Homélies novembre 2015
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Horaire des célébrations

CHAPELLE NOTRE-DAME DU VORBOURG

Novembre 2015 

Dimanche 1er  novembre Messe

Chapelet

08h30

15h30

TOUSSAINT
Lundi 2  novembre Messe 08h30 Commémoration de tous les fidèles défunts

Mardi

3  novembre

Messe

18h00 S. Martin de Porrès, rel.
Mercredi 4  novembre Messe 08h30 S. Charles Borromée, év.
Jeudi 5  novembre Messe 08h30 Férie du TO
Vendredi 6 novembre Messe 08h30 Sacré-Coeur de Jésus
Samedi 7  novembre Messe 08h30 Vierge Marie

Dimanche

8  novembre Messe

Prière Mariale

09h30

15h30

32e Dimanche TO-B
 

Reprise samedi matin 21 novembre à 8h30

 

Dimanche

22  novembre Messe

Chapelet

09h30

15h30

Le Christ Roi
Lundi 23  novembre Messe 08h30 Saint Colomban, abbé

Mardi

24  novembre

Messe

18h00 SS. Martyrs du Vietnam
Mercredi 25  novembre Messe 08h30 Ste Catherine d'Alexandrie, v.m.
Jeudi 26  novembre Messe 08h30 S. Sylvestre, abbé.
Vendredi 27 novembre Messe 08h30 défunts
Samedi 28  novembre Messe 08h30 Vierge Marie

Dimanche

29  novembre Messe

Prière Mariale

09h30

15h30


1er Dimanche de l'Avent
Lundi 30  novembre Messe 08h30 F. Saint André, ap.

Mardi

1er  décembre

Messe

18h00 Bx Charles de Foucauld
Mercredi 2  décembre Messe 08h30 Férie de l'Avent
Jeudi décembre Messe 08h30 S. François-Xavier, pr.
Vendredi 4  décembre Messe 08h30 S. Jean de Damas, pr. d.
Samedi 5  décembre Messe 08h30 Vierge Marie (S. Sabbas)

Dimanche

décembre Messe

Chapelet

09h30

15h30

2ème Dimanche de l'Avent

(Saint Nicolas)

 


INTENTIONS DE PRIÈRE DU PAPE FRANCOIS

NOVEMBRE
 

Universelle -  Une culture de la rencontre

Pour que nous sachions nous ouvrir à la rencontre personnelle et au dialogue avec tous, même avec qui a des convictions différentes

Pour l'évangélisation  - Les pasteurs dans l'Eglise


Pour que les pasteurs de l'Eglise, avec un profond amour de leur troupeau, accompagnent le chemin des fidèles et les gardent dans l'espérance


Homélies au Sanctuaire

 

1 novembre 2015 - Tous les Saints
Solennité

Lectures de la messe du jour

1ère lecture : « Voici une foule immense que nul ne pouvait dénombrer, une foule de toutes nations, tribus, peuples et langues » (Ap 7, 2-4.9-14)
Psaume : Ps 23 (24), 1-2, 3-4ab, 5-6
2ème lecture : « Nous verrons Dieu tel qu’il est » (1 Jn 3, 1-3)
Evangile : « Réjouissez-vous, soyez dans l'allégresse, car votre récompense est grande dans les cieux ! » (Mt 5, 1-12a)
 

Frères et Sœurs,

Nous retrouvons en ce jour de Toussaint les Béatitudes que nous entendons régulièrement lorsque nous accompagnons des connaissances, des amis, des membres de nos familles pour une dernière célébration. La fête est teintée d’un brouillard.

Dois-je vous dire, avoir eu un moment de bonheur en lisant avant-hier un commentaire météo qui expliquait lapidairement, joyeusement et clairement ainsi : « Vers un magnifique W-E de la Toussaint ». Magnifique, oui en raison du soleil et de la douceur de la température. Mais fondamentalement, la Toussaint n’est pas un jour triste. Elle est la fête de tous ceux qui sont entrés dans la vision de Dieu. N’est-ce pas à un joyeux et chaleureux instant qui durera toujours que nous sommes tous appelés ? Il est vrai que, nous, nous ne pouvons éluder aujourd’hui le souvenir de ceux qui sont partis récemment. D’ailleurs, les apôtres et les disciples de Jésus n’ont-ils pas été profondément marqués par la Passion ? Même à l’Ascension, une autre séparation, cela n’a pas été facile. Il n’empêche que depuis ce moment-là et depuis l’Assomption de Notre-Dame, avec l’aide de l’Esprit, le beau temps du ciel est présent dans notre cœur, une météo spirituelle lumineuse permanente. Pourquoi donc ? En raison de l’espérance qui est la nôtre, mais aussi pour un autre motif.

Avez-vous remarqué dans le livre de l’Apocalypse ces symboles, le sceau, les palmes, les habits blancs dont seront pourvus une foule immense. Ils font référence au baptême que nous avons reçu, motif et cause de notre espérance. Ont dit qu’il est un sacrement à caractère, une marque dans notre âme qui ne peut être effacée, un sceau. C’est une porte ouverte permanente à la miséricorde, un libre accès à celle-ci. Mais un peu comme pour les pèlerins de saint Jacques de Compostelle, il doit être déposé sur toutes les pages du carnet de notre vie, de notre crédentiale. Les palmes sont le signe de la victoire, de la paix acquise, après l’entrée dans la terre promise. Elle nous est acquise, mais il nous faut encore la conquérir. Vous aurez peut-être remarqué celles qui sont figurées dans certaines mosaïques. La blancheur de l’habit baptismal nous dit un commentateur, dans la symbolique biblique, c’est l’éclat du divin, le rayonnement de la Gloire Divine. Nous pensons au Seigneur lors de la Transfiguration. Elle est aussi le signe de la pureté retrouvée et de la réconciliation avec Dieu.

Mais comment parvenir au but, quelle est la clef du royaume ? Où la clef du trésor sinon dans la parole du Seigneur ? Comment parvenir à louer sans cesse le Dieu trois fois saint, par toute notre vie, et pour toujours, comme nos frères les saints ? La parole de Dieu est la clef de votre bouche, dit saint Ambroise de Milan dans son commentaire (Exp. Evang. Sec. Lucam). Cette clef réside dans les béatitudes. Les Béatitudes de Jésus dans son sermon sur la montagne constituent pour ainsi dire son discours programmatif, la clef de son enseignement.  Moïse est monté sur la montagne seul et y a reçu la loi, seul. Jésus monte aussi sur une montagne mais donne son enseignement, la loi nouvelle, et ses disciples viennent autour de lui et la reçoivent non sur des tables de pierre, mais dans leur cœur. Il est plus grand que Moïse, c’est Dieu qui parle. « Quiconque   écoute   et   accueille   la   Parole   peut   devenir « disciple (Jésus de Nazareth) ». Il n’y a pas de restriction à un petit cercle, faisait remarquer l’ancien pape Benoît.

Nous sommes face à huit béatitudes et à une neuvième. Elles nous donnent un portrait intérieur de Jésus et de sa mission. Le programme est d’abord son programme, ce qu’il vivra. La neuvième béatitude nous concerne plus spécifiquement. Heureux êtes-vous si l’on vous insulte, si l’on vous persécute et si l’on dit faussement toute sorte de mal contre vous, à cause de moi. De quelle manière témoignons-nous du Christ ?

Etant appelés à être conformés au Seigneur par toute notre vie, les 8 autres béatitudes nous concernent aussi. Peut-on témoigner seulement partiellement du Seigneur ? La vie éternelle, le bonheur auquel nous sommes invités, est-ce que j’y crois ?

Ceux qui se trouvent rassemblés devant le trône de l’agneau, auront été libérés par sa parole, ils auront lavés leur robe dans son sang et seront entrés dans sa paix. Là, ils chanteront librement sa louange.

L’entrée dans le royaume est toujours un sujet d’interrogations. On voit passablement de publications contemporaines sur ce sujet. Il est d’usage dans les biographies de saints de relater ce moment. Prenons par exemple celle de saint Ambroise de Milan mentionné tout à l’heure. Un proche fut prévenu pour qu’il puisse recevoir le corps du Seigneur, et il mourut la nuit du Vendredi Saint les bras en croix. Il exprimait dans cette attitude sa participation mystique à la mort et à la résurrection du Seigneur, disait Benoît XVI. Nous voyons une description analogue pour saint Benoît.

Ayant abordé le sujet des béatitudes : « Bienheureux »… Voici encore l’exemple de saint Macaire le grand, un égyptien, père des moines cénobites dont le nom signifie bienheureux. « Voici que le chérubin qui était resté avec lui depuis le commencement, vint, accompagné d'une grande foule de chœurs incorporels, et lui dit : "Hâte-toi et sors, car tous ceux qui se tiennent là debout, t'attendent." Et il dit d'une grande voix : "Mon Seigneur Jésus, toi le bien-aimé de mon âme, reçois mon esprit." Et ainsi il s'endormit. »

Nous ne sommes pas seuls, le Seigneur, sa mère, les saints anges et l’immense cortège de tous les saints nous accompagnent. Le ciel, ce n’est pas seulement un magnifique week-end, c’est le bonheur pour toujours, bienheureux sommes-nous déjà devant une telle perspective.

Que Marie Porte du Ciel, nous aide à comprendre toujours plus la valeur de la prière pour les défunts, nous dit le pape François. Ils sont proches de nous ! Qu’elle nous soutienne dans notre pèlerinage quotidien sur la terre et qu’elle nous aide à ne jamais perdre de vue l’objectif ultime de la vie qui est le Paradis. Et avec cette espérance qui ne déçoit jamais, allons de l’avant ! Amen.

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+ PAX

32ème dimanche du Temps Ordinaire

Lectures de la messe du jour

1ère lecture : « Avec sa farine la veuve fit une petite galette et l’apporta à Élie » (1 R 17, 10-16)
2ème lecture : « Le Christ s’est offert une seule fois pour enlever les péchés de la multitude » (He 9, 24-28)
Evangile : « Cette pauvre veuve a mis plus que tous les autres » (Mc 12, 38-44)
 

Homélie

Frères et Sœurs,  

Je ne sais pas si vous avez le souvenir d’un cantique de saint Louis Marie Grignon de Montfort dont le refrain est : "Je n'ai qu'une âme qu'il faut sauver, de l'éternelle flamme il faut la préserver." Il figurait, voici une quarantaine d’années déjà, dans le répertoire de chants religieux dont il était fait usage après des repas festifs.

Gravé dans leur mémoire, les intéressés sont bien obligés de s’en souvenir. Oui, nous avons cette qualité remarquable d’être dotés d’une âme immortelle et capable un jour de voir Dieu. Il y a urgence à nous poser la question de notre devenir en Dieu et avec lui. Croire en Lui dépend de nous, mais non son existence. Mais croire en Lui pourquoi ? Par crainte ? Ce peut être le début d’une réflexion, mais pas le but. Quel est-il ? Quel est le chemin ?

Les lectures d’aujourd’hui peuvent nous apporter une réponse. Les prêtres, les pharisiens et les scribes pensaient mieux connaître Dieu et mieux le servir. Pourquoi ? Ils estimaient être plus près de lui, parce qu’ils respectaient les règles sur la pureté rituelle, faisaient leurs prières, parce qu’ils étaient dans le sanctuaire, avaient une connaissance approfondie de l’Ecriture et de la tradition. Jésus semble dire aussi qu’ils dépassaient les limites de ce qui leur revenait dans leur service. Leurs intentions n’étaient pas des plus pures. La finale appartient aux paroles dures de Jésus : « ils seront d’autant plus sévèrement jugés. » On ne devient pas ami de Dieu en accomplissant  seulement un service de manière extérieure, même pour certains avec un cerveau très agile et pas toujours employé à bon escient.

Il ne faut pas se leurrer, ce type d’accidents ne se produit pas que dans l’environnement du Temple de Jérusalem. L’histoire de l’Eglise en est littéralement pavée et les abus remplissent des volumes, comme les calomnies. Au répertoire des scandales appartient aussi l’intérêt des grands pour l’obole versée par les petits, les revenus de temples ou d’église et de monastères.

S’il remarque les dons nécessaires pour construire et pour l’entretien du Temple, le Seigneur montre un plus grand intérêt pour cette pauvre veuve et son obole : « Car  elle, elle a pris sur son indigence : elle a mis tout ce qu’elle possédait, tout ce qu’elle avait pour vivre. » Ce sont des gestes qui émeuvent et dérangent lorsque cela se produit. Ce qui paraissait un excès est regardé par le Seigneur comme un geste prophétique, une manifestation parfaite d’amour. « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta force. » Le papa de sainte Thérèse de l’Enfant Jésus à la fin de sa vie avait eu des mouvements de charité de cette sorte, apparemment excessifs. Que regarde le Seigneur, sinon cette sorte de remise entre ses mains et de recherche absolue de sa personne. Certains exemples de pèlerins vivant dans le dépouillement le plus total sont connus, ceux qui allaient à Jérusalem, à Rome, ou à saint Jacques de Compostelle, comme Benoît-Joseph Labre, qui passa d’ailleurs par trois fois à Mariastein où il a d’ailleurs un ex-voto. Ils faisaient l’expérience de l’attention et de la miséricorde de Dieu, sur le chemin, de la providence en la personne de ceux qu’ils croisaient. Cela se vit aussi lors d’exil forcé, nous en avons trop d’exemples affligeants ces dernières années. Tout donner pour suivre le Christ et faire le don de sa personne, l’offrande de sa personne, ne s’agit-il pas aussi de la finalité de la profession religieuse ? Je me souviens de certaines angoisses lorsqu’il fallait entonner à cette occasion le fameux verset, en montant chaque fois d’un ton…  Suscipe me, Domine, secundum eloquium tuum, et vivam, et non confundas me ab exspectatione mea. Suivi du Gloria : Reçois-moi, Seigneur, selon ta parole et je vivrai, et ne me confonds pas dans mon attente.

Ce qui paraît intéresser le Seigneur avant tout, nous l’avons compris c’est nous-même, pas le don en nature que nous lui faisons, ni nos fausses notes.

Si nous parvenons dans la condition qui est la nôtre à lui faire la réponse qu’il attend, c’est par lui, avec lui et en lui que nous la donnons. La deuxième lecture nous explique le pourquoi de cet intérêt de Dieu et comment il agit. Le vrai temple où la louange parfaite est rendue à Dieu, où il  est adoré, c’est le ciel où il intercède pour nous. Nos églises sont une représentation du ciel comme l’était aussi le temple de Jérusalem. « Le Christ s’est  offert une seule fois pour enlever les péchés de la multitude ; il apparaîtra une seconde fois, non plus à cause du péché, mais pour le salut de ceux qui l’attendent. » Le Christ est venu pour faire miséricorde au monde, et pour siéger en chacun de nous après nous avoir purifié. Le temple de Dieu c’est nous, nous sommes en quelque sorte le ciel où Dieu sera présent pour toujours. - Tu dis bien : « Je n'ai qu'une âme qu'il faut sauver. »  Mais ce « Il faut », c’est d’abord moi. J’ai donné ma vie pour toi. Donne la tienne au Père avec moi et en moi, par amour, et va annoncer à tous mes frères que le temps de la miséricorde est venu.  

Le Seigneur nous demande de nous abandonner à lui, de lui faire confiance, de lui faire don de nous-mêmes comme il l’a fait pour nous en se donnant au Père. Le Temple de Dieu, et d’une certaine manière le ciel de Dieu, c’est nous, parce qu’il veut habiter en nous. Pour que nous devenions le ciel de Dieu, l’obole dont il a fait don, c’est lui-même. Il a tout donné, il s’est donné pour nous et par amour de son Père qui veut que tous les hommes soient sauvés.

Comme c’est le dimanche des peuples, je vous lis la toute dernière partie du message du pape François pour la journée mondiale des réfugiés : « Vous avez une place spéciale dans le cœur de l’Église, leur dit-il, et vous l’aidez à élargir les dimensions de son cœur pour manifester sa maternité envers la famille humaine tout entière. Ne perdez pas votre confiance ni votre espérance ! Pensons à la sainte Famille exilée en Égypte : de même que dans le cœur maternel de la Vierge Marie et dans le cœur prévenant de saint Joseph s’est conservée la confiance que Dieu n’abandonne jamais, ainsi, que cette même confiance dans le Seigneur ne manque pas en vous. Je vous confie à leur protection. » Amen.

Propos du pape à l'Angélus sur Vatileaks2 :

Chers frères et sœurs,

Je sais que beaucoup d'entre vous ont été troublés par les nouvelles diffusées ces derniers jours au sujet de documents confidentiels du Saint-Siège qui ont été volés et publiés.

Alors laissez-moi vous dire d'abord que voler ces documents est un crime. C’est un acte déplorable qui n’aide pas. J'avais demandé de faire cette étude, et ces documents mes collègues et moi les connaissions déjà bien, et des mesures ont été prises qui ont commencé à porter leurs fruits, et certains sont même visibles.

Donc, je tiens à vous assurer que cette triste réalité, ne me détourne certainement pas du travail de réforme que nous menons avec mon personnel et avec le soutien de vous tous. Oui, avec le soutien de toute l'Eglise, parce que l'Eglise se renouvelle à travers la prière et la sainteté quotidienne de tous les baptisés.

Donc, je vous remercie et vous demander de continuer à prier pour le pape et pour l'Eglise, de ne pas être troublé, mais aller de l'avant avec confiance et espérance.

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 + PAX

 

Notre Seigneur Jésus Christ Roi de l'Univers
Solennité du Seigneur
 

Intro

Introduction

Frères et Sœurs, bonjour à tous et à toutes, et merci de venir célébrer le Christ Roi de l’Univers au sanctuaire. Je vous avoue que je me sentais un peu comme si je vivais une sorte de veuvage… Les travaux dureront encore quelques jours. 
Vous remarquerez  contre la grille, une pièce de bois déposée provisoirement et qui sert en quelque sorte de paravent. Elle a une date mentionnée à son sommet : 1694. Nous nous sommes demandés ce qu'elle  pouvait rappeler. En fouillant un peu dans l’histoire de la chapelle,  nous avons remarqué qu'elle peut rappeller, l’année où elle a été agrandie jusqu’au rocher au pied de la tour sainte Anne, mais aussi celle où le mobilier avait été réalisé. Un grand ex-voto de Jean-Nicolas Chariatte, où figure un chanoine Olry, celui qui a la belle perruque, est de cette année-là. 
Fêtant le Christ-Roi, il est opportun dans le contexte de rappeler les souverains temporels de l’époque. 
En France régnait Louis XIV. 1694, a été l’année d’une grande famine en France, avec 1 300 000 morts (pour 20 millions d'habitants), conséquence de gelées tardives et d'une année 1693 désastreuse. Le glorieux roi soleil allait vers son couchant et les fêtes perdaient lentement de leurs fastes.
Dans le Saint Empire Romain Germanique, c’est le règne de l’empereur Joseph Ier de Habsbourg. Chez nous,  le prince évêque Guillaume Jacques Rinck de Baldenstein, gouvernait.
Mais ce n’est pas à ce type de royautés-là, qui devraient être un service que nous nous intéressons, c'est à celle du Christ. Au début de cette eucharistie, reconnaissons que nous avons besoin du pardon de ce roi miséricordieux qui aime tous les hommes.

1ère lecture : « Sa domination est une domination éternelle » (Dn 7, 13-14)
Moi, Daniel, je regardais, au cours des visions de la nuit,et je voyais venir, avec les nuées du ciel,comme un Fils d’homme ;il parvint jusqu’au Vieillard,...
 2ème lecture : « Le prince des rois de la terre a fait de nous un royaume et des prêtres pour son Dieu » (Ap 1, 5-8)
 Evangile : « C’est toi-même qui dis que je suis roi » (Jn 18, 33b-37)

Homélie
« Alors, tu es roi ? » demande Pilate à Jésus ? « C’est toi-même qui dis que je suis roi. » « Quiconque appartient à la vérité écoute ma voix. », répond Jésus. Le dialogue se poursuivra et s’achèvera par cette question : «Qu’est-ce que la vérité ? ». Sans réponse elle a pour conséquence avec la lâcheté, la mort de Jésus. Jésus est pourtant roi et pas en raison de ce que Pilate écrira au-dessus de la croix, « Jésus de Nazareth Roi des Juifs », la motivation du supplice infligé.
Frèrest et Soeurs, nous nous souvenons des réticences des prophètes et de Dieu pour accepter de désigner un roi à Israël en la personne de Samuel puis de David et de sa descendance. Qu’aima Dieu en David ? Son courage, son ardeur, mais aussi son humilité. Ses regrets après sa faute commise avec Bethsabée est toutes les mémoires. Saint Benoît relève dans sa Règle : « Le Roi Prophète (David) dit aussi : " Je T'ai déclaré mon péché, et je n'ai pas celé mon iniquité ; j'ai dit : je prononcerai contre moi-même devant le Seigneur que j'ai offensé ; mais Ta bonté corrigera la malice de mon âme." » Le sang versé fit qu’il ne construisit pas le Temple. (Nous fêtions hier la présentation de Notre-Dame au Temple…)
Les roi personnaliseront Israël et le conduiront, faisant la guerre et menant les affaires de l’Etat. La violence sera tellement présente dans leurs actions que saint Benoît à une époque qui vivait les invasions barbares, déconseillait à ses moines de lire les livres des rois avant de se coucher. Le Seigneur va se soumettre à un tel point à la volonté du peuple d’Israël, qu’il va entrer dans la famille de David, un roi qu’il a suscité, oint et aimé.
Il n’est pas utile, je crois de revenir sur la conception de la royauté de droit divin formalisée par Bossuet, ou les relations Eglise/Etat, celles avec les empires. Les divers systèmes politiques aujourd’hui sont conduits très souvent par une pensée qui sous prétexte de séparation absolue entre ce qui est religieux et laïc, intègre dans ses structures une forme d’athéisme. Elle divinise non pas l’homme mais une conception de l’homme séparé de Dieu. Ravalant le religieux au domaine purement privé, elle exige jusqu’à la soumission de la pensée. C’est toute la problématique du relativisme et de la dictature de la pensée unique, mais aussi d’un « monde moderne plein d'anciennes vertus chrétiennes devenues folles. », selon le mot de Chesterton.
Jésus n’est pas venu pour s’emparer d’un pouvoir temporel, mais pour rendre témoignage à la vérité. Jésus ne vient pas imposer la vérité avec des gardes et des légions d’anges. La violence aveugle dont nous sommes témoins ces jours est aux antipodes de l’action et du témoignage de Jésus et devrait l’être de toute religion. Le témoignage de Jésus ne peut qu’attirer notre attention sur le fait qu’il vient à nous en respectant la liberté humaine. Il vient proposer à tout homme le rétablissement de l’Alliance avec son Père, il vient proposer la Miséricorde et le pardon des péchés. Il donne sa vie et se laisse écraser par cette volonté qui habite en chacun de s’imposer à tout prix. C’est le même orgueil qui habite le cœur de l’ange déchu. Jésus prend le chemin inverse du nôtre et de la domination. Au moment de la consécration du vin nous rappelons ce qu’il a fait : « voici la coupe de mon sang, le sang de l'Alliance nouvelle et éternelle, qui sera versé pour vous et pour la multitude en rémission des péchés. » Il ne vient pas s’emparer d’un pouvoir, de ce que nous pensons avoir. Il se fait victime, il brise une forme de cercle infernal en apportant la paix par le don de sa vie et cette paix avec la grâce ne peut être transmise que par son imitation. C’est une idée mise en valeur par un philosophe chrétien original mort récemment René Girard.
Nous ne pouvons en rester à la question de Pilate : « Qu’est-ce que la vérité ? ».  Jésus est la le chemin, la vérité et la vie. Comment suivre le Christ ? En vivant l’Evangile, en l’imitant, en rendant témoignage à la vérité, à sa manière. La joie de l’Evangile !
Saint Benoît utilise dans sa règle le mot de roi pour indiquer la manière de suivre le chemin qu’il propose.
« Cette divine exhortation je te l'adresse maintenant, à toi qui, renonçant à tes propres volontés pour militer sous le vrai Roi, le Christ Notre-Seigneur, prends en mains les armes puissantes et glorieuses de l'obéissance. » Il n’utilise pas le mot d’empereur mais bien une référence au roi biblique, son époque était celle de la chute de l’empire d’Occident.
C’est la même idée qui revient lorsqu’il dit qu’un moine étranger peut être intégré au monastère. « Son exemple sera instructif pour d'autres, et parce qu'en tout lieu on sert un même Seigneur, on milite sous un même Roi. »
 

« Qu’est-ce que la vérité ? ».

Si tu veux le savoir, regarde le Christ et suis-le, serviteur, humble et pauvre. Imite-le pour ressusciter par lui au dernier jour, lorsque tout ce qui est caché sera dévoilé. N’est-ce pas un désir qui devrait nous habiter tous? Comment ne pas aspirer à ce retour?


A la fin de son encyclique « Loué sois-tu », le pape François nous a dit ceci : « (243). A la fin, nous nous trouverons face à face avec la beauté infinie de Dieu (cf. 1 Co 13, 12) et nous pourrons lire, avec une heureuse admiration, le mystère de l’univers qui participera avec nous à la plénitude sans fin. Oui, nous voyageons vers le sabbat de l’éternité, vers la nouvelle Jérusalem, vers la maison commune du ciel. Jésus nous dit : « Voici, je fais l’univers nouveau » (Ap 21, 5). La vie éternelle sera un émerveillement partagé, où chaque créature, transformée d’une manière lumineuse, occupera sa place et aura quelque chose à apporter aux pauvres définitivement libérés. » Oui ! Reviens bientôt, Seigneur avec Marie ta Mère. Elle qui est déjà « Élevée au ciel, elle est Mère et Reine de toute la création. Dans son corps glorifié, avec le Christ ressuscité, une partie de la création a atteint toute la plénitude de sa propre beauté. » Reviens avec tous les saints que nous puissions te voir avec nos yeux de chair. Amen.

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PAX

29 novembre 2015
1er Dimanche de l'Avent

Lectures de la messe du jour
 

1ère lecture : « Je ferai germer pour David un Germe de justice » (Jr 33, 14-16)
2ème lecture : « Que le Seigneur affermisse vos cœurs lors de la venue de notre Seigneur Jésus » (1 Th 3, 12 – 4, 2)
Evangile : « Votre rédemption approche » (Lc 21, 25-28.34-36)

 

Frères et Sœurs,

Quels sentiments éveille en nous, cet évangile du premier dimanche de l’Avent. Il a ceci de curieux en premier lieu, que nous l’avons entendu hier pour la clôture de l’année liturgique quant à sa finale. Comment se fait-il que nous le retrouvions aujourd’hui ? Lors de la réforme liturgique accompagnant le dernier concile, les avis n’avaient pas manqués pour centrer l’Avent uniquement sur la venue du Christ en notre chair, sur la préparation directe à la fête de Noël, donc. Ce serait en effet plus simple pour nous tous. Mais les coutumes avaient varié dans l’Eglise ancienne, l’aspiration confiante et désireuse du retour du Seigneur habitait les cœurs. Les persécutions n’étaient jamais éloignées en dépit de la paix romaine qui ne durera qu’un temps. Nous comprenons donc que cela n’a pas été sans conséquence liturgique et le temps de l’Avent a été divisé en deux périodes, la première attentive au retour du Seigneur dans la gloire, et la seconde plus attentive à la nativité du Seigneur. Ne vivons-nous pas d’ailleurs ce type de mélanges apparents et de superpositions de temps, lorsqu’un événement grave survient durant une période de fête ? Je vous ai déjà dit à d’autres reprises que la coutume s’était instaurée d’une période de jeûne, pendant l’Avent, mais moins austère que celle du carême.  

Nous sommes invités pendant ce temps de l’Avent à être des veilleurs, des « Grégoire », puisque c’est la signification de ce nom. Le Seigneur nous demande de veiller et de prier pour traverser les temps difficiles qui précèdent son attente. « Restez éveillés et priez en tout temps : ainsi vous aurez la force d’échapper à tout ce qui doit arriver, et de vous tenir debout devant le Fils de l’homme. » Un disciple du Christ est un veilleur et un priant, un orant.

Après avoir entendu les descriptions données par le Seigneur, nous pourrions nous croire devant une sorte de scénario pour film catastrophe. On se fait peur pour rire avec la dernière technologie aujourd’hui en 4d. Un moteur de recherches,  mentionne par exemple 87 fils sur la fin du monde en français, ou bien un classement des 10 meilleurs, ou des 15 qu’il faut avoir vu, etc... Les réalisateurs mettent tous leurs talents et ils en ont, à construire des mondes extraordinaires, puis ils paraissent prendre une sorte de délectation à détruire leur œuvre.  L’impression peut nous envahir qu’ils sont habités par une sorte de désir d’auto-destruction. C’est dire aussi que ces représentations nous habitent. Les médias ont également certaines manières de nous rapporter des réalités difficiles avec une dramaturgie qui leur est propre, en accentuant certaines parties des événements ou en les martelant au quotidien. Nous allons encore le vérifier, je suppose avec la prochaine réunion écologique parisienne, thème qui est d’importance, l’encyclique loué sois-tu est justifiée.

Certains se mettent à confondre fiction et réalité.

L’Ecriture nous annonce cependant qu’un jour viendra un monde nouveau et que l’ancien devra s’en aller. Nous aurons à vivre d’abord et surtout une fin de notre temps personnel pour entrer dans ce monde nouveau ; nous rencontrerons le Seigneur avant la fin des temps globale. Celle-là il ne faut pas la négliger car elle est plus ou moins proche.

Il y a là une invitation non pas à se focaliser sur une destruction, mais à une construction réelle, aujourd’hui, d’un monde qui n’aura rien de virtuel et qui est déjà commencé. Le Seigneur est notre joie ! Il nous demande de l’attendre avec confiance et persévérance.

Comment se construit ce nouveau monde ? En traversant victorieusement les épreuves qui ne manqueront pas de nous attendre. Elles peuvent être de toutes sortes. Cette construction, ce nouveau monde, cette maison commune, se réalise en mettant en pratique les enseignements du Seigneur, en vivant dans la charité. Cela s’apprend et ce n’est pas un apprentissage facile. Il n’y a pas une sorte de certificat de capacité reçu au catéchisme… Rien ne remplace les parents dans l’enseignement de l’amour et de la vie dans l’amour.

Certains parmi les premiers chrétiens ayant entendu dire ou répété cette parole du Seigneur … « Je reviens bientôt », attendaient simplement la fin du monde et le retour du Christ affairés sans rien faire…. 

Jean Cassien de Marseille rend attentif les moines à l’importance qu’il y a de suivre le Christ avec cette conséquence : « Le Seigneur  nous assure, dit-il, que nous partagerons sa couronne au jour du jugement. Aimons l'avènement du Christ, non pas seulement cet avènement qui arrivera à la fin du monde, lors même que nous n'y consentirions pas, mais encore cet avènement qui a lieu, tous les jours, dans les âmes des saints. »

Pour vivre ces deux avènements, il y a bien deux dimensions à intégrer dans nos esprits, le retour du Christ qui est certain, et l’importance d’une manière d’agir en chrétiens et en témoins. Une joie plus grande que toutes les difficultés doit nous habiter, le Christ ressuscité qui revient et qui est là dans nos célébrations et dans l’Eucharistie. La longue liste des saints et martyrs officiels nous offres des exemples et balise notre chemin.

Notre pape François est en visite dans trois pays africains, vous l’avez entendu dans vos médias. L’Afrique est un continent d’immense difficultés, mais aussi d’espérance. Il nous faut compter avec elle. Une statistique dit qu’en 2050, il constituera ¼ de la population mondiale. Voici en conclusion, quelques mots adressés par le pape François à l’assemblée au sanctuaire des martyrs de l’Ouganda, à Namugongo.

« Le témoignage des martyrs montre à tous ceux qui ont écouté leur histoire, à l’époque et aujourd’hui, que les plaisirs mondains et le pouvoir terrestre ne donnent pas une joie et une paix durables. C’est plutôt la fidélité à Dieu, l’honnêteté et l’intégrité de la vie et l’authentique préoccupation pour le bien des autres qui nous apportent cette paix que le monde ne peut offrir. Cela ne diminue pas notre souci de ce monde, comme si nous regardions seulement vers la vie future. Au contraire, cela offre un but à la vie en ce monde et nous aide à rejoindre ceux qui sont dans le besoin, à coopérer avec les autres pour le bien commun et à construire une société plus juste, qui promeut la dignité humaine, sans exclure personne, qui défend la vie, don de Dieu, et protège les merveilles de la nature, la Création, notre maison commune. » Amen.

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Sainte Catherine de Sienne ; La Bible de la Liturgie ; AELF