Homélies février 2015
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Horaire des célébrations

CHAPELLE NOTRE-DAME DU VORBOURG

FÉVRIER 2015 

Dimanche

1 Février

Messe

Chapelet

09h30

15h30

 4ème Dimanche TOB

Lundi

2 Février

Messe

08h30 Présentation du Seigneur
au Temple

Mardi

3 Février

Messe

18h00 S. Blaise, év. m.

Mercredi

4 Février

Messe

08h30 Férie

Jeudi

5 Février

Messe

08h30 Ste Agathe, v. m.

Vendredi

6 Février

Messe

08h30 SS. Paul Miki & comp. m.

Samedi

7 Février

Messe

08h30 Bx Pie IX pp.

Dimanche

8 Février

Messe

Prière Mariale

09h30

15h30

5ème Dimanche TOB  
dim. des laïcs

Lundi

9 Février

Messe

08h30 Férie

Mardi

10 Février

Messe

18h00 S. Benoît d'Aniane et
N-D de Lourdes

Mercredi

11 Février

Messe

08h30 Férie

Jeudi

12 Février

Messe

08h30 Férie

Vendredi

13 Février

Messe

08h30 Sacré-Coeur

Samedi

14 Février

Messe

08h30 S. Cyrille et S. Méthode,
co-patrons de l'EUrope

Dimanche

15 Février

Messe

Chapelet

09h30

15h30

6ème Dimanche TOB  

Lundi

16 Février

Messe

08h30 Férie

Mardi

17 Février

Messe

18h00 SS. Fondateurs des Servites

Mercredi

18 Février

Messe

08h30 Mercredi des Cendres

Jeudi

19 Février

Messe

08h30 Jeudi après les Cendres

Vendredi

20 Février

Messe

08h30 Vendredi après les Cendres

Samedi

21 Février

Messe

08h30 SS. Germain et Randoald, m.

Dimanche

22 Février

Messe

Prière Mariale

09h30

15h30

1er Dimanche de Carême

Lundi

23 Février

Messe

08h30 S. Polycarpe, m.

Mardi

24 Février

Messe

18h00 Férie de Carême

Mercredi

25 Février

Messe

08h30 Férie de Carême

Jeudi

26 Février

Messe

08h30 Férie de Carême

Vendredi

27 Février

Messe

08h30 Férie de Carême

Samedi

28 Février

Messe

08h30 Vierge Marie au temps du Carême
(SS. Romain et Lupicin)

Dimanche

1er Mars

Messe

Chapelet

09h30

15h30

2ème Dimanche de Carême

Confessions : Mardi après-midi. Mercredi après-midi,
Jeudi après-midi, Vendredi après-midi, Samedi matin.


FÉVRIER

Universelle - Les détenus
Pour que les détenus, les jeunes en particulier, aient la possibilité de se reconstruire une vie digne.

Pour l'évangélisation  - Les conjoints séparés
Pour que les conjoints qui se sont séparés trouvent accueil et soutien dans la communauté chrétienne.


 

Homélies et mots spirituels au Sanctuaire

+  PAX

1er février 2015 - 4ème Dimanche du temps Ordinaire

Lectures de la messe du jour
1ère lecture : « Je ferai se lever un prophète ; je mettrai dans sa bouche mes paroles » (Dt 18, 15-20)
2ème lecture : La femme qui reste vierge a le souci des affaires du Seigneur, afin d’être sanctifiée » (1 Co 7, 32-35)
Evangile : « Il enseignait en homme qui a autorité » (Mc 1, 21-28)
 

« On était frappé par l’enseignement de Jésus, car il enseignait en homme qui a autorité, et non pas comme les scribes. »

La manière dont Jésus enseigne et son attitude envers les esprits mauvais surprend car il le fait en homme qui a autorité. Est-ce que ce ne serait pas beau de pouvoir dire : Cancer va-t-en ! Mes maux de jambes, d’yeux, etc… Allez-vous en ! Le tout suivi d’effets. Quant à son enseignement, Jésus le donne sans invoquer les docteurs de la loi qui étaient des références. Il ne confronte pas leurs avis en donnant le sien, tout en leur manifestant respect et déférence. Techniquement, ils agissent d’une certaine manière un peu comme ce que nous devrions faire nous-mêmes en étudiant un texte. Tel docteur a dit ceci de ce passage de l’Evangile, tel autre a donné son interprétation. Saint Augustin s’est exprimé de cette manière, Saint Thomas ainsi. Tel commentateur du Concile était de cet avis, tel pape de celui-là, etc… Cependant leur référence, l’autorité d’origine c’est Jésus et son enseignement qui nous sont transmis par l’Ecriture et la Tradition. Et Lui nous fait connaître ce qu'il reçoit de son Père.

Le mot utilisé est celui d’exousia en grec. Jésus a un pouvoir, une autorité sur laquelle nous pouvons et devons nous appuyer. Celui de Dieu est absolu et souverain, mais il n’est pas anarchique, ni mégalomane. Nous nous souvenons que les détenteurs de l’autorité politique essayaient autrefois de dire que  leur autorité avait une origine divine en essayant eux-mêmes d’être assimilés à des dieux. Le temps n’est pas loin où l’on parlait de monarchie de droit divin. C’est quelque chose qu’un imperator et un monarque à l’ancienne, un vrai.

Si toute autorité vient bien de Dieu, aujourd’hui le concept a évolué par une négation. Les dictateurs mégalomanes de droite ou de gauche, essayent de le reproduire en niant l’existence de Dieu, ce qui est assez curieux. L’autorité suprême serait aujourd’hui une certaine idée de l’homme, malléable au gré d’illuminations à la mode, d’une majorité, mais plus encore par le dieu argent et l’économie de marché. Montre-moi la couleur de ta carte de crédit et je te dirai qui tu es et qu’elle est ton autorité.

Et le pape alors ? D’où vient son autorité ? Tous nous répondons du Christ, c’est évident. Comment doit-il l’exercer ? C’est une question discutée à chaque époque et lorsque surgissent des crises.

Ayant eu la chance de me rendre la semaine passée à Rome, pour un Congrès avec les recteurs de sanctuaires de France qui fêtaient le quarantième anniversaire de leur association, nous y avons vu le pape François lors de l’audience. Il exerce cette fonction selon son charisme et à sa manière. En passant à la basilique de Saint Paul hors les murs qui avait brûlé en 1823, on y remarque sur une des mosaïques du 5ème siècle, une représentation du pape Honorius III, accroupi tout petit,  au pied du Christ en majesté et touchant sa sandale. Une référence certainement à Jean-Baptiste s’estimant indigne de dénouer la sandale du Messie. (La représentation est du même type pour saint Henri et son épouse Cunégonde, sur le devant d’autel.) Paul VI dans son discours d’ouverture de la 2ème session du concile Vatican II, le 29 septembre 1963, après son élection, avait mentionné cette image : « La majesté rayonnante de Jésus ressort du Pantocrator, comme dans vos basiliques, vénérables frères des Églises d’Orient et d’Occident. Et, nous- mêmes, nous nous reconnaissons dans la personne de notre prédécesseur, Honorius III, sur la splendide mosaïque de Saint-Paul-hors-les-Murs, représenté en adoration devant le Christ, de petite stature et prostré à terre pour baiser les pieds du Christ qui, grandiose, préside l’assemblée réunie dans la basilique, c’est-à-dire l’Eglise ».

Mais l’autorité toute-puissante du Christ ne provient-elle pas de son abaissement ? Il s’est fait le plus petit, le plus humble, abandonnant la gloire qui était la sienne auprès de son Père, pour monter sur une croix. Quel contraste entre le Pantocrator avec l’or de la gloire, l’argent du bâton pastoral avec son Messie crucifié et mort. S’étant abaissé jusque-là, qui a accepté de se tenir auprès de lui, qui l’accepterait aujourd’hui?

Permettez au passage une comparaison. Etre pris en photo à côté par exemple d’une autorité civile ou religieuse, cela est accepté volontiers, même lorsque cela sent le souffre, et jusqu’à un changement de régime. Qui y consent à côté d’une personne souffrante et faible?

L’autorité du Christ lui vient de son Père, mais par sa faiblesse et sa souffrance, par son obéissance et l’amour qu’il lui a manifesté. L’autorité du Seigneur dans son enseignement et en chassant les esprits impurs, cette autorité a mystérieusement pour origine son abaissement, sa passion et sa résurrection. Quel est notre empressement à suivre le Seigneur, pauvre, humble de cœur, souffrant et ressuscité, autour de nous ? Quel est notre empressement à nous laisser laver les pieds par lui ? Et à nous laisser guérir, à laisser guérir notre foi en sa résurrection, comme les apôtres ? N’est-ce pas la condition indispensable pour partir en mission ? De quelles représentations devons-nous nous défaire ?

Celui qui n’est pas marié a le souci des affaires du Seigneur nous disait saint Paul. Il expliquait le pourquoi du don total qu’il fait de lui-même pour se rendre pleinement disponible à cette mission. Elle le brûle intérieurement comme un feu dévorant. Ce feu, c’est l’amour du Christ, selon l’expression de S. Benoît.

Le Seigneur nous donne un pouvoir à chacun et à chacune, celui d’être témoins de sa miséricorde, apôtres de la miséricorde divine. Il est venu nous révéler que Dieu est notre Père et que nous sommes ses enfants par adoption. Père, nous disait le pape mercredi, un mot qui nous est cher, à nous chrétiens, plus que tout autre, parce que c’est le nom avec lequel Jésus nous a appris à appeler Dieu : Père. Le sens de ce mot a reçu une nouvelle profondeur, précisément à partir de la manière dont Jésus l’employait pour s’adresser à Dieu et manifester sa relation particulière avec Lui. Le mystère béni de l’intimité de Dieu, Père, Fils et Esprit, révélé par Jésus, est le cœur de notre foi chrétienne.
Sainte Marie, Mère de Dieu, prie pour nous pécheurs. Amen.

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+ PAX  - Présentation du Seigneur au Temple

Lectures de la messe du 2 février 2015

1ère lecture : « Soudain viendra dans son Temple le Seigneur que vous cherchez » (Ml 3, 1-4)
2ème lecture : « Il lui fallait se rendre en tout semblable à ses frères » (He 2, 14-18)
Evangile : « Mes yeux ont vu ton salut » (Lc 2, 22-40)
 

Nous célébrons aujourd’hui la présentation de Jésus au Temple. Jésus est le consacré du Père venu dans le monde pour accomplir sa volonté (cf He 10,5-7), "Lumière pour éclairer les nations païennes" Syméon a annoncé l'offrande plénière de Jésus à son Père et sa victoire finale (cf Lc 2, 32-35).

Marie, la mère de Jésus s'associe par le même mouvement d'oblation à la présentation du Christ. Une fois encore est manifestée l'union permanente du Fils et de sa Mère dans leur offrande unique et totale pour le salut du monde, nous disait Jean-Paul II dans son message pour la 1ère journée de la vie consacrée en 1997.

La vie consacrée a pour mission prioritaire de garder vivante dans l'Eglise la forme historique de vie assumée par le Fils de Dieu quand il est venu sur cette terre. La vie consacrée est donc une mémoire vivante du Fils appartenant totalement au Père, qui est vu, vécu et présenté comme unique Amour (c'est cela la virginité), comme unique richesse (c'est cela la pauvreté), comme unique réalisation (c'est cela l'obéissance).

Cette forme de vie embrassée par le Christ et rendue présente par la vie consacrée, est d'une grande importance pour la vie de l'Eglise; elle exprime en effet la tension d'une personne vers Dieu qui est Tout, par une vie à la suite du Christ, dans la lumière et la puissance de l'Esprit Saint.

Voilà je crois qui nous donne les axes principaux de réflexions pour nos instituts religieux.

Comme objectifs pour cette Année qu’il a voulue, le Pape François a repris les mêmes thèmes que ceux proposés par Jean-Paul II dans son Exhortation post-synodale sur la vie consacrée : « Vous n’avez pas seulement à vous rappeler et à raconter une histoire glorieuse, mais vous avez à construire une histoire glorieuse ! Regardez vers l’avenir, où l’Esprit vous envoie pour faire encore avec vous de grandes choses » (n. 110).

1. Le premier objectif est de regarder le passé avec reconnaissance. Chacun de nos Instituts vient d’une riche histoire charismatique.

2. Cette Année nous appelle en outre à vivre le présent avec passion. La mémoire reconnaissante du passé nous pousse, dans une écoute attentive de ce que l’Esprit dit à l’Église aujourd’hui, à mettre en œuvre d’une manière toujours plus profonde les aspects constitutifs de notre vie consacrée.

3. Embrasser l’avenir avec espérance veut être le troisième objectif de cette Année. Nous connaissons les difficultés que rencontre la vie consacrée dans ses différentes formes : la diminution des vocations et le vieillissement, surtout dans le monde occidental, les problèmes économiques suite à la grave crise financière mondiale, les défis de l’internationalité et de la mondialisation, les tentations du relativisme, la marginalisation et l’insignifiance sociale… C’est bien dans ces incertitudes que nous partageons avec beaucoup de nos contemporains, que se met en œuvre notre espérance, fruit de la foi au Seigneur de l’histoire qui continue de nous répéter : « Ne crains pas… car que je suis avec toi » (Jr 1, 8).

Nous avons à être des prophètes et à réveiller le monde, y compris lorsque nous avançons en âge. Le pape insiste pour que nous ne cessions jamais d’être prophètes et sentinelles. Il est vrai que ce peut être difficile de ne pas laisser le boisseau de la pensée unique couvrir cette lumière. Certaines situations nous font penser parfois au prophète Michée convoqué par le roi d’Israël avant une bataille. Il commence par dire la même chose que les autres : "Montez! Vous réussirez, les habitants seront livrés entre vos mains."  (2Chroniques (BJ) 18)… Continuez à faire ce que vous faites, tout va très bien. Vous ne péchez plus, vous ne vivez pas dans le mariage, ça ne fait rien, vous ne respectez pas la vie à naître, ce n’est pas si grave. Vous la manipulez, ne vous traumatisez pas, votre intention est bonne et nous comprenons vos souffrances. Vous ne laissez pas la vie arriver naturellement à son terme, cela se comprend, il y a tant de stress et de pressions sociales. Vous ne respectez pas votre corps qui est le temple de Dieu... Il faut bien s'amuser et puis c'est dans les médias, donc ce n'est pas grave. Un temple, un Dieu, c'est de l'archéologie conceptuelle. Les plus pauvres sont oubliés, hélas ce sont des circonstances indépendantes de notre volonté collective. Vous ne participez plus aux eucharisties dominicales, vous trafiquez volontairement la liturgie ! - Et la liberté des enfants de Dieu? Mais, mon pauvre ami, vous tombez dans le légalisme avec ces rappels, soyez charitable, etc… Nous pouvons continuer avec le listing personnel de nos excuses et de nos justifications à ne pas suivre le Christ jusqu'au bout… Et tailler quelques pavés supplémentaires à poser sur la voie large des bonnes intentions.

Au lieu de cela, ne serait-il pas opportun de retourner à nos fondamentaux, à l’Evangile d’abord qui est non seulement une bonne nouvelle, mais La bonne nouvelle. Sa transmission joyeuse doit être au cœur de nos vies et de nos communautés, c'est notre première mission surtout dans un environnement qui estime pouvoir se passer de Dieu et de vie éternelle. "Dieu connais pas... Une idéologie et un système, un concept qui génère de l'intolérance et fait fonctionner des organisations à visées totalitaires". Or, il est un Dieu en trois personnes et qui se révèle en Jésus-Christ. L'amour est total et non totalitaire. Il est don total, comme le Christ.

Hier dans un média local, j’ai vu un titre qui m’a donné une curieuse impression : « Des robots pour susciter des vocations ». Il s’agit de technique. L'expression suscite un contre-pied : « De l’humanité habitée par l’Esprit pour susciter des vocations. » N’est-ce pas ce qui nous est le plus nécessaire.  Je vais en rester là ayant été déjà trop long. Nous pouvons nous confier à Marie qui a porté son Fils au Temple pour son offrande et sa consécration. Elle le fait pour chacun de nous. Elle porte notre espérance en son Fils, Lumière des Peuples. Que la Vierge Marie nous garde dans l’action de grâce pour le don qui nous a été faits : suivre son Fils de plus près. Qu’il grandisse en nous. Amen.

 

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+ PAX - 8 février 2015 - 5ème dimanche du Temps Ordinaire
 

Lectures de la messe du jour

1ère lecture : « Je ne compte que des nuits de souffrance » (Jb 7, 1-4.6-7)
 2ème lecture : « Malheur à moi si je n’annonçais pas l’Évangile ! » (1 Co 9, 16-19.22-23)
Evangile : « Il guérit beaucoup de gens atteints de toutes sortes de maladies » (Mc 1, 29-39)
 

Frères et Sœurs,

Joyeux moments que ceux où Jésus agit. Il commence lors de cet épisode par guérir la belle-mère de Pierre qui se met aussitôt au travail. De tous temps, on a raconté des histoires sur elles, certains affirmant même que l’homme le plus heureux du monde, en dépit de son péché, fut Adam qui n’en avait pas. L’antiquité n’était pas en reste, Héra, « belle-mère » d’Hercule, resta dit la légende, son ennemi le plus déterminé. Zeus excédé ira jusqu’à la suspendre par les poignets au sommet du mont Olympe, une enclume attachée à chaque cheville, tant il était irrité par les pièges qu’elle tendait à son fils. En parcourant la mythologie grecque et l'amas monumental des sottises de ses dieux on comprend pourquoi cette culture produisit tant de grands philosophes, il devait s'agir partiellement de compensations... Il y a donc belle-mère et belle-mère. Et certains rieurs font des rapprochements entre penthera, la belle-mère en grec et la panthère. Pourtant un grand nombre est héroïque et très dévouée. Le sujet est délicat en notre temps où les familles dites recomposées font partie du paysage commun de nos sociétés. Anne Catherine Emmerich ne dépeignait pas celle de Pierre comme étant une femme particulièrement terrible, mais nous n’allons pas explorer les mystiques sur ce sujet. Restons-en à la sobriété du texte et remarquons que chez Saint Marc, c’est bien la première guérison physique qu’accomplit Jésus. Il proclame la Bonne Nouvelle chasse des démons, et guérit une belle-mère. Jésus les aime particulièrement. A quand un jour des belle-mamans durant l’année? Jésus la prend par la main, la fait se lever et aussitôt, tranquillement elle se met à le servir. N’est-ce pas admirable ? Un pasteur interprète quelque part en disant qu’elle avait une grippe. Voilà qui nous touche aussi en ces temps où même après avoir reçu la bénédiction de saint Blaise, les maladies de saison ont quelque peine à reculer, à cause de notre manque de foi certainement. S’agissait-il seulement de cela pour elle ? La maison de Pierre a subi une sorte de quasi-invasion, la ville entière se pressait à la porte. La nouvelle a fait le tour de Capharnaüm, presque plus vite que par notre internet et le téléphone. Pour que la nouvelle de la guérison de cette sympathique belle-mère se soit propagée aussi rapidement, s’agissait-il vraiment d’une grippette (très ennuyeuse certes) ? Cela paraît plutôt ressembler aux plaintes de Job sur sa couche, ainsi que nous l’avons entendu dans la première lecture. Nous le saurons lorsque tout nous sera dévoilé.

Nous remarquons que Jésus accomplit cette première guérison durant le sabbat. Il le fait après le temps de prière. On lui reprochera beaucoup par la suite d’agir ainsi, ce jour-là. Les guérisons qui suivent celle de la belle-mère de Pierre, vous l’avez remarqué, s’opèrent après le coucher du soleil, donc après la fin du sabbat. Nous sommes au commencement du ministère de Jésus et les gens paraissent respecter scrupuleusement les prescriptions de la Loi. Plus tard nous verrons que certains l'épieront « pour voir s'il allait (le) guérir, le jour du sabbat, afin de l'accuser.  (Marc (BJ) 3) ». Or, il est le Messie, celui qui fait reculer les ténèbres et le mal, celui qui guérit, le péché étant la cause ultime de tout dérèglement selon l’Ecriture. Jésus n’est pas un médecin qui use de son art comme d’un métier. Et même alors, si quelqu’un est touché par un mal, il est heureux de trouver quelqu’un qui veuille le soulager, et des urgences aujourd’hui. Même Saint Benoît au VIème siècle, insistait sur le soin à  apporter aux malades : « Le soin des malades passe avant tout : de toutes les tâches c'est la plus urgente. Qu'on se dévoue à leur service comme on ferait pour le Christ en personne, car il a dit : " J'ai été malade, et vous m'avez assisté " » (ch. 36). Pour mémoire, mercredi nous fêtons une grande figure monastique, saint Benoît d’Aniane qui à l’époque carolingienne fut par son action à l’origine de la propagation de la règle de saint Benoît en Europe. Rappelons également que saint Othmar (premier abbé bénédictin de l’abbaye de Saint Gall) qui est représenté dans notre chapelle est patron des hôpitaux en Suisse.

Permettez-moi de surenchérir encore sur le sujet des malades et de vous partager ce qu’il y a de plus beau, puisque nous allons célébrer la journée mondiale du malade ce même mercredi 11 février prochain, qui est aussi la fête de Notre-Dame de Lourdes. Le pape François a publié pour cette occasion, le traditionnel message. Il nous rappelle que « 3. La sagesse du cœur, c’est être avec le frère. Le temps passé à côté du malade est un temps sacré. C’est une louange à Dieu, qui nous conforme à l’image de son Fils, qui "n’est pas venu pour être servi, mais pour servir et donner sa vie en rançon pour une multitude" (Mt 20,28). Jésus lui-même a dit : "Et moi je suis au milieu de vous comme celui qui sert" (Lc 22,27). »

Jésus est toutefois pressé par la nécessité d’annoncer la Bonne Nouvelle. Même si « Tout le monde le cherche. », il est beaucoup d’autres lieux en Israël qui ne l’ont encore ni entendue, ni reçue. S’il a fait ce surprenant voyage pour venir d’auprès de son Père et se faire l’un de nous, c’est pour cela.

« Annoncer l’Évangile, … c’est une nécessité qui s’impose à moi. Malheur à moi si je n’annonçais pas l’Évangile ! » disait Saint Paul, l’appel de la mission le dévore, elle l’habite comme elle habite l’Eglise.

Nous pourrions allonger encore, mais remarquons simplement encore que si Jésus accomplit sa mission, il le fait par des moyens humains, marchant, se déplaçant, rencontrant les gens, leur parlant. Il ne veut pas d’une communication extérieure et écrasante, il laisse encore une marge à notre liberté. Il nous respecte jusque là. Mais c’est Dieu qui parle et agit, Dieu qui apporte la joie. Voilà de quoi nous rappeler encore une fois avec le pape François que « La joie de l’Évangile remplit le cœur et toute la vie de ceux qui rencontrent Jésus. » et que la parole de Dieu, que cette mission nous a été confiée.

Marie Mère de l’Évangile vivant, source de joie pour les petits, prie pour nous.  Amen. Alléluia !

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 + PAX

Sans peur!
Des signes divins et humains
 

Lettre pastorale pour le 22 février 2015
+ Félix Gmür
Evêque de Bâle
 

1er dimanche de carême, année liturgique B 22 février 2015
1re lecture : Psaume :
2e lecture : Évangile :
Gn 9,8-15
Ps 25, 4-5.6-7.8-9 (R : v. 10) 1 P 3,18-22 Mc 1,12-15
 

Le texte est à lire comme homélie lors des célébrations du samedi et du dimanche, 21 et 22 février 2015, ou à diffuser d'une autre manière appropriée.
 

Chères sœurs et chers frères
Parfois, je suis vraiment angoissé ! Les informations effrayantes provenant du monde entier pleuvent sans discontinuer : décapitations devant les caméras, naufragés engloutis dans les flots, églises incendiées, épidémies, famine et mort. Parfois, il y a vraiment de quoi avoir peur. Face à cela, nous restons en retrait, horrifiés, muets et impuissants. Le doute surgit : Est-ce que c'est cela, le monde que Dieu veut ?
Nous appartenons tous à ce monde. Nous profitons du vaste monde, surtout au niveau économique et culturel, et pourtant, nous avons besoin de prendre nos distances par rapport à lui. Nous nous considérons comme démocratiques et pacifiques, travailleurs et précis, pleins d'assurance et autonomes. Pourtant, nous dépendons du monde qui nous entoure. Voilà pourquoi ce qui s'y passe fait aussi monter en nous un sentiment d'inquiétude.
Et l'Église ? Autrefois, l'Église était pour de nombreuses personnes un appui et une source de sécurité dans les périodes de désarroi. Aujourd'hui, je fais un autre type d'expérience : Pour certains, l'Église et la religion ne sont plus du tout des points de référence. Pour d'autres, il est douloureux d'accepter que l'Église change, elle (3) aussi. Des habitudes de notre Église, auxquelles nous étions attachés, disparaissent. On crée du neuf. Parfois, les structures sont bien plus résistantes que les contenus. L'intérêt pour la vie paroissiale est plutôt restreint. L'Église manque de personnel. Beaucoup appellent des changements, mais dans des directions différentes. Nous nous rendons compte que, dans de nombreux domaines, nous sommes impuissants. Le doute surgit: Est-ce que c'est cela, l'Église que Dieu veut ?
Le monde est en feu. L'Église est en ébullition. La menace plane.
Nous nous retrouverons encore et toujours dans des situations menaçantes. Parfois, elles ne nous touchent que de loin, parfois elles nous atteignent au cœur de notre existence. Nous nous demandons alors à juste titre : Est-ce que c'est cela, le monde que Dieu veut ? Est-ce que c'est cela, l'Église que Dieu veut ?
Une réponse précipitée ne saurait convenir à des interrogations aussi fondamentales. Elle ne respecterait pas notre qualité d'êtres humains qui pensent, qui éprouvent des sentiments et qui croient. La réponse ne peut pas non plus se contenter de nous consoler en nous renvoyant au monde de l'au-delà. Ce serait mépriser (4)
le cadeau de la création que Dieu nous fait. La réponse ne doit pas non plus s'empêtrer dans des dogmes théologiques. Ce serait ignorer que notre foi doit démontrer sa fiabilité dans ce qui fait notre quotidien.
A quoi la réponse à nos questions pourrait-elle donc ressembler ?
Dans la lecture de ce jour, nous avons également comme point de départ une situation menaçante. Toute vie sur la terre a été détruite par le déluge. Lorsque Noé retrouve la terre ferme, une question se pose à lui : Est-ce que c'est cela, le monde que Dieu veut ? A quoi le monde que Dieu veut faire exister, ressemble-t-il ?
Je vous propose une triple réponse à partir de ce texte biblique.
1. Dieu prend lui-même l'engagement d'un comportement solidaire avec tous les êtres vivants.
2. Dieu établit l'arc-en-ciel dans les deux pour se souvenir de son alliance.
3. L'homme apporte lui aussi sa contribution au changement.
Que signifient ces trois réponses pour nous aujourd'hui ? Elles touchent à la cohabitation de Dieu, (5) de l'être humain et du monde. J'y trouve du courage pour vivre notre situation présente et de la confiance pour l'avenir.
 

1. Assez pour tous
 

En premier Heu, Dieu prend l'engagement d'un comportement solidaire avec tous les êtres vivants : Il conclut une alliance avec Noé. Littéralement, Dieu « met » solennellement l'alliance « debout ». Dieu relie le monde avec lui ; il le lie à lui. Dieu et le monde vont ensemble. L'alliance de Dieu ne pose aucune condition et n'exige aucune contrepartie. Et Noé ? Noé n'a même pas besoin de répondre. Dieu assume lui-même de manière indéfectible son alliance. L'homme peut ignorer cette alliance. Il peut la mettre en doute. Mais il ne peut pas amener Dieu à la rompre. Quelle promesse extraordinaire ! Dieu est lié pour toujours avec tout ce qui a « souffle de vie ». La terre reste, en dépit de toute violence, la demeure que Dieu veut pour nous.
Cela ne rend pas moins graves les nouvelles effrayantes de ces derniers mois. Mais la promesse de Dieu demeure. Dieu croit au monde. Je ne sais pas ce qu'il en est pour vous, mais si je sais que quelqu'un croit en moi, la peur n'en a plus pour longtemps. La peur ferme. La peur rabaisse. Mais prendre au sérieux la promesse (6) de Dieu signifie que la peur ne peut pas nous écraser, même dans les situations menaçantes. Car Dieu est fidèle à son alliance.
Son alliance vaut pour tous les êtres vivants. Et il y en a beaucoup, vraiment beaucoup. Il y en a certains dont on se passerait volontiers. Certains qui pensent autrement que nous. Certains qui agissent autrement que nous. TOUS ! Nous formons une sorte de colocation dans la maison de Dieu. Dans les colocations, l'atmosphère est parfois tendue. Pourtant tous sont finalement dans le même bateau. Il n'y a donc rien de plus évident que de nous engager pour ceux qui vont moins bien. C'est exactement ce que fait l'Action de Carême, notamment grâce à votre soutien généreux. Cette année, la campagne de l'Action de Carême aborde les sujets des changements climatiques et du droit à l'alimentation. Elle s'intitule «Moins pour nous, assez pour tous». Assez pour tous : Voilà le monde que Dieu veut ! Voilà l'Église que Dieu veut !
 

2. Vivre sans peur
 

En deuxième Heu, Dieu lui-même s'érige un symbole de l'alliance. C'est l'arc-en-ciel. Après le déluge, Dieu possède désormais une vision du monde sans illusion. Il est, en quelque sorte, devenu réaliste. Il connaît la (7) violence mortelle avec laquelle les hommes se menacent et s'anéantissent les uns les autres. Mais ce monde-là est son royaume. C'est à ce monde-là qu'il a donné son oui inconditionnel. La terre et le ciel sont reliés l'un à l'autre dans toutes leurs couleurs et dans toutes leurs facettes. Dieu a mis fin à son affrontement violent avec le monde. Si, au vu du mal présent dans le monde, il en venait à nouveau à vouloir l'anéantir par un déluge, à la manière d'un guerrier, son arc brillerait dans le ciel. Son arc-en-ciel lui rappellerait, à lui et à tous les autres, l'alliance qui demeure.
Puisque Dieu établit un signe pour se souvenir de l'alliance, pourquoi n'en serait-il pas de même pour nous ? Quand un million et demi de personnes descendent dans la rue et protestent contre la violence, c'est un signe fort. Les paroisses qui font une grande fête contre la peur de l'étranger, posent des signes aussi forts que celui-là. Unies à des personnes de toutes les nations, elles confessent leur foi en notre Dieu qui est le Dieu de tous les hommes, elles prient pour la paix, elles partagent leur espérance. Pour moi, c'est aussi un signe fort de voir, dans de nombreuses paroisses du diocèse, comment la collaboration grandit avec les voisins, avec les autres, avec les missions. Prendre soin les uns des autres, devenir sensibles aux singularités des uns et des (8) autres et trouver un langage de prière commun, sont pour nous des enrichissements. Nous, chrétiens, nous n'avons pas peur, car nous vivons tous sous le même ciel. C'est cela, le monde sans crainte que Dieu veut ; c'est cela, l'Église courageuse et sans peur que Dieu veut.
 

3. Confiance en l'avenir
 

En troisième lieu : Nous, les êtres humains, nous apportons notre contribution au changement. L'alliance n'exige aucune contrepartie. Noé ne doit rien dire à propos de l'alliance de Dieu. Pourtant, l'être humain doit apporter une contribution à la persistance de la création, de sa demeure. Pour assurer cette mission, Noé et ses descendants reçoivent la bénédiction de Dieu. Les paroles de Jésus dans l'Évangile rappellent justement cette mission : « Les temps sont accomplis : le règne de Dieu est tout proche. Convertissez-vous et croyez à l'Évangile ». Ce monde est le royaume de Dieu. Pour qu'il puisse se développer comme Dieu se l'était représenté, l'homme doit changer d'état d'esprit. Il doit se convertir. Il peut prendre en main lui-même cette conversion parce que la promesse de Dieu est sûre et parce que Jésus Christ lui indique le chemin par ses paroles et par ses actes. La situation actuelle dans l'Église et dans le monde, n'appelle-t-elle pas précisément à la conversion ? (9) Qu'est-ce qui pourrait naître, si dans l'Église, au lieu de la peur des changements, c'étaient le courage, la confiance et la joie de la nouveauté qui se multipliaient? Qu'est-ce que qui se passerait, si nous abandonnions des coutumes désuètes pour faire place à quelque chose de plus grand, à une nouvelle collaboration avec les voisins, à un nouveau départ pour l'avenir ? Est-ce que cela ne pourrait pas devenir l'Église que Dieu veut ?
Pour que notre lieu de vie « Église » reste habitable, il est nécessaire que tout le monde participe à ce travail d'équipe. Le soutien mutuel, une notion de la communauté qui va au-delà de son pré carré, un regard confiant vers l'avenir : Voilà des signes de l'Église que Dieu veut. La promesse de Dieu en laquelle nous pouvons avoir toute confiance, métamorphose notre peur en courage de poursuivre ensemble nos efforts. Chers paroissiennes et paroissiens, je vous remercie de tout coeur pour votre engagement. N'ayez pas peur !
Tous mes bons vœux et ma bénédiction vous accompagnent.
 

Bien à vous !
+Félix Gmür
Evêque de Bâle
 

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