Homélies mars 2015
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Horaire des célébrations

CHAPELLE NOTRE-DAME DU VORBOURG

Mars 2015 

Dimanche

1 Mars

Messe

Chapelet

09h30

15h30

 2ème Dimanche de Carême

Lundi

2 Mars

Messe

08h30 Présentation du Seigneur
au Temple

Mardi

3 Mars

Messe

18h00 S. Blaise, év. m.

Mercredi

4 Mars

Messe

08h30 Férie

Jeudi

5 Mars

Messe

08h30 Ste Agathe, v. m.

Vendredi

6 Mars

Messe

08h30 SS. Paul Miki & comp. m.

Samedi

7 Mars

Messe

08h30 Bx Pie IX pp.

Dimanche

8 Mars

Messe

Prière Mariale

09h30

15h30

3ème Dimanche de Carême

Dimanche

22 Mars

Messe

Chapelet

09h30

15h30

5ème Dimanche de Carême

Lundi

23 Mars

Messe

08h30 Férie de Carême

Mardi

24 Mars

Messe

18h00 Férie de Carême

Mercredi

25 Mars

Messe

08h30 Annonciation du Seigneur

Jeudi

26 Mars

Messe

08h30 Férie de Carême

Vendredi

27 Mars

Messe

08h30 Férie de Carême

Samedi

28 Mars

Messe

08h30 Vierge Marie
au Temps de Carême

Dimanche

29 Mars

Messe

Prière Mariale

09h30

15h30

Dimanche des Rameaux
et de la Passion du Seigneur

Confessions : Mardi après-midi. Mercredi après-midi,
Jeudi après-midi, Vendredi après-midi, Samedi matin.


MARS
 

Universelle - Les scientifiques
Pour que les personnes engagées dans la recherche scientifique se mettent au service de tout ce qui est bon pour la personne humaine.
 

Pour l'évangélisation  - Les femmes dans l'Eglise
Pour que la contribution propre de la femme à la vie de l'Eglise soit reconnue toujours davantage.
 


 

Homélies et mots spirituels au Sanctuaire

+  PAX

1er Mars 2015 -  2ème Dimanche de Carême

Lectures de la messe du jour

1ère lecture : Le sacrifice de notre père Abraham (Gn 22, 1-2.9-13.15-18)
2ème lecture : « Dieu n’a pas épargné son propre Fils » (Rm 8, 31b-34)
Evangile : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé » (Mc 9, 2-10)

Frères et Sœurs,

Les évangiles de la Transfiguration sont ceux qui nous interrogent le plus, d’abord par l’événement lui-même. Une théophanie, une manifestation de Dieu, ce n’est pas quelque chose de banal. Nous avons rencontré la plus récente lors du baptême de Jésus. Curieusement, parmi les personnes présentes à ce moment-là, seul Jean et le Seigneur paraissaient s’en être rendu compte, sinon toutes les personnes présentes auraient du se mettre à la suite de Jésus. L’extraordinaire attire et le discernement n’est pas toujours de mise. Seul celui à qui Dieu révèle l’identité du Fils perçoit qui Il est. En Jn 12.29 les gens n’entendirent qu’un coup de tonnerre lorsque la voix du Père se fait entendre. Devenir disciple du Seigneur, c’est un don de Dieu qui suit une révélation gratuite et mystérieuse. Il ne faut pas s’étonner du fait que d’autres ne reçoivent pas ce que nous avons nous-mêmes reçus.

Aujourd’hui, tout paraît se réaliser dans la plus grande intimité et Jésus impose même  aux Apôtres le silence. L’événement qu’ils viennent de vivre est pourtant radicalement extraordinaire. C’est le même type de comportement qui avait été demandé à des malades en d’autres occasions. Qu’est-ce à dire ? Comment le silence aurait-il donc de si grande vertu alors que l’Evangile doit être annoncé ? Pourquoi se taire ? 

« Celui-ci est mon Fils bien-aimé : écoutez-le ! » Les Apôtres devraient-ils passer encore par un temps d’écoute ?

« Écoute, Israël, le Seigneur notre Dieu est l'Unique » (Dt 6, 4) Que doit apporter cette écoute ? « Israël, tu écouteras, tu veilleras à mettre en pratique ce qui t’apportera bonheur et fécondité, dans un pays ruisselant de lait et de miel, comme te l’a dit le Seigneur, le Dieu de tes pères. » Cette écoute doit conduire au bonheur. Elle permet d’une certaine manière d’en confectionner la clef, ou mieux d’en prendre possession. Mais quel est le message ?

Benoît XVI dans son premier livre sur Jésus de Nazareth, résumait ainsi cette problématique de l’écoute en citant d’ailleurs un autre auteur : « Jésus est devenu Parole de la Révélation divine elle-même. Il était difficile aux évangélistes de le dire plus clairement, plus énergiquement : Jésus est la Torah elle-même. » La dernière parole du Père en résume le sens profond. Les disciples doivent redescendre avec Jésus et s'imprégner sans cesse de cette parole : « Écoutez-le ! »

C’est une injonction gravissime qui est donnée aux trois apôtres. Ils n’en comprennent pas encore complètement le sens. Sur ce mont de l’Ascension, ils étaient dans une situation semblable à celle de Moïse au Sinaï, recevant les commandements de Dieu.

Le Verbe s’étant fait chair, ayant habité parmi nous, il va leur prêcher encore par sa passion et sa résurrection, elles sont inséparables.

Le Mont Moriah où Abraham veut sacrifier son fils Isaac, ainsi que nous l’avons entendu dans la première lecture est situé traditionnellement sur le mont du Temple. Jésus doit monter à Jérusalem pour accomplir son sacrifice. La nouvelle Torah, la nouvelle loi, c’est une personne vivante qui va donner sa vie et la reprendre, ressusciter. Les Apôtres n’ont pas simplement assisté à une sorte de cinéma avec effets spéciaux divins et temporaires, recevant de lourdes tables de pierre à rapporter dans leur havresac. Lourde garantie contre les pertes de mémoire, que ces pierres gravées et figées destinées à traverser le temps. Ils vont avoir à se laisser imprégner et même broyer par la totalité du message qui est ce qui va survenir au Seigneur dans les jours qui vont suivre. Ils vont être détruits à ce point que le Ressuscité va devoir d’une certaine manière ressusciter leur foi. C’est seulement après ce premier fruit de la résurrection et après avoir reçu le don de l’Esprit qu’ils pourront écouter et mettre en pratique sa dernière parole : « Allez, enseignez toutes les nations, baptisez-les au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. » La mort et la résurrection du Seigneur sont l’enseignement fondamental. Il est vivant et il donne la Vie. Il donne sens à notre vie, à nos moments difficiles, à notre propre mort. Il est notre résurrection à venir.

Il nous faut, chacun de nous, lui demander la grâce de l’écouter jusqu’au bout dans ce qu’il a à nous dire, le mettre en pratique pour ressusciter avec lui. « Le Christ Jésus est mort ; bien plus, il est ressuscité, il est à la droite de Dieu, il intercède pour nous. », nous disait saint Paul. En nous, il nous faut encore accepter de le laisser nous prêcher en certaines périodes de l’année, pour transmettre la Bonne Nouvelle. Il le fait par l’Esprit qui est sa mémoire, bien légère, un souffle, et la nôtre. Comme les disciples redescendant de la montagne ce n’est pas avec une lourde charge que nous avançons, mais avec lui.

Célébrant aujourd’hui la journée suisse pour les malades, je vous propose d’écouter quelques lignes qui nous sont adressées par Mgr Eleganti, évêque auxiliaire de Coire. Il a repris le message du pape François pour la journée mondiale des malades. Nous ne prions en vérité, jamais assez pour eux. Ils vivent dans leur chair ce qu’a vécu le Seigneur. Un malade est un prédicateur de la Bonne Nouvelle, un malade, c’est Jésus qui nous enseigne. Voici donc : « Le Pape François dénonce une acceptation croissante de l’euthanasie sous forme active et sous forme d’aide au suicide. «Quel grand mensonge se dissimule derrière certaines expressions qui insistent tellement sur la «qualité de la vie», pour inciter à croire que les vies gravement atteintes par la maladie ne seraient pas dignes d’être vécues !» (ibid.)

«Ô Marie, Siège de la Sagesse, intercède comme notre Mère pour tous les malades et pour ceux qui en prennent soin. Fais que, dans le service du prochain qui souffre et à travers l’expérience même de la souffrance, nous puissions accueillir et faire croître en nous la véritable sagesse du cœur.» Amen

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 + PAX

8 mars 2015
3ème Dimanche de Carême

Lectures de la messe du jour

1ère lecture : La Loi fut donnée par Moïse (Ex 20, 1-17)
En ces jours-là, sur le Sinaï,Dieu prononça toutes les paroles que voici :« Je suis le Seigneur ton Dieu,qui t’ai fait sortir du pays d’Égypte,de la mais...
2ème lecture : « Nous proclamons un Messie crucifié, scandale pour les hommes, mais pour ceux que Dieu appelle, il est sagesse de Dieu » (1 Co 1, 22-25)
Evangile : « Détruisez ce sanctuaire, et en trois jours je le relèverai » (Jn 2, 13-25)
 

Frères et Sœurs,

Permettez-moi en préambule, un bref rappel du contexte historique. Le temple de Jérusalem, dit temple d’Hérode, était considéré comme une des merveilles architecturales de l’antiquité. La réalisation d’Hérode, était formellement une restauration du second temple, reconstruit en 516 au retour de l’exil de Babylone. Le travail a été considérable, avec l’élargissement de l’esplanade, transformations du bâtiment central, etc… Avec une décoration qui marquait les esprits, il comportait au final 3 étages comptant 38 chambres qui l’entouraient. Il avait fallu 46 ans pour le construire. A l’époque de Jésus vers l’an 30 de notre ère, la grande partie était réalisée, mais tout n’était pas terminé. Le projet avait débuté vers 19 av. J-C et ne fut entièrement terminé qu'en 63. La destruction survint 7 ans plus tard, selon une compréhension de la prophétie de Jésus (Mc 13, 2 ; 30). Titus aurait donné l’ordre de le préserver au moment de la fameuse prise de Jérusalem. Flavius Josèphe nous raconte le tragique épisode de sa destruction le 29 août 70. La célèbre représentation de la menora sur l’arc de Titus est présente dans les mémoires.

L’action énergique accomplie par Jésus donne l’impression d’un coup de force. Celui qui est doux et humble de cœur emploie des moyens qui paraissent être aux antipodes de son enseignement. Saint Jean place cette action au début de son ministère, juste après les noces de Cana, alors que les trois autres évangélistes la mentionnent peu avant la passion. Tous la relèvent, c’est bien dire que les esprits ont été frappés durablement…

Benoît XVI mentionnait trois lignes d’interprétation de cet épisode évangélique. Pour la première, la purification du Temple ne signifiait pas une attaque contre le Temple comme tel, mais touchait seulement les abus. Pour la deuxième, c’était une interprétation politico-révolutionnaire de l'événement, de type zélote qui avait la faveur. Voilà qui ne correspond pas au message de Jésus.

Par contre et enfin, Jésus paraît voir une situation identique à celle du temps de Jérémie. Celui-ci avait prophétisé la destruction du Temple. Mais, « comme Jérémie, Jésus lui non plus ne sera pas le destructeur du Temple : tous deux indiquent par leur passion qui et quoi détruira réellement le Temple. »

L’annonce de la passion de Jésus est bien là. Qu’est-ce alors que le zèle de Jésus ? Un amour plutôt énergique et même total. La nouvelle traduction liturgique nous dit : « L’amour de ta maison fera mon tourment. » D’autres préfèrent « Le zèle (zelos en grec) pour ta maison me dévorera » (2,17). C'est une parole tirée du grand Psaume 69 (68) qui concerne la Passion. Souvenez-vous : « Sauve-moi, ô Dieu, car les eaux me sont entrées jusqu'à l'âme... c'est pour toi que je souffre l'insulte... le zèle de ta maison me dévore... » (Ps  69,2.8.10).

Jésus annonce par ce geste prophétique ce qui adviendra bientôt pour lui. Il n’est pas venu comme un chef de guerre pour mener cette guerre-là. Nous avons bien entendu dans la première lecture le don des commandements de Dieu à Moïse. Quelle était leur finalité ? Faire d’Israël un peuple saint, réservé à Dieu. Ce que va accomplir Jésus a la même finalité, mais il vient donner sa vie pour que nous soit donnée la force de la grâce qui sauve et relève. Il vient nous réconcilier avec son Père. La sainteté est possible avec l’aide de la grâce qui nous est obtenue par le sacrifice de Jésus. Sans elle, nous serions écrasés par cette fameuse loi qui effraye. Jésus est avec nous maintenant.

Jésus vient avec des moyens qui sont disproportionnés et paraissent être une véritable folie. « Nous, nous, nous proclamons un Messie crucifié », disait saint Paul tout à l’heure. Il a un résumé lapidaire et extraordinaire. Les  Juifs réclament des signes miraculeux, les Grecs recherchent une sagesse. Le crucifié est un scandale pour les Juifs, une folie pour les nations païennes.

Ce Messie, appelle tout le monde, ce Christ, est puissance de Dieu et sagesse de Dieu. Il a accompli le plus grand des miracles en ressuscitant le troisième jour. Les disciples se souviendront de cette annonce. Il donne sens à l’histoire humaine, il est la sagesse. La sainte sagesse, la sagesse divine. Pensons à la basilique sainte Sophie de Constantinople. Le nom est féminin, mais c’est du Christ dont il s’agit. Il est la Sagesse divine personnifiée, il est la sagesse de l’Eglise son unique épouse, l’Eglise qui est aussi son corps.

La sagesse humaine, la philosophie en particulier, est un art difficile. Saint Jean-Paul II, l’appréciait à un haut degré, il suffit de parcourir ses écrits pour se le rappeler. Il mentionnait dans une de ses audiences saint Denys l’Aéropagite, avec une invitation à l’écoute de la sagesse divine : « Trinité surexistentielle, infiniment divine et bonne, gardienne de la sagesse divine des chrétiens, conduis-nous au-delà de toute lumière et de tout ce qui est inconnu, … là où les mystères simples, absolus et incorruptibles … se révèlent dans les ténèbres lumineuses du silence. » (Théologie mystique, I, 1). Notre raison avec bien des efforts peut approcher du mystère de Dieu, mais impossible d’approcher de celui de la Trinité sans la révélation et l’assistance de l’Esprit-Saint.  Lorsque la poésie s’en mêle on peut toujours rêver d’avoir compris quelque chose. Or, il n’y en a qu’une à comprendre, à savoir la nécessité d’ouvrir notre cœur au crucifié, à celui qui va ressusciter, nous ressusciter au dernier jour et nous faire entrer mystérieusement dès maintenant dans le mystère de Dieu. Il vient ouvrir nos yeux et nous accompagner sur son chemin qui est devenu le nôtre, tous les jours dans notre vie quotidienne.

Il veut chasser par sa grâce, les ténèbres qui sont en nous en ce temps de carême. S’il est le temple de Dieu, nous le sommes, nous aussi. Toute personne humaine en est un. C’est pour cette raison que nous avons à respecter chacun, homme et/ou femme d’ailleurs, du commencement à la fin de son existence terrestre. Toutes nos forces et notre zèle nous devons le placer là, dans le respect à apporter envers chacun. Dieu habite en nous. Le pape François insistait cette semaine sur l’attention qui doit être portée aux plus anciens qui dépendent de notre aide. Demandons à Marie de nous aider à entrer dans le mystère de son Fils, elle qui a été son arche d’Alliance. Amen.

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+ PAX

22 mars 2015 - 5ème Dimanche de Carême

Lectures de la messe du jour

1ère lecture : « Je conclurai une alliance nouvelle et je ne me rappellerai plus leurs péchés » (Jr 31, 31-34)
2ème lecture : « Il a appris l’obéissance et est devenu la cause du salut éternel » (He 5, 7-9)
Evangile : « Si le grain de blé tombé en terre meurt, il porte beaucoup de fruit » (Jn 12, 20-33)
 

Frères et Sœurs,

Nous approchons du moment culminant auquel nous conduit ce chemin de Carême avec le moment dramatique de la Passion et la réponse de la résurrection à la haine et au péché qui ont voulu la mort de Dieu… Il vient de ressusciter Lazare et nous sommes six jours avant la Pâque, les grands prêtres ont pris la décision de tuer Jésus, ainsi que Lazare. Les foules l’ont acclamé et quelques Hellènes, des Juifs issus de la diaspora demandent à rencontrer Jésus… Ils passent par sa curie, s’adressent à Philippe qui sert de médiateur, et parle certainement leur langue, vu son nom et vivant en zone frontière. Philippe s’approche d’André. Est-ce par affinité ou parce qu’il était plus proche de Jésus? Ils se mettent à deux pour remplir la mission qui semble étrangement délicate. Aucun des Apôtres ne paraît percevoir la proximité des prochains événements. Ils sont obnubilés par la gloire terrestre et la réussite, surtout si Dieu par des œuvres de puissance paraît être de leur côté. Péché ecclésiastique de tous les temps, d’hier et d’aujourd’hui.

Saint Augustin fait remarquer que si certains Juifs veulent le tuer, d’autres l’ont acclamé et que les Gentils, les grecs veulent le voir. Ils représentent symboliquement tous les peuples de la terre, les non-juifs. Ils ressemblent à deux murs qui s’avancent de différents côtés et se réunissent en un baiser de paix et dans le sentiment de la même foi en Jésus-Christ. Ecoutons  la voix de la pierre angulaire, dit Augustin : « L’heure est venue où le Fils de l’homme doit être glorifié ». Ce n’est pas en raison de la présence de ces Grecs, qu’il le sera (la gloire du passage à l’international pourrait-on dire).  Il voyait qu’après sa passion et sa résurrection ils croiraient en lui par toute la terre.

Dans son Evangile, Jean ne nous dit pas que Jésus a répondu directement à ses interlocuteurs, il s’adresse aux deux Apôtres, en leur annonçant de manière figurée sa passion et sa résurrection.  On peut y avoir une annonce de la médiation de l’Eglise et de ses pasteurs.

Il ne se comporte pas comme une vedette ou à la manière d’un ancien président ou d’un candidat à la présidence qui vend chèrement des autographes et un moment passé avec lui.  Il leur annonce sa passion, c’est cela sa gloire. « Je l’ai glorifié et je le glorifierai encore. », dit le Père. Il s’est abaissé jusqu’à devenir l’un de nous, et à partager notre sort, mais pour montrer la puissance de l’amour de Dieu.

Lorsque le Père se manifeste, cela a été perçu comme un coup de tonnerre par la foule, comme pour Moïse au Sinaï, mais les apôtres paraissent seuls avoir entendu les mots. Ont-ils compris ?

Ils pensaient encore en termes de gloire humaine. Nous les comprenons, comment interpréter autrement les signes qu’il donnait ? Il ressuscitait des morts, il est acclamé par les foules et à deux doigts de renverser le régime en place. Or, ce n’est pas du tout cela. Malgré les avertissements, malgré leur bonne volonté, les explications, les pauvres n’ont encore rien compris. « Montre-nous le Père et cela nous suffit. », lui dira Philippe un peu plus tard. Il a raison, la vision de Dieu nous suffira à tous, mais ce n’est pas encore le moment, il n’y a pas en quelque sorte un passage automatique, le fauteuil tout confort ou la télécommande qui vous fait basculer vers une autre dimension… Jésus va expliciter ce qu’il leur avait expliqué en annonçant sa Pâque. Le grain de blé devait mourir, il devait donner sa vie pour attirer tous les hommes à lui. Sa deuxième réponse à Philippe contient apparemment une nuance de reproche. On sent presqu’un enseignant attristé devant des intelligences rétives ou limitées.

Le Seigneur a voulu étrangement passer par le désert de l’incompréhension de ses disciples durant son ministère. Nous avons là encore une remarquable manifestation de son abandon à la volonté du Père. Ne serait-il pas désespérant de laisser un immense chantier à accomplir à des ouvriers qui n’ont pas les compétences de le mener à terme, ni de lire un mode d’emploi et des plans? Viens Esprit-Saint ! C’est lui qui l’appelle par sa passion, d’un cri qui retentit jusqu’à la fon du monde.

Oui, la vision de Dieu nous conformera définitivement à lui au dernier jour ! « Qui m’a vu a vu le Père. »

Mais déjà commence à s’opérer cette transformation. Elle se produit sous l’action de l’Esprit qui nous configure à Jésus, jusque dans sa condition de Serviteur souffrant. Par quels moyens ? Croire en lui et lui donner tout notre amour.  « Si quelqu’un veut me servir, qu’il me suive ; et là où moi je suis, là aussi sera mon serviteur. »

Aujourd’hui, alors qu’il est bouleversé par l’épreuve qui l’attend, jaillit un cri d’espérance. Il exprime en plus la certitude que sa mission va s’accomplir avec succès : « et moi, quand j’aurai été élevé de terre, j’attirerai à moi tous les hommes. »

A chacun de nous, il n’est pas demandé de sauver le monde, Jésus l’a fait, mais de laisser l’Esprit-Saint nous conformer au Seigneur et nous transformer, œuvre difficile à mener à bien.

Combien de fois sommes-nous bouleversés et avons-nous besoin de consolateurs ?

Sommes-nous capables de compassion chrétienne ?

Le Seigneur veut agir avec nous pour que se réalise l’œuvre de Dieu autour de nous et dans le monde. Et notre espérance ? Espérer c’est déjà résister au mal disait le pape hier.

Il est allé encourager les napolitains dans la lutte contre leur mafia locale. C’est un grand mal. Mais autour de nous, n’y a-t-il pas une action analogue à mener pour que recule l’action de celui que Jésus appelle le prince de ce monde ? Il n’agit pas seulement dans le cadre d’événements graves, mais dans notre quotidien, les refus de pardonner, le manque d’écoute et de patience. Nous connaissons les défauts de nos cuirasses. Cette transformation nous ne pouvons l’opérer seuls.

Ô Marie notre Mère, implore pour nous la miséricorde de ton divin Fils et vaincs, par ta clémence, le péché dans nos cœurs et dans le monde, nous sommes ses frères et sœurs et tes fils qui lui ont tant coûté, et qui contristent ton Cœur. Montre-toi à tous telle que tu es, Reine de paix et de pardon.

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Sainte Catherine de Sienne ; La Bible de la Liturgie ; AELF