Homélies novembre 2014
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Horaire des célébrations

CHAPELLE NOTRE-DAME DU VORBOURG

NOVEMBRE 2014

 

Samedi

1er Novembre

Messe

9h30

TOUSSAINT

Dimanche

2 Novembre

Messe

Chapelet

09h30

15h30

COMMÉMORATION DE TOUS LES FIDÈLES DÉFUNTS

Lundi

3 Novembre

Messe

08h30

S. Martin de Porrès rel.

Mardi

4 Novembre

Messe

18h00

S. Charles Borromée, év.

Mercredi

5 Novembre

Messe

8h30

férie

Jeudi

6 Novembre

Messe

8h30

férie

Vendredi

7 Novembre

Messe

8h30

S. Willibrord év.

Samedi

8 Novembre

Messe

8h30

Vierge Marie

Dimanche

9 Novembre

Messe

Prière Mariale

09h30

15h30

Dédicace de la
Basilique du Latran

Dimanche

23 Novembre

Messe

Chapelet

09h30

15h30

Christ Roi de l'Univers

Dimanche

30 Novembre

Messe

Prière Mariale

09h30

15h30

1er Dimanche de l'Avent  - B

Confessions :  Mardi après-midi, Mercredi après-midi, Jeudi après-midi, Vendredi après-midi, Samedi matin.

 

Laissez-nous vos intentions de prière .  Merci de votre visite. Fr. Dominique et Fr. Paul.

 

Intentions du Pape François pour novembre

- NOVEMBRE 2014

Générale : Les personnes seules
Pour que les personnes qui souffrent de la solitude expérimentent la proximité de Dieu
et le soutien de leurs frères.

Missionnaire : Les formateurs des séminaristes et religieux
Pour que les jeunes, séminaristes, religieux et religieuses, aient des formateurs compétents et pleins de sagesse.


 

Homélies et mots spirituels au Sanctuaire

1 novembre 2014
Tous les Saints
 

Solennité


1ère lecture : La foule immense des rachetés (Ap 7, 2-4.9-14)
2ème lecture : Nous sommes enfants de Dieu et nous lui serons semblables (1 Jn 3, 1-3)
Evangile : Les Béatitudes (Mt 5, 1-12a)
 

Frères et Sœurs,

 La Toussaint devrait être une des plus grandes de fête de l’année, mais habituellement, nous ressentons une sorte de retenue. L’environnement est difficile, n’est-ce pas ? Nous faisons pour ainsi dire le compte de ceux que nous avons connus, bon nombre de visages défilent dans notre mémoire. Les arrière-grands- parents peut-être, les grands-parents qui ont dû nous apprendre comment aller vers Jésus, puis les parents, ça fait plus mal. Parfois et inévitablement des proches des contemporains, des enfants, c’est insupportable,  fête très  délicate, ambigüe ? Pourtant elle ne l’est pas. Il y a   en perspective, le ciel et la sainteté, la vie avec Dieu. Rêvons-nous, s’agit-il d’imagination qui travaille  un peu trop ? Les saints, c’est loin, Jésus deux mille ans déjà. Et notre foi ?

Si parfois des signes nous sont donnés, c’est que nous en avons besoin, nous avons besoin d’encouragements. En avez-vous rencontrés de vivants, des saints officiels ? Oui, Jean XXIII, le bienheureux Paul VI, Jean-Paul II, des rencontres qui laissent une marque  dans nos vies. Ce sont les saints officiels, mais n’y en a-t-il pas d’autres ? L’Apocalypse nous a dit tout à l’heure, qu’au dernier jour, ce serait une foule innombrable. « J'ai vu une foule immense, que nul ne pouvait dénombrer, une foule de toutes nations, races, peuples et langues. », dit saint Jean. Voilà de quoi calmer les inquiétudes de ceux qui pensent s’ennuyer au ciel, d’autant que le courant va passer avec tout le monde… Et quel courant ? Je vous laisse donner vous-mêmes la réponse.

Pourquoi mentionner les béatitudes aujourd’hui? Parce qu’elles sont la clef de notre participation au mystère du Christ. Elles figurent parmi les paroles qui scandalisent le plus dans l’Evangile. Elles sont incompréhensibles. Les critères du monde en feraient plutôt l’échelle des parfaits perdants, or c’est tout le contraire.

Pour décrire dans le Royaume ceux qui les ont vécues, on imagine volontiers un de ces tableaux de Fra Angelico où les saints ressemblent par leurs couleurs et leurs vêtements aux fleurs de certains jardins bien cultivés, pourquoi pas les pétales entourant le cœur d’or d’une marguerite, de la rose ou que sais-je pour ceux sont « fleurs ». Chacun manifestera la manière dont il a vécu les béatitudes, sa spécialité. Pourquoi ne pas utiliser non plus la comparaison de la lumière de certaines rosaces dans les cathédrales.

Ecoutons le bienheureux Paul VI le 10 juin 1969 au Parc de la Grange, à Genève. « Les saints, à chaque point du temps et de l’espace où ils vivent, nous apportent comme un rayon particulier, détaché de la sainteté infinie de Jésus. La vie de chacun d’eux est pour l’époque où il vit comme une réalisation existentielle et immédiate d’une des béatitudes du Sermon sur la Montagne. L’histoire de votre grand Saint national est typique à cet égard. Saint Nicolas de Fluë a vécu pour son époque la béatitude … de ceux dont le Sauveur a dit: Bienheureux les pacifiques, car ils seront appelés enfants de Dieu. »

Vivre les béatitudes est donc fondamental, il le répétera mais à des Africains en 1975. Ne sommes-nous pas tous appelés à le suivre, de toutes races, peuples et langues ?

« Construisez sur le roc, c'est-à-dire, fondez résolument votre attitude sur I'Evangile, sur la soif de justice, sur la paix, sur l'amour, en un mot sur les béatitudes, dont la charte nous est donnée par saint Matthieu… A long terme, seule cette fidélité à l’Evangile permettra de surmonter les difficultés, de sauver vos âmes d'abord, de préparer l'Eglise de demain ». Concélébration pour l’Année sainte 1975  

Ceux qui entourent l’Agneau ont sauvé leurs âmes en lavant leur vêtement dans son sang, ce sont les baptisés qui ont été bénéficiaires de la miséricorde. « Nous ne pouvons entrer au Ciel que grâce au sang de l’Agneau, grâce au sang du Christ, nous disait le pape François l’an passé. C’est justement le sang du Christ qui nous a justifiés, qui nous a ouvert les portes du Ciel. Et si aujourd’hui nous rappelons ces frères et sœurs qui nous ont précédés dans la vie et qui sont au Ciel, c’est parce qu’ils ont été lavés dans le sang de l’Agneau. Voilà notre espérance : l’espérance du sang du Christ ! Une espérance qui ne déçoit pas. Si nous marchons dans la vie avec le Seigneur, Il ne déçoit jamais ! »

Où nous conduit cette marche ? A la cité sainte aux douze portes où siège l’Agneau et où Dieu sera tout en tous. Nous parviendrons au sommet de la montagne des béatitudes, non pas seuls, mais ensemble en communauté humaine et familiale, en communauté religieuse en Eglise. C’est le type d’escalade par excellence qu’on ne peut entreprendre seuls. L’Eglise a reçu les moyens de nous y faire parvenir avec les sacrements qui sont en quelque sorte équipement, nourriture, médicament. Il y a aussi le sacrement du frère, l’Eglise est communion.

Devrions-nous nous inquiéter ? Désirer le salut de toute son âme et de toute sa force, désirer la vie éternelle est un signe de santé spirituelle. Dieu s’inquiète de nous, certes, mais il ne nous considère pas comme de la matière inerte ou de ces robots répétitifs qui font  des merveilles en ne demeurant que des prolongements de leur créateur. Il compte sur nous et sur notre liberté, sur la capacité d’aimer dont il nous a dotés. N’est-ce pas cela qui nous fait ressembler à Dieu ?  Il veut plus que des collaborateurs et même des amis, il veut des fils qui lui ressemblent et ressemblent à son Fils aîné. N’est-il pas notre Père ? Devrions-nous nous inquiéter ? Quel est le contraire des béatitudes ? Une échelle inverse du mal, mais bien plus encore, l’absence de goût pour le bonheur et le ciel. Si cela nous prenait un jour, là, nous devrions nous inquiéter plus que tout. Ce serait en quelque sorte l’électrocardiogramme du bonheur qui nous lancerait un signal d’alerte .   A quel service d’urgence recourir ?

La prière, l’Ecriture, surtout les Evangiles de la Résurrection… et Notre-Dame. Ce que disait saint Jean-Paul II à la Toussaint 2000 , lui qui est presque le pape de la Toussaint est valable aujourd’hui et toujours : La Très Sainte Vierge Marie,  vécut une communion unique avec le Verbe incarné, en se confiant sans réserve à son dessein salvifique. C'est pourquoi il lui fut donné d'écouter, à l'avance par rapport au "discours sur la montagne", la béatitude qui résume toutes les autres:  "Bienheureuse celle qui a cru en l'accomplissement de ce qui lui a été dit de la part du Seigneur" (Lc 1, 45). Notre-Dame ravivez notre foi. Amen.

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2 novembre 2014
Commémoration de tous les fidèles défunts

Lectures de la messe du jour

1ère lecture : La vie de tout homme est dans la main de Dieu (Sg 2,23; 3,1-6.9)
2ème lecture : Passer par la mort avec le Christ pour vivre avec lui (Rm 6, 3-9)
Evangile : Voici l'heure d'entrer dans la vie (Jn 5, 24-29)
 

Frères et Sœurs,  

Vous vous interrogez certainement sur le fait qu’un dimanche, l’Eglise fasse une exception aux usages liturgiques habituels qui marquent une priorité absolue à la célébration du jour du Seigneur, jour de la Résurrection. Habituellement, en effet, même la fête d’un saint qui n’a pas rang de Solennité, cède le pas au dimanche. Il y aura encore une exception pour la fête de la Dédicace de Saint Jean de Latran, la cathédrale du Pape, dimanche prochain. La commémoration de tous les fidèles défunts n’est qu’une mémoire dite obligatoire et le calendrier nous demande de la célébrer aujourd’hui. Nous pouvons en conclure qu’il en va ainsi pour une raison importante : c’est la prière pour les défunts.

Pourquoi prier pour eux ?

A l’arrière-plan nous avons l’enseignement de l’Eglise sur le Purgatoire qui figure aux numéros 1030 à 1032 du catéchisme. Il est basé sur deux passages de l’Ecriture, à savoir Matthieu 12,32 Et si quelqu’un dit une parole contre le Fils de l’homme, cela lui sera pardonné ; mais si quelqu’un parle contre l’Esprit Saint, cela ne lui sera pas pardonné, ni en ce monde-ci, ni dans le monde à venir. Le péché contre l’Esprit-Saint est une résistance fautive, entêtée et opiniâtre à la grâce, un refus absolu de la miséricorde. A partir du moment où toute maîtrise nous échappe sur le cours des événements, le bon sens minimal, nécessiterait un peu d’humilité, « Si je me suis trompé et si j’ai mal agi, Seigneur, je te demande pardon ». Saint Grégoire le Grand, s’appuyant sur saint Augustin en conclut que certaines fautes peuvent être pardonnées « dans le siècle futur » (S. Grégoire le Grand, dial. 4, 39).

L’autre passage de l’Ecriture est la prière pour les morts tombés au combat sous Judas Macchabée (12,46). Il mentionne explicitement la foi en la résurrection, mais aussi qu’on avait trouvé des objets consacrés aux idoles dans leurs vêtements et Judas fit accomplir pour eux un sacrifice expiatoire.

Voilà pour ces fondements scripturaires. Si le Moyen-Age nous a laissé un descriptif du Purgatoire dans sa divine comédie de l’image qu’on s’en faisait à l’époque, nous avons avant tout des définitions aux conciles de Florence et de Trente.  

Il n’est je pense pas nécessaire d’approfondir en ce dimanche, mais il est toute de même utile de rappeler que ce sont les moines de Cluny et notamment saint Odilon 5ème Abbé de Cluny, qui furent à l’origine de cette célébration liturgique. Saint Jean-Paul II a écrit une magnifique lettre à Mgr Séguy évêque de Mâcon et Cluny pour le millénaire de l’instauration de cette fête en 1998. Ce fut un des grands labeurs des moines du moyen-âge que de prier pour les défunts depuis cette époque et avant déjà. Mais l’institution de la fête avait concerné, si mes souvenirs sont bons, les moines d’abord, qui ont un besoin particulier d’être bénéficiaires du pardon et de la miséricorde.

La question qui court ensuite, est celle-ci : mais depuis le concile Vatican II, tout cela c’est fini. C’est une erreur, même si l’accent est mis avant tout sur l’espérance et la miséricorde.

A témoin le catéchisme et son numéro 1030 Ceux qui meurent dans la grâce et l’amitié de Dieu, mais imparfaitement purifiés, bien qu’assurés de leur salut éternel, souffrent après leur mort une purification, afin d’obtenir la sainteté nécessaires pour entrer dans la joie du ciel.

Le magistère est clair sur ce sujet. Le bienheureux Paul VI mentionne le purgatoire dans sa profession de foi : « Nous croyons que les âmes de tous ceux qui meurent dans la grâce du Christ, soit qu'elles aient encore à être purifiées au purgatoire, soit que dès l'instant où elles quittent leur corps, Jésus les prenne au paradis comme il a fait pour le bon larron, sont le peuple de Dieu dans l'au-delà de la mort, laquelle sera définitivement vaincue le jour de la résurrection où ces âmes seront réunies à leur corps.» Pour saint Jean-Paul II, il n’y a aucun doute selon ses lettres, catéchisme et catéchèse des audiences générales, comme je vous l’ai mentionné. Benoît XVI n’est nullement en reste. Son encyclique Spe Salvi, « dans l'espérance nous avons été sauvés », a un long développement sur le purgatoire.

D’ailleurs y sommes-nous opposés personnellement ? La manière la plus facile de pousser à une réaction est de prendre la température de l’opinion sur les responsables officiels des guerres et des malheurs du 20ème siècle et du nôtre, Hitler, Staline, Mao, et ceux du libéralisme qu’on ne mentionne pas, sans compter les mafias et trafiquants de toutes sortes. Voilà que vacillent les positions les plus fermes. Même l’enfer vu du dehors ne paraît plus insupportable et  le concept bipolaire commun actuel se brise : le Paradis ou Dieu n’existe pas.

Benoît XVI avant d’aborder la question du purgatoire, mentionne ce type de cas extrêmes. Tous, de ceux qui sont parvenus au plus haut degré de sainteté à ceux qui font craindre le pire, tous auront à s’interroger sur leur fidélité au Christ.   Ceux qui passeront par un temps de purification, ont la certitude bienheureuse de leur salut,  sous son regard d’amour ils percevront qu’il leur faut encore un peu de patience et de perfectionnement. Chez la plupart des hommes – comme nous pouvons le penser – demeure présente au plus profond de leur être une ultime ouverture intérieure pour la vérité, pour l'amour, pour Dieu. Mais, dans les choix concrets de vie, elle est recouverte depuis toujours de nouveaux compromis avec le mal. dit Benoît XVI. Ce sont à ces compromis qu’il faut dire non définitivement et qu’il faut rejeter.

Il poursuit en argumentant d’après Saint Paul : certaines choses édifiées peuvent brûler totalement; pour se sauver il faut traverser soi-même le « feu » afin de devenir définitivement capable de Dieu et de pouvoir prendre place à la table du banquet nuptial éternel. La prière de l’Eglise est utile à ce moment-là. Mais n’est-il pas bon  de rappeler combien est peut-être plus important encore le recours préalable aux sacrements. Rencontrer le Seigneur régulièrement dans l’Eucharistie et dans le sacrement de réconciliation… le faisons-nous ? Désirons-nous le salut de toute notre âme ? Lorsque nous nous sentons gravement atteint dans notre santé  et même en danger, n’est-il pas de première urgence de rencontrer le Seigneur dans ses sacrements : Réconciliation, Onction des malades et Eucharistie. Il y a également ce qu’on appelle l’indulgence plénière donnée au moment de la mort et qu’on peut obtenir pour les autres. Nous avons cette possibilité par exemple en nous rendant sur les tombes de nos défunts, et en priant pour eux, si nous sommes en état de grâce. Tout cela, tous ces moyens c’est une main tendue de la part du Seigneur, un aspect de la miséricorde.

Et Marie ? Près de la croix  tu étais devenue la mère des croyants. Dans cette foi, qui était aussi, dans l'obscurité du Samedi Saint, certitude de l'espérance, tu es allée à la rencontre du matin de Pâques. La joie de la résurrection a touché ton cœur… Tu demeures au milieu des disciples comme leur Mère, comme Mère de l'espérance. Sainte Marie, Mère de Dieu, notre Mère, enseigne-nous à croire, à espérer et à aimer avec toi. Indique-nous le chemin vers son règne! Étoile de la mer, brille sur nous et conduis-nous sur notre route! Amen.

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23 novembre 2014 - Notre Seigneur Jésus Christ Roi de l'Univers
 

1ère lecture : Dieu, roi et berger d'Israël, jugera son peuple (Ez 34, 11-12.15-17)
Parole du Seigneur Dieu : Maintenant, j'irai moi-même à la recherche de mes brebis, et je veillerai sur elles. Comme un berger veille sur les brebis de son troupeau quand elles sont di...
Psaume : 22, 1-2ab, 2c-3, 4, 5, 6
R/ Le Seigneur est mon berger :
rien ne saurait me manquer.
Le Seigneur est mon berger : je ne manque de rien. Sur des prés d'herbe fraîche, il me fait reposer. Il me mène vers les eaux tranquilles et me fait revivre ; il me conduit par le juste chemin pour...
2ème lecture : La royauté universelle du Fils (1Co 15, 20-26.28)
Le Christ est ressuscité d'entre les morts, pour être parmi les morts le premier ressuscité. Car, la mort étant venue par un homme, c'est par un homme aussi que vient la ...
Evangile : La venue du Fils de l'homme, pasteur, roi et juge de l'univers (Mt 25, 31-46)
Jésus parlait à ses disciples de sa venue : « Quand le Fils de l'homme viendra dans sa gloire, et tous les anges avec lui, alors il siégera sur son trône de gloire....

 

Frères et Sœurs, 

La célébration du Christ Roi de l’Univers éveille des sentiments mélangés.  Vous le savez, cette fête avait été instituée par le pape Pie XI en 1925 accompagnée de la lettre encyclique « Quas Primas ».  Il était conduit par une grande inquiétude sur l’évolution de la société. Vous vous souvenez des grandes lignes : Le laïcisme teigneux s’était bien installé dans l’hexagone, le communisme avait pris les commandes en Russie, et une société industrielle s’était instaurée entraînant déracinements culturels et une nouvelle pauvreté, les idéologies nationalistes à racines radicalement non-chrétienne étaient en état de mûrissement avancé. Quelle réaction possible sinon un retour à la royauté sociale du Christ pour que puisse s’instaurer sa paix. « Il apparaît ainsi clairement qu'il n'y a de paix du Christ que par le règne du Christ, et que le moyen le plus efficace de travailler au rétablissement de la paix est de restaurer le règne du Christ. », avait-il dans sa précédente encyclique (De la paix du Christ dans le règne de Dieu). Le Christ-Roi devait être célébré le dernier dimanche d’octobre précédent la Toussaint. Vous avez remarqué qu’à la suite du Concile Vatican II, la fête a été déplacée au dernier jour de l’année liturgique. L’accent était donc mis auparavant sur la reconnaissance nécessaire et l’instauration de la royauté sociale du Christ.  On pourrait concevoir cela comme une sorte de restauration. Un commentaire résume l’évolution qui suivit : « Alors qu’au départ cette fête est une protestation contre la perte du pouvoir de l’Eglise sur la société, au risque de la présenter comme une force sociale parmi d’autres, les changements d’ordre liturgique soulignent l’orientation pascale de cette fête et le caractère eschatologique de la royauté du Christ. Dans le Christ, c’est la création toute entière, dans son chemin historique, qui est appelée à entrer dans le Royaume. » Il est cependant souligné que cela ne signifie pas qu’il faille négliger de faire passer le Christ dans la vie sociale. L’enseignement de la doctrine sociale de l’Eglise a une importance et une force dont sont conscients ceux qui prennent la peine de s’y intéresser autrement que par le bêtisier médiatique.  Y renoncer pousserait à un subjectivisme abusif dont les conséquences sont déjà trop visibles dans notre société mue par l’ultralibéralisme et le relativisme. Dieu s’est incarné en Jésus Christ pour transformer ce monde et lui donner en nous, la capacité de voir son créateur. Il veut devenir tout en tous.  Il a voulu devenir roi, mais pas à la manière du monde.

Nous ne sommes plus guère habitués à l’idée d’un roi. Quant à un prince-évêque… On  a entendu récemment qu’un cardinal et archevêque au Burkina Faso avait refusé de devenir président même de transition, en raison des obligations du droit canonique et par bon sens. Dans nos esprits, ce mode de gouvernement relève d’un exercice archaïque du pouvoir dont il reste encore quelques reliques, il est vrai. Un roi personnifiait pour ainsi dire l’Etat et l’autorité de celui-ci. Il était le chef incontesté de son armée, avait au temps jadis un droit de vie et de mort sur ses sujets et les biens qui se trouvaient sur son territoire lui appartenaient. Il était la source ultime du droit. C’était une sorte de médiateur investi de pouvoirs au point qu’on le divinisait ou le disait fils de Dieu. N’est-on pas allé jusqu’à parler de droit divin au grand siècle. Il se devait d’inspirer une terreur sacrée, mais il était aussi le défenseur de son peuple. Cependant ce n’était qu’à contre-cœur que Dieu avait accédé au désir de son Peuple de lui donner un roi. David, pécheur, mais modèle du roi selon le cœur de Dieu et deuxième roi d’Israël a commencé par être un berger courageux avant de recevoir l’onction. Dans l’Ecriture elle faisait de celui qui la recevait, quelqu’un d’à part, comme un prêtre.

Jésus a refusé le titre de roi selon la conception de son époque parce que sa royauté n’est pas de ce monde. Il dira devant Pilate : « Tu as raison, je suis roi, mais mon Royaume n’est pas de ce monde ». Il a voulu prendre d’autres moyens que ceux d’un roi terrestre pour manifester sa qualité de roi et remplir sa mission seul. « La royauté du Christ, disait Benoît XVI, est une révélation et une mise en œuvre de celle de Dieu le Père, qui gouverne toute chose avec amour et avec justice. Le Père a confié au Fils la mission de donner la vie éternelle aux hommes en les aimant jusqu'au sacrifice suprême, et en même temps, il lui a conféré le pouvoir de les juger, puisqu'il s'est fait le Fils de l'homme, en tout semblable à nous (cf. Jn 5, 21-22.26-27). »  Il n’a envoyé personne combattre à sa place et défaire son dernier ennemi, la mort. Les moyens qui lui donnaient la capacité de montrer qui est Dieu en vérité sont en opposition à ceux sur lesquels nous comptons, par leur apparente inefficacité : La croix, l’humiliation, la souffrance. Ils n’auraient aucun sens s’ils ne révélaient l’amour et la nature de Dieu, sa toute-puissance. Qui est Dieu ? Dieu est amour. Il est un Dieu en trois personnes unies par un amour qui ne peut être comparé à aucun autre et qui est source de vie. La résurrection de Jésus témoigne de la toute-puissance de l’amour de Dieu.

A la fin des temps, s’opère un ultime et bien réel discernement basé sur la charité. Comment pourras-tu dire que tu as aimé Dieu que tu ne voyais pas, si tu n’as pas aimé  ton prochain que tu voyais. Si l’amour du prochain reste lettre morte aujourd’hui, si nous ne portons pas de fruit, c’est que nous sommes morts dans notre cœur et avons besoin d’un cœur nouveau et d’un esprit nouveau.  Nous avons besoin que la joie de l’Evangile nous soit annoncée à nouveau. Nous avons besoin d’apprendre à aimer é nouveau. Nous ne sommes pas des esprits dans un corps, mais nous sommes pour ainsi composés de matière et d’esprit. Aimer de manière humaine, cela ne peut que se faire maintenant, comme Jésus, avec Lui et en Lui, avec son aide et sa grâce. « Que son royaume, disait Jean-Paul II, soit toujours plus en nous. Donnons-lui en échange l'amour auquel il nous a appelés - en Lui aimons toujours plus la dignité de chaque homme ! »

La Royauté du Christ n’est pas une royauté dominatrice, égoïste et fermée. Elle est souveraine, certes, mais parce que rien ne peut éteindre l’amour de Dieu pour nous, sinon notre refus. « Le Christ est ressuscité d'entre les morts, pour être parmi les morts le premier ressuscité… Quand tout sera sous le pouvoir du Fils, il se mettra lui-même sous le pouvoir du Père qui lui aura tout soumis, et ainsi, Dieu sera tout en tous. »

Aux côtés de Jésus, Roi de l'univers, nous contemplons Marie, la Mère du Roi, que nous invoquons pour cette raison comme Reine du Ciel et de la Terre. Puisse-t-Elle nous aider à faire de notre vie un cantique de louange et de fidélité à Dieu, saint et miséricordieux. Amen.

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1er Dimanche de l'Avent Année - B - 30 Novembre 2014
 

1ère lecture : « Ah ! Si tu déchirais les cieux, si tu descendais ! » (Is 63, 16b-17.19b ; 64, 2b-7)
 Psaume : 79 (80), 2ac.3bc, 15-16a, 18-19
2ème lecture : Nous attendons de voir se révéler notre Seigneur Jésus Christ (1 Co 1, 3-9)
Evangile : « Veillez, car vous ne savez pas quand vient le maître de la maison » (Mc 13, 33-37)
 

Frères et Sœurs,

Le Seigneur dans l’Evangile d’aujourd’hui, a utilisé à quatre reprises,  le mot éveillé ou veiller « gregore » (et autres formes)  en grec. Vous aurez reconnu le prénom de Grégoire, cher aux moines.

C’est un signal fort, en ce premier dimanche de l’Avent, que cette incitation à la veille. Le diacre et le prêtre dans la liturgie de saint Jean Chrysostome demandent à l’assistance d’être attentifs aux lectures avant de commencer à les lire « Soyons attentifs ». C’est à une attention particulière que nous sommes invités à ce moment. Aujourd’hui, ça l’est, non seulement parce que nous entendons pour la première fois dans la lecture publique, les lectures selon la nouvelle traduction liturgique (peut-être avez-vous détectés quelques différences), mais parce que le Seigneur vient vers nous et nous demande une grande attention. Il la demande parce que se joue un moment grave dans l’histoire humaine. Dieu vient à notre rencontre, Dieu vient nous visiter. Vous vous souvenez que la liturgie de l’Avent se divise en deux périodes, la première avant le 17 décembre nous invite à la vigilance, car nous ne savons pas quand le Fils de l’homme reviendra à la fin des temps. Si nous célébrerons sa naissance à Noël, nous devons aussi prier pour sa venue dans le cœur des hommes maintenant et penser à son retour glorieux à la fin des temps. Jésus peu avant sa passion nous a demandé de veiller, ce ne peut être qu’important. Il le fera encore durant la nuit même qui la précède, reprochant à ses Apôtres de ne pas avoir pu veiller une heure avec lui. Il dit à  Pierre : « Simon,  tu dors !  Tu n’as pas eu la force de veiller seulement une  heure ? 38Veillez  et priez, pour ne pas entrer en tentation ; l’esprit est ardent, mais la chair est  faible. » Puis vient le temps marqué, celui du combat qu’il mène presque seul, avec Jean et quelques femmes. Pour les autres disciples, c’est le temps de dormir, il n’y a plus rien à faire jusqu’à l’accomplissement de ce qui est juste selon Dieu.

Tout cela ne se serait-il passé qu’une seule fois dans le temps autrefois ? Ne serions-nous plus l’argile que le Père façonne ? Ne sommes-nous pas appelés à devenir tous l’ouvrage de sa main comme le dit le prophète Isaïe ?

C’est le contraire dans le propos de saint Paul : Le témoignage rendu au Christ s’est établi fermement parmi vous.  Ainsi, aucun don de grâce ne vous manque, à vous qui attendez de voir se révéler notre Seigneur Jésus Christ. C’est lui qui vous fera tenir fermement jusqu’au bout.  Cela ne peut signifier qu’une chose : même s’il a remporté la victoire la plus totale, la mission du Christ se poursuit en nous.

Le pape François a comparé l’Europe à une grand-mère à Strasbourg. La mission du du Christ ne se réalise-t-elle pas par elles, et par les grand-pères ? L’histoire nous fait souvent mal au cœur. En voyant le pape François à Sainte-Sophie, dans l’ancienne Constantinople alors qu’il y priait silencieusement et discrètement , regardant vers la Vierge, cela n’a pu m’empêcher de ressentir la douleur de la disparition de la foi là et dans le voisinage de ce grand pays. Mais chez nous ? Quelle attitude prendre? Le pessimisme? Le Christ n’est-il pas en train de préparer sa venue dans le cœur des hommes, de nos enfants, de nos petits enfants ? Si internet et la connaissance librement et en surabondance disponible enlevant presque toute peine apparemment pour chercher et trouver ne suffisent pas, n’est-ce pas parce qu’ils ont besoin de témoins vivants ? Vous préparez à rencontrer le Christ peut-être demain, alors dites leur que vous l'aimez et croyez en la résurrection.

Je vous ai cité tout à l’heure le nom de Grégoire, Grégoire le Grand. Il vous dit certainement quelque chose. Quoi de plus approprié come nom pour un évêque qui doit être le surveillant, mais aussi le veilleur. Mgr Dagens, évêque émérite d’Angoulême, avait écrit sa thèse en 1975, sur ce saint cher aux moines. Un des membres de son jury lui avait demandé ce qu’il avait appris de ses recherches et de son œuvre. Il avait répondu sans hésiter : "L’espérance chrétienne en des temps d’épreuves."  Il est vrai que celui qui est considéré aussi comme le dernier pape de l’antiquité avait de quoi méditer. L’ancien monde s’en allait à grande vitesse, comme de vieux murs qui croulent. Pour aider à la naissance du nouveau monde, il avait envoyé des moines missionnaires en Grande-Bretagne et avait aussi été à l’écoute de ce que lui disait le moine irlandais Colomban. Il lui avait écrit en employant pour la première fois  l’expression « totius Europae - de toute l’Europe », en référence à la présence de l’Église sur le continent.

Grégoire le veilleur appartenait aux plus anciennes familles patriciennes de Rome dont il avait été le préfet. Il tournait son regard non vers le passé en le regrettant, mais vers l’avenir. Il était veilleur et éveilleur, attentif à cette nouvelle Europe qui naissait avec de nouveaux peuples auxquels il fallait transmettre la foi. Vous me direz, mais quel rapport avec nous ? Je suppose qu’avec un pape argentin et en descendant un peu en ville, en voyant les nouvelles constructions qui s’élèvent, les changements dans nos communautés… En regardant la manière dont vivent les plus jeunes générations, ce qu’elles apprennent, en vous intéressant aux nouvelles techniques qui vous explorent ou vous espionnent, vous secondent beaucoup aussi, vous percevez quelque chose. Les changements culturels et réels sont patents, même dans notre petit univers. On aime, ou on aime moins, on s’interroge sur la qualité de la vie, une technicisation qui déshumanise parfois. Mais voilà, nous ne pouvons en rester au comptage des moineaux et des mésanges qui viennent visiter nos fenêtres, ou à déplacer notre chaise un peu plus loin que l’ombre du dernier building venu.

Il y a naturellement une consolation et de l’aide qui nous sont annoncés. Mgr Dagens parlait de saint Grégoire comme d’un grand témoin du travail inlassable de Dieu au milieu des bouleversements de l’histoire. Cela signifie que c’est lui qui agit, lui qui revient toujours jusqu’au dernier jour, par son Esprit. Nous ne sommes pas seuls.

L’Église, disait hier le Pape François, est  née de la Pentecôte, reçoit en consigne le feu de l’Esprit Saint, qui ne remplit pas tant la tête d’idées (qu’on enferme dans la consigne de la gare de ses bonnes intentions), mais incendie le cœur ; elle est investie du vent de l’Esprit qui ne transmet pas un pouvoir, mais habilite à un service d’amour, à un langage que chacun est en mesure de comprendre. C’est à lui que nous avons à demander la grâce de veiller lorsque c’est le temps de veiller, et de sortir lorsque c’est le temps de Dieu. Il est là, toujours avec nous.  Il nous réveille !

« Voici que la Vierge, image de l’Eglise est enceinte par l’action de l’Esprit, elle enfantera un fils, et elle l’appellera du nom d’Emmanuel ». Viens Seigneur Jésus, Amen !

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Sainte Catherine de Sienne ; La Bible de la Liturgie