Homélies septembre 2015
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Chapelle N-D du Vorbourg / CH-2800 Delémont (JU) / tél/fax + 41 032 422 21 41

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Horaire des célébrations

CHAPELLE NOTRE-DAME DU VORBOURG

Septembre 2015 

Dimanche

6 septembre Messe

Chapelet

09h30

15h30

23e Dimanche TOB
Lundi 7  septembre Messe 08h30 18e Dimanche TOB

Mardi

8  septembre Messe 08h30 Férie TO
 Mercredi 9  septembre Messe 18h00 S. Jean-Marie Vianney, pr.
Jeudi 10  septembre Messe 08h30 Dédicace de
Sainte Marie-Majeure
Vendredi 11  septembre Messe 08h30 F. Transfiguration
du Seigneur
Samedi 12  septembre Messe 08h30 SS. Sixte II, pp. et comp. m.

Dimanche

13  septembre Messe

Ouverture
des Fêtes

09h30

16h00

24e Dimanche TOB

Dimanche

27  septembre Messe

Prière Mariale

09h30

15h30

26e Dimanche TOB
Lundi 28  septembre Messe 08h30 S. Venceslas,
SS. Martyrs du Japon.

Mardi

29  septembre Messe 18h00 SS. Michel, Gabriel et Raphaële, archanges, F.
 Mercredi 30  septembre Messe 08h30 S. Ours et Victor, m. Sol.
Jeudi 1er  octobre Messe 08h30 Ste Thérèse de l'Enfant-Jésus, v.d.
Vendredi 2 octobre Messe 08h30 SS. Anges Gardiens
Samedi 3  octobre Messe 08h30 Ste Vierge Marie

Dimanche

4 octobre Messe

Chapelet

09h30

15h30

27e Dimanche TOB

S. François d'Assise

 


SEMAINE DU VORBOURG 2015

 


INTENTIONS DE PRIÈRE DU PAPE FRANCOIS

SEPTEMBRE

Universelle - L'insertion des jeunes
Pour qu'augmentent les possibilités de formation et de travail pour tous les jeunes.

Pour l'évangélisation  - Les catéchistes
Pour que les catéchistes soient dans leur propre vie des témoins cohérents de la foi qu'ils annoncent.


Homélies au Sanctuaire

 

6 septembre 2015
23ème dimanche du Temps Ordinaire

Lectures de la messe du jour

1ère lecture : « Alors s’ouvriront les oreilles des sourds et la bouche du muet criera de joie » (Is 35, 4-7a)
2ème lecture : « Dieu n’a-t-il pas choisi ceux qui sont pauvres pour en faire des héritiers du Royaume ? » (Jc 2, 1-5)
Evangile : « Il fait entendre les sourds et parler les muets » (Mc 7, 31-37)
 

Frères et sœurs,

Jésus après avoir donc quitté la région de Tyr, passe par un territoire qui n’est pas sous la juridiction de ceux qui le cherchent, la Décapole qui appartenait à la tétrarchie de Philippe. Pour rappel, il s’agissait d’une dizaine de villes de tradition grecque fondées par les Séleucides, héritiers d’une partie de l’empire d’Alexandre. Païen majoritairement ce territoire à la population mélangée, était en concurrence et en opposition avec les territoires juifs. Jésus aborde donc la région du lac par le nord-est. Sa réputation ne lui permet pas de passer inaperçu et  son don de thaumaturge est connu.

« Des gens lui amènent un sourd qui avait aussi de la difficulté à parler.» Qui sont-ils ? Veulent-ils voir simplement quelque chose d’extraordinaire ? Nous pouvons leur reconnaître un sentiment de compassion. Parmi eux figurait certainement l’entourage de ce malade. Relevons que l’Evangile nous dit d’abord que cet homme avait de la peine à parler. C’est un autre mot qui est utilisé à la fin, traduit par muet.

Jésus emmène cet homme à l’écart, il veut certainement éviter de provoquer un mouvement de foule. N’est-ce pas également pour avoir un contact personnel avec lui ? Il agit pour lui, non pour un spectacle. Le geste qu’il accomplit rappelle la création au commencement. Il fait un geste ou des gestes et prononce une parole. « Effata » - « Ouvre-toi ». Elle sera et est utilisée dans les célébrations baptismales. Le soupir de Jésus annonce celui qu’il fera entendre sur la croix en rendant l’Esprit disent les Pères.

Que veut dire ce miracle ? Jésus vient guérir cet homme et tous les hommes par le don de la foi. Si le fait nous est rapporté avec tant de précisions, il devait y avoir des témoins dont les Apôtres et l’entourage et ce mot d’Effata est le premier perçu par le malade guéri qui entend. « Ses oreilles s’ouvrirent ; sa langue se délia, et il parlait correctement. » Parler correctement après avoir été guéri d’une surdité, cela surprend aussi lorsqu’elle a été totale. Les techniques et la technologie, peuvent toutefois faire aujourd’hui d’extraordinaires cadeaux. Quelle émotion d’entendre pour la première fois sa propre voix, certains petits films relatant ce type d’expériences sur la toile nous émeuvent !

Lorsque Jésus lui demande de rester discret, notre ancien malade, ne peut se retenir d’annoncer partout ce qui est arrivé. Nous le comprenons très bien, mais cela ne facilite pas le ministère de Jésus, ces signes ne sont pas la finalité de sa mission, c’est leur sens qui importe et un autre don. Nous pourrions aussi penser que Jésus estimait que le territoire de son annonce est limité à celui des Juifs, premiers destinataires de la Bonne Nouvelle et des promesses, donc de cet autre don qu’est celui de la foi.

A quoi visent les miracles accomplis par le Seigneur, sinon à déclencher la foi chez les auditeurs ? Saint Paul nous l’a dit dans son épître aux Colossiens : Dieu veut faire de nous « des riches dans la foi. »

De quoi a-t-on besoin pour croire ? De pauvreté et d’une capacité de s’étonner, de bien s’étonner, c’est-à-dire d’entendre et de voir, mais aussi de comprendre. En matière de foi, une aide particulière est nécessaire, une « intelligence » doit nous être donnée. Pour que cela se réalise, nous n’avons pas d’autre option que de nous laisser toucher par le Seigneur. Si son but est de nous voir réuni ensemble derrière lui, il ne nous demande pas en premier lieu une réponse collective, à la majorité, mais une réponse personnelle. Il nous appelle nous par notre nom. « Toi, viens ! tu seras toujours avec moi ! » nous dira-t-il à fin.

L’écoute et la vision sont deux éléments importants pour entrer en contact avec Dieu maintenant. Dans la fameuse encyclique à deux mains, de Benoît XVI et du Pape François, la Lumière de la foi, il nous est rappelé que « la foi est liée à l’écoute. Abraham ne voit pas Dieu, mais il entend sa voix. » « 29. Parce que la connaissance de la foi est justement liée à l’alliance d’un Dieu fidèle, qui noue une relation d’amour avec l’homme et lui adresse la Parole, elle est présentée dans la Bible comme une écoute, et elle est associée à l’ouïe. Saint Paul utilisera cette formule … « la foi naît de ce qu’on entend » (cf. Rm 10, 17). »

De son côté,  Saint Augustin au moment décisif de sa conversion entendit dans le jardin  une voix qui lui disait : « Prends et lis » et ce fut la fameuses lecture du 13ème chapitre de l’Épitre aux Romains. L’écoute est aussi très importante chez saint Benoît puisqu’elle figure au début de sa règle : « Ecoute, mon fils, les préceptes de ton Maître, prête-moi l'oreille de ton cœur. » 

« Ses oreilles s’ouvrirent ; sa langue se délia, et il parlait correctement. » Pourquoi ne pas annoncer la Bonne Nouvelle immédiatement lorsque cela est à nouveau possible ? Parce que l’Esprit n’avait pas été donné pour les Nations. C’est une partie de la réponse. Nous pouvons aussi rapprocher ce moment du recouvrement de Jésus au Temple. Pourquoi ce dernier qui avait atteint l’âge adulte religieux officiel, s’en est-il retourné avec sa famille, mener la vie cachée pendant plus de 15 ans encore ? Ensuite seulement, il commença de transmettre son message. C’est le chemin mystérieux de l’obéissance du Fils qui s’est fait obéissant jusqu’à la mort et à la mort de la croix. En raison même de cette obéissance il ressuscitera et obtiendra toute autorité sur le monde créé. Il est au centre de la création. Saint Paul après sa conversion et un début de prédication avait compris qu’il lui fallait encore approfondir le contenu de ce qu’il avait reçu. Et pendant trois ans, il vécut à l’écart d’une annonce directe. « Accueille les avis d'un tendre Père, poursuit de son côté saint Benoît, afin de les accomplir efficacement et de revenir par le labeur de l'obéissance à Celui dont t'éloignait la lâcheté de la désobéissance. » Une conversion se réalise dans la durée habituellement et par une écoute ainsi qu’une soumissions aimante à la parole entendue.

Demandons au Seigneur de nous ouvrir l’oreille du cœur et la grâce de nous  mettre à l’école de son enseignement le temps qui sera nécessaire pour annoncer avec fruit la Bonne Nouvelle.

Ô Mère, aide notre foi ! Ouvre notre écoute à la Parole, pour que nous reconnaissions la voix de Dieu et son appel. Sème dans notre foi la joie du Ressuscité. Ranime notre joie, pour que nous puissions donner ton Fils. Amen.

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PAX

13 septembre 2015
 

24ème dimanche du Temps Ordinaire

Lectures de la messe

1ère lecture : « J’ai présenté mon dos à ceux qui me frappaient » (Is 50, 5-9a)
Le Seigneur mon Dieu m’a ouvert l’oreille, et moi, je ne me suis pas révolté, je ne me suis pas dérobé. J’ai présenté mon...
 2ème lecture : « La foi, si elle n’est pas mise en œuvre, est bel et bien morte » (Jc 2, 14-18)
Evangile : « Tu es le Christ… Il fallait que le Fils de l’homme souffre beaucoup » (Mc 8, 27-35)
 

Homélie

« Pour vous qui suis-je ? ». Frères et Sœurs, que peut éveiller en nous cette question de Jésus ? Par exemple ceci. Nous avons droit à beaucoup de sondages aujourd’hui. Certains sont sérieusement représentatifs, d’autres sont manipulés. Certaines questions sont orientées de telle manière que lorsque vous répondez oui, vous dites non en fait. N’oublions pas non plus le sport presque universel qui consiste à ne pas répondre correctement aux interrogateurs, histoire de fausser la statistique et de surprendre les malheureux instituts, politiciens et surtout journalistes. Jésus pose sa question à ses disciples, un peu à la manière d’un sondage, mais le but est différent de celui d’un politicien. Jésus ne cherche pas le pouvoir à la manière des hommes. Il veut entendre ses disciples lui dire qu’ils croient en Lui et en sa mission. « Pour vous qui suis-je ? ». Lorsque Pierre répond il ne demande pas : « Voulez-vous m’élire comme premier Pape » ? C’est le Seigneur qui interpelle et Pierre qui répond au nom de tous. « Tu es le Christ. » Dans un autre Evangile, suite à sa réponse et à la proclamation de sa foi, Pierre se voit confier les clefs du Royaume et s’entendre dire « Tu es Pierre et sur cette pierre, je bâtirai mon Eglise. » « Dieu, dit Saint Jean Chrysostome que nous fêtons aujourd’hui, n'a pas coutume de contraindre ni de forcer personne à devenir homme de bien; son élection et sa vocation, (son appel,) ne contraignent pas, mais il opère par la persuasion. Voulez-vous savoir et vous convaincre que la vocation ne force et ne contraint personne? ». Jean à la bouche d’or, met alors en valeur la liberté de ceux qui ont reçu un appel et leur réponse. Tous n’ont pas cru, à témoin, Juda. Chacun de nous reçoit un appel à croire en Jésus : « Pour toi, qui suis-je ? ». C’est un appel à le suivre librement.

La réponse de Pierre est bonne, mais a besoin d’être purifiée. Ce n’est pas encore le moment où Dante dans le 3ème livre de la divine comédie, le paradis, dira de lui : De (la guirlande de lumière chantante) [celle] où je crus voir les plus grandes beautés se détacha soudain un feu si bienheureux, que nul ne laissait voir un éclat aussi vif. (cf La Lumière de la Foi). Le ciel se réjouissant au rythme du Regina Coeli ou d’un céleste Ave Maria, divin concert.

Le Seigneur essaye d’expliquer à Pierre et donc aux autres disciples sa mission. Elle n’est pas telle qu’ils se l’imaginent… «Il fallait que le Fils de l’homme souffre beaucoup, qu’il soit rejeté par les anciens, les grands prêtres et les scribes, qu’il soit tué, et que, trois jours après, il ressuscite. »

Pierre réagit ainsi que nous le faisons en présence d’une personne qui nous déçoit parce que nous ne la comprenons pas ou plus. Non, ce n’est vraiment pas un programme politique, mais le programme de Dieu qui vient nous surprendre par la manière dont il va réaliser sa promesse, le don de la miséricorde au monde.

Pierre de manière impulsive, « se mit à lui faire de vifs reproches » ! Et Jésus  le reprend vertement en public, sur le point qui lui fait difficulté : « Passe derrière moi, Satan ! Tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes. ». La mise au point est très masculine. Jean Chrysostome en commentant l’épître aux Galates et cette invective de Jésus, mentionne que Paul avait pris exemple sur lui : « Il variait son langage suivant les besoins de ses disciples » et leur inspirait parfois de la crainte, usait de l’invective, ce qui ne signifie pas qu’il ne les aimait pas, au contraire.

La souffrance, le rejet et la mort, Pierre ne veut pas en entendre parler. Sur la résurrection, il ne paraît pas entrer en matière. Peut-être pense-t-il à la fin des temps… Ailleurs dans un discours contre ceux qui se scandalisent Jean Chrysostome commente : « Par l'exagération de ce reproche il montre avec quelle ardeur il se portait à la mort. », et ailleurs : « A celui qui avait pris en main les clefs des cieux, il donne le nom de Satan, de pierre de scandale, et le réprimande comme n’aimant pas les choses de Dieu. (Homélie sur Matth. 26,39) ». Pourtant au jardin des oliviers Jésus demandera que cette coupe s’éloigne de lui… Il y avait deux volontés dans le Christ, la volonté divine et la volonté humaine. Quelle lutte pour que dans sa nature humaine il accepte cet abaissement. Le serviteur souffrant prophétisé par Isaïe nous donne un douloureux portrait de l’abaissement qui attend encore Jésus.

Pour le suivre, ce n’est pas un autre chemin que le sien qu’il nous demande de prendre. Et en quels termes ! Il ne s’adresse pas seulement à Pierre : « Si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive. » Mais pour quelle destinée, et quelle perspective : la résurrection… ! « Moi je le ressusciterai au dernier jour ! » C’est la grande œuvre du Christ. Une foi vécue, vivante, comme nous y poussait saint Jacques, à l’écoute du Christ dans les plus pauvres, nous conduira à la résurrection bienheureuse.

« La joie parfaite a des racines en forme de croix » disait un auteur jésuite encore célèbre mais aujourd’hui décédé, le cardinal Martini. Cela n’est pas contestable. Il s’agit de celles de Jésus : La joie parfaite fruit de la croix. Ce que Jésus nous demande, il l’accomplit avec nous et l’a déjà accompli. « Revenant de l’Alverne, François d’Assise regarde le monde à partir de la croix du Seigneur. Le monde, la vie de l’Eglise, ses frères, les guerres entre cités, le combat quotidien que connaît la nature elle-même... tout continue. Mais la lumière qui enveloppe l’ensemble est celle de la Pâque du Seigneur, qui appelle la création entière à endurer le douloureux travail de l’enfantement. »

Trouver cette joie dans la croix, c’est une des caractéristiques des grands saints et des saints discrets. Voici encore une citation de Marthe Robin  : « Jésus ne nous a pas promis qu’Il nous enlèverait la Croix, Il nous a dit qu’Il la porterait avec nous. Porter sa croix avec Jésus, ce n’est pas mettre des boulets à ses pieds mais des ailes à son cœur.» « Je connais maintenant la joie la plus pure, celle de vivre pour les autres et pour leur bonheur. »

Que cette semaine avec Marie, nous aide à découvrir comment entrer dans cette joie et dire avec elle son Magnificat, tous les jours et donner de tout notre cœur notre oui au Seigneur. En trois mots, Vivre la joie de l’Evangile. Amen.

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PAX

27 septembre 2015 - 26ème dimanche du Temps Ordinaire

Lectures de la messe du jour

1ère lecture : « Serais-tu jaloux pour moi ? Ah ! Si le Seigneur pouvait faire de tout son peuple un peuple de prophètes ! » (Nb 11, 25-29)
2ème lecture : « Vos richesses sont pourries » (Jc 5, 1-6)
Evangile : « Celui qui n’est pas contre nous est pour nous. Si ta main est pour toi une occasion de chute, coupe-la » (Mc 9, 38-43.45.47-48)

Frères et Sœurs, 

Les lectures que nous venons d’entendre paraissent tout indiquées pour continuer une méditation sur le thème de notre semaine du Vorbourg et la joie de l’Evangile, bien que paradoxalement le Seigneur fasse usage d’un argumentaire au moins inquiétant. En effet, il demande à ses disciples d’être accueillant à ceux qui agissent en son nom. Ailleurs, il paraît demander un positionnement plus radical de ceux qui prétendent le suivre. L’Esprit-Saint  n’est pas limité par la parole de ceux qui sont envoyés. Il travaille avant les apôtres, et va amener à eux ceux qu’il touche.

Il y a en quelque sorte des pierres d’attente, des prémices et une action de Dieu qui prépare la révélation à la reconnaissance par tous de son Fils. C’est ainsi que les Pères de l’Eglise ont vu dans la réflexion des philosophes grecs une préparation à la Bonne Nouvelle. Saint Paul lui-même qui avait discuté avec des philosophes stoïciens et épicuriens, a considéré le fait que les Athéniens aient élevé un autel au « Dieu inconnu » (Actes 15-17), comme un tel signe. « Ce que vous vénérez sans le connaître, je viens moi, vous l’annoncer ». Autre période de la vie spirituelle et saut dans le temps, depuis le début du 20ème siècle, la découverte des religions orientales a provoqué un étonnement et pour certains un éblouissement source de nombreuses questions. Thomas Merton un moine cistercien mentionné par le pape François dans son discours au Congrès américain jeudi a été pris par cette problématique, à une époque qui ne s’est pas limitée aux explorations des paradis artificiels. Nous connaissons encore le Père Henri Le Saux, le Père Montchanin, Lanza del Vasto, Alexandra David Neel, personnage des plus originaux, etc... Mais des prémices ne sont pas encore le Christ lui-même vrai Dieu et vrai homme, le seul Dieu et l’homme parfait vers lequel tout converge. Si la faute des origines n’a pas radicalement rendu l’homme mauvais, elle l’a blessé profondément, plus encore elle a abîmé sa relation avec Dieu. Le courant passe encore, des infiltrations sont possibles, mais une sorte de grosse pierre obture le passage de la rivière de la grâce et l’amitié avec Dieu.

L’Esprit Saint agit déjà à la manière de l’épisode de la première lecture où Eldad et Médad commencèrent à prophétiser dans le camp avant l’arrivée de Moïse. Or, il a été répandu sur chacun de nous, nous l’avons reçu lors de notre baptême et de notre confirmation. Il s’agit d’une grâce pour annoncer l’Evangile, la joie de l’Evangile et pour le vivre. L’Esprit n’écarte pas de l’Eglise et de ses pasteurs, il rassemble au contraire. L’Eglise, c’est l’assemblée. Qu’est-ce qui est à rejeter, sinon ce qui divise et écarte du Christ et de son Eglise ? Dans cette perspective, le Seigneur s’élève avec vigueur contre le scandale, ce qui divise radicalement l’assemblée, il ne s’agit certes pas d’en rester au plus petit dénominateur commun. Il n’y va pas par 4 chemins : « Celui qui est un scandale, une occasion de chute, pour un seul de ces petits qui croient en moi. ». Vous connaissez la suite : « Mieux vaudrait pour lui qu’on lui attache au cou une de ces meules que tournent les ânes, et qu’on le jette à la mer. ».  Nous avons tous, et pas seulement les prêtres, évêques, religieux et assistants pastoraux à vivre de manière à ne pas être la cause de chute pour certains en matière de foi, nous devons être des veilleurs et des éveilleurs. Le premier témoignage réside dans notre manière de vivre, en conformant notre vie à l’Evangile. Cela n’empêchera pas le mystère de la croix d’être présent. Elle passe par les calomnies aussi. Les premiers chrétiens se faisaient déjà accuser des pires vilenies. Il peut y en avoir entre nous ses disciples. Le pape François ne manque pas de le rappeler. Le péché de la langue est une pierre mise sur le chemin de la foi au Christ. Le Seigneur adopte un langage radical pour inviter ses disciples à la perfection évangélique. Nul ne doit être assez sot pour appliquer de manière littérale ce qu’il dit là, c’est une manière de parler,  il souligne la gravité de l’enjeu, pour nous et pour les autres. Saint Jacques traduit de manière très forte la nécessité de vivre en vrais chrétiens. La vie éternelle et la connaissance de Dieu sont le bien le plus désirable qui soit. Scandaliser un seul de ceux qui croient en Jésus et mettre un obstacle sur sa route, c’est d’une certaine manière tenter de le priver de la vie éternelle. Or, Dieu veut que tous les hommes soient sauvés. Pour cela il va jusqu’à menacer de la géhenne, ce qui n’est pas rien, si vous allez jeter un coup d’œil dans le catéchisme. Comment en effet pourrions-nous dire que nous aimons Dieu, si nous ne sommes pas capables d’aimer notre prochain, en commençant pat mener une vie conforme au joyeux message que nous avons reçu ? Je n’y arrive pas, me direz-vous, il nous faut remettre l’ouvrage cent fois sur le métier. Vivre la joie de l’Evangile, c’est un travail avec l’aide de l’Esprit, mais qui nécessite un réel investissement. Si les américains ont le droit de rêver, nous l’avons aussi, rêves de paix dans le Christ et de solidarités des plus diverses. Tous deux doivent dépasser le stade du rêve dans l’Eglise du Verbe Incarné.

Nous fêtons aussi notre cloche de la liberté et de la vie dans le Christ, comme celle de nos amis d’Outre-Atlantique. Refondue, celle qui a annoncé la liberté et la fin de l’esclavage, s’est à nouveau fêlée. Elle a été prise comme symbole de la Rencontre mondiale des familles à Philadelphie qui a pour thème « Notre mission, c’est l’amour ». Pour pallier à ces blessures, nous avons l’amour, la charité qui répare mieux que tout et l’espérance. Si le son de nos propres cloches n’est pas parfait, ici à la chapelle, dites-vous aussi que ce sont des cloches de la liberté de la miséricorde.

En ce temps électoral, il est bon de rappeler la nécessité du respect de la création et de la famille  mentionnés avec force par le pape à l’ONU: « Les gouvernants, a-t-il dit, doivent faire tout leur possible afin que tous puissent avoir les conditions matérielles et spirituelles minimum pour exercer leur dignité, comme pour fonder et entretenir une famille qui est la cellule de base de tout développement social. » et encore : « la défense de l’environnement et la lutte contre l’exclusion exigent la reconnaissance d’une loi morale inscrite dans la nature humaine elle-même, qui comprend la distinction naturelle entre homme et femme (cf. Ibid, n. 155), et le respect absolu de la vie à toutes ses étapes et dans toutes ses dimensions (cf. Enc. Loué sois-tu, nn. 123 ; 136). » Marie Mère de l’Évangile vivant, source de joie pour les petits,  prie pour nous et aide-nous à ne pas être pour eux cause de scandale, la pierre qui fait tomber  sur le chemin. Amen.

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Sainte Catherine de Sienne ; La Bible de la Liturgie ; AELF