Homélies août 2015
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Horaire des célébrations

CHAPELLE NOTRE-DAME DU VORBOURG

Août 2015 

Samedi

1er Août Messe 08h30 S. Nicolas de Flüe,
Messe votive
Fête Nationale
Dimanche 2 Août Messe 09h30 18e Dimanche TOB

Lundi

3 Août Messe 08h30 Férie TO
 Mardi 4 Août Messe 18h00 S. Jean-Marie Vianney, pr.
Mercredi 5 Août Messe 08h30 Dédicace de
Sainte Marie-Majeure
Jeudi 6 Août Messe 08h30 F. Transfiguration
du Seigneur
Vendredi 7 Août Messe 08h30 SS. Sixte II, pp. et comp. m.

Samedi

8 Août Messe 08h30 S. Dominique, pr.
Dimanche 9 Août Messe 09h30 19e Dimanche TO
Vendredi 14 Août Messe 08h30 S. Maximilien Kolbe, m

Samedi

15 Août Messe

Vêpres

09h30

15h00

ASSOMPTION DE LA
BIENHEUREUSE VIERGE MARIE
Dimanche 16 Août Messe

Chapelet

09h30

15h30

20e Dimanche TO
Dimanche 23 Août Messe

Chapelet

09h30

15h30

21e Dimanche TO
Lundi 24 Août Messe 08h30 F. S. Barthélemy, ap.
Mardi 25 Août Messe 18h00 S. Louis / S. Joseph de Calasanz pr.
Mercredi 26 Août Messe 08h30 Sr Marie de Jésus crucifié

Jeudi

27 Août Messe 08h30 Ste Monique, veuve

Vendredi

28 Août Messe 08h30 S. Augustin, év. d.
Samedi 29 Août Messe 08h30 Martyre de S. Jean-Baptiste

Dimanche

30 Août Messe

Prière Mariale

09h30

15h30

22e Dimanche TO 

AOÛT

Universelle - Les bénévoles
Pour que les personnes œuvrant dans le cadre du bénévolat s'engagent avec générosité au service des personnes en situation de précarité.
Pour l'évangélisation  - Aller aux périphéries
Pour que, sortant de nous-mêmes, nous nous rendions proches des personnes qui se trouvent à la périphérie des relations humaines et sociales.


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PAX

2 août 2015 - 18ème dimanche du Temps Ordinaire
 

1ère lecture : « Du ciel, je vais faire pleuvoir du pain pour vous » (Ex 16, 2-4.12-15)
2ème lecture : « Revêtez-vous de l’homme nouveau, créé selon Dieu » (Ep 4, 17.20-24)
Evangile : « Celui qui vient à moi n’aura jamais faim, celui qui croit en moi n’aura jamais soif » (Jn 6, 24-35)
 

Frères et Sœurs,

Jésus après avoir multiplié les pains et les poissons s’était éloigné discrètement de l’endroit où il avait opéré son miracle. C’est à Capharnaüm qu’ils le retrouvent. Ils voudraient le voir encore accomplir pareil signe. Il est bon d’avoir à l’esprit plusieurs passages de l’Evangile pour essayer de comprendre ce que veut dire le Seigneur.

En parcourant une retraite donnée au Vatican par le futur Benoît XVI en présence de saint Jean-Paul II, on y lit son commentaire à propos d’une tentation de Jésus au désert qui va dans le mille, selon l’expression (Le Ressuscité, DDB 1986, p. 14).  Jésus avait refusé de transformer des pierres en pain. Le rapport est évident avec l’attitude de Jésus aujourd’hui.

Le cardinal d’alors se réfère au miracle mosaïque de la Manne. Selon la tradition rabbinique, dit, le Messie doit répéter ce haut fait sous une forme définitive ; autrement dit, il doit pour toujours donner le pain à l'humanité, faire disparaître la faim et créer un monde où tous aient suffisamment à manger, le monde de la prospérité parfaite. Tel devrait être le véritable signe du Messie, la véritable rédemption d'une humanité souffrant de la faim. Ce serait la répétition et l'élucidation définitive et véritable du miracle du désert. Selon cette interprétation, celui qui apaise toute faim et qui donne du pain à tous et pour toujours, c'est lui le Messie.

C’était aussi la tentation du pouvoir humain. Le refus de Jésus  marque le début de sa passion.  

La faim est une tragédie à laquelle nous sommes tous sensibles. Les plus lointaines images de ces drames hantent nos mémoires. Les premières qui m’ont vraiment marqué étaient celles des images d’enfants du Biafra au Sud-est du Nigéria en 1967, victimes de guerres entre adultes. Puis l’histoire nous avait fait découvrir le drame de l’Homolodor et de la famine provoquée en Ukraine par Staline, etc… La crainte des plus anciens se remémorant la 2ème guerre est celle de la faim… On comprend la peur qui habite les réfugiés d’aujourd’hui et les institutions internationales ainsi que les grands pays tels l’Inde. Mais notre humanité ayant ses perversions modernes, il est d’autres usages qui s’installent parfois. Hier encore, dans une revue de presse, on lisait les protestations contre l’usage qui s’était répandu en Grande-Bretagne de priver de nourriture et de boisson les personnes âgées en fin de vie pour hâter les choses. Le gouvernement même a paraît-il du intervenir.

La faim constitue l'une des plaies les plus tragiques de l'humanité chassée du paradis. Si nous devions formuler spontanément une idée de rédemption, nul doute que le pain en serait aussi pour nous le problème central, disait le cardinal Ratzinger.

C’est un devoir pour nous d’être attentifs à ce que tous puissent recevoir le pain matériel de chaque jour. Nos agriculteurs manifestent une certaine fierté à pouvoir remplir cette mission et il faut leur en savoir gré. Relevons dans ce domaine de l’alimentation matérielle une spécificité helvétique. Nos évêques dans leur message préparé par l’abbé émérite de Saint-Maurice, le Père Abbé émérite Joseph Roduit, nous rappelaient à l’occasion du 1er août et très opportunément que : « L’exploitation des pauvres par l’extraction des matières premières dans les pays pauvres ne peut plus se justifier. Une part importante du commerce de l’alimentation des pays exploités à outrance se gère dans des bureaux suisses ! On ne saurait s’enrichir sur des produits de base des pays dits pauvres ! » Il a vraiment raison et on ne peut qu’appuyer cette remarque. Notre pays parmi ses vertus a celle de corriger des excès une fois mis en lumière. Donc, avant de critiquer on pourrait aussi réfléchir sur le fond du problème.

Jésus ne s’arrête pas au pain dans sa matérialité et veut en donner un autre d'une façon totalement différente, il donne sa vie et se donne en nourriture.

Jésus, ce grain mort pour nous, devient pain. Dans l'Eucharistie, la multiplication des pains dure jusqu'à la fin des temps, alors que Dieu se dévoilera pour devenir à jamais notre pain. Ainsi, en Jésus qui meurt, se vérifie le signe de la Manne ; il se révèle comme le Moïse définitif et véritable.

Le Seigneur est concentré sur le salut, le primat de la parole de Dieu pour le salut des hommes. « L'homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu » (Lc 4, 4; Mt 4, 4). Pas de salut pour l'homme en dehors d'une réponse à la faim de vérité, en dehors d'une guérison des maladies de l'âme blessée par le mensonge, en un mot, en dehors de la vérité et de Dieu. L’essence du mensonge du démon est celle-ci  : Dieu apparaît superflu et inutile pour le salut de l'homme. Dieu est un luxe des riches. Pour lui, l'unique réalité décisive, c'est le pain, la matière. Selon lui, le centre de l'homme, ce serait son estomac.

Le propos ne peut que marquer et faire remonter en  nous d’autres paroles de Jésus, sur les lys des champs et le chant des moineaux que le Père nourrit. Il est vrai que Dieu nous met à l’épreuve. Il n’en demeure pas moins que la pire épreuve pour l’homme est l’homme lui-même. Bien souvent il est inspiré par l’ennemi de l’homme, celui qui veut écarter l’homme de Dieu. Il veut écarter la communion entre l’homme et Dieu. Au final il veut nous priver de la vision de Dieu et de l’union la plus parfaite qui soit entre l’homme et Dieu. Or, en respectant notre identité, le Christ veut nous transformer et l’Eucharistie elle-même commence déjà à opérer cette transformation maintenant. Dieu est miséricorde, il guérit et transforme…

J’ai beaucoup aimé cette petite phrase du cardinal Cottier parue dans une revue jésuite récemment : « Les choses divines sauveront les choses humaines ».  « Les moyens humains de défense de la civilisation deviendront toujours plus inadaptés face à la gravité de la crise de la culture ». Dieu aime l’homme qu’il a créé, il aime tout l’homme et le défend, car il connaît son identité profonde et sa destinée. Il sait ce qui est bon pour nous et le meilleur il nous l’a donné en et par son Fils. Dieu aime tous les hommes et chaque homme personnellement. Cela il ne nous faut jamais l’oublier.

Marie notre Mère, Mère de l’Eglise, Mère de tous les hommes, aie pitié de nous pécheurs, donne-nous ton Fils. Amen.

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PAX

15 août 2015 Assomption de la Vierge Marie
 

1ère lecture : « Une Femme, ayant le soleil pour manteau et la lune sous les pieds » (Ap 11, 19a ; 12, 1-6a.10ab)
2ème lecture : « En premier, le Christ ; ensuite, ceux qui lui appartiennent » (1 Co 15, 20-27a)
Evangile : « Le Puissant fit pour moi des merveilles : il élève les humbles » (Lc 1, 39-56)
 

Frères et Sœurs,

Trois tableaux qui commencent par une image de l’Apocalypse, pourquoi ne commence-t-on pas par l’Evangile ? L’Evangile ne devrait-il pas être lu en premier ? Mais ce sont les deux épîtres, l’apocalypse, et Saint Paul qui ont une sorte de préséance liturgique tout à fait normale et… celle de la perspective de Dieu. Lui, voit les choses d’en haut. Il connaît l’achèvement et la fin de toute chose, il est hors du temps, au-dessus du temps. La femme entourée d’étoiles, c’est l’Eglise, mais aussi Notre-Dame. Puis saint Paul nous décrit le mystère du Christ et sa victoire finale. « Car c’est lui qui doit régner jusqu’au jour où Dieu aura mis sous ses pieds tous ses ennemis. Et le dernier ennemi qui sera anéanti, c’est la mort, car il a tout mis sous ses pieds.»

L’Evangile, au contraire, est une lumière donnée aux pauvres qui avancent sur le chemin, une  « vue d’en-bas ». Il ressemble à une éclaircie dans un feuillage qui vous permet de voir le ciel. Comme lors d’une ballade, le clocheton d’une petite église qui nous montre le vrai ciel… Cela une révélation ? Il est bien petit ! Et pourtant.

Pourquoi nous proposer  la Visitation et la bénédiction d’Elisabeth ? Et ce cantique de Marie, le Magnificat ? Il est une Révélation, une apocalypse, un dévoilement, il est joie et exultation. Il est inspiré par l’Esprit-Saint. Marie se réjouit de voir l’accomplissement des promesses de Dieu à son Peuple. C’est la fin d’une très longue attente. Dieu vient libérer le libérer. Pourquoi Marie commence-t-elle par se réjouir de ce qui lui arrive personnellement ?

Elle se sent concernée la première par sa miséricorde. « Il s’est penché sur son humble servante. » On croirait que Marie, se considère comme n’étant digne que de se tenir aux pieds de celui qui vient, à la dernière place. Elle se considère comme la plus petite, indigne de l’attention de Dieu. Voilà qu’elle est mise à la première place parmi les filles d’Israël. Dieu a visité son Peuple et elle le représente, comme elle représente aussi l’Eglise. Elle est Mère du Christ, et Mère de l’Eglise, ainsi Dieu voulu qu’il en advienne de celle qui n’avait d’autre perspective que d’être sa servante. « La Vierge Immaculée, préservée (par Dieu) de toute atteinte de la faute originelle, ayant accompli le cours de sa vie terrestre, fut élevée corps et âme à la gloire du ciel, et exaltée par le Seigneur comme Reine de l’univers » (n.59). « Marie a été pensée et voulue sainte et immaculée dans l’amour (cf. Ep 1, 4), pour qu’elle devienne la Mère du Rédempteur de l’homme (Misericordiae Vultus) », mais elle est l’Immaculée qui ne peut s’enfler d’orgueil. 

Pourquoi ? Parce que le Christ est lui-même serviteur, il s’est fait notre serviteur, prenant la toute dernière place pour purifier les pieds de ses disciples et les nôtres. Lui qui était l’égal de Dieu, s’est fait le dernier d’entre nous devant son Père. Il lui laisse la première place en tout. Pour cela son Père l’a exalté et mis au-dessus de tout le monde créé. Il l’était en tant que Dieu mais il l’est devenu en tant qu’homme. « Le Père est l’ultime source de tout, fondement aimant et communicatif de tout ce qui existe. Le Fils, qui le reflète, et par qui tout a été créé, s’est uni à cette terre quand il a été formé dans le sein de Marie. », dit le pape François dans son encyclique « Loué sois-tu ».

L’Immaculée Mère de Dieu, l’humble servante, ne pouvait que suivre les traces de son Fils. Elle est reine du Monde créé : « Totalement transfigurée, nous dit encore le pape François, elle vit avec Jésus, et toutes les créatures chantent sa beauté. Elle est la Femme « enveloppée de soleil, la lune est sous ses pieds, et douze étoiles couronnent sa tête » (Ap 12, 1). « levée au ciel, elle est Mère et Reine de toute la création. Dans son corps glorifié, avec le Christ ressuscité, une partie de la création a atteint toute la plénitude de sa propre beauté. Non seulement elle garde dans son cœur toute la vie de Jésus qu’elle conservait fidèlement (cf. Lc 2, 51.51), mais elle comprend aussi maintenant le sens de toutes choses. C’est pourquoi, nous pouvons lui demander de nous aider à regarder ce monde avec des yeux plus avisés. »

Comment être Mère d’un Univers qui a existé avant elle, sinon parce qu’elle est la Mère de Dieu, Mère de Celui par qui ce monde est renouvelé et transformé, par qui nos pauvres corps ressusciteront glorieux. Toute la création sera rattachée à ce renouvellement d’une manière et sous une forme que nous ne pourrons comprendre qu’en la vivant. « 243. A la fin, nous nous trouverons face à face avec la beauté infinie de Dieu (cf. 1 Co 13, 12) et nous pourrons lire, avec une heureuse admiration, le mystère de l’univers qui participera avec nous à la plénitude sans fin. Oui, nous voyageons vers le sabbat de l’éternité, vers la nouvelle Jérusalem, vers la maison commune du ciel. Jésus nous dit : « Voici, je fais l’univers nouveau » (Ap 21, 5). La vie éternelle sera un émerveillement partagé, où chaque créature, transformée d’une manière lumineuse, occupera sa place et aura quelque chose à apporter aux pauvres définitivement libérés. »

Marie monte au ciel aujourd’hui dans l’acclamation et la joie des anges, avec son corps et son âme. « Après son Assomption au ciel, son rôle dans le salut ne s'interrompt pas: par son intercession répétée, elle continue à nous obtenir les dons qui assurent notre salut éternel, (Dives in Misericordia).» C’est pour cela que notre joie doit être sans ombre. « Marie, l'Immaculée Mère de Dieu toujours Vierge, à la fin du cours de sa vie terrestre, a vraiment été élevée en âme et en corps à la gloire céleste. (Pie XII, Munificentissimus Deus)» Pour cela nous rendons grâce ce matin et chaque jour. Alléluia, elle est vraiment montée au ciel. Amen.

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PAX

16 août 2015 - 20ème dimanche du Temps Ordinaire


1ère lecture : « Venez, mangez de mon pain, buvez le vin que j’ai préparé » (Pr 9, 1-6)
Psaume : Ps 33 (34), 2-3, 10-11, 12-13, 14-15
2ème lecture : « Comprenez bien quelle est la volonté du Seigneur » (Ep 5, 15-20)
Evangile : « Ma chair est la vraie nourriture, et mon sang est la vraie boisson » (Jn 6, 51-58)
 

Introduction.

Ce 20ème dimanche du temps ordinaire Il est un peu particulier puisque nous sommes au lendemain de l’Assomption. Lorsque le Christ est retourné vers son Père à l’Ascension, il a laissé à ses Apôtres et à l’Eglise le grand don de l’Eucharistie, par laquelle il est resté réellement présent. Pour rejoindre Marie après l’Assomption, nous avons bien sûr la prière toute simple, notre chapelet, mais nous devons toujours nous souvenir que là où est l’Eucharistie, là est Marie. C’est dans le Christ que se réalise la communion de tous les saints et donc Marie. C’est à ce mystère que le Seigneur veut introduire ses auditeurs après la multiplication des pains, mais la tâche s’avère ardue. Avant de le rejoindre et de nous laisser rejoindre et transformer par lui, reconnaissons que nous sommes pécheurs et avons besoin de sa miséricorde.

Homélie

Frères et Sœurs,

Vivre éternellement  qui ne le souhaite ? Mais à quelles conditions ? Celle que donne Jésus paraît être simple,  elle ne peut cependant que heurter un auditeur « normal ». Car, comment supporter de mettre en pratique de manière aussi littérale son invitation? « Manger ma chair et boire mon sang ! ». Comme exemple de pédagogie progressive, cela interpelle. Serait-il possible de faire mieux pour s’attacher un auditoire et des disciples ?

Jésus a pourtant commencé avec des mots simples, se basant sur un événement qui a suscité leur intérêt : leur faim matérielle a été assouvie en mangeant le pain qu’il leur a donné. Aujourd’hui il passe à l’étape suivante : « Moi, je suis le pain vivant, qui est descendu du ciel : si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement. »

Celui qui a multiplié les pains et les poissons est-il capable de leur donner la vie éternelle et plus encore, en s’unissant à eux ? Jésus ne  fait pas une approche ou un cours sur la transsubstantiation en passant par la médiation de concepts : nature,  essence et substance, apparences. Il pose une affirmation : la conséquence de la manducation de ce pain, c’est la vie éternelle. Il  lâche ensuite la phrase qui fait réagir ceux que Saint Jean appelle les Juifs, c’est-à-dire ceux qui ne croient pas ou pas encore en lui. Il leur parle de « manger sa chair et boire son sang. »  Une sorte de premier discernement va s’opérer sur l’Eucharistie, nous pourrions dire une sorte de tri. C’est une question qui nous est posée à nous aussi : Croyons-nous que Jésus est réellement présent dans le pain que nous recevons lors de l’Eucharistie, croyons-nous qu’il s’unit tout aussi réellement à nous ?

Qu’est-ce que ce pain nous apporte ? La vie éternelle et la résurrection. « Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle ; et moi, je le ressusciterai au dernier jour. »

Il ne s’agit pas de la manne reçue au désert, une forme de pain matériel venu du ciel. Les interprètes anciens la comprenaient comme étant miraculeuse (Kugel 290). Ce pain vivant, c’est lui-même. Il vient pour nous individuellement, mais aussi pour la communauté, pour l’Eglise dans laquelle tous sont invités à entrer.

Nous avions entendu voici deux semaines une remarque de notre ancien pape Benoît, selon laquelle la venue du Messie dans l’attente d’Israël, s’accompagnerait d’un pain donné de manière permanente. Le festin messianique présidé par le Messie Prêtre est bien attendu par le Peuple de Dieu. Le livre des Proverbes dans la première lecture a mentionné la Sagesse qui a bâti sa maison et taillé sept colonnes. La Bible de Jérusalem a une excellente note que je vous livre : « Pour les chrétiens, cette maison dont les colonnes rappellent les sept jours de la création et les sept patriarches d’Adam à Moïse, est le corps du Christ, temple nouveau. »

Saint Augustin à propos de ces sept colonnes dit qu’il s’agit d’un nombre mystérieux qui rappelle l'unité qui règne entre les Eglises; car sept est souvent pris pour le tout. Saint Jean écrit aux sept Eglises en qui se personnifie l'Eglise universelle; il les réfère aussi aux sept opérations de l'Esprit-Saint : sagesse, intelligence, conseil, force, science, piété, crainte de Dieu. Sept colonnes qui soutiennent la demeure du Fils de Dieu, c'est-à-dire l'Eglise (Comm. Épître aux Galates).

Comment accomplir le pas considérable qui consiste à croire en la personne de Jésus, Messie, vrai Dieu et vrai homme présent dans l’Eucharistie?

L’Esprit-Saint peut seul nous permettre de franchir le pas, à reconnaître qui est Jésus, à le recevoir, le respecter et l’aimer dans son Eucharistie, manger son pain.

Il est Dieu créateur, mais en son humanité, il a été placé au centre de la création parce qu’il s’est abaissé, devenant obéissant jusqu’à la mort et la mort de la croix. Dieu l’a ressuscité d’entre les morts. La création visible, il en fait le temple de Dieu et il est au centre de ce monde mais aussi du monde invisible qu’il remettra entre les mains de son Père.

Qui peut nous aider à l’accueillir plus que Marie dont nous fêtions hier l’Assomption. Elle l’accueille en son sein, mais aussi dans l’Eucharistie et l’y reconnaît plus que tous. Le Pape François a dit lors de l’Angélus d’hier que  le motif le plus vrai de la grandeur de Marie et de son bonheur est la foi.  «Bienheureuse celle qui a cru en l'accomplissement de ce que le Seigneur lui a dit" (Lc 1:45). La foi est le cœur de toute l'histoire de Marie; elle est une croyante, la grande croyante. Elle croit dans les promesses de Dieu. Il n’abandonne pas ses enfants, humbles et pauvres, il vient à leur aide avec miséricorde, avec bonté. Marie participe à la construction de l’Eglise dont elle est l’image. Cette Eglise est parfois méprisée. Léon Bloy dans son livre intitulé « La femme pauvre » disait (en 1897) : Aujourd’hui cette   Église, dont je suis bien forcé de parler sans cesse, … a été lâchée par tous les peuples, sans exception. Ceux qui ne l’ont pas expressément, officiellement reniée, la jugent très âgée et se préparent, en fils pieux, à l’ensevelir de leurs propres mains. Autre génération, mais attitude vraiment différente aujourd’hui ?

A quoi sert la miséricorde sinon à relever l’Eglise, à retrouver la foi en celui qui ne renonce jamais à nous relever et à nous rappeler qui nous sommes pour lui. Il ne nous abandonne jamais. Il nous invite à sa table et à son festin. La Sagesse a dressé sa table et mélangé son vin.

L’Assomption de Marie est une image de la gloire qui attend l’Eglise, la femme pauvre à nos yeux. Que Marie nous obtienne d’accueillir le cœur ouvert les dons que Dieu nous réserve à sa table. Amen.

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PAX

23 août 2015 - 21ème dimanche du Temps Ordinaire
 

1ère lecture : « Nous voulons servir le Seigneur, car c’est lui notre Dieu » (Jos 24, 1-2a.15-17.18b)
2ème lecture : « Ce mystère est grand : je le dis en référence au Christ et à l’Église » (Ep 5, 21-32)
Evangile : « Seigneur, à qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle » (Jn 6, 60-69)
 

Homélie

Frères et Sœurs,

Aujourd’hui se conclut  la lecture du sixième chapitre de l'Evangile de Jean, et du discours sur le «pain de vie». « Toutes les paroles que je vous ai dites sont esprit et elles sont vie. » nous a dit le Seigneur. Pourtant ses ont provoqué le scandale, la division…    « Celui qui mangera mon corps et boira mon sang aura la vie éternelle. » Cela heurterait pour le moins une âme sensible. Quand on ne comprend pas, on s’émeut, on secoue la tête, on s’en va tout triste, comme le jeune homme riche. Jésus n’est pas un adepte du parler soft. Il met ses auditeurs en position de lui dire non. Il est loin d’utiliser la méthode Coué et d’aller dans leur sens, avec des réponses à voix haute du genre « Tu as raison » et un complément en pensée « mais c’est complètement faux ». Un commentateur parle même d’effet désastreux de l’intervention de Jésus. Elle provoque une crise grave dans son ministère. Cela paraît presque incompréhensible, il concentre toute son attention sur ses disciples et fait fuir la foule.

Il y a schématiquement trois types de réactions à ses propos : On s’écarte en haussant les épaules et en faisant peut-être entendre des doutes basés sur les apparentes bizarreries de l’orateur. Un miracle tel celui de la multiplication des pains et des poissons, cela invite tout de même à une certaine prudence, sait-on jamais. Une autre attitude est de crier qu’il s’agit là de la mise en œuvre de forces du mal, de Béelzéboul. Ceux qui s’opposent à Jésus vont faire usage contre lui de ses paroles.

Jésus va jusqu’à  provoquer ses Apôtres, il les met à l’épreuve… « Et vous, voulez-vous vous en aller ? » Il va obtenir la réponse qu’il attend, la foi. Les apôtres et disciples ne comprennent pas plus que les autres, mais ils prennent une autre option : rester avec le Seigneur. Pierre commence par dire : « A qui irions-nous ? » c’est une question qui pourrait être la nôtre. Une sorte de brouillard s’est posé aujourd’hui sur la question fondamentale de la vérité et de la foi, véhiculée par la culture. Jésus dit à notre temps : « Je suis né et je suis venu dans ce monde pour rendre témoignage à la vérité. Quiconque est de la vérité écoute ma voix… ». Nous connaissons la réponse de Pilate : « Qu’est-ce que la vérité ? ». L’attitude de celui-ci est presque analogue à celle de nos commentateurs de médias. « Les uns disent ceci, les autres cela » et nous, nous continuons dans notre ligne.

Sommes-nous donc si différents et tellement plus remarquables ? « A qui irions-nous ? » ou « Qu’est-ce que la vérité ? » Ne sommes-nous pas tous pauvres et démunis ? Incapables de suivre sans aide ? Notre Evangile devrait se terminer avec une allusion de Jésus à Juda : « N’est-ce pas moi qui vous ai choisi… et pourtant l’un d’entre vous est le diable. »

Pierre confesse que Jésus est le saint de Dieu. Il lui fait confiance, il comprendra plus tard. Jésus énonce des paroles mystérieuses…, mais ils savent qu’ils doivent encore apprendre à le connaître. Ils ont vu tant de merveilles. Quelles sont celles qui nous aidés nous à avancer, la main de Dieu dans nos vies ? Si les Apôtres sont désorientés, ce n’est que pour un temps, et la foi comme la chaîne d’une sorte d’ancre évite au bateau de partir à la dérive. L’ancre, c’est le Christ qui a traversé la mort. Cette ancre fonctionne à l’inverse d’une ancre habituelle, elle ne descend pas au fond de la mer, mais traverse les cieux, où Jésus Miséricordieux veille et nous attend, il nous tire vers le haut. Nous avons bien besoin de cette aide.

Où Jésus veut-il amener les Apôtres ? Les Juifs du temps de Jésus percevaient qu’il y avait une référence à la fin des temps lors du miracle de la multiplication des pains, c’était une sorte de signe accompagnant la venue du Messie. Avec Jésus présent dans l’eucharistie, c’est aussi une réalité nouvelle qui est annoncée. Avec lui, il n’est pas possible d’en rester aux apparences du pain et du vin. Jésus étant ressuscité, l’éternité entre dans le temps, par l’eucharistie, il entre maintenant en nous, pour nous, et nous transforme. Mais en même cette éternité cohabite avec le mal, la souffrance et même la mort… laquelle doit être vaincue en nous, sinon l’éternité n’en est pas une. Avec Jésus, avec l’eucharistie, elle commence pour nous.

Grâce au Seigneur, notre tête est déjà dans les cieux depuis l’Ascension, mais nous qui sommes en croissance avons à parcourir une route qui ne peut l’être qu’avec une aide, comme pour Pierre et les apôtres. « Tandis que le Christ (est) saint, innocent, sans tache (He 7, 26)… l’Église, elle, enferme des pécheurs dans son propre sein, elle est donc à la fois sainte et toujours appelée à se purifier. », dit Lumen Gentium. Cette purification se produit donc dans l’Eglise elle-même, avec la confiance et la certitude que Dieu est un Père aimant. Il nous a appelé, il nous aide. « Tous les membres doivent se conformer (au Christ) jusqu’à ce qu(’il) soit formé en eux (cf. Ga 4, 19). » « Encore en pèlerinage sur la terre, mettant nos pas dans la trace des siens, à travers la tribulation et la persécution, nous sommes associés à ses souffrances comme le corps à la tête, unis à sa passion pour être unis à sa gloire (cf. Rm 8, 17). »

Nous avons célébré hier dans l’octave de l’Assomption, la fête de Marie Reine de l’Univers. Nous nous confions encore aujourd’hui à celle qui est notre refuge. Qu’elle  nous obtienne grâce, consolations et encouragements pour partager un jour la joie qui est la sienne, maintenant et toujours. Seigneur, fais grandir en nous la foi. Amen.

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Sainte Catherine de Sienne ; La Bible de la Liturgie ; AELF