SAINTE  ODILE,

ABBESSE DE HOHENBOURG EN ALSACE.

 

(Vies des Pères, Martyrs et autres principaux saints, Paris 1843, au 13 février)

 

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ODILE eut pour père Adalric (ou Athic, connu sous le nom tudesque d’Ethic), duc d’Alsace, et pour mère Berchsinde ou Berwinde, tante maternelle de S. Léger. Elle naquit aveugle, ce qui porta son père à ordonner qu’on la fît mourir. Sa mère plus humaine la confia à une nourrice sur la fidélité de laquelle elle pouvait compter. Elle l’envoya depuis au monastère de Palme, dans la Franche-Comté(Aujourd’hui Beaume-les-Nones, à six lieues de Besançon.). Odile, en recevant le baptême, qui lui fut administré par un saint évêque, recouvra tout-à-coup la vue. Cette grâce, qui fut regardée connue miraculeuse, lui inspira le désir de ne vivre que pour Dieu; et quoiqu’elle ne fût point religieuse à Beaume, elle suivait la règle de la communauté avec une parfaite fidélité.

Adalric fut instruit du miracle que Dieu avait opéré en faveur d’Odile; mais il ne changea pas pour cela de sentiments à son égard. Hugues, un de ses fils, entreprit inutilement de le fléchir. Persuadé que la présence de sa soeur opérerait le changement qu’il n’avait pu obtenir, il donna des ordres secrets pour la faire revenir. Mais il fut la victime de sa tendresse; son père le maltraita si cruellement, qu’on croit qu’il mourut, de ses blessures.

Cet accident ouvrit les yeux au duc ; il détesta les fautes que sa barbarie lui avait fait commettre ; il reçut sa fille avec joie, et lui laissa la liberté de suivre le genre de vie qu’elle avait embrassé. Il se réunit même avec elle pour établir une communauté de vierges sur une montagne d’où l’on découvre presque toute l’Alsace, et que sa situation a fait nommer Hohenbourg. Plusieurs filles de qualité vinrent se mettre sous la conduite de la sainte fondatrice. Adalric céda à Odile la possession de son château de Hohenbourg, avec les revenus et les terres qui en dépendaient. Il se retira depuis auprès d’elle, ainsi que Berchsinde sa femme, et il mourut dans les exercices de la pénitence, le 20 février 690. (On voit encore son tombeau sur la montagne de Hohenbourg : mais la plus grande partie de ses ossements se garde dans le trésor de l’abbaye d’Ebersmünster. Ce tombeau est un monument d’autant plus respectable, qu’il a renfermé le corps celui qui a donné tant d’empereurs à l’Allemagne, tant de souverains à l’Autriche et à la Lorraine. Adélaïde, femme de Robert le Fort, comte d’Anjou, dont la postérité règne en France depuis huit siècles, descendait aussi d’Adalric, Hist. de l’église de Strasbourg, par M. l’abbé Grandidier, t. 1, p. 347.) Quelques auteurs lui ont donné le titre de saint.

Cependant la communauté d’Hohenbourg devenait de plus en plus florissante. Ste Odile y compta jusqu’à cent trente religieuses. Elle leur apprenait par son exemple à allier, les exercices de la vie active avec la douceur de la contemplation. Elle avait une tendre charité pour le prochain; et comme les pauvres et les malades ne pouvaient parvenir que difficilement à son monastère, elle fit construire un hôpital pour les recevoir, au bas de la montagne, du côté du midi. Elle les visitait tous les jours, et leur faisait d’abondantes aumônes. Vers l’an 700, elle fonda près de son hôpital un monastère qui fut appelé Nidermünster ou Bas-Moustier. Elle avait la conduite des deux communautés, et ce ne fut qu’après sa mort que chaque monastère eut son abbesse particulière.

Lorsqu’elle se sentit près de sa fin, elle assembla ses soeurs dans la chapelle de Saint Jean-Baptiste pour leur donner ses dernières instructions, puis, après avoir reçu le saint viatique, elle expira tranquillement le 13 de décembre, jour auquel elle est honorée. L’opinion la plus probable est celle qui met sa mort vers l’an 720 Elle fut enterrée à Hohenbourg, dans la chapelle de Saint Jean-Baptiste, et son corps s’y conserve encore. Elle est patronne de l’Alsace, qui l’honore avec une vénération singulière Les fidèles accourent de toutes parts à son tombeau, où il s’est opéré plusieurs miracles.

 

 

Ste Odile était fort instruite, surtout dans la connaissance de l’Ecriture. On voit par ses discours, que nous avons encore, combien sa piété était éclairée. Son testament contient des règlements remplis de sagesse.

 

Voyez sa Vie anonyme, ap. Mabillon, sect. 3 Ben. part. 2; Canisius, Lect. ant. Raderus, t. 4, p. 7; Adon, Molanus, et le Martyrologe romain, sous le 13 de décembre; Ruyr, Antiq. des Vosges, part. 2, l. 4 ; Chifflet, Origo Aust. assena, c. 5, p. 49; Herrgott, Geneal. Augustoe gentis Hasburgiœ, t. I, l. 2, C. 19, p. 197; La Vie de Ste Odile, par Hugues Peltre, Prémontré, Strasbourg, 1718 in-12 ; et surtout l’Histoire de l’Eglise de Strasbourg, par M. l’abbé Grandidier, t. I. C’est l’ouvrage dont nous avons tiré le plus de secours.

 

 

Quelques ouvrages plus récents bibliographie tirée de :

 

Annonciade Coléno Sainte Odile, éd. du Rocher, coll. Régine Perrenoud,1998 :

 

Le Mont Sainte-Odile, reflet de l'histoire d'Alsace, J. Legros, éditions Alsatia, 1974.

Odile d'Alsace, C. Riffenbach et F. Alleman, éditions DNA, 1985.

Sainte Odile, H. Welschinger, Librairie Victor Lecoffre, 1901.

Le Mont Sainte-Odile, F. Petry et R. Will, auides archéologiques de France, Imprimerie Nationale, 1988.

Le Mur païen, F. Mantz, éditions DNA, 1986. Histoire de l'Alsace rurale, Collectif, Istra, 1983

Lieux magiques et sacrés d'Alsace et des Vosges,G. Altenbach et B. Legrais, éditions du Rhin, 1985.

Le Mont Sainte-Odile au Moyen Âge, G. Hury, Librairie Istra, 1967.

L 'histoire de l'Alsace, P. Dollinger et R. Oberlé, Saep, Colmar, 1985.

 

 

 

 


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