliques qu'il avait apportées de Jérusalem, entre autres, le bras de St Siméon, sur lequel s'était reposé l'enfant Jésus, et que lui avait donné le patriarche Isaac. C'est là, pendant la nuit, qu'il s'offrait à Dieu en versant d'abondantes larmes. Tous les jours, tant qu'il en eût la force, il célébrait solennellement le saint sacrifice, non seulement pour lui, mais pour le monde entier.
Un dimanche qu'il se tenait à l'autel, il se trouva, dans l'assistance un muet de naissance, le prêtre de Jésus-Christ l'appelle, place sur ses lèvres le Corps sacré du Sauveur; aussitôt la langue du muet se délia et il recouvra la parole.
Accablé de vieillesse, St Himier n'en pratiquait pas moins la plus austère pénitence ; son lit se composait de pierres aiguës sur lesquelles il ne pouvait goûter aucun repos : pendant neuf ans, depuis le miracle du muet, il ne connut pas d'autre couche. Pour se tenir éveillé, il se couvrait la figure de cendres; s'il cédait au sommeil, la cendre qu'il aspirait eu dormant l'éveillait aussitôt. Pour mortifier l'appétit de la chair, pendant trois jours de la semaine il ne mangeait qu' à neuvième heure ; un peu de pain d'orge détrempé d'eau et de cendres formait, toute sa nourriture.
Lorsque le temps de la récompense fut proche, des douleurs d'entrailles s'emparèrent du serviteur de Dieu. Sentant sa mort s'approcher, Himier se fit porter dans l'église de St Martin, qu'il avait construite de ses propres mains. Là en attendant la dissolution de son corps, il chantait comme il le pouvait, avec les clercs, les psaumes

Fresque du Christ Pantocrator dans la collégiale.

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Abbaye Saint Benoît ; Chapelle du Vorbourg

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