Notice - Préambule

Précédente Accueil Suivante

Bibliothèque

Accueil
Notice - Préambule
Sinaï
Saint Thomas
Fin du monde et mariage
Amour de l'Argent
Décollation de Jean-Baptiste
Figures Bibliques

 

JACQUES DE SAROUG

 

(Notice biographique)

 

Jacques de Saroug naquit en l'an 451, à Kourtam sur l'Euphrate, en Mésopotamie. Il grandit non loin des rivages où, jadis, accrochée à quelque vieux saule, se balança, mélancolique et silencieuse, la Harpe sainte des exilés de Sion.

La légende nous le représente comme un enfant prodige recevant, à l'âge de trois ans, la grâce d'une vision béatifique qui lui révèle les trésors recelés dans les Livres divins.

II fit ses études à l'École d'Édesse, au célèbre Institut fondé, au ive siècle, par une pléiade de docteurs Syriens, y compris l'illustre saint Ephrem.

Ce fut à l'âge de vingt-deux ans et en présence de cinq évoques que Jacques de Saroug prononça sa toute première homélie métrique, ayant pour sujet le Char de la vision d'Ezéchiel. Il y obtint un tel succès que ses contemporains le surnommèrent « la Flûte du Saint-Esprit ».

Il passa la majeure partie de son existence à Haura, dans le diocèse de Saroug, où on l'avait nommé chorévêque. Dans un recueillement contrastant avec l'orage des controverses théologiques les plus véhémentes de son époque, Jacques de Saroug s'appliqua à tirer des Écritures saintes et de la Morale chrétienne une quantité d'œuvres poétiques si considérable, que le concours de soixante-dix copistes ne fut pas trop pour en multiplier et diffuser les exemplaires.

Quand, en 519, il fut promu évêque pour la ville de Batnan, le grand Homéliste, usé par l'intensité d'un labeur acharné, touchait au terme de sa carrière. Après deux années d'épiscopat, c'est-à-dire en 521, la mort vint interrompre son chant de

 

II

 

cygne, car son dernier discours sur Marie et le Calvaire es resté inachevé.

Si, à cause de Quelques points dogmatiques, l'Église jacobite ou monophysite est seule à vénérer en Jacques de Saroug un saint, au sens canonique du terme, tous les Orientaux de langue syriaque sont unanimes à proclamer en lui le plus suave et le plus délicat des poètes.

J. B.

 

Paris, le 1er octobre 1915.

 

N. B. — Pour les détails biographiques, bibliographiques et critiques concernant Jacques de Saroug, l'on peut consulter avec fruit les ouvrages suivants : De vita et scriptis S. Jacobi d'Abbeloos, Lovanii, 1867; Littérature syriaque de R. Duval , Paris, Victor, Lecoffre, 1899; Les Homiliae selectae Mar-Jacobi Sarugensis de Bedjan, Leipzig, Otto Harrassowitz, 1905-1910.

 

ESSAI DE VULGARISATION DES HOMÉLIES MÉTRIQUES
DE JACQUES DE SAROUG, ÉVÊQUE DE BATNAN EN MÉSOPOTAMIE (451-521) (1)

 

Par Jacques Babakhan

 

PRÉAMBULE

 

En exécutant, depuis plus de vingt ans, une somme considérable de travaux sur la littérature syriaque, pour le compte de Mgr Graffin, j'ai eu le privilège de me familiariser de bonne heure avec les Homélies métriques de Jacques de Saroug. Pour mieux compléter mon expérience en la matière, j'ai également examiné à loisir les cinq tomes des Homiliae selectae Mar Jacobi Sarugensis (Otto Harrassowitz, Leipzig, 1905-1910), éditées en chaldéen par mon vénéré compatriote le Père Bedjan.

Comme, en présence d'une œuvre véritablement belle, le premier mouvement du spectateur se traduit par un sentiment d'admiration plutôt que par le besoin d'analyse, à la vue des cinquante mille distiques de l'évêque de Batnan si heureusement restaurés, j'ai éprouvé un enthousiasme tel, que je me suis demandé si, avant d'en faire passer un certain nombre par le moule désenchanteur d'une traduction littérale en prose, il ne me serait pas possible de recourir aux ressources de la langue française, pour convertir quelques-uns de ces alexandrins syriaques en vers français.

Tout en évoluant entre l'esprit et la lettre des originaux publiés par le R. P. Bedjan, mon essai de versification se présente aujourd'hui au public, non pas avec les prétentions d'un travail définitif, mais simplement comme une tardive contribution

 

2

 

d'hommages à la mémoire d'un poète qui, oublié en Oriem et ignoré en Occident, n'en reste pas moins, aux côtés de sain Éphrem, l'une des plus vivantes incarnations de la pensée chrétienne orientale.

 

J. BABAKHAN.