Homélies décembre 2014
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Horaire des célébrations

CHAPELLE NOTRE-DAME DU VORBOURG

DÉCEMBRE 2014

 

Dimanche

7 Décembre

Messe

Chapelet

09h30

15h30

2ème Dimanche de l'Avent

Lundi

8 Décembre

Messe

09h30

Immaculée Conception
de la Bienheureuse
Vierge Marie

Mardi

9 Décembre

Messe

18h00

S. Juan Diego Cuautltoatzin

Mercredi

10 Décembre

Messe

8h30

férie de l'Avent

Jeudi

11 Décembre

Messe

8h30

S. Damase 1er, pp.

Vendredi

12 Décembre

Messe

8h30

férie de l'Avent

Samedi

13 Décembre

Messe

8h30

Ste Lucie, v.m.

Dimanche

14 Décembre

Messe

Prière Mariale

09h30

15h30

3ème Dimanche de l'Avent

Lundi

15 Décembre

Messe

08h30

férie de l'Avent

Mardi

16 Décembre

Messe

18h00

férie de l'Avent

Mercredi

17 Décembre

Messe

8h30

O Sapientia

Jeudi

18 Décembre

Messe

8h30

O Adonaï

Vendredi

19 Décembre

Messe

8h30

O Radix

Samedi

20 Décembre

Messe

8h30

O Clavis

Dimanche

21 Décembre

Messe

Chapelet

09h30

15h30

4ème Dimanche de l'Avent

Lundi

22 Décembre

Messe

08h30

O Rex

Mardi

23 Décembre

Messe

18h00

O Emmanuel

Mercredi

24 Décembre

Messe

8h30

Messe de la Vigile de Noël

Jeudi

25 Décembre

Messe de la Nuit

Messe du Jour

00h00

9h30

 

LA NATIVITÉ DU SEIGNEUR

Vendredi

26 Décembre

Messe

8h30

S. ETIENNE, protom.

Samedi

27 Décembre

Messe

8h30

S. JEAN, ap.

Dimanche

28 Décembre

Messe

Prière Mariale

09h30

15h30

LA SAINTE FAMILLE

(Les Saints Innocents)

Lundi

29 Décembre

Messe

08h30

S. Thomas Becket, év. m.

Mardi

30 Décembre

Messe

18h00

Octave de la Nativité

Mercredi

31 Décembre

Messe

8h30

S. Sylvestre, pp

Jeudi

1er Janvier

Messe

9h30

Sainte Marie Mère de Dieu

Vendredi

2 Janvier

Messe

8h30

SS. Basile le Grand, et Grégoire de Nazianze

Samedi

3 Janvier

Messe

8h30

Le Saint Nom de Jésus

Dimanche

4 Janvier

Messe

Chapelet

09h30

15h30

 L'EPIPHANIE DU SEIGNEUR

 Intentions du Pape François pour le mois de décembre


- DÉCEMBRE 2014

Générale : Noël, espérance pour l'humanité
Pour que la naissance du Rédempteur apporte paix et espérance à tous les hommes de bonne volonté.

Missionnaire : Les parents
Pour que les parents soient d'authentiques évangélisateurs, transmettant à leurs enfants le don précieux de la foi.


Homélies et mots spirituels au Sanctuaire

 

+ PAX

Annonciation du Seigneur

Frères et Sœurs, 

L’Immaculée Conception de Notre-Dame est  l’aurore du salut. Elle est un mystère de joie nous disait le pape Benoît dans une de ses prières. O Marie, Vierge Immaculée, , le mystère de ton Immaculée Conception est source de joie et d’espérance pour tous les rachetés. Nous te saluons et t’invoquons avec les paroles de l’Ange : « Comblée de grâce » (Lc 1, 28), le plus beau nom, par lequel Dieu lui-même t’a appelée depuis toute éternité.

Les textes de la liturgie d’aujourd’hui décrivent les merveilles que le Seigneur a faites pour Marie. « Chantez au Seigneur un chant nouveau, car il a fait des merveilles. » En elle  sont manifestées sa victoire et sa justice, sa fidélité, son amour pour la maison d’Israël, mais aussi pour la terre toute entière et donc pour chacun de nous. Il vient faire toutes choses nouvelles et commence par préparer une demeure digne de Lui à son Fils. Il ne choisit pas de lui offrir un palais, une suite princière, une armée de valeureux soldats ou de serviteurs, pas même de gardes suisses pour veiller sur lui, mais une mère exempte de tout péché et même de ce mystérieux péché originel. Il choisit de faire d’elle son premier chemin vers les hommes.

L’ange Gabriel dans l’Evangile nous a donné une clef pour entrer dans la connaissance de cette mystérieuse relation entre Dieu et Marie : « Je te salue, Comblée-de-grâce, le Seigneur est avec toi. » On pourrait prendre cette salutation comme un bonjour, plein de respect et d’attention, de ceux qu’on adressait aux demoiselles d’autrefois. « L'Ange était descendu porté sur ses ailes de feu et inondant de clartés divines la demeure et l'esprit de Marie. », nous dit saint Augustin.  « A l'aspect de l'ange, la Vierge se trouble et se demande quelle peut être cette bénédiction. »

Pourquoi le Seigneur avait-il préparé Marie en la préservant de toute tache ? Sinon pour qu’elle puisse donner un oui qui soit ce qu’il y avait de plus parfait depuis la création du monde, l’antithèse de la désobéissance de l’homme et son antidote.  « Que tout se passe pour moi selon ta parole. » Elle ne veut pas se faire prier, elle est la servante du Seigneur , elle veut de tout son être adhérer à ce que le Seigneur lui demande. C’est un oui très humble, une réponse d’amour parfaite. Le Seigneur s’est préparé en elle, un chemin joyeux, sa voie royale, et un appel auquel il ne pourrait résister. A notre nature humaine qui aime parfaitement, il ne peut que répondre parfaitement, Marie est irrésistible, comme le sera encore plus pour son Père, le Fils qui se fait homme. Il est le nouvel Adam, lui qui vient parmi nous, qui prend un corps : « Je viens pour faire ta volonté. » L’Immaculée Conception sert à cela, accueillir le Fils de Dieu qui se fait homme.

Le Pape Pie IX, avec le langage de l’époque,  nous explique dans sa fameuse bulle Ineffabilis Deus, la finalité de cette action de Dieu et ce que Notre-Dame accomplira par sa réponse. Comme le Christ, médiateur entre Dieu et les hommes, détruisit, en prenant la nature humaine, l'arrêt de condamnation qui était contre nous et l'attacha triomphalement à la croix ; ainsi la Très Sainte Vierge, unie étroitement, unie inséparablement avec lui, fut, par lui et avec lui, l'éternelle ennemie du serpent venimeux, le vainquit, le terrassa sous son pied virginal et sans tache, et lui brisa la tête[ 16].  Entre Marie et le serpent, c’est la guerre… C’est un peu la mode de voir des dames foudroyantes de nos jours. Marie mène aussi sa guerre, mais avec d’autres armes, des armes spirituelles.

Je vous rappelle le contenu de sa formulation que nous aimons régulièrement entendre : Nous déclarons, Nous prononçons et définissons que la doctrine qui enseigne que la Bienheureuse Vierge Marie, dans le premier instant de sa Conception, a été, par une grâce et un privilège spécial du Dieu Tout-Puissant, en vue des mérites de Jésus-Christ, Sauveur du genre humain, préservée et exempte de toute tache du péché originel, est révélée de Dieu, et par conséquent qu'elle doit être crue fermement et constamment par tous les fidèles[29]. 

Depuis le temps que nous célébrons ensemble l’Immaculée Conception, vous aurez peut-être retenu que cet enseignement sur Marie a un lien avec le concile de Bâle en 1439. Dom Guéranger qui n’est plus à présenter avait rédigé un recueil, un mémoire sur l’Immaculée et en parlait ainsi : À l’époque où il rendit cette décision, le concile de Bâle était acéphale, et il ne représentait plus que lui-même, c’est-à-dire une assemblée schismatique et scandaleuse.  Délicieux langage expressif du 19ème siècle.  Le temps n’était pas venu, les vives discussions sur ce sujet étaient signes d’un mûrissement et d’une pacification nécessaires.  L’Immaculée commençait à être plus présente dans l’art. Les amateurs de représentations religieuses savent qu’avant celles, indispensables, de Notre-Dame de Lourdes en toutes matières, il en existait d’autres. Les artistes anciens sur verre et tous autres supports exprimaient la conception de Marie par un baiser échangé entre Anne et Joachim devant la porte dorée à Jérusalem.   C’est au 15ème siècle époque de ce même concile qu’elles prirent leur essor. Pour la conception de Jésus ,  Marie est représentée disant son oui en présence de l’ange. On devrait éviter pour cette raison les représentations de Marie et Joseph imitées de celles d’Anne et Joachim. Cette époque (15e s.) a vu aussi une expansion de la représentation de l’arbre de Jessé, père de David, illustrant le passage connu de l’Ecriture lu durant le temps de l’Avent : « Un rameau sortira de la souche de Jessé (Is 11, 1-2) ». Depuis ce temps-là, Marie y figure souvent, tenant Jésus enfant dans ses bras. La question de l’Immaculée, très délicate, était en ébullition chez les théologiens...

Nous pourrions nous interroger non sur le 15ème et le 19ème siècle, mais aujourd’hui sur la grâce d’avoir pour Mère, Marie l’Immaculée, puisque Jésus nous l’a donnée à chacun personnellement, ainsi qu’à toute l’Eglise. A quoi le privilège de l’Immaculée nous sert-il en 2014 et bientôt 2015 ? Ne serait-il pas dépassé ? Vatican II le cite pourtant (LG 59). N’aurions-nous plus besoin de joie ? Si elle est absente, si nous préférons la tristesse, ne serait-ce pas en raison du fait que nous nous satisfaisons d’un culte à notre petit moi, à notre idole intérieure. Nous n’accueillons pas le tout autre et sa joie, Celui qui vient. Marie, l’Immaculée s’est faite le chemin de Dieu jusqu’à nous disait le pape François hier. Qui apportera au monde la joie de l’Evangile ? Jésus est notre joie, Marie est la source de notre joie.  Marie par sa conception immaculée, a été préservée de toutes les conséquences de la rupture avec Dieu, elle a donné son oui totalement et parfaitement, le Christ est venu et a donné sa vie, donc la source de notre joie continue à couler, sans se tarir. Nul ne peut l’arrêter. Dieu ne se laisse pas arrêter par la faute de l’homme, hier, aujourd’hui, demain à jamais.  N’en avons-nous pas perdu parfois conscience ? Ne préférons-nous pas les véritables ténèbres de notre idole, de notre moi intérieur, la satisfaction de notre goût du glauque, à la joie qui nous est proposée. L’humilité de Marie, à l’opposé de cette idolâtrie la fait se considérer comme la servante du Seigneur . Et nous ? On voit dans les actualités certaines personnes prêtes à un voyage sans retour vers Mars. Mais n’y aurait-il pas d’abord un autre chemin à préparer et à entreprendre ? Un chemin pour l’accueil d’une joie que nul ne pourra nous enlever ? Si le Seigneur a souhaité un tel état intérieur pour celle qui allait devenir la Mère de son Fils, n’est-ce pas aussi un signal pour nous qui avons été blessés par le péché ? Jésus vient nous réconcilier avec son Père, nous apporter la joie de la Bonne Nouvelle. Il s’agit de la partager, de la vivre ensemble. Evangéliser par attraction personnelle et communautaire pour transmettre la joie qui nous libère de nous-mêmes, de toute tristesse, dit  le pape François. Le privilège dont a bénéficié Marie est un signe pour nous, et une aide. Demandons à Marie aujourd’hui d’accueillir celui qu’elle va porter en elle. Il est le signe que Dieu nous donne.  Puisque tous les anges ont été ravis par l’Immaculée Conception de Marie,  puisque  son Fils l’a emportée dans son Assomption,  puisque la Trinité Très Sainte lui a donné le titre de Reine du ciel et des Anges, de Reine de l’Univers, ne devrions-nous pas tous les jours, lui demander de nous faire, un jour, entrer en participation plénière de cette joie céleste ?  

O Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous ! Amen, viens Seigneur Jésus. 

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+ PAX

3ème dimanche de l'Avent - B / 14 décembre 2014

Lectures de la messe du jour

1ère lecture : « Je tressaille de joie dans le Seigneur » (Is 61, 1-2a.10-11)
2ème lecture : « Que votre esprit, votre âme et votre corps soient gardés pour la venue du Seigneur » (1 Th 5, 16-24)
Evangile : « Au milieu de vous se tient celui que vous ne connaissez pas » (Jn 1, 6-8.19-28)
 

Frères Sœurs,

 Jean-Baptiste est encore là en ce dimanche, Gaudete, dimanche de la joie.  Pourquoi se réjouir ? Parce que le Seigneur est proche. « Soyez dans la joie du Seigneur, soyez toujours dans la joie, le Seigneur est proche nous dit l’antienne d’ouverture. » 

Jean est soumis à un véritable interrogatoire par les Juifs, nous dit l’Evangile, c’est-à-dire par les autorités religieuses qui ne crurent pas en Jésus. L’esprit du mal est là, déjà à l’œuvre, prêt à s’opposer au Messie qui allait venir et le guettant.  Vous remarquerez une obscurité dans la traduction, on nous dit un peu plus bas que ces interlocuteurs avaient été envoyés de la part des pharisiens. La Bible de Jérusalem a préféré parler d’un autre groupe constitué de pharisiens, « On avait envoyé des pharisiens », ou encore, « Or, certains des envoyés étaient des pharisiens ». Même avec une nouvelle traduction liturgique, il ne sera pas enlevé à nos exégètes la joie de longues discussions encore, même sur le grec.

Les interrogations de ces Juifs paraissent constituer une véritable tentation pour le Baptiste. Mais il aime la vérité comme personne avant lui, il est humble et affirme qu’il n’est pas le Messie, mais celui qui le précède, l’annonce et l’attend de toute son âme. Sa joie  il la met dans le Messie qui vient, le Bien-Aimé, en celui dans lequel Dieu lui-même a mis toute sa joie. Les pharisiens font une réflexion curieuse, qui nous fait toucher du doigt le fait que l’Evangile n’est pas simplement une sorte de chronologie historique : « Pourquoi donc  baptises-tu si tu n’es ni le Messie, ni le Christ, ni Élie, ni le Prophète ? » Jean répond qu’il ne baptise que dans l’eau.  Cela ne peut signifier dans la pensée de l’Evangéliste qu’il ne s’agit que d’un baptême d’initiation en vue du baptême dans l’Esprit L’ancien pape Benoît nous disait que le baptême n’était pas prévu par la Torah. Il était une manifestation personnelle de repentir, alors que le repentir était plutôt envisagé liturgiquement de manière collective chez les juifs. Pour que le baptême prenne son sens plénier, il fallait l’intervention de Jésus et son action, Dieu seul pouvant pardonner les péchés.  Plus loin, Jean-Baptiste voyant Jésus venir à lui, dit : « Voici l’agneau de Dieu, celui qui enlève le péché du monde. » Y a-t-il un motif plus profond que celui-là à la joie de celui qui est l’ami de l’époux ? Le Messie vient, Dieu vient visiter son Peuple et le sauver, lui apporter la réconciliation. Il vient faire de tous les hommes son Peuple.

Lorsque Jésus commence son ministère, Jean est « ravi de joie à la voix de l'Epoux ». Paul VI l’avait fait remarquer dans son exhortation « gaudete in domino ».

Saint Paul nous transmet ce message d’amitié retrouvée avec Dieu. Il est déjà venu et nous sommes tenus de faire tout ce qui est en notre pouvoir pour la conserver. « Soyez saints, car moi, je suis saint ».  La joie est donc une conséquence de la sainteté « Soyez toujours dans la joie, priez sans relâche, rendez grâce en toute circonstance », discernez ce qui est bon et qui ne l’est pas… Nous pouvons ajouter après avoir entendu la réponse de Jean : - Qui est Dieu et qui ne l’est pas ! Jean n’est pas le Messie, Jean ne se prend pas pour Dieu, il ne se met pas à sa place, il ne s’adore pas lui-même.

La joie véritable ne peut survenir que lorsque la paix avec Dieu est établie ou rétablie.

Le prophète Isaïe annonçait ce jour dans la première lecture. Le Messie vient, « L’esprit du Seigneur Dieu est sur moi parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction. » La TOB a traduit : « le Seigneur a fait de moi, un messie », il a reçu l’onction de joie, l’huile d’allégresse pour transmettre cette joie. L’Esprit-Saint a cette étrange faculté de pouvoir donner la joie dans les épreuves, il donne la joie éternelle, celle de la rencontre avec Dieu.

Peut-être avez-vous remarqué encore l’usage du féminin dans ce passage « Car il m’a vêtue des vêtements du salut, il m’a couverte du manteau de la justice. » C’est parce que c’est Jérusalem qui parle, l’onction concerne le Christ, qui apporte la bonne nouvelle, la joie de la bonne nouvelle, mais elle concerne aussi Jérusalem qui tressaille de joie dans le Seigneur. Si le Magnificat de Marie nous a réjoui le cœur, en ce dimanche de la joie, sa joie est aussi la nôtre. Avec Marie portant le Christ en elle, n’y a-t-il pas d’image plus forte de l’Eglise ?  Ce n’est pas une image statique, ou celle d’un modèle prenant la pose. Marie est l’Eglise qui se réjouit, qui exulte en Dieu son Sauveur, mais aussi l’Eglise qui montre l’amour de Dieu aux hommes et qui l’annonce.

« La joie de l’Évangile remplit le cœur et toute la vie de ceux qui rencontrent Jésus. Ceux qui se laissent sauver par lui sont libérés du péché, de la tristesse, du vide intérieur, de l’isolement. Avec Jésus Christ la joie naît et renaît toujours. » Nous disait le pape François dans son exhortation sur la joie de l'Evangile.

L’Eglise ne s’annonce pas elle-même, mais elle annonce le Christ. Reconnaître nos limites et se laisser habiter par l’espérance, appeler sans cesse le Seigneur et l’annoncer ne peut qu’ouvrir le cœur à la rencontre de celui que Jean appelait de toutes ses forces.  Dirige notre joie vers la joie d’un si grand mystère : pour que nous fêtions notre salut avec un cœur vraiment nouveau, disait la prière d’introduction. La La joie que la liturgie réveille dans les coeurs des chrétiens n'est pas réservée à nous seuls:  elle est une annonce prophétique destinée à l'humanité tout entière, en particulier aux plus pauvres, dans ce cas aux plus pauvres de joie!  La joie doit être transmise et suscitée.

Les papes ont insisté sur la nécessité de retrouver la vraie joie et de la transmettre. Elle « n’est pas un simple état d’âme passager, ni quelque chose que l’on atteint de ses propres forces, mais elle est un don, elle naît de la rencontre avec la personne vivante de Jésus ». (Benoît XVI) » Comment va la joie dans nos familles  a demandé fréquemment le pape François? Quelle joie préparons-nous à donner pour Noël autour de nous?  Il faut de tout, y compris des animations, du travail et de la bonne volonté, mais en gardant au cœur la finalité qui est de se réjouir de la venue du  Seigneur ! Il est notre joie.  Mère de l’Évangile vivant, source de joie pour les petits,  prie pour nous.  Amen.

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 + PAX

21 décembre 2014 - 4ème Dimanche de l'Avent


Lectures de la messe du jour

1ère lecture : La royauté de David subsistera toujours devant le Seigneur (2 S 7, 1-5.8b-12.14a.16)
Le roi David habitait enfin dans sa maison.
2ème lecture : Le mystère gardé depuis toujours dans le silence est maintenant manifesté (Rm 16, 25-27)
Evangile : « Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils » (Lc 1, 26-38)
 

Frères et Sœurs,  

Il n’est pas toujours fréquent de voir une manifestation de reconnaissance pour une grâce obtenue, mais cela arrive. La tentation peut être grande d’en rester au lapidaire ça a marché ou ça n’a pas marché.  Après de nombreuses années passées à fuir et à combattre, David s’est construit une maison à Jérusalem récemment conquise. Il l’a fait en bois de cèdre nous est-il dit, le Liban voisin était un grand fournisseur. David se s’est senti prit par un sentiment de culpabilité et voulut remercier Dieu. Peut-être avait-il aussi une arrière-pensée, à savoir stabiliser l’arche et donc la présence de Dieu, là où il se trouvait.  Ca aurait été une manière de rendre Dieu captif, ainsi que sa bénédiction d’une certaine manière. Tout avait fini par si bien marcher, nous pouvons comprendre. Mais impossible de capturer Dieu et de mettre la main sur Lui. Nous connaissons l’histoire, David étant un homme de sang, ce sera Salomon, dont le nom signifie homme de paix qui construira ce fameux temple. Dieu lui fait une promesse,  qui nous surprend nous aussi. Par la bouche de Nathan, il commence par lui dire que lui, installe définitivement son Peuple et qu’il lui fera lui-même une maison. Or, il en a déjà une qu’est-ce que cela peut donc dire ? C’est une prophétie qui annonce la naissance de Jésus. Moi, je serai pour lui un père ;  et lui sera pour moi un fils. Les rois aimaient à prendre le titre de fils de Dieu. Aujourd’hui cela ne déplairait pas aux détenteurs de tout pouvoir exécutif  qui en apprécie les fumets. La maison  de David  subsistera toujours en la personne du Christ qui va venir. Son corps est le Temple de Dieu. Comment cette promesse a-t-elle été comprise ? Comme une royauté temporelle, il nous suffit de relire les Evangiles. C’était bien plus et tout autre chose!  

Dieu entre dans la maison de David et l’établi définitivement au moment de l’Incarnation, puis lorsque Joseph prend chez lui Marie son épouse.  Joseph appartient à la maison de David, et c’est lui qui y introduit son épouse et le Fils de Dieu. J’aime beaucoup à ce propos l’image de l’arbre de Jessé qui figure fréquemment sur les vitraux de certaines églises. La collégiale de la capitale de l’ancien canton et capitale fédérale qui fut catholique, ose-t-on le rappeler en mentionnant aussi la fameuse lettre de Nicolas de Flüe aux bernois (il insiste sur la nécessité de conserver la foi), en possède un de remarquable sur ce sujet du 15ème siècle.  On y voit Jessé, le père de David entouré simplement de deux rois et au-dessus, l’Annonciation, la Nativité, les Rois Mages, l’enfance du Christ… etc… L’interprétation de la promesse de Dieu est donnée.

Marie, l’Immaculée après son dialogue avec l’ange a donc conçu sous l’action de l’Esprit-Saint celui en qui se réalisent les promesses faites à David. Elle est aussi le temple de l’Esprit-Saint et même l’arche d’alliance.  Car en elle prend chair et vient demeurer celui qui sera bien plus que des tables de pierre et le bâton de Moïse, celui qui détient par nature toute autorité au ciel et sur la terre, celui qui brisera les portes de l’enfer. Plus de pierres, mais l’annonce que l’unique loi de Dieu est celle de l’amour. En Lui Dieu dévoile son mystère le plus profond, Dieu est amour.  

Le mystère, caché depuis les siècles, est maintenant révélé nous dit un commentateur. Saint Paul,  ne peut retenir son admiration devant la réalisation de ce plan divin de reconstruction élaboré par Dieu, annoncé au moment même de la faute dans la promesse faite à Eve, réalisé dans le silence à travers les siècles.  Retenons l’extraordinaire conclusion de sa Lettre aux Romains, dans la traduction liturgique officielle : Mystère porté à la connaissance de toutes les nations pour les amener à l’obéissance de la foi, à Celui qui est le seul sage, Dieu, par Jésus Christ,  à lui la gloire pour les siècles.

Royale conclusion sous une forme inattendue qui passera par la croix, la résurrection et l’obéissance  de la foi pour que celui est sans commencement ni fin devienne tout en tous.

O Orient, resplendissement de la lumière éternelle, soleil de justice. Viens et illumine ceux qui se tiennent dans les ténèbres et l'ombre de la mort. Dit l’antienne « O » de ce 21 décembre. Le Christ à la fin des temps, par le resplendissement de sa lumière aura définitivement raison des ténèbres qui obscurcissent encore les âmes et les coeurs.

Dieu vient nous guérir et guérir le cœur de l’homme, mais aussi la famille et pour le faire il vient lui-même en envoyant un autre lui-même son propre Fils. Il ne demande pas à David de lui construire simplement un temple de pierre, mais il veut se construire lui-même une demeure en nous, s’établir définitivement en nous. Il veut guérir également nos familles. Dieu a choisi de naître dans une famille humaine, qu’Il a lui-même formée, nous a rappelé le Saint-Père dans sa catéchèse de mercredi.  Il veut réfléchir  encore avec nous cette année, sur la famille, sur ce grand don que le Seigneur a fait au monde dès le début, quand il confia à Adam et Eve la mission de se multiplier et de remplir la terre (cf. Gn 1,28). Don que Jésus a confirmé et scellé dans son Evangile.  L’incarnation du Fils de Dieu marque un nouveau départ dans l’histoire universelle de l’homme et de la femme. Et ce nouveau départ a lieu au sein d’une famille. Réfléchissons simplement à ce que cela implique. Sommes-nous capables et au moins déjà simplement désireux de faire de la place à Jésus qui vient, l’accueillir au sein de la famille, en la personne des enfants, de l’époux, de l’épouse, des grands-parents ...  Accueillir Jésus là, c’est le seul moyen pour qu’il grandisse spirituellement dans notre famille. Comment répondons-nous à ce que dit l’ange qui annonce cette guérison possible, qui nous dit que « rien n’est impossible à Dieu. » Amen.

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+ PAX - Noël - Messe de la Nuit

1ère lecture : « Un enfant nous est né » (Is 9, 1-6)
2ème lecture : « La grâce de Dieu s’est manifestée pour tous les hommes » (Tt 2, 11-14)
Evangile : « Aujourd’hui vous est né un Sauveur » (Lc 2, 1-14)
 

« Je vous annonce une Bonne Nouvelle, qui sera une grande joie pour tout le peuple. »  Frères et Sœurs, n’est-elle pas curieuse cette Bonne Nouvelle ?

Qu’est-ce donc ? Un événement apparemment banal, même si une naissance ne l’est pas tout à fait. Il est extraordinaire  et s’est passé très discrètement, dans un lieu caché, dans une étable obscure, d’un petit bourg perdu aux frontières du désert. Il n’est pas sans histoire pour qui le connaît, c’est la ville du roi David.  La tradition nous dit que cela s’est passé dans la nuit, sans témoin. Une naissance…  Je ne sais pas si vous avez demandé à votre maman l’heure de la vôtre ou si vous l’avez consultée sur un registre d’état civil ou un extrait.  Je doute que beaucoup l’aient mémorisée. Peut-être des anges ont-ils accompagné votre première vocalise ? Pourquoi pas, mais ils ont été certainement  plus discrets qu’à Noël.  Comment l’événement fêté ce soir s’est-il produit ? Qui est donc né ? C’est  une administration et ses impératifs qui avait mis Marie et Joseph en marche. A entendre l’Evangile, elle aurait extérieurement déterminé la naissance de Jésus. Le fisc impérial, déjà…  Pourquoi, sinon dans ce but effectuer un recensement ?  Cette décision n’a été qu’un instrument. Marie une fois de plus, avait pris la route en direction de Jérusalem, puis de Bethléem, mais accompagnée de Joseph. Point d’internet, ni de téléphone en ce temps-là pour faire une réservation. Il fallait être riche ou un personnage important pour envoyer des messagers devant soi et préparer un lieu confortable.  Marie et Joseph étaient modestes et faisaient confiance à Dieu pour cet événement qui allait compter plus que tout autre pour chacun de nous.

Joseph était donc  venu se faire recenser à Bethléem dans la ville de David. Il est assez curieux de constater que non seulement Joseph et Marie ne trouvèrent pas de lieux dans la salle commune, mais que l’Evangile ne mentionne personne dans la proche parenté qui les aurait aidés. Il est pourtant de la famille de David, et ceux qui se réclament de lui, devraient être attentifs à cette petite famille. Le Seigneur demandera plus tard avant la Pâque :  « Où est ma salle où je pourrai manger avec mes disciples. » (22,11).  C’est le même mot en grec, qui sera utilisé (kataluma).   A ce moment-là,  il y sera accueilli. Toutefois, nous dit saint Jean, « Il est venu chez lui, et les siens ne l’ont pas reçu (Jn 1,11). Il s’agit du drame qui se joue en cette nuit très sainte.  Marie nous dit saint Luc très sobrement, mit au monde son fils premier-né. Lors de son annonce, l’ange avait dévoilé son nom et sa destinée à Marie, puis à Joseph.

Vient une autre annonce dont Dieu prend l’initiative, en envoyant une fois de plus, son ange, son messager à des bergers. Ils étaient considérés comme des moins que rien en ce temps-là, passant leur vie aux champs en demi-sauvages.  Pourtant mille ans auparavant, David, le petit dernier de sa famille, dont le nom signifie le bien-aimé, fut gardien de troupeau.  Était-ce un travail honorifique qu’on lui avait donné ?

En Terre Sainte, à la naissance de Jésus, selon les circonstances météorologiques, les troupeaux peuvent encore être à l’extérieur.  C’est à des bergers en premier lieu que l’ange annonce une bonne nouvelle, dit l’Evangile, la bonne nouvelle. Littéralement il les évangélise,  « j’annonce une bonne nouvelle » à vous une joie grande pour tout le peuple. A leur méga peur, la trouille de leur vie, voici que succède une méga joie, une grande joie. Comme l’ange a reçu une mission de la part de Dieu, ils en reçoivent une, porter cette bonne nouvelle après avoir constaté sa véracité, le Christ est né, il est couché dans une mangeoire.  Pour eux, ce fut une révélation que cette annonce, mais encore plus, la rencontre avec le nouveau-né. « Nous avons vu et nous avons cru. »  

Devant tous les enfants, nous éprouvons un attendrissement, les commentaires vont bon train dans toutes les familles et l’entourage, mais là, ce qu’il y a de curieux est le fait de ne rencontrer aucune mention de la famille de Joseph. N’est-ce pas aussi un signe pour nous, déjà ? Dieu se constitue une nouvelle famille, un Peuple nouveau avec ceux qu’il appelle.  Il révèle qui il est à ses messagers et eux apportent à tout le peuple, la Bonne Nouvelle, la joie de l’Evangile.  Nous faut-il aller à Bethléem pour entendre un écho du message des anges et des bergers ? Pourquoi pas, même si la vie est loin d’y être facile. Les pèlerinages ont eu lieu à Bethléem chaque fois qu’un temps de paix était possible. Saint Jérôme qui avait établi un monastère dans l’environnement immédiat de la grotte au 4ème siècle pour y traduire la Bible avait écrit ceci à une grande dame romaine pour l’inviter à y venir : Quelle idée assez grande puis-je vous inspirer de cet endroit, notre petit bourg de Bethléem et la demeure de Marie où le Sauveur du monde est né, et de cette crèche où il jeta ses premiers cris? Il vaut mieux ne rien dire d'un lieu si saint, que de n'en point dire assez…  C'est à Bethléem, c'est dans ce petit coin de la terre que le Créateur du ciel a voulu naître; c'est là qu'il a été enveloppé de langes; c'est là que les bergers l'ont   vu, que l'étoile l'a fait connaître, qu’il est descendu des étoiles, que les mages l'ont adoré. C’est ici que nous voulons le consoler : Tu pleures parce qu’après d’aussi grandes preuves d’amour, tu te vois si peu aimé de moi, ingrat que je suis! O bien-aimé de mon âme, s’il en a été ainsi autrefois, tout a aujourd'hui bien changé. Enfant, sèche tes pleurs, car je t’aime, je t'aime ! Disait saint Alphonse.

 Qu’ajouter à cela ? Sinon qu’il nous invite tous à  l’accueil d’une joie spirituelle et vivante qui ne peut s’effacer ni disparaître.  Voilà pourquoi nous vivons  ensemble, en Eglise, cette nuit bénie où Jésus, le Fils unique du Père vient à notre rencontre et se fait l’un de nous, nous ouvrant la porte du ciel. Quelle est l’utilité de cette famille, de nos familles de la terre ? A l’accueillir, donc à s’entraider et à aider chacun de ses membres non seulement à parvenir à l’âge adulte mais encore à mener une vie où il puisse réaliser la mission que Dieu lui donne.  Elles doivent être un tremplin vers le ciel. Il s’agit de pouvoir un jour entrer en possession de toute la joie que pourra nous donner la vision de celui qui est Notre Père. Il vient pour cela ce tout-petit dans la crèche. Il nous demande notre cœur et nous donne le sien, pour parvenir au plus haut des cieux.  Que pourrons-nous faire alors ? Participer aux chants du chœur des anges, proclamant la gloire de Dieu : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux,  et paix sur la terre aux hommes, qu’Il aime. » Amen.

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 + PAX La Sainte Famille Fête du Seigneur

28 décembre 2014

1ère lecture : « Ton héritier sera quelqu’un de ton sang » (Gn 15, 1-6 ; 21, 1-3) En ces jours-là, la parole du Seigneur fut adressée à Abram dans une vision  

Psaume : 104 (105), 1-2, 3-4, 5-6, 8-9 R/ Le Seigneur, c’est lui notre Dieu ; il s’est toujours souvenu de son alliance. 104, 7a.8a Rendez grâce au Seigneur, proclamez son nom, annoncez parmi les peuples ses hauts faits

2ème lecture : La foi d’Abraham, de Sara et d’Isaac (He 11, 8.11-12.17-19) Frères, grâce à la foi, Abraham obéit à l’appel de Dieu : > Evangile : « L’enfant grandissait et se fortifiait, rempli de sagesse » (Lc 2, 22-40) Quand fut accompli le temps prescrit par la loi de Moïse pour la purification,

 

Frères et Sœurs,

 Quelques réflexions d’ordre général pour cette Fête de la Sainte Famille,  la plupart ce matin sont en situation de dire leurs expériences passées sur un sujet qui leur a provoqué joies et peines. Les perspectives sont non seulement celles d’un regard sur le passé, mais vers un avenir plus rapproché.

De la famille, nous entendons beaucoup parler depuis une année, cela se produira cette année encore. Les focalisations médiatiques et autres se sont portées sur des points qui ne sont pas des plus centraux, ni des plus heureux. Si certains veulent consulter un état de la situation, ils ont la faculté de lire en ligne les lineamenta du prochain Synode sur le site du Vatican.  L’exercice ne peut qu’être profitable.  Les grands documents sont connus, Gaudium et Spes, Lumen Gentium même, Familiaris Consortio.  La famille y est qualifiée de “ voie de l’Église ”.

S’agissant plus spécifiquement de la fête d’aujourd’hui, un commentateur liturgique relève l'insistance du Pape Jean XXIII sur le renouvellement de la fête de la Sainte Famille. Il doit s’agir d’une allusion à son encyclique, Mater et Magistra, L’Eglise Mère et Educatrice de tous les Peuples.  Nous voilà fourni en matière de documents.  

La Sainte Famille englobe selon notre commentateur, trois personnes, Jésus, Marie et Joseph, dont on voudrait que la vie en commun soit un exemple efficace pour les familles d'aujourd'hui. Car chacun des membres de cette famille a vécu pour Dieu et pour l'autre, dans la simplicité de l'héroïsme, toujours sans panache, quand il est vrai. Belle formule…  

Cette année, la liturgie offre à notre méditation l’Evangile de la Présentation au temple, deux flambeaux prophétiques avec Anne et Siméon, y éclairent  celui qui est encore la lumière du monde, cachée au grand nombre.  Joseph et Marie prennent en charge l'éducation de celui qui devra sauver le monde, quelle responsabilité ! Mais une responsabilité qui s’accomplit dans la simplicité. Eduquer pour que soit mise un jour en pleine valeur la lumière elle-même… Non pas prendre sa place et la mettre sous le boisseau d’une tutelle perpétuelle, cela va de soi.

Tout enfant reçoit de ses parents et de la société, la nourriture, les soins, le vêtement et une éducation qui dans la mesure du possible lui permette de valoriser ses potentialités, et de rendre à son tour pareils services.  J’aimerais aujourd’hui simplement souligner un élément un peu oublié parfois de ce « vivre ensemble » familial. N’y-a-t-il pas un service que l’on puisse se rendre entre parents et enfants ? Celui de l’amour et du respect mutuel, me direz-vous ? Certes, mais quelle est la finalité ?

Pour essayer de l’illustrer, j’ai essayé d’attirer l’attention sur un commentaire de saint François de Sales parlant d’une famille de cigogne, ce qui m’a permis de redécouvrir une source intéressante. Vous avez peut-être remarqué l’usage que l’on fait dans notre culture de bons sentiments et d’une place toujours plus importante donnée aux animaux, excessivement parfois, il est vrai.  En ce temps de Noël, les animations où ils figurent ne manquent pas pour les enfants, elles sont souvent techniquement fort bien faites d’ailleurs et charment aussi les adultes. Ils enseignent d’une certaine manière. Cette manière de faire se pratiquait aussi dans l’univers de la Grèce ancienne, puis chez les premiers chrétiens.  Sur ce sujet, on avait composé un ouvrage dans la région d’Alexandrie, d’autres disent en Syrie, un ouvrage appelé « Physiologos ». Voilà encore une occasion de nous rappeler le contenu des trésors dont nous sommes redevables à cette région du monde. Le Pape François a beaucoup insisté sur la situation des chrétiens là-bas, ce Noël encore. Spirituellement, nous sommes nés au Moyen-Orient d’abord, il ne faut pas l’oublier, même s’il n’y a pas de plus grand titre de gloire qu’être originaire de Châtillon, Moutier ou surtout Delémont et de toute l’Ajoie, sans parler des Franches-Montagnes, heureuses de ce temps de neige.

Dans cet ouvrage (le physiologos), qui n’a traversé pas encore tout à fait deux millénaires,  celui qui parle habille les bêtes sauvages en théologiens pour représenter les mystères chrétiens.  

La Cigogne, pour en venir enfin à elle et à notre imaginaire d’aujourd’hui,  paraît  attendre parfois à l’automne pour voir où elle va apporter les bébés du printemps. Ose-t-on rappeler qu’il en faut et que tous sont bienvenus, d’abord? On n’hésite jamais lorsqu’un enfant est là. Ce n’est pas notre sujet immédiatement.  Saint François de Sales, s’était inspiré de cette ancienne source  qu’est le Physiologos et certainement de saint Basile aussi,  donne une explication de son cru sur ces familles. « Les cigognes, dit-il, sont un vrai portrait de la mutuelle piété des enfants envers les pères, et des pères envers les enfants; car comme ce sont des oiseaux passagers, elles portent leurs pères et mères vieux en leurs passages, ainsi qu’étant encore petites leurs pères et mères les avaient portées en même occasion. »   (Traité de l’amour de Dieu Livre 7, ch. 13) Vous avez peut-être lu ce passage.  Saint Basile mentionne également une vieille cigogne déplumée que les jeunes entourent et assistent dans son voyage.

En poussant un peu plus loin et en nous laissant accompagner par saint François de Sales, on se rend compte que ce voyage, c’est en définitive la vie éternelle. Joseph va y entrer d’abord et Marie sera enlevée et accueillie par son Fils, lors de son Assomption. « Mes yeux ont vu le salut » s’exclame Siméon – « le salut  que [Dieu] préparait à la face des peuples » (Lc 2, 30).   

La vie éternelle, le salut, n’est-ce pas le but pour lequel nous devons dans chaque famille,  dans toute famille, nous entraider ?  « Les époux, dans leur amour mutuel, reçoivent le don de l’Esprit du Christ et vivent leur appel à la sainteté » (Instrumentum Laboris, 5). Et les enfants ? Ils doivent être accueillis comme le Christ petit enfant en personne.  Mais tous ont un but le bonheur et la vie éternelle, le Royaume. C’est d’ailleurs la conclusion de la prière après la communion. Nous demandons à Notre Père très aimant la grâce d’imiter la famille de son Fils, et de goûter avec elle, après les difficultés de cette vie, le bonheur sans fin.

Terminons ces quelques réflexions avec la première partie de la prière du Pape François pour le 1er Synode sur la Famille.

 

"Jésus, Marie et Joseph

en vous nous contemplons

la splendeur de l’amour véritable,

à vous nous nous adressons avec confiance.

 

Sainte Famille de Nazareth,

fais aussi de nos familles

des lieux de communion et des cénacles de prière,

des écoles authentiques de l’Évangile

et des petites Églises domestiques.

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 + PAX - Sainte Marie Mère de Dieu

 

 

Frères et Sœurs,

 Nous fêtons Marie Mère de Dieu en ce 1er janvier qui est aussi journée mondiale de la paix. Vous vous souvenez que ce titre remonte au Concile d’Ephèse qui eut lieu en 431. Marie est Mère non seulement de l’humanité du Christ, mais de sa personne, on ne peut séparer l’humanité du Seigneur et sa divinité. Le Concile Vatican II le mentionne au chapitre VIII de Lumen Gentium : La Vierge Marie en effet, qui, lors de l’Annonciation angélique, reçut le Verbe de Dieu à la fois dans son cœur et dans son corps, et présenta au monde la Vie, est reconnue et honorée comme la véritable Mère de Dieu et du Rédempteur.

Marie est la maman, la Mère de celui qui nous apporte la réconciliation avec son Père, la réconciliation entre Dieu et les hommes et consécutivement des hommes entre eux, puisque le péché est la cause originelle du mal qui frappe le monde et nous frappe chacun. Le pape François a rappelé de manière frappante le meurtre de son frère par Caïn durant son homélie de la nuit de Noël. « Ainsi, le cours des siècles a été marqué par des violences, des guerres, la haine et des abus. » A Noël et dans le temps de Noël, nous fêtons l’entrée du prince de la paix dans le monde.

Dans cette ligne, le pape François nous a proposé un message avec ce titre « Non plus esclaves mais frères ».  Le contexte des drames vécus en Méditerranée durant l’année 2014 et hier encore, fait que nous ne pouvons les éviter et encore moins « faire comme si de rien n’était » devant certaines formes d’esclavage contemporain visibles, mais les autres ?

Nous n’allons pas lire ensemble la totalité de ce que le pape veut nous dire, il faut vous référer aux publications sur internet. En voici simplement les grandes lignes et quelques extraits. Il demande d’abord d’être : À l’écoute du projet de Dieu sur l’humanité, puis décrit les multiples visages de l’esclavage hier et aujourd’hui. Il cherche ensuite à discerner quelques causes profondes de l’esclavage et sollicite de la part de tous un engagement commun pour le vaincre. Il veut de tout son cœur que soit globalisée la fraternité, mais non l’esclavage ni l’indifférence.

 « Je prie de manière particulière pour que, dit-il, répondant à notre vocation commune de collaborer avec Dieu et avec tous les hommes de bonne volonté pour la promotion de la concorde et de la paix dans le monde, nous sachions résister à la tentation de nous comporter de manière indigne de notre humanité. »

Voici un passage descriptif de divers types d’esclavages :

« Je pense aux nombreux travailleurs et travailleuses, même mineurs, asservis dans les divers secteurs, au niveau formel et informel. Je pense aussi aux conditions de vie de nombreux migrants qui, dans leur dramatique parcours, souffrent de la faim, sont privés de liberté, dépouillés de leurs biens ou abusés physiquement et sexuellement. »  Il y a ensuite toutes les conséquences consécutives à cette migration.

 « Je pense aux personnes contraintes de se prostituer, parmi lesquelles beaucoup sont mineures, et aux esclaves sexuels ; aux femmes forcées de se marier, à celles vendues en vue du mariage ou à celles transmises par succession à un membre de la famille à la mort du mari sans qu’elles aient le droit de donner ou de ne pas donner leur propre consentement.

Je ne peux pas ne pas penser à tous ceux qui, mineurs ou adultes, font l’objet de trafic et de commerce pour le prélèvement d’organes, pour être enrôlés comme soldats, pour faire la mendicité, pour des activités illégales comme la production ou la vente de stupéfiants, ou pour des formes masquées d’adoption internationale.

Je pense enfin à tous ceux qui sont enlevés et tenus en captivité par des groupes terroristes, asservis à leurs fins comme combattants ou, surtout en ce qui concerne les jeunes filles et les femmes, comme esclaves sexuelles. Beaucoup d’entre eux disparaissent, certains sont vendus plusieurs fois, torturés, mutilés, ou tués. »

« On ne devient cependant pas chrétien, fils du Père et frères dans le Christ, par une disposition divine autoritaire, sans l’exercice de la liberté personnelle, c’est-à-dire sans se convertir librement au Christ. Le fait d’être fils de Dieu suit l’impératif de la conversion : « Convertissez-vous, et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus-Christ pour le pardon de ses péchés, et vous recevrez alors le don du Saint Esprit » (Ac 2, 38). Tous ceux qui ont répondu, par la foi et dans la vie, à cette prédication de Pierre sont entrés dans la fraternité de la première communauté chrétienne (cf. 1 P 2, 17 ; Ac 1, 15.16 ; 6, 3 ; 15, 23) » 

Nous pouvons confier à Marie en cette année le soin de nous aider sur ce chemin de conversion. Nous devons nous rappeler lors des moments les plus ardus l’espérance qui nous a été donnée à Noël et avoir présent dans le cœur, toujours le témoignage des apôtres nous annonçant la résurrection de Jésus.  « Et le Verbe s’est fait chair, il a habité parmi nous, et nous avons vu sa gloire ». Comme garantie d’une bonne année 2015, je ne crois pas qu’il puisse y avoir quelque chose de plus fort. Amen.

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