Homélies juillet 2015
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Chapelle N-D du Vorbourg / CH-2800 Delémont (JU) / tél/fax + 41 032 422 21 41

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Horaire des célébrations

CHAPELLE NOTRE-DAME DU VORBOURG

JUILLET 2015 

Mercredi 1er Juillet Messe 08h30 Férie TO
Jeudi 2 Juillet Messe 08h30 Férie TO
Vendredi 3 Juillet Messe 08h30 S. Thomas, ap.

Samedi

4 Juillet Messe 08h30 Vierge Marie
Dimanche 5 Juillet Messe

Chapelet

09h30

15h30

14e Dimanche TO

Lundi

6 Juillet Messe 08h30 Ste Maria Goretti, v. m.
 Mardi 7 Juillet Messe 18h00 Férie TO
Mercredi 8 Juillet Messe 08h30 Férie TO
Jeudi 9 Juillet Messe 08h30 SS. Martyrs de Chine
Vendredi 10 Juillet Messe 08h30 Vierge Marie

Samedi

11 Juillet Messe 08h30 NBPS. BENOÎT,
Patron de l'Europe
Solennité
Dimanche 12 Juillet Messe

Prière Mariale

09h30

15h30

15e Dimanche TO
Dimanche 26 Juillet Messe

Prière Mariale

09h30

15h30

16e Dimanche TO

Lundi

27 Juillet Messe 08h30 Férie TO
 Mardi 28 Juillet Messe 18h00 Férie TO
Mercredi 29 Juillet Messe 08h30 SS. Marthe, Marie et Lazare
Jeudi 30 Juillet Messe 08h30 S. Pierre Chrysologue év. d.
Vendredi 31 Juillet Messe 08h30 S. Ignace de Loyola, pr.

Samedi

1er Août Messe 08h30 Messe votive de
S. Nicolas de Flüe
(fête nat.)
Dimanche 2 Août Messe 09h30 17e Dimanche TO
Lundi 3 Août Messe 08h30 Férie TO
Mardi 4 Août Messe 18h00 S. Jean-Marie Vianney

Sauf exceptions : confessions : Mardi après-midi. Mercredi après-midi,
Jeudi après-midi, Vendredi après-midi, Samedi matin.


JUILLET

Universelle - La responsabilité politique
Pour que la responsabilité politique soit vécue à tous les niveaux comme une haute forme de charité.

Pour l'évangélisation  - Les pauvres en Amérique Latine
Pour que face aux inégalités sociales, les chrétiens d'Amérique latine puissent offrir un témoignage d'amour aux pauvres et contribuer à une société plus fraternelle.


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PAX

5 juillet 2015 - 14ème dimanche du Temps Ordinaire

Lectures de la messe du jour

1ère lecture : « C’est une engeance de rebelles ! Qu’ils sachent qu’il y a un prophète au milieu d’eux ! » (Ez 2, 2-5)

Psaume : Ps 122 (123), 1-2ab, 2cdef, 3-4 R/ Nos yeux, levés vers le Seigneur, attendent sa pitié.

2ème lecture : « Je mettrai ma fierté dans mes faiblesses, afin que la puissance du Christ fasse en moi sa demeure » (2 Co 12,7-10)

Evangile : « Un prophète n’est méprisé que dans son pays » (Mc 6, 1-6)

Homélie

Frères et Sœurs, dans cet Evangile que nous connaissons bien, Jésus est confronté à une sorte de barrière psychologique de la part de ses auditeurs.

« Quelle est cette sagesse qui lui a été donnée, et ces grands miracles qui se réalisent par ses mains ? N’est-il pas le charpentier, le fils de Marie, et le frère de Jacques, de José, de Jude et de Simon ? Ses sœurs ne sont-elles pas ici chez nous ? »

Ce sont les gens du village où il a grandi, des membres de sa famille aussi qui l’écoutent et qui le voient agir. Qu’est-ce qui peut les arrêter ? Certainement l’opinion qu’ils avaient de Jésus, nous dirions aujourd’hui l’image qu’ils s’en faisaient. Or, donner un enseignement tel qu’en donnait Jésus, et avec une telle autorité, c’était se départir de toutes les références anciennes.

Nous aimerions bien transposer cela aujourd’hui, mais l’exercice est plutôt difficile. Le médecin estimerait qu’il était plutôt bien fait, mais qu’il y aurait certainement quelque chose qui s’est déclenché depuis qu’il ne le suivait plus… et ces curieux miracles. A l’entendre, du côté du corps enseignant, on se demanderait s’il avait bien reçu les bons livres et fichiers la dernière année…, il y aurait presque des soupçons du côté du prof de philosophie.  Il jura sur son manuel que non, d’ailleurs Jésus avait fait son CFC de menuisier-charpentier. Les soupçons tomberaient ensuite sur l’orientation professionnelle. L’orientateur (trice) aurait-il mal dormi ? Détecter Dieu qui se cache paraît être une manœuvre bien difficile. Tous les jours par nous-même ? Il est impossible d’être bon en tout, quoique des qualités puissent servir de tremplin à d’autres sujets. Vous connaissez certainement la plaisanterie d’un prédicateur voulant parler du sacrement de la réconciliation le jour de la saint Joseph, prit le prétexte qu’il aurait certainement construit de nos jours des confessionnaux pour embrayer sur son sujet (la plaisanterie souvent répétée a toujours du succès).

Prêcher aussi bien sans papier et sans diplôme… Il y a de quoi heurter aussi toutes les dames du catéchisme qui avaient essayé de bien remplir leur programme. A l’époque ce devait être le rabbin local qui n’y comprenait plus rien… Pardon pour ces abominables mélanges.

Deux éléments marquaient les gens à propos de Jésus, il prêchait bien, avec autorité, et il accomplissait des miracles. Chez lui il ne peut que prêcher et la foi manquant chez ses auditeurs, les signes sont absents.

En bref, au risque d’user d’un qualificatif qui a fait florès, Jésus était considéré comme quelqu’un de normal. La normalité de Jésus, l'ouvrier de la province, ne semble cacher aucun mystère. Sa provenance le révèle comme un homme égal à tous les autres… On ne lui reconnaît rien d’extraordinaire, donc, il est impossible de penser que ce qu’il dise vienne de Dieu. Les Nazaréens disqualifient Jésus parce qu’il est reconnu comme quelqu'un de connu et d'égal à eux. On se réfère à sa parenté. Benoît XVI dans son commentaire fait ensuite remarquer qu’à Césarée de Philippe, Jésus interrogera ses disciples en disant : «Qui suis-je au dire des gens? [...] Mais pour vous, qui suis-je ? » (Mc 8, 27 sq.). Qui est Jésus ? D'où vient-il ? Les deux questions sont inséparables. Il ne vient pas que de Nazareth et son identité profonde dépasse les apparences.

Les miracles et cette sagesse sont des signes. La sagesse elle-même est d’une grande importance. Vous vous souvenez que les grecs. Avaient donné ce nom à leur église principale dans l’ancienne Constantinople. Sainte Sophie… Ce n’est pas une dame, mais la Sagesse Divine, le Christ.

Avec une insistance nouvelle, disait-on en 1979 les hommes et les femmes d’aujourd’hui posent les questions que nous avons entendues tout à l’heure. « Qui est donc cet homme ?...» (Lc 7, 49). « D’où ces dons lui viennent-ils? Quelle est cette sagesse qui lui est donnée ? Que signifient les miracles qui se font par ses mains ? » (Mc 6, 2). Mais dans notre aujourd’hui à nous, n’y a-t-il pas plutôt une forme d’indifférence ?

Saint Paul nous expliquait qu’il avait eu des révélations tellement extraordinaires que le Seigneur lui avait aussi donné de quoi rester humble. Ne sommes-nous pas nous tentés de demander au Seigneur de rester lui très humble et de ne pas déranger ? Une petite place à la manière d’un vernis culturel, de la couleur… Quel contraste entre la facilité avec laquelle nous pouvons obtenir un enseignement sur Jésus et la difficulté à croire en lui. Nous avons un festival bd à Delémont et vous savez qu’il existe un bon nombre de productions chrétiennes utilisant cette méthode. Lorsque vous avez un cadeau à offrir à vos enfants et petits-enfants, c’est un moyen catéchétique à privilégier. Il y en a de vraiment excellentes.

La recherche ordinaire de Jésus se fait toujours de la même manière. Il se laisse toucher et atteindre à travers son enseignement, sa Parole et les Ecritures d’abord et à l’intérieur de son Eglise, qui n’est pas qu’un bâtiment, mais l’assemblée de ses disciples. Il a prêché et donner des signes pour être reconnu. Il demande notre foi et l’adhésion du cœur. La Bonne Nouvelle est toujours la même, mais elle essaye de toucher par un langage et des moyens adaptés à notre temps. Le mystère du Christ éclaire aussi des aspects qui attiraient moins l’attention autrefois, l’écologie chrétienne fait partie de l’approfondissement de la Sagesse et du Mystère du Christ. Comment aimer Dieu qu’on ne voit pas, si nous n’aimons pas nos frères et la création que nous voyons ?

Alors pourquoi pendant nos vacances, ne pas prendre un peu de temps pour se mettre à l’école de la Sagesse en prenant la peine de lire pour soi quelques pages d’Evangile chaque jour et de prier aussi Notre-Dame de la Sagesse? Amen.

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 + PAX

12 juillet 2015
15ème dimanche du Temps Ordinaire
1ère lecture : « Va, tu seras prophète pour mon peuple » (Am 7, 12-15)
2ème lecture : « Il nous a choisis dans le Christ avant la fondation du monde » (Ep 1,3-14)
Evangile : « Il commença à les envoyer » (Mc 6,7-13)

Homélie

« Jésus appela les Douze ; alors il commença à les envoyer en mission deux par deux. » Frères et Sœurs, envoi, appel à la conversion, révélation de notre avenir et de notre adoption dans le Christ… ce sont les points que nous pourrions retenir de nos lectures.

L’envoi des douze en mission vers les brebis perdues de la maison d’Israël, ne peut que nous interpeller dans le contexte de la Nouvelle Evangélisation. N'est-ce pas un contexte de ce type que nous vivons aujourd’hui ? Les douze disciples ont reçu le nom d’apôtres, c’est-à-dire envoyés. Envoyés, ils le deviennent réellement par cette mission. Ils sont envoyés deux par deux, ce qui valide en quelque sorte leur témoignage, car selon le deutéronome pour qu’un témoignage soit recevable, il faut deux ou trois témoins (Dt 19,15).

Si « deux d’entre vous sont réunis en mon nom, moi je suis au milieu d’eux ». Ils ne vont pas annoncer leur Bonne Nouvelle, mais la Bonne Nouvelle, celle qu’ils ont apprise auprès du Seigneur. Annoncer l’Evangile à plusieurs, cela symbolise aussi l’Eglise, Corps du Christ. Avec ses apôtres, le Christ est en marche à la rencontre de ceux qu’il appelle déjà à la vie. Au début de cette annonce, des signes sont donnés en grand nombre nous dit saint Marc. Ils appellent leurs auditeurs à la vie, mais bien sûr également à la conversion. L’Esprit révèle à chacun ses fautes et donne accès à la miséricorde.

Amos annonçait toute une série de malheurs s’il n’y avait pas de conversion : « Cherchez-moi et vous vivrez. ». Devant cette prédication pénible à entendre, les prophètes professionnels veulent le chasser. Alors que fait-il ? Il témoigne de son appel. Il a été appelé alors qu’il était éleveur, « J’étais bouvier, et je soignais les sycomores ». La BJ dit : pinçait les sycomores. C’était une manière de les faire parvenir à maturité. L’arbre nous rappelle aussi Zachée. Ne pourrait-on pas dire que le prophète par ses annonces essaye de faire mûrir, d’amener à se convertir plus vite ses auditeurs ? Il annonce après l’épreuve le pardon de Dieu, c’est la finale de son livre.

Pourquoi tant d’exigence de la part de Dieu ? Parce que nous n’avons pas pour destinée de disparaître définitivement. Ce qui nous dérange le plus, n’est-ce pas cette volonté de Dieu de rester discret et de nous faire avancer dans la foi et une certaine obscurité ? Il faut le deviner et trouver son chemin à travers plaies, bosses et errements. « Seigneur, si je te voyais ce serait vraiment plus facile nous disons-nous. » Vraiment ? Que s’est-il passé lorsqu’il est venu parmi nous ? « D’accord, mais alors avec un plus. Des signes, etc… » Je vous laisse poursuivre le dialogue. Mais au final, il a toujours cette retenue cette sorte de discrétion et il nous laisse toujours la possibilité de ne pas faire le pas de la foi.

Où trouver une invitation plus joyeuse, plus explicite et plus lumineuse que les malédictions d’Amos, une invitation qui élève l’âme et enchante ? Dans l’hymne aux Ephésiens. La communauté d’Éphèse traversait des difficultés. Paul en s’adressant à eux commence par les mettre en face de l’appel reçu et de leur avenir. Ce texte est à relire lorsque nous avons le moral dans les talons ou que nous nous sentons envahir par ce que nous appelons une sorte d’acédie ou  dégoût spirituel : Béni soit Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus Christ ! Il nous a bénis et comblés des bénédictions de l’Esprit, au ciel, dans le Christ. Il nous a choisis, dans le Christ, avant la fondation du monde, pour que nous soyons saints, immaculés devant lui, dans l’amour. Il nous a prédestinés à être, pour lui, des fils adoptifs par Jésus, le Christ.

Nous sommes appelés à la sainteté, c’est-à-dire à vivre selon les enseignements du Seigneur et son Evangile. Est-ce à dire qu’il faille prendre l’excuse de nos imperfections pour ne rien faire, ne pas annoncer l’Evangile et dire que nous n’y arrivons pas ?

Dans son Exhortation sur la Joie de l’Evangile, le pape François nous dit que « nous sommes tous appelés à grandir comme évangélisateurs. » Cela s’entend d’une meilleure formation, d’un approfondissement de notre amour et d’un témoignage plus clair de l’Évangile. « Nous devons dit-il, tous accepter que les autres nous évangélisent constamment ; mais cela ne signifie pas que nous devons renoncer à la mission d’évangélisation… Dans tous les cas, nous sommes tous appelés à offrir aux autres le témoignage explicite de l’amour salvifique du Seigneur, qui, bien au-delà de nos imperfections, nous donne sa proximité, sa Parole, sa force, et donne sens à notre vie. Ton cœur sait que la vie n’est pas la même sans lui, alors ce que tu as découvert, ce qui t’aide à vivre et te donne une espérance, c’est cela que tu dois communiquer aux autres. Notre imperfection ne doit pas être une excuse ; au contraire, la mission est un stimulant constant pour ne pas s’installer dans la médiocrité et pour continuer à grandir. » C’est donc aussi une manière de « pincer » le sycomore.

Nous sommes témoins «de l’amour guérisseur et miséricordieux de Jésus», un amour qui nous guérit nous-mêmes.

Vous avez pris connaissance, je pense du voyage du pape en Amérique du Sud. Il a choisi des pays qui étaient parmi les plus pauvres et les plus petits et très bien accueilli par eux. Plusieurs célébrations ont eu lieu dans des sanctuaires et lieux de pèlerinage dont 2 à Notre-Dame.

Marie, mère des pauvres, mère de tous les hommes, prie pour nous pécheurs. Amen.

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PAX

26 juillet 2015 - 17ème dimanche du Temps Ordinaire

1ère lecture : « On mangera, et il en restera » (2 R 4, 42-44)
Psaume : Ps 144 (145), 10-11, 15-16, 17-18
2ème lecture : « Un seul Corps, un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême » (Ep 4, 1-6)
Evangile : « Ils distribua les pains aux convives, autant qu’ils en voulaient » (Jn 6, 1-15)

« Il distribua les pains aux convives, autant qu’ils en voulaient » , vous l’aurez remarqué frères et sœurs, Jésus procède à l’inverse des politiciens. Ils promettent tout en campagne électorale pour obtenir des voix et ne tiennent presque pas leurs promesses, soyons charitables.  Jésus donne tout et s’enfuit, mettant tout le monde à l’épreuve et ne voulant pas de couronnes à la manière humaine. Il n’est pas venu pour ouvrir une sorte de restaurant gratuit, ni se faire couronner comme roi à la manière humaine. La méthode de distribution gratuite d’aliments était d’ailleurs appliquée à Rome, vous l’aurez peut-être vu dans certaines reconstitutions historiques. La formule du pain et des jeux est d’ailleurs encore connue. Elle est tirée d’un auteur latin, Juvénal qui disait dans une de ses satires (X) : « Ce peuple impérieux, qui dispensait naguère légions et faisceaux dans la paix, dans la guerre, stupide, enseveli dans un repos fangeux,  il ne demande plus que du pain et des jeux! » Tout politicien romain, souvent orateur, juriste et stratège, pontife, savait qu’il s’agissait d’une des clefs du pouvoir. Ils étaient d’ailleurs très adroits César, Auguste et Tibère étaient de ceux-là. Si la route du blé d’Afrique du Nord était coupée, c’en était fait de leur autorité. (La famine est une des causes plus rapprochée de la Révolution Française.)

Jésus accomplit donc un miracle alors qu’il a enseigné, accompli bon nombre de guérisons, dit un autre Evangile. Il est loin d’une grande agglomération. Saint Jean parle de cinq mille hommes et d’autres précisent : sans compter les femmes (remarque appréciée par la moitié de notre humanité) et les enfants, ce qui triple le chiffre au moins. Les dames ont une piété plus développée que la gent masculine, c’est bien connu, mais celle de cette dernière s’aiguise parfois avec les années.  Jésus réalise ce signe extraordinaire en multipliant l’offrande d’un enfant : cinq pains d’orge et deux poissons. Vous aurez remarqué également qu’il le donne  au printemps, avant la Pâque. L’herbe est verte, mais c’est aussi la période de la soudure. Elle précède les premières récoltes et le grain de la récolte précédente peut venir à manquer avec ses conséquences. Le pape François dans son encyclique sur l’écologie fait remarquer à propos de l’alimentation « qu’on gaspille approximativement un tiers des aliments qui sont produits, et « que lorsque l’on jette de la nourriture, c’est comme si l’on volait la nourriture à la table du pauvre ».29 Ce qui interpelle et nous permet aussi un lien avec les morceaux que le Seigneur demande de rassembler "pour que rien ne se perde". (Rappel d'une tradition familiale de Nazareth?)

Pour en revenir plus spécifiquement à notre évangile où est annoncée l’Eucharistie, Saint Augustin, qui venait d’Afrique du Nord, fait remarquer que « le Seigneur a frappé nos sens par ce prodige, afin d’élever vers lui nos pensées; il a étalé sous nos yeux le spectacle de sa puissance, afin d’exciter nos [512]  âmes à la réflexion »; il voulait nous inciter à passer du visible à l’invisible et nous pousser à « le voir des yeux de notre âme. » (Comm. S. Jean tr. 24).

L’enfant représente la nation juive qui n’a pas encore découvert le Christ. Nous avons déjà partagé ensemble la signification symbolique qu’il attachait aux cinq pains qui rappellent les cinq livres de Moïse, le Pentateuque et les cinq portiques de la piscine de Bethesda. Les cinq mille personnes sont en rapport avec les cinq livres et les cinq portiques.

Il estime que l’orge plus dur que le blé est un symbole de l’Ancien Testament difficile à interpréter.

Les deux poissons représentent la royauté et le sacerdoce. Remarquons que c’est une constante dans l’histoire que de voir les détenteurs de l’autorité mettre la main sur ces deux éléments, à moins qu’ils ne décrètent comme aujourd’hui la mort de Dieu, ce qui en revient à prendre sa place. Les douze corbeilles renvoient aux douze apôtres.

Jésus s’enfuit dans la montagne refusant la royauté humaine qui lui est offerte. Son royaume n’est pas de ce monde, ne cessera-t-il de rappeler jusque devant Pilate.

Il veut conduire tous les hommes à recevoir une autre nourriture, lui-même dans l’Eucharistie. Mais pour cela, il est nécessaire de purifier les yeux de l’âme et de les ouvrir par la foi. Elle est le plus grand qu’il nous ait fait.

Ecoutons le pape François nous en parler dans « Loué sois-tu », c'est un des plus beaux passages.

« 236. Dans l’Eucharistie, la création trouve sa plus grande élévation. La grâce, qui tend à se manifester d’une manière sensible, atteint une expression extraordinaire quand Dieu fait homme, se fait nourriture pour sa créature. Le Seigneur, au sommet du mystère de l’Incarnation, a voulu rejoindre notre intimité à travers un fragment de matière. Non d’en haut, mais de l’intérieur, pour que nous puissions le rencontrer dans notre propre monde. Dans l’Eucharistie la plénitude est déjà réalisée ; c’est le centre vital de l’univers, le foyer débordant d’amour et de vie inépuisables. Uni au Fils incarné, présent dans l’Eucharistie, tout le cosmos rend grâce à Dieu. En effet, l’Eucharistie est en soi un acte d’amour cosmique : « Oui, cosmique! Car, même lorsqu’elle est célébrée sur un petit autel d’une église de campagne, l’Eucharistie est toujours célébrée, en un sens, sur l’autel du monde ». »

Que Marie nous aide à ouvrir les yeux sur ce mystère, elle qui, selon l’expression de saint Jean-Paul II est la femme eucharistique . Amen.

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Sainte Catherine de Sienne ; La Bible de la Liturgie ; AELF