Homélies décembre 2015
Précédente Accueil Suivante Célébrations

Chapelle N-D du Vorbourg / CH-2800 Delémont (JU) / tél/fax + 41 032 422 21 41

Accueil
Remonter
Homélies avril 2017
Homélies janvier 2016
Homélies avril 2016
Homélies mai 2016
Homélies juin 2016
Homélies juillet 2016
Homélies août 2016.htm
Intentions de prière 2016
Homélies janvier 2015
Homélies février 2015
Homélies mars 2015
Homélies avril 2015
Homélies mai 2015
Homélies juin 2015
Homélies juillet 2015
Homélies août 2015
Homélies septembre 2015
Homélies octobre 2015
Homélies novembre 2015
Homélies décembre 2015
Intentions de prière 2015
Homélies juillet 2014
Homélies août 2014
Homélies septembre 2014
Homélies octobre 2014
Homélies novembre 2014
Homélies décembre 2014
Intentions de prières 2014

 

CHAPELLE NOTRE-DAME DU VORBOURG

DÉCEMBRE 2015

Dimanche

6 Décembre

Messe

Chapelet

09h30

15h30

2ème Dimanche de l'Avent

Mardi

8 Décembre

Messe

Ouverture
du Jubilé

08h30

Immaculée Conception
de la Bienheureuse
Vierge Marie

Dimanche

13 Décembre

Messe

Prière Mariale

09h30

15h30

3ème Dimanche de l'Avent

Lundi

14 Décembre

Messe

08h30

férie de l'Avent

Mardi

15 Décembre

Messe

18h00

férie de l'Avent

Mercredi

16 Décembre

Messe

8h30

 

Jeudi

17 Décembre

Messe

8h30

O Sapientia

Vendredi

18 Décembre

Messe

8h30

O Adonaï

Samedi

19 Décembre

Messe

8h30

O Radix

Dimanche

20 Décembre

Messe

Chapelet

09h30

15h30

4ème Dimanche de l'Avent

O Clavis

Lundi

21 Décembre

Messe

08h30

O Oriens

Mardi

22 Décembre

Messe

18h00

O Rex

Mercredi

23 Décembre

Messe

8h30

O Emmanuel

Jeudi

24 Décembre

Messe

8h30

Messe de la Vigile de Noël

Vendredi

25 Décembre

Messe de la Nuit

Messe du Jour

00h00

9h30

 

LA NATIVITÉ DU SEIGNEUR

 Intentions du Pape François pour le mois de décembre 2015


DÉCEMBRE

Universelle - Expérimenter la miséricorde de Dieu
Pour que nous puissions tous faire l'expérience de la miséricorde de Dieu, qui ne se lasse jamais de pardonner.

Pour l'évangélisation  - La famille
Pour que les familles, en particulier celles qui souffrent, trouvent dans la naissance de Jésus un signe de profonde espérance.


 +
PAX

3ème Dimanche de l'Avent, de Gaudete
Lectures de la messe du jour 

1ère lecture : « Le Seigneur exultera pour toi et se réjouira » (So 3, 14-18a)
Cantique : Is 12, 2-3, 4bcde, 5-6
 2ème lecture : « Le Seigneur est proche » (Ph 4, 4-7)
Evangile : « Que devons-nous faire ? » (Lc 3, 10-18)
 

Frère et Sœurs,

 Les textes de nos lectures nous invitent à la joie, ce matin, du moins explicitement les deux premières et le psaume, puisque nous y trouvons ce mot de joie avec le verbe se réjouir 8 fois. Mais avec saint Jean-Baptiste, me direz-vous peut-être, c’est presque une douche froide. Le passage finit pourtant par Bonne Nouvelle. Bonne Nouvelle, c’est l’Evangile en grec, je ne vous apprends plus rien.

Mais alors, pourquoi demande-t-il toutes ces choses difficiles ? Vêtir ceux qui sont nus, nourrir les affamés, (des œuvres de miséricorde) se contenter de sa paye ou de sa solde, ne violenter personne lorsqu’on la capacité de le faire et ne pas abuser de sa position en extorquant. Il y a là nombre de thèmes très chers au pape François. Jean-Baptiste annonce la venue de l’Esprit et son action de manière forte, avec une allusion directe au feu qui ne s’éteint pas, pour celui qui ne veut pas se corriger. Les prophètes qui étaient parfois aussi de grands poètes, avaient pour mission de proclamer avec force la nécessité d’un changement de vie, en secouant leur auditoire.

Jean-Baptiste voulait que soit rétablie la justice pour qu’au jour où le Seigneur viendrait, le plus grand nombre puisse lui rendre gloire et participer au bonheur qu’il allait dispenser. Concevait-il cette venue comme une sorte de jugement suivi d’une sentence immédiatement exécutoire, c’est bien possible. Mais il nous faut retenir d’abord que plus un prophète parlait avec force et se montrait impératif, plus cela voulait dire qu’il voulait le bonheur et donc la joie de ses auditeurs. Jésus l’aimait et l’avait en haute estime, mais il n’a pas répondu à sa hâte, selon le type de justice qu’il envisageait. En effet, il vient de manière surprenante, non comme un juge d’abord, mais comme un sauveur. Jésus-Christ est le visage de la miséricorde du Père. La peine il la prend sur lui, pour rendre toute chose juste. Il prend aussi celui qui est blessé, sur ses épaules. Il vient montrer et annoncer que Dieu est un Dieu de miséricorde.  «Dieu tendre et miséricordieux, lent à la colère, plein d’amour et de vérité» (Ex 34, 6). «La miséricorde est le propre de Dieu dont la toute-puissance consiste justement à faire miséricorde». S. Th II-II, q. 30, a. 4.

Il vient nous apporter et nous rendre la joie, sa joie, que nous avions perdue en nous écartant de lui par nos refus et nos fautes. Il vient mettre sa joie en nous, par amour. La charité cause la joie dit saint Thomas : « La joie est causée par l’amour, ou bien parce que celui que nous aimons est présent, ou bien encore parce que lui-même est en possession de son bien propre, et le conserve ».  La charité est une amitié. Dieu est en joie de nous voir retrouver notre amitié pour lui. Il veut de toute la force de sa miséricore notre joie. Y a-t-il une joie plus grande qui puisse nous être donnée que celle de l’amitié avec Dieu ? Le grand théologien nous dit encore que « la joie est plénière quand il ne reste plus rien à désirer. » Il n’y a rien de plus à désirer que Dieu, en lui, nous avons tout. Et c’est lui qui en Jésus miséricordieux, c’est-à-dire Dieu qui sauve, c’est lui qui vient à notre rencontre. Et ce jour vient bientôt.

Un saint de l’église orthodoxe russe, saint Séraphim de Sarov disait à ceux qu’il recevait en les saluant : « O ma joie ! le Christ est ressuscité. » Et c’est à lui qu’il est dit dans une prière qui lui est adressée. Réjouis-toi, toi qui appelais tes visiteurs « ma joie » et « mon trésor ». Et encore : Réjouis-toi, toi qui fus rempli de joie par l'apparition de la Mère de Dieu. Il ne nous est pas possible d’entrer dans ce mystère joyeux sans Marie. Ce qui se rapporte à Jérusalem, dans notre lecture, la concerne éminemment, puisque le Messie est en elle : « Ne crains pas, Sion ! Ne laisse pas tes mains défaillir ! Le Seigneur ton Dieu est en toi, c’est lui, le héros qui apporte le salut. Il aura en toi sa joie et son allégresse, il te renouvellera par son amour ; il exultera pour toi et se réjouira, comme aux jours de fête. »

Choisie pour être la Mère du Fils de Dieu, nous dit le pape François, Marie fut préparée depuis toujours par l’amour du Père pour être l’Arche de l’Alliance entre Dieu et les hommes. Elle a gardé dans son coeur la divine miséricorde en parfaite syntonie avec son Fils Jésus. Son chant de louange, au seuil de la maison d’Elisabeth, fut consacré à la miséricorde qui s’étend «d’âge en âge» (Lc 1, 50). Nous étions nous aussi présents dans ces paroles prophétiques de la Vierge Marie. A Marie et à tous les saints, à sainte Faustine, demandons de mettre en notre cœur cette joie qui ne peut être dépassée par aucune autre. Cette joie c’est le Christ !

Rechercher la justice dans nos vies c’était l’invitation forte de Jean-Baptiste, accepter la miséricorde qui nous est proposée, aspirer à la plus grande joie ne peut que nous amener à la transmettre. Cette joie ne devons-nous pas aussi la ressentir, lorsque nous allons à la rencontre de notre prochain ou qu’il vient à la nôtre? Il y a une expression en suisse alémanique pour dire bonjour : Grüss Gott, « Dieu (te) salue ! » ou « Salut, par Dieu ». A votre choix, mais là où Il est, il y a la joie. C’est à la joie que ce type de salutation invite là-bas.

Cette joie est dynamique, elle ne consiste pas à laisser les choses en état, une sorte de petit paradis tranquille pour soi, dans une île ou dans une station avec des remonte-pentes confortables pour les sommets. Elle veut se transmettre. Marie s’est sentie poussée à la partager avec Elisabeth.

Toi, Marie, remplie de la présence du Christ, tu as porté la joie à Jean-Baptiste, le faisant exulter dans le sein de sa mère. Toi, tressaillant de joie, tu as chanté les merveilles du Seigneur. Étoile de la nouvelle évangélisation, Mère de l’Évangile vivant, source de joie pour les petits, prie pour nous. Amen.

Haut de page


 +
PAX

4ème Dimanche de l'Avent - 20 décembre 2015
 

Lectures de la messe du jour
 

1ère lecture : « De toi sortira celui qui doit gouverner Israël » (Mi 5, 1-4a)

2ème lecture : « Me voici, je suis venu pour faire ta volonté » (He 10, 5-10)

Evangile : « D’où m’est-il donné que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ? » (Lc 1, 39-45)

En ces jours-là,Marie se mit en route et se rendit avec empressementvers la région montagneuse, dans une ville de Judée. Elle entra dans la maison de Zacharie...

Homélie

Frères et Soeurs,

Quelle hâte habite Marie de porter la Bonne Nouvelle, et de la partager… Lorsque de jeunes jambes se hâtent pour  l’annoncer à une ancienne qui de manière extraordinaire attend un enfant elle aussi, il y a de quoi se réjouir et apprécier, non seulement une assistance bienvenue, mais la nouvelle elle-même. Marie se hâte, comme les bergers se hâtèrent eux-mêmes. Elisabeth se hâte à la rencontre de Marie. Tout le monde est pressé dans la perspective de Noël, les parents, les enfants, la famille, chacun se dépêche pour que tout soit prêt. Un heureux événement est annoncé, la venue du Sauveur.  

L’ange Gabriel est donc apparu à Marie au sixième mois de la conception de Jean, pour lui annoncer qu’elle allait être la mère du Sauveur. Elisabeth, nous dit saint Luc, était parente de Marie, elle était descendante d’Aaron (Lc 1,5), ce qui signifie que Marie l’était également.

Ce n’est pas seulement un service que Marie vient rendre à une parente selon le sang, mais aussi une mission qui lui est donnée par l’Esprit-Saint. Cette visite est donc une rencontre dans l’Esprit-Saint, non seulement entre Marie et Elisabeth mais d’abord entre Jésus et Jean (cf. Lc 1, 36 et Joseph Ratzinger Jésus de Nazareth).. C’est Jean qui réagit à à la présence de Jésus et à la voix de Marie. « L’enfant a tressailli d’allégresse au-dedans de moi. ». (cf. Lc 1, 41). Comment une mère peut-elle percevoir l’humeur de son enfant qui n’est pas encore né ? C’est un secret d’initiée  et un mystère pour au moins la moitié de l’humanité.

Jean tressaille de joie, nous dit le pape François, dans la joie de l’Evangile.

C’est l’Esprit qui fait saluer Marie par Elisabeth… et par quels mots ?  « Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni. » Ce sont ceux que nous lui disons après la salutation de l’ange : « Je te salue, Marie pleine de grâce, le Seigneur est avec toi. Tu es bénie entre toutes les femmes et Jésus le fruit de tes entrailles est béni. » Les anges et les hommes dans l’Esprit saluent la Mère et le Fils, la Mère de Dieu et le Fils de Dieu.

Il vient sauver son peuple et tous les hommes. Il vient faire de tous les hommes qui le veulent, des membres de son peuple, du Peuple de Dieu, et ses frères. Il n’est pas une parole ou un livre qui vient du ciel pour être lu et relu, c’est le Verbe qui s’est fait chair, qui va naître. Il n’est pas le Dieu sorti d’un livre. Il est une personne proche de nous qui déjà, avant de savoir parler comme un homme, envoie l’Esprit mettre la joie dans le cœur de Jean et dans celui d’Elisabeth. Il vient l’apporter dans le nôtre. Il va être l’Emmanuel, Dieu avec nous, et pas simplement le tout autre, le lointain qui nous jugerait comme on analyse quelque chose. Ce qui a été premier pour Abraham et au désert pour le Peuple de Dieu, c’était une expérience de Dieu. En Jésus, c’est Dieu avec nous. C’est lui qui donne la joie, l’Emmanuel.

L’antienne du Magnificat d’aujourd’hui, une des fameuses antiennes O, chantée avant Noël nous dit : « O Clef de la cité de David, sceptre du royaume d'Israël, vous ouvrez, et personne alors ne peut fermer ; vous fermez, et personne ne peut ouvrir ; venez, faites sortir du cachot le prisonnier établi dans les ténèbres et la nuit de la mort. »

Comment ne pourrions-nous pas nous réjouir de pouvoir sortir à la lumière et de voir enfin, celui qui vient nous sauver.

Mais en fait que peut bien pouvoir dire cet enfant dans le sein de sa mère ? Il est tourné tout entier vers sa mission, vers son Père : « Tu n’as voulu ni sacrifice ni offrande, mais tu m’as formé un corps. Me voici, je suis venu, mon Dieu, pour faire ta volonté… »

Cet enfant vient non pas pour un jugement immédiat comme nos apocalypses de cinéma aiment à  en produire ou les oiseaux de mauvaise augure, mais à la manière de tous les enfants du monde. S’il avait voulu venir avec sa toute-puissance, il ne serait pas devenu homme. S’il vient c’est pour faire miséricorde au monde et ouvrir toute grande la porte de la miséricorde que personne ne pourra fermer.

Il est patient et miséricordieux comme le Père. Il est la Miséricorde du Père, le remède et le médecin.

Dans son encyclique sur la miséricorde et le jubilé, le pape François a mentionné les œuvres de miséricordes. C’est pourquoi vous les retrouvez au pied du sapin. Nous pouvons faire ces cadeaux-là puisque  nous sommes disciples du Christ et que nous avons été nous-mêmes touchés par la miséricorde. « Redécouvrons les oeuvres de miséricorde corporelles: donner à manger aux affamés, donner à boire à ceux qui ont soif, vêtir ceux qui sont nus, accueillir les étrangers, assister les malades, visiter les prisonniers, ensevelir les morts. Et n’oublions pas les oeuvres de miséricorde spirituelles: conseiller ceux qui sont dans le doute, enseigner les ignorants, avertir les pécheurs, consoler les affligés, pardonner les offenses, supporter patiemment les personnes ennuyeuses (et les prédicateurs), prier Dieu pour les vivants et pour les morts. »

Avec Marie et Elisabeth, réjouissons-nous dans l’Esprit du don qui nous est fait. Amen.

Haut de page


 +
PAX

Noël - MESSE DE LA NUIT
 

1ère lecture : « Un enfant nous est né » (Is 9, 1-6)
2ème lecture : « La grâce de Dieu s’est manifestée pour tous les hommes » (Tt 2, 11-14)
Evangile : « Aujourd’hui vous est né un Sauveur » (Lc 2, 1-14)

Un enfant nous est né, un Fils nous a été donné… Les arbres des forêts dansent de joie devant la face du Seigneur, car il vient, car il vient pour juger la terre. Curieux juge que voilà, et quelles images étranges. Des arbres qui dansent, on peut l’imaginer par grand vent, cela s’associerait avec la crainte aussi. Frères et Sœurs, qui d'entre nous oserait dire qu’il a peur devant un enfant ? Plus encore devant un enfant nouveau-né que sa mère vient d’emmailloter et de coucher dans une mangeoire ? C’est le comble de la pauvreté, de la faiblesse et de l’impuissance.

C'est pourtant bien un enfant qui nous est donné comme signe en ce début de l’année de la miséricorde. Signe d’humilité et de modestie. Oui, comment avoir peur d’un enfant ? Les titres qui lui sont attribués par Isaïe, nous font penser à un prince. Tout enfant n’en est-il pas un ou ne devrait-il pas l’être ? Paul VI dans son discours de clôture du Concile Vatican II, décrit ce qu’est devenu l’homme, avec ses pires raideurs, lui qui se fait Dieu. Notre commun état d’enfance à un moment de notre existence, il est vrai, nous a donné un côté sacré… celui d’une sorte de petit prince ou princesse, de roi ou de reine. « L'homme est sacré par l'innocence de son enfance » avait dit encore Paul VI. Nous pourrions ajouter aujourd'hui : le mot sacré veut-il  encore dire quelque chose? Tout n'est-il pas dans l’image et le paraître, mais aussi dans les frontières changeantes qu’une société versatile nous impose ?

L’enfant qui vient de naître a pris une autre voie que celle de la puissance, celle de la discrétion et de la vie cachée pour nous révéler le désir de bonheur et d’amitié que Dieu a pour nous. Jésus devenant homme, cache sa divinité, il cache sa puissance, il naît pauvre et humble. Paul VI était ému par ces deux grands contrastes en ce petit enfant spécifique. Il a en effet quelque chose de spécial. Il est homme et Dieu. En effet, dire Dieu, c’est dire la grandeur, la puissance, la sainteté infinie. Dire l’homme, c’est dire la petitesse, la faiblesse, la misère. Entre ces deux termes, la distance semble impossible à franchir, le fossé impossible à combler. Et voici que dans le Christ ces deux ne font plus qu’un. La même personne vit à la fois dans la nature divine et dans la nature humaine du Christ. Le Père du Ciel peut dire: «Celui-ci est mon Fils bien-aimé» (Mt 17,5). (Messe de minuit au corps diplomatique 1965)

Quel contraste en effet. Pourquoi Dieu se cache-t-il ainsi et ne se révèle-t-il qu’à un petit nombre et de quelle qualité ? Ce ne sont pas des ambassadeurs, ni des puissants. Il a choisi des pauvres. Etre berger n’était pas un métier bien vu, lorsqu’est né l’enfant auquel Isaïe a donné ces titres qui font rêver : « Conseiller-merveilleux, Dieu-Fort, Père-à-jamais, Prince-de-la-Paix. » Il n’a pas été accueilli, mais rejeté à la périphérie. Pourtant il est fils de David de par l’obéissance et la volonté de Joseph qui l’accueille dans sa famille. Qui est sa mère si discrète ? Marie est de la famille d’Elisabeth, descendante d’Aaron, donc.

Pourquoi donc se cache-t-il ? Pourquoi prendre cette voie de la discrétion ? Pour établir un règne ne faut-il pas des moyens ? Tout comme pour affermir le droit et la justice. N’y a-t-il pas d’autres moyens ? L’Ecriture nous dit pourtant que les choix et les moyens de Dieu sont désarçonnants. N’est-il pas allé chercher David derrière ses troupeaux ?

L’enfant que nous fêtons ce soir ne va pas apprendre l’art de la guerre… de  Sun Tzu ou d’un autre grand stratège, il n’a pas d’Edelweiss en perspective, pas de rose, ni de congrès de parti, pas de palais, pas de campagne électorale, pas de votes, pas de manipulations médiatiques.

Il est homme tout simplement, il est Dieu tout aussi simplement. S’il vient ainsi à nous, n’est-ce pas le signe qu’il vient pour relever et sauver, pour faire miséricorde en passant par d’autres voies que les nôtres ?

Qu’est-ce qui se cache sous cette apparente faiblesse ? Les anges nous le disent : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes, qu’Il aime. »

Il n’y aura qu’une conclusion à la naissance de cet enfant : « la manifestation de la gloire de notre grand Dieu et Sauveur, Jésus Christ. »

Il est venu purifier le monde par des moyens spirituels, par sa grâce. Il a voulu rendre à chaque homme, à chacun de nous, la joie. Cette naissance est une grande joie pour chaque jour de l’histoire des hommes. L’éternité est entrée dans le temps, Dieu est entré dans le temps en naissant petit enfant. Et là que s’est-il passé ? Il a été rejeté. L’espèce humaine touchée par le péché n’aime pas la faiblesse. Elle a peur de la vérité qui lui a révélé son mal, ce péché contre lequel elle doit lutter avec la grâce. Dieu a envoyé son fils pour que toutes les générations puissent adorer ce petit enfant et se laisser envahir par la joie qu’il apporte, par la joie de Noël. Il l’a envoyé pour qu’elles puissent aussi dire à sa mère, à Marie, qu’elle est bienheureuse, pour que tous remercient également Joseph d’avoir obéi de tout son cœur à ce que lui demandait l’ange. Cet enfant est Fils de Dieu, l’unique et fils de David.  Et aujourd’hui que se passe-t-il ? Comment l’accueillons-nous ? Avons-nous entendu dans nos cœurs l’appel des anges ? L’avons-nous reconnu dans nos frères et dans les enfants que nous rencontrons ?  Paul VI avait dit au Noël qui suivit le Concile que « La religion du Dieu qui s'est fait homme s'est rencontrée avec la religion (car c'en est une) de l'homme qui se fait Dieu. » Mais voilà, devenir comme Dieu, cela ne peut se faire que d’une manière, avec Lui. Pour entrer dans la vie éternelle, il n’y a pas d’autre voie que de redevenir des enfants, ses enfants, par la Miséricorde. Il se sent responsable de nous parce qu’il nous a créés et nous aime. Il veut notre bien et nous voir heureux, remplis de joie et de paix. Comme le Père aime, ainsi doivent aimer ses enfants. Comme il est miséricordieux, ainsi sommes-nous appelés à être miséricordieux les uns envers les autres.

Sans cet enfant-là, sans lui, le Fils unique du Père, où trouver la vraie joie ? Nous qui l’avons trouvée nous pouvons dire avec les anges « Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes, qu’Il aime. », et annoncer cette Bonne Nouvelle. Amen.

Haut de page


Sainte Catherine de Sienne ; La Bible de la Liturgie ; AELF